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 Ce monde qui nous sépare - feat Thalya

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute
ϟ Âge : 34 ans
ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks
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MessageSujet: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   06.04.17 18:16


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb


Musique:
 

Il y avait un grand trou dans le sol. Une fosse qui plongeait loin dans la terre sombre et humide, sans qu'il puisse en voir le fond. Des planches de bois entouraient la forme rectangulaire et maintenaient les parois de la tombe pour qu'elles ne s'effondrent pas avant d'avoir accueillit son nouveau locataire. Tout autour de l'ouverture béante, une immense pelouse d'un vert très clair s'étendait à perte de vue. Ici dans le nord du Minnesota, même en été l'herbe gardait cette teinte fraîche et lumineuse.

Droit comme un i, le visage fermé, impassible, Khaaleb n'avait même pas remarqué qu'il avait commencé à pleuvoir. Les gouttes d'eau tombait sur la peau de ses joues, se mêlant aux gouttes salées qui coulaient de ses yeux, silencieusement. Il n'y avait pas besoin de se cacher, il n'avait rien à prouver à personne de toute façon.
Ils étaient une vingtaine, peut être plus, tous serrés les uns contre les autres, tous de noir vêtus. Certains étaient assis sur des chaises pliantes en bois blanc, les membres de la famille surtout, les autres formaient autour du grand trou dans la terre une sorte d'arc de cercle à la forme lunaire. Contre lui, appuyée sur son bras valide, il pouvait sentir Carol qui était secouée de sanglots. Il serra un peu plus fort sa main dans la sienne, incapable lui-même de retenir l'émotion qui le submergeait en voyant le cercueil qui contenait le corps de son ami descendre doucement dans la terre.
Will venait d'une petite famille de sorciers, mais ses parents avaient tout de même tenu à la présence d'un prêtre pour la cérémonie funéraire. Avec le temps, toutes les cultures et les traditions finissaient par se mélanger, et même certains loups se tournaient vers la religion. Cécil aussi avait dit quelques mots, un éloge funèbre simple à l'image de l'homme qu'il avait perdu. Lui-même avait été incapable de quoi que ce soit. Depuis cinq jours, depuis cette fameuse nuit où ils étaient parti aider les vampires à secourir leur reine, il n'avait pas réussi à formuler plus de trois phrases en tout et pour tout. Baissant les yeux, son regard tomba son bras gauche qu'il portait en écharpe. La balle qu'il avait reçue dans l'épaule avait fait plus de mal qu'il ne l'avait pensé sur le coup, et malgré les talents de Lua qui avait tout fait pour le soigner, la plaie n'arrivait pas à totalement se refermer, la faute à l'argent qui constituait les projectiles utilisés par les Inquisiteurs. Mais aussi piquante et lancinante que pouvait être la douleur qui envahissait ses nerfs au moindre mouvement, elle n'était rien en comparaison de celle qui occupait son cœur depuis qu'il avait vu la vie quitter le regard de Will. Il avait senti le corps du jeune homme se tendre dans un dernier sursaut, un dernier gargouillis de sang puis plus rien, un poids lourd pesant dans ses bras.

Leur cause valait-elle la vie d'un homme de bien ? Il n'en était plus sur aujourd'hui. Il n'était plus sur de rien. Les vampires s'en étaient retournés dans leur grande demeure froide sans un regard pour la meute. Ils étaient sans nouvelles depuis, et au fond de lui, le loup ne pensait pas qu'ils en recevraient jamais. Quelque soit les efforts que pouvait faire la meute pour engager une alliance, le Roi des vampires n'était pas prêt de lever le petit doigt dans leur direction. Il préférait les voir tous crever la gueule ouverte sur le bord de la route plutôt que de reconnaître que les deux communautés avaient tout à gagner à travailler de concert.
Mais tout ça n'avait pas la moindre importance.

Serrant les mâchoires, Khaaleb vit le cercueil disparaître dans les entrailles de la terre et il du prendre une profonde inspiration pour ne pas craquer à son tour. Le prêtre fit un signe et les parents du mort se levèrent avec difficulté, soutenu par leurs deux filles cadettes. Chacun attrapa une rose qui se trouvait dans un panier juste à côté de la tombe et l'y jeta, comme un dernier hommage à leur fils et frère. Autour d'eux, la pluie avait redoublé, détrempant les vêtements de ceux qui étaient présents. Des parapluies s'ouvrirent, créant une voute improbable au milieu de ce champ de tombes.
Doucement, tout le monde passa devant le trou dans la terre, jetant dans la fosse une fleur ridicule. Khaaleb n'avait jamais été très à l'aise avec le principe de l'enterrement. La confrontation avec le corps mort à travers cette boite en bois, l'idée de savoir les chairs pourrissant progressivement, ce n'était que rajouter à la peine un caractère macabre qu'il ne comprenait pas.

Approchant à son tour de la tombe, il s'arrêta quelques instants pour regarder une dernière fois le cercueil de celui qui avait été bien plus qu'un ami pendant dix longues années. Au fond de lui, il sentait le loup qui se jetait contre les parois de sa boite crânienne, il avait envie de hurler, de frapper quelque chose, n'importe quoi, mais rien ne sortait. Tout était bloqué, comme si lui aussi avait perdu une partie de sa vie dans le combat.
Si seulement ça avait pu être lui...si seulement il avait pu être à la place de Will dans cette petite boite en bois. Mais quand bien même leurs places eussent été échangées, ça n'aurait rien changé.  
S'accroupissant, il saisit une poignée de terre et la laissa tomber dans le trou. Elle atterri sur le bois dans un bruit sinistre et creu, à peine couvert par celui des gouttes de pluies.


"Adieu mon frère..." murmura-t-il pour lui seul d'une voix grave et enraillée.

Puis il se détourna, passa un bras autour des épaules de Carol qui se tenait encore tout proche de lui les yeux pleins de larmes et ils se détournèrent de la sépulture, rejoignant le cortège qui quittait progressivement le cimetière. Et chaque pas qui l'éloignait de la tombe était comme un blessure nouvelle qui venait s'ajouter à toute cette merde.
Arrivé près des véhicules qui avaient amenés la plupart d'entre eux, ils discutèrent encore un peu, car aucun n'étaient encore capable d'affronter la peine seul. Lui restait sans rien dire, immobile, les yeux dans le vague. Un peu plus loin, il vit Cécil parler avec les parents de Will. Comment faisait-il ? Comment arrivait-il à tenir ? Plus que jamais il avait du respect pour son ami. Lui-même s'en sentait parfaitement incapable. Comment aurait-il pu ? Alors qu'il se sentait en parti responsable de ce qui était arrivé à leur fils.

Mais ce n'était sans doute pas le pire.
Car à travers la douleur et la peine, la rage sourde qui résonnait au plus profond de lui, ce qu'il se reprochait le plus, c'était de ne pouvoir s'empêcher de penser à "elle". Cette fille sublime qu'il avait des semaines plus tôt croisé sur le bord de cette maudite route 66 et qu'il avait revu cinq jours plus tôt, dans les rangs des Inquisiteurs. Il avait d'abord pensé s'être trompé, mais après l'effervescence du combat, lorsque l'adrénaline était retombée, il n'y avait plus eu aucun doute. C'était Thalya qu'il avait vu fuir aux côtés de la Grande Inquisitrice. Ce qui lui était apparu tout à fait absurde au début l'était de moins en moins.

Depuis qu'il avait accepté l'évidence, une foule de questions se pressaient dans son esprit mais aucune ne trouvaient de réponse. Cette impuissance le rendait fou. Comment aurais-tu pu deviner ? Et l'aurait-il su...qu'aurait-il pu faire ? Aurait-il pu faire quoi que ce soit qui aurait évité tout ce gâchis ? Sa sœur avait le don de voir l'avenir, de percevoir le destin de chacun, mais était-ce le destin de Will de mourir comme ça, bêtement, dans un combat qui n'était même pas le sien.
Il avait voulu la contacter le lendemain de l'attaque, lui demander des réponses, lui demander qui elle était réellement, qu'est ce qu'elle foutait de ce côté là des flammes, mais il n'avait pas pu. Le faire c'était accepter une réalité qu'il voulait écarter de la sienne. C'était détruire un souvenir heureux qu'il aurait préféré conserver intact. C'était aussi mettre de côté ce qui lui paraissait comme le plus important, rendre un dernier hommage à son ami. Mais malgré tous ses efforts, rien n'arrivait à effacer cette image de son esprit.

Soudain, il sentit son portable vibrer dans la poche de son pantalon. Lâchant Carol qui était en train de parler avec une des sœurs de Will, Khaaleb sortit le petit appareil et vit qu'il avait un nouveau message. En lisant le nom de l'expéditeur, il serra le poing du bras qu'il avait en écharpe à s'en faire blanchir les phalanges, ce qui eut pour effet de rependre dans toute son épaule une douleur vibrante. Elle était en train de venir. Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi voulait-elle le voir ?
Sentant la colère monter à nouveau, il fronça les sourcils et lui répondit immédiatement, Il n'était pas  en état de l'affronter, pas maintenant, jamais. Mais rien n'y fit, par un nouveau message, elle lui fit comprendre qu'elle allait débarquer chez lui, et sous peu.
Il fallait choisir, fuir, ou accepter la confrontation.

Profitant du départ de la plupart des personnes présentes, Khaaleb salua Cécil ainsi que ses plus proches compagnons qui étaient venus et transplana vers le Grand Nord Canadien, non sans avoir jeté un dernier regard à l'endroit du cimetière où il savait qu'à présent se trouvait l'un des siens.

Sentant à nouveau le sol sous ses pieds, le grand loup reprit sa respiration avec difficulté. S'appuyant quelques instants contre la porte d'entrée de sa maison, il posa le front sur le bois et ferma les yeux, attendant que la douleur produite par la téléportation passe un peu. Il devait se concentrer deux fois plus que d'ordinaire pour éviter les désartibulations : chaque déplacement était devenu une épreuve et ce sentiment de faiblesse ne faisait qu’accroître la colère qu'il ressentait. Rouvrant les yeux, il sentit du chaud au niveau de sa blessure. Il avait encore du péter un point pendant le voyage. Lua allait encore crier qu'il ne faisait aucun effort, ce n'était peut être pas faux.
Après avoir ouvert la porte qu'il ne fermait jamais à clef, il pénétra dans le salon de la maison.
Avec les préparatifs de l'enterrement et tout ce qui s'était passé depuis cette putain de nuit, il n'avait pas eu le temps de repasser ici. Le soleil qui brillait encore ici faisait voler les grains de poussière devant les fenêtres.
Elle pouvait conduire aussi vite qu'elle voulait, il y avait tout de même plusieurs heures de route entre ici et l'aéroport le plus proche. Ça lui laissait un peu de temps pour se changer et se remettre les idées en place. Dans une grimace de douleur, il réussit à retirer la veste noire qu'il avait mis pour l'événement et la balança sur l'un des fauteuils qui entourait la cheminée éteinte. Au niveau de là où la balle d'argent était entrée dans son épaule, une tache rouge sombre s'était formée. Soulevant le tissu, il vit qu'il n'y avait rien d'alarmant et d'un coup de baguette posa un pansement magique afin de stopper son sang de couler.

Après avoir enfilé des vêtements secs, il regagna le salon. La baguette toujours en main, il s'assit sur le canapé et regarda le vide. Il n'avait plus qu'à attendre. Mais attendre quoi ?

Les rayons de lumière avaient disparut, le soleil s'était voilé de nuages et le vent s'était levé, faisant danser les pins et formant des rides sur le lacs qui se trouvait juste à côté de la maison. Dans cette partie du pays, le temps pouvait changer du tout au tout en quelques minutes et un orage se levait à présent.
Soudain, il y eut un bruit de moteur, de plus en plus fort. Un véhicule se rapprochait, couvrant très vite les cris du vent. Prenant le temps de respirer profondément une fois, deux fois, Khaaleb se releva et s'avança vers la sortie, s'arrêtant juste au niveau de la porte d'entrée.

Elle était là.




Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 25.04.17 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   19.04.17 13:40


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Le paysage canadien défilait sous ses yeux, mais c'était à peine si elle y prêtait la moindre attention, sa concentration était en partie dédiée à cette route goudronnée qui défilait droit devant elle, l'autre partie était entièrement tourné vers un homme. Un homme pour lequel elle se trouvait là en ce moment, loin de chez elle, et si ce voyage aurait initialement du se placer sous le signe de la passion et du plaisir, à présent les choses avaient radicalement changées.
La vitre baissée, le coude gauche appuyé contre sa portière et sa tête prenant appui dans sa main, elle se remémorait se moment où, dans cette chambre d'hôtel de la route 66, il lui avait communiqué son numéro de téléphone et donné son adresse. Sa force virile, sa tendresse, ses caresses, ses baisers et la passion dont il avait preuve à chacune de leurs étreintes, elle n'était pas prête de les oublier. A la base, il aurait dû n'être que le coup d'un soir, un homme avec lequel elle avait passé du bon temps et qu'elle ne comptait pas revoir, mais l'homme s'était avéré différent des autres. Il était aussi beau qu'il était génial, ils étaient absolument sur la même longueur d'onde sans parler de l'amant exceptionnel qu'il était. Tout cela lui avait donné très envie de le revoir. Ensemble, ils s'étaient amusés et avaient fait la fête dans un bar à l'ambiance exceptionnelle dont les habitués risquaient fort de se rappeler d'eux pendant quelques temps. Khaaleb s'était montré agréablement surprenant du début à la fin, il n'était ni macho, ni pervers et elle avait adoré cette manière si particulière qu'il avait de la regarder. Une manière sensuelle, un brin sauvage et teinté de désir. Contrairement à ce à quoi elle était généralement habituée, a aucun moment à travers son regard de velours elle ne s'était sentie comparable à un vulgaire morceau de viande qu'on ne rêvait que de consommer avant de jeter, bien au contraire, elle se sentait admirée et respectée. Loin d'être la seule sous son charme, elle avait pu constater que Khaaleb avait vraiment une certaine facilité pour se lier avec aisance auprès des gens qu'il venait à peine de rencontrer, comme le patron du bar, Jerry, Stan qu'il avait vaincu au bras de fer ou tout simplement elle-même. Avec lui on se sentait en confiance... une confiance qui s'était finalement avéré bien mal placé et le réveil était d'autant plus brutale.
A ces moments intimes se superposaient à présent cet instant précis où tout avait basculé, alors qu'elle et sa cousine tentaient de s'enfuir de l'embuscade que leur avait dressé les vampires, les sorciers et les loup-garou. Là, au cœur de la mêlée, dans le camps adverse, elle l'avait aperçu, cette silhouette incomparable qu'elle aurait pu reconnaitre entre mille.

Pourquoi ?!! Frappant le volant de sa main, une question n'avait de cesse de tourner dans sa tête : qui était-il ? Qu'était-il réellement ?
Après leur fuite et leur retour au Bastion, elle avait relu les textos qu'ils avaient commencé à s'envoyer, mais rien ne laissait présager qu'ils allaient devenir ennemis et que leur relation allait prendre une telle tournure en virant à l'affrontement. Elle se souvenait encore de ce moment où, alors qu'il était resté sous la douche, elle avait noté son numéro de téléphone sur le petit calepin qui se trouvait sur la commode en bois peint avant de le glisser dans son soutien-gorge qu'elle avait subtilement abandonné sur le lit. Elle était alors loin de se douter à ce qu'il en fasse autant en lui donnant non seulement son numéro de téléphone mais en plus son adresse personnelle sans même soupçonner un seul instant qu'elle en avait presque fait autant. Ce geste lui avait fait plaisir, bien plus qu'elle ne l'aurait cru à vrai dire, car cela signifiait qu'il avait apprécié cette soirée et cette matinée au moins autant qu'elle et bien qu'elle n'avait aucunement l'intention de s'investir dans une relation sérieuse, le revoir de temps à autres, tout en restant libre d'engagement, était loin de lui déplaire et de toute évidence, ils étaient sur la même longueur d'ondes à ce sujet. Contre toute attente c'était lui qui l'avait contacté en premier, ils avaient échangé quelques sms et les photos qu'ils avaient posté l'un de l'autre sur leurs Instagram respectifs étaient là pour leur rappeler quel moment inoubliable ils avaient partagé tous les deux. Un moment qui aurait du en rapeler d'autres mais là c'était mort !

Songer à leur Instagram lui fit penser à ce pseudo qu'il utilisait « BigBadWolf ». Wolf. Loup. Tout était clair à présent ! Elle n'y avait jamais prêté attention, du moins pas plus que ça mais à présent tout s'expliquait. Ce pseudo n'avait pas été choisi par hasard, bien au contraire, elle était prête à le parier... et sa présence lors de ce fameux soir prenait désormais tout son sens. Khaaleb appartenait à la meute, il était un loup-garou comme Lockhyan. Un rire amer s'échappa de ses lèvres face à ce constat des plus amer.
Les loups-garous, de Cormontaigne.... eux et leur neutralité toute relative ! Leur présence avait clairement joué en leur défaveur. Affronter des vampires étaient déjà pas un mince affaire mais ils s'y étaient préparés sans vraiment croire qu'Andropov chercherait tant à récupérer sa trainée. Le voir débarquer avec quelques sorciers n'étaient pas réellement une surprise non plus, après tout, le roi des vampires avait choisit de s'allier avec les sorciers depuis la grande révélation, emmenant avec lui toute sa cours dévouée en territoire des Mages Fondateurs. Il y avait bien quelques vampires récalcitrant à son autorité qui avaient choisit de ne pas le suivre et de mener leurs vies en s'adaptant aux grandes révélations qu'avait engendré l'existence du monde magique. On appelait ces vampires des vampires modernes. Certains avaient même rejoint les Inquisiteurs comme c'était le cas pour le révérant Anthony. Personnellement Thalya n'appréciait pas ces individus qu'elle jugeait fourbes et redoutables. Pour elle, ils étaient des créatures fantastiques aussi noir que redoutables qui n'avaient strictement rien de romantiques comme semblait le croire ces gamines enamourés des romans de Stephanie Meyer, bien au contraire, pour elle ils avaient tout des créatures cauchemardesques.
A contrario, elle avait toujours éprouvé une certaine sympathie pour les loups-garous, tout d'abord parce qu'elle les voyait comme étant les victimes d'une malédiction. Les loups-garous étaient avant tout des êtres humains, ils ne naissaient pas pour la plupart d'entre eux ainsi, les trois-quarts de la population de cette communauté étaient des victimes de créatures psychopathes et sanguinaires qui cherchaient à transformer des innocents pour faire du mal tout simplement ou pour agrandir leur population et en faire une menace pour les autres communautés, en attaquant sauvagement et sans pitié ses victimes. Lockhyan en était l'exemple type, lui-même menait une vie tranquille et toute tracée avant d'avoir été contaminé par l'une de ces créatures. Malgré l'avancée des recherches dans ce domaine, la science ne parvenait toujours pas à détruire ce gène pour les libérer mais elle ne doutait pas qu'elle y parvienne la jour. Les personnes atteintes de lycanthropie ne se transformaient qu'à certaines périodes bien précise et à ce qu'on lui en avait dit, ces transformations étaient particulièrement douloureuses, une expérience qu'elle ne souhaitait pas connaître, ni même infliger à son pire ennemi. Les particules anti-magie elles-mêmes, contrairement à ce à quoi on aurait pu s'attendre, ne parvenaient pas à annihiler la bête qui sommeillait en eux et qui se libérait durant la pleine lune, bien au contraire, au dire de Lockhyan, la transformation était encore plus douloureuse et insupportable dès lors qu'il y avait des particules anti-magie dans l'air car la bête en eux luttait doublement pour sortir et prendre possession de leur corps.
De plus, De Cormontaigne avait toujours été décrit comme une personne qui ne voulait absolument pas se retrouver mêlé aux divers conflits qui sévissaient entre les différentes communautés, une neutralité qui en agaçait certain dont Thalya qui aurait souhaité les voir se joindre à leur combat. Bien que personne ne connaissait l'origine de cette malédiction, il ne fallait pas être devin pour deviner qu'un tel sort ne pouvait être que l'oeuvre de sorciers.

Bien que les causes demeuraient obscures et que chacun y aller de sa théorie personnelle, tout le monde connaissait l'antagonisme séculaire existant entre Vampires et Loups-garous. Ils étaient des ennemis naturels et pourtant, voilà que l'autre soir De Cormontaigne s'était allié aux vampires ?!! Pour sauver cette garce ?!! Qu'est-ce qui s'était passé ?!! Depuis quand les loups-garous et les vampires étaient-ils devenus des alliés à la vie à la mort ?!! Depuis quand les Loups-garous prenaient-ils positions et entraient-ils dans un conflits qui, pire que tout, ne les regardaient même pas ?!!! De Cormontaigne pensait-il sincèrement que cet acte resterait impunis ?!! Il venait de leur déclarer la guerre en personne et elle ne comprenait même pas pourquoi et à vrai dire ça la mettait dans tous ces états. Pourquoi les Loups-garous leur avaient-ils déclaré la guerre ? Leur combat à eux c'était les sorciers et les vampires moyenâgeux qui ne savait ni évoluer ni s'adapter, mais jamais il n'avait été question de s'attaquer aux loups-garous et voir cette communauté prendre le parti de leurs ennemis était vraiment inquiétant car leur poids faisait dangereusement pencher la balance en leur défaveur.
A cause d'eux, à cause de leur présence inattendue, leur combat avait été un fiasco totale. Non seulement la putain avait été délivré, mais en plus ils avaient du battre en retraite et surtout il y avait eut des pertes. Scott était mort
Scott et elle avaient passé quelques bons moments ensemble, elle savait qu'il aurait souhaité quelque chose de plus sérieux entre eux, mais ça ne l'intéressait pas et comme il ne désirait pas la perdre totalement il avait prétendu que ce genre de relation ne le dérangeait pas et elle, elle avait fait semblent de le croire parce que ça l'arrangeait. Aujourd'hui, avec le recul, elle se sentait horriblement coupable. Non seulement elle avait été incapable de pleurer sa mort mais surtout elle se sentait responsable. Elle ne cessait de se dire que son acte héroïque avait sûrement eut pour but de l'impressionner. Tout le monde savait à quel point Camila et elle étaient proches et tout le monde venait de découvrir la relation qui unissait Camila à Calvin. Ils avaient tout fait pour sauver Calvin, mais cela ne se fit pas sans conséquence.
A cause d'eux, à cause de leur présence inattendue dans cette équation, cela avait été une véritable débandade et un homme était mort. Un soldat courageux tout dévoué à leur cause qui ne méritait pas une fin aussi cruelle et abominable. Bordel mais depuis quand De Cormontaigne était-il à la botte d’Andropov ?!!
Comme s’il entrait en résonance avec son humeur chagrine, le ciel déjà couvert, se mit à pleuvoir soudainement averse. Fermant la fenêtre de sa portière, Thalya grommela à l’encontre de ce foutu pays de merde et accéléra son allure.

Il lui avait fallu plus de deux heures de route, voir presque trois heures, pour se retrouver au milieu de nulle part. Sur la route que lui indiquait son GPS depuis presque quarante minutes, il n’y avait plus la moindre trace de civilisation, la route elle-même qu’elle venait d’emprunter n’était plus faite de goudron mais bien de terre. Sur le moment, et voyant la faible clarté du jour diminuer drastiquement et qu’une tempête était entrain de se lever, Thalya fut tentée de rebrousser chemin, persuadée que son GPS l’avait conduite absolument n’importe où, sauf là où il aurait dû l'emmener, lorsqu’elle l’aperçu, un peu au loin, retiré de tout, ce petit chalet dissimulé derrière les sapins de la forêt. Alors c’était là qu’il se terrait ?!!
Accélérant légèrement, elle se gara pile devant l’entrée du chalet. Sortant de la voiture, il ne lui fallu pas deux secondes pour être complètement trempée, mais elle n’en n’avait cure, toute son attention était focalisée sur une seule chose : l’homme qui se tenait debout face à elle, au sec, sous le porche de sa maison. Sa haute silhouette impressionnante et inimitable se superposait dans son esprit à cette nuit de cauchemars. Elle le savait, elle l’avait immédiatement reconnu, c’était bien lui et sa blessure au bras ne faisait que confirmer ce qu’elle avait toujours su. Tentée de s’enquérir de sa blessure elle n’en fit cependant rien, en croisant son regard impassible qu’elle lui rendit en le fusillant du regard après avoir aperçut ce qu’il tenait serrait dans sa main. Un sorcier ? Ah c’était comment ça ?! Activant son armure anti-magie elle sentit la colère déferler en elle

- Espèce de Salopard ! J’aurais mieux fait de te passer dessus au lieu de t’aider ! Oh mais attends… Tu savais qui j’étais n’est-ce pas ? Vous m’avez suivi ? C’est comme ça que vous êtes parvenu à nous retrouver ? Mais t'es qui au juste ? Hein ? Réponds !! Tu as bien du te marrer dans mon dos espèce d’enfoiré ! Hurla-t-elle folle de rage avant de monter les marches du perron pour le rejoindre et gifler cette impressionnante montagne humaine


———————— ϟ ————————
Un ange passe. un ange, vraiment ? Oui, mais pas n'importe quel ange, un ange de la mort.
“Tendrement votre.”
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   25.04.17 19:08


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb



Musique:
 

Debout dans l'encadrement de la porte, immobile comme une statue, Khaaleb vit la voiture se stopper net à quelques mètres à peine de la maison. Le moteur cessa de tourner et la portière conducteur s'ouvrit. Thalya sortit de la voiture. Il serra les dents, le souffle court. Elle était venue finalement.

Au dehors, on aurait dit que les éléments s'étaient donnés le mot pour rajouter une ambiance de fin du monde à leur nouvel rencontre. Des rafales de vent faisaient ployer les pins dans tous les sens, le ciel était d'un gris sombre et menaçant, déversant des trombes d'eau sur toute la région. Très vite, des petits torrents rapides descendirent le long du terrain en direction de l'étang, rendant le sol glissant et boueux. Même là où il se trouvait, sous le porche de sa maison, Khaaleb n'était pas totalement protégé de la pluie et il sentait le froid mordant de l'eau l'atteindre de plus en plus.

Elle était là devant lui, saine et sauve, en tout cas au jugé. Elle était là,  cette femme étrange et étonnante qu'il avait un jour croisé sur une route dans un tout autre univers. De la voir là, à quelques mètres de lui, ça lui semblait des siècles qu'ils avaient passé ensemble cette soirée si grisante. Dès l'instant où il l'avait vu pour la première fois, il avait sentit qu'il y avait quelque chose de différent chez cette fille. Il avait d'abord pensé à ce talent pour la mécanique qui l'avait fasciné, ou cette façon qu'elle avait de se faire un ami avec toutes les personnes qu'elle croisait. Peut être aussi parce que comme lui, elle aimait croquer la vie à pleine dents, du moins en apparence. Elle avait quelque chose de vivant, de vibrant, qu'il n'avait encore trouvé chez aucune autre femme. Mais aujourd'hui, il ne savait plus ou il en était. Comment avait-il fait pour ne pas comprendre, ne pas voir. Il avait très vite compris qu'elle était moldue, était-ce pour cela qu'il n'avait alors pas sortit sa baguette ? Parce qu'au fond de lui avait-il perçut qui elle était ? Non c'était impossible. Il n'avait pas la don de voyance, comment aurait-il pu deviner qu'il avait alors dans son lit une fille du nom de Barbosa. Même son pseudo sur Instagram ne lui avait même pas mit la puce à l'oreille ou bien s'était-il mis des œillères afin de ne pas voir la vérité en face.

Mais de la voir ainsi devant lui, il n'y avait plus de doute possible. C'était elle. La femme de la route 66 et la femme de l'autre côté des flammes, n'était qu'une seule et même personne. Cette réalité lui serrait le cœur et faisait monter une sorte de bouillonnement sourd en lui, lui déchirant l'âme en deux, la rage s'opposant au plaisir.
La Meute et les Inquisiteurs s'étaient toujours tenus relativement éloignés, ces derniers ayant plus à faire avec les sorciers fondateurs de Boston ou les suceurs de sang rassemblés autour du Roi Jaroslav. Ils auraient très bien pu en rester là. Ils auraient pu se revoir, apprendre à se connaitre, peut être lui aurait-il avoué avec le temps qu'il faisait partit de cette caste qu'elle haïssait plus que tout, peut être l'aurait-elle accepté. Mais toute cette bien jolie petite histoire n'avait plus de chance d'arriver. Car les loups étaient désormais de l'autre côté des flammes.

Et comment aurait-il pu en être autrement quand on y réfléchissait... Bien plus qu'une alliance avec Jaro et ses sbires, c'était autre chose que Khaaleb était venu chercher. Il ne connaissait pas la femme du vampire, elle ne représentait rien pour lui, elle n'était personne, à part une sorcière comme il y en avait des milliers d'autres. Et pourtant, de quel droit les inquisiteurs se permettaient-ils de kidnapper les gens, de les retirer à l'affection des leurs, sans autres raisons que la présence d'une baguette entre leurs doigts ? C'était quelque chose qu'on ne pouvait tolérer, en tout cas lui en était incapable. La deuxième guerre mondiale et ses rafles étaient bien loin d'eux mais être un sorcier ne l'avait jamais empêché d'étudier l'Histoire moldue et d'en retenir les tragédies. C'était pour cette raison qu'il soutenait le pauvre Ernie Beller dans son combat pour libérer son neveu, c'était pour cela qu'il avait accepté de se battre avec quelques uns des siens dans un combat qui ne les concernaient pas. Peut être ne concevait-il pas encore à ce moment là tout ce que ce choix allait avoir comme conséquence pour la Meute, mais en cet instant, il s'en foutait royalement.

Une seule question occupait ses pensées, une seule question lui martelait le crâne à coup de masse comme pour essayer de le rendre fou. Si elle savait qui il était...pourquoi était-elle venue ? Pourquoi ne pas brandir un flingue vers lui, viser le cœur et se débarrasser de lui définitivement ? Il avait vu le regard qu'elle lui avait jeté lorsqu'elle avait posé les yeux sur la baguette qu'il avait à la main, il avait vu la haine et la folie, le dégoût aussi, et ce mouvement vers son poignet. Il savait ce que ça voulait dire. Elle venait d'activer une de leur armure anti-magie. Ah quoi bon ? Que croyait-elle ? Qu'il allait l'attaquer ? lui lancer un sort ? la tuer ? Pour quel monstre le prenait-elle ? Il prit alors conscience que plus que des ennemis, ils étaient surtout l'un pour l'autre de parfaits inconnus.

Soudain la jeune femme s'approcha de lui en hurlant. Le sens de ses paroles glissait sur Khaaleb qui n'en comprenait pas le sens. Il gardait les mâchoires et les poings serrés à s'en faire blanchir les articulations, rassemblant toutes ses forces afin de ne pas à son tour exploser. Le délire de la jeune femme était total mais il ne voulait pas rentrer dans son jeu, il ne devait pas. Il gardait les yeux dans le vague, refusant de la regarder. Même la gifle qu'elle lui asséna eut peine à le faire sortie de l'état quasi léthargique dans lequel il essayait de se maintenir. Il ne voulait pas la voir, il ne voulait pas lui parler. Il ne voulait que l'oublier, elle et tous les siens, elle et tous ces fanatiques, moldus ou sorciers. Tous maudits, tous fous...


"Va-t-en Thalya, tu n'as rien à faire ici..."

A peine eut-il prononcé ses mots qu'il vit une deuxième gifle arriver. Mais cette fois le loup fut plus rapide et il bloqua le geste de l'inquisitrice de sa main valide, serrant avec force le poignet de cette dernière. Relevant le regard, acceptant enfin de plonger ses yeux dans les siens, ce qu'il y vit ne fit qu'accroître la colère qui montait en lui et qui ne demandait plus qu'à sortir. Son ton était grave, d'abord comme un murmure, puis montant pour couvrir le bruit du tonnerre.

"Tu te rends compte de ce que tu dis ? Me marrer...tu crois vraiment que je me suis marré quand je t'ai vu là bas ??? Tu crois que jme suis marré quand j'ai compris qui t'étais vraiment ???!! REGARDES MOI !! Tu crois que jme suis tapé une bonne barre quand une de vos saloperies de balle en argent m'a traversé l'épaule ????!!!! HEIN ????!!! TU PENSES QUE..."

La fin de sa phrase resta coincée dans sa gorge..."tu penses que je suis marré lorsque j'ai vu un frère mourir dans mes bras". ça il n'avait pu le dire. Le corps de Will était depuis trop peu de temps dans la terre. Prononcer son nom lui déchirait l'âme. Jetant à cette femme un regard aussi sombre que l’abysse, il lâcha son bras et s'écarta d'elle en descendant les quelques marches du perron, plongeant sous le déluge qui faisait son show autour d'eux. Il devait partir si elle ne le faisait pas elle même...il devait partir avant de faire quelque chose qu'il regretterait, comme cette nuit là où dans sa rage il avait tabassé cet homme sur sa moto qui fonçait vers les siens en tirant dans tous les sens. Tant de choses s'étaient passées depuis et pourtant Khaaleb ne parvenait pas à oublier. Le motard avait essayé d'opposer une certaine résistance, mais très vite il avait perdu connaissance. Ça n'avait pas empêcher le loup de continuer à frapper, encore et encore, les poings serrés, faisant résonner en duo avec les coups de feu les craquements sinistres des os de ce crétin à mèches blondes. Encore maintenant il ignorait si c'était lui qui l'avait tué ou si ça avait été la bande de suceurs qui s'était ensuite jeté sur lui. Le résultat était le même. Les inquisiteurs avaient pris la vie d'un des siens, il en avait pris une autre en retour. La belle affaire.
Mais ce qu'il avait apprit sur lui cette nuit là était plus terrifiant que tout ce qu'il avait jamais pu imaginer. Il était capable de tuer. Cette découverte glaçait son cœur d'un effroi terrible. Il refusait d'accepter cette réalité là. C'était forcément autre chose, c'était la rage, c'était le loup en lui. C'était cette femme et tout ce qu'elle représentait qui le rendait fou. Quel était ce pouvoir qu'elle avait sur lui ? Et pourquoi ressentait-il en lui l'envie de la serrer contre lui !!!

A peine avait-il fait deux pas qu'il se retourna. Non il ne pouvait pas partir. Elle ne le méritait pas, et il y avait trop de colère, trop d'incompréhension en lui. Il y avait des choses qu'il leur fallait régler, et quand ça serait fait, ils auraient tout le loisir de s’entre-tuer.


"Et comment peux-tu imaginer UNE SECONDE que je pouvais savoir qui tu étais quand on s'est rencontré ?? Tu penses que j'aurai attendu des plombes sur le bord de cette FUCKING ROUTE DE MERDE POUR QUOI HEIN ???? TE PIÉGER ???!! MAIS BORDEL DE QUEL MONDE DE FOU TU VIENS POUR PENSER COMME CA ?? TOUS LES SORCIERS NE SONT PAS DES MONSTRES QUI VEULENT TA MORT TU SAIS !!!!! TU VEUX SAVOIR QUI JE SUIS...MAIS PUTAIN JE SUIS PERSONNE THALYA TU ENTENDS ???!! PERSONNE !!!!!! "

Juste un pauvre fou qui ne peux s'empêcher de penser à toi...



Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 17.05.17 15:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   11.05.17 9:26


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Les choses n'auraient jamais dû prendre une telle tournure. Lorsqu'il avait été question qu'elle puisse le rejoindre ici, dans ce lieu où il vivait, dans cette retraite qu'était la sienne, c'était uniquement, uniquement dans l'optique de se retrouver et de passer du bon temps ensemble. Ils se seraient à nouveau aimés, leurs deux corps qui s'unissaient à la perfection auraient dû ne plus faire qu'un à nouveau et il ne faisait aucun doute dans son esprit que des retrouvailles sous la pluie aurait été terriblement sexy.
Il lui aurait fait découvrir sa collection de vieux vinyl dont il lui avait parlé, ils auraient mis la musique à fond, dansé et puis ils se seraient aimés, encore. Ils auraient fait des balades en moto ou peut-être n'auraient-ils pas mis un pied dehors.... Mais au lieu de ça, ils étaient là, l'un en face de l'autre, à se jauger, prêt à réagir et à s'affronter au moindre signe suspect que l'autre pourrait faire à l'égard de son vis-à-vis. D'amants, ils étaient devenus du jour au lendemain des ennemis de par leurs natures respectives mais également et surtout leurs conviction et pourtant malgré ça, Thalya était tiraillée entre la furieuse envie de lui arracher les yeux et celle de l'embrasser. Dressé debout sur le perron de son chalet, le regard sévère Khaaleb était vraiment imposant, il dégageait une force tranquille qui inspirait forcément le respect à ses adversaires. Et aujourd'hui, c'était exactement ce qu'ils étaient devenus l'un pour l'autre, dès l'instant où il avait choisi de se rallier aux vampires et malgré la forte attraction qu'il avait eu sur elle, il avait tout détruit.

Son regard ne le quittait pas des yeux, elle l'observait avec méfiance mais également fureur, car elle se sentait affreusement trahit ! Les poings serrés, le regard vide fixant un point à l'horizon qui se trouvait derrière elle, cet air impassible et contenu qu'il affichait, ce n'était absolument pas ce qu'elle voulait ! Ce qu'elle voulait, c'était lui dire ses quatre vérités, le voir exploser tout comme elle, afin que sa colère alimente la sienne, afin de l'affronter et pouvoir déverser toute cette rage qu'il avait su faire naitre en elle. Sans se contenir davantage, Thalya couru le rejoindre non pas pour l'embrasser ou retrouver ses bras forts et protecteurs, mais pour l'asséner d'une première gifle qui claqua violemment sur sa joue. Bien que cette dernière lui avait fait tourner son visage vers sa gauche, c'est à peine si le reste du corps de cette montagne impressionnante qu'il était avait tressait. Toujours aussi imperturbable l'homme, lui demanda de partir avec un calme qui la rendait folle.

- C'est tout ce que tu as à me dire ?!!! Explosa-t-elle furibonde.

Et alors qu'elle s'apprêtait à lui asséner une deuxième claque, son geste fut intercepté avant qu'elle n'atteigne sa cible, emprisonnant son fin poignet dans cette main virile qu'était la sienne. Furieuse, elle avait levé son regard vers lui tout en essayant de se dégager de sa poigne ferme. Pour la première fois depuis son arrivée, leurs regards se croisèrent. Tel un détonateur, une lueur de colère traversa le velours de ses pupilles. D'abord sourde et menaçante sa voix se mit à gronder plus fort que le tonnerre, mais aussi intimidant paraissait-il, il en fallait bien plus pour impressionner Thalya qui ne baissa pas son regard toujours aussi empli de colère. S'imaginait-il une seule seconde qu'elle allait encore gober ses mensonges ?!! S'imaginait-il qu'elle était assez stupidement naïve pour croire qu'il ignorait qu'elle se trouvait là-bas ? La prenait-il pour une idiote ? Et surtout, croyait-il vraiment qu'elle éprouve une once de compassion pour sa blessure de guerre ?!!!

- Tu voudrais quand même pas que je te plaigne ?! S'offusqua-t-elle en dégageant enfin sa main de sa poigne de fer. Si tu voulais pas être blessé fallait pas aller au combat ! T'AVAIS RIEN A FOUTRE LA-BAS ! TU PEUX T'ESTIMER CHANCEUX D'ETRE TOUJOURS EN VIE POUR POUVOIR PLEURNICHER !!!

« Ce qui n'était plus le cas pour Scott par ta faute et celle de tes copains ! » mourait-elle d'envie de lui cracher en pleine figure mais elle s'en empêcha pour ne pas lui donner la satisfaction d'avoir le dessus sur eux en lui rappelant qu'ils les avaient à jamais privé d'un soldat de valeur. Scott était quelqu'un de bien, un brillant soldat qui n'aurait pas dû mourir de la sorte. Elle n'était pas amoureuse de lui, il n'était même pas un ami proche, juste un amant de passage mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'avait pas conscience de sa valeur en tant que soldat. Mais aussi cruel avait-elle été, sa mort avait été héroïque car son intervention avait permis de les aider à sauver Calvin. Calvin qui avait été bien près d'y passer lui aussi. Tout ça à cause d'eux ! Les loups-garous !
Thalya s'était longtemps demandé pour quelle raison Khaaleb se trouvait là-bas. Elle pouvait déjà l'éliminer de la catégorie des vampires, sauf si bien sur ces monstres avaient désormais trouvé le moyen de marcher à la lumière du jour, fort heureusement, ils n'étaient pas dans l'un de ces stupide roman à l'eau de rose ou dans l'une de ces ridicules sérié télévisée pour ado. Il ne restait donc plus que deux hypothèses pour expliquer la présence de Khaaleb sur ce lieu d'affrontement où il n'aurait normalement jamais dû se trouver. Puisqu'il n'était pas un vampire, elle n'avait plus que le choix entre sorcier et loup-garou. Etait-ce sa stature si imposante qui l'avait influencé ou le fait que ça l'arrangeait de croire qu'il n'était pas sorcier, mais toujours était-il que plus elle y avait réfléchi plus elle était parvenue à se convaincre qu'il ne pouvait qu'être un loup-garou.... du moins, jusqu'à ce qu'elle l'aperçoive, sur le seuil de cette maison, tenant dans le creux de sa main cette maudite baguette ! Mais une fois encore, L'homme parvint à faire voler toutes ses certitudes en éclat, en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire lorsqu'il évoqua la blessure que lui avait infligé une balle en argent. Une balle en argent ! Pour un sorcier ou un être humain normal, cela ne faisait aucune différence, la blessure était la même, seul un vampire ou un loup-garou pouvait sentir la différence entre une balle en plomb et une balle en argent. Pour ces créatures issues du monde magique l'argent agissait comme un poison douloureux dans leur chair. Elle en ignorait les symptômes exact ni le seuil de souffrance qu'il pouvait en éprouver ou le temps nécessaire qu'il lui faudrait pour guérir mais elle savait par contre que ce genre de blessure leur infligeait bien plus de dégât qu'une blessure normal. Tout ce qu'elle espérait en cet instant, fusse qu'il dégustait encore, c'était tout ce qu'il méritait !
C'était la colère en elle qui parlait, elle le savait très bien, mais c'était plus fort qu'elle. Curieusement, alors qu'elle le connaissait à peine, elle s'était sentie affreusement trahit pour ne pas dire blessée de le voir combattre contre elle. Elle avait pourtant essayé de se vider l’esprit en se jetant à corps perdu en relevant des défis mécaniques de voitures qu’on lui avait soumis, ou dans les entrainements pour s'y défouler. Elle avait tellement besoins de libérer toute cette rage et cette frustration qu'elle en avait même été au point d'espérer voir Rivers apparaître sur le tatami, mais comme toujours on ne pouvait pas compter sur lui, au moins il y avait des choses qui ne changeaient jamais. Si ce crevard arrogant avait eu la présence d'esprit de se pointer au bon moment, il aurait fait un punching-ball idéal mais surtout un adversaire de valeur. Car il allait sans dire que cet enfoiré ne se serait absolument pas gêné pour lui rendre la monnaie de sa pièce et qu'il lui en aurait fait baver avec son répondant habituel, mais c'était justement tout ce qu'elle demandait, ça lui aurait ainsi permis de se défouler et de laisser libre cours à toute cette colère et frustration que cet homme qui se trouvait face à elle en ce moment même avait naître en elle.

Cet homme qu'elle avait rencontré sur ce bord de route alors que leurs chemins n'auraient pourtant jamais dû se croiser. Cet homme qui partageait avec elle cette même ivresse, ce même besoin insatiable de croquer la vie à pleine dents, cette joie de vivre, ce besoin presque vitale de profiter à fond de chaque moment présent comme s'il s'agissait du dernier. Cet homme avec lequel elle s'était unie avec ce même besoin impatient de ne faire plus qu'un avec lui, avec cette même férocité, était loin d'être comme elle, il était même tout l'inverse. Depuis qu'elle l'avait vu participer à cette bataille force elle avait dû se faire une raison, il était passé du rang d'amants à ennemis. Et s’il n'était pas le premier, puisque d’autres avant lui avait viré de statut avec encore plus de rapidité comme Caleb (elle savait bien que ce prénom était maudit !) ou Jed elle devait reconnaitre qu’elle ne s’était pas attendu à ce que Khaaleb suive leur mouvance, et pourtant aujourd’hui c’était une évidence. Il n’était pas seulement sorcier ou loup-garou, mais les deux à la fois, et elle devait bien reconnaitre que pas un instant cela lui avait effleuré l’esprit.

Elle savait, grâce à Anthony, que les sorciers qui étaient transformés en vampires gagnaient peut-être l'éternité, mais en contrepartie, ils perdaient aussitôt leurs pouvoirs c'est pourquoi les sorciers tentés par l'éternité et la jeunesse éternelle hésitaient souvent à franchir le pas, mais pour les loups-garous c'était très différent. Ils conservaient leurs pouvoirs mais étaient, à ce qu'elle en avait compris, rejeté par la société tant magique qui les voyait d'un mauvais oeil que non-sorcière qui les craignait. C'était peut-être pour ça que les loups-garous et leur chef tenait tant à leur sacro-sainte indépendance, une indépendance cependant toute relative à ce qu'elle avait pu en juger.
Son incompréhension face à cette prise de position, à ce revirement de politique mené jusqu’alors par Cecil de Cormontaigne que l'on décrivait pourtant comme un homme empli de sagesse, à la tête froide et pour qui la neutralité était très importante, avait de quoi complétement déboussoler. Elle pouvait parfaitement essayer de comprendre qu’il puisse chercher à préserver les siens qui avait assez souffert de discrimination de part et d’autres, en évitant d'entrer dans le conflit qui opposait les sorciers aux non-sorciers. Et bien qu’elle ne pouvait admettre qu’il puisse imposer sa décision à tous les siens, en les obligeant à adopter cette même ligne de conduite, elle pouvait comprendre pourquoi il le faisait, mais là, retourner ainsi sa veste aussi subitement et choisir d’entrer délibérément dans un conflit auquel il était parvenu à ne pas se mêler jusqu’à présent…. Elle ne comprenait pas. Que s’était-il donc passé ? Que lui avait donc promis Andropov en échange de leur aide ? Cet imbécile avait-il bien pesé les pour et les contres ? Avait-il seulement conscience qu’en choisissant de mener les siens dans une bataille qui n’était pas la sienne, il venait de leur déclarer ouvertement la guerre ? S’imaginait-il réellement qu’ils allaient laisser passer ça ?!!!  
Pourquoi ce revirement ?!!! Pour quoi avait-il fait ce choix ?!!! Elle avait besoin de comprendre. Il y avait tant de questions qui demeuraient pour le moment sans réponses, tant de choses qui lui échappaient et qu'elle voulait éclaircir mais qu'elle était incapable de formuler sur le moment présent parce qu'elle avait besoin de déverser toute sa rage et sa colère contre lui, parce qu'elle lui en voulait terriblement, elle lui en voulait d'avoir pris le parti de leurs ennemis, de s'être battu contre eux, contre elle. Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour déverser à son tour toute sa verve elle fut estomaquer de constater que l'homme quittait le chalet pour s'éloigner d'elle. Le déluge qui s’abattait tout autour d’eux sans discontinuité et en s’intensifiant eut tôt fait de le tremper en quelques secondes à peine, faisant glisser sur son visage et le long de ses cheveux des gouttes de pluie rebelles qui accentuèrent davantage encore ses traits et sa silhouette. La pluie torrentielle tombait avec tant de force, que Thalya n’entendait même plus son propre cœur s’affoler dans sa poitrine

- Alors quoi c'est tout ?!! Tu te barres comme un lâche ? Hurla-t-elle en levant sa main droite dans un geste d’agacement

Khaaleb avait à peine fait deux pas qu'il revint aussitôt vers elle. Etait-ce à cause de son interpellation ? Elle en doutait, elle sentait que c'était autre chose qui l'avait fait revenir vers elle. C'était cette même rage, cette même colère qui l’habitait qui bouillonnait également en lui et qu'il était parvenu à maintenir jusqu'à présent pour finalement mieux lui lâcher prise alors qu’au loin, le tonnerre déchirait le ciel.
A son tour, Khaaleb avait déversé toute sa colère, essayant de lui ouvrir les yeux et de lui faire comprendre l’absurde de cette situation, mais loin d'être impressionné par sa voix de stentor et son air menaçant elle s'époumona à son tour à lui répondre sans se laisser démonter

- MAIS QU'EST-CE QUE J'EN SAIS ?! MALDITA SEA ! Tu apparais comme ça ma vie, fit-elle en claquant des doigts, au détour d'une route et comme par hasard quelques jours plus tard les vampires et les sorciers nous tombent dessus et Ooooh surprise, ils sont venus avec leurs copains LES LOUPS-GAROUS EN PRIME !! Explosa-t-elle dans de grand geste. BRAVO POUR LE DISCOURS DE NEUTRALITE ET D'INDEPENDANCE ! QUE DE BELLES PAROLES COMME TOUJOURS PARCE QU’A CE QUE J’AI PU EN VOIR ELLE EST TOUTE RELATIVE VOTRE PUTAIN DE NEUTRALITE ! DEPUIS QUAND LES LOUPS-GAROUS SONT-ILS DEVENUS LES CHIENS DES VAMPIRES ???!!! Aux dernières nouvelles ANDROPOV et les siens mais aussi les Mages Fondateurs ne vous ont jamais traité qu’avec MEPRIS, alors que nous on ne vous a JAMAIS tu m'entends ?! JAMAIS manqué de respect ! Alors c'est comme ça que ça marche ? Plus on vous traite comme de la merde et plus vous êtes docile alors que le respect par contre c'est une preuve de faiblesse c'est ça ?!!! C’est comme ça que vous le prenez ?! Quand j'ai parlé avec Lockhyan il ne cessait de me dire et de me répéter que votre chef de meute avait été très clair : vous ne deviez pas entrer dans les conflits existants et vous....

Pressentant l'explosion imminente Thalya serra le poing si fortement qu’elle pouvait sentir ses ongles s’enfoncer dans la paume de sa main, mais cela ne servit strictement à rien...

- PUTAIN MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ?!!! VOUS NOUS ATTAQUEZ EN JOIGNANT VOS FORCES AUX SORCIERS ET AUX VAMPIRES ?!! PIRE, C'EST DE CORMONTAIGNE EN PERSONNE QUI MENE L'ASSAULT !? Mais Putain de quel droit vous êtes-vous mêlez de ça, hein ?! DE QUEL DROIT ?!!!! POUR QUI VOUS VOUS PRENEZ BORDEL DE MERDE ?!

Elle n'arrivait toujours pas à y croire ! Que ces deux ennemis naturels aient pu trouver un arrangement, alliant par là-même leurs forces pour les combattre, eux ?! Savaient-ils seulement dans quoi ils venaient de mettre les pieds ? Elle en doutait fortement et un rire nerveux s'échappa de ses lèvres tant cette situation était risible

- Tu crois que c'est comme ça que vous allez entrer dans les petits papiers du roi Andropov ?! Il serait temps de vous REVEILLER !! Vous n'êtes rien pour lui mais en vous alliant à lui vous nous avez ouvertement déclaré la guerre pour un conflit qui ne VOUS CONCERNAIT MEME PAS !! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !!! Eructa-t-elle. TOUT CA POUR CETTE SALOPE ! TU N'AS PAS IDEE DE TOUT CE DONT CETTE SORCIERE EST CAPABLE. ET VOUS, VOUS FAITES QUOI ? VOUS LA LIBEREZ ! BRAVO CA C'EST L'IDEE DU SIECLE ! Vous n’avez pas regardé plus loin que le bout de votre museau ! Mais peut-être que je me trompe et qu’au contraire ça vous amuse ?! Après tout il ne s’agissait que d’un "vulgaire Inquisiteur, il avait du bien le chercher" ! C’est ça que tu penses ?!!

Bon sang, comment tout cela avait-il pu partir en vrille ?!! A partir de quel moment la situation leur avait-elle échappé des mains ? Comment les avaient-ils retrouvés si ce n’était pas lui ? Dire que quelques jours plus tôt, cette salope était là, à leur merci, et à présent,… à présent elle était à nouveau libre, bien en sécurité à Boston, dans son manoir de sorcière entourée de sa cours suceurs de sang ! Plus jamais ils n’auraient une aussi belle occasion de se venger de tout le mal qu'elle avait fait subir à Yong ! Et surtout, elle ne se leurrait pas, la sorcière allait se venger, allait leur faire payer et du sang aller couler, c’était une certitude. Quel gâchis ! Ça n’aurait jamais dû se passer comme ça,… Ils venaient de s’affronter dans une première bataille, mais cela ne faisait que commencer, la guerre elle, venait d’être déclarée et si les journaux s’évertuaient à écrire partout que les Etats-Unis d’Amérique était au bord de l’implosion ils se trompaient, la guerre avait déjà commencé, et eux désormais, ils étaient dans des camps opposés.


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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   17.05.17 18:50


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb


Toujours un peu de musique...paroles bizarres, mais le sens est là...:
 

Ils étaient là, comme deux idiots à s'observer, à hurler à travers la tempête. Et autour d'eux, la pluie continuait de tomber, encore et encore. C'était surement une simple impression, mais il semblait à Khaaleb qu'elle ne faisait que redoubler d’intensité, encore et encore, volant, piquant la peau, rentrant dans la bouche et les yeux. Le vent déversait sa colère par rafales, giflant les arbres, créant des tourbillons de feuilles mortes. Le tonnerre couvrait parfois leurs paroles, mais ils s'en foutaient. Dans le fond, il le savait, ce n'était qu'un dialogue de sourd, la crise de deux personnes blessées qui n'avaient rien trouvé de mieux que de s’engueuler au lieu de se soutenir. L'obscurité ambiante dû aux épais nuages noirs qui couvraient le ciel s'illuminait soudain d'éclairs qui zébraient l'immensité qui les dominait. Ils n'étaient rien, rien que deux points minuscules dans le décors d’apocalypse qui s'était mis en place autour d'eux , rien que deux pions dans une guerre qui les dépassait totalement.

Une guerre.

Cette hypothèse effrayait le loup bien plus qu'il ne voulait bien l'accepter. Il redoutait la guerre, non pas par couardise ou par déni, mais parce que pour lui ce n'était qu'un immense gâchis. Des pertes humaines et matérielles tout simplement inutiles, une ridicule perte de temps qui en définitive ne profitait jamais qu'aux puissants et laissait les civils dans une misère matérielle et morale abominable. Il ne voulait pas la guerre, ni avec les vampires, ni avec les fondateurs, ni avec les inquisiteurs dans leur bastion, ni avec elle. Surtout pas contre elle.
Mais c'était si compliqué de rester neutre, de ne rien dire et de ne rien faire, car ça signifiait également être seul, sans alliance, sans soutien, et c'était de soutien que les loups avaient cruellement besoin. Elle ne savait pas, comment pouvait-elle comprendre ça hein !!?? Ce que c'était d'être rejeté, encore et encore, de voir dans les yeux des gens tantôt le dégoût, le mépris ou la haine. Il était tout ce que l'Amérique avait toujours rejeté. Il était un descendant des premiers peuples qui avaient marché sur ces terres et avaient péri pour ça. Il était né sorcier et pour cela était devenu une menace pour une grande part de la population. Puis il était devenu Loup, finissant de se bannir définitivement de cette société qui s’échinait à ne pas vouloir de lui. Les inquisiteurs n'avaient peut être jamais tenté d'actions contre eux, en effet, mais ils n'avaient jamais fait quoi que ce soit pour les aider, les soutenir. Alors pourquoi devraient-ils les soutenir  à leur tour plus qu'un autre groupe ? Bien sur cette nuit là ils avaient brisé leur ligne de conduite, leur volonté de ne jamais prendre parti, mais il ne pouvait pas croire que c'était la présence de quelques loups sans pouvoirs et non transformé qui avait fait pencher la balance en leur défaveur et qui avait mis les inquisiteurs en déroute. Ils avaient leurs armes, leurs technologies. Eux n'avait eu que la force de leurs poings. Que peuvent des poings face à une balle ?

Il se sentait trembler, mais la pluie et la vent n'y étaient pour rien. Son cœur battait si fort qu'il sentait une douleur régulière et lancinante tambouriner contre sa plaie. Il se sentait comme sur le point d'exploser.


"DE QUEL DROIT ON SE MÊLE DE TOUT CA ?? MAIS BORDEL C'EST VOUS QUI RAMENEZ VOTRE MERDE EN TERRITOIRE INDÉPENDANT !!!! SUR LES TERRES DE NOTRE CHEF !!! VOUS KIDNAPPEZ, TORTUREZ DES GENS ET VOUS PENSEZ VRAIMENT QU'ON ALLAIT RESTER A RIEN FOUTRE ??????"

En réalité, Khaaleb ne s'était jamais préparé à se battre cette nuit là, encore moins à perdre des êtres chers. Ils n'étaient d'ailleurs pas nombreux à avoir été appelé par le Marrok pour l'escorter parler avec le Roi des vampires et le soutenir dans son intention de sauver sa reine. Il avait apprit la chose quelques jours après son retour de la route de l'enfer. La femme du monarque des cadavres qui marchent était retenue par une troupe d'inquisiteurs dans les environs de Santa Fe. L'information était confidentielle, et lui-même ignorait totalement comme elle était parvenue aux oreilles de Cécil. Mais une chose était sure, ils n'allaient pas rester à ne rien faire pendant que des hommes se massacraient mutuellement juste sous leurs yeux. D'autant plus que même s'il n'y croyait plus depuis longtemps, il savait que le Marrok espérait encore une alliance avec les suceurs de sang. Et on ne s'opposait pas à l'Alpha, malgré tout ce que ça pouvait lui en coûter.
Mais bien sur, rien ne s'était passé comme prévu, les négociations pacifiques qu'ils espéraient s'étaient fini dans un affrontement sanglant et stérile où ils y avaient pris part plus pour protéger une éventuelle retraire que pour dérouiller de l'inquisiteur comme elle semblait le croire, en tout cas c'était ce qu'il essayait de se persuader lui-même.

Pourquoi était-elle là ? Pourquoi le haranguait-elle de toute sa hargne, ils l'avaient déjà payé, leur terrible trahison à leurs propres idéaux.
Et pourquoi s'obstinait-elle à penser que c'était sa faute à lui si les vampires leur étaient tombé dessus. N'avait-elle aucune conception du hasard, de la malchance, de la putasserie de l'univers qui leur jouait ici une farce bien vicelarde. Un jour ils pouvaient s'aimer, l'autre n'était que déchirement et haine, c'était bien cher payé, même pour un coup pareil. Pourquoi ne pouvait-elle pas comprendre que c'était bien autre chose qu'une alliance avec les vampires qu'ils étaient venus chercher cette nuit là.
Les limites de la réflexion qu'elle s'égosillait à déblatérer n'avait pour effet que de le rendre encore plus fou. Il avait envie de lui saisir le bras, de la secouer, de lui faire entendre raison, par tous les moyens possibles. Pourquoi était-elle là ?


"TU CROIS QUE JE NE SAIS PAS QUE CET ENFOIRÉ DE ROI EN A RIEN A FOUTRE DE NOTRE GUEULE ??!! QU'IL NOUS TUERAIT TOUS S'IL EN AVAIT LA POSSIBILITÉ ?? mais bordel OUVRES LES YEUX THALYA !!!! CA N'A RIEN A VOIR AVEC EUX, NI AVEC LES FONDATEURS, NI AVEC VOUS PUTAIN !!! CA N'A RIEN A VOIR AVEC SES CONNERIES DE CLANS OU DE POLITIQUE !!! " Il la regarda droit dans les yeux, cette fois, il n'était plus question de fuir ou de se taire. "Écoutes j'IGNORE ce que cette femme a fait, ce qu'elle VOUS a fait, mais CE N'EST PAS AINSI QUE L'ON REND LA JUSTICE !! PAS COMME CA !! PAS EN KIDNAPPANT, TORTURANT et TUANT !!" Il fit une courte pause. Chaque respiration lui déchiraient les poumons. Il sentait monter en lui une envie de frapper, de briser, une envie de tout détruire. "TU VEUX SAVOIR POURQUOI ON S'EST BATTU CONTRE VOUS CETTE NUIT LA ????!!!!! TU VEUX SAVOIR POURQUOI UN DE MES FRÈRES EST MORT ????? HEIN ??? MAIS C'EST POUR CA PUTAIN !!! PARCE QU'AUCUN ÊTRE HUMAIN NE DEVRAIT ÊTRE TRAITÉ COMME CA, COMME UN ANIMAL DESTINÉ A L’ABATTOIR, FUT-IL LE PIRE CRIMINEL AU MONDE!!! PARCE QU'AGIR AINSI C'EST SE METTRE ENCORE PLUS BAS QUE CEUX QUE TU COMBATS !!!!!"

C'était ridicule, il se sentait ridicule. Son argumentaire ne tenait pas la route et il le savait. Mais il voulait y croire. Il voulait croire que c'était pour ces raisons qu'ils s'étaient dressés contre eux devant ce maudit hangar. Pas par mépris ou par haine, mais pour un idéal supérieur, un vision d'une justice égalitaire auquel il aspirait depuis toujours. Au fond de sa gorge, il sentait sa voix se casser. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre. Il n'avait jamais voulu que tout ça arrive. Écoutes moi Thalya...

"Alors OUI, nous avons pris parti cette nuit là, MAIS PAS CONTRE VOUS !!! PAS CONTRE TOI !! NOUS AVONS PRIS LE PARTI DE NOUS OPPOSER A CE SYSTÈME ARBITRAIRE ET ARCHAÏQUE QUI RONGE CE PUTAIN DE PAYS !!!!" Comprends moi Thalya...

Il n'arrivait plus à savoir s'il criait ou s'il grognait. Le son de sa voix se perdait dans les méandres de l'orages. Cette femme...cette maudite femme le rendait fou. Chacune des paroles qu'elle prononçait ne faisaient que le pousser encore plus à bout. Qu'était devenu la jeune femme sexy et incroyable qu'il avait croisé un jour d'été, où était-elle parti ? Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas être aussi simple que cette fois où ils s'étaient rencontrés par hasard. Qu'est ce qui avait changé depuis ce jour là ?? Elle était déjà qui elle était à ce moment là, la cousine de la grande inquisitrice, et lui n'était pas si différent que lorsqu'elle l'avait trouvé en panne sur le bas côté. Aurait-il agit autrement ce jour là s'il avait su qui elle était ? Non bien sur que non. Mais elle, se serait-elle abandonnée dans ses bras si elle avait pu savoir qui il était. Et là, la voyant trempée par l'averse, les traits tendus, était-elle moins belle, moins forte, moins désirable que dans la chaleur et la poussière du Nouveau-Mexique? Il y avait tant de chose qu'ils pouvaient faire ensemble, avec tout ce qu'ils représentaient l'un et l'autre. Mais la dernière phrase qu'elle prononça lui fit comprendre que tout ça n'était que chimère et espoir vint. Il y aurait toujours ça entre eux désormais, cette mort dont il était la cause. Ne me rejette pas...

"Comment oses-tu dire ça..."

Il voulu dire quelque chose, mais ses mots restèrent bloqués dans sa gorge. Serrant les dents, il se détourna d'elle, se prenant la tête dans les mains. Il sentait dans son crâne le tambourinement violent de son sang que son cœur pompait toujours plus vite. Comme quand il avait frappé cet homme. Pardonnes moi Thalya...

POM...POM...POM... et puis plus rien. Rien que le sang sur ses mains.

Il avait agit sans réfléchir, dans une impulsion sauvage qui avait suivit la perte de Will. Une envie folle de faire mal, plus mal encore que cette souffrance qui lui déchirait la poitrine. Mais il s'en rendait compte maintenant, que ce qui avait avant tout guidé son geste, ce n'était pas la rage, ou le besoin de vengeance...c'était la peur, une peur terrible et sourde de perdre à nouveau un des siens, comme ça, juste sous ses yeux. Et pour cette raison idiote et ridicule, il allait bien perdre un être cher, mais pas celui qu'il pensait initialement protéger, et pas de la même façon.
La boule qu'il avait dans le ventre lui faisait mal et lui donnait envie de vomir. Comment pouvait-elle pensé ça ? Oser le formuler ! Comme si la vie n'avait aucune valeur à leur yeux. Au fond de lui, il ne pu s'empêcher de se demander si elle avait posé la même question à l'homme qui avait abattu Will d'une rafale dans le bide.


"Putain, Thalya...cet homme sur la moto..."et il se retourna, plongeant son regard sombre et embrumé dans celui de la jeune femme"...C'est MOI qui l'ai tué..."

A pas lents, il se rapprocha d'elle, diminuant la distance qui les éloignait l'un de l'autre. Sa voix était plus calme, mais pas moins forte. Plus les mots sortaient de sa bouche, plus il retrouvait une certaine forme d'assurance. Il ne devait pas se laisser aller à la panique et à la peur, c'était comme ça qu'on perdait le contrôle et qu'on faisait des choses regrettables, il l'avait appris à ses dépends cette nuit là. L'angoisse du conflit dans lequel ils avaient précipité les leurs, la crainte de savoir jusqu'où il pouvait aller dans sa colère, la peur de la perdre, elle, tout simplement...il devait tout oublier, tout mettre de côté, retrouver ses esprits. Tout ça, toute leur petite histoire n'était rien, un brin de paille dans le vent, un grain de sable sur le chemin. Ils n'étaient rien, et pourtant, ils avaient tant à faire. Si seulement elle voulait bien écouter.

"Et malgré TOUT CE QUE TU PEUX PENSER, je le regrettes, du plus profond de mon être, JE LE REGRETTES. Si j'avais le pouvoir de revenir en arrière, il y a tant de chose que je ferai différemment si tu savais...mais c'est un fait JE NE PEUX PAS !! Et toute ma vie je vais devoir vivre avec ça sur la conscience...et s'il le faut, je suis prêt aujourd'hui à ASSUMER LES CONSÉQUENCES DE MES ACTES !! Mais tu vois, C'EST CA LE PROBLÈME !!! ON NE DEVRAIT PAS AVOIR A VIVRE CE GENRE DE SITUATION, VOIR SES PROCHES MOURIR SOUS NOS YEUX, DEVOIR CHOISIR ENTRE TUER OU VIVRE COMME UN ESCALE, PARCE QU'ON EST NÉ SORCIER OU NON !! NE PAS POUVOIR ÊTRE LIBRE DE VIVRE LIBRE, DE RIRE, D'AIMER QUI ON A ENVIE JUSTE PARCE QU'UN JOUR UN VIEUX CON SÉNILE A DÉCRÉTÉ QUE C’ÉTAIT CONTRE NATURE." Pourquoi n'ai-je pas le droit de t'aimer Thalya ?

Il devait réussir à lui faire entendre raison, à lui faire comprendre ses véritables intentions. Jamais il n'avait voulu déclencher une guerre. Jamais blesser ou tuer qui que ce soit...jamais il n'avait voulu qu'ils en arrivent là. Mais ils y étaient, au tournant d'une nouvelle page de leur histoire. Et il le savait, il en avait à présent parfaitement conscience, de cet échange pourrait dépendre l'avenir des siens.

"Et c'est bien la preuve qu'il FAUT que tout ça CHANGE !!! QUE LE MONDE CHANGE !! IL FAUT CESSER DE SE BATTRE POUR DE TELLES CONNERIES QUE LE POUVOIR OU LA VENGEANCE, CESSER DE SE BATTRE ET DE SE REPOUSSER POUR CE QUE NOUS SOMMES PAR NAISSANCE !! ARRÊTER DE NOUS ENTRE-TUER POUR NOS DIFFÉRENCES ET COMMENCER A SE PRÉOCCUPER DE CE QUI COMPTE VRAIMENT !!! NOUS NE SOMMES PAS VOS ENNEMIS, JE NE LE SUIS PAS !! EN TOUT CAS PAS SI VOUS ACCEPTEZ D'AGIR AUTREMENT QUE COMME LES BOURREAUX D'UNE LOI QUI N'ARRANGE QUE VOUS !!!!!!!"

Il était enfin arrivé jusqu'à elle. Malgré la douleur et la fatigue intense qu'il ressentait, il se tenait parfaitement droit face à cette femme qu'il dominait d'une bonne tête, le regard dur, sévère, même s'i se sentait sur le point de céder. Il refusait de ciller, de s'avouer vaincu. Deux imbéciles, voila ce qu'ils étaient, entêtés par leur propre vanité et des convictions qu'ils pensaient supérieures à celle de l'autre. Jamais elle n'entendrait ce qu'il avait à dire, jamais elle ne changerait d'avis. C'était cette force de caractère qui lui avait d'abord plu chez elle, même si maintenant il maudissait ce même trait de sa personnalité. Alors, pourquoi avait-il à ce point envie de la comprendre, de l'écouter. Il était épuisé, meurtri par la douleur physique et mentale qu'il ressentait. Il n'avait plus envie de se battre. Pas comme ça, pas contre elle.
Et plus que tout, il voulait savoir, il voulait comprendre... il devait lui poser, cette question qu'il ne cessait de voir tourner dans sa tête et qui le mettait à la torture. Il devait savoir...


"Pourquoi es-tu venue Thalya ?? Qu'attends tu de moi ?" Je ne suis pas ton ennemi...





Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 15.06.17 18:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   08.06.17 23:20


Ce monde qui nous sépare
Khaaleb & Thalya

Les violentes bourrasques de vent venaient s'écraser avec pertes et fracas contre les éléments stables environnant qui pourtant restaient imperturbables, comme s'ils restaient imperméables à sa colère. La pluie, se déversait en trombe d'eau ininterrompue, leur fouettant inlassablement le visage et inondant peu à peu le paysage alentours et avec lui ses chemins de terre qui allaient sous peu, devenir rapidement impraticables. L'un face à l'autre tous deux s'étaient d'abord jaugé avant qu'elle ne réalise que l'homme qu'elle était venue trouver pour obtenir des réponses à ses questions avait commencé à prendre la tangente, pour fuir l'affrontement. Cette attitude avait fini de la faire exploser, laissant ainsi libre court à toute sa colère. Pour être certaine qu'il l'entende malgré la tempête et l'orage qui tonnait sans merci, elle avait hurlé à plein poumon à son encontre, déversant par là même, toute cette amertume, cette rancoeur et ce ressentiment que lui inspirait en cet instant cet homme qu'elle avait rencontré un jour d'été particulièrement torride et qu'elle n'aurait jamais imaginé une seule seconde retrouver en de tels circonstances

Il n'en fallu guère plus pour voir Khaaleb exploser à son tour. De par sa corpulence, cette montagne humaine était déjà imposant en temps normal, mais lorsqu'il s'énervait et que sa voix de stentor se mettait à résonner avec fureur dans ce paysage isolé, c'était un peu comme si soudainement, il ne faisait plus qu'un avec la tempête, et ça le rendait encore plus impressionnant qu'il ne l'était déjà. Thalya était cependant beaucoup trop furieuse contre lui pour se laisser aussi facilement démonter, d'autant plus qu'il avait beau s'en défendre, il était en tort et elle comptait bien le lui faire admettre quitte à lui foutre le nez dans la merde il serait obligé de le reconnaître.

- NON MAIS TU TE FOUS DE MOI DE LA ?! DEPUIS QUAND LES TERRITOIRES INDEPENDANTS SONT-ILS DEVENU LE FIEF DE SIEUR DE CORMONTAIGNE ? J’ETAIS ABSOLUMENT PAS AU COURANT ! J’AI DU MANQUER LA RETRANSMISSION DE SON COURONNEMENT ! DANS CE CAS, SI VOUS JOUEZ AUX REDRESSEURS DE TORT ALORS POURQUOI J’AI RIEN ENTENDU CONCERNANT CEUX QUI ENLEVENT DES PERSONNES DENUEES DE POUVOIR MAGIQUE POUR SERVIR D'ENCAS AUX VAMPIRES LORS DE LEURS PETITES SOIREES PRIVES HEIN ? L'UN DE NOS AGENTS A MIS EN DEROUTE UN DE CES GROUPES DE SORCIERS ET VOUS OU ETIEZ-VOUS HEIN ?! ALORS TE FOUS PAS DE MA GUEULE TU VEUX ! VOUS N’AVIEZ PAS A INTERVENIR ! VOUS ETES EN TORT ET TU LE SAIS TRES BIEN !


Le corps d'un jeune adolescent avait été retrouvé sur une route abandonnée par la police locale dans une petite bourgade à proximité de la frontière séparant l'Etat de la Caroline du Nord à celui du Tennessee.
La victime s'appelait Ted Williams, il était étudiant à l'East Carolina University de Greenville. Sa disparition remontait à 4 mois et comme pour tant d'autres jeunes adolescents, la police avait conclu à une fugue amoureuse. Selon le rapport du médecin légiste que Jordan avait réussi à s'approprier en piratant le serveur de la morgue, sa mort remontait à une dizaine de jours seulement et le moins que l'on puisse dire est que l'on s'était acharné sur lui. Au vu des nombreuses blessures dont il souffrait, on l'avait tué à petit feu, en le vidant de son sang, lentement. Pour Anthony, il ne faisait aucun doute que c'était là l'oeuvre de plusieurs vampires.

De là à supposer que des soirées secrètes spécial vampires au cours desquels avaient lieu des sacrifices humains, étaient organisés, il n'y avait qu'un pas à franchir. Les vampires avaient besoin de boire du sang pour survivre et si Anthony s'abreuvait du sang de sorciers jusqu'à la dernière gouttes, les vampires alliés aux mages fondateurs eux, se faisaient un festin des hommes et des femmes sans pouvoir. Pour une raison qui leur échappait, il arrivait que certains imbéciles s'offraient volontairement à ces créatures, ils étaient ce que Anthony appelait, des Calices volontaires. Mais dans cette affaire, la victime avait l'air de tout, excepté d'être consentante. Il en découlait qu'ils avaient à faire à un espèce de club select de vampire haut de gamme très fermé au cours de laquelle les membres se ravitaillaient en proies humaines. Le but de ces petites soirées était de faire couler du sang frais à volonté, et nul doute que ce corps qu'ils avaient retrouvé avait servi de banquet à plus d'une reprise.
D'ordinaire on ne retrouvait jamais ces corps, il avait dû se passer quelque chose de particulier avec celui-là. Peut-être était-il parvenu à s'enfuir, à moins que ceux qui devaient se débarrasser de lui n'aient été dérangés dans leur triste besogne... Nul ne le saurait jamais, mais au moins, cela leur avait permis de suivre une piste et de retrouver ceux qui l'avaient livré à ces créatures.

En épluchant les disparitions survenues ces derniers mois, Jordan était parvenue à isoler quelques profils de leurs cibles idéales qu'ils désiraient jeunes et non sorciers. La majorité des disparus qu'elle soupçonnait d'avoir été enlevé pour ces soirées très spéciales étaient des personnes vivants en territoires indépendants. Il y en avait également quelques-uns de signalées dans l'Etat de Virginie qui appartenait aux Partisans du Nouveau-Monde et bien plus rarement sur le territoire des inquisiteurs.
Le fait que ces marchands de vies humaines évitaient soigneusement le territoire des Inquisiteurs ne pouvait signifier qu'une chose : il s'agissait de sorciers.
L'enquête de Jordan l'avait conduite jusqu'à Nashville et plus particulièrement jusqu'à son bar préféré le Blackstone, ce pub irlandais où elle avait ses habitudes et qu'elle avait conseillé à Khaaleb. Jordan avait à elle seule éliminé définitivement la menace et en un sens, dans leur malheur, ces chasseurs pouvaient se vanter d'avoir de la chance d'être tombés entre les mains du cyborg qui leur avait offert une mort rapide, plutôt qu'entre celles du précédent propriétaire du club qu'elle affectionnait tant. Alors si vraiment les loups-garou intervenaient lorsque quelque chose de grave se passait sur leur territoire où étaient-ils cette fois-là ?! A moins bien sur que la cause de leur inaction se trouvait ailleurs....

- Ou alors... depuis quand les loups-garous sont-ils à la botte des vampires dis-moi ?


Il y avait un certain mépris dans son regard parce qu'elle ne parvenait pas à comprendre comment ni pourquoi ils en étaient venus à s'associer. Depuis quand des ennemis ancestraux se battaient-ils côte à côté et se soutenaient ? Par quel prodige De Cormontaigne et Andropov étaient-ils parvenus à cette alliance que pourtant, Anthony leur avait assuré ne jamais voir le jour ? Pourquoi eux alors qu'elle s'était acharnée à faire en sorte que les loup-garous les rejoignent dans leur cause. Qu'avaient-ils de plus qu'eux ? Le fait qu'ils appartenaient tous deux à des communautés craintes et honnis de tous, issus des croyances populaires et de ses légendes terrifiantes ? Pensaient-ils que les vampires seraient plus à même de les comprendre qu'eux ? De comprendre le rejet et la crainte naturelle qu'ils inspiraient aux autres ? Peut-être bien oui, mais de là à leur déclarer la guerre c'était décidément un retournement de situation que nul n'avait envisagé. De Cormontaigne brandissait tellement sa neutralité et affichait avec une telle fierté son indépendance qu'elle ne comprenait pas se revirement soudain dans lequel le pire des scénarios venait de voir le jour. Pourtant, alors qu'elle se noyait dans l'incompréhension la plus totale, un sursaut d'espoir l'étreignit en entendant Khaaleb lui assurer qu'il ne se voilait aucunement la face quand aux intentions d'Andropov et ses suceurs de sang à leur encontre. C'est un visage surpris qu'elle leva dans sa direction, le regard gorgé d'espoir mais aussi d'incompréhension. S'il ne s'attendait à rien de la part d'Andropov alors... pourquoi lui être venu en aide ? Pourquoi avoir combattu à ses côtés ?! Cela n'avait aucun sens...

- MOI JE DOIS OUVRIR LES YEUX ?! S'étrangla-t-elle furieuse alors qu'il lui assurait avec conviction que tout ceci n'avait avoir ni avec les Mages Fondateurs, ou les Inquisiteurs. Que leur intervention cette nuit-là n'avait strictement rien de politique. Se foutait-il de sa gueule ?!! AH NON ? ALORS C'EST QUOI ?

Cette fois elle avait crié indignée qu'il puisse la prendre pour une idiote mais aussi parce que lui-même avait haussé le ton juste avant. Il sembla s'en apercevoir car il baissa d'un ton et poursuivit plus calmement ce qui eu le don de l'apaiser presque aussitôt. Ses yeux de velours plongés dans les siens il admit ignorer ce qu'Andropova avait bien pu leur faire mais comme tout idéaliste qui se respectait, et c'était là un pan de sa personnalité qu'elle découvrait, il avait une vision complétement faussée de la justice, cela aurait pu le rendre mignon et touchant si la situation n'était pas celle qu'elle était avec les enjeux que cela impliquait. Plutôt que mignon en cet instant c'était le terme agaçant qui lui correspondait le mieux. Détournant le regard elle secoua la tête en signe de négation alors qu'il lui faisait la morale sur ce qui était juste ou pas. Mais que savait-il au juste de ce qui était juste ou pas ? Bien ou mal ? Comment pouvait-il se permettre de les juger lui qui ne comprenait rien.
La suite de son discours l'incita cependant à tourner à nouveau son visage dans sa direction et à plonger son regard dans le sien. Cette fois, dans le feu de ses pupilles ce n'était plus uniquement de la colère qu'elle pouvait y lire mais aussi et surtout un profond désespoir et une peine incommensurable qui la toucha en plein coeur malgré elle. Une personne dont il était proche avait péri lors de cette attaque et de toute évidence, Khaaleb n'était pas préparé à ça, du reste, comment l'aurait-il pu ? C'était le genre de chose à laquelle personne ne pouvait se préparer, même s'il on était conscient des risques lorsque l'on s'engageait dans une bataille. Khaaleb avait-il bien mesuré les conséquences de ses actes ? Elle commençait sérieusement par en douter, ce n'était qu'à présent qu'il semblait en mesurer toute l'ampleur

Des amis, des proches, elle en avait perdu énormément au cours de cette guerre qui les opposait aux sorciers, bien trop pour pouvoir continuer à tenir le décompte. Au début, elle avait beaucoup pleuré et comme Khaaleb aujourd'hui, trouvait la vie cruelle et injuste. Aujourd'hui, elle s'était suffisamment endurcie pour ne plus pleurer, elle n'était pas insensible mais pour survivre il n'y avait pas d'autres choix. Khaaleb lui, n'avait pas été préparé à ça, elle ne savait pas ce à quoi il s'attendait en allant faire la guerre en compagnie des sorciers et des vampires mais il venait de comprendre à ses dépens que chaque décision prise devait être pesé lourdement sous peine de graves conséquences, parfois irréversibles. Le voir ainsi être autant bouleversé lui serra le coeur malgré elle surtout en sachant pour quel monstre ils s'étaient battus. Plus elle l'écoutait parler plus elle avait la sensation que cet homme s'était laissé manipuler avec une facilité enfantine. Il était en tout cas évident qu'il n'avait pas toutes les cartes en main lorsqu'il avait prit la décision de se joindre à eux. Elle imaginait sans peine ses interlocuteurs se servir sans la moindre hésitation de ses idéaux de paix pour les tourner en leur faveur.
Son regard toujours plongé dans le sien, elle l'écouta tenter de se dépêtrer de cette situation tout en continuait de brandir désespérément son étendard pour la paix. Un étendard agité un peu trop tardivement et désormais quelque peu ternis. Elle ne tenta pas de l'interrompre ni de prononcer le moindre commentaire, ni ne fit le moindre signe en ce sens. Non pas qu'elle n'avait rien à dire mais elle n'était pas certaine de le faire, après tout, son père avait coutume de dire que seuls ceux qui étaient en tort éprouvaient le besoin de se justifier. Un sourire ironique se dessina sur ses lèvres alors qu'elle secouait la tête affligé en signe de négation. Les loup-garous n'avaient pas pris position contre eux mais contre le système ?! Sérieusement ?!!

- Tu crois vraiment les conneries que tu essais de me servir pour te justifier ? Lui demanda-t-elle. Qui essais-tu de convaincre Khaaleb ? Toi ou moi ?

Elle voulait bien que ses idéaux de paix l'aveugle, qu'on ait aisément pu le manipuler à ce sujet, mais qu'il puisse penser naïvement à la véracité de toutes ces paroles qu'il était entrain de lui servir, elle n'y croyait pas une seule seconde. L'homme qu'elle avait rencontré sur le territoire du Nouveau-Mexique, était un homme ouvert, chaleureux, respectueux, qui était loin d'être stupide. Car après tout, qu'il lui ait tendu un piège ou non, que leur rencontre fut le fruit du hasard ou qu'au contraire il soit parfaitement orchestré, une chose était sûre, cet homme était loin d'être un imbécile. Son raisonnement interne fut interrompu lorsqu'elle le surprit se prendre soudainement la tête entre les mains. Pourquoi ? Qu'arrivait-il ? Méfiante quand aux réactions de cet homme qu'au finale elle ne connaissait pas réellement, elle se recula d'un pas sans cesser de le quitter des yeux. Et puis, il s'était tourné vers elle, et lui avait fait cet aveu qui la figea ou plus exactement, qui l'assomma littéralement. Cette révélation avait eu le même effet sur elle que s'il l'avait frappé d'un hyper cut dans l'estomac. Pourquoi ? Pourquoi lui disait-il ça maintenant ? Pour lui prouver à quel point elle avait raison ? A quel point il détestait les Inquisiteurs ? Cette révélation était comme une véritable onde de choc qui détruisait tout sur son passage pour elle. Prenant appui sur la rambarde en bois pour ne pas s'écrouler, elle fixa la pluie rageuse frapper le sol boueux et prendre le dessus sur lui. Mais déjà, ce n'était plus ce sol qu'elle voyait défiler sous ses yeux mais un autre lieu...
Tout s'était passé très vite, elle était si occupée à l'idée de mettre Camila à l'abri qu'elle n'avait pas réellement fait attention à toute la désordre qu'il y avait eu autour d'eux. Elle se souvenait parfaitement de Scott qui fonçait sur sa moto pour venir en aide à Calvin et lui permettre de s'enfuir, ainsi que de Septimus et de son mur de feu qui protégeait leur retraite et enfin dans ce maudit rétro, la dernière vision de Scott, à la merci des vampires. Pourquoi ? Pourquoi lui disait-il tout ça ? Pourquoi lui disait-il ça ? Avait-il seulement conscience de la portée de cet aveu ? Le sentant s’approcher, elle se tourna dans sa direction le regard noir, prête à lui siffler de ne surtout pas s’approcher d’elle, mais elle n’en fit rien car la peine qu’elle pouvait lire dans son regard, et la douleur qui s’en dégageait, elle les avait déjà vu. Khaaleb n’avait pas besoin de lui expliquer à quel point son action le rongeait et le poids de sa culpabilité était si perceptible qu'il en était éloquent. En d’autres cas, elle aurait surement pu le réconforter et à vrai dire elle était à deux doigts de le faire mais ses mains s’encrèrent avec force sur la rambarde pour ne pas céder à la tentation. Elle ne pouvait pas pardonner en connaissant l’identité de celui à qui il prétendait avoir ôté la vie sans avoir l’impression de trahir la mémoire de Scott. Pourtant, le discours de Khaaleb ne la laissa pas insensible bien au contraire il la toucha bien plus qu’il n’aurait dû.

Qu’il regrette ce qu’il avait fait n’y changerait désormais plus rien, comme il le disait lui-même, il allait devoir apprendre à vivre avec et la famille de Scott ainsi que ses amis, allaient devoir en faire autant et apprendre à vivre sans lui. Depuis quand n’avait-elle pas pleuré ? Elle ne s’en souvenait plus mais des larmes salés s’écoulaient à présent sur son visage, se mêlant sans distinction aux gouttes de pluie qui continuaient de mouiller son visage. Respirant profondément, elle essaya de se reprendre et se tourna à nouveau en direction de Khaaleb qui continuait à défendre sa vision des choses. Elle l’écoutait toujours, les yeux encore humides mais ne laissant transparaitre aucune émotion. Fière et droite elle l’écouta s’insurger et défendre des valeurs qui semblaient si cher à son cœur : la liberté, l’égalité et la fraternité. De belles idées sur le papier malheureusement l’humanité avait prouvé au cours des siècles qu’elle était incapable d’appliquer ces préceptes parce qu’il y avait toujours un groupe qui cherchait à opprimer le second et que fort heureusement, il y avait toujours des personnes pour s’opposer à elles.

Il se tenait à présent face à elle, le regard aussi dur que le sien, du moins elle espérait parvenir à faire illusion, mais une fois encore Khaaleb parvint à la prendre au dépourvu en lui posant une question à laquelle elle ne s’attendait pas et surtout à laquelle elle ne savait pas quoi répondre. Pourquoi avait-elle sauté dans le premier avion pour le rejoindre et avoir une explication avec lui ? Pour quelle raison avait-elle fait tous ces kilomètres pour le rejoindre ? Qu’attendait-elle au juste de ce face à face ? A vrai dire, elle-même n’en savait rien, du moins, elle n’était pas certaine de le savoir mais il était bien évidemment hors de question de le reconnaitre, elle était beaucoup trop fière pour ça.
Détournant son visage, elle se mit à froncer ses sourcils fixant à nouveau le sol humide alors que son cerveau réfléchissait à toute allure. Pourquoi était-elle là ? Cela n’avait rien à voir avec les Inquisiteurs, ni les Loups-garous, du moins pas uniquement. Si elle était venue c’était uniquement parce qu’elle en avait besoin… besoin de savoir… besoin de connaitre la vérité… Comprendre ce qu’il foutait là non de Dieu ! Sur ce champ de bataille dans lequel, elle le savait à présent, sans l’ombre d’un doute, il n’avait clairement pas sa place. L’avait-il trahit ? S’était-il joué d’elle ? Si cela avait été le cas, elle n’aurait clairement pas hésité à le tuer derechef, de toute manière qu’était-il pour elle ? Une simple rencontre d’un soir, rien de plus. Les plans cul avaient toujours été bien plus son truc, alors que les histoires sentimentales au contraire, les relations sérieuses, très peu pour elle ! Elle les fuyait comme la peste, parce que s’attacher à quelqu’un, surtout lorsque l’on se battait cela ne servait qu’à vous rendre faible, à vous affaiblir et à commettre des erreurs que vous n’auriez pas commis en temps normal.
Pourtant et bien qu’elle répugnait à le reconnaitre, elle s’était attachée à cet imbécile qui vivait dans un monde utopique. Elle s’était sentie trahit en découvrant sa présence parmi les vampires, elle lui en avait voulu et s’était sentie cruellement blessée en s’imaginant qu’il avait joué la comédie depuis le début, et puis en découvrant la vérité elle s’était sentie soulagé. Un autre que lui serait probablement mort pour avoir avoué être le responsable de la mort de l’un des leurs, pourtant elle n’en n’avait rien fait, et ce n'était nullement dans ses intentions, il était toujours là et il n'y avait aucune raison à ce que cela change. De plus, lorsqu’il la regardait avec ses yeux là, il la désarmait complétement. Bon dieu c’était pas vrai ! C’était quoi ces mièvreries se réprimenda-t-elle silencieusement en frappant la rambarde avant de se tourner vers lui pour lui faire face et rompre enfin ce silence obstiné qu'elle avait gardé depuis ses aveux concernant sa responsabilité dans la mort de Scott

- Si je suis ici...
commença-t-elle avant de s’interrompre… c’est parce que je voulais comprendre…

Elle s'interrompit et se tut à nouveau, laissant une fois de plus place au silence et réfléchir aux mots qu'elle s'apprêtait à prononcer. Comprendre ce qui lui arrivait ? Comprendre son rôle dans toute cette histoire ? Essayer de comprendre ce qu'elle ressentirait en se trouvant en face de lui...

- Comprendre ce que tu foutais là. Comprendre pourquoi les Loup-garous s’étaient rangés contre nous pour s’allier à leurs ennemis naturels. Mais j’ai l’impression en t’écoutant parler que tu ne le sais pas toi-même.

Appuyant sur son bracelet, son armure se rétracta avant de disparaitre aussi soudainement qu’elle était apparue. Peut-être faisait-elle une grave erreur mais elle en doutait et si jamais c'était le cas, si jamais il avait tenté de l'amadouer pour mieux l'attaquer, il le regretterait amèrement, mais à vrai dire... elle n'y croyait pas un seul instant. Au dehors, le ciel était toujours gris, et l'orage tout comme la tempête qui faisait rage, ne semblaient pas vouloir se calmer. Prenant appui contre la rambarde, elle se tourna sur le coté et baissant la tête, fixa le bois de la balustrade pour ne pas avoir à affronter le regard de Khaaleb lorsqu'elle allait lui parler de lui. Il n'était pas question pour elle de le blesser plus qu'il ne l'était déjà, il était suffisamment meurtris par son acte sans qu'elle ai besoin d'en rajouter, par contre elle voulait qu'il prenne pleine conscience de ce dans quoi ils venaient de s'embarquer. Peut-être que ça les ferait réfléchir, mieux encore, qu'ils se rétracteraient

- Il s'appelait Scott, c'était un ami fidèle et un soldat de valeur. Il croyait en les idéaux de la Grande Inquisitrice. Il était trop jeune pour mourir mais il est mort en héros, pour avoir tenté de sauver une personne que les vampires n'auraient pas hésité à massacrer après l'avoir fait bien souffrir. Il avait beau être un soldat et se battre pour une cause en laquelle il croyait, personne ne pouvait s'attendre à ce que sa vie s'arrête aussi brutalement. La minute d'avant Camila le charriait et la seconde d'après...


Et la seconde d'après, il périssait sous les crocs des vampires ou les poings de Khaaleb si elle en croyait son récit. Elle avait été incapable de prononcer à voix haute le funeste destin auquel il avait été condamné. Sa voix était restée bloquée par une boule dans sa gorge, de toute manière c'était inutile d'entrer dans les détails, Khaaleb avait parfaitement compris ce que voulait dire son silence.
Tapotant deux petits coups contre la rambarde, Thalya se tourna vers l'homme loup, pour lui faire face, prête à l'affronter

- Mais voilà Khaaleb, contrairement à ton ami, Scott était un soldat, il connaissait les risques comme chacun d'entre nous et je sais qu'il n'aurait rien changé à ce qui est arrivé et ce même en ayant conscience de sa destiné. Méritait-il pour autant de mourir ? Absolument pas, mais c'est ça la guerre ! Il y a des pertes, pas uniquement celles de vulgaires inconnus mais également celles d'êtres qui nous sont chers. Des vies humaines sont sacrifiés pour une cause, un combat auquel ils croient mais dans le cas présent, la mort de Scott n'aura pas été veine. Et celle de ton ami dis-moi ? Savait-il pourquoi il se battait et pour quelle cause il est mort ? Est-ce que ça en valait la peine ? Est-ce que tout ceci n'aurait pas pu être évité ?

Bien qu'elle lui eut posé la question, elle doutait sérieusement qu'il puisse lui apporter la moindre réponse et ce n'était pas ça le plus important. Elle ne cherchait pas non plus à le blesser, elle se rendait compte qu'il avait été suffisamment meurtri lui aussi, d'ailleurs sa voix s'était adoucit en parlant des disparus. Si elle les avait évoqué et en particulier l'ami de Khaaleb qu'elle ne connaitrait jamais, c'est parce qu'elle voulait qu'il prenne conscience qu'ils s'étaient battus pour rien. Les loups-garou étaient intervenus dans un conflit qui ne les regardait pas sans en connaître ni les tenants ni les aboutissants et à présent, eux qui ne cessaient de proclamer leur neutralité depuis des années, se retrouvaient mêlé à un conflit qui les dépassait

- Quand à toi, cette culpabilité que tu ressens au plus profond de ton être,
fit-elle en tapant légèrement son poing sur sa propre poitrine, elle est là pour te faire réaliser les conséquences de tes actions et de tes paroles. A toi de faire en sorte que ce gâchis ne se reproduise plus jamais. Tu fais de beaux discours utopistes sur le fait que le monde doit changer pourtant vous n'avez pas hésité à prendre parti et à entrer en guerre à votre tour. Mais le pire dans tout ça, ce n'est pas que vous l'ayez fait, c'est que vous l'ayez fait sans savoir ce qui s'était réellement passé, alors même que votre communauté n'était nullement menacé que ce soit par l'un ou par l'autre des deux groupes belligérants. Tu nous as traité de bourreaux mais laisse-moi te compter une histoire Khaaleb et ensuite je veux que tu me dises qui est le bourreau.

Le tonnerre se mit à gronder, avant de déchirer le ciel de ses zébrures qui éclaira comme en plein jour, durant un instant, le paysage forestier, bien qu'aucun d'eux ne réagit, comme si plus rien d'autre ne comptait si ce n'était l'un et l'autre.

- Admettons que ton meilleur ami se batte à tes côtés contre tes ennemis, qu'il te sauve la vie en sacrifiant la sienne. Que tu le vois périr sous les balles ennemis sans que tu ne puisses plus rien y faire, même pas rapatrier son corps. C'est exactement ce qui nous est arrivé, nous avons perdu un soldat qui était avant tout et surtout un excellent ami. Il aimait rire, avait toujours le mot pour rire et plaisanter et il n'était jamais en reste pour faire des conneries. Il était un ami fidèle sur lequel on pouvait compter quoi qu'il arrive, avec lui, nos confidences étaient toujours très bien gardés. Il ne nous disait jamais quoi faire ni ne nous jugeait, mais l'air de rien, il nous donnait toujours de bons conseils. Il était pompier avant d'être soldat, parce que sa vocation à lui s'était de sauver les autres. Et puis il est mort, laissant derrière lui une femme dont il ignorait qu'elle était enceinte.
Nous l'avons beaucoup pleuré et puis le temps a fait son oeuvre, même s'il était toujours là, dans nos coeur. C'était il y a 5 ans. Et puis en avril de cette année, Andropova à contacté Septimus, elle avait un marché à lui proposer : la vie de Saevus Yaxley contre celle de celui que l'on avait cru mort. Cette garce avait tout prévu depuis longtemps, tu te rends compte qu'elle avait programmé l'enlèvement de Yong et sa supposé mort pour atteindre ma cousine ?!
S'exclama-t-elle encore bouleversée et furieuse par le plan machiavélique de cette femme. Elle avait une complice, une infirmière qui a diagnostiqué la soi-disant mort de Yong et qui s'est chargé de son transfert jusqu'à Boston. Là, Andropova l'a soigné, puis pendant que ses parents, sa famille, ses amis, le pleuraient, elle s'est amusée à le torturer régulièrement, comme ça, pour le plaisir, en attendant de le sortir un jour comme un atout majeur dans son diabolique jeu de carte. Pourquoi Yaxley contre Yong ? J'en sais rien et à vrai dire je m'en contre fiche. Tout ce que je retiens moi, c'est que pendant 5 longues années cette salope s'est amusée à le torturer et à le mutiler alors qu'on le croyait tous mort. Elle l'a privé des 5 premières années de la vie de sa fille dont il vient à peine de découvrir l'existence et le pire c'est qu'il ne l'a toujours pas rencontré. Bon sang Khaaleb quel genre de monstre est capable de faire ça dis-moi ?!! S'exclama-t-elle furieuse alors que ses larmes avaient recommencé à couler sur son visage. Aujourd'hui Yong cet ami de valeur, toujours prêt à aider son prochain, courageux, dévoué et gentil n'est plus que l'ombre de lui-même ! Il sursaute dès qu’il voit apparaître une ombre et trouve refuge dans l’alcool. Il n’ose même pas aller à la rencontre de sa fille et je me demande si elle connaitra un jour son père. Voilà ce qu’à fait Regina Andropova, voilà ce qu'à fait le monstre que vous êtes venus libérer, alors ne viens pas me parler après ça de ce qui doit ou ne doit pas être fait parce que je suis prête à parier que toi aussi tu n’aurais pas hésité à appliquer la loi du talion si tu avais été à notre place, ne dis pas le contraire. On ne s'en prend pas à la famille sans en payer les conséquences, je sais qu'on a au moins ça en commun. Et crois-moi, en regard de ce qu’elle lui a fait, cette salope s’en tire à bon compte

A l'heure actuelle, Régina Andropova devait se trouver en sécurité dans son manoir à Boston, en territoire des Mages Fondateurs, entourée de sa garde rapprochée de vampires. Pour le moment, elle était bien trop faible pour agir et contre attaquer, mais lorsqu'elle irait mieux ils pouvaient être sur qu'elle allait se venger de ce qu'ils lui avaient fait et pour venir à bout de ses projets, elle savait qu'elle pouvait compter sur le soutient de ces suceurs de sang dont elle était la reine pour parachever ses représailles ! Si Thalya voulait être honnête avec elle-même, cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, c'était quelque chose qu'elle redoutait. Elle avait peur pour elle bien sur, prétendre le contraire serait un mensonge, mais elle s'inquiétait également pour Camila, Calvin, Septimus, Yong et tous leurs proches qui avaient participé de près ou de loin à sa capture, voir même, en règle général pour tous les inquisiteurs ou personnes dénués de magie vivant sur leur territoire. Régina Andropova avait prouvé qu'elle était une femme cruelle et sournoise, nulle doute que sa vengeance serait terrible, une vengeance qui frapperait de toute manière Camila de plein fouet. Thalya connaissait suffisamment sa cousine pour savoir qu'elle ne supporterait pas qu'il arrive quoi que ce soit à l'un d'entre eux pour une décision qu'ils avaient prise ensemble mais dont elle s'incomberaient l'entière responsabilité. Ils ne pouvaient pas attendre qu'Andropova se décide à passer à l'offensive, ils allaient devoir la retrouver et l'éliminer avant qu'elle ne reprenne des forces mais à l'abri dans son putain de manoir, entourée de vampires qui vous repéraient à des kilomètres à la ronde comme des charognards, comme ils allaient faire ?! Elle n'avait malheureusement toujours pas la réponse à cette questions. Et Septimus qui ne donnait toujours aucun signe de vie...

- Les victimes de la Californie, des 5 sanglantes, la mort de ma tante, Yong,.... Si nous ne sommes pas là pour protéger les personnes qui sont dénués de magie qui le fera ? Washington ? Il y a bien longtemps que la Maison-Blanche n'est plus qu'une marionnette aux mains des Partisans du Nouveau-Monde et des Mages Fondateurs. Comment veux-tu après ça que nous restions sans rien faire ? Réponds-moi franchement, tu le ferais toi ?


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Un ange passe. un ange, vraiment ? Oui, mais pas n'importe quel ange, un ange de la mort.
“Tendrement votre.”
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MessageSujet: Re: Ce monde qui nous sépare - feat Thalya   15.06.17 22:46


Ce monde qui nous sépare
ft Thalya et Khaaleb



Musique:
 

Thalya frappait fort.
Ses paroles étaient comme des coups qu'elle donnait, fracassant ses pensées, ébranlant ce en quoi il croyait profondément. Chaque mot avaient la dureté d'un rocher qu'elle lui projetait au visage, chaque son était une gifle aussi puissante que la tempête qui les entourait. Il avait beau rendre les coups, tenter de chercher des arguments qui étaient pour lui convaincant, elle avait toujours un coup d'avance, comme si lui même parlait dans le vide. Rien de ce qu'il pouvait bien dire ne trouvait grâce à ses yeux, et à force de la voir et de l'entendre, lui même commençait à douter.

Aussi terrible que pouvait être le contenu de ses paroles, le loup ne pouvait que reconnaître la véracité de ce qu'elle avançait, et ce constat le troublait et le rendait amer face à sa propre personne. Était-il donc aussi facilement corruptible pour que quelques paroles hurlées sous la pluie et une paire de seins lui face ainsi douter de lui ? Douter d'eux et de leur combat contre l'obscurantisme ? Il refusait d'y croire. Tout ce qu'elle disait, tous ses arguments étaient justement tout ce contre quoi il voulait s'opposer. Et pourtant...
Et pourtant n'avait-elle pas raison ?
Lorsqu'elle lui demandait où se trouvait les loups lorsque de jeunes moldus étaient kidnappés et tués. Où étaient-ils ? Et bien comme toujours, ils ne faisaient rien. C'était bien ça le problème, et ça Khaaleb le savait, mais il savait aussi que ce problème d’égoïsme n'était pas uniquement l'apanage de la communauté lycanthropique, mais bien de l'humanité tout entière. C'était un fait, les humains ne réagissaient que lorsqu'ils se sentaient directement concerné, touché, menacé. Bien sur, ils pouvaient éprouver de la pitié, plaindre les victimes et leurs familles, faire un petit chèque pour soulager leur conscience, mais agir pour un parfait inconnu, de façon totalement désintéressé, ça non, ou si rarement. Alors non, ils n'avaient jamais rien fait lorsque de jeunes non-mages se faisaient enlever, tuer, manger...mais que faisaient les non-mages pour eux ? Où étaient-ils, hein, ses inquisiteurs chéris lorsqu'un enfant-loup se faisait caillasser à la sortie de l'école parce que tout le monde avait peur de lui ? Où étaient-ils lorsque des familles entières se retrouvaient à la rue parce qu'on refusait aux parents un travail sous prétexte qu'une fois par mois ils devenaient ces créatures issues des tréfonds de l'histoire ? Un instant, il voulu lui faire part de ce point de vue, mais il abandonna l'idée. Car aussi pertinent que pouvait selon lui être son argument, il n'en restait pas moins une question : Pourquoi venir en aide aux vampires ? Pourquoi eux, en particulier plutôt qu'un autre groupe ? Au delà de toutes les considérations pacifiques et utopistes qu'il pouvait présenter, il n'en restait pas moins que cette interrogation demeurait, même pour lui.

Même avant sa transformation, Khaaleb n'avait jamais été très à l'aise avec les vampires et avec les principes même de cette espère. Ses années d'étude à Boston, puis son travail au ministère au sein du DCPCM (ndlr : département de contrôle et de protection des créatures magiques) l'avait amené à croiser à l'occasion la route de certains d'entre eux. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'avait jamais réussi à se sentir à l'aise face à de telles créatures. Car si lui-même et les siens ne se transformaient qu'une nuit par cycle lunaire, les vampires eux portaient chaque jour sur eux leur terrible malédiction. Il avait même fini par se demander comment on pouvait décemment rêver de devenir l'un des leur. En vérité, il les plaignait. Se nourrir de chaire humaine, ne plus jamais pouvoir sortir et voir la lumière du jour, ne pas mourir... tant de fardeaux qui rendaient à ses yeux leurs existences pitoyables. Si lui même avait un jour tenté par tous les moyens de repousser la mort, jamais il n'avait été tenté par cette moitié de vie à laquelle étaient attachés les vampires. Mais ce qui l'avait amené à répugner la présence de la plupart d'entre eux, c'était avant tout leur comportement et cette façon qu'ils avaient de mépriser la vie et l'existence humaine, et celle des loups-garou plus que nulle autre. Il le savait, qu'il arrivait à leur Roi d'accorder à ses hommes le plaisir d'aller à la chasse aux loups, malgré le statu quo qui maintenait la relative paix entre leurs clans. C'était un des principaux facteurs d'opposition face à la politique de Cécil au sein de la Grande Meute, l’inaction face aux actions des vampires. Ils étaient beaucoup parmi les loups, à encore réclamer une guerre avec les suceurs de sang, afin de montrer qui était le patron, montrer au monde qu'ils n'étaient pas que des chiens à la botte de ce souverain prétentieux et arrogant, comme le suggérait d'ailleurs la jeune femme qui se trouvait toujours face à lui.

Ils n'avaient rien compris, ils ne voulaient pas comprendre...ils étaient tous aveuglés par la haine, ses frères, sa famille, les autres, elle... seule la voix de Cécil perçait les ténèbres. La voix de Cécil et celle de son grand-père qui s'exprimait à travers lui. La rencontre avec cet homme avait transformé le jeune homme impulsif qu'il était adolescent. L'aïeul avait une sagesse qu'il n'avait jusqu'alors retrouvé que dans les yeux de sa grand mère, une chamane d'une grande puissance à qui ses sœurs ressemblaient beaucoup. C'étaient ces deux figures qui l'avaient amené à être ce qu'il était aujourd'hui, à penser ainsi aussi.

Mais aujourd'hui, ses propres pensées le fatiguait. Tout grand et fort qu'il était, il n'avait jamais été préparé à de telles batailles. C'était un cœur tendre, rieur, bagarreur bien sur, mais profondément bon, et simple, et quelque fut l'aversion qu'il ressentait pour une personne, un groupe, une espère, jamais il n'aurait voulu ni la mort ni la souffrance de qui que ce soit, et encore moins en être la cause.
Mais tout cela n'était que foutaises, elle avait raison, dans sa colère, elle avait entièrement raison : le seul qu'il essayait de convaincre c'était lui. Mais que faire d'autre? quand on se rend compte que l'on est capable sans grand effort, de prendre une vie, alors que la vie est ce qu'on vénère le plus. Comment en était-il arrivé là ? Comment en étaient-ils arrivés là ? Deux semaines plus tôt ils riaient et buvaient ensemble, deux semaines ils s'aiment comme deux idiots dans cette chambre d’hôtel...aujourd'hui, il était le meurtrier d'un des siens. La vie avait vraiment un curieux sens de l'humour.

De la voir ainsi réagir, faillir l'espace d'un instant, devenir plus fragile, plus humaine qu'il ne l'avait encore jamais vu, au moment où il lui avoua avoir lui-même tué cet homme que les inquisiteurs avaient perdu, lui brisa le cœur. Car à ce moment il comprit que cet homme n'était pas n'importe qui, pas un inconnu, tout du moins pas pour elle. Un compagnon d'arme ? Un ami ? Un cousin ? Un frère ? Un amant ? Il n'aurait su le dire, mais voir ainsi des larmes embrumer les yeux de cette femme si forte et droite le toucha au delà de tout. Il eut envie de l'aider, de la soutenir, il avait envie de tendre les bras vers elle, de la serrer contre lui, de lui faire comprendre à quel point il était désolé, à quel point tout ça n'était que le jeu de quelques vils esprits sournois.
Mais il n'en fit rien. Il resta face à elle, la voix cassée, et de la voir ainsi, il sentit toute la rage qui l'avait traversé s'en aller aussi vite qu'elle était venue. Il ne voulait plus lutter, ni contre elle, ni contre n'importe qui. Bien entendu, il aurait pu garder cette information pour lui, accuser un de ses compagnons, ou laisser la culpabilité de cette mort aux vampires qui après tout avaient fini le travail. Mais il n'était pas homme à se défiler... et plus que tout, il ne voulait plus avoir de secrets pour cette femme. C'était les secrets, ou plutôt les silences qui les avaient mené à cette situation désastreuse. Peut être que s'ils avaient été tout de suite sincères, peut être que certaines choses auraient pu être évitées. Mais quelque chose lui disait que ça n'aurait été que les bonnes choses qui seraient passé à la trappe. Mais c'était étrange, ce besoin qu'il éprouvait de parler ouvertement à cette femme que pourtant il connaissait si peu. Mais quel pouvoir pouvait-elle bien avoir sur lui pour le changer à ce point ? Qu'est-tu en train de me faire Thalya...

Il se trouvait à présent face à la jeune femme, aussi droit que son état lui permettait de se tenir, aussi misérable qu'il était en cet instant. Et pourtant, il plongea son regard dans le sien, lui demandant enfin ce qu'il n'arrivait pas à comprendre depuis qu'il l'avait vu sortir de la voiture... pourquoi était-elle là ? Et en la voyant le regarder à son tour, puis détourner les yeux, il comprit qu'elle n'en savait rien du tout. Aussi étonnant que ça pouvait paraître après tout ce qu'ils venaient de se dire, la belle inquisitrice lui paraissait en cet instant presque aussi perdue que lui. Les raisons qu'elle avança ne répondirent pas vraiment, elle resta vague, comme si elle cherchait en elle une réponse convaincante alors qu'il n'y en avait peut être pas. Que faisait-elle là ? Qu'était-elle venue chercher ? Avait-elle peur ? Peur de comme lui se sentir abandonné dans un sentiment étrange et obscur qu'ils n'avaient jamais cherché ni demandé ni l'un ni l'autre. Peut être était-elle là parce que le destin avait décidé de continuer à les faire souffrir, ou peut être aussi parce qu'ils avaient encore un rôle à jouer dans cette mascarade grotesque.

Mais elle était un soldat, droite et forte, et il ne lui fallut pas longtemps pour se reprendre. Cependant, il y avait quelque chose de différent, de changé dans le son de sa voix. Ce qui avait ramené ce calme en elle, ce sérieux aussi, il n'aurait su le dire, mais désormais, elle ne hurlait plus.

Ne la quittant pas du regard, il la vit appuyer sur le bracelet qu'elle avait au poignet, désactivant de ce fait l'armure anti-magie qui la protégeait de lui et de ses pouvoirs. Immédiatement, il se relâcha. Il n'avait jamais eu à affronter quelqu'un portant un de ces équipements, mais il les savait redoutable. La voir ainsi baisser sa garde ne voulait dire qu'une chose, elle avait comprit qu'il ne représentait pas une menace, en tout cas pas une menace immédiate pour elle.
Sentant soudain une grande fatigue et une terrible lassitude s'emparer de lui, il traîna sa carcasse jusqu'aux quatre marches qui menaient à la terrasse qui entourait son chalet et s'y installa, s'appuyant contre un des poteaux qui soutenaient le toit. Tourné vers elle, il l'écouta, avec une attention redoublé puisqu'il n'avait plus maintenant à lutter pour rester debout.

A sa grande surprise, elle décida de lui parler de cet homme, cet homme qu'il avait tué.
L'évocation de ce garçon, ce Scott comme elle l'avait appelé, lui fit l'effet d'un coup de poignard. Apprendre des choses sur la vie de cet homme rendait son acte encore plus inhumain et abominable à ses yeux, et la faute plus grande encore, car il comprenait que cette impression qu'il avait eu en voyant sa réaction était juste... il avait bien fait parti de sa vie à elle, d'une façon ou d'une autre. Mais la détresse dans laquelle il se trouvait, il n'en laissa rien paraître, en tout cas autant qu'il le pouvait, respirant toujours plus profondément pour ne pas craquer face à elle. Tout ce qu'elle disait, toutes ses paroles fondaient droit sur son cœur et déchiraient son âme, avec autant de délicatesse qu'un obus. Will n'était pas un soldat, ça c'était vrai, mais il s'était battu quand même. Il ne soutenait peut être pas de cause aussi éloquente que celle de sa propre victime, mais est ce que ça voulait dire que sa mort avait moins de valeurs ? Le motard était peut être mort en héro, mais à ses yeux à lui, c'était toute sa vie de Will avait vécu en héro, et n'est-ce pas tout ce qui comptait en fin de compte ? Qu'est ce qu'on en avait à foutre de la façon de partir, tant qu'on avait vécu avec sincérité et grandeur d'âme.
Mais toutes ses pensées ne pouvait soulever le poids de la culpabilité qu'il sentait peser sur lui. Il ferma les yeux, l'espace de quelques secondes, et alors qu'il continuait d'entendre la voix de Thalya et de sentir la pluie tomber sur son visage, il murmura en lui une prière pour l'âme de ce pauvre mec qu'il avait tabassé. C'était si peu de chose, et pourtant à cet instant, il n'avait rien trouvé d'autre à faire.
Khaaleb n'avait jamais été très croyant, bien qu'il embrassait la religion animiste de son peuple. Une nouvelle dette le liait à présent à l'esprit de ce jeune homme, et il espérait de tout son cœur pouvoir un jour s'en libérer. Mais alors qu'il rouvrait les yeux et que son regard tombait sur celui de la jeune femme, il entrevit l'espace d'un instant qu'elle serait la tâche qu'il lui faudrait accomplir. Dans le fond, Anahia n'était peut être pas le seule en définitive, à pouvoir parler avec les morts.

Meurtri, il n'essayait même plus de répondre aux questions qu'elle lui posait, ne trouvant de toute façon rien de bon ni de convainquant à lui répondre. Dans son esprit, un milliard de questions sans réponse fusaient, tambourinent, hurlant pour sortir. Il y avait encore tant de choses qu'il ne comprenait pas lui-même, alors comment pouvait-il les lui expliquer ?
Contre tout attente, la jeune femme lui parla alors de la femme d'Andropov qu'ils avaient secouru à si grand prix. Les révélations qu'elle lui fit eurent tôt fait de le perdre encore un peu plus, de le perdre et de le glacer d'effroi. Ainsi donc, c'était pour ça qu'ils s'étaient battus, pour libérer un être plus cruel encore que le roi des vampire lui-même ? Encore qu'il du bien reconnaître qu'ils formaient un couple plutôt bien assorti en fin de compte. Mais non, ce n'était pas possible, cela ne se pouvait. C'était elle qui lui montait un bobard. Personne ne pouvait avaler une telle chose. Torturer quelqu'un pendant toutes ces années, pour le plaisir. Non il n'y croyait pas, il ne voulait pas y croire. Régina Andropova était certes une sorcière influente, membre du Conseil dont lui-même se méfiait, mais c'était une mère de famille, une...pâtissière, une ancienne camarade d'école de sa sœur aînée. Il ne pouvait croire que le monstre dont Thalya lui peignait le portrait était le même que celui de cette petite femme blonde et fluette. Il ne pouvait croire que de telle chose existait, de telles situations. Il ne voulait y croire. Pas après le prix qu'ils avaient payé pour sa libération. Mais plus que de la colère, c'était de la pitié que Khaaleb éprouvait, pour cet homme, cette pauvre victime de ce maudit système dont il n'avait été qu'une pièce, un pion malchanceux. Personne ne méritait de vivre ça, quelque fut son appartenance politique, ethnique ou sociale. Personne n'avait le droit de souffrir comme ça. Et lui plus que quiconque savait ce que pouvait signifier le mot souffrance.

Pourtant, malgré tout ce qu'elle venait de lui dire, une partie de lui continuait de penser que la façon que les inquisiteurs avaient eu d'agir ne méritait pas plus de crédit ou de légitimité que les actes abdominales d'Andropova. Se faire justice tout seul, de cette façon, ne faisait que faire grimper l'échelle de la violence.  Était-il le seul, bon dieu, à avoir compris que la vengeance n'apportait aucune délivrance ? Qu'avait-il trouvé dans le fait de briser cet homme avec la seule force de ses poings...rien, strictement rien... à part de sentir irrémédiablement son âme se déchirer en deux. Il avait sentit la mâchoire de l'homme éclater, il avait sentit le sang chaud couler sur ses mains. Will était-il pour autant revenu d'entre les morts ? Non.
Torturer Andropova et finir par la mettre à mort n'aurait jamais ramené leur ami à ce qu'il était avant ses années de captivité, car lui seul le pouvait.

La dernière phrase qu'elle prononça le laissa pantois. Mais pourquoi s'obstinait-elle à toujours présenter les non-mages comme des victimes qu'il fallait à tout prix défendre de ces vilains sorciers ? L'inverse n'était-il pas aussi vrai ? Et quand bien même, n'était-ce pas eux, les sorciers, qui avait du se cacher pendant des siècles pour que chacun vive en paix, laissant aux moldus les privilège de la liberté et de la domination de la planète pendant des siècles ? Elle lui reprochait d'avoir agit comme il avait agit par haine des inquisiteurs ou des moldus, mais en cet instant, il avait surtout l'impression que c'était elle qui détestait tout ce qui touchait de près ou de loin à la magie, et qui se dégouttait d'avoir ainsi cédé à l'un d'eux. Mais les non-sorciers qu'elle présentait comme des martyres, des exclus écartés et opprimés par un système corrompu, la plupart vivaient en paix. Ils avaient des familles, des maisons, une voiture pour les conduire au travail, ils menaient leur petite existence tranquille sans savoir qui pouvait bien se battre pour eux. Ils pouvaient presque se rendre où ils voulaient, ils étaient libres, bordel ! Non vraiment, elle ne s'adressait pas à la bonne personne si elle voulait faire croire que les non-mages étaient les grands opprimés de ce pays. Lui qui était issue d'une nation détruite par l'envahisseur, lui qui avait grandit dans les histoires de grands guerriers qui s'étaient dressés contre l'invasion des colons, et tout ça pour quoi ? Finir parqué comme des bêtes dans des réserves, ou se faire exterminer au fond d'une fosse comme une vulgaire larve. Sa nation avait périt, massacrée, et maintenant qu'il était loup, il lui semblait parfois revivre la même chose que ses ancêtres Iroquois. La société, qu'elle fut sorcière ou non, ne voulait pas d'eux et les écartait à la moindre possibilité. Et qui les protégerait alors hein ? Eux les loups que tous craignaient...

Lorsqu'elle lui posa sa dernière question, il réfléchit encore quelques instants, cherchant les mots justes, mais alors qu'il la regardait, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme, prêt à repartir à l'attaque, fière des convictions qu'il défendait depuis des années, quelque chose se brisa en lui. Il comprit que quoi qu'il puisse dire, ça ne changerait rien. La jeune femme qu'y était venu ici n'était pas là pour entendre son pathétique plaidoyer sur l'équité et la paix, mais pour lui faire voir une vérité qu'il essayait de se cacher à lui même. La ligne de conduite sur laquelle il s'obstinait à avancer ne le menait qu'à un cul de sac, il en avait conscience maintenant. Il devait essayer de trouver un nouveau regard, ouvrir les yeux, et surtout accepter les choses qu'il avait fait. Comprendre pourquoi il les avait fait finalement, qu'est ce que ça lui apporterait ? Ce qui était vraiment important, c'était savoir quoi faire maintenant. Quoi faire pour le futur des siens, quoi faire pour son propre avenir.
Il devait être sincère, pour elle qui se tenait face à lui, pour cette émotion étrange et effrayante qu'elle faisait monter en lui. Mais surtout, il se devait d'être sincère pour lui-même.

Prenant une profonde respiration, il détourna le regard.


"Non... tu as entièrement raison. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les miens, eussé-je y laisser la vie..." Dit-il dans un souffle, avec une voix sourde et grondante mais d'un calme presque inquiétant.

Les yeux tournés vers le lac tout proche qui renvoyait le reflet terrible des éclairs qui zébraient le ciel noir, il prit la pleine mesure de sa bêtise. Depuis cinq jours, il avait cherché tous les moyens possibles et imaginables qui avait motivé leur action, s'accordant avec lui même sur le discours qu'il avait sortit à Thalya quelques instants plus tôt. Mais au fond de lui, même cela ne tenait pas la route. Il y avait bien une autre raison, mais elle lui semblait si stupide...

"Je dois arrêter de me voiler la face... je ne sais même pas pourquoi il nous a fait venir... Peut être voulait-il effacer cette dette pour Andropov..." Il avait parlé plus pour lui-même que pour elle. C'était la dernière option, la dernière raison valable qu'il voyait qui aurait pu motivé leur chef à les jeter dans cet affrontement.

"Tu l'ignores surement, mais il y a peu, nous avons évité une guerre entre les suceurs et nous...il s'en est fallu d'un cheveu. L'une des nôtres, l'une des bras droit de Cécil en réalité, a fomenté un complot visant à le faire assassiner et à déclencher une guerre contre les vampires que beaucoup des nôtres réclament. C'est grâce à l'intervention d'un fondateur, d'un homme bien, et d'Andropov que tout ça a pu être évité, que Cécil est toujours en vie. Peut être pensait-il ne plus rien lui devoir en allant l'aider à récupérer sa bonne femme, régler ses comptes...je ne sais pas."

Il ne savait pas trop pourquoi il lui parlait de tout ça, de cette sombre affaire avec Sofia, l'ancienne Fréki. Peut être y avait-il trop de chose dans sa tête pour pouvoir simplement le penser. L'action de la grande louve avait été un terrible coup pour la Meute. Elle était un pilier des leurs, une voix importante, et même s'ils ne s'étaient pas toujours entendu, Khaaleb avait toujours éprouvé du respect pour elle. Peut être était-ce de voir un de ses plus proches collaborateurs le trahir ainsi qui avait ébranlé la foi du Marrok. Peut être pas.

"Cependant, je ne pense pas qu'aucun d'entre nous n'avait anticipé ce qui allait se passer ce soir là, ça c'est une certitude. Que cette aide que nous leur avons apportée mènerait à une telle débâcle. Ça ne justifie pas mes actes ni ceux des miens bien sur, je pense que rien ne le peux vraiment désormais...J'aurai pu faire demi-tour, désobéir à mon chef, décider d'abandonner mes frères, plutôt que de..."

A ces mots, son regard quitta le vide et se posa sur ses mains. Elles tremblaient encore. Il serra les poings, tentant de chasser de lui toute forme de peur. Il devait retrouver sa force, cesser d'être cet être misérable que l'attaque avait faite de lui. Il avait déjà été l'ombre d'un homme, longtemps auparavant, et plus jamais il ne voulait renouer avec cet état de désespoir. Il devait se ressaisir bon dieu ! Lève toi !
Relevant les yeux, il trouva à nouveau ceux de Thalya, et aussi surprenant que cela pouvait paraitre, il sentait que c'était par elle qu'il pourrait refaire surface.


"Mais si tu voyais ta Grande Inquisitrice foncer dans un combat, même un combat que tu ne cautionnes pas, un combat qui tu sais te mènera à ta perte, et que malgré tout ce que tu as pu dire, tout ce que tu as pu faire, elle fonce quand même vers le danger, putain, oses à ton tour me dire que tu ne ferais pas tout pour l'aider...pour la sauver. Cécil est bien plus qu'un leader pour moi, bien plus qu'un ami, qu'un frère...je lui dis la vie Thalya...et c'est un lien plus fort que celui du sang."

C'était quelque chose que peu de gens pouvaient comprendre, ce lien entre ces deux hommes. Quelque fut les situations, quelque fut les différents qui avaient pu au cour des années les opposer, les batailles qu'ils avaient eu à mener, Khaaleb se rangeait toujours derrière Cécil. Et il y avait là bien plus qu'une allégeance sociale ou politique, c'était une question d'honneur, de devoir. Un pacte silencieux qu'il avait passé plus de dix années auparavant.

"C'est peut être pour ça que je cherche désespérément une justification là où il n'y en a peut être tout simplement pas. L'idée qu'il nous ait mené à la guerre m'est tout simplement insupportable. Mais il faut regarder la vérité en face, en tentant d'éviter un conflit, nous nous sommes plongé dans un autre."

Et le pire dans tout cela, c'est qu'il n'était pas sur en cet instant qu'ils eussent bien choisi leurs alliés. Mais malgré tout, malgré cette action stupide qu'ils avaient mené de concert avec les vampires, il ne parvenait pas à rejeter la faute sur quelqu'un d'autre que lui même. Car en temps que Géri, il aurait du avoir la force nécessaire de convaincre Cécil de se détourner. Mais il n'avait pas vu plus loin que le bout de son nez. Il n'avait pas prévu, ou peut être qu'il n'avait pas voulu. Lève toi !

"Mais que faire alors ? hein ?" Et à cet instant, il eut un sourire triste, le premier depuis qu'elle était arrivée."Sommes nous destinés à tous nous entre-tuer jusqu'au dernier ? A voir nos frères tomber un à un, à vivre cacher dans la peur de l'autre ? A se combattre et se fuir, inlassablement ? Non, je refuse d'adhérer à cette vision pessimiste et fataliste. Je refuse de croire qu'un avenir commun est impossible, par la faute de quelques détraqués...même maintenant... surtout maintenant."

Et il chercha à nouveau son regard, le regard de cette femme qui perturbait tous ses repères. Pourquoi avait-il rencontré sa route ? Quel bien pouvait ressortir de cette relation ? Quel était ce pouvoir qu'elle avait en elle pour le rendre aussi misérable que le plus miséreux des hommes, et à la fois aussi fort qu'une montagne.
Si seulement les choses avaient pu être différentes. Mais elles ne l'étaient pas. Les choses étaient ce qu'elles étaient, et elle était qui elle était, il allait devoir faire avec.
Tant de chose seraient différentes désormais. Lève toi Khaaleb !!
L'espace d'un instant, il repensa à l'enterrement qui avait eu lieu le matin même, dans ce petit cimetière du Minnessota où dormait à présent le cadavre de son ami. Cette simple pensée au tot fait de lui mettre le coeur aux bords des lèvres, et comme elle qui avait parlé du soldat, lui ressentit à ce moment précis le besoin de parler de cet ami qu'il avait lui-même perdu.


"Il s'appelait Will, tu sais, l'homme que vous avez tué. Je le connaissais depuis plus de dix ans. Une vraie tête brûlée, toujours à faire le con, à chercher la merde..." Il sourit à nouveau, ses yeux retombant dans le vague, mais ce sourire s'effaça aussi vite qu'étaient apparu les quelques souvenirs heureux qui lui étaient venus..."mais c'était surtout quelqu'un de bien, de droit...un ami fidèle et sincère qui m'a accompagné quand"...ses paroles moururent sur ses lèvres. Non, ça, il n'était pas encore prêt à lui en parler..."un ami avec qui je ne pourrai plus jamais parler, ni boire, ni rire"...Sentant sa voix se briser, il se prit le visage dans les mains, et l'espace de quelques secondes, il n'y eu que le bruit de la pluie qui résonna autour d'eux. Puis il se ressaisit, tout du moins il essaya..."Son absence est une telle...une telle souffrance...là"...et il frappa sa poitrine avec son point serré..."Ce n'était pas un soldat, mais il savait pourquoi il se battait...en tout cas il savait pour qui."

Et dans le fond, lui aussi. La perte de Will était un traumatisme immense, l'un des plus terribles qu'il avait eu à affronter, mais il lui faisait réaliser tant de choses aujourd'hui. Il ne s'en rendant compte que maintenant.

"Et je ferai tout pour qu'il ne soit pas mort en vain... il y a encore tant de choses que nous pouvons changer..."

Il fallait se lever, se lever et à nouveau être lui. Il ne pouvait pas rester ainsi à se morfondre, à comater dans cet état grotesque et léthargique. Il ne pouvait se laisser aller à cette forme d'abandon de soi, il le leur devait. C'était bien beau de s’écouter et de laisser aller sa peine façon pleureuse sicilienne, mais ce n'était pas lui bon sang !! Il était plus que ça, il était le descendant d'une grande nation, d'hommes et de femmes fières et grands, et tant de choses dépendaient maintenant de lui, aujourd'hui plus que jamais. Le rôle qu'il allait devoir jouer, rien ni personne ne l'avait préparé à cela, et c'était en pleine connaissance de cause, et dénué de toutes mauvaises intention qu'il l'acceptait. Il devait sauver les siens, il devait tout faire pour les sauver, et s'il n'y arrivait pas, comme il l'avait si bien dit, il mourrait dans cet entreprise.
Tournant le visage vers la jeune femme, il lui sourit avec douceur. Elle était entrée dans sa vie avec la force d'un bulldozer, chamboulant tout, et ce nœud qu'il sentait dans son ventre à chaque fois qu'il la voyait, le perturbait plus que tout, mais il devait l'oublier. Ils n'étaient rien, et pourtant tant de chose dépendait d'eux. Qu'elle était belle bon sang...


Ils étaient tout les deux face à face, l'une debout, l'autre assis, trempés par la pluie battante, épuisés par les épreuves. Mais il n'y avait plus de confrontation, plus de colère à faire sortir, plus de venin à cracher. Le pitoyable de la situation lui apparut soudain, et il finit par se relever avec difficulté en s'appuyant sur le poteau de bois.

"Tout cela est ridicule...viens...rentrons."

Sans s'attarder pour voir si la jeune femme le suivait ou non, il gravit les quatre marches, traversa en un pas la terrasse de bois et pénétra dans le chalet. A l'intérieur de la grande pièce à vivre régnait une quasi obscurité produite par la fin du jour qui commençait à tomber et aux nuages qui s'obstinaient à rester au dessus d'eux. Actionnant un interrupteur, il alluma les quelques lampes du salon, rependant par la même dans la pièce une lumière douce et chaleureuse. Sortant sa baguette de la poche arrière de son pantalon, il la déposa dans le pot à crayons qui se trouvait sur le bureau recouvert de paperasse qui se trouvait tout proche de la porte d'entrée. Sentant derrière lui la présence de la jeune femme, il s'avança et traversa séjour vers les petites pièces qui se trouvaient dans le fond. Bien sur il aurait pu utiliser la magie pour faire venir à eux ce dont ils avaient besoin pour se sécher, mais il sentait qu'il n'était pas encore venu le temps où il pourrait utiliser la magie devant elle. Murmurant un "je reviens", il la laissa donc là, dans cette grande pièce vide aux allures rustiques. Tout était fait en bois brut, le sol, les murs, même les meubles, et on sentait dans le travail du fil que c'était fait par la main de l'homme et non d'une quelconque machine. Mais même si l'endroit avait tout d'un repère de garçon, il n'en était pas moins extrêmement chaleureux. Des tentures et des plaids tissés aux couleurs des six nations iroquoises couvraient le canapé et les fauteuils, et se disputaient les murs avec de vieilles affiches de vieux films ou d'anciens festivals. Il y avait de ci de là, des objets étranges, issues du folklore de son peuple, et des livres par centaines. Comble de la technologie, il y avait même une vieille télé toute petite et assez ridicule quand on savait ce qu'on pouvait aujourd'hui trouver dans n'importe quel foyer. Posé à même le sol, une vieille platine vinyle attendait désespérément d'être utilisée, tout comme les galettes qui attendaient rangés dans des bacs en vieux plastique transparent et coloré juste à côté d'elle.
A peine trois secondes après qu'il fut sortit de la pièce, Khaaleb revint avec dans la main deux serviettes propres et surtout sèches. Arrivant au niveau de la jeune femme, il lui en tendit une, puis se détourna, se dirigeant vers une partie de la pièce où se trouvait la cuisine ouverte. Posant sa propre serviette sur une des chaises qui entouraient la massive table en bois sombre, il serra les dents et entrepris de retirer le T-shirt trempé qui lui collait à la peau. Jurant, il me pu que grimacer de douleur lorsqu'il du bouger son épaule pour dégager le vêtement. Une fois que ce fut fait, il balança l'habit trempé sur une autre chaise et jeta un coup d’œil au pansement qui recouvrait sa blessure et qui avait pris à nouveau une teinte rouge sombre.


"Vous m'avez pas loupé quand même putain..." dit-il sur un ton presque amusé. Le tout était bien sur dans le "presque", car cette plaie le préoccupait bien plus qu'il ne le laissait paraître. Les balles d'argent avaient ce pouvoir d'empoisonner leur sang et de faire bien plus de dégâts que ne l'aurait fait un balle ordinaire. Heureusement pour lui, la dite balle n'avait fait qu'un séjour très court dans son épaule, ressortant aussi vite qu'elle était entrée, et il n'était pas ce qu'on pouvait appeler une petite constitution, sans quoi il serait surement entre la vie et la mort à cet instant précis. Il s'en remettrait, mais ignorait encore les séquelles que la blessure laisserait. Enfin, ce n'était qu'une cicatrice de plus...
Séchant rapidement le haut de son corps et ses cheveux, il finit par passer l'essuie autour de son épaule. Puis il se tourna vers un des placards de la cuisine et en sortit deux grands verres ainsi qu'une bouteille qui ne portait pas d'étiquette mais qui contenait indubitablement de l'alcool à vous réveiller les morts. Servant des doses plus que généreuses dans chacun des deux verres, il en poussa un vers Thalya et porta l'autre à ses lèvres afin d'en boire le contenu cul-sec. Le liquide passa de sa bouche à sa gorge comme s'il y avait fait couler du feu liquide. Fronçant le nez, grognant, il se resservit un verre avant d'enfin reprendre la parole. Le son de sa voix avec quelque chose de changé, de plus grave et sérieux qu'auparavant. Son regard était ferme, dur, mais non plus plein de colère comme il l'avait été.
Je suis prêt...

"Bien...et maintenant, que fait-on ? Les loups n'ont pas l'unité nécessaire pour entrer en guerre, que ce soit contre le Bastion, ou contre Boston d'ailleurs. En dehors des nuits de pleine lune, nous ne sommes que des humains ordinaires, sorciers, ou non, nous ne faisons aucune différence. Notre communauté compte plus d'enseignants, de barmans, ou même de comptables que de soldats ou de combattants."...Tendant la main vers un paquet de cigarettes qui se trouvaient en évidence sur la grande table, il en sorti une et la glissa entre ses lèvres..."Mais ça ne nous empêchera pas de nous battre et de décimer bon nombre de ceux d'en face dans la bataille. Ça serait un massacre, un massacre parfaitement inutile. Et de toute façon nous avons assez à faire avec nos propres conflits internes pour nous battre contre vous, ou contre qui que ce soit d'ailleurs."...Il sortit de la poche arrière de son pantalon un briquet mais ce dernier devait avoir pris l'eau car aucune flamme n'en sorti. Le jetant sur la table, il se dirigea vers le frigo sur lequel il savait se trouvait un autre briquet qui marcherait cette fois. Allumant enfin sa clope, il tira une longue bouffée avant de s'adosser au réfrigérateur en croisant les bras..."Notre présence et nos actions de l'autre soir furent... furent une terrible erreur, surtout au vue de ce que tu m'as dit. Mais est-ce qu'un petit contingent compte pour une nation entière ? Bien sur la présence de Cécil change beaucoup de chose..."

Buvant une nouvelle gorgée, il réfléchit quelques secondes et une idée lui apparut. C'était un coup à tenter, et même lui ne pouvait anticiper que quelque chose de positif en ressortirait, mais tout était bon à prendre, après tout, ils n'avaient plus grand chose à perdre.
Tirant une chaise, le grand loup s'assit à nouveau, les coudes posés sur la grande plaque de bois, mais cette fois il se ne se tenait plus recroquevillé sur lui-même, ni avachi comme un adolescent rieur. Non il était droit et fort, calme, et aussi sérieux que pouvait l'être quelqu'un qui prenait enfin la pleine conscience de ses actes.


"Penses-tu qu'il serait envisageable d'organiser une rencontre, ou un échange peut être, entre le Marrok et la Grande Inquisitrice ? Pas demain bien sur...mais un jour prochain. Je doute que Cécil accepte de faire des excuses publiques, ce serait de toute façon une terrible erreur pour nos deux camps au vue de la situation...mais s'ils se parlaient, peut être parviendraient-ils à trouver une issue acceptable pour tous ?"...il prit une grande inspiration de nicotine, et recracha la fumée dans un long souffle..."Thaya, je comprends que la notion de pardon soit encore parfaitement prématurée, et ce n'est pas ce que je demande, mais crois-tu que l'éventualité d'une trêve pourrait être quelque chose d'envisageable ?"

Dans cette dernière phrase, c'était autant des loups et des inquisiteurs qu'il parlait que d'elle et lui. Il était prêt à beaucoup, mais il allait falloir qu'elle l'aide. C'était à son tour de lui tendre la main, à son tour de faire un pas vers lui...et bordel qu'est ce qu'il en avait envie. Elle cette rencontre improbable. Elle, cette femme qui lui ressemblait tant sur certains points, et qui était son opposé sur d'autres.

"Penses-tu qu'un jour tu pourras me regarder sans me haïr ?"finit-il par murmurer...






———————— ϟ ————————

The moon is my only God,
the night my only love
and you're the night...

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Ce monde qui nous sépare - feat Thalya

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