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 Ce monde qui nous sépare - feat Thalya

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute
ϟ Âge : 34 ans
ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks
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MessageSujet: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   06.04.17 18:16


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb


Musique:
 

Il y avait un grand trou dans le sol. Une fosse qui plongeait loin dans la terre sombre et humide, sans qu'il puisse en voir le fond. Des planches de bois entouraient la forme rectangulaire et maintenaient les parois de la tombe pour qu'elles ne s'effondrent pas avant d'avoir accueillit son nouveau locataire. Tout autour de l'ouverture béante, une immense pelouse d'un vert très clair s'étendait à perte de vue. Ici dans le nord du Minnesota, même en été l'herbe gardait cette teinte fraîche et lumineuse.

Droit comme un i, le visage fermé, impassible, Khaaleb n'avait même pas remarqué qu'il avait commencé à pleuvoir. Les gouttes d'eau tombait sur la peau de ses joues, se mêlant aux gouttes salées qui coulaient de ses yeux, silencieusement. Il n'y avait pas besoin de se cacher, il n'avait rien à prouver à personne de toute façon.
Ils étaient une vingtaine, peut être plus, tous serrés les uns contre les autres, tous de noir vêtus. Certains étaient assis sur des chaises pliantes en bois blanc, les membres de la famille surtout, les autres formaient autour du grand trou dans la terre une sorte d'arc de cercle à la forme lunaire. Contre lui, appuyée sur son bras valide, il pouvait sentir Carol qui était secouée de sanglots. Il serra un peu plus fort sa main dans la sienne, incapable lui-même de retenir l'émotion qui le submergeait en voyant le cercueil qui contenait le corps de son ami descendre doucement dans la terre.
Will venait d'une petite famille de sorciers, mais ses parents avaient tout de même tenu à la présence d'un prêtre pour la cérémonie funéraire. Avec le temps, toutes les cultures et les traditions finissaient par se mélanger, et même certains loups se tournaient vers la religion. Cécil aussi avait dit quelques mots, un éloge funèbre simple à l'image de l'homme qu'il avait perdu. Lui-même avait été incapable de quoi que ce soit. Depuis cinq jours, depuis cette fameuse nuit où ils étaient parti aider les vampires à secourir leur reine, il n'avait pas réussi à formuler plus de trois phrases en tout et pour tout. Baissant les yeux, son regard tomba son bras gauche qu'il portait en écharpe. La balle qu'il avait reçue dans l'épaule avait fait plus de mal qu'il ne l'avait pensé sur le coup, et malgré les talents de Lua qui avait tout fait pour le soigner, la plaie n'arrivait pas à totalement se refermer, la faute à l'argent qui constituait les projectiles utilisés par les Inquisiteurs. Mais aussi piquante et lancinante que pouvait être la douleur qui envahissait ses nerfs au moindre mouvement, elle n'était rien en comparaison de celle qui occupait son cœur depuis qu'il avait vu la vie quitter le regard de Will. Il avait senti le corps du jeune homme se tendre dans un dernier sursaut, un dernier gargouillis de sang puis plus rien, un poids lourd pesant dans ses bras.

Leur cause valait-elle la vie d'un homme de bien ? Il n'en était plus sur aujourd'hui. Il n'était plus sur de rien. Les vampires s'en étaient retournés dans leur grande demeure froide sans un regard pour la meute. Ils étaient sans nouvelles depuis, et au fond de lui, le loup ne pensait pas qu'ils en recevraient jamais. Quelque soit les efforts que pouvait faire la meute pour engager une alliance, le Roi des vampires n'était pas prêt de lever le petit doigt dans leur direction. Il préférait les voir tous crever la gueule ouverte sur le bord de la route plutôt que de reconnaître que les deux communautés avaient tout à gagner à travailler de concert.
Mais tout ça n'avait pas la moindre importance.

Serrant les mâchoires, Khaaleb vit le cercueil disparaître dans les entrailles de la terre et il du prendre une profonde inspiration pour ne pas craquer à son tour. Le prêtre fit un signe et les parents du mort se levèrent avec difficulté, soutenu par leurs deux filles cadettes. Chacun attrapa une rose qui se trouvait dans un panier juste à côté de la tombe et l'y jeta, comme un dernier hommage à leur fils et frère. Autour d'eux, la pluie avait redoublé, détrempant les vêtements de ceux qui étaient présents. Des parapluies s'ouvrirent, créant une voute improbable au milieu de ce champ de tombes.
Doucement, tout le monde passa devant le trou dans la terre, jetant dans la fosse une fleur ridicule. Khaaleb n'avait jamais été très à l'aise avec le principe de l'enterrement. La confrontation avec le corps mort à travers cette boite en bois, l'idée de savoir les chairs pourrissant progressivement, ce n'était que rajouter à la peine un caractère macabre qu'il ne comprenait pas.

Approchant à son tour de la tombe, il s'arrêta quelques instants pour regarder une dernière fois le cercueil de celui qui avait été bien plus qu'un ami pendant dix longues années. Au fond de lui, il sentait le loup qui se jetait contre les parois de sa boite crânienne, il avait envie de hurler, de frapper quelque chose, n'importe quoi, mais rien ne sortait. Tout était bloqué, comme si lui aussi avait perdu une partie de sa vie dans le combat.
Si seulement ça avait pu être lui...si seulement il avait pu être à la place de Will dans cette petite boite en bois. Mais quand bien même leurs places eussent été échangées, ça n'aurait rien changé.  
S'accroupissant, il saisit une poignée de terre et la laissa tomber dans le trou. Elle atterri sur le bois dans un bruit sinistre et creu, à peine couvert par celui des gouttes de pluies.


"Adieu mon frère..." murmura-t-il pour lui seul d'une voix grave et enraillée.

Puis il se détourna, passa un bras autour des épaules de Carol qui se tenait encore tout proche de lui les yeux pleins de larmes et ils se détournèrent de la sépulture, rejoignant le cortège qui quittait progressivement le cimetière. Et chaque pas qui l'éloignait de la tombe était comme un blessure nouvelle qui venait s'ajouter à toute cette merde.
Arrivé près des véhicules qui avaient amenés la plupart d'entre eux, ils discutèrent encore un peu, car aucun n'étaient encore capable d'affronter la peine seul. Lui restait sans rien dire, immobile, les yeux dans le vague. Un peu plus loin, il vit Cécil parler avec les parents de Will. Comment faisait-il ? Comment arrivait-il à tenir ? Plus que jamais il avait du respect pour son ami. Lui-même s'en sentait parfaitement incapable. Comment aurait-il pu ? Alors qu'il se sentait en parti responsable de ce qui était arrivé à leur fils.

Mais ce n'était sans doute pas le pire.
Car à travers la douleur et la peine, la rage sourde qui résonnait au plus profond de lui, ce qu'il se reprochait le plus, c'était de ne pouvoir s'empêcher de penser à "elle". Cette fille sublime qu'il avait des semaines plus tôt croisé sur le bord de cette maudite route 66 et qu'il avait revu cinq jours plus tôt, dans les rangs des Inquisiteurs. Il avait d'abord pensé s'être trompé, mais après l'effervescence du combat, lorsque l'adrénaline était retombée, il n'y avait plus eu aucun doute. C'était Thalya qu'il avait vu fuir aux côtés de la Grande Inquisitrice. Ce qui lui était apparu tout à fait absurde au début l'était de moins en moins.

Depuis qu'il avait accepté l'évidence, une foule de questions se pressaient dans son esprit mais aucune ne trouvaient de réponse. Cette impuissance le rendait fou. Comment aurais-tu pu deviner ? Et l'aurait-il su...qu'aurait-il pu faire ? Aurait-il pu faire quoi que ce soit qui aurait évité tout ce gâchis ? Sa sœur avait le don de voir l'avenir, de percevoir le destin de chacun, mais était-ce le destin de Will de mourir comme ça, bêtement, dans un combat qui n'était même pas le sien.
Il avait voulu la contacter le lendemain de l'attaque, lui demander des réponses, lui demander qui elle était réellement, qu'est ce qu'elle foutait de ce côté là des flammes, mais il n'avait pas pu. Le faire c'était accepter une réalité qu'il voulait écarter de la sienne. C'était détruire un souvenir heureux qu'il aurait préféré conserver intact. C'était aussi mettre de côté ce qui lui paraissait comme le plus important, rendre un dernier hommage à son ami. Mais malgré tous ses efforts, rien n'arrivait à effacer cette image de son esprit.

Soudain, il sentit son portable vibrer dans la poche de son pantalon. Lâchant Carol qui était en train de parler avec une des sœurs de Will, Khaaleb sortit le petit appareil et vit qu'il avait un nouveau message. En lisant le nom de l'expéditeur, il serra le poing du bras qu'il avait en écharpe à s'en faire blanchir les phalanges, ce qui eut pour effet de rependre dans toute son épaule une douleur vibrante. Elle était en train de venir. Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi voulait-elle le voir ?
Sentant la colère monter à nouveau, il fronça les sourcils et lui répondit immédiatement, Il n'était pas  en état de l'affronter, pas maintenant, jamais. Mais rien n'y fit, par un nouveau message, elle lui fit comprendre qu'elle allait débarquer chez lui, et sous peu.
Il fallait choisir, fuir, ou accepter la confrontation.

Profitant du départ de la plupart des personnes présentes, Khaaleb salua Cécil ainsi que ses plus proches compagnons qui étaient venus et transplana vers le Grand Nord Canadien, non sans avoir jeté un dernier regard à l'endroit du cimetière où il savait qu'à présent se trouvait l'un des siens.

Sentant à nouveau le sol sous ses pieds, le grand loup reprit sa respiration avec difficulté. S'appuyant quelques instants contre la porte d'entrée de sa maison, il posa le front sur le bois et ferma les yeux, attendant que la douleur produite par la téléportation passe un peu. Il devait se concentrer deux fois plus que d'ordinaire pour éviter les désartibulations : chaque déplacement était devenu une épreuve et ce sentiment de faiblesse ne faisait qu’accroître la colère qu'il ressentait. Rouvrant les yeux, il sentit du chaud au niveau de sa blessure. Il avait encore du péter un point pendant le voyage. Lua allait encore crier qu'il ne faisait aucun effort, ce n'était peut être pas faux.
Après avoir ouvert la porte qu'il ne fermait jamais à clef, il pénétra dans le salon de la maison.
Avec les préparatifs de l'enterrement et tout ce qui s'était passé depuis cette putain de nuit, il n'avait pas eu le temps de repasser ici. Le soleil qui brillait encore ici faisait voler les grains de poussière devant les fenêtres.
Elle pouvait conduire aussi vite qu'elle voulait, il y avait tout de même plusieurs heures de route entre ici et l'aéroport le plus proche. Ça lui laissait un peu de temps pour se changer et se remettre les idées en place. Dans une grimace de douleur, il réussit à retirer la veste noire qu'il avait mis pour l'événement et la balança sur l'un des fauteuils qui entourait la cheminée éteinte. Au niveau de là où la balle d'argent était entrée dans son épaule, une tache rouge sombre s'était formée. Soulevant le tissu, il vit qu'il n'y avait rien d'alarmant et d'un coup de baguette posa un pansement magique afin de stopper son sang de couler.

Après avoir enfilé des vêtements secs, il regagna le salon. La baguette toujours en main, il s'assit sur le canapé et regarda le vide. Il n'avait plus qu'à attendre. Mais attendre quoi ?

Les rayons de lumière avaient disparut, le soleil s'était voilé de nuages et le vent s'était levé, faisant danser les pins et formant des rides sur le lacs qui se trouvait juste à côté de la maison. Dans cette partie du pays, le temps pouvait changer du tout au tout en quelques minutes et un orage se levait à présent.
Soudain, il y eut un bruit de moteur, de plus en plus fort. Un véhicule se rapprochait, couvrant très vite les cris du vent. Prenant le temps de respirer profondément une fois, deux fois, Khaaleb se releva et s'avança vers la sortie, s'arrêtant juste au niveau de la porte d'entrée.

Elle était là.




Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 25.04.17 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   19.04.17 13:40


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Le paysage canadien défilait sous ses yeux, mais c'était à peine si elle y prêtait la moindre attention, sa concentration était en partie dédiée à cette route goudronnée qui défilait droit devant elle, l'autre partie était entièrement tourné vers un homme. Un homme pour lequel elle se trouvait là en ce moment, loin de chez elle, et si ce voyage aurait initialement du se placer sous le signe de la passion et du plaisir, à présent les choses avaient radicalement changées.
La vitre baissée, le coude gauche appuyé contre sa portière et sa tête prenant appui dans sa main, elle se remémorait se moment où, dans cette chambre d'hôtel de la route 66, il lui avait communiqué son numéro de téléphone et donné son adresse. Sa force virile, sa tendresse, ses caresses, ses baisers et la passion dont il avait preuve à chacune de leurs étreintes, elle n'était pas prête de les oublier. A la base, il aurait dû n'être que le coup d'un soir, un homme avec lequel elle avait passé du bon temps et qu'elle ne comptait pas revoir, mais l'homme s'était avéré différent des autres. Il était aussi beau qu'il était génial, ils étaient absolument sur la même longueur d'onde sans parler de l'amant exceptionnel qu'il était. Tout cela lui avait donné très envie de le revoir. Ensemble, ils s'étaient amusés et avaient fait la fête dans un bar à l'ambiance exceptionnelle dont les habitués risquaient fort de se rappeler d'eux pendant quelques temps. Khaaleb s'était montré agréablement surprenant du début à la fin, il n'était ni macho, ni pervers et elle avait adoré cette manière si particulière qu'il avait de la regarder. Une manière sensuelle, un brin sauvage et teinté de désir. Contrairement à ce à quoi elle était généralement habituée, a aucun moment à travers son regard de velours elle ne s'était sentie comparable à un vulgaire morceau de viande qu'on ne rêvait que de consommer avant de jeter, bien au contraire, elle se sentait admirée et respectée. Loin d'être la seule sous son charme, elle avait pu constater que Khaaleb avait vraiment une certaine facilité pour se lier avec aisance auprès des gens qu'il venait à peine de rencontrer, comme le patron du bar, Jerry, Stan qu'il avait vaincu au bras de fer ou tout simplement elle-même. Avec lui on se sentait en confiance... une confiance qui s'était finalement avéré bien mal placé et le réveil était d'autant plus brutale.
A ces moments intimes se superposaient à présent cet instant précis où tout avait basculé, alors qu'elle et sa cousine tentaient de s'enfuir de l'embuscade que leur avait dressé les vampires, les sorciers et les loup-garou. Là, au cœur de la mêlée, dans le camps adverse, elle l'avait aperçu, cette silhouette incomparable qu'elle aurait pu reconnaitre entre mille.

Pourquoi ?!! Frappant le volant de sa main, une question n'avait de cesse de tourner dans sa tête : qui était-il ? Qu'était-il réellement ?
Après leur fuite et leur retour au Bastion, elle avait relu les textos qu'ils avaient commencé à s'envoyer, mais rien ne laissait présager qu'ils allaient devenir ennemis et que leur relation allait prendre une telle tournure en virant à l'affrontement. Elle se souvenait encore de ce moment où, alors qu'il était resté sous la douche, elle avait noté son numéro de téléphone sur le petit calepin qui se trouvait sur la commode en bois peint avant de le glisser dans son soutien-gorge qu'elle avait subtilement abandonné sur le lit. Elle était alors loin de se douter à ce qu'il en fasse autant en lui donnant non seulement son numéro de téléphone mais en plus son adresse personnelle sans même soupçonner un seul instant qu'elle en avait presque fait autant. Ce geste lui avait fait plaisir, bien plus qu'elle ne l'aurait cru à vrai dire, car cela signifiait qu'il avait apprécié cette soirée et cette matinée au moins autant qu'elle et bien qu'elle n'avait aucunement l'intention de s'investir dans une relation sérieuse, le revoir de temps à autres, tout en restant libre d'engagement, était loin de lui déplaire et de toute évidence, ils étaient sur la même longueur d'ondes à ce sujet. Contre toute attente c'était lui qui l'avait contacté en premier, ils avaient échangé quelques sms et les photos qu'ils avaient posté l'un de l'autre sur leurs Instagram respectifs étaient là pour leur rappeler quel moment inoubliable ils avaient partagé tous les deux. Un moment qui aurait du en rapeler d'autres mais là c'était mort !

Songer à leur Instagram lui fit penser à ce pseudo qu'il utilisait « BigBadWolf ». Wolf. Loup. Tout était clair à présent ! Elle n'y avait jamais prêté attention, du moins pas plus que ça mais à présent tout s'expliquait. Ce pseudo n'avait pas été choisi par hasard, bien au contraire, elle était prête à le parier... et sa présence lors de ce fameux soir prenait désormais tout son sens. Khaaleb appartenait à la meute, il était un loup-garou comme Lockhyan. Un rire amer s'échappa de ses lèvres face à ce constat des plus amer.
Les loups-garous, de Cormontaigne.... eux et leur neutralité toute relative ! Leur présence avait clairement joué en leur défaveur. Affronter des vampires étaient déjà pas un mince affaire mais ils s'y étaient préparés sans vraiment croire qu'Andropov chercherait tant à récupérer sa trainée. Le voir débarquer avec quelques sorciers n'étaient pas réellement une surprise non plus, après tout, le roi des vampires avait choisit de s'allier avec les sorciers depuis la grande révélation, emmenant avec lui toute sa cours dévouée en territoire des Mages Fondateurs. Il y avait bien quelques vampires récalcitrant à son autorité qui avaient choisit de ne pas le suivre et de mener leurs vies en s'adaptant aux grandes révélations qu'avait engendré l'existence du monde magique. On appelait ces vampires des vampires modernes. Certains avaient même rejoint les Inquisiteurs comme c'était le cas pour le révérant Anthony. Personnellement Thalya n'appréciait pas ces individus qu'elle jugeait fourbes et redoutables. Pour elle, ils étaient des créatures fantastiques aussi noir que redoutables qui n'avaient strictement rien de romantiques comme semblait le croire ces gamines enamourés des romans de Stephanie Meyer, bien au contraire, pour elle ils avaient tout des créatures cauchemardesques.
A contrario, elle avait toujours éprouvé une certaine sympathie pour les loups-garous, tout d'abord parce qu'elle les voyait comme étant les victimes d'une malédiction. Les loups-garous étaient avant tout des êtres humains, ils ne naissaient pas pour la plupart d'entre eux ainsi, les trois-quarts de la population de cette communauté étaient des victimes de créatures psychopathes et sanguinaires qui cherchaient à transformer des innocents pour faire du mal tout simplement ou pour agrandir leur population et en faire une menace pour les autres communautés, en attaquant sauvagement et sans pitié ses victimes. Lockhyan en était l'exemple type, lui-même menait une vie tranquille et toute tracée avant d'avoir été contaminé par l'une de ces créatures. Malgré l'avancée des recherches dans ce domaine, la science ne parvenait toujours pas à détruire ce gène pour les libérer mais elle ne doutait pas qu'elle y parvienne la jour. Les personnes atteintes de lycanthropie ne se transformaient qu'à certaines périodes bien précise et à ce qu'on lui en avait dit, ces transformations étaient particulièrement douloureuses, une expérience qu'elle ne souhaitait pas connaître, ni même infliger à son pire ennemi. Les particules anti-magie elles-mêmes, contrairement à ce à quoi on aurait pu s'attendre, ne parvenaient pas à annihiler la bête qui sommeillait en eux et qui se libérait durant la pleine lune, bien au contraire, au dire de Lockhyan, la transformation était encore plus douloureuse et insupportable dès lors qu'il y avait des particules anti-magie dans l'air car la bête en eux luttait doublement pour sortir et prendre possession de leur corps.
De plus, De Cormontaigne avait toujours été décrit comme une personne qui ne voulait absolument pas se retrouver mêlé aux divers conflits qui sévissaient entre les différentes communautés, une neutralité qui en agaçait certain dont Thalya qui aurait souhaité les voir se joindre à leur combat. Bien que personne ne connaissait l'origine de cette malédiction, il ne fallait pas être devin pour deviner qu'un tel sort ne pouvait être que l'oeuvre de sorciers.

Bien que les causes demeuraient obscures et que chacun y aller de sa théorie personnelle, tout le monde connaissait l'antagonisme séculaire existant entre Vampires et Loups-garous. Ils étaient des ennemis naturels et pourtant, voilà que l'autre soir De Cormontaigne s'était allié aux vampires ?!! Pour sauver cette garce ?!! Qu'est-ce qui s'était passé ?!! Depuis quand les loups-garous et les vampires étaient-ils devenus des alliés à la vie à la mort ?!! Depuis quand les Loups-garous prenaient-ils positions et entraient-ils dans un conflits qui, pire que tout, ne les regardaient même pas ?!!! De Cormontaigne pensait-il sincèrement que cet acte resterait impunis ?!! Il venait de leur déclarer la guerre en personne et elle ne comprenait même pas pourquoi et à vrai dire ça la mettait dans tous ces états. Pourquoi les Loups-garous leur avaient-ils déclaré la guerre ? Leur combat à eux c'était les sorciers et les vampires moyenâgeux qui ne savait ni évoluer ni s'adapter, mais jamais il n'avait été question de s'attaquer aux loups-garous et voir cette communauté prendre le parti de leurs ennemis était vraiment inquiétant car leur poids faisait dangereusement pencher la balance en leur défaveur.
A cause d'eux, à cause de leur présence inattendue, leur combat avait été un fiasco totale. Non seulement la putain avait été délivré, mais en plus ils avaient du battre en retraite et surtout il y avait eut des pertes. Scott était mort
Scott et elle avaient passé quelques bons moments ensemble, elle savait qu'il aurait souhaité quelque chose de plus sérieux entre eux, mais ça ne l'intéressait pas et comme il ne désirait pas la perdre totalement il avait prétendu que ce genre de relation ne le dérangeait pas et elle, elle avait fait semblent de le croire parce que ça l'arrangeait. Aujourd'hui, avec le recul, elle se sentait horriblement coupable. Non seulement elle avait été incapable de pleurer sa mort mais surtout elle se sentait responsable. Elle ne cessait de se dire que son acte héroïque avait sûrement eut pour but de l'impressionner. Tout le monde savait à quel point Camila et elle étaient proches et tout le monde venait de découvrir la relation qui unissait Camila à Calvin. Ils avaient tout fait pour sauver Calvin, mais cela ne se fit pas sans conséquence.
A cause d'eux, à cause de leur présence inattendue dans cette équation, cela avait été une véritable débandade et un homme était mort. Un soldat courageux tout dévoué à leur cause qui ne méritait pas une fin aussi cruelle et abominable. Bordel mais depuis quand De Cormontaigne était-il à la botte d’Andropov ?!!
Comme s’il entrait en résonance avec son humeur chagrine, le ciel déjà couvert, se mit à pleuvoir soudainement averse. Fermant la fenêtre de sa portière, Thalya grommela à l’encontre de ce foutu pays de merde et accéléra son allure.

Il lui avait fallu plus de deux heures de route, voir presque trois heures, pour se retrouver au milieu de nulle part. Sur la route que lui indiquait son GPS depuis presque quarante minutes, il n’y avait plus la moindre trace de civilisation, la route elle-même qu’elle venait d’emprunter n’était plus faite de goudron mais bien de terre. Sur le moment, et voyant la faible clarté du jour diminuer drastiquement et qu’une tempête était entrain de se lever, Thalya fut tentée de rebrousser chemin, persuadée que son GPS l’avait conduite absolument n’importe où, sauf là où il aurait dû l'emmener, lorsqu’elle l’aperçu, un peu au loin, retiré de tout, ce petit chalet dissimulé derrière les sapins de la forêt. Alors c’était là qu’il se terrait ?!!
Accélérant légèrement, elle se gara pile devant l’entrée du chalet. Sortant de la voiture, il ne lui fallu pas deux secondes pour être complètement trempée, mais elle n’en n’avait cure, toute son attention était focalisée sur une seule chose : l’homme qui se tenait debout face à elle, au sec, sous le porche de sa maison. Sa haute silhouette impressionnante et inimitable se superposait dans son esprit à cette nuit de cauchemars. Elle le savait, elle l’avait immédiatement reconnu, c’était bien lui et sa blessure au bras ne faisait que confirmer ce qu’elle avait toujours su. Tentée de s’enquérir de sa blessure elle n’en fit cependant rien, en croisant son regard impassible qu’elle lui rendit en le fusillant du regard après avoir aperçut ce qu’il tenait serrait dans sa main. Un sorcier ? Ah c’était comment ça ?! Activant son armure anti-magie elle sentit la colère déferler en elle

- Espèce de Salopard ! J’aurais mieux fait de te passer dessus au lieu de t’aider ! Oh mais attends… Tu savais qui j’étais n’est-ce pas ? Vous m’avez suivi ? C’est comme ça que vous êtes parvenu à nous retrouver ? Mais t'es qui au juste ? Hein ? Réponds !! Tu as bien du te marrer dans mon dos espèce d’enfoiré ! Hurla-t-elle folle de rage avant de monter les marches du perron pour le rejoindre et gifler cette impressionnante montagne humaine


———————— ϟ ————————
Un ange passe. un ange, vraiment ? Oui, mais pas n'importe quel ange, un ange de la mort.
“Tendrement votre.”
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   25.04.17 19:08


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb



Musique:
 

Debout dans l'encadrement de la porte, immobile comme une statue, Khaaleb vit la voiture se stopper net à quelques mètres à peine de la maison. Le moteur cessa de tourner et la portière conducteur s'ouvrit. Thalya sortit de la voiture. Il serra les dents, le souffle court. Elle était venue finalement.

Au dehors, on aurait dit que les éléments s'étaient donnés le mot pour rajouter une ambiance de fin du monde à leur nouvel rencontre. Des rafales de vent faisaient ployer les pins dans tous les sens, le ciel était d'un gris sombre et menaçant, déversant des trombes d'eau sur toute la région. Très vite, des petits torrents rapides descendirent le long du terrain en direction de l'étang, rendant le sol glissant et boueux. Même là où il se trouvait, sous le porche de sa maison, Khaaleb n'était pas totalement protégé de la pluie et il sentait le froid mordant de l'eau l'atteindre de plus en plus.

Elle était là devant lui, saine et sauve, en tout cas au jugé. Elle était là,  cette femme étrange et étonnante qu'il avait un jour croisé sur une route dans un tout autre univers. De la voir là, à quelques mètres de lui, ça lui semblait des siècles qu'ils avaient passé ensemble cette soirée si grisante. Dès l'instant où il l'avait vu pour la première fois, il avait sentit qu'il y avait quelque chose de différent chez cette fille. Il avait d'abord pensé à ce talent pour la mécanique qui l'avait fasciné, ou cette façon qu'elle avait de se faire un ami avec toutes les personnes qu'elle croisait. Peut être aussi parce que comme lui, elle aimait croquer la vie à pleine dents, du moins en apparence. Elle avait quelque chose de vivant, de vibrant, qu'il n'avait encore trouvé chez aucune autre femme. Mais aujourd'hui, il ne savait plus ou il en était. Comment avait-il fait pour ne pas comprendre, ne pas voir. Il avait très vite compris qu'elle était moldue, était-ce pour cela qu'il n'avait alors pas sortit sa baguette ? Parce qu'au fond de lui avait-il perçut qui elle était ? Non c'était impossible. Il n'avait pas la don de voyance, comment aurait-il pu deviner qu'il avait alors dans son lit une fille du nom de Barbosa. Même son pseudo sur Instagram ne lui avait même pas mit la puce à l'oreille ou bien s'était-il mis des œillères afin de ne pas voir la vérité en face.

Mais de la voir ainsi devant lui, il n'y avait plus de doute possible. C'était elle. La femme de la route 66 et la femme de l'autre côté des flammes, n'était qu'une seule et même personne. Cette réalité lui serrait le cœur et faisait monter une sorte de bouillonnement sourd en lui, lui déchirant l'âme en deux, la rage s'opposant au plaisir.
La Meute et les Inquisiteurs s'étaient toujours tenus relativement éloignés, ces derniers ayant plus à faire avec les sorciers fondateurs de Boston ou les suceurs de sang rassemblés autour du Roi Jaroslav. Ils auraient très bien pu en rester là. Ils auraient pu se revoir, apprendre à se connaitre, peut être lui aurait-il avoué avec le temps qu'il faisait partit de cette caste qu'elle haïssait plus que tout, peut être l'aurait-elle accepté. Mais toute cette bien jolie petite histoire n'avait plus de chance d'arriver. Car les loups étaient désormais de l'autre côté des flammes.

Et comment aurait-il pu en être autrement quand on y réfléchissait... Bien plus qu'une alliance avec Jaro et ses sbires, c'était autre chose que Khaaleb était venu chercher. Il ne connaissait pas la femme du vampire, elle ne représentait rien pour lui, elle n'était personne, à part une sorcière comme il y en avait des milliers d'autres. Et pourtant, de quel droit les inquisiteurs se permettaient-ils de kidnapper les gens, de les retirer à l'affection des leurs, sans autres raisons que la présence d'une baguette entre leurs doigts ? C'était quelque chose qu'on ne pouvait tolérer, en tout cas lui en était incapable. La deuxième guerre mondiale et ses rafles étaient bien loin d'eux mais être un sorcier ne l'avait jamais empêché d'étudier l'Histoire moldue et d'en retenir les tragédies. C'était pour cette raison qu'il soutenait le pauvre Ernie Beller dans son combat pour libérer son neveu, c'était pour cela qu'il avait accepté de se battre avec quelques uns des siens dans un combat qui ne les concernaient pas. Peut être ne concevait-il pas encore à ce moment là tout ce que ce choix allait avoir comme conséquence pour la Meute, mais en cet instant, il s'en foutait royalement.

Une seule question occupait ses pensées, une seule question lui martelait le crâne à coup de masse comme pour essayer de le rendre fou. Si elle savait qui il était...pourquoi était-elle venue ? Pourquoi ne pas brandir un flingue vers lui, viser le cœur et se débarrasser de lui définitivement ? Il avait vu le regard qu'elle lui avait jeté lorsqu'elle avait posé les yeux sur la baguette qu'il avait à la main, il avait vu la haine et la folie, le dégoût aussi, et ce mouvement vers son poignet. Il savait ce que ça voulait dire. Elle venait d'activer une de leur armure anti-magie. Ah quoi bon ? Que croyait-elle ? Qu'il allait l'attaquer ? lui lancer un sort ? la tuer ? Pour quel monstre le prenait-elle ? Il prit alors conscience que plus que des ennemis, ils étaient surtout l'un pour l'autre de parfaits inconnus.

Soudain la jeune femme s'approcha de lui en hurlant. Le sens de ses paroles glissait sur Khaaleb qui n'en comprenait pas le sens. Il gardait les mâchoires et les poings serrés à s'en faire blanchir les articulations, rassemblant toutes ses forces afin de ne pas à son tour exploser. Le délire de la jeune femme était total mais il ne voulait pas rentrer dans son jeu, il ne devait pas. Il gardait les yeux dans le vague, refusant de la regarder. Même la gifle qu'elle lui asséna eut peine à le faire sortie de l'état quasi léthargique dans lequel il essayait de se maintenir. Il ne voulait pas la voir, il ne voulait pas lui parler. Il ne voulait que l'oublier, elle et tous les siens, elle et tous ces fanatiques, moldus ou sorciers. Tous maudits, tous fous...


"Va-t-en Thalya, tu n'as rien à faire ici..."

A peine eut-il prononcé ses mots qu'il vit une deuxième gifle arriver. Mais cette fois le loup fut plus rapide et il bloqua le geste de l'inquisitrice de sa main valide, serrant avec force le poignet de cette dernière. Relevant le regard, acceptant enfin de plonger ses yeux dans les siens, ce qu'il y vit ne fit qu'accroître la colère qui montait en lui et qui ne demandait plus qu'à sortir. Son ton était grave, d'abord comme un murmure, puis montant pour couvrir le bruit du tonnerre.

"Tu te rends compte de ce que tu dis ? Me marrer...tu crois vraiment que je me suis marré quand je t'ai vu là bas ??? Tu crois que jme suis marré quand j'ai compris qui t'étais vraiment ???!! REGARDES MOI !! Tu crois que jme suis tapé une bonne barre quand une de vos saloperies de balle en argent m'a traversé l'épaule ????!!!! HEIN ????!!! TU PENSES QUE..."

La fin de sa phrase resta coincée dans sa gorge..."tu penses que je suis marré lorsque j'ai vu un frère mourir dans mes bras". ça il n'avait pu le dire. Le corps de Will était depuis trop peu de temps dans la terre. Prononcer son nom lui déchirait l'âme. Jetant à cette femme un regard aussi sombre que l’abysse, il lâcha son bras et s'écarta d'elle en descendant les quelques marches du perron, plongeant sous le déluge qui faisait son show autour d'eux. Il devait partir si elle ne le faisait pas elle même...il devait partir avant de faire quelque chose qu'il regretterait, comme cette nuit là où dans sa rage il avait tabassé cet homme sur sa moto qui fonçait vers les siens en tirant dans tous les sens. Tant de choses s'étaient passées depuis et pourtant Khaaleb ne parvenait pas à oublier. Le motard avait essayé d'opposer une certaine résistance, mais très vite il avait perdu connaissance. Ça n'avait pas empêcher le loup de continuer à frapper, encore et encore, les poings serrés, faisant résonner en duo avec les coups de feu les craquements sinistres des os de ce crétin à mèches blondes. Encore maintenant il ignorait si c'était lui qui l'avait tué ou si ça avait été la bande de suceurs qui s'était ensuite jeté sur lui. Le résultat était le même. Les inquisiteurs avaient pris la vie d'un des siens, il en avait pris une autre en retour. La belle affaire.
Mais ce qu'il avait apprit sur lui cette nuit là était plus terrifiant que tout ce qu'il avait jamais pu imaginer. Il était capable de tuer. Cette découverte glaçait son cœur d'un effroi terrible. Il refusait d'accepter cette réalité là. C'était forcément autre chose, c'était la rage, c'était le loup en lui. C'était cette femme et tout ce qu'elle représentait qui le rendait fou. Quel était ce pouvoir qu'elle avait sur lui ? Et pourquoi ressentait-il en lui l'envie de la serrer contre lui !!!

A peine avait-il fait deux pas qu'il se retourna. Non il ne pouvait pas partir. Elle ne le méritait pas, et il y avait trop de colère, trop d'incompréhension en lui. Il y avait des choses qu'il leur fallait régler, et quand ça serait fait, ils auraient tout le loisir de s’entre-tuer.


"Et comment peux-tu imaginer UNE SECONDE que je pouvais savoir qui tu étais quand on s'est rencontré ?? Tu penses que j'aurai attendu des plombes sur le bord de cette FUCKING ROUTE DE MERDE POUR QUOI HEIN ???? TE PIÉGER ???!! MAIS BORDEL DE QUEL MONDE DE FOU TU VIENS POUR PENSER COMME CA ?? TOUS LES SORCIERS NE SONT PAS DES MONSTRES QUI VEULENT TA MORT TU SAIS !!!!! TU VEUX SAVOIR QUI JE SUIS...MAIS PUTAIN JE SUIS PERSONNE THALYA TU ENTENDS ???!! PERSONNE !!!!!! "

Juste un pauvre fou qui ne peux s'empêcher de penser à toi...



Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 17.05.17 15:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   11.05.17 9:26


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Les choses n'auraient jamais dû prendre une telle tournure. Lorsqu'il avait été question qu'elle puisse le rejoindre ici, dans ce lieu où il vivait, dans cette retraite qu'était la sienne, c'était uniquement, uniquement dans l'optique de se retrouver et de passer du bon temps ensemble. Ils se seraient à nouveau aimés, leurs deux corps qui s'unissaient à la perfection auraient dû ne plus faire qu'un à nouveau et il ne faisait aucun doute dans son esprit que des retrouvailles sous la pluie aurait été terriblement sexy.
Il lui aurait fait découvrir sa collection de vieux vinyl dont il lui avait parlé, ils auraient mis la musique à fond, dansé et puis ils se seraient aimés, encore. Ils auraient fait des balades en moto ou peut-être n'auraient-ils pas mis un pied dehors.... Mais au lieu de ça, ils étaient là, l'un en face de l'autre, à se jauger, prêt à réagir et à s'affronter au moindre signe suspect que l'autre pourrait faire à l'égard de son vis-à-vis. D'amants, ils étaient devenus du jour au lendemain des ennemis de par leurs natures respectives mais également et surtout leurs conviction et pourtant malgré ça, Thalya était tiraillée entre la furieuse envie de lui arracher les yeux et celle de l'embrasser. Dressé debout sur le perron de son chalet, le regard sévère Khaaleb était vraiment imposant, il dégageait une force tranquille qui inspirait forcément le respect à ses adversaires. Et aujourd'hui, c'était exactement ce qu'ils étaient devenus l'un pour l'autre, dès l'instant où il avait choisi de se rallier aux vampires et malgré la forte attraction qu'il avait eu sur elle, il avait tout détruit.

Son regard ne le quittait pas des yeux, elle l'observait avec méfiance mais également fureur, car elle se sentait affreusement trahit ! Les poings serrés, le regard vide fixant un point à l'horizon qui se trouvait derrière elle, cet air impassible et contenu qu'il affichait, ce n'était absolument pas ce qu'elle voulait ! Ce qu'elle voulait, c'était lui dire ses quatre vérités, le voir exploser tout comme elle, afin que sa colère alimente la sienne, afin de l'affronter et pouvoir déverser toute cette rage qu'il avait su faire naitre en elle. Sans se contenir davantage, Thalya couru le rejoindre non pas pour l'embrasser ou retrouver ses bras forts et protecteurs, mais pour l'asséner d'une première gifle qui claqua violemment sur sa joue. Bien que cette dernière lui avait fait tourner son visage vers sa gauche, c'est à peine si le reste du corps de cette montagne impressionnante qu'il était avait tressait. Toujours aussi imperturbable l'homme, lui demanda de partir avec un calme qui la rendait folle.

- C'est tout ce que tu as à me dire ?!!! Explosa-t-elle furibonde.

Et alors qu'elle s'apprêtait à lui asséner une deuxième claque, son geste fut intercepté avant qu'elle n'atteigne sa cible, emprisonnant son fin poignet dans cette main virile qu'était la sienne. Furieuse, elle avait levé son regard vers lui tout en essayant de se dégager de sa poigne ferme. Pour la première fois depuis son arrivée, leurs regards se croisèrent. Tel un détonateur, une lueur de colère traversa le velours de ses pupilles. D'abord sourde et menaçante sa voix se mit à gronder plus fort que le tonnerre, mais aussi intimidant paraissait-il, il en fallait bien plus pour impressionner Thalya qui ne baissa pas son regard toujours aussi empli de colère. S'imaginait-il une seule seconde qu'elle allait encore gober ses mensonges ?!! S'imaginait-il qu'elle était assez stupidement naïve pour croire qu'il ignorait qu'elle se trouvait là-bas ? La prenait-il pour une idiote ? Et surtout, croyait-il vraiment qu'elle éprouve une once de compassion pour sa blessure de guerre ?!!!

- Tu voudrais quand même pas que je te plaigne ?! S'offusqua-t-elle en dégageant enfin sa main de sa poigne de fer. Si tu voulais pas être blessé fallait pas aller au combat ! T'AVAIS RIEN A FOUTRE LA-BAS ! TU PEUX T'ESTIMER CHANCEUX D'ETRE TOUJOURS EN VIE POUR POUVOIR PLEURNICHER !!!

« Ce qui n'était plus le cas pour Scott par ta faute et celle de tes copains ! » mourait-elle d'envie de lui cracher en pleine figure mais elle s'en empêcha pour ne pas lui donner la satisfaction d'avoir le dessus sur eux en lui rappelant qu'ils les avaient à jamais privé d'un soldat de valeur. Scott était quelqu'un de bien, un brillant soldat qui n'aurait pas dû mourir de la sorte. Elle n'était pas amoureuse de lui, il n'était même pas un ami proche, juste un amant de passage mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'avait pas conscience de sa valeur en tant que soldat. Mais aussi cruel avait-elle été, sa mort avait été héroïque car son intervention avait permis de les aider à sauver Calvin. Calvin qui avait été bien près d'y passer lui aussi. Tout ça à cause d'eux ! Les loups-garous !
Thalya s'était longtemps demandé pour quelle raison Khaaleb se trouvait là-bas. Elle pouvait déjà l'éliminer de la catégorie des vampires, sauf si bien sur ces monstres avaient désormais trouvé le moyen de marcher à la lumière du jour, fort heureusement, ils n'étaient pas dans l'un de ces stupide roman à l'eau de rose ou dans l'une de ces ridicules sérié télévisée pour ado. Il ne restait donc plus que deux hypothèses pour expliquer la présence de Khaaleb sur ce lieu d'affrontement où il n'aurait normalement jamais dû se trouver. Puisqu'il n'était pas un vampire, elle n'avait plus que le choix entre sorcier et loup-garou. Etait-ce sa stature si imposante qui l'avait influencé ou le fait que ça l'arrangeait de croire qu'il n'était pas sorcier, mais toujours était-il que plus elle y avait réfléchi plus elle était parvenue à se convaincre qu'il ne pouvait qu'être un loup-garou.... du moins, jusqu'à ce qu'elle l'aperçoive, sur le seuil de cette maison, tenant dans le creux de sa main cette maudite baguette ! Mais une fois encore, L'homme parvint à faire voler toutes ses certitudes en éclat, en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire lorsqu'il évoqua la blessure que lui avait infligé une balle en argent. Une balle en argent ! Pour un sorcier ou un être humain normal, cela ne faisait aucune différence, la blessure était la même, seul un vampire ou un loup-garou pouvait sentir la différence entre une balle en plomb et une balle en argent. Pour ces créatures issues du monde magique l'argent agissait comme un poison douloureux dans leur chair. Elle en ignorait les symptômes exact ni le seuil de souffrance qu'il pouvait en éprouver ou le temps nécessaire qu'il lui faudrait pour guérir mais elle savait par contre que ce genre de blessure leur infligeait bien plus de dégât qu'une blessure normal. Tout ce qu'elle espérait en cet instant, fusse qu'il dégustait encore, c'était tout ce qu'il méritait !
C'était la colère en elle qui parlait, elle le savait très bien, mais c'était plus fort qu'elle. Curieusement, alors qu'elle le connaissait à peine, elle s'était sentie affreusement trahit pour ne pas dire blessée de le voir combattre contre elle. Elle avait pourtant essayé de se vider l’esprit en se jetant à corps perdu en relevant des défis mécaniques de voitures qu’on lui avait soumis, ou dans les entrainements pour s'y défouler. Elle avait tellement besoins de libérer toute cette rage et cette frustration qu'elle en avait même été au point d'espérer voir Rivers apparaître sur le tatami, mais comme toujours on ne pouvait pas compter sur lui, au moins il y avait des choses qui ne changeaient jamais. Si ce crevard arrogant avait eu la présence d'esprit de se pointer au bon moment, il aurait fait un punching-ball idéal mais surtout un adversaire de valeur. Car il allait sans dire que cet enfoiré ne se serait absolument pas gêné pour lui rendre la monnaie de sa pièce et qu'il lui en aurait fait baver avec son répondant habituel, mais c'était justement tout ce qu'elle demandait, ça lui aurait ainsi permis de se défouler et de laisser libre cours à toute cette colère et frustration que cet homme qui se trouvait face à elle en ce moment même avait naître en elle.

Cet homme qu'elle avait rencontré sur ce bord de route alors que leurs chemins n'auraient pourtant jamais dû se croiser. Cet homme qui partageait avec elle cette même ivresse, ce même besoin insatiable de croquer la vie à pleine dents, cette joie de vivre, ce besoin presque vitale de profiter à fond de chaque moment présent comme s'il s'agissait du dernier. Cet homme avec lequel elle s'était unie avec ce même besoin impatient de ne faire plus qu'un avec lui, avec cette même férocité, était loin d'être comme elle, il était même tout l'inverse. Depuis qu'elle l'avait vu participer à cette bataille force elle avait dû se faire une raison, il était passé du rang d'amants à ennemis. Et s’il n'était pas le premier, puisque d’autres avant lui avait viré de statut avec encore plus de rapidité comme Caleb (elle savait bien que ce prénom était maudit !) ou Jed elle devait reconnaitre qu’elle ne s’était pas attendu à ce que Khaaleb suive leur mouvance, et pourtant aujourd’hui c’était une évidence. Il n’était pas seulement sorcier ou loup-garou, mais les deux à la fois, et elle devait bien reconnaitre que pas un instant cela lui avait effleuré l’esprit.

Elle savait, grâce à Anthony, que les sorciers qui étaient transformés en vampires gagnaient peut-être l'éternité, mais en contrepartie, ils perdaient aussitôt leurs pouvoirs c'est pourquoi les sorciers tentés par l'éternité et la jeunesse éternelle hésitaient souvent à franchir le pas, mais pour les loups-garous c'était très différent. Ils conservaient leurs pouvoirs mais étaient, à ce qu'elle en avait compris, rejeté par la société tant magique qui les voyait d'un mauvais oeil que non-sorcière qui les craignait. C'était peut-être pour ça que les loups-garous et leur chef tenait tant à leur sacro-sainte indépendance, une indépendance cependant toute relative à ce qu'elle avait pu en juger.
Son incompréhension face à cette prise de position, à ce revirement de politique mené jusqu’alors par Cecil de Cormontaigne que l'on décrivait pourtant comme un homme empli de sagesse, à la tête froide et pour qui la neutralité était très importante, avait de quoi complétement déboussoler. Elle pouvait parfaitement essayer de comprendre qu’il puisse chercher à préserver les siens qui avait assez souffert de discrimination de part et d’autres, en évitant d'entrer dans le conflit qui opposait les sorciers aux non-sorciers. Et bien qu’elle ne pouvait admettre qu’il puisse imposer sa décision à tous les siens, en les obligeant à adopter cette même ligne de conduite, elle pouvait comprendre pourquoi il le faisait, mais là, retourner ainsi sa veste aussi subitement et choisir d’entrer délibérément dans un conflit auquel il était parvenu à ne pas se mêler jusqu’à présent…. Elle ne comprenait pas. Que s’était-il donc passé ? Que lui avait donc promis Andropov en échange de leur aide ? Cet imbécile avait-il bien pesé les pour et les contres ? Avait-il seulement conscience qu’en choisissant de mener les siens dans une bataille qui n’était pas la sienne, il venait de leur déclarer ouvertement la guerre ? S’imaginait-il réellement qu’ils allaient laisser passer ça ?!!!  
Pourquoi ce revirement ?!!! Pour quoi avait-il fait ce choix ?!!! Elle avait besoin de comprendre. Il y avait tant de questions qui demeuraient pour le moment sans réponses, tant de choses qui lui échappaient et qu'elle voulait éclaircir mais qu'elle était incapable de formuler sur le moment présent parce qu'elle avait besoin de déverser toute sa rage et sa colère contre lui, parce qu'elle lui en voulait terriblement, elle lui en voulait d'avoir pris le parti de leurs ennemis, de s'être battu contre eux, contre elle. Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour déverser à son tour toute sa verve elle fut estomaquer de constater que l'homme quittait le chalet pour s'éloigner d'elle. Le déluge qui s’abattait tout autour d’eux sans discontinuité et en s’intensifiant eut tôt fait de le tremper en quelques secondes à peine, faisant glisser sur son visage et le long de ses cheveux des gouttes de pluie rebelles qui accentuèrent davantage encore ses traits et sa silhouette. La pluie torrentielle tombait avec tant de force, que Thalya n’entendait même plus son propre cœur s’affoler dans sa poitrine

- Alors quoi c'est tout ?!! Tu te barres comme un lâche ? Hurla-t-elle en levant sa main droite dans un geste d’agacement

Khaaleb avait à peine fait deux pas qu'il revint aussitôt vers elle. Etait-ce à cause de son interpellation ? Elle en doutait, elle sentait que c'était autre chose qui l'avait fait revenir vers elle. C'était cette même rage, cette même colère qui l’habitait qui bouillonnait également en lui et qu'il était parvenu à maintenir jusqu'à présent pour finalement mieux lui lâcher prise alors qu’au loin, le tonnerre déchirait le ciel.
A son tour, Khaaleb avait déversé toute sa colère, essayant de lui ouvrir les yeux et de lui faire comprendre l’absurde de cette situation, mais loin d'être impressionné par sa voix de stentor et son air menaçant elle s'époumona à son tour à lui répondre sans se laisser démonter

- MAIS QU'EST-CE QUE J'EN SAIS ?! MALDITA SEA ! Tu apparais comme ça ma vie, fit-elle en claquant des doigts, au détour d'une route et comme par hasard quelques jours plus tard les vampires et les sorciers nous tombent dessus et Ooooh surprise, ils sont venus avec leurs copains LES LOUPS-GAROUS EN PRIME !! Explosa-t-elle dans de grand geste. BRAVO POUR LE DISCOURS DE NEUTRALITE ET D'INDEPENDANCE ! QUE DE BELLES PAROLES COMME TOUJOURS PARCE QU’A CE QUE J’AI PU EN VOIR ELLE EST TOUTE RELATIVE VOTRE PUTAIN DE NEUTRALITE ! DEPUIS QUAND LES LOUPS-GAROUS SONT-ILS DEVENUS LES CHIENS DES VAMPIRES ???!!! Aux dernières nouvelles ANDROPOV et les siens mais aussi les Mages Fondateurs ne vous ont jamais traité qu’avec MEPRIS, alors que nous on ne vous a JAMAIS tu m'entends ?! JAMAIS manqué de respect ! Alors c'est comme ça que ça marche ? Plus on vous traite comme de la merde et plus vous êtes docile alors que le respect par contre c'est une preuve de faiblesse c'est ça ?!!! C’est comme ça que vous le prenez ?! Quand j'ai parlé avec Lockhyan il ne cessait de me dire et de me répéter que votre chef de meute avait été très clair : vous ne deviez pas entrer dans les conflits existants et vous....

Pressentant l'explosion imminente Thalya serra le poing si fortement qu’elle pouvait sentir ses ongles s’enfoncer dans la paume de sa main, mais cela ne servit strictement à rien...

- PUTAIN MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ?!!! VOUS NOUS ATTAQUEZ EN JOIGNANT VOS FORCES AUX SORCIERS ET AUX VAMPIRES ?!! PIRE, C'EST DE CORMONTAIGNE EN PERSONNE QUI MENE L'ASSAULT !? Mais Putain de quel droit vous êtes-vous mêlez de ça, hein ?! DE QUEL DROIT ?!!!! POUR QUI VOUS VOUS PRENEZ BORDEL DE MERDE ?!

Elle n'arrivait toujours pas à y croire ! Que ces deux ennemis naturels aient pu trouver un arrangement, alliant par là-même leurs forces pour les combattre, eux ?! Savaient-ils seulement dans quoi ils venaient de mettre les pieds ? Elle en doutait fortement et un rire nerveux s'échappa de ses lèvres tant cette situation était risible

- Tu crois que c'est comme ça que vous allez entrer dans les petits papiers du roi Andropov ?! Il serait temps de vous REVEILLER !! Vous n'êtes rien pour lui mais en vous alliant à lui vous nous avez ouvertement déclaré la guerre pour un conflit qui ne VOUS CONCERNAIT MEME PAS !! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !!! Eructa-t-elle. TOUT CA POUR CETTE SALOPE ! TU N'AS PAS IDEE DE TOUT CE DONT CETTE SORCIERE EST CAPABLE. ET VOUS, VOUS FAITES QUOI ? VOUS LA LIBEREZ ! BRAVO CA C'EST L'IDEE DU SIECLE ! Vous n’avez pas regardé plus loin que le bout de votre museau ! Mais peut-être que je me trompe et qu’au contraire ça vous amuse ?! Après tout il ne s’agissait que d’un "vulgaire Inquisiteur, il avait du bien le chercher" ! C’est ça que tu penses ?!!

Bon sang, comment tout cela avait-il pu partir en vrille ?!! A partir de quel moment la situation leur avait-elle échappé des mains ? Comment les avaient-ils retrouvés si ce n’était pas lui ? Dire que quelques jours plus tôt, cette salope était là, à leur merci, et à présent,… à présent elle était à nouveau libre, bien en sécurité à Boston, dans son manoir de sorcière entourée de sa cours suceurs de sang ! Plus jamais ils n’auraient une aussi belle occasion de se venger de tout le mal qu'elle avait fait subir à Yong ! Et surtout, elle ne se leurrait pas, la sorcière allait se venger, allait leur faire payer et du sang aller couler, c’était une certitude. Quel gâchis ! Ça n’aurait jamais dû se passer comme ça,… Ils venaient de s’affronter dans une première bataille, mais cela ne faisait que commencer, la guerre elle, venait d’être déclarée et si les journaux s’évertuaient à écrire partout que les Etats-Unis d’Amérique était au bord de l’implosion ils se trompaient, la guerre avait déjà commencé, et eux désormais, ils étaient dans des camps opposés.


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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   17.05.17 18:50


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb


Toujours un peu de musique...paroles bizarres, mais le sens est là...:
 

Ils étaient là, comme deux idiots à s'observer, à hurler à travers la tempête. Et autour d'eux, la pluie continuait de tomber, encore et encore. C'était surement une simple impression, mais il semblait à Khaaleb qu'elle ne faisait que redoubler d’intensité, encore et encore, volant, piquant la peau, rentrant dans la bouche et les yeux. Le vent déversait sa colère par rafales, giflant les arbres, créant des tourbillons de feuilles mortes. Le tonnerre couvrait parfois leurs paroles, mais ils s'en foutaient. Dans le fond, il le savait, ce n'était qu'un dialogue de sourd, la crise de deux personnes blessées qui n'avaient rien trouvé de mieux que de s’engueuler au lieu de se soutenir. L'obscurité ambiante dû aux épais nuages noirs qui couvraient le ciel s'illuminait soudain d'éclairs qui zébraient l'immensité qui les dominait. Ils n'étaient rien, rien que deux points minuscules dans le décors d’apocalypse qui s'était mis en place autour d'eux , rien que deux pions dans une guerre qui les dépassait totalement.

Une guerre.

Cette hypothèse effrayait le loup bien plus qu'il ne voulait bien l'accepter. Il redoutait la guerre, non pas par couardise ou par déni, mais parce que pour lui ce n'était qu'un immense gâchis. Des pertes humaines et matérielles tout simplement inutiles, une ridicule perte de temps qui en définitive ne profitait jamais qu'aux puissants et laissait les civils dans une misère matérielle et morale abominable. Il ne voulait pas la guerre, ni avec les vampires, ni avec les fondateurs, ni avec les inquisiteurs dans leur bastion, ni avec elle. Surtout pas contre elle.
Mais c'était si compliqué de rester neutre, de ne rien dire et de ne rien faire, car ça signifiait également être seul, sans alliance, sans soutien, et c'était de soutien que les loups avaient cruellement besoin. Elle ne savait pas, comment pouvait-elle comprendre ça hein !!?? Ce que c'était d'être rejeté, encore et encore, de voir dans les yeux des gens tantôt le dégoût, le mépris ou la haine. Il était tout ce que l'Amérique avait toujours rejeté. Il était un descendant des premiers peuples qui avaient marché sur ces terres et avaient péri pour ça. Il était né sorcier et pour cela était devenu une menace pour une grande part de la population. Puis il était devenu Loup, finissant de se bannir définitivement de cette société qui s’échinait à ne pas vouloir de lui. Les inquisiteurs n'avaient peut être jamais tenté d'actions contre eux, en effet, mais ils n'avaient jamais fait quoi que ce soit pour les aider, les soutenir. Alors pourquoi devraient-ils les soutenir  à leur tour plus qu'un autre groupe ? Bien sur cette nuit là ils avaient brisé leur ligne de conduite, leur volonté de ne jamais prendre parti, mais il ne pouvait pas croire que c'était la présence de quelques loups sans pouvoirs et non transformé qui avait fait pencher la balance en leur défaveur et qui avait mis les inquisiteurs en déroute. Ils avaient leurs armes, leurs technologies. Eux n'avait eu que la force de leurs poings. Que peuvent des poings face à une balle ?

Il se sentait trembler, mais la pluie et la vent n'y étaient pour rien. Son cœur battait si fort qu'il sentait une douleur régulière et lancinante tambouriner contre sa plaie. Il se sentait comme sur le point d'exploser.


"DE QUEL DROIT ON SE MÊLE DE TOUT CA ?? MAIS BORDEL C'EST VOUS QUI RAMENEZ VOTRE MERDE EN TERRITOIRE INDÉPENDANT !!!! SUR LES TERRES DE NOTRE CHEF !!! VOUS KIDNAPPEZ, TORTUREZ DES GENS ET VOUS PENSEZ VRAIMENT QU'ON ALLAIT RESTER A RIEN FOUTRE ??????"

En réalité, Khaaleb ne s'était jamais préparé à se battre cette nuit là, encore moins à perdre des êtres chers. Ils n'étaient d'ailleurs pas nombreux à avoir été appelé par le Marrok pour l'escorter parler avec le Roi des vampires et le soutenir dans son intention de sauver sa reine. Il avait apprit la chose quelques jours après son retour de la route de l'enfer. La femme du monarque des cadavres qui marchent était retenue par une troupe d'inquisiteurs dans les environs de Santa Fe. L'information était confidentielle, et lui-même ignorait totalement comme elle était parvenue aux oreilles de Cécil. Mais une chose était sure, ils n'allaient pas rester à ne rien faire pendant que des hommes se massacraient mutuellement juste sous leurs yeux. D'autant plus que même s'il n'y croyait plus depuis longtemps, il savait que le Marrok espérait encore une alliance avec les suceurs de sang. Et on ne s'opposait pas à l'Alpha, malgré tout ce que ça pouvait lui en coûter.
Mais bien sur, rien ne s'était passé comme prévu, les négociations pacifiques qu'ils espéraient s'étaient fini dans un affrontement sanglant et stérile où ils y avaient pris part plus pour protéger une éventuelle retraire que pour dérouiller de l'inquisiteur comme elle semblait le croire, en tout cas c'était ce qu'il essayait de se persuader lui-même.

Pourquoi était-elle là ? Pourquoi le haranguait-elle de toute sa hargne, ils l'avaient déjà payé, leur terrible trahison à leurs propres idéaux.
Et pourquoi s'obstinait-elle à penser que c'était sa faute à lui si les vampires leur étaient tombé dessus. N'avait-elle aucune conception du hasard, de la malchance, de la putasserie de l'univers qui leur jouait ici une farce bien vicelarde. Un jour ils pouvaient s'aimer, l'autre n'était que déchirement et haine, c'était bien cher payé, même pour un coup pareil. Pourquoi ne pouvait-elle pas comprendre que c'était bien autre chose qu'une alliance avec les vampires qu'ils étaient venus chercher cette nuit là.
Les limites de la réflexion qu'elle s'égosillait à déblatérer n'avait pour effet que de le rendre encore plus fou. Il avait envie de lui saisir le bras, de la secouer, de lui faire entendre raison, par tous les moyens possibles. Pourquoi était-elle là ?


"TU CROIS QUE JE NE SAIS PAS QUE CET ENFOIRÉ DE ROI EN A RIEN A FOUTRE DE NOTRE GUEULE ??!! QU'IL NOUS TUERAIT TOUS S'IL EN AVAIT LA POSSIBILITÉ ?? mais bordel OUVRES LES YEUX THALYA !!!! CA N'A RIEN A VOIR AVEC EUX, NI AVEC LES FONDATEURS, NI AVEC VOUS PUTAIN !!! CA N'A RIEN A VOIR AVEC SES CONNERIES DE CLANS OU DE POLITIQUE !!! " Il la regarda droit dans les yeux, cette fois, il n'était plus question de fuir ou de se taire. "Écoutes j'IGNORE ce que cette femme a fait, ce qu'elle VOUS a fait, mais CE N'EST PAS AINSI QUE L'ON REND LA JUSTICE !! PAS COMME CA !! PAS EN KIDNAPPANT, TORTURANT et TUANT !!" Il fit une courte pause. Chaque respiration lui déchiraient les poumons. Il sentait monter en lui une envie de frapper, de briser, une envie de tout détruire. "TU VEUX SAVOIR POURQUOI ON S'EST BATTU CONTRE VOUS CETTE NUIT LA ????!!!!! TU VEUX SAVOIR POURQUOI UN DE MES FRÈRES EST MORT ????? HEIN ??? MAIS C'EST POUR CA PUTAIN !!! PARCE QU'AUCUN ÊTRE HUMAIN NE DEVRAIT ÊTRE TRAITÉ COMME CA, COMME UN ANIMAL DESTINÉ A L’ABATTOIR, FUT-IL LE PIRE CRIMINEL AU MONDE!!! PARCE QU'AGIR AINSI C'EST SE METTRE ENCORE PLUS BAS QUE CEUX QUE TU COMBATS !!!!!"

C'était ridicule, il se sentait ridicule. Son argumentaire ne tenait pas la route et il le savait. Mais il voulait y croire. Il voulait croire que c'était pour ces raisons qu'ils s'étaient dressés contre eux devant ce maudit hangar. Pas par mépris ou par haine, mais pour un idéal supérieur, un vision d'une justice égalitaire auquel il aspirait depuis toujours. Au fond de sa gorge, il sentait sa voix se casser. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre. Il n'avait jamais voulu que tout ça arrive. Écoutes moi Thalya...

"Alors OUI, nous avons pris parti cette nuit là, MAIS PAS CONTRE VOUS !!! PAS CONTRE TOI !! NOUS AVONS PRIS LE PARTI DE NOUS OPPOSER A CE SYSTÈME ARBITRAIRE ET ARCHAÏQUE QUI RONGE CE PUTAIN DE PAYS !!!!" Comprends moi Thalya...

Il n'arrivait plus à savoir s'il criait ou s'il grognait. Le son de sa voix se perdait dans les méandres de l'orages. Cette femme...cette maudite femme le rendait fou. Chacune des paroles qu'elle prononçait ne faisaient que le pousser encore plus à bout. Qu'était devenu la jeune femme sexy et incroyable qu'il avait croisé un jour d'été, où était-elle parti ? Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas être aussi simple que cette fois où ils s'étaient rencontrés par hasard. Qu'est ce qui avait changé depuis ce jour là ?? Elle était déjà qui elle était à ce moment là, la cousine de la grande inquisitrice, et lui n'était pas si différent que lorsqu'elle l'avait trouvé en panne sur le bas côté. Aurait-il agit autrement ce jour là s'il avait su qui elle était ? Non bien sur que non. Mais elle, se serait-elle abandonnée dans ses bras si elle avait pu savoir qui il était. Et là, la voyant trempée par l'averse, les traits tendus, était-elle moins belle, moins forte, moins désirable que dans la chaleur et la poussière du Nouveau-Mexique? Il y avait tant de chose qu'ils pouvaient faire ensemble, avec tout ce qu'ils représentaient l'un et l'autre. Mais la dernière phrase qu'elle prononça lui fit comprendre que tout ça n'était que chimère et espoir vint. Il y aurait toujours ça entre eux désormais, cette mort dont il était la cause. Ne me rejette pas...

"Comment oses-tu dire ça..."

Il voulu dire quelque chose, mais ses mots restèrent bloqués dans sa gorge. Serrant les dents, il se détourna d'elle, se prenant la tête dans les mains. Il sentait dans son crâne le tambourinement violent de son sang que son cœur pompait toujours plus vite. Comme quand il avait frappé cet homme. Pardonnes moi Thalya...

POM...POM...POM... et puis plus rien. Rien que le sang sur ses mains.

Il avait agit sans réfléchir, dans une impulsion sauvage qui avait suivit la perte de Will. Une envie folle de faire mal, plus mal encore que cette souffrance qui lui déchirait la poitrine. Mais il s'en rendait compte maintenant, que ce qui avait avant tout guidé son geste, ce n'était pas la rage, ou le besoin de vengeance...c'était la peur, une peur terrible et sourde de perdre à nouveau un des siens, comme ça, juste sous ses yeux. Et pour cette raison idiote et ridicule, il allait bien perdre un être cher, mais pas celui qu'il pensait initialement protéger, et pas de la même façon.
La boule qu'il avait dans le ventre lui faisait mal et lui donnait envie de vomir. Comment pouvait-elle pensé ça ? Oser le formuler ! Comme si la vie n'avait aucune valeur à leur yeux. Au fond de lui, il ne pu s'empêcher de se demander si elle avait posé la même question à l'homme qui avait abattu Will d'une rafale dans le bide.


"Putain, Thalya...cet homme sur la moto..."et il se retourna, plongeant son regard sombre et embrumé dans celui de la jeune femme"...C'est MOI qui l'ai tué..."

A pas lents, il se rapprocha d'elle, diminuant la distance qui les éloignait l'un de l'autre. Sa voix était plus calme, mais pas moins forte. Plus les mots sortaient de sa bouche, plus il retrouvait une certaine forme d'assurance. Il ne devait pas se laisser aller à la panique et à la peur, c'était comme ça qu'on perdait le contrôle et qu'on faisait des choses regrettables, il l'avait appris à ses dépends cette nuit là. L'angoisse du conflit dans lequel ils avaient précipité les leurs, la crainte de savoir jusqu'où il pouvait aller dans sa colère, la peur de la perdre, elle, tout simplement...il devait tout oublier, tout mettre de côté, retrouver ses esprits. Tout ça, toute leur petite histoire n'était rien, un brin de paille dans le vent, un grain de sable sur le chemin. Ils n'étaient rien, et pourtant, ils avaient tant à faire. Si seulement elle voulait bien écouter.

"Et malgré TOUT CE QUE TU PEUX PENSER, je le regrettes, du plus profond de mon être, JE LE REGRETTES. Si j'avais le pouvoir de revenir en arrière, il y a tant de chose que je ferai différemment si tu savais...mais c'est un fait JE NE PEUX PAS !! Et toute ma vie je vais devoir vivre avec ça sur la conscience...et s'il le faut, je suis prêt aujourd'hui à ASSUMER LES CONSÉQUENCES DE MES ACTES !! Mais tu vois, C'EST CA LE PROBLÈME !!! ON NE DEVRAIT PAS AVOIR A VIVRE CE GENRE DE SITUATION, VOIR SES PROCHES MOURIR SOUS NOS YEUX, DEVOIR CHOISIR ENTRE TUER OU VIVRE COMME UN ESCALE, PARCE QU'ON EST NÉ SORCIER OU NON !! NE PAS POUVOIR ÊTRE LIBRE DE VIVRE LIBRE, DE RIRE, D'AIMER QUI ON A ENVIE JUSTE PARCE QU'UN JOUR UN VIEUX CON SÉNILE A DÉCRÉTÉ QUE C’ÉTAIT CONTRE NATURE." Pourquoi n'ai-je pas le droit de t'aimer Thalya ?

Il devait réussir à lui faire entendre raison, à lui faire comprendre ses véritables intentions. Jamais il n'avait voulu déclencher une guerre. Jamais blesser ou tuer qui que ce soit...jamais il n'avait voulu qu'ils en arrivent là. Mais ils y étaient, au tournant d'une nouvelle page de leur histoire. Et il le savait, il en avait à présent parfaitement conscience, de cet échange pourrait dépendre l'avenir des siens.

"Et c'est bien la preuve qu'il FAUT que tout ça CHANGE !!! QUE LE MONDE CHANGE !! IL FAUT CESSER DE SE BATTRE POUR DE TELLES CONNERIES QUE LE POUVOIR OU LA VENGEANCE, CESSER DE SE BATTRE ET DE SE REPOUSSER POUR CE QUE NOUS SOMMES PAR NAISSANCE !! ARRÊTER DE NOUS ENTRE-TUER POUR NOS DIFFÉRENCES ET COMMENCER A SE PRÉOCCUPER DE CE QUI COMPTE VRAIMENT !!! NOUS NE SOMMES PAS VOS ENNEMIS, JE NE LE SUIS PAS !! EN TOUT CAS PAS SI VOUS ACCEPTEZ D'AGIR AUTREMENT QUE COMME LES BOURREAUX D'UNE LOI QUI N'ARRANGE QUE VOUS !!!!!!!"

Il était enfin arrivé jusqu'à elle. Malgré la douleur et la fatigue intense qu'il ressentait, il se tenait parfaitement droit face à cette femme qu'il dominait d'une bonne tête, le regard dur, sévère, même s'i se sentait sur le point de céder. Il refusait de ciller, de s'avouer vaincu. Deux imbéciles, voila ce qu'ils étaient, entêtés par leur propre vanité et des convictions qu'ils pensaient supérieures à celle de l'autre. Jamais elle n'entendrait ce qu'il avait à dire, jamais elle ne changerait d'avis. C'était cette force de caractère qui lui avait d'abord plu chez elle, même si maintenant il maudissait ce même trait de sa personnalité. Alors, pourquoi avait-il à ce point envie de la comprendre, de l'écouter. Il était épuisé, meurtri par la douleur physique et mentale qu'il ressentait. Il n'avait plus envie de se battre. Pas comme ça, pas contre elle.
Et plus que tout, il voulait savoir, il voulait comprendre... il devait lui poser, cette question qu'il ne cessait de voir tourner dans sa tête et qui le mettait à la torture. Il devait savoir...


"Pourquoi es-tu venue Thalya ?? Qu'attends tu de moi ?" Je ne suis pas ton ennemi...





Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 15.06.17 18:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   08.06.17 23:20


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Les violentes bourrasques de vent venaient s'écraser avec pertes et fracas contre les éléments stables environnant qui pourtant restaient imperturbables, comme s'ils restaient imperméables à sa colère. La pluie, se déversait en trombe d'eau ininterrompue, leur fouettant inlassablement le visage et inondant peu à peu le paysage alentours et avec lui ses chemins de terre qui allaient sous peu, devenir rapidement impraticables. L'un face à l'autre tous deux s'étaient d'abord jaugé avant qu'elle ne réalise que l'homme qu'elle était venue trouver pour obtenir des réponses à ses questions avait commencé à prendre la tangente, pour fuir l'affrontement. Cette attitude avait fini de la faire exploser, laissant ainsi libre court à toute sa colère. Pour être certaine qu'il l'entende malgré la tempête et l'orage qui tonnait sans merci, elle avait hurlé à plein poumon à son encontre, déversant par là même, toute cette amertume, cette rancoeur et ce ressentiment que lui inspirait en cet instant cet homme qu'elle avait rencontré un jour d'été particulièrement torride et qu'elle n'aurait jamais imaginé une seule seconde retrouver en de tels circonstances

Il n'en fallu guère plus pour voir Khaaleb exploser à son tour. De par sa corpulence, cette montagne humaine était déjà imposant en temps normal, mais lorsqu'il s'énervait et que sa voix de stentor se mettait à résonner avec fureur dans ce paysage isolé, c'était un peu comme si soudainement, il ne faisait plus qu'un avec la tempête, et ça le rendait encore plus impressionnant qu'il ne l'était déjà. Thalya était cependant beaucoup trop furieuse contre lui pour se laisser aussi facilement démonter, d'autant plus qu'il avait beau s'en défendre, il était en tort et elle comptait bien le lui faire admettre quitte à lui foutre le nez dans la merde il serait obligé de le reconnaître.

- NON MAIS TU TE FOUS DE MOI DE LA ?! DEPUIS QUAND LES TERRITOIRES INDEPENDANTS SONT-ILS DEVENU LE FIEF DE SIEUR DE CORMONTAIGNE ? J’ETAIS ABSOLUMENT PAS AU COURANT ! J’AI DU MANQUER LA RETRANSMISSION DE SON COURONNEMENT ! DANS CE CAS, SI VOUS JOUEZ AUX REDRESSEURS DE TORT ALORS POURQUOI J’AI RIEN ENTENDU CONCERNANT CEUX QUI ENLEVENT DES PERSONNES DENUEES DE POUVOIR MAGIQUE POUR SERVIR D'ENCAS AUX VAMPIRES LORS DE LEURS PETITES SOIREES PRIVES HEIN ? L'UN DE NOS AGENTS A MIS EN DEROUTE UN DE CES GROUPES DE SORCIERS ET VOUS OU ETIEZ-VOUS HEIN ?! ALORS TE FOUS PAS DE MA GUEULE TU VEUX ! VOUS N’AVIEZ PAS A INTERVENIR ! VOUS ETES EN TORT ET TU LE SAIS TRES BIEN !


Le corps d'un jeune adolescent avait été retrouvé sur une route abandonnée par la police locale dans une petite bourgade à proximité de la frontière séparant l'Etat de la Caroline du Nord à celui du Tennessee.
La victime s'appelait Ted Williams, il était étudiant à l'East Carolina University de Greenville. Sa disparition remontait à 4 mois et comme pour tant d'autres jeunes adolescents, la police avait conclu à une fugue amoureuse. Selon le rapport du médecin légiste que Jordan avait réussi à s'approprier en piratant le serveur de la morgue, sa mort remontait à une dizaine de jours seulement et le moins que l'on puisse dire est que l'on s'était acharné sur lui. Au vu des nombreuses blessures dont il souffrait, on l'avait tué à petit feu, en le vidant de son sang, lentement. Pour Anthony, il ne faisait aucun doute que c'était là l'oeuvre de plusieurs vampires.

De là à supposer que des soirées secrètes spécial vampires au cours desquels avaient lieu des sacrifices humains, étaient organisés, il n'y avait qu'un pas à franchir. Les vampires avaient besoin de boire du sang pour survivre et si Anthony s'abreuvait du sang de sorciers jusqu'à la dernière gouttes, les vampires alliés aux mages fondateurs eux, se faisaient un festin des hommes et des femmes sans pouvoir. Pour une raison qui leur échappait, il arrivait que certains imbéciles s'offraient volontairement à ces créatures, ils étaient ce que Anthony appelait, des Calices volontaires. Mais dans cette affaire, la victime avait l'air de tout, excepté d'être consentante. Il en découlait qu'ils avaient à faire à un espèce de club select de vampire haut de gamme très fermé au cours de laquelle les membres se ravitaillaient en proies humaines. Le but de ces petites soirées était de faire couler du sang frais à volonté, et nul doute que ce corps qu'ils avaient retrouvé avait servi de banquet à plus d'une reprise.
D'ordinaire on ne retrouvait jamais ces corps, il avait dû se passer quelque chose de particulier avec celui-là. Peut-être était-il parvenu à s'enfuir, à moins que ceux qui devaient se débarrasser de lui n'aient été dérangés dans leur triste besogne... Nul ne le saurait jamais, mais au moins, cela leur avait permis de suivre une piste et de retrouver ceux qui l'avaient livré à ces créatures.

En épluchant les disparitions survenues ces derniers mois, Jordan était parvenue à isoler quelques profils de leurs cibles idéales qu'ils désiraient jeunes et non sorciers. La majorité des disparus qu'elle soupçonnait d'avoir été enlevé pour ces soirées très spéciales étaient des personnes vivants en territoires indépendants. Il y en avait également quelques-uns de signalées dans l'Etat de Virginie qui appartenait aux Partisans du Nouveau-Monde et bien plus rarement sur le territoire des inquisiteurs.
Le fait que ces marchands de vies humaines évitaient soigneusement le territoire des Inquisiteurs ne pouvait signifier qu'une chose : il s'agissait de sorciers.
L'enquête de Jordan l'avait conduite jusqu'à Nashville et plus particulièrement jusqu'à son bar préféré le Blackstone, ce pub irlandais où elle avait ses habitudes et qu'elle avait conseillé à Khaaleb. Jordan avait à elle seule éliminé définitivement la menace et en un sens, dans leur malheur, ces chasseurs pouvaient se vanter d'avoir de la chance d'être tombés entre les mains du cyborg qui leur avait offert une mort rapide, plutôt qu'entre celles du précédent propriétaire du club qu'elle affectionnait tant. Alors si vraiment les loups-garou intervenaient lorsque quelque chose de grave se passait sur leur territoire où étaient-ils cette fois-là ?! A moins bien sur que la cause de leur inaction se trouvait ailleurs....

- Ou alors... depuis quand les loups-garous sont-ils à la botte des vampires dis-moi ?


Il y avait un certain mépris dans son regard parce qu'elle ne parvenait pas à comprendre comment ni pourquoi ils en étaient venus à s'associer. Depuis quand des ennemis ancestraux se battaient-ils côte à côté et se soutenaient ? Par quel prodige De Cormontaigne et Andropov étaient-ils parvenus à cette alliance que pourtant, Anthony leur avait assuré ne jamais voir le jour ? Pourquoi eux alors qu'elle s'était acharnée à faire en sorte que les loup-garous les rejoignent dans leur cause. Qu'avaient-ils de plus qu'eux ? Le fait qu'ils appartenaient tous deux à des communautés craintes et honnis de tous, issus des croyances populaires et de ses légendes terrifiantes ? Pensaient-ils que les vampires seraient plus à même de les comprendre qu'eux ? De comprendre le rejet et la crainte naturelle qu'ils inspiraient aux autres ? Peut-être bien oui, mais de là à leur déclarer la guerre c'était décidément un retournement de situation que nul n'avait envisagé. De Cormontaigne brandissait tellement sa neutralité et affichait avec une telle fierté son indépendance qu'elle ne comprenait pas se revirement soudain dans lequel le pire des scénarios venait de voir le jour. Pourtant, alors qu'elle se noyait dans l'incompréhension la plus totale, un sursaut d'espoir l'étreignit en entendant Khaaleb lui assurer qu'il ne se voilait aucunement la face quand aux intentions d'Andropov et ses suceurs de sang à leur encontre. C'est un visage surpris qu'elle leva dans sa direction, le regard gorgé d'espoir mais aussi d'incompréhension. S'il ne s'attendait à rien de la part d'Andropov alors... pourquoi lui être venu en aide ? Pourquoi avoir combattu à ses côtés ?! Cela n'avait aucun sens...

- MOI JE DOIS OUVRIR LES YEUX ?! S'étrangla-t-elle furieuse alors qu'il lui assurait avec conviction que tout ceci n'avait avoir ni avec les Mages Fondateurs, ou les Inquisiteurs. Que leur intervention cette nuit-là n'avait strictement rien de politique. Se foutait-il de sa gueule ?!! AH NON ? ALORS C'EST QUOI ?

Cette fois elle avait crié indignée qu'il puisse la prendre pour une idiote mais aussi parce que lui-même avait haussé le ton juste avant. Il sembla s'en apercevoir car il baissa d'un ton et poursuivit plus calmement ce qui eu le don de l'apaiser presque aussitôt. Ses yeux de velours plongés dans les siens il admit ignorer ce qu'Andropova avait bien pu leur faire mais comme tout idéaliste qui se respectait, et c'était là un pan de sa personnalité qu'elle découvrait, il avait une vision complétement faussée de la justice, cela aurait pu le rendre mignon et touchant si la situation n'était pas celle qu'elle était avec les enjeux que cela impliquait. Plutôt que mignon en cet instant c'était le terme agaçant qui lui correspondait le mieux. Détournant le regard elle secoua la tête en signe de négation alors qu'il lui faisait la morale sur ce qui était juste ou pas. Mais que savait-il au juste de ce qui était juste ou pas ? Bien ou mal ? Comment pouvait-il se permettre de les juger lui qui ne comprenait rien.
La suite de son discours l'incita cependant à tourner à nouveau son visage dans sa direction et à plonger son regard dans le sien. Cette fois, dans le feu de ses pupilles ce n'était plus uniquement de la colère qu'elle pouvait y lire mais aussi et surtout un profond désespoir et une peine incommensurable qui la toucha en plein coeur malgré elle. Une personne dont il était proche avait péri lors de cette attaque et de toute évidence, Khaaleb n'était pas préparé à ça, du reste, comment l'aurait-il pu ? C'était le genre de chose à laquelle personne ne pouvait se préparer, même s'il on était conscient des risques lorsque l'on s'engageait dans une bataille. Khaaleb avait-il bien mesuré les conséquences de ses actes ? Elle commençait sérieusement par en douter, ce n'était qu'à présent qu'il semblait en mesurer toute l'ampleur

Des amis, des proches, elle en avait perdu énormément au cours de cette guerre qui les opposait aux sorciers, bien trop pour pouvoir continuer à tenir le décompte. Au début, elle avait beaucoup pleuré et comme Khaaleb aujourd'hui, trouvait la vie cruelle et injuste. Aujourd'hui, elle s'était suffisamment endurcie pour ne plus pleurer, elle n'était pas insensible mais pour survivre il n'y avait pas d'autres choix. Khaaleb lui, n'avait pas été préparé à ça, elle ne savait pas ce à quoi il s'attendait en allant faire la guerre en compagnie des sorciers et des vampires mais il venait de comprendre à ses dépens que chaque décision prise devait être pesé lourdement sous peine de graves conséquences, parfois irréversibles. Le voir ainsi être autant bouleversé lui serra le coeur malgré elle surtout en sachant pour quel monstre ils s'étaient battus. Plus elle l'écoutait parler plus elle avait la sensation que cet homme s'était laissé manipuler avec une facilité enfantine. Il était en tout cas évident qu'il n'avait pas toutes les cartes en main lorsqu'il avait prit la décision de se joindre à eux. Elle imaginait sans peine ses interlocuteurs se servir sans la moindre hésitation de ses idéaux de paix pour les tourner en leur faveur.
Son regard toujours plongé dans le sien, elle l'écouta tenter de se dépêtrer de cette situation tout en continuait de brandir désespérément son étendard pour la paix. Un étendard agité un peu trop tardivement et désormais quelque peu ternis. Elle ne tenta pas de l'interrompre ni de prononcer le moindre commentaire, ni ne fit le moindre signe en ce sens. Non pas qu'elle n'avait rien à dire mais elle n'était pas certaine de le faire, après tout, son père avait coutume de dire que seuls ceux qui étaient en tort éprouvaient le besoin de se justifier. Un sourire ironique se dessina sur ses lèvres alors qu'elle secouait la tête affligé en signe de négation. Les loup-garous n'avaient pas pris position contre eux mais contre le système ?! Sérieusement ?!!

- Tu crois vraiment les conneries que tu essais de me servir pour te justifier ? Lui demanda-t-elle. Qui essais-tu de convaincre Khaaleb ? Toi ou moi ?

Elle voulait bien que ses idéaux de paix l'aveugle, qu'on ait aisément pu le manipuler à ce sujet, mais qu'il puisse penser naïvement à la véracité de toutes ces paroles qu'il était entrain de lui servir, elle n'y croyait pas une seule seconde. L'homme qu'elle avait rencontré sur le territoire du Nouveau-Mexique, était un homme ouvert, chaleureux, respectueux, qui était loin d'être stupide. Car après tout, qu'il lui ait tendu un piège ou non, que leur rencontre fut le fruit du hasard ou qu'au contraire il soit parfaitement orchestré, une chose était sûre, cet homme était loin d'être un imbécile. Son raisonnement interne fut interrompu lorsqu'elle le surprit se prendre soudainement la tête entre les mains. Pourquoi ? Qu'arrivait-il ? Méfiante quand aux réactions de cet homme qu'au finale elle ne connaissait pas réellement, elle se recula d'un pas sans cesser de le quitter des yeux. Et puis, il s'était tourné vers elle, et lui avait fait cet aveu qui la figea ou plus exactement, qui l'assomma littéralement. Cette révélation avait eu le même effet sur elle que s'il l'avait frappé d'un hyper cut dans l'estomac. Pourquoi ? Pourquoi lui disait-il ça maintenant ? Pour lui prouver à quel point elle avait raison ? A quel point il détestait les Inquisiteurs ? Cette révélation était comme une véritable onde de choc qui détruisait tout sur son passage pour elle. Prenant appui sur la rambarde en bois pour ne pas s'écrouler, elle fixa la pluie rageuse frapper le sol boueux et prendre le dessus sur lui. Mais déjà, ce n'était plus ce sol qu'elle voyait défiler sous ses yeux mais un autre lieu...
Tout s'était passé très vite, elle était si occupée à l'idée de mettre Camila à l'abri qu'elle n'avait pas réellement fait attention à toute la désordre qu'il y avait eu autour d'eux. Elle se souvenait parfaitement de Scott qui fonçait sur sa moto pour venir en aide à Calvin et lui permettre de s'enfuir, ainsi que de Septimus et de son mur de feu qui protégeait leur retraite et enfin dans ce maudit rétro, la dernière vision de Scott, à la merci des vampires. Pourquoi ? Pourquoi lui disait-il tout ça ? Pourquoi lui disait-il ça ? Avait-il seulement conscience de la portée de cet aveu ? Le sentant s’approcher, elle se tourna dans sa direction le regard noir, prête à lui siffler de ne surtout pas s’approcher d’elle, mais elle n’en fit rien car la peine qu’elle pouvait lire dans son regard, et la douleur qui s’en dégageait, elle les avait déjà vu. Khaaleb n’avait pas besoin de lui expliquer à quel point son action le rongeait et le poids de sa culpabilité était si perceptible qu'il en était éloquent. En d’autres cas, elle aurait surement pu le réconforter et à vrai dire elle était à deux doigts de le faire mais ses mains s’encrèrent avec force sur la rambarde pour ne pas céder à la tentation. Elle ne pouvait pas pardonner en connaissant l’identité de celui à qui il prétendait avoir ôté la vie sans avoir l’impression de trahir la mémoire de Scott. Pourtant, le discours de Khaaleb ne la laissa pas insensible bien au contraire il la toucha bien plus qu’il n’aurait dû.

Qu’il regrette ce qu’il avait fait n’y changerait désormais plus rien, comme il le disait lui-même, il allait devoir apprendre à vivre avec et la famille de Scott ainsi que ses amis, allaient devoir en faire autant et apprendre à vivre sans lui. Depuis quand n’avait-elle pas pleuré ? Elle ne s’en souvenait plus mais des larmes salés s’écoulaient à présent sur son visage, se mêlant sans distinction aux gouttes de pluie qui continuaient de mouiller son visage. Respirant profondément, elle essaya de se reprendre et se tourna à nouveau en direction de Khaaleb qui continuait à défendre sa vision des choses. Elle l’écoutait toujours, les yeux encore humides mais ne laissant transparaitre aucune émotion. Fière et droite elle l’écouta s’insurger et défendre des valeurs qui semblaient si cher à son cœur : la liberté, l’égalité et la fraternité. De belles idées sur le papier malheureusement l’humanité avait prouvé au cours des siècles qu’elle était incapable d’appliquer ces préceptes parce qu’il y avait toujours un groupe qui cherchait à opprimer le second et que fort heureusement, il y avait toujours des personnes pour s’opposer à elles.

Il se tenait à présent face à elle, le regard aussi dur que le sien, du moins elle espérait parvenir à faire illusion, mais une fois encore Khaaleb parvint à la prendre au dépourvu en lui posant une question à laquelle elle ne s’attendait pas et surtout à laquelle elle ne savait pas quoi répondre. Pourquoi avait-elle sauté dans le premier avion pour le rejoindre et avoir une explication avec lui ? Pour quelle raison avait-elle fait tous ces kilomètres pour le rejoindre ? Qu’attendait-elle au juste de ce face à face ? A vrai dire, elle-même n’en savait rien, du moins, elle n’était pas certaine de le savoir mais il était bien évidemment hors de question de le reconnaitre, elle était beaucoup trop fière pour ça.
Détournant son visage, elle se mit à froncer ses sourcils fixant à nouveau le sol humide alors que son cerveau réfléchissait à toute allure. Pourquoi était-elle là ? Cela n’avait rien à voir avec les Inquisiteurs, ni les Loups-garous, du moins pas uniquement. Si elle était venue c’était uniquement parce qu’elle en avait besoin… besoin de savoir… besoin de connaitre la vérité… Comprendre ce qu’il foutait là non de Dieu ! Sur ce champ de bataille dans lequel, elle le savait à présent, sans l’ombre d’un doute, il n’avait clairement pas sa place. L’avait-il trahit ? S’était-il joué d’elle ? Si cela avait été le cas, elle n’aurait clairement pas hésité à le tuer derechef, de toute manière qu’était-il pour elle ? Une simple rencontre d’un soir, rien de plus. Les plans cul avaient toujours été bien plus son truc, alors que les histoires sentimentales au contraire, les relations sérieuses, très peu pour elle ! Elle les fuyait comme la peste, parce que s’attacher à quelqu’un, surtout lorsque l’on se battait cela ne servait qu’à vous rendre faible, à vous affaiblir et à commettre des erreurs que vous n’auriez pas commis en temps normal.
Pourtant et bien qu’elle répugnait à le reconnaitre, elle s’était attachée à cet imbécile qui vivait dans un monde utopique. Elle s’était sentie trahit en découvrant sa présence parmi les vampires, elle lui en avait voulu et s’était sentie cruellement blessée en s’imaginant qu’il avait joué la comédie depuis le début, et puis en découvrant la vérité elle s’était sentie soulagé. Un autre que lui serait probablement mort pour avoir avoué être le responsable de la mort de l’un des leurs, pourtant elle n’en n’avait rien fait, et ce n'était nullement dans ses intentions, il était toujours là et il n'y avait aucune raison à ce que cela change. De plus, lorsqu’il la regardait avec ses yeux là, il la désarmait complétement. Bon dieu c’était pas vrai ! C’était quoi ces mièvreries se réprimenda-t-elle silencieusement en frappant la rambarde avant de se tourner vers lui pour lui faire face et rompre enfin ce silence obstiné qu'elle avait gardé depuis ses aveux concernant sa responsabilité dans la mort de Scott

- Si je suis ici...
commença-t-elle avant de s’interrompre… c’est parce que je voulais comprendre…

Elle s'interrompit et se tut à nouveau, laissant une fois de plus place au silence et réfléchir aux mots qu'elle s'apprêtait à prononcer. Comprendre ce qui lui arrivait ? Comprendre son rôle dans toute cette histoire ? Essayer de comprendre ce qu'elle ressentirait en se trouvant en face de lui...

- Comprendre ce que tu foutais là. Comprendre pourquoi les Loup-garous s’étaient rangés contre nous pour s’allier à leurs ennemis naturels. Mais j’ai l’impression en t’écoutant parler que tu ne le sais pas toi-même.

Appuyant sur son bracelet, son armure se rétracta avant de disparaitre aussi soudainement qu’elle était apparue. Peut-être faisait-elle une grave erreur mais elle en doutait et si jamais c'était le cas, si jamais il avait tenté de l'amadouer pour mieux l'attaquer, il le regretterait amèrement, mais à vrai dire... elle n'y croyait pas un seul instant. Au dehors, le ciel était toujours gris, et l'orage tout comme la tempête qui faisait rage, ne semblaient pas vouloir se calmer. Prenant appui contre la rambarde, elle se tourna sur le coté et baissant la tête, fixa le bois de la balustrade pour ne pas avoir à affronter le regard de Khaaleb lorsqu'elle allait lui parler de lui. Il n'était pas question pour elle de le blesser plus qu'il ne l'était déjà, il était suffisamment meurtris par son acte sans qu'elle ai besoin d'en rajouter, par contre elle voulait qu'il prenne pleine conscience de ce dans quoi ils venaient de s'embarquer. Peut-être que ça les ferait réfléchir, mieux encore, qu'ils se rétracteraient

- Il s'appelait Scott, c'était un ami fidèle et un soldat de valeur. Il croyait en les idéaux de la Grande Inquisitrice. Il était trop jeune pour mourir mais il est mort en héros, pour avoir tenté de sauver une personne que les vampires n'auraient pas hésité à massacrer après l'avoir fait bien souffrir. Il avait beau être un soldat et se battre pour une cause en laquelle il croyait, personne ne pouvait s'attendre à ce que sa vie s'arrête aussi brutalement. La minute d'avant Camila le charriait et la seconde d'après...


Et la seconde d'après, il périssait sous les crocs des vampires ou les poings de Khaaleb si elle en croyait son récit. Elle avait été incapable de prononcer à voix haute le funeste destin auquel il avait été condamné. Sa voix était restée bloquée par une boule dans sa gorge, de toute manière c'était inutile d'entrer dans les détails, Khaaleb avait parfaitement compris ce que voulait dire son silence.
Tapotant deux petits coups contre la rambarde, Thalya se tourna vers l'homme loup, pour lui faire face, prête à l'affronter

- Mais voilà Khaaleb, contrairement à ton ami, Scott était un soldat, il connaissait les risques comme chacun d'entre nous et je sais qu'il n'aurait rien changé à ce qui est arrivé et ce même en ayant conscience de sa destiné. Méritait-il pour autant de mourir ? Absolument pas, mais c'est ça la guerre ! Il y a des pertes, pas uniquement celles de vulgaires inconnus mais également celles d'êtres qui nous sont chers. Des vies humaines sont sacrifiés pour une cause, un combat auquel ils croient mais dans le cas présent, la mort de Scott n'aura pas été veine. Et celle de ton ami dis-moi ? Savait-il pourquoi il se battait et pour quelle cause il est mort ? Est-ce que ça en valait la peine ? Est-ce que tout ceci n'aurait pas pu être évité ?

Bien qu'elle lui eut posé la question, elle doutait sérieusement qu'il puisse lui apporter la moindre réponse et ce n'était pas ça le plus important. Elle ne cherchait pas non plus à le blesser, elle se rendait compte qu'il avait été suffisamment meurtri lui aussi, d'ailleurs sa voix s'était adoucit en parlant des disparus. Si elle les avait évoqué et en particulier l'ami de Khaaleb qu'elle ne connaitrait jamais, c'est parce qu'elle voulait qu'il prenne conscience qu'ils s'étaient battus pour rien. Les loups-garou étaient intervenus dans un conflit qui ne les regardait pas sans en connaître ni les tenants ni les aboutissants et à présent, eux qui ne cessaient de proclamer leur neutralité depuis des années, se retrouvaient mêlé à un conflit qui les dépassait

- Quand à toi, cette culpabilité que tu ressens au plus profond de ton être,
fit-elle en tapant légèrement son poing sur sa propre poitrine, elle est là pour te faire réaliser les conséquences de tes actions et de tes paroles. A toi de faire en sorte que ce gâchis ne se reproduise plus jamais. Tu fais de beaux discours utopistes sur le fait que le monde doit changer pourtant vous n'avez pas hésité à prendre parti et à entrer en guerre à votre tour. Mais le pire dans tout ça, ce n'est pas que vous l'ayez fait, c'est que vous l'ayez fait sans savoir ce qui s'était réellement passé, alors même que votre communauté n'était nullement menacé que ce soit par l'un ou par l'autre des deux groupes belligérants. Tu nous as traité de bourreaux mais laisse-moi te compter une histoire Khaaleb et ensuite je veux que tu me dises qui est le bourreau.

Le tonnerre se mit à gronder, avant de déchirer le ciel de ses zébrures qui éclaira comme en plein jour, durant un instant, le paysage forestier, bien qu'aucun d'eux ne réagit, comme si plus rien d'autre ne comptait si ce n'était l'un et l'autre.

- Admettons que ton meilleur ami se batte à tes côtés contre tes ennemis, qu'il te sauve la vie en sacrifiant la sienne. Que tu le vois périr sous les balles ennemis sans que tu ne puisses plus rien y faire, même pas rapatrier son corps. C'est exactement ce qui nous est arrivé, nous avons perdu un soldat qui était avant tout et surtout un excellent ami. Il aimait rire, avait toujours le mot pour rire et plaisanter et il n'était jamais en reste pour faire des conneries. Il était un ami fidèle sur lequel on pouvait compter quoi qu'il arrive, avec lui, nos confidences étaient toujours très bien gardés. Il ne nous disait jamais quoi faire ni ne nous jugeait, mais l'air de rien, il nous donnait toujours de bons conseils. Il était pompier avant d'être soldat, parce que sa vocation à lui s'était de sauver les autres. Et puis il est mort, laissant derrière lui une femme dont il ignorait qu'elle était enceinte.
Nous l'avons beaucoup pleuré et puis le temps a fait son oeuvre, même s'il était toujours là, dans nos coeur. C'était il y a 5 ans. Et puis en avril de cette année, Andropova à contacté Septimus, elle avait un marché à lui proposer : la vie de Saevus Yaxley contre celle de celui que l'on avait cru mort. Cette garce avait tout prévu depuis longtemps, tu te rends compte qu'elle avait programmé l'enlèvement de Yong et sa supposé mort pour atteindre ma cousine ?!
S'exclama-t-elle encore bouleversée et furieuse par le plan machiavélique de cette femme. Elle avait une complice, une infirmière qui a diagnostiqué la soi-disant mort de Yong et qui s'est chargé de son transfert jusqu'à Boston. Là, Andropova l'a soigné, puis pendant que ses parents, sa famille, ses amis, le pleuraient, elle s'est amusée à le torturer régulièrement, comme ça, pour le plaisir, en attendant de le sortir un jour comme un atout majeur dans son diabolique jeu de carte. Pourquoi Yaxley contre Yong ? J'en sais rien et à vrai dire je m'en contre fiche. Tout ce que je retiens moi, c'est que pendant 5 longues années cette salope s'est amusée à le torturer et à le mutiler alors qu'on le croyait tous mort. Elle l'a privé des 5 premières années de la vie de sa fille dont il vient à peine de découvrir l'existence et le pire c'est qu'il ne l'a toujours pas rencontré. Bon sang Khaaleb quel genre de monstre est capable de faire ça dis-moi ?!! S'exclama-t-elle furieuse alors que ses larmes avaient recommencé à couler sur son visage. Aujourd'hui Yong cet ami de valeur, toujours prêt à aider son prochain, courageux, dévoué et gentil n'est plus que l'ombre de lui-même ! Il sursaute dès qu’il voit apparaître une ombre et trouve refuge dans l’alcool. Il n’ose même pas aller à la rencontre de sa fille et je me demande si elle connaitra un jour son père. Voilà ce qu’à fait Regina Andropova, voilà ce qu'à fait le monstre que vous êtes venus libérer, alors ne viens pas me parler après ça de ce qui doit ou ne doit pas être fait parce que je suis prête à parier que toi aussi tu n’aurais pas hésité à appliquer la loi du talion si tu avais été à notre place, ne dis pas le contraire. On ne s'en prend pas à la famille sans en payer les conséquences, je sais qu'on a au moins ça en commun. Et crois-moi, en regard de ce qu’elle lui a fait, cette salope s’en tire à bon compte

A l'heure actuelle, Régina Andropova devait se trouver en sécurité dans son manoir à Boston, en territoire des Mages Fondateurs, entourée de sa garde rapprochée de vampires. Pour le moment, elle était bien trop faible pour agir et contre attaquer, mais lorsqu'elle irait mieux ils pouvaient être sur qu'elle allait se venger de ce qu'ils lui avaient fait et pour venir à bout de ses projets, elle savait qu'elle pouvait compter sur le soutient de ces suceurs de sang dont elle était la reine pour parachever ses représailles ! Si Thalya voulait être honnête avec elle-même, cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, c'était quelque chose qu'elle redoutait. Elle avait peur pour elle bien sur, prétendre le contraire serait un mensonge, mais elle s'inquiétait également pour Camila, Calvin, Septimus, Yong et tous leurs proches qui avaient participé de près ou de loin à sa capture, voir même, en règle général pour tous les inquisiteurs ou personnes dénués de magie vivant sur leur territoire. Régina Andropova avait prouvé qu'elle était une femme cruelle et sournoise, nulle doute que sa vengeance serait terrible, une vengeance qui frapperait de toute manière Camila de plein fouet. Thalya connaissait suffisamment sa cousine pour savoir qu'elle ne supporterait pas qu'il arrive quoi que ce soit à l'un d'entre eux pour une décision qu'ils avaient prise ensemble mais dont elle s'incomberaient l'entière responsabilité. Ils ne pouvaient pas attendre qu'Andropova se décide à passer à l'offensive, ils allaient devoir la retrouver et l'éliminer avant qu'elle ne reprenne des forces mais à l'abri dans son putain de manoir, entourée de vampires qui vous repéraient à des kilomètres à la ronde comme des charognards, comme ils allaient faire ?! Elle n'avait malheureusement toujours pas la réponse à cette questions. Et Septimus qui ne donnait toujours aucun signe de vie...

- Les victimes de la Californie, des 5 sanglantes, la mort de ma tante, Yong,.... Si nous ne sommes pas là pour protéger les personnes qui sont dénués de magie qui le fera ? Washington ? Il y a bien longtemps que la Maison-Blanche n'est plus qu'une marionnette aux mains des Partisans du Nouveau-Monde et des Mages Fondateurs. Comment veux-tu après ça que nous restions sans rien faire ? Réponds-moi franchement, tu le ferais toi ?


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Un ange passe. un ange, vraiment ? Oui, mais pas n'importe quel ange, un ange de la mort.
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   15.06.17 22:46


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb



Musique:
 

Thalya frappait fort.
Ses paroles étaient comme des coups qu'elle donnait, fracassant ses pensées, ébranlant ce en quoi il croyait profondément. Chaque mot avaient la dureté d'un rocher qu'elle lui projetait au visage, chaque son était une gifle aussi puissante que la tempête qui les entourait. Il avait beau rendre les coups, tenter de chercher des arguments qui étaient pour lui convaincant, elle avait toujours un coup d'avance, comme si lui même parlait dans le vide. Rien de ce qu'il pouvait bien dire ne trouvait grâce à ses yeux, et à force de la voir et de l'entendre, lui même commençait à douter.

Aussi terrible que pouvait être le contenu de ses paroles, le loup ne pouvait que reconnaître la véracité de ce qu'elle avançait, et ce constat le troublait et le rendait amer face à sa propre personne. Était-il donc aussi facilement corruptible pour que quelques paroles hurlées sous la pluie et une paire de seins lui face ainsi douter de lui ? Douter d'eux et de leur combat contre l'obscurantisme ? Il refusait d'y croire. Tout ce qu'elle disait, tous ses arguments étaient justement tout ce contre quoi il voulait s'opposer. Et pourtant...
Et pourtant n'avait-elle pas raison ?
Lorsqu'elle lui demandait où se trouvait les loups lorsque de jeunes moldus étaient kidnappés et tués. Où étaient-ils ? Et bien comme toujours, ils ne faisaient rien. C'était bien ça le problème, et ça Khaaleb le savait, mais il savait aussi que ce problème d’égoïsme n'était pas uniquement l'apanage de la communauté lycanthropique, mais bien de l'humanité tout entière. C'était un fait, les humains ne réagissaient que lorsqu'ils se sentaient directement concerné, touché, menacé. Bien sur, ils pouvaient éprouver de la pitié, plaindre les victimes et leurs familles, faire un petit chèque pour soulager leur conscience, mais agir pour un parfait inconnu, de façon totalement désintéressé, ça non, ou si rarement. Alors non, ils n'avaient jamais rien fait lorsque de jeunes non-mages se faisaient enlever, tuer, manger...mais que faisaient les non-mages pour eux ? Où étaient-ils, hein, ses inquisiteurs chéris lorsqu'un enfant-loup se faisait caillasser à la sortie de l'école parce que tout le monde avait peur de lui ? Où étaient-ils lorsque des familles entières se retrouvaient à la rue parce qu'on refusait aux parents un travail sous prétexte qu'une fois par mois ils devenaient ces créatures issues des tréfonds de l'histoire ? Un instant, il voulu lui faire part de ce point de vue, mais il abandonna l'idée. Car aussi pertinent que pouvait selon lui être son argument, il n'en restait pas moins une question : Pourquoi venir en aide aux vampires ? Pourquoi eux, en particulier plutôt qu'un autre groupe ? Au delà de toutes les considérations pacifiques et utopistes qu'il pouvait présenter, il n'en restait pas moins que cette interrogation demeurait, même pour lui.

Même avant sa transformation, Khaaleb n'avait jamais été très à l'aise avec les vampires et avec les principes même de cette espère. Ses années d'étude à Boston, puis son travail au ministère au sein du DCPCM (ndlr : département de contrôle et de protection des créatures magiques) l'avait amené à croiser à l'occasion la route de certains d'entre eux. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'avait jamais réussi à se sentir à l'aise face à de telles créatures. Car si lui-même et les siens ne se transformaient qu'une nuit par cycle lunaire, les vampires eux portaient chaque jour sur eux leur terrible malédiction. Il avait même fini par se demander comment on pouvait décemment rêver de devenir l'un des leur. En vérité, il les plaignait. Se nourrir de chaire humaine, ne plus jamais pouvoir sortir et voir la lumière du jour, ne pas mourir... tant de fardeaux qui rendaient à ses yeux leurs existences pitoyables. Si lui même avait un jour tenté par tous les moyens de repousser la mort, jamais il n'avait été tenté par cette moitié de vie à laquelle étaient attachés les vampires. Mais ce qui l'avait amené à répugner la présence de la plupart d'entre eux, c'était avant tout leur comportement et cette façon qu'ils avaient de mépriser la vie et l'existence humaine, et celle des loups-garou plus que nulle autre. Il le savait, qu'il arrivait à leur Roi d'accorder à ses hommes le plaisir d'aller à la chasse aux loups, malgré le statu quo qui maintenait la relative paix entre leurs clans. C'était un des principaux facteurs d'opposition face à la politique de Cécil au sein de la Grande Meute, l’inaction face aux actions des vampires. Ils étaient beaucoup parmi les loups, à encore réclamer une guerre avec les suceurs de sang, afin de montrer qui était le patron, montrer au monde qu'ils n'étaient pas que des chiens à la botte de ce souverain prétentieux et arrogant, comme le suggérait d'ailleurs la jeune femme qui se trouvait toujours face à lui.

Ils n'avaient rien compris, ils ne voulaient pas comprendre...ils étaient tous aveuglés par la haine, ses frères, sa famille, les autres, elle... seule la voix de Cécil perçait les ténèbres. La voix de Cécil et celle de son grand-père qui s'exprimait à travers lui. La rencontre avec cet homme avait transformé le jeune homme impulsif qu'il était adolescent. L'aïeul avait une sagesse qu'il n'avait jusqu'alors retrouvé que dans les yeux de sa grand mère, une chamane d'une grande puissance à qui ses sœurs ressemblaient beaucoup. C'étaient ces deux figures qui l'avaient amené à être ce qu'il était aujourd'hui, à penser ainsi aussi.

Mais aujourd'hui, ses propres pensées le fatiguait. Tout grand et fort qu'il était, il n'avait jamais été préparé à de telles batailles. C'était un cœur tendre, rieur, bagarreur bien sur, mais profondément bon, et simple, et quelque fut l'aversion qu'il ressentait pour une personne, un groupe, une espère, jamais il n'aurait voulu ni la mort ni la souffrance de qui que ce soit, et encore moins en être la cause.
Mais tout cela n'était que foutaises, elle avait raison, dans sa colère, elle avait entièrement raison : le seul qu'il essayait de convaincre c'était lui. Mais que faire d'autre? quand on se rend compte que l'on est capable sans grand effort, de prendre une vie, alors que la vie est ce qu'on vénère le plus. Comment en était-il arrivé là ? Comment en étaient-ils arrivés là ? Deux semaines plus tôt ils riaient et buvaient ensemble, deux semaines ils s'aiment comme deux idiots dans cette chambre d’hôtel...aujourd'hui, il était le meurtrier d'un des siens. La vie avait vraiment un curieux sens de l'humour.

De la voir ainsi réagir, faillir l'espace d'un instant, devenir plus fragile, plus humaine qu'il ne l'avait encore jamais vu, au moment où il lui avoua avoir lui-même tué cet homme que les inquisiteurs avaient perdu, lui brisa le cœur. Car à ce moment il comprit que cet homme n'était pas n'importe qui, pas un inconnu, tout du moins pas pour elle. Un compagnon d'arme ? Un ami ? Un cousin ? Un frère ? Un amant ? Il n'aurait su le dire, mais voir ainsi des larmes embrumer les yeux de cette femme si forte et droite le toucha au delà de tout. Il eut envie de l'aider, de la soutenir, il avait envie de tendre les bras vers elle, de la serrer contre lui, de lui faire comprendre à quel point il était désolé, à quel point tout ça n'était que le jeu de quelques vils esprits sournois.
Mais il n'en fit rien. Il resta face à elle, la voix cassée, et de la voir ainsi, il sentit toute la rage qui l'avait traversé s'en aller aussi vite qu'elle était venue. Il ne voulait plus lutter, ni contre elle, ni contre n'importe qui. Bien entendu, il aurait pu garder cette information pour lui, accuser un de ses compagnons, ou laisser la culpabilité de cette mort aux vampires qui après tout avaient fini le travail. Mais il n'était pas homme à se défiler... et plus que tout, il ne voulait plus avoir de secrets pour cette femme. C'était les secrets, ou plutôt les silences qui les avaient mené à cette situation désastreuse. Peut être que s'ils avaient été tout de suite sincères, peut être que certaines choses auraient pu être évitées. Mais quelque chose lui disait que ça n'aurait été que les bonnes choses qui seraient passé à la trappe. Mais c'était étrange, ce besoin qu'il éprouvait de parler ouvertement à cette femme que pourtant il connaissait si peu. Mais quel pouvoir pouvait-elle bien avoir sur lui pour le changer à ce point ? Qu'est-tu en train de me faire Thalya...

Il se trouvait à présent face à la jeune femme, aussi droit que son état lui permettait de se tenir, aussi misérable qu'il était en cet instant. Et pourtant, il plongea son regard dans le sien, lui demandant enfin ce qu'il n'arrivait pas à comprendre depuis qu'il l'avait vu sortir de la voiture... pourquoi était-elle là ? Et en la voyant le regarder à son tour, puis détourner les yeux, il comprit qu'elle n'en savait rien du tout. Aussi étonnant que ça pouvait paraître après tout ce qu'ils venaient de se dire, la belle inquisitrice lui paraissait en cet instant presque aussi perdue que lui. Les raisons qu'elle avança ne répondirent pas vraiment, elle resta vague, comme si elle cherchait en elle une réponse convaincante alors qu'il n'y en avait peut être pas. Que faisait-elle là ? Qu'était-elle venue chercher ? Avait-elle peur ? Peur de comme lui se sentir abandonné dans un sentiment étrange et obscur qu'ils n'avaient jamais cherché ni demandé ni l'un ni l'autre. Peut être était-elle là parce que le destin avait décidé de continuer à les faire souffrir, ou peut être aussi parce qu'ils avaient encore un rôle à jouer dans cette mascarade grotesque.

Mais elle était un soldat, droite et forte, et il ne lui fallut pas longtemps pour se reprendre. Cependant, il y avait quelque chose de différent, de changé dans le son de sa voix. Ce qui avait ramené ce calme en elle, ce sérieux aussi, il n'aurait su le dire, mais désormais, elle ne hurlait plus.

Ne la quittant pas du regard, il la vit appuyer sur le bracelet qu'elle avait au poignet, désactivant de ce fait l'armure anti-magie qui la protégeait de lui et de ses pouvoirs. Immédiatement, il se relâcha. Il n'avait jamais eu à affronter quelqu'un portant un de ces équipements, mais il les savait redoutable. La voir ainsi baisser sa garde ne voulait dire qu'une chose, elle avait comprit qu'il ne représentait pas une menace, en tout cas pas une menace immédiate pour elle.
Sentant soudain une grande fatigue et une terrible lassitude s'emparer de lui, il traîna sa carcasse jusqu'aux quatre marches qui menaient à la terrasse qui entourait son chalet et s'y installa, s'appuyant contre un des poteaux qui soutenaient le toit. Tourné vers elle, il l'écouta, avec une attention redoublé puisqu'il n'avait plus maintenant à lutter pour rester debout.

A sa grande surprise, elle décida de lui parler de cet homme, cet homme qu'il avait tué.
L'évocation de ce garçon, ce Scott comme elle l'avait appelé, lui fit l'effet d'un coup de poignard. Apprendre des choses sur la vie de cet homme rendait son acte encore plus inhumain et abominable à ses yeux, et la faute plus grande encore, car il comprenait que cette impression qu'il avait eu en voyant sa réaction était juste... il avait bien fait parti de sa vie à elle, d'une façon ou d'une autre. Mais la détresse dans laquelle il se trouvait, il n'en laissa rien paraître, en tout cas autant qu'il le pouvait, respirant toujours plus profondément pour ne pas craquer face à elle. Tout ce qu'elle disait, toutes ses paroles fondaient droit sur son cœur et déchiraient son âme, avec autant de délicatesse qu'un obus. Will n'était pas un soldat, ça c'était vrai, mais il s'était battu quand même. Il ne soutenait peut être pas de cause aussi éloquente que celle de sa propre victime, mais est ce que ça voulait dire que sa mort avait moins de valeurs ? Le motard était peut être mort en héro, mais à ses yeux à lui, c'était toute sa vie de Will avait vécu en héro, et n'est-ce pas tout ce qui comptait en fin de compte ? Qu'est ce qu'on en avait à foutre de la façon de partir, tant qu'on avait vécu avec sincérité et grandeur d'âme.
Mais toutes ses pensées ne pouvait soulever le poids de la culpabilité qu'il sentait peser sur lui. Il ferma les yeux, l'espace de quelques secondes, et alors qu'il continuait d'entendre la voix de Thalya et de sentir la pluie tomber sur son visage, il murmura en lui une prière pour l'âme de ce pauvre mec qu'il avait tabassé. C'était si peu de chose, et pourtant à cet instant, il n'avait rien trouvé d'autre à faire.
Khaaleb n'avait jamais été très croyant, bien qu'il embrassait la religion animiste de son peuple. Une nouvelle dette le liait à présent à l'esprit de ce jeune homme, et il espérait de tout son cœur pouvoir un jour s'en libérer. Mais alors qu'il rouvrait les yeux et que son regard tombait sur celui de la jeune femme, il entrevit l'espace d'un instant qu'elle serait la tâche qu'il lui faudrait accomplir. Dans le fond, Anahia n'était peut être pas le seule en définitive, à pouvoir parler avec les morts.

Meurtri, il n'essayait même plus de répondre aux questions qu'elle lui posait, ne trouvant de toute façon rien de bon ni de convainquant à lui répondre. Dans son esprit, un milliard de questions sans réponse fusaient, tambourinent, hurlant pour sortir. Il y avait encore tant de choses qu'il ne comprenait pas lui-même, alors comment pouvait-il les lui expliquer ?
Contre tout attente, la jeune femme lui parla alors de la femme d'Andropov qu'ils avaient secouru à si grand prix. Les révélations qu'elle lui fit eurent tôt fait de le perdre encore un peu plus, de le perdre et de le glacer d'effroi. Ainsi donc, c'était pour ça qu'ils s'étaient battus, pour libérer un être plus cruel encore que le roi des vampire lui-même ? Encore qu'il du bien reconnaître qu'ils formaient un couple plutôt bien assorti en fin de compte. Mais non, ce n'était pas possible, cela ne se pouvait. C'était elle qui lui montait un bobard. Personne ne pouvait avaler une telle chose. Torturer quelqu'un pendant toutes ces années, pour le plaisir. Non il n'y croyait pas, il ne voulait pas y croire. Régina Andropova était certes une sorcière influente, membre du Conseil dont lui-même se méfiait, mais c'était une mère de famille, une...pâtissière, une ancienne camarade d'école de sa sœur aînée. Il ne pouvait croire que le monstre dont Thalya lui peignait le portrait était le même que celui de cette petite femme blonde et fluette. Il ne pouvait croire que de telle chose existait, de telles situations. Il ne voulait y croire. Pas après le prix qu'ils avaient payé pour sa libération. Mais plus que de la colère, c'était de la pitié que Khaaleb éprouvait, pour cet homme, cette pauvre victime de ce maudit système dont il n'avait été qu'une pièce, un pion malchanceux. Personne ne méritait de vivre ça, quelque fut son appartenance politique, ethnique ou sociale. Personne n'avait le droit de souffrir comme ça. Et lui plus que quiconque savait ce que pouvait signifier le mot souffrance.

Pourtant, malgré tout ce qu'elle venait de lui dire, une partie de lui continuait de penser que la façon que les inquisiteurs avaient eu d'agir ne méritait pas plus de crédit ou de légitimité que les actes abdominales d'Andropova. Se faire justice tout seul, de cette façon, ne faisait que faire grimper l'échelle de la violence.  Était-il le seul, bon dieu, à avoir compris que la vengeance n'apportait aucune délivrance ? Qu'avait-il trouvé dans le fait de briser cet homme avec la seule force de ses poings...rien, strictement rien... à part de sentir irrémédiablement son âme se déchirer en deux. Il avait sentit la mâchoire de l'homme éclater, il avait sentit le sang chaud couler sur ses mains. Will était-il pour autant revenu d'entre les morts ? Non.
Torturer Andropova et finir par la mettre à mort n'aurait jamais ramené leur ami à ce qu'il était avant ses années de captivité, car lui seul le pouvait.

La dernière phrase qu'elle prononça le laissa pantois. Mais pourquoi s'obstinait-elle à toujours présenter les non-mages comme des victimes qu'il fallait à tout prix défendre de ces vilains sorciers ? L'inverse n'était-il pas aussi vrai ? Et quand bien même, n'était-ce pas eux, les sorciers, qui avait du se cacher pendant des siècles pour que chacun vive en paix, laissant aux moldus les privilège de la liberté et de la domination de la planète pendant des siècles ? Elle lui reprochait d'avoir agit comme il avait agit par haine des inquisiteurs ou des moldus, mais en cet instant, il avait surtout l'impression que c'était elle qui détestait tout ce qui touchait de près ou de loin à la magie, et qui se dégouttait d'avoir ainsi cédé à l'un d'eux. Mais les non-sorciers qu'elle présentait comme des martyres, des exclus écartés et opprimés par un système corrompu, la plupart vivaient en paix. Ils avaient des familles, des maisons, une voiture pour les conduire au travail, ils menaient leur petite existence tranquille sans savoir qui pouvait bien se battre pour eux. Ils pouvaient presque se rendre où ils voulaient, ils étaient libres, bordel ! Non vraiment, elle ne s'adressait pas à la bonne personne si elle voulait faire croire que les non-mages étaient les grands opprimés de ce pays. Lui qui était issue d'une nation détruite par l'envahisseur, lui qui avait grandit dans les histoires de grands guerriers qui s'étaient dressés contre l'invasion des colons, et tout ça pour quoi ? Finir parqué comme des bêtes dans des réserves, ou se faire exterminer au fond d'une fosse comme une vulgaire larve. Sa nation avait périt, massacrée, et maintenant qu'il était loup, il lui semblait parfois revivre la même chose que ses ancêtres Iroquois. La société, qu'elle fut sorcière ou non, ne voulait pas d'eux et les écartait à la moindre possibilité. Et qui les protégerait alors hein ? Eux les loups que tous craignaient...

Lorsqu'elle lui posa sa dernière question, il réfléchit encore quelques instants, cherchant les mots justes, mais alors qu'il la regardait, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme, prêt à repartir à l'attaque, fière des convictions qu'il défendait depuis des années, quelque chose se brisa en lui. Il comprit que quoi qu'il puisse dire, ça ne changerait rien. La jeune femme qu'y était venu ici n'était pas là pour entendre son pathétique plaidoyer sur l'équité et la paix, mais pour lui faire voir une vérité qu'il essayait de se cacher à lui même. La ligne de conduite sur laquelle il s'obstinait à avancer ne le menait qu'à un cul de sac, il en avait conscience maintenant. Il devait essayer de trouver un nouveau regard, ouvrir les yeux, et surtout accepter les choses qu'il avait fait. Comprendre pourquoi il les avait fait finalement, qu'est ce que ça lui apporterait ? Ce qui était vraiment important, c'était savoir quoi faire maintenant. Quoi faire pour le futur des siens, quoi faire pour son propre avenir.
Il devait être sincère, pour elle qui se tenait face à lui, pour cette émotion étrange et effrayante qu'elle faisait monter en lui. Mais surtout, il se devait d'être sincère pour lui-même.

Prenant une profonde respiration, il détourna le regard.


"Non... tu as entièrement raison. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les miens, eussé-je y laisser la vie..." Dit-il dans un souffle, avec une voix sourde et grondante mais d'un calme presque inquiétant.

Les yeux tournés vers le lac tout proche qui renvoyait le reflet terrible des éclairs qui zébraient le ciel noir, il prit la pleine mesure de sa bêtise. Depuis cinq jours, il avait cherché tous les moyens possibles et imaginables qui avait motivé leur action, s'accordant avec lui même sur le discours qu'il avait sortit à Thalya quelques instants plus tôt. Mais au fond de lui, même cela ne tenait pas la route. Il y avait bien une autre raison, mais elle lui semblait si stupide...

"Je dois arrêter de me voiler la face... je ne sais même pas pourquoi il nous a fait venir... Peut être voulait-il effacer cette dette pour Andropov..." Il avait parlé plus pour lui-même que pour elle. C'était la dernière option, la dernière raison valable qu'il voyait qui aurait pu motivé leur chef à les jeter dans cet affrontement.

"Tu l'ignores surement, mais il y a peu, nous avons évité une guerre entre les suceurs et nous...il s'en est fallu d'un cheveu. L'une des nôtres, l'une des bras droit de Cécil en réalité, a fomenté un complot visant à le faire assassiner et à déclencher une guerre contre les vampires que beaucoup des nôtres réclament. C'est grâce à l'intervention d'un fondateur, d'un homme bien, et d'Andropov que tout ça a pu être évité, que Cécil est toujours en vie. Peut être pensait-il ne plus rien lui devoir en allant l'aider à récupérer sa bonne femme, régler ses comptes...je ne sais pas."

Il ne savait pas trop pourquoi il lui parlait de tout ça, de cette sombre affaire avec Sofia, l'ancienne Fréki. Peut être y avait-il trop de chose dans sa tête pour pouvoir simplement le penser. L'action de la grande louve avait été un terrible coup pour la Meute. Elle était un pilier des leurs, une voix importante, et même s'ils ne s'étaient pas toujours entendu, Khaaleb avait toujours éprouvé du respect pour elle. Peut être était-ce de voir un de ses plus proches collaborateurs le trahir ainsi qui avait ébranlé la foi du Marrok. Peut être pas.

"Cependant, je ne pense pas qu'aucun d'entre nous n'avait anticipé ce qui allait se passer ce soir là, ça c'est une certitude. Que cette aide que nous leur avons apportée mènerait à une telle débâcle. Ça ne justifie pas mes actes ni ceux des miens bien sur, je pense que rien ne le peux vraiment désormais...J'aurai pu faire demi-tour, désobéir à mon chef, décider d'abandonner mes frères, plutôt que de..."

A ces mots, son regard quitta le vide et se posa sur ses mains. Elles tremblaient encore. Il serra les poings, tentant de chasser de lui toute forme de peur. Il devait retrouver sa force, cesser d'être cet être misérable que l'attaque avait faite de lui. Il avait déjà été l'ombre d'un homme, longtemps auparavant, et plus jamais il ne voulait renouer avec cet état de désespoir. Il devait se ressaisir bon dieu ! Lève toi !
Relevant les yeux, il trouva à nouveau ceux de Thalya, et aussi surprenant que cela pouvait paraitre, il sentait que c'était par elle qu'il pourrait refaire surface.


"Mais si tu voyais ta Grande Inquisitrice foncer dans un combat, même un combat que tu ne cautionnes pas, un combat qui tu sais te mènera à ta perte, et que malgré tout ce que tu as pu dire, tout ce que tu as pu faire, elle fonce quand même vers le danger, putain, oses à ton tour me dire que tu ne ferais pas tout pour l'aider...pour la sauver. Cécil est bien plus qu'un leader pour moi, bien plus qu'un ami, qu'un frère...je lui dis la vie Thalya...et c'est un lien plus fort que celui du sang."

C'était quelque chose que peu de gens pouvaient comprendre, ce lien entre ces deux hommes. Quelque fut les situations, quelque fut les différents qui avaient pu au cour des années les opposer, les batailles qu'ils avaient eu à mener, Khaaleb se rangeait toujours derrière Cécil. Et il y avait là bien plus qu'une allégeance sociale ou politique, c'était une question d'honneur, de devoir. Un pacte silencieux qu'il avait passé plus de dix années auparavant.

"C'est peut être pour ça que je cherche désespérément une justification là où il n'y en a peut être tout simplement pas. L'idée qu'il nous ait mené à la guerre m'est tout simplement insupportable. Mais il faut regarder la vérité en face, en tentant d'éviter un conflit, nous nous sommes plongé dans un autre."

Et le pire dans tout cela, c'est qu'il n'était pas sur en cet instant qu'ils eussent bien choisi leurs alliés. Mais malgré tout, malgré cette action stupide qu'ils avaient mené de concert avec les vampires, il ne parvenait pas à rejeter la faute sur quelqu'un d'autre que lui même. Car en temps que Géri, il aurait du avoir la force nécessaire de convaincre Cécil de se détourner. Mais il n'avait pas vu plus loin que le bout de son nez. Il n'avait pas prévu, ou peut être qu'il n'avait pas voulu. Lève toi !

"Mais que faire alors ? hein ?" Et à cet instant, il eut un sourire triste, le premier depuis qu'elle était arrivée."Sommes nous destinés à tous nous entre-tuer jusqu'au dernier ? A voir nos frères tomber un à un, à vivre cacher dans la peur de l'autre ? A se combattre et se fuir, inlassablement ? Non, je refuse d'adhérer à cette vision pessimiste et fataliste. Je refuse de croire qu'un avenir commun est impossible, par la faute de quelques détraqués...même maintenant... surtout maintenant."

Et il chercha à nouveau son regard, le regard de cette femme qui perturbait tous ses repères. Pourquoi avait-il rencontré sa route ? Quel bien pouvait ressortir de cette relation ? Quel était ce pouvoir qu'elle avait en elle pour le rendre aussi misérable que le plus miséreux des hommes, et à la fois aussi fort qu'une montagne.
Si seulement les choses avaient pu être différentes. Mais elles ne l'étaient pas. Les choses étaient ce qu'elles étaient, et elle était qui elle était, il allait devoir faire avec.
Tant de chose seraient différentes désormais. Lève toi Khaaleb !!
L'espace d'un instant, il repensa à l'enterrement qui avait eu lieu le matin même, dans ce petit cimetière du Minnessota où dormait à présent le cadavre de son ami. Cette simple pensée au tot fait de lui mettre le coeur aux bords des lèvres, et comme elle qui avait parlé du soldat, lui ressentit à ce moment précis le besoin de parler de cet ami qu'il avait lui-même perdu.


"Il s'appelait Will, tu sais, l'homme que vous avez tué. Je le connaissais depuis plus de dix ans. Une vraie tête brûlée, toujours à faire le con, à chercher la merde..." Il sourit à nouveau, ses yeux retombant dans le vague, mais ce sourire s'effaça aussi vite qu'étaient apparu les quelques souvenirs heureux qui lui étaient venus..."mais c'était surtout quelqu'un de bien, de droit...un ami fidèle et sincère qui m'a accompagné quand"...ses paroles moururent sur ses lèvres. Non, ça, il n'était pas encore prêt à lui en parler..."un ami avec qui je ne pourrai plus jamais parler, ni boire, ni rire"...Sentant sa voix se briser, il se prit le visage dans les mains, et l'espace de quelques secondes, il n'y eu que le bruit de la pluie qui résonna autour d'eux. Puis il se ressaisit, tout du moins il essaya..."Son absence est une telle...une telle souffrance...là"...et il frappa sa poitrine avec son point serré..."Ce n'était pas un soldat, mais il savait pourquoi il se battait...en tout cas il savait pour qui."

Et dans le fond, lui aussi. La perte de Will était un traumatisme immense, l'un des plus terribles qu'il avait eu à affronter, mais il lui faisait réaliser tant de choses aujourd'hui. Il ne s'en rendant compte que maintenant.

"Et je ferai tout pour qu'il ne soit pas mort en vain... il y a encore tant de choses que nous pouvons changer..."

Il fallait se lever, se lever et à nouveau être lui. Il ne pouvait pas rester ainsi à se morfondre, à comater dans cet état grotesque et léthargique. Il ne pouvait se laisser aller à cette forme d'abandon de soi, il le leur devait. C'était bien beau de s’écouter et de laisser aller sa peine façon pleureuse sicilienne, mais ce n'était pas lui bon sang !! Il était plus que ça, il était le descendant d'une grande nation, d'hommes et de femmes fières et grands, et tant de choses dépendaient maintenant de lui, aujourd'hui plus que jamais. Le rôle qu'il allait devoir jouer, rien ni personne ne l'avait préparé à cela, et c'était en pleine connaissance de cause, et dénué de toutes mauvaises intention qu'il l'acceptait. Il devait sauver les siens, il devait tout faire pour les sauver, et s'il n'y arrivait pas, comme il l'avait si bien dit, il mourrait dans cet entreprise.
Tournant le visage vers la jeune femme, il lui sourit avec douceur. Elle était entrée dans sa vie avec la force d'un bulldozer, chamboulant tout, et ce nœud qu'il sentait dans son ventre à chaque fois qu'il la voyait, le perturbait plus que tout, mais il devait l'oublier. Ils n'étaient rien, et pourtant tant de chose dépendait d'eux. Qu'elle était belle bon sang...


Ils étaient tout les deux face à face, l'une debout, l'autre assis, trempés par la pluie battante, épuisés par les épreuves. Mais il n'y avait plus de confrontation, plus de colère à faire sortir, plus de venin à cracher. Le pitoyable de la situation lui apparut soudain, et il finit par se relever avec difficulté en s'appuyant sur le poteau de bois.

"Tout cela est ridicule...viens...rentrons."

Sans s'attarder pour voir si la jeune femme le suivait ou non, il gravit les quatre marches, traversa en un pas la terrasse de bois et pénétra dans le chalet. A l'intérieur de la grande pièce à vivre régnait une quasi obscurité produite par la fin du jour qui commençait à tomber et aux nuages qui s'obstinaient à rester au dessus d'eux. Actionnant un interrupteur, il alluma les quelques lampes du salon, rependant par la même dans la pièce une lumière douce et chaleureuse. Sortant sa baguette de la poche arrière de son pantalon, il la déposa dans le pot à crayons qui se trouvait sur le bureau recouvert de paperasse qui se trouvait tout proche de la porte d'entrée. Sentant derrière lui la présence de la jeune femme, il s'avança et traversa séjour vers les petites pièces qui se trouvaient dans le fond. Bien sur il aurait pu utiliser la magie pour faire venir à eux ce dont ils avaient besoin pour se sécher, mais il sentait qu'il n'était pas encore venu le temps où il pourrait utiliser la magie devant elle. Murmurant un "je reviens", il la laissa donc là, dans cette grande pièce vide aux allures rustiques. Tout était fait en bois brut, le sol, les murs, même les meubles, et on sentait dans le travail du fil que c'était fait par la main de l'homme et non d'une quelconque machine. Mais même si l'endroit avait tout d'un repère de garçon, il n'en était pas moins extrêmement chaleureux. Des tentures et des plaids tissés aux couleurs des six nations iroquoises couvraient le canapé et les fauteuils, et se disputaient les murs avec de vieilles affiches de vieux films ou d'anciens festivals. Il y avait de ci de là, des objets étranges, issues du folklore de son peuple, et des livres par centaines. Comble de la technologie, il y avait même une vieille télé toute petite et assez ridicule quand on savait ce qu'on pouvait aujourd'hui trouver dans n'importe quel foyer. Posé à même le sol, une vieille platine vinyle attendait désespérément d'être utilisée, tout comme les galettes qui attendaient rangés dans des bacs en vieux plastique transparent et coloré juste à côté d'elle.
A peine trois secondes après qu'il fut sortit de la pièce, Khaaleb revint avec dans la main deux serviettes propres et surtout sèches. Arrivant au niveau de la jeune femme, il lui en tendit une, puis se détourna, se dirigeant vers une partie de la pièce où se trouvait la cuisine ouverte. Posant sa propre serviette sur une des chaises qui entouraient la massive table en bois sombre, il serra les dents et entrepris de retirer le T-shirt trempé qui lui collait à la peau. Jurant, il me pu que grimacer de douleur lorsqu'il du bouger son épaule pour dégager le vêtement. Une fois que ce fut fait, il balança l'habit trempé sur une autre chaise et jeta un coup d’œil au pansement qui recouvrait sa blessure et qui avait pris à nouveau une teinte rouge sombre.


"Vous m'avez pas loupé quand même putain..." dit-il sur un ton presque amusé. Le tout était bien sur dans le "presque", car cette plaie le préoccupait bien plus qu'il ne le laissait paraître. Les balles d'argent avaient ce pouvoir d'empoisonner leur sang et de faire bien plus de dégâts que ne l'aurait fait un balle ordinaire. Heureusement pour lui, la dite balle n'avait fait qu'un séjour très court dans son épaule, ressortant aussi vite qu'elle était entrée, et il n'était pas ce qu'on pouvait appeler une petite constitution, sans quoi il serait surement entre la vie et la mort à cet instant précis. Il s'en remettrait, mais ignorait encore les séquelles que la blessure laisserait. Enfin, ce n'était qu'une cicatrice de plus...
Séchant rapidement le haut de son corps et ses cheveux, il finit par passer l'essuie autour de son épaule. Puis il se tourna vers un des placards de la cuisine et en sortit deux grands verres ainsi qu'une bouteille qui ne portait pas d'étiquette mais qui contenait indubitablement de l'alcool à vous réveiller les morts. Servant des doses plus que généreuses dans chacun des deux verres, il en poussa un vers Thalya et porta l'autre à ses lèvres afin d'en boire le contenu cul-sec. Le liquide passa de sa bouche à sa gorge comme s'il y avait fait couler du feu liquide. Fronçant le nez, grognant, il se resservit un verre avant d'enfin reprendre la parole. Le son de sa voix avec quelque chose de changé, de plus grave et sérieux qu'auparavant. Son regard était ferme, dur, mais non plus plein de colère comme il l'avait été.
Je suis prêt...

"Bien...et maintenant, que fait-on ? Les loups n'ont pas l'unité nécessaire pour entrer en guerre, que ce soit contre le Bastion, ou contre Boston d'ailleurs. En dehors des nuits de pleine lune, nous ne sommes que des humains ordinaires, sorciers, ou non, nous ne faisons aucune différence. Notre communauté compte plus d'enseignants, de barmans, ou même de comptables que de soldats ou de combattants."...Tendant la main vers un paquet de cigarettes qui se trouvaient en évidence sur la grande table, il en sorti une et la glissa entre ses lèvres..."Mais ça ne nous empêchera pas de nous battre et de décimer bon nombre de ceux d'en face dans la bataille. Ça serait un massacre, un massacre parfaitement inutile. Et de toute façon nous avons assez à faire avec nos propres conflits internes pour nous battre contre vous, ou contre qui que ce soit d'ailleurs."...Il sortit de la poche arrière de son pantalon un briquet mais ce dernier devait avoir pris l'eau car aucune flamme n'en sorti. Le jetant sur la table, il se dirigea vers le frigo sur lequel il savait se trouvait un autre briquet qui marcherait cette fois. Allumant enfin sa clope, il tira une longue bouffée avant de s'adosser au réfrigérateur en croisant les bras..."Notre présence et nos actions de l'autre soir furent... furent une terrible erreur, surtout au vue de ce que tu m'as dit. Mais est-ce qu'un petit contingent compte pour une nation entière ? Bien sur la présence de Cécil change beaucoup de chose..."

Buvant une nouvelle gorgée, il réfléchit quelques secondes et une idée lui apparut. C'était un coup à tenter, et même lui ne pouvait anticiper que quelque chose de positif en ressortirait, mais tout était bon à prendre, après tout, ils n'avaient plus grand chose à perdre.
Tirant une chaise, le grand loup s'assit à nouveau, les coudes posés sur la grande plaque de bois, mais cette fois il se ne se tenait plus recroquevillé sur lui-même, ni avachi comme un adolescent rieur. Non il était droit et fort, calme, et aussi sérieux que pouvait l'être quelqu'un qui prenait enfin la pleine conscience de ses actes.


"Penses-tu qu'il serait envisageable d'organiser une rencontre, ou un échange peut être, entre le Marrok et la Grande Inquisitrice ? Pas demain bien sur...mais un jour prochain. Je doute que Cécil accepte de faire des excuses publiques, ce serait de toute façon une terrible erreur pour nos deux camps au vue de la situation...mais s'ils se parlaient, peut être parviendraient-ils à trouver une issue acceptable pour tous ?"...il prit une grande inspiration de nicotine, et recracha la fumée dans un long souffle..."Thaya, je comprends que la notion de pardon soit encore parfaitement prématurée, et ce n'est pas ce que je demande, mais crois-tu que l'éventualité d'une trêve pourrait être quelque chose d'envisageable ?"

Dans cette dernière phrase, c'était autant des loups et des inquisiteurs qu'il parlait que d'elle et lui. Il était prêt à beaucoup, mais il allait falloir qu'elle l'aide. C'était à son tour de lui tendre la main, à son tour de faire un pas vers lui...et bordel qu'est ce qu'il en avait envie. Elle cette rencontre improbable. Elle, cette femme qui lui ressemblait tant sur certains points, et qui était son opposé sur d'autres.

"Penses-tu qu'un jour tu pourras me regarder sans me haïr ?"finit-il par murmurer...






———————— ϟ ————————

The moon is my only God,
the night my only love
and you're the night...



Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 03.08.17 8:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   23.07.17 11:25


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya


Si Calvin ou même Septimus s'étaient tenus à ces côtés en cet instant, nul doute qu'en la voyant désactiver son armure anti-magie, ils n'auraient pas hésité à la traiter de folle ou d'inconsciente. Depuis quand, un Inquisiteurs désactivait-il sa seule protection face à ennemi qui venait d'avouer devant elle qu'il était la responsable de la mort de l'un des leurs ? Elle-même n'en savait rien mais l'homme qui se tenait face à elle n'était pas un assassin. Il n'avait pris aucun plaisir à prendre la vie et il ne lui avait pas fait cette révélation dans le but de s'en vanter ou de la provoquer, bien au contraire, il l'avait fait parce que ça le rongeait, qu'il n'en tirait aucune fierté et qu'il culpabilisait. Cet homme n'était pas un combattant. Peut-être se serait-elle légitimement méfiée de lui en temps normal, si elle ne l'avait pas connu avant tout ce drame mais elle voulait croire que l'homme dont elle avait fait la connaissance sur la route 66 n'était ni un menteur, ni un manipulateur.
Ce simple geste était loin d'être anodin, il signifiait beaucoup et montrait qu'elle était prête à lui accorder le bénéfice du doute, à l'écouter, à faire une trêve,... pour le moment. La réaction de Khaaleb ne lui échappa guère, ce fut comme si on venait de lui retirer un poids des épaules. Lui qui, jusqu'à présent, était tendu, la main crispée sur sa baguette, se détendit presque aussitôt. Gravissant péniblement les marches de son chalet comme s'il était subitement vidé de toutes ses forces, le géant prit appui contre l'un des poteaux qui encadrait son entrée et la fixa en l'écoutant parler silencieusement. Elle ne pouvait pas dire à quoi il pensait lorsqu'il la fixait de cette manière, alors qu'elle lui parlait, car il ne trahissait aucune émotion si ce n'était un mélange de fatigue et de douceur. Par moment, il lui paraissait complétement perdu et dépassé par les événements et les révélations dont elle ponctuait son récit, paraissait agrandir, si c'était possible, davantage son malaise. Thalya regrettait presque de le marteler de cette manière, de toute évidence, il s'était engagé dans un combat qui le dépassait. Khaaleb n'avait rien d'un soldat, il possédait une force physique impressionnante, c'était indéniable, mais ce n'était pas un tueur, rien que l'environnement dans lequel il vivait était là pour le prouver, c'était un homme qui aimait la tranquillité alors grand dieu, que foutait-il là-bas ? Ce n'était pas sa place, jamais il n'aurait du participer à ce combat, jamais.

Il n'aurait pas du s'y trouver, pourtant il y était et ils devaient désormais faire avec, mais elle voulait qu'il comprenne que les Inquisiteurs n'avaient rien à se reprocher dans cette histoire, tout était de la faute d'Andropova, de cette maudite sorcière. Pourquoi était-ce si important à ses yeux qu'il comprenne que les Inquisiteurs n'avaient rien à se reprocher ? Qu'en s'alliant avec les vampires, les loups-garous avaient fait le pire des choix possible... Parce qu'elle était lasse de voir constamment les Inquisiteurs être pointé du doigts alors que les sorciers eux, s'en sortaient toujours ? Parce qu'elle ne voulait pas qu'il se méprenne sur les agissements de Camila, sur la personne qu'elle était véritablement ou... sur elle ? En toute franchise elle n'en savait rien, tout ce qu'elle savait c'est qu'elle avait besoin qu'il comprenne, qu'il comprenne qu'ils n'avaient fait que venger un ami. N'aurait-il pas agit de la même manière s'il s'était trouvé à leur place ? Le regard qu'il lui lança lorsqu'elle lui posa cette question la prit par surprise. Elle pensait avoir été convaincante et pourtant ce qu'elle cru lire dans son regard, cette colère, la détrompait. N'avait-il donc rien écouté ? N'avait-il donc pas entendu ce qu'elle venait de lui dire ? Comme s'il avait pu lire en elle, Khaaleb sembla perdre soudainement toute sa combattivité, comme s'il se résignait enfin à voir la vérité en face. Prenant un profonde inspiration, il perdit son regard en direction du lac qui s'étendait un peu plus loin, et dont la surface ordinairement lisse, était complétement strié par la pluie qui martelait sa surface sans le moindre répit, un peu comme elle, qui martelait Khaaleb de toutes ces vérités qu'il ignorait jusqu'alors et qui le dépassait. Il y avait quelque chose de triste dans ce paysage qui semblait faire échos au regard de Khaaleb, un peu comme si son humeur se répercutait sur le temps et prenait forme dans le paysage. D'abord la colère de la tempête qui laissait soudainement place à la tristesse et la mélancolie. Alors qu'elle s'e demandait si c'était son était émotionnel qui influait sur l'environnement, après tout il était sorcier et plus rien ne l'étonnait, sa voix se mit à résonner troublant dans un grondement sourd, le rythme régulier de la pluie qui tombait. Comme s'il était subitement vaincu, il admis dans un souffle qu'il comprenait, et qu'il aurait agit de la même manière. Elle en ignorait la raison, mais bien qu'elle fut soulagée d'entendre cet aveu, quelque chose la toucha lorsqu'il reconnu qu'il était prêt à tout pour les siens, quitte à y laisser la vie. Il y avait dans ses paroles, dans son attitude, beaucoup de force et de noblesse. Elle ne le connaissait pas depuis longtemps, à vrai dire, elle ignorait encore beaucoup de choses de lui, mais son instinct lui soufflait qu'il ne s'agissait pas de paroles en l'air, que Khaaleb avait en lui, un véritable sens de l'honneur et que dans sa bouche, le mot sacrifice n'était pas un mot vain, particulièrement pour les personnes qui avait la chance d'être aimé par lui. Pourquoi fallait-il qu'un homme de sa valeur se retrouve dans le camp opposé au sien ? Bon dieu, pourquoi était-il venu ?

Une fois encore, comme s'il avait pu lire dans ses pensées, sa voix se mit à retentir et ses paroles l'incitèrent à l'observer davantage encore, plus intriguée et surprise que jamais, car à aucun moment elle ne s'était attendue à ce qu'il lui fasse pareille révélation. Il ne savait pas, lui non plus ne comprenait pas pourquoi on leur avait demandé de faire ça, lui-même était aussi perdu qu'elle. Si, pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas vraiment, elle était soulagée d'entendre ces mots sortir de sa bouche, elle imaginait combien cela devait être difficile pour lui de l'admettre car cela signifiait que l'ami qu'il avait perdu était mort pour rien. Et bien qu'elle était soulagée d'entendre ces mots elle ne parvenait pas à réellement s'en réjouir car elle voyait bien, combien ce constat le faisait souffrir. Une envie inexplicable de poser sa main sur son bras pour lui apporter un peu de réconfort se saisit d'elle, mais elle n'en fit rien, préférant le laisser parler et ce qu'il lui révéla lui fit légèrement froncer les sourcils d'intérêt. Il y avait donc des dissensions au sein du groupe des loups-garou ? Lockhyan ne lui avait jamais parlé de ça, à l'entendre ils formaient tous une grande et belle famille qui regardaient dans la même direction. Après quelques minutes de silence Thalya s'avança vers Khaaleb et après l'avoir rejoint, appuya ses coudes contre la rambarde à ses côtés, perdant à son tour son regard en direction du lac.

- Je l'ignorais mais j'espère que tu fais erreur parce que si c'est bien de cela dont il s'agit, cela signifierait que votre Leader vous a sacrifié pour effacer sa dette. C'est une décision aussi irresponsable qu'égoïste, qui n'est pas digne de l'homme dont m'a parlé Lockhyan.

Baissant la tête quelques minutes, elle sourit légèrement en repensant à lui.

- Lockhyan est un ami à moi, c'est aussi un loup-garou, tu le connais peut-être,... en tout cas, il a toujours eut beaucoup de respect pour votre Leader qu'il m'a toujours décris comme étant un homme réfléchit, foncièrement bon, et qui était prêt à tout pour protéger les siens du moindre conflit. Un portrait des plus flatteurs mais qui ne correspond en rien à ce que j'ai pu voir. Tu as raison, tu ne pouvais pas prévoir la débâcle que cette alliance allait provoquer, ça c'était le rôle de Cormontaigne

Elle pouvait semblait dur mais à ses yeux, cet homme avait faillit à sa tâche. Il était vrai que personne n'était infaillible et que tout le monde était amené à faire des erreurs, mais cette fois il n'était pas question de simple erreur d'inadvertance sans conséquences ou de confrontation d'idée, cette fois il était question de vie et de mort, d'implication d'hommes qui n'avaient rien demandé dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisit mais qu'ils devaient faire parce qu'ils obéissaient à un ordre stupide. Son regard se posa sur les mains tremblantes de cet homme qui dégageait pourtant tant de force, mais dont ce seul geste trahissait l'état de fébrilité dans lequel il se trouvait. Ils se connaissaient peu c'était vrai mais le voir ainsi ne la laissa pas insensible, ce qui la toucha encore plus ce fut de le voir fermer les poings pour tenter de maitriser ses émotions. Thalya ne comprenait pas pourquoi elle avait envie de l'épauler, surtout lui qui venait de lui avouer avoir été l'instrument de la mort de Scott pourtant c'était exactement ce qu'elle éprouvait. Cependant, elle devina qu'il n'avait pas besoin d'une épaule pour se morfondre. Inspirer la pitié n'était pas ce dont il avait besoin et encore moins en ce moment. Elle n'était pas là pour le cajoler, après tout, elle n'était pas sa mère, ce dont il avait réellement besoin c'était de comprendre ce qui s'était passé, de connaître la vérité pour y voir clair et assumer ses actes. Ce dont il avait besoin c'était de sa force à elle mais surtout de la vérité.

Khaaleb, mais pas que lui d'ailleurs, tous les loups-garous, auraient du faire demi-tour et désobéir à leur chef alors pourquoi ne l'avait-il pas fait ? La réponse à sa question muette ne se fit pas attendre et c'est avec une habilité certaine qu'il lui retourna la question. Si elle était prête à s'en offusquer et à lui rappeler que ce n'était pas d'elle qu'il s'agissait, et que c'était encore moins sa cousine qui avait pris une décision stupide, elle parvint à se retenir de geste, parce que dans le fond elle savait qu'il avait pertinemment raison. Quoi que puisse dire ou faire Camila, elle la soutiendrait, même si elle n'était pas d'accord, mais Khaaleb semblait oublier un détail important, un point non négligeable : elles étaient de la même famille. Camila et elle avaient grandit ensemble et sa petite cousine était comme une soeur pour elle alors que Khaaleb n'avait pas ce genre de lien avec Cecil, du moins... c'est ce qu'elle croyait jusqu'à ce qu'il ne la détrompe, une fois encore.
Gardant le silence pendant quelques minutes tout en fixant à son tour l'horizon qui s'étendait devant ses yeux, elle fini par répondre à sa question le plus honnêtement possible. Elle aurait pu s'insurger en niant l'évidence, en prétendant que tous les combats de Camila était légitime et qu'elle aurait pu la résonner si elle avait compromis la sécurité de leur communauté en faisant un mauvais choix comme l'avait fait de Cormontaigne, tout en sachant pertinemment que si Camila se serait obstinée dans sa décision, elle l'aurait suivit malgré tout. Elle aurait également pu entrer dans une colère noir en ayant des mots très dur et en se confortant à porter des oeillères mais étrangement la colère qu'elle avait éprouvé depuis quelques jours et qui s'était intensifiée en venant jusqu'ici, semblait s'être définitivement tut. Ce n'était plus ses émotions qui guidaient ses paroles mais sa raison.

- Tu as raison. J'aimerai à penser que j'aurais suffisamment de poids pour qu'elle m'écoute si une telle situation venait à se produire mais je sais que si elle n'en faisait rien, je la suivrais non pas pour m'engager dans son combat mais pour veiller à ce qu'il ne lui arrive rien en priant pour qu'elle entende raison en voyant les conséquences de cette folie.

Son regard glissa sur Khaaleb pour l'observer. Elle mourrait d'envie de savoir comment et pourquoi de Cormontaigne lui avait sauvé la vie, mais elle se retint. Bien que ça l'intéressait et qu'elle avait envie d'en savoir plus, ce n'était pas le sujet de leur conversation actuelle. Peut-être lui raconterait-il un jour... ou pas. Se détachant de la rambarde, elle se tourna en direction de cet homme qui ne la laissait pas insensible, tout en gardant contact avec le bois du bout de ses doigts

- Je ne connais pas le lien qui vous unit toi et de Cormontaigne mais de toute évidence, il dépasse le cadre de la simple hiérarchie ou d'amitié, peut-être m'en diras-tu plus un jour, mais à mon tour de te poser une question. Si tu venais à te rendre compte, et je ne dis pas que c'est le cas, que l'homme qui t'a sauvé la vie, ne possède ni tes principes, ni tes idéaux. Si tu venais à te rendre compte qu'il vous mène à votre perte, toi et les tiens, le suivrais-tu toujours sans te poser de question ? Jusqu'où irais ta loyauté ?

Thalya n'attendait aucune réponse de sa part car elle était bien consciente que ce n'était pas le genre de réponse que l'on pouvait donner sans y avoir été confronté au préalable ou au moins y avoir longuement réfléchit. Elle-même, s'il venait à lui retourner la question n'avait aucune idée de ce qu'elle ferait. Tout ce qu'elle désirait en lui posant cette question, c'était qu'il y réfléchisse. Devait-il sacrifier sa vie et suivre aveuglément son sauveur pour honorer une dette ou devait-il être honnête avec lui-même et être capable de s'opposer à ce dernier s'il s'avérait qu'il ne cautionnait pas ses décisions ? Pour Thalya la réponse était simple parce qu'elle n'était pas impliqué et qu'elle avait un regard extérieur sur tout ça, mais si elle se retrouvait dans la même situation avec Camila les choses ne seraient surement pas aussi évidente pour elle, qu'elles l'étaient actuellement.
Khaaleb vivait un véritable cas de conscience, alors que lui-même semblait conscient que leur intervention dans ce conflit était une véritable erreur. Thalya garda le silence devant ses réflexions, que pouvait-elle dire du reste ? Il ouvrait les yeux sur la situation et ses conclusions étaient parfaitement juste. De Cormontaigne venait de les plonger tête la première dans un conflit dont il ne mesurait de toute évidence pas les conséquences, contrairement à Khaaleb

- Tu n'étais pas préparé à affronter ce genre de situation et je crois que dans le fond, personne ne l'est vraiment. C'est douloureux et ça blesse c'est inévitable, mais dans ce cas, à présent que tu en as pris conscience, il va falloir redoubler d'efforts pour ceux que tu as blessés, pour qu'ils reconnaissent ton action et que tu continues à vivre sans avoir honte et avec force

Mais comment ? Que faire pour y parvenir ? La solution était simple. Il fallait que les Loups-garous se rétractent, retirent leur soutient aux vampires et qu'en guise de bonne foi, il s'allient officiellement aux Inquisiteurs. Ils avaient toujours voulu rester neutre et ne se mêler à aucun conflit, aujourd'hui, Thalya regrettait qu'ils n'aient pas continué dans leur ligne de conduite. Aujourd'hui de Cormontaigne avait choisit un camp et s'était opposé à un autre et malheureusement, comme le disait si bien Khaaleb, cela n'aboutirait qu'à une chose : à les voir s''opposer et s'entretuer. Un constat des plus amers car dans le fond, elle non plus n'avait aucune envie de se battre contre eux. Elle n'avait aucune envie de se retrouver sur le champs de bataille à affronter Lockhyan et surtout cet homme qui lui faisait face.
Elle se souvenait parfaitement de ces nombreuses fois ou elle avait tenté de convaincre Lockhyan d'inciter leur Marrok à prendre position dans ce conflit grandissant qui s'emparait depuis des années des Etats-Unis d'Amérique et qui, année après année, ne cessait de prendre de l'importance. Elle n'avait jamais eut le moindre doute quand au fait que les Loups-garou, s'ils devaient renoncer à leur sacro-sainte neutralité, finiraient par s'allier à eux et à les rejoindre. Jamais, pas une seule seconde, elle n'avait imaginé cette situation dans laquelle ils se trouvaient actuellement. Une situation que Khaaleb se refusait d'accepter et qui la fit sourire. Il y avait quelque chose de touchant à le voir s'insurger avec force et douceur face à l'inévitable mais avait-il seulement d'autres choix ? Khaaleb était un idéaliste et c'était l'une de ces qualités qui faisait son charmes mais elle était terre à terre et elle connaissait suffisamment Camila pour savoir que cette déclaration de guerre faite par de Cormontaigne n'était pas passé inaperçue, d'autant plus qu'à cause de leur intervention, celui qu'elle aimait comme un père avait disparu, quand à Calvin, il avait bien faillit y rester. Son sourire presque résigné s'effaça presque aussitôt lorsqu'elle leva son regard sur lui. Son coeur avait eut un raté en l'entendant insister sur ce mot « maintenant ». Elle avait d'abord cru qu'elle se faisait des idées et que son imagination lui faisait interpréter d'une certaine manière des propos qui n'avaient jamais eut lieu. C'est la raison pour laquelle elle avait relevé son regard dans sa direction, pensant y lire un démentit mais lorsque ses yeux rencontrèrent les siens, il furent aussitôt harponnés et elle compris, en lisant dans le brun de son regard qu'à aucun moment elle ne s'était mise a fabuler et que le sous-entendu qu'elle pensait s'être imaginé était bel et bien réel.
Quel était ce sentiment qui était entrain de la chambouler ? Pourquoi un simple regard de sa part pouvait-il la chavirer aussi facilement qu'un bateau en pleine tempête ? Incapable de prononcer le moindre mot, Khaaleb repris la parole et se mit à son tour, à lui parler de cette personne qu'il avait perdu au cours du combat et qui lui était très cher. Les mots qu'il employa pour parler de lui la fit sourire malgré elle. C'était idiot, car lorsqu'on y réflechissait c'était l'évidence même, pourtant elle ne réalisait que maintenant que derrière l'ennemi à abattre se trouvait aussi un homme, un mari, un frère, un ami, un fils,... que l'on se trouve dans l'un ou l'autre camps, que l'on s'appelle Scott ou Will, tous ces hommes, toutes ces existences qui s'éteignaient les une derrières les autres pour défendre leurs convictions, n'avait pas pour existence propre d'être uniquement l'ennemi à vaincre, à abattre. Ces hommes avaient eux aussi une famille, des amis... Les personnes qui perdaient des êtres chers haïssaient les coupables, comme eux,... « pourtant... nous ne sommes pas des monstres », ne cessa-t-elle de se répéter alors qu'elle sentait ses yeux devenir vitreux en éprouvant la détresse et la peine que ressentait Khaaleb à l'évocation de cet ami disparu bien trop tôt et violemment, sous ses yeux.
Etait-ce par pudeur ou parce qu'il estimait que cela ne la regardait pas, mais de toute évidence Will avait été là pour Khaaleb à un moment de sa vie. Peut-être avait-il été présent pour lui à la mort d'un être cher, ou l'avait-il tout simplement accompagné et soutenu lorsque Khaaleb était devenu un loup-garou sans le laisser tomber ou lui tourner le dos. Elle savait que la lycanthropie était très mal perçu par les gens en général et peut-être encore plus par les sorciers qui avait cette faculté incroyable de rejeter très facilement leurs semblables parce qu'ils n'avaient pas la chance d'être, selon leurs critères, aussi parfait qu'eux et qu'ils souffraient de la lycanthropie ou bien parce qu'ils étaient des cracmols... Les sorciers étaient décidément bien intransigeants.

- Tant mieux,
murmura-t-elle avec douceur, alors qu'il lui assurait que Will savait parfaitement pour quelle raison il se battait.

Cela pouvait apporter une certaine consolation à ses proches de savoir qu'il n'était pas mort en vain, et qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait. Il n'y avait rien de plus triste et amer à son sens que de voir un homme se faire faucher en pleine jeunesse alors qu'il prenait part à un combat non pas par choix mais par obligation.

- Il sera toujours près de toi, même mort, il sera toujours là,
fit-elle en désignant son coeur.

Elle se sentait affreusement idiote de prononcer ces quelques mots après les avoir dit. Elle ne les avait pas dit parce que c'était ce qui convenait de faire, mais parce que c'est ce que Khaaleb, en parlant de lui, lui avait fait ressentir, mais cette phrase était tellement cliché et bateau qu'elle réalisa qu'elle aurait peut-être mieux du s'abstenir.
Son regard se fit plus pénétrant lorsqu'elle l'entendit lui confier qu'il avait foi en l'avenir, que tout n'était pas encore écris, qu'il n'était pas encore trop tard et que les choses pouvaient encore changer. Toujours cet idéalisme qui prêtait à sourire mais surtout, il y avait cette force qui se dégageait à nouveau de lui, cette force qui malgré ces moments d'émotions ne l'avait pas quitté un seul instant pour mieux ressurgir à présent.

- Et comment comptes-tu t'y prendre ?


Ils s'observaient, elle debout, lui assis sur les marches de son perron. Il n'y avait plus la moindre colère ou ressentiments entre eux, tout avait été dit. Ils n'étaient plus que deux personnes, appartenant à des camps ennemis qui semblaient aussi éprouvés et épuisés que le laissait croire leur triste apparence extérieur. Prenant appui contre le pilier en bois, Khaaleb quitta le confort de ses marches pour se relever péniblement et l'inviter à entrer. Sans attendre de réponse de sa part, il gravit les 4 marches qui le menèrent jusqu'à son perron puis, il ouvrit la porte d'entrée et pénétra dans son chalet. Thalya hésita pendant quelques secondes à le suivre, après tout, elle n'oubliait pas que Khaaleb était également un sorcier et bien qu'elle ne pensait pas qu'il lui ferait le moindre mal, elle ne pouvait s'empêcher de rester sur ses gardes malgré elle. C'était la première fois qu'elle allait entrer dans la maison d'un sorcier et à vrai dire, elle ne savait pas trop à quoi s'attendre. Prudemment, elle le suivit et s'étonna presque de la normalité des lieux. Pas d'objets volant en lévitation dans la maison, pas d'étranges créatures asservis se précipitant vers lui pour lui retirer ses vêtements trempés, pas de serviettes apparaissant devant son nez pour s'essuyer, pas de vaisselles qui se faisait toute seule, pas de feu follet pour illuminer la pièce, non, il n'y avait rien de tout cela, tout était même étrangement normal et... agréable.
Pénétrant plus franchement dans la pièce principale, le regard de Thalya se posa sur chaque objet qui la composait et qui reflétait la personnalité de cet homme. Elle eut un regain de méfiance en le voyant s'emparer de sa baguette magique qui s'estompa si tôt qu'il la déposa sur son bureau dans un porte crayons, au milieu d'une montagne de paperasse. C'est qu'il pourrait presque faire concurrence à Camila. Cette seule pensée eut le mérite de l'amuser, la faire sourire, et la détendre.

Quittant le bureau du regard, elle suivit des yeux le propriétaire des lieux qui l'informa qu'il revenait tout de suite après s'être engouffré dans une pièce qui donnait vers le fond. Seule, elle s'avança un peu plus franchement tout en découvrant les lieux qui reflétait puissamment le peu de ce qu'elle connaissait de cet homme. Caressant une poutre en bois de sa main, elle ne pu s'empêcher de sourire en imaginant Khaaleb construire à la seule force de ses muscles ce lieu dans lequel il vivait et qui lui ressemblait. Sa main quitta la poutre pour effleurer une commode en bois brute, réalisé par des mains expertes. Tournant son visage, son regard se posa sur le canapé recouvert par des plaids aux motifs qui n'étaient pas sans rappeler ceux des amérindiens. Levant sa tête, elle se dirigea vers un pan de mur recouvert par une vieille affiche de film qu'elle ne connaissait que de nom. Continuant son exploration, son regard balaya une bibliothèque impressionnante contenant des livres par centaines qui se disputaient la place avec divers ramasse poussières et cadres photos. A en juger par la pile de livre qui commençait à envahir le dessus de l'étagère, cela commençait à être la crise du logement. D'abord surprise, elle ne pu s'empêcher de rire silencieusement en apercevant cette vieille télé qu'il possédait datant d'un autre âge. Elle ne pensait vraiment pas en voir une un joir. Fonctionnait-elle encore ? Elle était prête à parier que oui même si le son et l'écran ne devait en rien égaler ceux des nouvelles technologies. A ce train-là, elle était persuadée de dénicher quelque part un vieux magnétoscope. Alors qu'elle cherchait ce vieux vestige du passé, son regard fut alors happé par une vieille platine de vinyle posé à même le sol, devant laquelle elle s'agenouilla avant de commencer à farfouiller dans le vieux bac en plastique dans lequel était rangé soigneusement une très jolie collection de 33 tours. Extrayant un album de Tracy Chapman, elle sortie le vinyle de sa pochette et le posa sur la platine, poussant avec soin le bras mécanique pour enclencher le mécanisme, le disque se mit à tourner, pendant que doucement, elle déposait le bras sur ces sillons afin que le diamant vienne caresser la surface du disque et que la voix inimitable de Tracy se mette à retentir. C'est le moment que choisit Khaaleb pour apparaître debout devant elle, la dominant de toute sa hauteur, armé de deux serviettes.

- Je n'ai pas su résister à la tentation,
s'excusa-t-elle dans un sourire. Tu ne m'en veux pas ? Tu n'as pas menti, tu as vraiment une magnifique collection. Merci, fit-elle en se relevant tout en prenant la serviette qu'il lui tendait.

S'épongeant les cheveux, elle ne le quitta pas du regard et l'observa se diriger vers la cuisine et poser sa serviette sur la table. Une grimace douloureuse tordit son visage en le voyant lui-même grimacer sous l'effort que lui demandait de retirer son t-shirt. Son blessure était loin d'être guérit et bien qu'elle appréciait la vue que lui offrait tous ces muscles qu'elle ne connaissait que trop bien, son regard ne quittait pas le bandage qui prenait une inquiétante teinte rougeâtre. Etait-ce pour dédramatiser la situation et rendre la situation plus légère qu'elle ne l'était ? Toujours est-il que Khaaleb ne manqua pas de faire un trait d'humour au sujet de sa blessure qui l'amusa et qu'elle décida de poursuivre.

- Vu ta carrure il faut le faire exprès pour te rater. Soit heureux d'être toujours là pour pouvoir te plaindre.


Elle avait dis cela sur un ton léger mais réaliser qu'elle aurait pu le perdre, qu'il aurait bien pu y laisser la vie, comme Scott ou Will, lui fit perdre son sourire. Les balles de leurs armes étaient en argent et elle n'ignorait pas le tort qu'elles étaient capables de faire sur l'organisme d'un vampire ou... d'un loup-garou. Pour elle ignorait quelle raison, elles agissaient comme un véritable poison lent mais particulièrement redoutable et efficace. Une blessure bénigne pouvait s'avérer mortelle si on ne la soignait pas rapidement.
Finissant par le rejoindre après s'être essuyé rapidement à son tour, elle posa sa serviette sur la table, devant elle et s'empara du verre qu'il lui avait servit. L'imitant, elle bu son verre bien remplit cul-sec avant de reposer son verre en le tapant contre la table. L'alcool qu'il y avait versé était si puissant qu'il lui arracha une grimace. Glissant néanmoins son verre dans sa direction pour qu'il lui en resserve aussi, elle se contenta cette fois de ne boire qu'une gorgée avant de le reposer et de se tourner dans sa direction pour l'écouter parler. Il se dégageait de lui, en cet instant, quelque chose de grave, une détermination sans faille mais aussi un charisme qui n'avait rien à voir avec sa tenue actuel, c'était autre chose, quelque chose qui émanait du plus profond de son être, une prestance que seuls les grands hommes étaient capables de dégager. Le visage son tour grave, elle l'écouta exposer la situation tout en faisant légèrement tournoyer l'alcool des Dieux dans son verre devant elle. Son regard glissa sur lui quand il lui confia que les siens avaient beau ne pas être des soldats entrainé, il n'en demeurait pas moins qu'ils étaient parfaitement capables de provoquer un véritable massacre. La situation n'aurait pas été aussi critique elle aurait surement été tenté de lâcher une plaisanterie sur le sujet mais tout deux avaient parfaitement conscience que l'heure n'était plus à la plaisanterie et que contrairement aux apparences, tout n'était peut-être pas encore joué. De par leurs positions, ils avaient peut-être encore la possibilité d'éviter une guerre ouverte entre les Inquisiteurs et les Loups-Garous. Thalya ne partagea pas le fond de sa pensée mais ils n'avaient vraiment pas besoin de ça en ce moment. Entre les sorciers et les vampires, ils ne pouvaient pas se permettre d'avoir en plus la communauté des Loup-garous à dos, d'autant qu'elle savait déjà que les Andropov ne laisserait pas cet affront impunis et à vrai dire c'était cela qui l'inquiétait le plus, les répercussions que la libération de cette maudite sorcière allait engendrer. Sans oublier que leur parti connaissait également une tempête interne qui n'avait heureusement pas fuité jusqu'à présent mais la légitimité de Camila en tant que Grande Inquisitrice était désormais contesté par ce qui était encore une minorité pour le moment. Une minorité que Rearden et les siens se plaisaient à voir s'accroitre. Si Camila venait à perdre sa légitimité actuelle alors le monde magique risquait fort de connaître un bain de sang dont il n'avait même pas idée. Et s'ils trouvaient à redire sur Camila, qu'ils attendent de voir ce que le réserverait Rearden et les siens si le pire venait à se produire.

- C'est vrai c'était même irresponsable,
surligna-t-elle quand à leur implication dans cette affrontement qui ne les concernait en rien. Par contre tu as tort sur un point. Vous n'êtes pas qu'un simple contingent, vous êtes toute une communauté et si vous choisissez de allier à deux autres communautés, en toute franchise je pense que ce sera un massacre et cela ne fera que nous diviser encore plus. Nous avons frôler la seconde guerre de Sécession, il y a peu avec Yaxley, crois bien que cette fois on y échappera pas.

Intriguée par son petit manège en l'entendant tirer une chaise vers lui pour y prendre place, elle l'observa s'assoir à cotés d'elle. Il dégageait quelque chose qu'elle avait déjà perçu un peu plus tôt mais cette fois c'était beaucoup plus flagrant, et cette fois elle savait à qui il lui faisait penser. Cette détermination dans le regard, cette inflexibilité, en cet instant critique dans lequel l'avenir des leurs se jouait, il lui rappelait la Grande Inquisitrice lorsqu'elle venait de prendre une décision qui était guidé par ce qu'elle jugeait être le mieux pour toutes les personnes qu'elle avait sous sa responsabilité.
La proposition de Khaaleb d'organiser une rencontre entre le Marrok et Camila lui paru sur le coup complétement ridicule, sauf s'il voulait que Camila en finisse une fois pour toute avec cet imbécile qui avait conduit les siens dans un conflit ouvert avec eux. Camila plus que quiconque avait toutes les raisons du monde de faire regretter son choix à ce crétin, pourtant en laissant le temps à cette suggestion de faire son chemin elle réalisa que, aussi surprenant que cela puisse paraître c'était probablement la meilleure, pour ne pas dire la seule, solution pour éviter d'entrer dans une guerre ouverte. Il n'était évidemment pas question de demander à de Cormontaigne de s'excuser en publique de s'être mêlé de ce qui ne le regardait pas, mais des excuses privés seraient les bienvenues. Il avait prit par à un conflit dont il ignorait tout, apportant son soutient à des personnes qui ne le méritaient pas et plus incompréhensible encore à ses ennemis ancestraux.
Son froncement de sourcils empreint de scepticisme ne du pas lui échapper car lorsqu'il l'appela par son prénom, elle s'extirpa de ses pensées et le fixa avec surprise en l'entendant lui demander si elle pourrait un jour le regarder sans le haïr. D'abord interdite, elle resta sans voix, incapable de lui répondre ou de le rassurer, non pas parce qu'elle ne le pouvait pas mais parce qu'elle était complétement abasourdit par sa question. Réalisant que son silence pouvait prêter à confusion, elle se fit violence pour s'extirper de sa torpeur et le fixer avec incompréhension

- Qu'est-ce qui te fait croire que je te hais ?
Lui demanda-t-elle consternée avant de se lever de sa chaise. C'est le reste de poison qui te fais tourner la tête et dire n'importe quoi, lança-t-elle en éludant la question. Où est la salle de bain ? Que tu le veuilles ou non, tu as besoin de soin le reste peu attendre, ta santé est plus importante pour le moment.

Quittant la petite cuisine, elle s'engouffra à son tour dans la pièce du fond où Khaaleb avait disparu un peu plus tôt. Allumant la lumière, elle prit appui sur le lavabo et posa sa main sur son coeur qui tambourinait à vive allure dans le fond de sa poitrine. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais imaginer que Khaaleb ait pu penser qu'elle le détestait l'avait troublé. Elle n'était pourtant pas du genre à s'émouvoir pour si peu,... relevant son visage sur le miroir qui lui faisait face, elle observa son reflet pendant quelques minutes. Elle avait les cheveux encore mouillés, les traits de son visage étaient tirés par la fatigue de ces derniers jours, pourtant son regard à lui restait vif et pénétrant. Faisant couler un peu d'eau froide du robinet, elle s'aspergea le visage pour reprendre ses esprits car il fallait bien l'avouer, Khaaleb avait un don particulier pour la chambarder. S'essuyant le visage elle partie à la recherche du nécessaire pour nettoyer sa plaie et lui refaire son pansement. Lorsqu'elle revint vers lui, elle posa tout ce qu'elle avait mis dans un petit panier tressé sur la table de la cuisine et tira sa chaise pour s'approcher un peu plus de lui. Tirant le langue, elle retira son pansement avec application pour ne pas le faire souffrir plus que nécessaire en lui tirant la peau. Une fois fait, elle imbiba d'alcool un morceau de coton et nettoya la plaie

- Allez fait pas ton douillet, tu ressembles à un gros bébé là,
se moqua-t-elle en souriant tout en levant pour la première fois depuis qu'il lui avait posé sa question, son regard sur lui.

Troublée, elle baissa presque aussitôt ses yeux sur sa blessure. Concentrée sur sa tâche, elle continua de le désinfecter avant de reprendre la parole, le regard toujours fixé sur sa blessure à la fois attristée et angoissée à l'idée de ce qui aurait pu se produire si la balle s'était logée un peu plus sur sa droite. Qu'elle le veuille ou non, elle réalisait qu'elle commençait à s'attacher à cet homme....

- Je ne te déteste pas, je ne t'ai même jamais haïs. En colère ça oui, j'étais furieuse contre toi, tu m'as vraiment rendu folle de rage, mais... à aucun moment je ne t'ai haïs.

Prenant une bande de coton qu'elle déroula elle commença à bander sa blessure tout en s'assurant que ce n'était ni trop lâche ni trop serré. Une fois qu'elle eut terminé, elle releva les yeux sur lui et se perdit durant un instant dans la contemplation de son regard qui affola légèrement son rythme cardiaque avant de se lever de sa chaise pour jeter les pansement usagers. Lorsqu'elle revint vers lui, elle s'arrêta devant plusieurs photos qu'elle avait pu observer à loisir un peu plus tôt lorsqu'elle faisait le tour de la pièce. On y voyait Khaaleb souriant de toutes ses dents et faisant le pitre à maintes reprises en compagnie de ses amis, à moins qu'il ne s'agissait de sa famille, peut-être des deux. Une photo en particulier attira son attention, elle représentait Khaaleb posant avec un jeune garçon d'une dizaine d'année. S'emparant du cadre elle l'observa avant de le lever dans sa direction

- C'est ton fils ?

Il y avait comme un petit air de famille entre eux mais surtout Khaaleb paraissait très fier de lui, comme un père pouvait l'être de son fils. C'est en voyant tous ces visages souriant, ces jours heureux en compagnie de toutes ces personnes qu'elle comprenait pourquoi il désirait tant se battre pour tenter d'éviter de s'enliser dans un conflit dont il ne voulait pas. Reposant le cadre photo elle se tourna vers Khaaleb le visage grave

- Tu as raison, pour éviter que la situation s'envenime, il faut a tout prix arrêter l'hémorragie maintenant. Je sais que tu as conscience que c'était une erreur de vous allier aux vampires et je sais que tu veux arranger les choses, mais est-ce ce que de Cormontaigne comprendra ? Est-ce que tu penses qu'il voudra la même chose que toi ?

Thalya ne connaissait pas personnellement Cecil de Cormontaigne, tout ce qu'elle connaissait de lui, c'était ce que lui en avait dit Lockhyan et un peu Khaaleb. Elle l'avait croisé lors de la 5ème Convention pour la paix, mais elle n'avait pas eut l'occasion de lui parler personnellement, en d'autre terme, il était pour elle un parfait inconnu. Par contre, elle connaissait parfaitement Camila, qui devait, et à juste titre, être véritablement furieuse contre lui et sa prise de position. Si de Cormontaigne n'était pas sincère dans sa démarche plus que d'arranger les choses, cela ne ferait que précipiter les choses

- Rassures-toi, Camila ne demandera jamais d'excuses publique, je pense, comme tu l'as si bien fait remarquer, qu'il est préférable que ce qui s'est passé ce soir là reste entre nous. Toutefois, s'il est sincère et s'il a vraiment des regrets concernant ses agissements, je pense que des excuses privés seront les bienvenues. Je peux interférer en sa faveur pour que Camila accepte de le recevoir et discuter avec lui, mais je ne le ferais que si c'est ce qu'il désire lui aussi et... si tu es présent. Je ne le connais pas et le fait qu'il ait délibérément soutenu son ennemis héréditaire à notre détriment me rend méfiante à son égard, mais toi je te fais confiance. Est-ce que tu acceptes ?


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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   03.08.17 18:37


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb



Tout ce que j'ai écouté pour écrire ce putain de pavé :
 

Debout dans le petit couloir qui conduisait à la salle de bain, Khaaleb était parfaitement immobile, figé dans la contemplation d’une photographie qui était suspendue au mur en bois. On l’y voyait bras dessus bras dessous avec Cécil, de grands sourires illuminaient leurs visages. Le souvenir qui accompagnait ce cliché était un souvenir heureux, celui du jour où le Marrok l’avait officiellement présenté à la meute comme son bras droit, comme le Géri, par là même lui offrant une des positions les plus élevées et convoitées au sein de leur communauté. Le grand loup n’avait jamais demandé cela. De manière générale, il n’avait jamais été à l’origine des avancements dont il avait fait l’objet, mais il avait endossé ce rôle avec fierté et sérieux et très vite les mauvaises langues qui ne voyaient pas bien cette nomination s’étaient tues, prenant conscience que l’homme que leur chef avait promu était digne de ce poste.
Khaaleb était un homme intègre, droit, et sa foi dans les idées des De Cormontaigne était forte et inébranlable…jusqu’à aujourd’hui.

Au fond de lui, il entendait encore les paroles que Thalya avait prononcé sous la pluie. Ses mots tournaient et retournaient dans son esprit, le mettant à la torture.

« Votre leader vous a sacrifié afin d’effacer sa dette »
.
Sur le coup, il avait eu envie de lui rétorquer que c’était ni plus ni moins ce qu’avait fait sa cousine en embarquant ses hommes dans sa propre vengeance, mais une telle réponse n’aurait fait que remettre du venin dans leur conversation et ce n’était pas ce qu’il voulait, d’autant plus qu’au fond de lui, il ne pouvait que lui donner raison. Ils avaient été peu nombreux à venir ce soir là, prêter main forte aux vampires et aux fondateurs, et il avait été étonné de voir qu’un aussi petit nombre des siens pouvait causer une aussi grande déroute chez leurs adversaires, mais au fond de lui, il savait qu’ils n’avaient servie que de chaire à canon, de pions ridicules envoyés au massacre par Andropov. Et tout cela pour quoi hein ? Pour la libération d’une femme mauvaise et sans cœur qui n’avait pas plus de considération pour eux que son époux ? Pour éponger cette dette de sang que le Marrok avait pour le Roi depuis la rébellion de Sofia ? Ou pour une autre raison qu’il n’arrivait pas à concevoir ? Quelque soit la raison qui avait poussé leur leader à les lancer dans ce combat, il commençait à douter que ce fut pour de bonnes raisons, ou tout du moins des raisons pour lesquelles il était lui-même prêt à se battre et à sacrifier sa vie, si ce n’est protéger celle de Cécil. Il n’avait jamais voulu que cela, protéger les siens, ses frères et sœurs loups. Mais une fois encore il avait échoué. Quel bien piètre Géri il faisait, quel bien piètre ami. Mais que faire lorsque celui que vous avez juré de protéger met par ses propres agissements sa vie et celle des siens en péril ? Une autre phrase lui revint, une phrase terrible, une phrase qui avait le pouvoir de remettre en question tout ce en quoi il croyait.

« Jusqu’où irait ta loyauté ? »

Sur le moment, lorsque la jeune inquisitrice la lui avait posée, il n’avait pas trouvé quoi répondre. Sa loyauté envers Cécil était forte, totale, immuable. Mais jusqu’à aujourd’hui, jamais il n’avait eu à remettre en question les décisions de l’Alpha. Pour la première fois, Khaaleb était en désaccord avec ses choix et surtout il avait des doutes quant au fait que leur chef ait bien conscience des conséquences qu’aurait leur présence aux côté des vampires et des Fondateurs. Si les loups n’avaient jamais pris parti dans ce conflit, c’était bien sur d’une part parce qu’ils étaient peu considérés par chacun des groupes et que dans le fond personne ne voulait vraiment d’eux, mais aussi parce que les prises de parti n’avait jamais vraiment été leur fort. Même maintenant, des années après, on se souvenait encore qu’ils étaient au côté du Seigneur des Ténèbres pendant la bataille de Poudlard. Cette position était une tâche infâme dont ils avaient encore du mal à se détacher.
Mais que faire alors ? Se rebeller ? Non, cette perspective était totalement exclue. L’influence des traditions ancestrales dans lesquelles il avait grandit avait trop de prégnance sur ses choix et sur sa vie pour qu’il les envoie bouler pour une simple divergence d’opinion. Cécil avait fait une erreur, quel chef n’en faisait pas après tout ? Mais le problème était peut être là : il n’était pas sur que son ami ait conscience de la terrible erreur qu’avait été cette aide apportée à leurs ennemis ancestraux. Le Marrok était fier et atrocement têtu, mais il fallait être fou ou totalement inconscient pour ne pas se rendre compte qu’il venait de les précipiter dans quelque chose qui les dépassait totalement.
Son regard glissa à une vieille photographie aux couleurs passées qui montraient quatre enfants jouant dans une prairie. Deux garçons, deux filles. La plus jeune des filles riait, assise sur le sol un petit smourbif rose pale sur l’épaule lui chatouillant la joue. Sa petite sœur était tout ce que la nature avait fait de plus beau. Elle était douce, curieuse, et elle avait cette capacité de toujours faire ressortir le meilleur de tout ceux qui croisait sa route.
Dix ans avaient passés depuis sa disparition, dix ans depuis l’attaque de Boston qui avait changé tant et tant de chose dans leurs vies à tous. Tant d’innocents qui avaient perdu bêtement, inutilement la vie ce jour là, tout ça pour l’éternelle histoire de la haine de l’autre.
L’image du visage blafard de Will, du sang plein la bouche, toussant, crachant, les yeux pleins de larmes s’imposa à lui et se superposa à celle heureuse qui était accrochée au mur. Son cœur se serra. Même si on ne pouvait plus le voir, Khaaleb sentait encore sur ses mains la sensation chaude et poisseuse du sang qui s’écoulait hors du corps de son ami qui avait été une autre pauvre victime de la débilité des Hommes, de sa propre débilité et de son propre égo. Qu’avait-il en tête bon sang ??!! A quoi avait-il pensé ??!! Sans magie, non transformés… face à une troupe équipée d’armes et de technologies face auxquelles ils n’étaient que des moucherons. Ce combat perdu d’avance n’était pas sans lui rappeler celui qui avait opposé ses ancêtres aux envahisseurs venu de l’autre côté de la grande mer. Flèche contre plomb, le calcul était vite fait.
Il ferma les yeux, mais l’image du corps sans vie qui gisait dans ses bras ne voulait pas quitter son esprit. Il restait accroché à lui, comme pour le forcer à ne pas oublier. Mais alors lui revint une autre phrase que la jeune femme avait prononcée alors qu’ils étaient encore sous le déluge, une phrase plus douce, plus forte, quelques mots qui faisaient battre son cœur d’une impulsion nouvelle. Même mort, Will serait toujours avec lui, il serait là, quelque part au fond de lui, il serait un moteur, une présence qui lui donnerait le courage de se battre à nouveau. Aussi simple que pouvait être ce constat, il avait eu plus de pouvoir sur lui que toutes les autres phrases de soutient qu’il avait entendu depuis cinq jours. Plus qu’aucun autre, il se sentait touché par ses mots, car il les comprenait, il y croyait. L’esprit de Will l’accompagnerait à présent, comme celui de sa sœur, et l’aiderait à endurer le combat dans lequel il allait à présent s’engager afin de défendre ce qui avait finalement le plus d’importance…la vie.
Soudain, une musique s’éleva dans l’air humide de la maison. Immédiatement, Khaaleb reconnu la voix douce et suave de Tracy Chapman. S’arrachant à ses pensées, il retourna dans le salon où se trouvait la jolie brune qui avait ce pouvoir de bousculer son esprit et de lui faire se poser des questions auxquelles jamais il n’aurait cru penser un jour. Il lui tendit une des serviettes qu’il était parti chercher et lui sourit lorsqu’elle lui parla. Il y avait quelque chose de différent dans sa voix. C’était comme si tout le feu qu’ils avaient eut en eux c’était soudain éteint, laissant la place à une tension étrange qu’il ne parvenait pas bien à identifier. Il y aurait tant de choses qu’il aurait voulu faire autrement, mais les choses étaient ainsi et c’est ainsi qu’il devait opérer, et ainsi qu’il devait oublier les battements puissants que faisaient son cœur à chaque fois que son regard se posait sur elle. Oublier, tout du moins pour le moment.
Comment comptait-il faire changer les choses lui avait-elle demandé. Buvant une nouvelle gorgée d’alcool qu’il s’était servi dans la cuisine, il se repassait cette phrase en boucle. Comment allait-il faire pour éviter la guerre ? Il fallait se battre, mais se battre ni avec les poings, ni avec des balles en argent, mais avec une arme que bien peu de gens possédait encore… l’espoir. Mais l’espoir seul ne suffisait pas, il fallait trouver du concret, quelque chose qui les sortirait de l’embourbement dans lequel ils étaient pris au piège. Même si dans le fond il ignorait toujours les intentions de Cécil concernant les Inquisiteurs, il savait que comme lui le Marrok ferait tout pour protéger les siens. Cependant, il était plus que nécessaire que la situation s’éclaircisse, et ça c’était non pas à lui mais à l’Alpha de le faire. Il était l’image et la voix des loups, et bien que parfois son ami lui laissait ce rôle, la Meute n’avait qu’un seul chef, et c’était à ce chef de prendre la parole afin de soit les sauver, soit définir clairement les nouveaux termes relationnels entre les différents groupes et leur communauté. Cécil devait rencontrer la Grande Inquisitrice, ou tout du moins rentrer en contact avec elle, il en était à présent persuadé. Mais encore fallait-il convaincre Thalya de l’aider, ce qui pensait-il n’allait pas être une chose facile. Elle avait toutes les raisons de refuser, de trouver cela ridicule… après tout, n’avaient-ils pas montré qu’ils n’étaient clairement ni digne de confiance, ni parfaitement neutre et impartiaux comme ils l’avaient toujours revendiqué ?
De l’autre côté de la table, il la sentait réfléchir, peser tous les arguments d’une telle proposition et ce qu’elle impliquerait pour tous. C’était étrange se dit-il alors, que l’avenir de milliers de personnes puisse se décider ainsi, autour d’une vieille table en bois. Alors qu’il la sentait perdue dans ses pensées, il la regarda, et fut peiné de se dire que tout ce qu’ils avaient partagé quelques semaines plus tôt sur la route ne serait plus à présent qu’un lointain souvenir. L’innocence et l’inconscience dans lequel ils avaient plongé semblait à présent presque chimérique. Ils n’étaient plus deux inconnus ivres d’alcool et de désir l’un pour l’autre, mais deux personnes que la fatalité avait voulu ennemis. Et pourtant, comme il aurait voulu briser tout cela, toutes ces barrières qui se dressaient à présent entre eux. Comme il aurait voulu retrouver l’éclat qui brillait dans son regard alors qu’ils se tournaient autour dans ce petit bar paumé au milieu de nulle part.
Sa question était sortie toute seule de sa bouche, sans qu’il y réfléchisse vraiment, comme une inquiétude qu’il avait besoin de dissiper. Il avait besoin de savoir, savoir si un jour elle lui accorderait son pardon, si un jour ils pourraient passer à autre chose. La jeune femme elle-même semblait surprise, ne comprenant pas ce qui pouvait la pousser à la haïr. Pour lui, c’était pourtant évident.


« Parce que tu aurais toutes les raisons de le faire… »Murmura-t-il doucement, comme pour lui-même.

Il avait combattu contre elle, il lui avait volé sa vengeance contre cette maudite femme, il avait tué l’un des siens, un ami proche. D’autre avaient besoin de bien moins que cela pour haïr. Car dans le fond, qu’avait-il de différent d’Andropova elle-même, si ce n’est un peu moins de sadisme et de cruauté (et qu’il ne portait pas de chaussures à talon…). Il était lui aussi un meurtrier.

Mais la jeune femme ne semblait pas l’entendre de cette oreille et éludant la question, elle lui demanda où se trouvait la salle de bain, prétextant qu’il avait besoin de soin et que tout le reste pouvait bien attendre. Même s’il aurait préféré qu’elle lui réponde à propos de la rencontre entre leurs deux leaders, Khaaleb ne pu que reconnaitre qu’elle avait une fois de plus raison. D’un geste, il lui indiqua le fond de la maison. La voyant s’éloigner, il ne pu s’empêcher de la suivre du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans le couloir qui menait à la petite pièce d’eau.
Quel esprit malin avait-il contrarié pour croiser un jour la route de cette femme ? Il ne parvenait pas à déterminer si leur rencontre était une malédiction ou au contraire, une étincelle qui pourrait tous les sauver. S’ils ne s’étaient pas trouvé sur la route au Nouveau Mexique, jamais elle ne l’aurait reconnu dans la pagaille de l’attaque, jamais elle ne serait venue ici, si loin de chez elle, et jamais sans doute n’aurait-il trouvé la force de se battre à nouveau. Mais était-ce désormais uniquement pour les siens qu’il se battait ? Il n’en était plus si sur.

Le fait qu’il puisse être influencé par les sentiments que l’inquisitrice faisait naître en lui l’inquiétait, mais pourtant il se refusait à leur résister. Au contraire, il se sentait de plus en plus incapable de se défendre contre l’envie et l’émoi qu’elle lui inspirait.

Entendant le plancher craquer, il sortit de ses pensées et tourna la tête pour voir la jeune femme revenir un petit papier à la main. S’installant de façon à lui rendre la tache plus facile, il la laissa prendre place face à lui et commencer à retirer son pansement qui avait pris une teinte sombre et rougeâtre. Retirer l’adhésif lui tirait la peau et les chaires encore à vif, il serra les dents. Baissant la tête, il jeta un coup d’œil à la blessure. La plaie n’était pas belle et formait un trou aux bords légèrement boursouflée, mais au moins elle ne semblait pas infectée. Il avait eu de la chance d’être rapidement soigné, le poison n’avait pas eu le temps de se rependre dans son organisme, mais il empêchait toutefois une guérison rapide. C’était une des particularités de l’argent : s’il ne vous tuait pas en faisant s’arrêter un à un tous vos organes, il vous empêchait sous simplement de cicatriser et vous permettait de choper une petite ribambelle d’infections qui vous tuaient aussi vite que le poison lui-même. Une vraie saloperie. Mais il en fallait plus pour tuer le loup qui était en lui. Voyant Thalya imbiber un coton d’alcool, il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit que déjà elle le posait sur la plaie, lui procurant immédiatement une douleur stridente dans toute l’épaule.

« Putain de merde !! » Cracha-t-il en tapant du poing sur la table.
Insensible à la souffrance évidente qu’il éprouvait, elle le rabroua ce qui eut pour effet de lui arracher un grognement mêlé d’un sourire.
« J’aimerai bien t’y voir… » Murmura-t-il en rassemblant toutefois ses forces pour ne plus réagir lorsqu’elle venait poser le coton sur la blessure. Respirant profondément, il croisa son regard, mais aussitôt la jeune femme l’évita, retombant sur l’étude de la plaie.
Retrouvant son sérieux, il la regarda, et profita de cette proximité pour observer chaque détail de son visage. C’était la première fois depuis qu’elle était arrivée qu’ils étaient aussi proche l’un de l’autre. Il y avait quelque chose de dur dans son regard, de triste et de profond aussi. Elle était si différente de cette femme qu’il avait croisé, et pourtant, il la trouvait presque plus belle encore, plus forte aussi, malgré l’eau qui tombait encore de ses cheveux et la fatigue qui se lisait sur ses traits. Pendant la bataille, il avait espéré de tout son être s’être trompé, il avait presque prié pour que la silhouette qu’il avait vu à travers les flammes ne fut pas la sienne, mais aujourd’hui, malgré tout ce qu’ils avaient et allaient traverser, il en était presque heureux. Car au fond de lui, il savait que sans cela, tout portait à croire que leur histoire se serait arrêtée là, dans cette chambre un peu pourrie d’un petit motel. Mais le destin en avait voulu autrement, et ils allaient devoir assumer les rôles que bien malgré eux on leur avait assigné.

L’entendant lui dire que jamais, malgré tout ce qu’il avait fait, jamais elle ne l’avait haït enleva de son cœur un poids terrible sans qu’il puisse vraiment dire pourquoi. Toujours immobile et silencieux, il la laissa terminer son bandage sans la quitter des yeux. Levant la main, il attrapa l’une des siennes et la serra doucement, passant doucement son pouce contre sa peau. Alors elle le regarda, et ce regard lui noua le ventre plus encore qu’auparavant. Peut être aurait-ce été plus simple si elle l’avait haït. Il aurait en effet été plus simple de n’être que deux ennemis voués à s’entretuer sur le champ de bataille, mais tout le monde sait que la vie est une grosse pute sadique et vicelarde et qu’elle aime les histoires tragiques d’amants maudits. Mais était-ce ainsi qu’ils étaient destinés à finir ?

S’arrachant à sa chaise, Thalya se leva afin d’aller jeter le pansement maculé de son sang dans la poubelle. La suivant du regard, il la vit s’approcher d’une petite commode sur laquelle était disposé une série de cadres. Elle en souleva un et lui montra, lui demandant si le jeune garçon qui se trouvait avec lui sur le cliché était son fils. Cette question le surpris, mais après tout, il y avait encore beaucoup de choses qu’ils ignoraient l’un de l’autre.

« Non…c’est mon neveu. »

Dire une telle chose était une immense marque de confiance, même si elle l’ignorait pour le moment. Emrys, le fils unique de sa sœur, était protégé par de nombreux sortilèges depuis le jour de sa naissance, mais par-dessus tout, il était protégé par le silence. Personne ne connaissait son existence, pas même Cécil. Il avait grandit pendant ses dix premières années cachés dans la réserve d’Oka auprès de la famille de leur mère. Khaaleb n’avait jamais questionné sa sœur sur les raisons qui la poussait à vouloir ainsi protéger son fils d’un mal qu’il ne faisait qu’envisager. Anahia avait toujours été extravagante et délurée, mais lorsqu’il s’agissait de la sécurité et de la vie de son enfant, elle pouvait faire preuve d’une étonnante lucidité. Si elle avait fait tout cela, elle avait ses raisons, et il avait toujours tout fait pour l’aider dans cela, au point de devenir le Gardien du secret. Terrifiée à l’idée que ceux qu’elle cherchait à fuir la retrouve et découvre l’existence de son fils, elle avait lorsque le petit avait été assez grand décidé de partir de la réserve, mais craignant qu’ils ne remontent à lui à cause d’elle, elle avait oublietté de sa mémoire toutes traces du lieu où elle l’avait laissé. Le seul moyen dont elle disposait pour retrouver son fils était de lui demander à lui, le Gardien, de la guider vers la réserve qui était depuis sept ans protégée par le sortilège de Fidelias. Mais bientôt le sortilège serait levé, bientôt, sa sœur et son fils seraient à nouveau ensemble, et d’autres protections seraient mises en place, mais lui n’en ferait plus partie. Il ne serait plus que le tonton gâteau de ce petit chenapan qu’il avait toujours aimé comme un fils sans jamais le voir comme tel. Persuadé que les traitements qu’il avait subit pendant ses chimiothérapies lui avaient retiré toutes chances d’avoir un jour des enfants, il avait dès la naissance de son neveu reporté toute l’affection paternelle qu’il ne pourrait jamais donner sur lui, lui apprenant tout ce qu’il savait, à pêcher, à chasser, à reconnaitre toutes les plantes de la forêts, à nommer toutes les étoiles du ciel. Emrys était un trésor, et chaque moment qu’ils avaient passé ensemble étaient des souvenirs précieux qu’il chérissait, car il savait que jamais il ne pourrait partager cela avec ses propres enfants. Le concept d’une famille lui était étranger, car il lui avait dit adieu des années plus tôt, même s’il savait que sa position dans la Meute ne serait jamais véritablement assurée sans une union avec une autre louve. Seulement voila, le cœur a ses raisons que la raison ignore, et le sien ne battait pas pour une louve mais plutôt pour une inconnue croisée au détour d’un chemin poussiéreux. Et il savait ce qu’un tel choix aurait comme conséquence, mais dans l’immédiat, il s’en foutait royalement.

La voyant reposer le cadre photo et se tourner vers lui l’air grave et soudain à nouveau sérieuse, elle lui demanda si le Marrok était dans les mêmes dispositions que lui concernant cette volonté et cette quête de rédemption. Toujours assis sur sa chaise, Khaaleb passa sa main sur son visage comme pour essayer de se concentrer à nouveau, puis posant son menton sur son poing fermé, réfléchissant à la réponse qu’il allait lui donner. C’était toujours difficile de savoir à quoi pensait vraiment Cécil, lui-même ne pouvait jamais prévoir ses réactions bien qu’il se vantait d’être un de ses amis le plus proche, voir même le plus proche. La plupart du temps, le Marrok refusait les conseils que lui donnait son bras droit, mais finissait toujours par plus ou moins les suivre ou tout du moins par les entendre. Le fait est que l’Alpha aimait faire les choses par lui-même et uniquement par lui-même, refusant de déléguer ou encore de laisser à d’autre prendre des décisions qu’il pensait avoir lui-même à prendre. Oui, définitivement, tout cela présageait un nouveau bras de fer musclé entre le leader de la Meute et son second. Il prit une profonde inspiration et souffla longuement.

« Sincèrement, je l’ignore. Je suis parfaitement incapable de dire quels sont ses intentions actuelles, quelles concernent les vampires, les inquisiteurs, ou même notre propre communauté. Mais je crois en lui, et je veux continuer à croire dans les idées que nous avons toujours défendues. Je suis sur qu’il fera tout pour protéger et sauver les nôtres d’une guerre ouverte contre vous. C’est un homme fier, mais il n’est rien de plus précieux à ses yeux que la vie… enfin il faudrait plutôt parler de survie de la Meute. Je sais qu’il retrouvera la raison, c’est pour cela que je pense qu’il est primordial qu’il s’entende avec votre Grande Inquisitrice afin de dissiper cette affaire. Et si ce n’est pas le cas… »

Laissant planer sa phrase, Khaaleb se leva et avança vers la fenêtre qui se trouvait toute proche afin de jeter un regard sur la pluie qui tombait toujours au dehors. Que faire, si Cécil refusait… Que faire si contrairement à ce qu’il pensait c’était la guerre que voulait le Marrok. Même s’il se refusait à y croire, une petite voix tout au fond de lui chuchotait sournoisement les mots terribles de Thalya…Jusqu’où ira ta loyauté ? Suivrait-t-il son ami, son frère dans une bataille qu’il ne cautionnait pas, une guerre qui le dégoutait et dont il n’avait jamais voulu. Que ferait-il alors ? Serait-il le général fidèle qui meurt au combat pour protéger la vie de son souverain, ou le traitre infâme qui fuit la bataille comme un chien galeux avec la queue entre les jambes, ou pire encore le félon qui se mutine et complote pour renverser le pouvoir. Aucune de ces trois perspectives ne le convainquaient franchement et il espérait sincèrement ne jamais avoir à choisir. Il y avait toutefois un autre choix qui s’offrait à lui, et c’était cette voie qu’il choisissait, celui de la paix, la paix à tout prix.

« Si ce n’est pas le cas, je saurai le convaincre. »

Le ton de sa voix était ferme, son regard dur et déterminé. Après tout, il était le Géri de la Grande Meute Américaine bordel de merde !! C’était son rôle, son devoir de tout faire pour défendre les siens et leurs droits. Mais dans le fond, Khaaleb ne pensait pas qu’une alliance avec les Inquisiteurs soit une idée plus brillante que celle que tentait de monter Cécil depuis des années avec les vampires. Ce n’était que s’asseoir sur un autre baril de poudre qui pouvait vous péter à la gueule à tout moment. Non, les loups devaient redevenir neutres, rester en dehors de toutes ces luttes intestines et enfin se tourner vers l’avenir. Ils devaient s’unir sous une même bannière et enfin réussir à s’intégrer dans la société moderne afin de ne pas disparaitre. Mais tout cela sous entendait ne plus être dans le collimateur de la Grande Inquisitrice et de son armée.
Croisant les bras, il tourna le visage vers Thalya lorsque cette dernière reprit la parole. Contre toute attente, elle semblait accepter son idée de rencontre. Ne pouvant retenir un soupir de soulagement, il l’écouta cependant avec sérieux. Ce qu’elle avançait était juste et il comprenait parfaitement qu’elle ne puisse pas à ce jour accorder sa confiance à Cécil au vue de la situation actuelle. Au fond de lui, il savait cependant que cette revendication ne plairait pas au Marrok, mais ils avaient encore le temps de voir venir et de réfléchir aux meilleures conditions pour mettre en place cette future confrontation.
Alors qu’elle parlait, il s’était rapproché d’elle, et lui faisait à présent face. Il la dominait de près de trente centimètre mais ça ne l’empêchait pas d’être impressionné par la force qui émanait d’elle, une force communicative. Lorsqu’elle lui posa sa dernière question, il y eu un silence. Pas qu’il n’eut pas déjà pris sa décision, mais parce qu’il voulait être parfaitement sur de ne jamais regretter ce choix qu’il était en train de faire. Plongeant son regard dans celui de la jeune femme, il y chercha quelque chose, mais la seule certitude qu’il avait, c’était que d’une façon inexorable, elle allait le conduire à sa perte, et que plutôt que de faire demi-tour et de fuir il fonçait tête la première dans un piège qui pouvait à tout moment se refermer sur lui. Et aussi étonnant que ça puisse paraitre, il en était heureux, car au moins il aurait peut être la possibilité de partager un peu plus de temps avec cette femme.


« Oui, j’accepte… si tu es toi-même à mes côtés… »

Il la regardait, se troublant de cette impression étrange qu’elle faisait naître en lui. Bien sur que ces actions étaient totalement influencées par elle, il fallait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte, et Cécil s’en rendrait bien vite compte. Malgré ça, Khaaleb savait que c’était le bon choix, la bonne voie à suivre. Et dans le fond qu’importe ses liens avec elle, seul comptait le résultat. Il n’était rien, elle n’était rien, et leurs actions passées n’avaient désormais plus aucune importance. Ils devaient avancer et ne pas regarder en arrière ni regretter ce qu’ils avaient fait ou non. L’homme et la femme qui s’étaient aimé sur la route avaient fait place à deux nouvelles personnes, deux âmes que tout un monde séparait, maintenant fallait-il encore savoir s’ils allaient avoir le pouvoir d’avancer ensemble.

« Parce que quand tu es à mes côtés, j’ai l’impression que tout devient possible. » murmura-t-il.

Tendant la main vers elle, il attendit qu'elle la saisisse pour la serrer.

"Il semblerait que nous ayons un accord mademoiselle Barbosa..." dit-il dans un soupir sincère et presque dragueur.

Face à elle, il ne parvenait pas à lâcher sa main, ni à s’extraire de la contemplation d’elle et elle-même le regardait avec ce regard qui lui donnait envie de lui appartenir tout entier.
Ils avaient été bien assez sérieux, n’avaient-ils pas le droit de s’oublier un peu ? De laisser de côté de politicien et le soldat ? Il avait envie de la toucher, de la serrer contre lui, de faire voler cette barrière qui les tenait éloigné l’un de l’autre depuis son arrivée. Il avait envie de respirer son odeur, de gouter à nouveau à elle. La passion brûlante qu’il avait ressentie pour elle lors de leur première rencontre s’était transformée mais elle était toujours là, et plus que jamais il la ressentait en lui. La rage et la colère, l’amertume et la souffrance en avait fait quelque chose de bien plus fort, mais aussi de bien plus dangereux, et il y prenait goût bien malgré lui.
Et même s’il n’avait jamais été le plus à même de juger les gens ou de lire dans leurs intentions, il sentait, peut être grâce aux sens de l’animal qui était en lui, qu’elle partageait aussi cette envie. Alors pourquoi se retenir ?  
Levant la main vers le visage de la jeune femme, il replaça une mèche derrière son oreille et glissa ses doigts dans son cou.


« Combien de temps penses-tu rester ? »

La question n’avait que peu d’importance car il savait que de toute façon il n’aimerait pas la réponse. Elle appartenait à un autre monde que le sien, vivait à des milliers de kilomètres de là. Tout ça n’était que pure folie, mais après tout, ne lui avait-on pas dit un jour que sa famille avait une prédisposition pour la démence ? Alors oubliant tout, oubliant la morale, oubliant les traditions et oubliant le devoir, il fit ce que son cœur (et pas uniquement son cœur j’en conviens) réclamait depuis qu’il l’avait vu sortir de la voiture, et se penchant vers elle, il posa ses lèvres sur les siennes. Le baiser était tendre, on aurait presque pu dire timide, bien plus que tous ceux qu’ils avaient déjà échangé auparavant, comme s'il était interdit, dangereux. Il avait presque oublié la douceur de ses lèvres. Rompant leur contact, il recula son visage, et il la regarda à nouveau dans les yeux. Était-elle présentement aussi paumée que lui ? Il n’aurait su le dire. Mais il pouvait lire dans son regard le même feu qui le consumait, et à la fois une certaine hésitation. Était-ce vraiment le moment ? Mais dans le fond, y aurait-il jamais d'autre moment ? Sentant les bras de la jeune femme l’entourer, il ferma les yeux ils s’embrassèrent à nouveau, avec plus de fougue cette fois, essayant d'oublier un peu toutes les craintes et tous les doutes qui les animaient, oublier la guerre qui s'étendait presque à leurs pieds. Glissant ses mains dans son dos, il l’attira et la serra enfin contre lui. Et ô combien ce contact était plaisant, vital presque, sans pour autant le satisfaire. Car à présent il en voulait plus.
Quittant sa bouche, il l’embrassa dans le cou, lui mordillant le lobe de l’oreille, respirant son odeur à plein poumons, comme s'il ne devait plus jamais pouvoir respirer, se sentant plus vivant en cet instant que depuis bien des jours. Laissant à l’une de ses mains le doux plaisir de retrouver le contact de ses fesses, il glissa ses doigts sous le T-shirt que portait la jeune femme et qu’elle retira aussitôt, lui offrant le spectacle magnifique de sa poitrine sur laquelle il s’empressa de poser ses lèvres. Il sentait les doigts de Thalya courir sur sa peau, le faisant frissonner à chaque contact et cherchant à défaire la boucle de sa ceinture. Maintenant la jeune femme avec une main dans le dos, il glissa une autre paume sous ses fesses afin de la soulever. Entourant son corps de ses jambes, elle se laissa faire. Malgré sa blessure, elle lui paraissait incroyablement légère et c’est sans mal qu’il la porta sur le canapé du salon qui se trouvait tout proche. La chambre était décidément bien trop loin. Une fois posé sur le canapé, et alors qu’ils s’embrassaient toujours avec de plus en plus de passion, ils durent bien constater que d’enlever des pantalons trempés était une entreprise bien plus complexe que prévue, surtout lorsqu’on se sentait brûler d’un désir de plus en plus fort et impétueux. Faisant finalement voler ce qui leur restait de vêtements, Khaaleb fit glisser sa langue le long du corps vibrant de la jeune femme, embrassant la pointe de ses seins, mordillant son ventre et le creux de ses hanches. Il avait envie de la manger, de la manger toute crue comme le méchant loup du conte. Sentir la belle brune trembler de plaisir et s'abandonner ne faisait qu’augmenter son propre désir et il ne se sentait plus longtemps encore le courage de lui résister. Il y avait dans chacun de leurs mouvements comme une fièvre terrible, et à la fois, tout était si différent de la première fois qu’ils s’étaient connus, et malgré tout, tout était presque plus fort et intense. A cet instant, elle aurait pu tout lui demander, il aurait dit oui. Il était entièrement et totalement à sa merci. Remontant le long de son corps, il retrouva ses lèvres et chercha sa langue de la sienne. Sentant les doigts experts de la jeune femme le stimuler et le guider vers elle, ils s’enlacèrent un peu plus l’un contre l’autre, un peu plus l’un dans l’autre et ils s’aimèrent, tout simplement, comme les deux pauvres fous qu’ils étaient, avec personne d’autre pour les entendre que la pluie et le tonnerre qui grondait à nouveau au dehors.


Lorsque Khaaleb ouvrit les yeux, tout était sombre et froid autour de lui, la nuit était tombée et faute de montre ou d’horloge, il lui était impossible de savoir quelle heure il pouvait bien être ni combien de temps il s’était assoupi, la musique en tout cas, ne tournait plus. Contre lui, à moitié allongée sur lui à vrai dire, il y avait le corps chaud de la jeune et belle inquisitrice. Sa respiration était lente et ses yeux encore fermés. La température avait baissée, mais il faisait surtout humide. Se glissant ou plutôt se faxant avec toute la délicatesse du monde afin de ne pas réveiller Thalya, il posa un pied sur le sol et s’accroupit au pied du canapé. Il faisait presque totalement noir, hormis une petite lampe qui ne diffusait qu’une vague lumière. Mais les loups avaient de bons yeux et ne craignaient pas l’obscurité. Tendant le bras vers un des plaids qui se trouvaient rangés dans un panier en osier, il le déplia et en couvrit le corps nu de la jeune femme. Puis, après avoir passé quelques minutes à regarder son visage calme et serein, il s’approcha de la cheminée et y déposa du petit bois en forme de tente avant de craquer une allumette et d’y mettre le feu. Immédiatement, le bois sec s’embrassa et rependit autour de lui une lumière chaude et rassurante ainsi qu’une douce chaleur. Lorsqu’il fut certain que le feu eut pris, il y plaça deux grosses bûches et se tourna à nouveau vers le canapé où la belle brune était toujours allongée. Mais ses yeux étaient ouverts, et elle le regardait, ce qui eu pour effet de le faire sourire doucement.


« 'Morning Sunshine… » Murmura-t-il en revenant s’asseoir par terre, prenant appui contre le bas du canapé. Il avait entendu cette phrase dans un film et avait toujours rêvé de la sortir. Le moment lui avait semblait parfait, même s’il faisait encore parfaitement nuit.
Tendant la main vers un des bacs de vinyle qui était tout près d’eux, il en sorti un vieux collector d’un artiste qu’il adorait, Johnny Cash, et le plaça sur la platine non sans avoir d’abord remit celui de Chapman dans son étui. Très vite, la voix grave et tremblante du chanteur se fit entendre, comme le son des cordes de sa guitare que Khaaleb aimait tant. Mais contrairement à son habitude, il régla le son presque au minimum, comme un murmure, un son lointain et mystérieux, comme pour se donner la force de faire ce qu’il était sur le point de faire.
Il ne voulait plus rien lui cacher, il voulait être parfaitement et entièrement sincère avec elle, seulement ainsi croyait-il, parviendraient-ils à se comprendre, et à mieux œuvrer pour les leurs. Car s’il y avait bien quelque chose qu’elle avait parfaitement compris, c’était que le lien qui l’unissait à Cécil était au dessus de l’amitié ou de la simple hiérarchie et que dans le fond, et quelque soit ses doutes, il le savait maintenant, jamais il ne pourrait ni le trahir, ni trahir les siens, même pour un sentiment comme celui qui faisait vibrer ses entrailles à chaque fois qu’elle le touchait ou bien qu’elle lui parlait.
Ce qu’il s’apprêtait à lui révéler, il n’en parlait jamais, à personne, pas même avec ses plus proches amis. Pas même ceux qui l’avait connu avant, pas même ceux qui l’avait soutenu pendant, et encore moins avec ceux qui l’avait connu après. C’était presque tabou, la façon dont il était devenu loup.
Son regard était plongé dans la contemplation du feu. Il prit une profonde inspiration. Sa voix était profonde et grave.


« Tout à l’heure, tu te demandais ce qui s’était passé entre Cécil et moi pour que je lui sois à ce point fidèle… ». Il y eu un silence. C’était difficile de trouver les mots, tout ça était si loin, il avait tellement cherché à oublier et à mettre tout ça derrière lui. Mais il devait le faire, il le voulait. Lui expliquer comment il était né une seconde fois. Et quel décor plus propice qu’une confidence au coin du feu. « Il y a onze ans, je venais à peine de décrocher mon diplôme à l’université, je suis tombé malade. Les médicomages que j’ai alors consultés étaient tous très optimistes. Ils n’avaient aucun doute sur le fait qu’ils pourraient me guérir de cette petite maladie moldue. J’étais jeune, de bonne constitution…  mais malgré ça, aucune de leurs potions, aucun sortilège n’a pu empêcher les tumeurs de grandirent et le cancer de faire son chemin. Je me suis alors tourné vers votre médecine. Mais là encore ça s’est soldé par un échec cuisant. Ils ont bien essayé pourtant, me bombardant de radiation…coupant et recoupant » disant cela, il jeta un rapide coup d’œil aux longues et profondes cicatrices qui marbraient son torse. Les années les avaient faites moins visibles, mais lui les connaissait par cœur. « C’était inutile, le mal avait déjà fait son œuvre…j’allais mourir. » Il fit une pause et pris une profonde respiration. Baissant les yeux, il passa sa main sur les poils du tapis, suivant du doigt les motifs qui y étaient tissé dans un geste mécanique et familier. « J’ai quitté l’hôpital et je suis venu ici. La maison était à moitié une ruine à l’époque mais ici au moins je n’étais pas attaché à une machine. Ca me paraissait être un meilleur endroit pour attendre la fin. C’était un peu con… » Une nouvelle pause « J’avais presque perdu tout espoir… sauf UN… Cécil. Nous nous connaissions depuis l’école et nous étions déjà comme des frères… c’est pour cette raison que je lui ai demandé l’impensable. Je savais que la transformation en vampire détruisait les maladies potentielles que le corps de la nouvelle créature pouvait avoir avant la mutation, mais rien ne laissait présager que ça pouvait marcher avec un loup. Il n’y avait que de rares écrits anciens mais la plupart de ce genre de transmutation se soldait par des échecs. Malgré tout, je voulais tenter ma chance, c’était ça ou mourir de toute façon, je n’avais pas grand-chose à perdre... Il n’a pas été facile à convaincre tu sais…Cécil. Mais il a finalement accepté... C’est lui qui m’a mordu…là. » dit-il en montrant son avant bras sur lequel on pouvait distinguer les vagues traces d’une mâchoire cachée sous un grand tatouage aux formes géométriques. « Les semaines qui ont suivi ont été les pires de mes mois de maladie, et la première transformation le pire des calvaires. Mais je n’étais plus tout seul. Cécil était là, ainsi que quelques amis à lui qui étaient venus me soutenir dans cette épreuve. Will en faisait parti. Ils m’ont soutenu, ils m’ont tenus la main quand je hurlais de douleur et que je crachais mes tripes, et ils étaient là aussi pour voir l’impensable… Dès la première lune, il y eut des changements. Je n’avais plus besoin d’aide pour marcher, j’avais à nouveau faim, je retrouvais des forces. J’allais mieux. Je revenais. La bête qui grandissait en moi était en train de détruire celle qui était en train de me tuer... j’ai très vite intégré la communauté, où on m’a accueillit comme un frère, sans jamais me questionner sur ce qui m’était arrivé. J’ai découvert un autre monde, j’ai rencontré des personnes incroyables, des amis, une famille qui a d’une certaine façon remplacé la mienne qui volait alors en éclats. Tu vois, beaucoup de loups se considèrent eux-mêmes comme des monstres, ce n’est pas mon cas, ça ne l’a jamais été. Je n’ai jamais maudit ma condition car c’est moi qui l’ai choisi. Devenir loup m’a sauvé, Cécil m’a sauvé. Pour cette raison, je ne pourrai jamais le trahir… Ma mère est iroquoise, j’ai été élevé dans ces traditions, et pour mon peuple, lorsqu’un homme te sauve la vie, tu dois passer tout le reste de la tienne à essayer de le sauver à son tour. Ça peut paraître idiot, et ça l’est surement, mais c’est comme ça. Cécil est mon frère, et je lui serai toujours loyal, comme je ferai tout pour protéger ceux qui sont ma famille depuis plus de dix ans, même si ça veut dire mettre ma pauvre vie de côté… »

Soupirant longuement, il fini par se tourner vers la jeune femme et appuyant sa tête contre sa main, il la regarda avec aux lèvres un sourire triste.

« Même si parfois j’aimerai qu’il en soit autrement… »







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The moon is my only God,
the night my only love
and you're the night...

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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   17.09.17 12:33


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Cette main puissante et virile qui s'était emparée de la sienne alors qu'elle venait de terminer son bandage la troubla bien plus qu'il ne l'aurait été permis. Il l'avait saisit au vol avec une rapidité non dénouée de douceur. Et la caresse dont il la gratifia avec son pouce dans un tendre va et vient sur le dos de sa main, balaya sans la moindre retenue tout le détachement dont elle était parvenue à faire preuve jusqu'ici en désinfectant sa blessure. Le toucher de sa peau contre sa peau, et cette caresse si pleine de douceur la remuèrent sans la moindre pitié. L'Inquisitrice avait relevé son regard de velours pour plonger dans ses yeux et ce qu'elle pu y lire, ce qui s'y reflétait, la déstabilisèrent complétement. S'arrachant à la douceur de cette étreinte, la jeune femme pris sur elle pour dissimuler au mieux le trouble qu'il était parvenu à faire naitre en elle. Se levant de sa chaise tout en récupérant sa main, elle attrapa les bandages usagés pour les jeter dans la poubelle. Son regard se posa alors à nouveau sur ce cadre photo et plus particulièrement sur la photo qu'elle exposait. On y voyait Khaaleb posant fièrement avec un jeune garçon d'une dizaine d'années. Ils ne se ressemblaient pas vraiment mais leur complicité était évidente. Etait-il père ? Après tout, ils avaient eut une vie avant de se rencontrer c'était tout à fait possible. En tout cas, il n'était pas marié si elle s'en référait au fait qu'il ne portait pas d'alliance, ou plus. Sur un ton qui se voulait complétement détaché, elle lui avait demandé si l'enfant qui posait à ses côtés était son fils. Elle avait besoin de savoir s'il avait déjà une famille. Est-ce que cela changerait ce qu'elle était entrain de ressentir pour lui ? Probablement pas, mais cela aurait probablement simplifié les choses pourtant c'est avec un profond soulagement qu'elle découvrit que ce n'était pas le cas, qu'il ne s'agissait que de son neveu. Elle n'aurait su dire pourquoi elle ressentait un tel soulagement d'autant plus qu'il n'y avait strictement rien entre eux si ce n'était une forte, évidente et incontrôlable attirance physique, rien de plus.

Chassant ces considérations sans importance de son esprit, Thalya revint vers lui prête à s'engager sur le terrain qu'il avait commencé à aborder avant qu'elle ne le relègue au second plan pour s'occuper de sa blessure : la possibilité d'un accord entre loups-garous et Inquisiteurs avant que la guerre entre leur deux communautés ne soit officiellement déclaré et inéluctable. Thalya avait parfaitement compris que Khaaleb avait conscience de l'immense erreur qu'avait été la leur en s'engageant dans un combat qui ne les regardait pas, tout comme elle avait parfaitement compris à quel point il avait en horreur les conflits même s'il ne fuyait pas pour autant face à eux. Plus elle apprenait à le découvrir plus Khaaleb se révélait être un homme de valeur qui se battait pour ce en quoi il croyait, pour ses convictions, mais qu'en était-il de cet homme qui les avait conduit au front sans le moindre scrupule ? Khaaleb désirait la paix, mais à ce qu'elle en avait vu, ce n'était pas le cas de celui qui cherchait à réunir toutes les grandes meutes américaines sous sa seule hégémonie.
Que cherchait-il réellement ? Quelles étaient ses véritables aspirations ? La question était simple mais la réponse loin d'être aussi évidente. Khaaleb était le bras droit de Cormontaigne cela signifiait qu'il connaissait parfaitement l'homme qu'il secondait pourtant lui-même n'était pas sur de connaître les véritables raisons qui les avaient conduit à cette prise de position. Du peu qu'elle connaissait de cet homme qui lui faisait face, elle l'imaginait très mal seconder un homme dont il ne partageait pas les idéaux. Le connaissait-il si bien que ça ? Que cachait véritablement ce désir d'unification. Longtemps, elle avait pensé qu'il cherchait uniquement à protéger les siens, tant qu'ils seraient divisé les loups-garous étaient faibles et menacés, mais réunis, ils étaient beaucoup plus fort. Aujourd'hui et au vu de sa récente action Thalya commençait à se demander s'il ne cachait pas d'autres véritables desseins derrière ses belles paroles. Elle en était presque venue à se demander si de Cormontaigne ne cherchait pas à avoir sa propre force armée

Debout face à lui, elle observa Khaaleb avec une attention particulière, et bien qu'elle ne pu s'empêcher de le trouver terriblement sexy à se passer la main sur sa figure tout en réfléchissant avec intensité à sa question, il était claire qu'il n'était pas le genre de personne à prétendre tout savoir. Il réfléchissait, pesait ses mots et ne faisait aucune affirmation ou promesse qu'il ne pouvait pas tenir. Il était le genre d'homme envers qui il était aisé d'avoir confiance. Prenant place face à lui, sur la chaise qu'elle avait occupé quelques minutes plus tôt, elle l'écouta reconnaître qu'il était incapable de répondre à sa question concernant les véritables intentions de Cecil de Cormontaigne. Pourtant, malgré ça, malgré ce doute qui subsistait, Khaaleb continuait à garder en foi en son leader. Portait-il des oeillères ? D'où lui venait cette foi en cet homme qui dirigeait leur meute ? Il n'était pourtant pas le genre d'homme naïf qu'il était aisé de manipuler. Etait-ce sa loyauté sans faille qui parlait ? Pour l'heure, Thalya était incapable de le dire mais elle savait par contre que si cet homme fort et robuste, qui se trouvait face à elle, venait à réaliser que sa confiance avait été mal placé pire floué, il ne jouerait pas aux autruches indéfiniment mais pour eux, elle espérait qu'il avait raison et que de Cormontaigne était bien l'homme en quel il croyait parce qu'elle, pour le moment, avait de sérieux doutes à ce sujet. Ce n'était pas un homme désireux de protéger les siens d'une guerre qu'elle avait vu agir l'autre soir

- Il serait nécessaire qu'il la retrouve au plus vite en effet,
fit-elle sans concession alors que Khaaleb lui assura que Cecil recouvrerait très rapidement la raison. "S'entendre" est un bien grand mot, je ne veux pas que tu te fasses d'illusions à ce sujet, mais tu as raison, il faut qu'ils discutent et ce le plus rapidement possible si on veut éviter d'atteindre un point de non retour entre nos deux communautés.

C'était vitale, pour eux comme pour les loups, mais aussi pour elle. Elle n'avait aucune envie de se battre contre des gens auxquels elle tenait tel que Lockhyan... ou lui. Baissant les yeux sur sa main qui se tenait à quelques centimètres de la sienne sur la plat de la table, Thalya chercha à la prendre dans la sienne en guise de soutient silencieux, au moment même où la chaise de Khaaleb grinça sur le parquet alors qu'il se reculait afin de pouvoir se lever. Retenant son geste de justesse, sans lever les yeux sur lui, Thalya se mordit la lèvre inférieur et garda le silence

« Et si ce n'est pas le cas... ? » Cette simple question avait toute son importance et la taraudait malgré elle tordait, à cette seule perspective, son estomac dans tous les sens sans la moindre pitié. Cette remarque prononcé à voix haute par Khaaleb, lui fit accélérer son rythme cardiaque à une vitesse folle, qui défiait carrément les lois de la nature. Suspendue à ses lèvres, son regard trahissant son inquiétude, elle attendait autant qu'elle redoutait la suite de sa réponse. Pourtant, lorsqu'enfin il se décida à la délivrer de son incertitude et à mettre fin à son supplice, l'Inquisitrice sentit un profond soulagement s'emparer d'elle et un poids bien trop lourd à porter se décharger de ses épaules. Khaaleb n'était pas homme à tolérer l'échec, il ne laisserait pas les choses s'envenimer et aussi surprenant que cela puisse paraître elle le croyait, lui le sorcier, elle lui faisait confiance.
Etait-ce du à cette détermination, à cette force, qui se dégageait de lui ? A sa voix ferme, et cette conviction qui transparaissait de toute son âme ? Peut-être un peu tout cela à la fois, d'une manière inexplicable et qu'elle n'aurait probablement jamais pu imaginer elle-même, pas un seul instant elle ne remettait sa parole en doute et c'était grâce lui, et uniquement grâce à lui qu'elle envisageait possible que Camila rencontre le Marrok. En d'autres circonstance, elle aurait refusé la moindre discussion mais les choses étaient différentes, et si les Inquisiteurs et les loups-garous avaient une chance de ne pas s'entretuer c'était à Khaaleb qu'il le devait. Cecil de Cormontaigne les avait guidé au coeur d'une bataille qui ne les concernait pas, mais Khaaleb allait peut-être réussir à les en sortir. C'était en lui qu'allait toute sa confiance pour le moment et uniquement en lui c'est pourquoi elle émit une seule exigence à cette potentielle rencontre : qu'il soit présent au cours de cet entretien.
Khaaleb s'était rapproché d'elle, fort, puissant et terriblement séduisant sans même en avoir conscience. Elle avait l'impression qu'il cherchait à la déstabiliser en s'approchant d'elle ainsi avec ce regard hypnotique qui semblait lire en elle comme dans un livre ouvert. Avait-il seulement conscience de la terrible attraction qu'il exerçait sur elle ? Sans se laisser démonter elle avait posé ses exigences et lorsqu'elle eut enfin terminé le silence se mit à envahir le chalet. Seul les battements de son coeur résonnait dans la pièce, se joignant ainsi de concert avec le tam-tam des gouttes de pluies qui martelaient sans relâche les carreaux des fenêtres.
Le temps lui paraissait suspendu mais contrairement à toute à l'heure cela ne lui paraissait pas interminable, bien au contraire elle ne s'en rendait même pas compte. Le monde aurait pu s'effondrer sous ses pieds que cela n'aurait fait aucune différence pour elle, elle tombait déjà depuis belle lurette dans le noir profond de son regard

- Je n'irais nulle part ailleurs,
lui certifia-t-elle alors qu'il acceptait son marché si elle-même s'engageait a être présente

Son sourire s'effaça lorsqu'elle l'entendit lui murmurer que rien ne lui paraissait impossible lorsqu'elle se trouvait à ses cotés. Elle n'était plus une gamine enamouré et certainement pas une adolescente qui vivait ses premiers émois pourtant cette phrase ne l'avait pas laissé insensible. D'ordinaire elle se moquait de ce genre de phrase ridicule toute conçue et s'amusait à railler les amoureux transit qui en faisait usage devant elle et c'était encore pire pour les pauvres amoureux transit qui en faisait usage directement à son adresse, alors pourquoi, cette fois-ci son coeur avait-il raté un battement ? En quoi était-ce différent cette fois ? Son sourire revint cependant lorsqu'il lui tendit sa main pour qu'elle la prenne histoire de sceller leur accords ?

- On dirait bien,
admit-elle en prenant sa main même si de son point de vu elle aurait préféré sceller cet accord différemment

Leurs mains enlacées l'une dans l'autre c'était un peu comme si elles servaient de conducteur pour permettre au courant de passer. Séparés, isolés rien ne se passait mais lorsqu'ils se touchaient c'était électrique comme si le contact était à nouveau pleinement rétablit. Une poignée de main, un simple contact qui pourtant lui fit comprendre qu'elle en voulait beaucoup plus. Se blottir entre ses bras chaud et puissants, se presser contre ce corps, grand et musclé. Elle pouvait sans peine imaginer les muscles rouler sous sa peau, ses mains la caresser à l'en faire frémir.. Il se passait quelque chose entre eux, c'était indéniable, et qui allait bien au-delà de la simple attirance physique. Quelque chose qu'elle ne contrôlait pas, pas plus qu'elle ne se l'expliquait, tout ce qu'elle savait c'est qu'elle pouvait lire ce même désire brûler dans les prunelles de ses yeux. Un désire qu'il parvint encore a exacerber au seul contact de la douceur de sa main sur son visage, alors qu'il replaçait une de ses mèches rebelles derrière son oreille, puis lentement, comme pour attiser tous ses sens, elle sentit ses doigts glisser le long de son cou offert alors qu'il lui demandait combien de temps elle comptait rester

- Le temps qu'il faudra,
murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieur alors qu'elle profitait pleinement le contact de ses lèvres sur sa peau

Lentement, elle le vit approcher son visage du sien, puis fermant les yeux, elle savoura la douce pression de ses lèvres sur les siennes, tandis que sa main glissait à l'arrière de sa nuque afin de pouvoir la rapprocher un peu plus de lui. Ses mains plaquées contre ce torse virile et bien battit, elle en apprécia le contact en sentant ses muscles si bien dessiné battre sous ses doigts. Khaaleb sentait le sapin, la forêt et la pluie, c'était une odeur sauvage, une odeur qui lui ressemblait. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Thalya ouvrit à nouveau les yeux pour se plonger dans les bruns des siens avant de glisser sur ses lèvres, qu'elle ne pensait plus jamais embrasser... elle en voulait plus, beaucoup plus, encore plus. L'enlaçant à son tour, et se collant un peu plus contre son corps, elle glissa son bras derrière sa nuque alors qu'il la serrait contre lui, partageant cette fois avecelle un baiser beaucoup plus passionné que le précédent, cherchant à s'abreuver de ses lèvres dont elle avait déjà été bien trop longtemps séparé. Elle savait qu'elle ne devrait pas mais il y avait déjà bien longtemps que sa raison s'était fait la malle pour céder la place à son instinct, à ses envies et à ses besoins. Sa main qui glissait dans son dos, sur sa peau, sous le fin tissu de son t-shirt, la firent frissonner de désir alors qu'elle se cambrait légèrement afin de lui faciliter l'accès à son cou qu'il dévora de baiser puis, il remonta à nouveau jusqu'à ses lèvres où ils s'engagèrent dans un duel de langues qui réveilla bien vite leurs instincts primaires. Avec empressement, comme si leurs vies en dépendaient, ils commencèrent se déshabiller mutuellement et alors qu'elle l'aidait à retirer son haut devenu plus encombrant et inutile qu'autre chose et qu'elle sentie ses lèvres cajoler sa poitrine, Thalya lâcha un soupire de satisfaction, emmêlant ses doigts dans la chevelure indiscipliné de cet homme qui savait attiser ses désirs comme un aucun autre auparavant. Elle en voulait toujours plus et de toute évidence elle n'était pas la seule. Soulevée dans ses bras, elle se lova un peu plus contre lui, enroulant ses interminables jambes autour de sa taille avant qu'ils n'aillent s'abattre sur le canapé à quelques pas de là. Amusé par la manière dont ils s'étaient écrasés que le divan, Thalya laissa échapper un petit rire qui cessa bien vite de résonner dans la pièce dès lors que son regard se perdit dans la contemplation de ce corps si merveilleusement bien bâtit qui se trouvait au-dessus du sien avant de croiser son regard enfiévré qui la captura et qu'ils ne partagent à nouveau un baiser enflammé. Ses longs doigts glissèrent sur sa peau si douce et parfumé jusqu'à ce qu'elle atteigne sa ceinture qu'elle déboucla avec empressement. Loin de rester inactif, Khaaleb c'était lui aussi attaqué à son pantalon mais tout deux durent très vite admettre que c'était loin d'être une chose aisée lorsque ce dernier vous moulait au corps comme une seconde peau a moins que ce ne fut leur impatience et le besoin insatiable de ne faire plus qu'un qui rendait la chose aussi ardue. Loin de s'avouer vaincu, Khaaleb fit glisser ses mains le long de ses cuisses tout en la torturant délicieusement de mille et une façon jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et qu'elle se mette à enfoncer ses ongles dans son dos tout en murmurant un « je te déteste ! » plaintif alors qu'il continuait à prodiguer du plaisir à sa compagne à sa plus grande satisfaction.

Quel sentiment étrange était-il entrain de faire naitre en elle ? Quelqu'un avait-il déjà autant pris soin d'elle auparavant ? Bien décidée à lui rendre la pareille, elle changea de position afin de le débarrasser une fois pour toute de son encombrant pantalon. L'obligeant à se redresser, à genoux devant lui, elle fit glisser son pantalon le long de ses jambes musclé, puis, remontant son regard sur lui, elle commença à lui embrasser son abdomen avant de descendre toujours plus bas, traçant un chemin de baisers mouillés tranquillement le long de l'aine. Un délicieux gémissement parvint jusqu'à ses oreilles lorsque sa langue atteignit finalement l'objet de ses convoitises.
Entièrement à sa merci, il la laissa prendre soin de lui, avant de glisser une main derrière sa tête l’obligeant à la relever. Ils échangèrent alors un regard où le désir se lisait de plus en plus puis comme si elle avait compris son souhait, elle se rallongea en l’entraînant avec elle.
Ils n'avaient plus conscience de rien d'autre que du mouvement de leur corps qui ne faisait plus qu'un. De ce canapé improvisé en lit dans lequel ils laissèrent la passion qui les animait les consumer alors que leurs corps se perdaient l'un dans l'autre. Inconsciemment, ils se doutaient que plus rien ne serait comme avant et qu'un tournant décisif venait d'être pris.

***

Thalya dormait paisiblement, la tête reposant sur le torse si bien dessiné de son amant. Leurs corps nus et enlacés étaient ainsi offert à la fraîcheur de la nuit. Plongée dans un sommeil profond et réparateur, l'humidité ambiante l'avait quelque peu fait bouger et grogner de mécontentement sans parvenir pour autant à la réveiller, de toute manière, elle n'était pas décider à bouger du plus petit centimètre. Sereine et apaisé, elle dormait profondément, du moins jusqu'à ce qu'elle ne commence à prendre conscience que la chaleur et la douceur de ce corps contre lequel elle dormait avait laissé place à quelque chose de doux mais de très différent.
Elle mit du temps à ouvrir les yeux et à battre des paupières mais ce fut le crépitement du feu et sa douce chaleur qui l'enveloppait qui la décida. Devant elle, en tenu d'Adam, Khaaleb s'occupait de mettre du bois dans l'âtre. Le feu de la cheminée qu'il venait d'allumer, seule source de lumière, dessinait les courbes de son corps et soulignait avec force le tracé de sa musculature. Tant de choses s'était passé cette nuit, dans ses bras, elle avait ressentit une myriade d'émotions qui allait bien au-delà d'une simple histoire de sexe. Il n’aurait jamais été aussi tendre et à la fois aussi fougueux s’il ne ressentait pas quelque chose pour elle, ses sentiments à elle en tout cas, ceux qu'elle éprouvait à son égard avaient indéniablement changé… Où tout cela allait-il les mener ? Elle l'ignorait mais elle ne pouvait nier qu'elle n'était pas insensible à son charme, à sa manière d'être, à sa vision de la vie, à ses principes, à l'homme qu'il était si drôle, fort, juste et tendre ni à toutes ses petites attentions qu'il avait pour elle, comme ce plaid qui la recouvrait pour qu'elle ne prenne pas froid et dans lequel elle s'enveloppa en souriant sans le quitter des yeux. Sentant son regard posé sur lui l'homme se retourna et voir son visage fit davantage encore agrandir son sourire

- Salut toi.... Bien dormi ?
Répondit-elle dans un sourire éclatant en le voyant revenir vers elle.

Sans quitter sa place du canapé, elle passa ses bras frais derrière lui, autour de son cou, puis déposa un baiser sur son épaule nu. Elle avait besoin de sentir le contact de sa peau, sa chaleur, sa tendresse. Silencieusement et sans le lâcher, elle l'observa ranger l'album de Tracy Chapman qui avait cessé de chanter depuis bien longtemps, dès l'instant ou sa voix avait été supplanté par un concert de gémissement et de râle comme si l'unique témoin de leurs ébats avait choisit de se retirer discrètement de la scène. Intriguée, elle l'observa choisir un nouvel album et se mordit la lèvre inférieur en réalisant qui il avait choisit

- Alors là je te mets un 20/20 pour ton choix, continues comme ça et je m'installe ici,
plaisanta-t-elle

Fermant les yeux afin de mieux savourer l'instant présent et de cette voix suave qui s'élevait dans la pièce, elle ne prêta pas attention au fait qu'il avait mis la musique en sourdine, à vrai dire, ça ne la dérangeait pas tant elle connaissait les chansons de ce monstre sacré par coeur. Jamais elle ne pourrait se lasser de ses chansons, de ses accords, de ces paroles qui la touchaient en plein coeur et de cette voix unique qu'était la sienne. Toute à son adoration pour Johnny Cash, Thalya n'avait pas immédiatement remarqué que quelque chose n'allait pas, mais la gravité et le sérieux dont faisait preuve Khaaleb en cet instant la glaça

- Est-ce que ça va ? Tu m'en veux parce que j'ai pris toute la place ?
Tenta-t-elle de plaisanter pour masquer son inquiétude.

La profonde inspiration qu'il lâcha sans quitter le feu du regard la fit se raidir. Relâchant sa prise, elle se redressa légèrement sur le canapé tout en couvrant sa nudité en s'enroulant dans le plaid, elle fixa son amant en fronçant les sourcils redoutant déjà ce qui allait suivre. Tous ses sens étaient en alerte et elle sentait qu'elle n'allait pas aimer ce qui allait suivre. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il s'apprêtait à lui dire pourtant lorsqu'il évoqua son amitié pour Cécil elle éprouva une sorte de soulagement très vite supplanté par de la curiosité, impatiente à présent de découvrir ce qui allait suivre. Se laissant glisser en bas du canapé, elle vint s'assoir à ses cotés et le fixa à son tour avec gravité en écoutant son récit. Lorsqu'elle entendit qu'il était tombé malade sa main droite chercha instinctivement la sienne. Son regard inquiet ne le quittait pas des yeux. Khaaleb était souffrant ? Il avait une maladie incurable ? Sa première pensée fut pour Arizona. Si c'était cela, elle la lui présenterait, elle était la meilleure dans son domaine, elle faisait des miracles, elle l'aiderait forcément même si elle ne portait pas les sorciers dans son coeur, son éthique médicale passait bien avant ses considérations politiques. Lorsque le mot cancer fut prononcé elle sentit ses yeux devenir vitreux et son regard se porta sur son torse sur lequel se trouvait de longues et très fines cicatrices à peine visible sur lesquelles elle passa sa main dans un effleurement à peine perceptible et qui fit couler sa première larme.

« J'allais mourir ». Le poids terrible de ces mots eurent un impact terrible sur eux. Elle était incapable de prononcer la moindre parole tant l'émotion l'avait étreint. Une boule dans sa gorge l'empêchait de s'indigner, de lui dire de ne pas baisser les bras, qu'ils allaient trouver une solution, mais elle savait que son histoire n'était pas fini, que Cécil avait un rôle à jouer dans cette terrible tragédie, et puis Khaaleb était toujours là, cela signifiait qu'il allait mieux non ? Qu'il était aujourd'hui guérit.... n'est-ce pas ?
Khaaleb était tout aussi ému qu'elle, elle voyait bien que la réminiscence de ces souvenirs l'atteignait et lui faisait du mal. Elle n'osait imaginer les épreuves par lesquelles il avait du passer. Lorsqu'il s'en sentit capable, il reprit son récit et les larmes de Thalya se mirent à couler. Elle l'imaginait seul, ici, dans ce chalet, attendant la mort, et soudainement, ce petit nid chaleureux lui paru froid et glaciale.

- Ce n'est pas idiot, c'est humain,
parvint-elle malgré tout à articuler tout en essuyant ses larmes rapidement alors qu'il s'était à nouveau tut le temps de faire une pause dans son récit. Ne me dit pas que tu es resté tout seul ici. Que tu as refusé que les tiens soient auprès de toi....

Bien sur qu'il l'avait fait. Elle imaginait tellement son état d'esprit d'alors, plus que tout, il ne voulait certainement pas s'attirer la pitié des autres ou voir la souffrance et sa propre déchéance se refléter dans leurs yeux. Il voulait qu'ils gardent une toute autre image de lui et elle savait que dans le fond, elle aurait fait la même chose.

- Bien sur que si tu l'as fait,
se répondit-elle finalement avant qu'il n'ait eu le temps de s'en charger.

Le coeur serré, elle passa son bras gauche derrière lui pour enlacer sa taille et partager avec lui, la couverture avec laquelle il l'avait recouvert un peu plus tôt. Après avoir déposé un nouveau baiser sur son épaule, elle y posa sa tête et écouta la fin de son histoire avec attention, découvrant ainsi le rôle important que Cecil avait joué dans cette histoire. Cette fois elle ne pleurait plus, et son regard se perdait dans l'âtre de la cheminée fixant ce feu qui dansait inlassablement devant eux. Khaaleb était de ceux qui ne se laissait jamais abattre, cherchant jusqu'au bout le moyen de s'en sortir. Lorsqu'il évoqua la particularité des vampires à combattre la maladie, elle comprit instantanément où il voulait en venir. Se redressant et quittant la douceur de son épaule, elle le fixa dans l'attente de la suite. S'il avait songé à devenir un vampire pour survivre, et qu'il n'en n'était pas devenu un mais un loup-garou à la place, cela signifiait donc.... le cheminement de sa réflexion fut très vite rattrapé par les paroles de Khaaleb qui lui confirma ce qu'elle avait deviné. Glissant ses doigts sur l'empreinte de morsure qui avait changé sa vie, elle releva à nouveau son regard sur lui alors qu'il évoquait la souffrance que cette transformation avait provoqué en lui. Le coeur serré elle l'entendit évoquer à nouveau Will, son ami qui avait périt lors de cette attaque dans laquelle ni lui ni aucun des siens n'aurait jamais du se trouver.
Le loup en lui était finalement parvenu à vaincre la maladie et à sauver Khaaleb d'une mort certaine. Il avait abattu sa dernière carte et cela s'était avéré une véritable réussite ouvrant par la-même, les portes à un monde dont Khaaleb ignorait tout mais qu'il avait apprit à aimer. L'entendre parler des personnes faisant parties de sa communauté comme d'une grande et belle famille la déroutait un peu mais après les épreuves par lesquels Khaaleb était passé elle comprenait mieux pourquoi il éprouvait ce genre de sentiments à leur égard.
Découvrir qu'au même moment sa propre famille volait en éclat l'intrigua et justifia peut-être en parti la raison de leur absence alors qu'il aurait eut besoin d'eux, mais elle ne posa aucune question, ce n'était pour le moment pas le sujet. Caressant son épaisse chevelure, elle comprit mieux pour quelle raison il ne maudissait pas sa condition. Contrairement à Lockhyan, Khaaleb avait choisit de devenir un loup et il assumait pleinement cette décision qu'il avait prise il y avait de cela des années à présent. Une décision qui l'avait sauvé et qui expliquait cette fidélité et cet attachement qu'il éprouvait à l'égard de Cécil envers lequel il pensait devoir la vie. A ses yeux, il lui était redevable, Cecil pouvait disposer de cette vie qu'il lui avait offert à tout moment et si une partie d'elle s'insurgeait totalement devant une telle abnégation, une autre comprenait pourquoi il agissait de la sorte. Son récit touchant à sa fin, il se tourna enfin vers elle dans un sourire triste tout en portant sa main à son visage qu'elle caressa.

- Pas moi. Tu es un être comme on en trouve peu Khaaleb Tal'ahajon. Tu es fort, courageux, beau, sexy,
sourit-elle pour détendre un peu l'atmosphère et loyal. Ce sont précisément toutes ces qualités et tous ces principes qui font de toi l'homme que tu es, je n'aimerais pas qu'il en soit autrement, mais réponds moi. Si Cecil aura toujours ton soutient, qu'en sera-t-il si ses décisions menacent la vie de ceux que tu considèrent comme ta seconde famille. Je te repose la question : A qui ira ta loyauté ? A Cecil ou aux tiens ? Lui demanda-t-elle sans le quitter du regard. Tu sais, il existe plusieurs formes de loyauté. Il y a la loyauté aveugle, celle qui nous fait fermer les yeux sur des actes que l'on aurait pas forcément approuvé en temps normal mais il y a aussi une autre manière d'être loyale. En nous dressant contre ceux que l'on veut aider pour les protéger d'eux-mêmes et des mauvaises décisions qu'ils pourraient prendre. Ne pas approuver une décision ne signifie pas forcément être déloyale, bien au contraire, murmura-t-elle tout en dessinant des arabesques invisibles sur son torse. Je ne cherche pas à te faire prendre position contre Cecil, je veux juste que tu relativises et que tu comprennes que la loyauté envers une personne peut avoir plusieurs visages. Merci de t'être ouvert à moi, fit-elle en reposant sa tête contre épaule forte et robuste. A présent je comprends d'où te viens cette soif de vivre ainsi que ce regard que tu portes sur ce qui t'entoure... J'aurais aimé le connaitre, Will, murmura-t-elle...

Fixant le feu qui crépitait toujours devant eux, elle resta ainsi silencieuse cherchant à remettre de l'ordre dans ses idées après avoir pris connaissance des nombreuses informations qu'il venait de lui donner.

- Tu sais, j'ai toujours vu la lycanthropie comme une malédiction, une souffrance, un mal qu'il fallait à tout pris éradiquer, quelque chose de dangereux et de destructeur dont souffrait les personnes qui en était victime qui n'avait alors pas d'autre choix que de s'adapter. Pas une seule fois, pas un instant, je n'ai imaginé que quelque chose de bon pouvait en ressortir. Tu me fais relativiser et voir les choses différemment. Je ne vais certes pas faire l'apologie de la lycanthropie mais tu me fais réaliser que tout n'est pas si noir.... Je ne connais pas la souffrance et la peur qu'a été la tienne, fit-elle en relevant la tête pour le regarder à nouveau et je ne peux qu'imaginer ce que tu as du ressentir durant cette période. Je pense qu'il faut en être passé par là pour pouvoir prétendre savoir de quoi tu parles et ce que tu as pu éprouver et encore, ce n'est pas tout à fait vrai parce que chaque personne ressent les émotions différemment, mais je peux comprendre.... Tu sais, fit-elle en baissant à nouveau son regard sur son torse, je te parles souvent de mon père jamais de ma mère... en fait, il y a une raison à cela.... Ma mère est morte quand j'étais très jeune... c'est un cancer qui l'a emporté. Chaque année, le jour de son anniversaire, mon père regarde des vidéos familiale où elle apparaît, sans elles, je ne saurais plus à quoi elle ressemble et je serais encore moins capable de me souvenir du son de sa voix. La seule image que j'en garde c'est celle de cette femme mourante, alitée, squelettique et chauve, les yeux cernés, qui n'avait même plus la force de tendre la main pour serrer sa fille dans ses bras. C'est la dernière image que j'ai d'elle, et maintenant que je sais que tu as souffert du même mal, c'est toi qui je visualise à sa place et ça me brise le coeur. Je suis heureuse que tu t'en sois sortis et soulagée de savoir que tu ne risques pas de récidive, fit-elle en caressant son visage avec douceur. Il y a cependant un point sur lequel je ne suis pas d'accord avec toi. Il est indéniable que sans Cecil tu ne serais pas là aujourd'hui, il t'a offert une seconde chance en t'offrant cette seconde vie, mais à aucun moment il ne t'a sauvé la vie. Celui qui t'a sauvé la vie Khaaleb, c'est toi-même. En te battant continuellement, en ne renonçant pas, en cherchant un moyen qui pourrait te sauver, en jouant le tout pour le tout en tentant cette transformation et enfin en trouvant les mots justes qui t'ont permis de convaincre Cecil de t'exaucer. C'est toi qui a trouvé la solution pour éradiquer le mal qui te rongeait, ce n'est pas Cécil, lui t'a juste donné les moyens d'obtenir ce que tu désirais d'ailleurs, il y a quelque chose que je ne comprend pas dans ton récit. Cecil est ton ami, il savait que tu étais condamné... passe encore qu'il ignorait que la lycanthropie puisse te guérir, mais ce que je ne comprends pas par contre c'est pourquoi il a fallut que tu le supplies pour qu'il fasse ce que tu lui demandes ? Pourquoi as-tu du le convaincre ? Si j'avais été à sa place, si j'avais la possibilité de te sauver la vie, je n'aurais pas hésité une seule seconde surtout au regard de votre passif. Tu n'étais pas une simple connaissance mais un ami proche, alors pourquoi a-t-il eut cette hésitation ? Est-ce qu'il pensait que la transformation changerait ton caractère ? Te détruirait ? Lui demanda-t-elle sincèrement soucieuse de comprendre. Qu'est-ce qui peut être pire que la mort ?

Septimus avait coutume de dire qu'il existait des choses pires que la mort, mais en général, lorsqu'il prononçait ces mots, c'est lorsqu'il s'apprêtait à torturer une personne pendant des jours durant. Bien qu'elle ne pouvait qu'imaginer la souffrance qu'était la leur lors des transformations était-ce un prix si cher à payer pour rester en vie ? Qu'est-ce qui inquiétant autant de Cormontaigne pour qu'il hésite ainsi à sauver son ami des griffes de la mort ?


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Un ange passe. un ange, vraiment ? Oui, mais pas n'importe quel ange, un ange de la mort.
“Tendrement votre.”
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Ce monde qui nous sépare - feat Thalya

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