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 Happy Valentine's day

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Cyrius C. Fernandes

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ϟ Métier : Journaliste ϟ Âge : 21 ans ϟ Race et sang : Sang-mêlé ϟ Statut civil : Célibataire

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MessageSujet: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty25.10.18 8:46


Happy valentine's day
Cyrius & Anahia


La Saint-Valentin... Une fête commerciale moldu complétement idiote et ridicule dédiée aux amoureux, du moins officiellement. Pour Cyrius ce n'était qu'une fête hypocrite de plus, durant laquelle les femmes se montraient plus insupportables que d'ordinaire. Gare à celui qui ne préparait pas une soirée à la hauteur des espérances de madame, il en entendrait parler toute sa vie, car comme de bien entendu ce que retienne ces charmantes créatures ce ne sont pas les milles merveilles que son dévoué serviteur aura fait pour elle durant toute leur vie commune mais la seule soirée qu'il aura lamentablement raté ! Fort heureusement, cette fête des amoureux avait aussi ses avantages pour des personnes comme lui. Elle lui permettait de faire des rencontres plus au moins intéressantes de personnes qui ne désiraient pas être seules pour l'occasion. S'il n'avait jamais eut de problème pour séduire les femmes, il fallait bien reconnaître que la Saint-Valentin favorisait encore plus ce genre de rencontre et c'était d'ailleurs principalement pour cette raison qu'il se trouvait actuellement à Boston dans cette petite épicerie.

Cela ferait bientôt 6 mois que Elijah était mort, que l'on avait mis fin aux exactions du Cercle et que le masque du Président Marshall était enfin tombé ! Six mois et il n'arrivait toujours pas à s'en remettre alors que les gens autour de lui avait repris leur vie comme si de rien n'était et un sens, il leur en voulait. Thémis avait repris la vie commune avec ce dandy politicien qui l’avait pourtant blessé que n’importe qui d’autre, Tyler continuait sa petite vie dorée aux côtés d'Imane, Jessica avait démissionné pour ouvrir son propre cabinet à New-Phoenix, comme si elle n'avait pas pu faire ça avant... Ils avaient tous repris le cours de leur vie comme si la mort d'Elijah n'avait été qu'une triste parenthèse dans leur vie bien rangée, mais lui, il n'y arrivait pas. Tous ces événements l'avaient profondément affecté, changé, lui-même en avait conscience. Il était devenu amer et cynique, allant jusqu'à ébranler son idéale journalistique qui avait sérieusement été éborgné. Lui qui pensait faire ce métier pour révéler la vérité au monde entier, quoi qu'il en coute, dénoncer des agissements peu scrupuleuses, dévoiler au grand jour des magouilles que les plus puissants auraient aimé voir être tus à jamais,...
Cyrius avait un idéale journalistique, et c'était pour lui qu'il faisait ce métier, pour servir cette cause à laquelle il croyait. Il s'était montré arrogant, se vantant de n'écrire que la vérité sans mâcher ses mots... sauf qu'il se trompait ! Il s'était fait gentiment manipuler comme une marionnette, par tout le monde, Marshall en particulier, et lorsqu'on avait essayé de lui dévoiler la vérité, lorsqu'on lui avait parlé de l'implication du Président, de son rôle majeur dans le Cercle, il avait refusé d'écouter. Son instinct lui avait fait défaut. S'il l'avait fait, s'il avait révélé au grand jour ce qu'Abigor lui avait confié cette fameuse journée où il s'était introduit dans sa chambre d'hôtel, son cousin serait surement toujours en vie aujourd'hui, mais voilà, il n'en n'avait rien fait et à présent Elijah était mort.

Incapable d'écrire, incapable de poursuivre sa collaboration à l'émission d'Aïe'Actu, Cyrius avait donné sa démission à son patron qui l'avait refusé, lui accordant à la place un congé sabbatique. Si être incapable d'écrire une seule ligne l'avait rendu fou, l'inactivité n'avait servi qu'à le plonger dans une certaine dépression, surtout lorsque l'on voyait ce qui se passait dans ce foutu pays. Comme si l'apparition du Cercle et des pro-moldus n'était que les prémices de quelque chose d'encore plus noir et de sombre. L'émergence de Wilkerson au pouvoir ne faisait que confirmer cette tendance. Et si une partie de lui se sentait impuissant, une seconde, malgré tout, se révoltait face à cet état de fait et face à l'inertie ambiante qui laissait faire en attendant que les choses se passent. Que fallait-il donc faire pour que les gens réagissent ? Que le pays soit définitivement plongé dans le chaos ?
C'est parce qu'il avait besoin de changer d'air, d’échapper à Priscus qui, il le voyait bien, s’en faisait pour lui, de se rendre dans un lieu où, si l'on connaissait ses écrits et son nom, on ne connaissait pas forcément sa bobine, qu'il s'était retrouvé à Boston. Pour quelle raison avait-il choisi Boston précisément ? Tout simplement parce qu'une de ses connaissances intimes s'y trouvait. Il s'agissait d'une fille qu'il avait rencontrée au cours de ses nombreux déplacements. Lydia appartenait à cette première vague de sorciers qui avait choisi de déserter la capitale des Partisans du Nouveau-Monde suite à l'enlèvement de Saevus Yaxley par les Inquisiteurs. Cette fille n'était pas très maligne mais elle était d'agréable compagnie, du moins, elle n'était pas prise de tête. Cela faisait quelques mois qu'elle était fiancée à un gentil garçon qu'elle aimait de toute évidence mais qui ne parvenait pas à la satisfaire dans un certain domaine. L'homme travaillait dans la restauration et autant dire qu'un soir de Saint-Valentin, le preux chevalier de Lydia allait être bien occupé et serait probablement trop épuisé pour faire quoi que ce soit par la suite... une fiancée délaissée le soir où l'on fêtait les amoureux, il n'y avait rien de plus terrible. Dans le fond, son cuistot pouvait le remercier car sans lui, Lydia se serait surement montrée moins conciliante lorsqu'il rentrerait et s'écroulerait comme une masse dans leur lit conjugale.

Alors qu'il faisait des achats de dernières minutes pour cette soirée qui n'aurait absolument rien de romantique mais qui aurait au moins le mérite d'être passionnante, son regard fut attiré par une très belle femme d'âge mur, qui observait un jeune couple de sorciers flirtant timidement ensemble devant l'étalage de fleurs aux propriétés magiques que l'on ne trouvait pas dans une simple petite boutique moldu. A les voir agir si timidement et sourire si stupidement à chaque fois que leurs regards se croisaient ou que leurs mains se frôlaient, il n'était pas difficile de deviner qu'il s'agissait là de leur toute première Saint-Valentin. Mais plus que le jeune couple c'était la manière qu'elle avait de les observer qui l'intéressa, il en ressortait quelque chose de terriblement amusant et d'intrigant dans sa manière de faire. Se remémorait-elle un lointain souvenir ? Elle était tellement absorbée par sa contemplation, qu'elle ne parut pas réaliser que quelqu'un venait de s'approcher derrière elle. Sa bouteille de vin en main, il se pencha vers l'avant pour prononcer ces quelques mots taquins à son oreille.

- Soit tu flashes sur le grand brun soit sur la petite rousse

La voyant se retourner vers lui, un grand sourire se dessina sur ses lèvres car cette femme, aux délicieux traits amérindiens, non contente d'être très belle avait cette étincelle d'amusement et d'espièglerie qui se reflétait dans le brun de ses yeux et qui ne le laissèrent pas indifférent. Un rapide coup d'oeil sur la boite de chocolat qu'elle tenait entre ses mains, lui permis de deviner qu'elle s'apprêtait à passer la fête des amoureux en solitaire, avec pour seule compagnie cette boite de chocolat au goût doux amer. Un constat qui lui fit agrandir son sourire de séducteur. Comprenant qu'elle ne voyait pas où il voulait en venir, il pointa discrètement du doigt le jeune couple qui continuait de se becquotter amoureusement devant l'étalage de fleurs, sans prêter la moindre attention à ceux qui les entouraient.

- Soit tu as envie de te faire le brun et là j’ai largement mes chances, soit c'est la petite rousse qui t'intéresse et là il ne me reste plus qu'à me diriger seul vers la caisse et me consoler avec cette bouteille de vin.


———————— ϟ ————————
- Quand je te dis bouge, tu bouges, quand je te dis bouge pas, tu bouges pas et quand je te dis saute....
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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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MessageSujet: Re: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty04.11.18 9:57


Happy Valentine's Day
ft Cyrius et Anahia


Anahia se tenait debout, le regard fixé sur ce qui se passait de l'autre côté de la rue, droite comme un peuplier dans les allées de la petite supérette de quartier, coincée avec son panier à la main entre le rayon tablettes de chocolat et celui des tisanes. L'après-midi tirait à sa fin et déjà la lumière baissait dans les rues. Bientôt, ils allumeraient l'éclairage public et les allées et avenues s'illumineraient de ces petits soleils magiques qui apparaîtraient dans chaque lampadaire, donnant un air irréel à la capitale sorcière. La jeune femme était passée faire une course en rentrant du travail, elle portait encore une grande cape de sorcière noire comme son âme la nuit et une besace en cuir sombre qui contenait certainement ses dernières copies à corriger.
La sorcière aimait passer à la supérette en rentrant du travail, c'était un endroit agréable avec de bons produits, il y régnait une douce odeur de graines, de pommes et de feuilles de tilleul. Une odeur de nature qui la rassurait. Depuis le temps qu'elle vivait dans le quartier, elle y connaissait tout le monde, le propriétaire comme les employés.
Avant la Grande Révélation, il n'y avait pas de commerces dans ce genre dans le monde sorcier. Lorsqu'on voulait des bonbons, on allait à la confiserie, quand on voulait de la pattée pour le chien on allait dans la boutique de soins aux créatures magiques, ainsi de suite. C'était la confrontation avec le monde moldus qui avait été à l'origine de ces établissements, somme toute bien pratique pour le quotidien. Bien sur, aujourd'hui il n'y avait plus beaucoup de produits moldus dans les étalages, mais ils en persistaient certains qui avaient su trouver un tel intérêt auprès des mages qu'ils ne pouvaient juste plus s'en passer. Après tout, c'était la technologie qui était proscrite, pas le dentifrice.
La création du Dôme avait cependant eu pour effet de changer le visage de ces commerces qui avaient repris un aspect plus traditionnel, sans congélateurs vitrés, sans éclairage aux néons, sans écrans tactiles sur les caisses enregistreuses, et puisqu'il n'y avait plus non plus de réfrigérateurs dans les maisons, on devait venir faire ses courses deux fois plus souvent qu'à l'ordinaire. Cette pratique qui gênait au début était devenu pour toute la ville une habitude. On n'y faisait même plus attention. Les supérettes redevenaient des lieux d'échanges et de rencontres, les centres névralgiques des petits quartiers de la grande Boston.

Depuis qu'ils étaient deux à la maison, Anahia venait régulièrement avec son fils faire les courses. Ca lui permettait de voir avec lui ce qu'il voulait manger. Elle connaissait ses goûts bien sur, la plupart en tout cas, mais dix ans de vie à l'écart de lui lui demandait de remettre ses fiches à jours. La jeune femme était ravie d'avoir enfin son fils avec elle. Vivre avec lui, le voir grandir, s'épanouir à l'école et y réussir (on ne parlera pas des bêtises qui son la panache de la jeunesse) était pour elle le plus beau des cadeaux. Elle se sentait comblée, à un détail près. L'école de Salem était un internat : les élèves y restaient la semaine et dormaient sur place, ne rentrant chez eux que les week-ends. Contrairement à des établissement comme Poudlard, ce n'étaient pas aux enseignants de remplir la charge de surveillants de nuit et s'étaient des ASEN (Assistant Sorcier de l’Éducation Nationale) qui avaient la charge de veiller sur toutes les chères têtes blondes la nuit.  Les profs pouvaient rentrer chez eux pour souffler un peu, avoir une vie, retrouver leurs familles. Mais c'était là que le bas blessait. En rentrant chez elle, la jeune mère célibataire ne retrouvait personne, à part son vieux corgi tricéphale. Elle se retrouvait seule, comme avant lorsqu'Emrys était encore au Canada, seule face à elle même dans le vide de sa petite maison qui prenait alors des allures de cathédrale. Elle pouvait aller, errer comme une âme en peine, passer dans chacune des pièces désertées, enroulée dans un plaid et une bouteille à la main. En général, elle finissait par s'endormir en serrant contre elle une des peluches que son fils commençait à délaisser. Vous trouvez ça pathétique ? Je trouve ça assez réaliste.

Anahia se sentait seule, du moins une partie de la semaine, et ce sentiment de solitude était bien évidement accentué un soir comme celui de la St Valentin. Dans le fond, la sorcière n'avait jamais prêté un très grand intérêt à cette fête moldu qui n'avait pas trop de sens à ses yeux. Elle qui avait l'habitude des fêtes millénaires, dans danses de Sabbath autour du feu, trouvait celle-ci un peu fade, trop liée à la société de consommation moderne aussi. C'était une douce arnaque, celle auquel on ne veut pas participer mais qui nous entraîne malgré tout. Aussi loin que la jeune femme (oui jeune femme !! 38 ans bordel !! 38 ans !!) essayait de se rappeler, elle n'avait jamais vraiment eu l'occasion de fêter cette soirée avec quelqu'un, quelqu'un qui comptait vraiment. A bien y réfléchir, ça faisait même un bail qu'elle n'avait pas été en couple, sous entendu, une vraiment relation amoureuse. La voyante avait davantage coutume à collectionner les histoires sans importances que de se permettre de s'ouvrir intimement. La dernière fois qu'elle s'était laissée aller au sentiment d'amour, elle s'était retrouvée dans une cavale sans fin, enceinte de surcroît. Peut être qu'en fin de compte, on a qu'un seul grand amour, et qu'elle avait fui le sien des années auparavant.  
Ce constat la rendait un peu amère, et lui donnait une excuse pour ne pas se prendre la tête avec des histoires sentimentales. Le résultat était pourtant là. Lorsque son ami et collègue, le professeur Sean Brown, rentrait chez lui, il retrouvait sa merveilleuse femme Elisabeth et leur adorable bébé. Ils mangeaient, riaient, ou bien s’engueulaient mais qu'importe, ils avaient quelque chose à partager. La seule chose qu'elle avait à partager c'était un pack de kro... et le chien ne buvait pas d'alcool.
Le désespoir dans l'âme, Anahia avait donc décidé que quitte à être en état de dépression avancé, ce soir de St Valentin, autant faire les choses biens. Elle était donc entrée dans la supérette avec l'intention d'y acheter tout ce qu'il lui fallait pour l'opération rien-n'a-foutre-de-toutes-ses-conneries, à grand renfort de bouteilles de rouge et de chocolat praliné. Pas de raison que seuls les couples en profite merde !

Elle était entrée dans la boutique comme si le monde était à ses pieds, fière, forte de sa bonne résolution. Après tout, on pouvait être heureux sans être en couple non ??! Elle avait pris un panier et foutu dedans tout ce qui lui faisait envie, acceptant le fait qu'elle risquait une fois de plus d'aller bosser avec la gueule de bois le lendemain. Heureusement pour elle, elle commençait tard, ça lui laisserait le temps de se remettre même un peu.
Mais alors que, forte de ses convictions, la jeune femme vidait les étagères portant les tablettes de chocolats, son regard avait glissé vers la fenêtre qui se trouvait juste à côté, tombant sur un jeune couple, tout frai tout nouveau, qui gloussait en se faisant des papouilles sur le trottoir d'en face. Ça c'était la goutte d'eau, et Anahia se rendit compte qu'elle pouvait bien se voiler la face autant qu'elle voulait, elle aurait échangé toutes les bouteilles de son panier pour pouvoir rire comme cette petite pintade rousse riait. La façon dont ce petit merdeux la serrait dans ses bras, leurs doigts gantés qui s'enlaçaient, le baiser rapide et rieur, cette parole échangée à l'oreille.
Elle les détestait. Tout les deux, l'un autant que l'autre. Ce petit couple qui n'avait encore aucune idée de la merde qu'était le monde. Elle détestait ce qu'ils étaient, elle détestait ne pas être l'un d'eux. Ils brisaient en elle cette force qu'elle avait cru avoir, ils lui montraient qu'en fin de compte, elle pouvait toujours se donner un genre, c'était ça dont elle avait envie.
L'idée de leur jeter un sort lui traversa l'esprit. Ce ne serait pas trop compliqué, elle avait sa baguette à portée de main. Elle ne choisirait pas un sort trop méchant, non, ça serait trop mauvais pour le karma, mais un truc un peu chiant qui lui soulagerait un peu l'âme à défaut de la conscience.

Alors qu'elle était en train de passer en revue quelques sorts à jeter à ces deux petits bâtards, elle entendit qu'on lui parlait. Sortant de ses pensées, elle tourna la tête, intriguée par ses paroles qu'elle n'avait pas saisit. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant non pas une vieille qui lui demandait de lui attraper la boite de biscuits tout en haut de l'étagère mais un charmant jeune homme tout droit sorti de ses espoirs les plus fous. Il était jeune, ça c'était une évidence, plus jeune qu'elle en tout cas, même si quelque chose lui disait qu'il devait avoir l'habitude de ce genre d'accostage. Il devait faire la même taille qu'elle, mais elle le dépassait légèrement grâce aux talons qu'elle portait. Il avait le visage charmant, les cheveux bruns bouclés comme un angelot des ténèbres, la bouche en cœur et le sourire ravageur. Une délicieuse friandise dont elle aurait bien fait une seule bouchée.
Lorsqu'il répéta les mots qu'elle n'avait pas compris dans un premier temps, elle se rendit même compte qu'il la draguait !! C'était trop beau pour être vrai !! Quel dieu de la miséricorde avait mis sur son chemin ce jeune Adonis pour se faire pardonner de lui imposer une vie sentimentale de merde au quotidien ? C'était le plus beau cadeau de la St Valentin qu'elle avait jamais reçu, si elle en avait déjà reçu. C'était trop beau pour être vrai.
Un sourire taquin et gourmand étira ses lèvres, et elle haussa les épaules.


« Pour quelle raison devrais-je préférer l'un à l'autre ? C'est beaucoup mieux d'avoir le choix... » Dit-elle avec un ton innocent, laissant son regard retomber sur le jeune couple qui se roulait la galoche du siècle façon moulin à vent. « Non si vous voulez tout savoir... je ne flash ni sur l'un ni sur l'autre comme vous dites... je les envie. J'envie leur stupidité... leur innocence aussi peut être, sans doute...en tout cas, rien qui ne vous donne une chance avec moi, ni même le droit de m'aborder ainsi d'ailleurs, bien que j'apprécie le geste, croyez-le bien. »

Elle tourna la tête vers lui, une étincelle dans les yeux. Si ce jeune apollon croyait qu'elle allait se mettre à ses pieds en le remerciant de sauver la mère célibataire qu'elle était de la torture de passer la St Valentin en tête à tête avec une bouteille de pinot, il se fourrait de doigt dans l’œil et jusqu'au trognon. Elle trouvait d'ailleurs sa technique d'approche un peu brouillonne. Ça manquait de classe, de panache, elle valait mieux que ça !! Ou peut être pas mais elle voulait croire que si. Elle n'était pas en dèche au point de dire au revoir à son amour propre.

« Soyez un peu sérieux jeune homme... » La sorcière jeta un regard intrigué vers le reste du panier qu'il tenait à la main... « Vous faites des courses un soir de St Valentin et vous achetez du vin, une boite de chocolat avec un gros nœud rouge et des...eum... » Elle releva un regard rieur sur son interlocuteur. « On aborde pas une femme lorsqu'on est attendu d'une autre... et ne me sortez pas l'excuse comme quoi il s'agit de votre mère ou de votre sœur, je l'ai trop entendue celle la... » Se tournant vers l'étagère des tablettes de chocolat, elle laissa son regard aller de l'une à l'autre afin d'en choisir une dernière qu'elle déposa avec les autres dans son panier. « Je l'imagine quelconque et niaise à souhait, mais assez enthousiaste et délaissée pour vous divertir et vous donner l'impression pendant cinq minutes que le vide que vous essayez de combler au fond de vous n'existe plus... mais il va falloir vous faire une raison... ce n'est pas comme ça que le vide disparaîtra, il ne disparaît jamais. » C'étaient des paroles bien mystérieuses à dire à un inconnu, surtout à un jeune homme d'un intérêt notable qu'elle aurait bien ramené chez elle pour en faire son quatre heure. Mais ne fallait pas se voiler la face. L'expérience lui avait montrée qu'en règle général ce genre de comportement dragueur de l'ultime résultait d'autre chose, un besoin de retrouver de l'assurance, de reprendre le contrôle. Ce jeune homme avait du travail à faire, et elle était trop fatiguée pour faire aussi la prof le soir.

« Vous feriez bien de retourner à votre rencard jeune homme, et de me laisser au mien avec messieurs Ben and Jerry... » Finit-elle par dire en lui adressant un dernier sourire ensorceleur et un petit clin d’œil avant de se tourner vers les caisses, son panier sous le bras. Une part d'elle se maudissait d'envoyer bouler une si charmante petite gueule, l'autre se félicitait d'avoir su garder la tête haute, mais une chose était sure, elle espérait que ce petit rejet ne refroidirait pas les ardeurs du jeune homme. C'est que l'heure du goûter était passé, et elle avait faim.

Le gif qui a failli fini en en-tête mais qui a été recalé parce que pas assez sexy...:
 


Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 31.12.18 15:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty26.12.18 12:06


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Cyrius & Anahia



Deux choses avaient attiré son regard sur cette pétillante brune. La première c'était son physique. Cyrius avait toujours aimé les belles femmes quelque soit leur âge, et celle-ci ne faisait pas exception à la règle. Il était inutile de se mentir, si elle n'était pas aussi élancée, si elle avait ressemblé à un petit boudin, si elle avait eut un visage insignifiant qui n'attirait pas le regard, si elle n'avait pas ce sourire et ces yeux pétillants, il ne l'aurait jamais regardé et encore moins abordé. Cyrius ne demandait pas aux femmes qu'il fréquentait d'être intelligentes ou intéressantes, des qualités certes appréciables et indispensables pour faire parti de son entourage proche, mais qu'il jugeait totalement inutiles quand il s'agissait simplement de passer un petit moment intime aussi intense que limité dans le temps.
La deuxième chose qui l'avait interpellé c'était tout simplement sa manière de fixer ce jeune couple d'amoureux. Il était évident qu'ils étaient jeunes, peut-être tout juste diplômé, et qu'il s'agissait de leur première relation sérieuse. Leurs visages avaient encore les derniers traits de l'enfance, leurs gestes timides trahissaient quand à eux leur inexpérience respectif. Pour l'heure, ils n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre, mais dans quelques années, peut-être déjà dans un an même, ces deux amoureux transit ne se regarderont plus de la même manière, s'ils se regardaient encore d'ici là. C'était son avis et il avait l'impression que la belle brune devant lui, pensait exactement la même chose. En l'abordant de cette manière, il ne savait pas trop à quoi s'attendre, peut-être à un sourire gêné et timide ou au contraire allait-il assister au réveil d'une furie outrée par son attitude, pourtant ce ne fut ni avec l'un ni avec l'autre qu'elle s'adressa à lui mais plutôt avec un sourire taquin et gourmand. Il la vit hausser les épaules dans une fausse innocence, alors que son sourire à lui s'élargissait face à sa répartie. Cette femme n'était pas du genre à s'en laisser compter facilement et elle lui donna envie d'en découvrir plus sur elle

- Tu les envies ? Grimaça-t-il dans une mimique effarée. Mais quelle drôle d'idée.

S'avançant pour se placer à coté d'elle, il observa à son tour le jeune couple d'amoureux qui étaient devenus les héros d'une pièces dont ils étaient devenus les acteurs involontaires, soumis au regard critiques de ces deux spectateurs.

- On voit clairement qu'il s'agit de leur première histoire sérieuse. Ça doit pas faire longtemps qu'ils sont ensemble, leurs gestes sont encore timides, moi je dirais qu'ils se sont rencontrés à nouvel an, chez des amis. Ils se sont plu assez vite mais il lui a fait une court en bonne et du forme et ça doit faire à peine deux ou trois semaines qu'ils sortent officiellement ensemble, pas plus, estima-t-il d'un oeil prétendument expert. Pour le moment, ils apprennent encore à se connaître, à se découvrir alors c'est tout mignon tout gentil, mais dans quelques mois, les masques tomberont, il découvrira qu'elle n'est pas aussi douce et mignonne et qu'elle a bien voulu lui faire croire et de son côté, elle comprendra que s'il était aussi attentionnée c'était juste pour parvenir à ses fins, que ce n'était pas quelque chose de naturel chez lui et qu'il n'est pas le prince charmant de ses contes de fées. Ni l'un ni l'autre n'auront plus envie de faire alors le moindre efforts concernant leurs défauts respectifs. Ils s'agaceront mutuellement au point de ne plus se supporter et dans un an, ils observeront à notre place un nouveau couple avec un regard bien plus cynique que le notre, persuadé de n'avoir jamais été aussi stupide.

Et si tout n'était pas bien qui finissait bien, au moins la boucle était bouclée. On pourrait penser que Cyrius venait de vivre une désillusion en amour mais c'était très loin d'être le cas, il aimait bien trop sa liberté pour ne songer que l'espace d'un instant, fréquenter de manière exclusive et très sérieusement une seule et même personne pendant quelques temps, rien que d'y songer l'idée le faisait frissonner d'effroi. Peut-être changerait-il d'avis dans une dizaine d'année mais il en doutait fortement, pour l'heure en tout cas, il s'estimait bien trop jeune pour s'engager sérieusement. De plus, il avait pu voir de ses propres yeux ce que donnait une relation débuté bien trop jeune et pour une fois on ne pouvait pas dire que dans ce domaine Elijah était l'exemple à suivre c'était même plutôt l'inverse. Elijah était resté fidèle toute sa vie durant à un engagement qui n'avait plus le moindre sens depuis le début. A cause de ce mariage qui l'avait retenu prisonnier, il était passé à coté de sa vie, et aujourd'hui, il était trop tard... Cyrius avait vu son cousin gâcher sa vie, il n'était pas question pour lui de l'imiter, de toute manière restreindre ses expériences à une seule personne alors qu'il y avait tant de femmes intéressantes (de moult façon que ce soit) qui ne demandaient qu'à faire votre connaissance. Il fallait bien reconnaître que cela aurait été fort dommage de se priver de tant d'opportunité.
Si Cyrius ne partageait nullement ce sentiment d'envie qu'elle avait pu éprouver à l'égard de ce couple, il devait admettre qu'elle marquait au moins un point sur un domaine. C'est qu'en plus d'être sexy, elle était perspicace. En effet, le portrait qu'elle avait dressé de Lydia était des plus exacts, s'en était troublant au point qu'il aurait pu penser qu'elle la connaissait, ce qui était peu probable concernant la jeune sorcière. Par contre, ce qu'elle lui avait dit au sujet du vide, de cette désagréable sensation qui l'habitait depuis bientôt 6 mois, le dérangeait. Elle le dérangeait parce qu'une inconnue, en l'espace d'un bref et court échange, pensait lire en lui comme dans un livre ouvert et se permettait de lui renvoyer son malêtre en pleine figure. Avait-il à faire à une Legilimens ? Que ce soit ou non le cas, il décida d'ignorer superbement tout ce qu'elle venait de dire le concernant, et de faire comme si elle se trompait.

- Sérieux ? Mais je suis toujours sérieux,
répondit-il l'oeil rieur sans se laisser démonter le moins du monde. Jamais il ne me viendrait à l'esprit de prétendre que c'est pour ma soeur ou pire encore ma mère ! On voit que tu ne les connais pas sinon t'aurais jamais dit ça, lui assura-t-il avec amusement. En vérité, le vin c'est pour moi mais je serais heureux de le partager en ta compagnie, quand à la boite de chocolat elle est pour toi si tu l'acceptes, en tout cas, je t'assure qu'ils sont bien meilleurs que le premier prix sur lequel tu as jeté ton dévolu.

Il ne s'agissait pas des petits chocolats qu'Imane Khazen pouvait bien déguster au saut du lit et ne provenait pas d'un chocolatier de renom mais ils étaient loin d'être mauvais. La voyant se diriger vers les caisses, Cyrius lui emboita le pas.

- Avant que tu ne t'imagines que je te suis, je vais aussi par-là,
glissa-t-il en désignant les caisses d'un mouvement de tête dans un sourire amusé. Au fait je ne me suis pas présenté, moi c'est Cyrius et toi ?

Après avoir payé ses articles, il attendit qu'Anahia en fasse autant avant de lui tendre la boite de chocolat

- Je t'avais promis qu'elle était pour toi, je tiens toujours parole. Maintenant dis-moi, avant que je te laisse rejoindre Ben & Jerry est-ce qu'il y aurait un coin sympa pour passer la soirée ? Et de préférence sans se retrouver cerné par une horde de Valentins prêt à se becqueter toute les 5 mn dans un angle de 180 degrés. La dernière fois que je suis venu à Boston remonte à pas mal de temps, alors je sais que les choses bougent pas réellement dans cette ville qui semble figé dans le temps, mais si tu as une bonne adresse je suis preneur. Et si je peux t'offrir un verre pour te remercier en même temps tu constateras vite que je suis bien plus intéressant que Mr cookie et beurre de cacahuète, fit-il d'un mouvement de tête en désignant son sachet de course, mais ça c'est à toi de décider, je propose tu disposes. As-tu une âme d'aventurière comme je le soupçonne ou est-ce que je me trompe et que le frisson de l'inconnu te fais peur ?



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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty31.12.18 15:53


Happy Valentine's Day
ft Cyrius et Anahia


Écouter quelqu'un faire de longues tirades sur les relations amoureuses comme s'il en maîtrisait chaque tenant et aboutissant était toujours quelque chose de divertissant, et tout particulièrement lorsque la personne en question ne dépassait pas les 25 ans. Anahia elle-même, du haut de ses 35 ans (hum hum oui 35 ans pas plus... vous avez quelque chose à redire à ça !!!), était loin d'avoir fait le tour de la question. Ses expériences amoureuses s'étant pour la majorité terminées de façon pas hyper glorieuse, elle ne se considérait donc pas comme une experte du couple à défaut d'être experte dans un domaine plus horizontale, et elle évitait donc scrupuleusement de critiquer ce qu'elle ne connaissait pas, comme par exemple l'histoire des deux tourtereaux de l'autre côté du trottoir. Bon attention, elle était capable de leur jeter un sort et de leur pourrir la soirée comme une vieille mégère, de se bourrer la gueule façon vénère et de chanter du Céline Dion en cachette, mais critiquer non... Enfin ce n'était pas méchant de laisser les autres faire et d'écouter.
Face à la vitrine, observant le spectacle affligeant du jeune amour, la sorcière écoutait donc la description terrible que le jeune homme qui venait de l'aborder faisait de Marc et Mélanie comme elle venait de les nommer dans son esprit. Pourtant, malgré tout ce qu'il pouvait dire, tournant en ridicule leur bécotage grotesque, quelque chose au fond d'elle lui dit qu'il n'était peut être pas si différent d'elle, qu'au fond lui aussi les enviait, sans quoi jamais il n'aurait été aussi cynique. Regardant le beau brun du  coin de l’œil, elle fut surprise de voir chez un homme si jeune un côté si désabusé sur l'amour. Que pouvait-il bien être arrivé à cette charmante petite gueule pour avoir si tôt perdu l'enthousiasme des relations amoureuses? Où peut être n'y était-il pas encore, croyant dur comme fer qu'être en couple était une atteinte à sa sacro sainte liberté ? Oui, c'était plus probable, le mépris plutôt que l'envie. C'était tout de même bien déprimant !! Même si la jeune femme n'avait jamais été une grande romantique, elle aimait les histoires d'amour, les grandes, les dramatiques, celles qui vous font traverser la Terre, courir le longs des canaux de Venise au clair de lune, renoncer à vos familles et à vos carrières. Et même si ça ne se présentait pas pour le moment, elle espérait bien un jour revivre cette émotion aussi merveilleuse que destructrice. Il fallait bien ne jamais avoir été amoureux pour dénigrer ainsi l'amour. Le beau brun qui semblait tout savoir avait encore beaucoup à apprendre...

Mais il était trop tard pour faire la leçon, trop tard pour expliquer ce que l'amour ou les sentiments pouvaient apporter à une relation charnelle, trop tard pour expliquer que l'amour n'est pas unique, qu'il pouvait être court, ne durer d'un an, un mois, une soirée, qu'il est possible d'en avoir milles dans une vie. Trop tard parce qu'elle avait décidé de retourner à ses affaires et donc d'envoyer gentillement bouler cette charmante friandise qui s'offrait pourtant à elle. Friandise qui décida d'ignorer tout ce qu'elle venait de lui balancer à la gueule, ce qui lui fit penser qu'elle était tombée juste en le jugeant au premier regard. Haussant un sourcil lorsqu'il critiqua les tablettes de chocolat qu'elle avait jeté en nombre dans son panier, elle se dirigea vers les caisses, sans réagir sur cette critique. Etait-il vraiment en train de la draguer en lui disant qu'elle bouffait de la merde ? Croyait-il qu'avec un salaire de prof on pouvait se payer du Jeff de Bruges en veux-tu en voilà ?? Non monsieur NON !! On est pas payé à ne rien faire NON je ne bosse pas que 18h par semaine !! Oui j'ai des vacances !! Mais sans ses vacances j'assassinerai vos gosses tellement ils sont chiants et mal élevé !!! raaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!!!!! … oups pardon je laisse mon moi irl prendre le dessus...il faut que j'arrête d'aller sur facebook et de lire des commentaires moi...bon reprenons. Donc non bien sur le jeune homme ne pouvait pas savoir quel était le salaire d'Anahia vu qu'elle ne lui avait pas encore dit ce qu'elle fait faisait. Pour dire la vérité, le choix du chocolat n'avait d'ailleurs rien à voir avec son salaire, c'est surtout que lorsqu'on avale une tablette en deux minutes en pleine crise existentielle de désespoir, on s'en fou de savoir si c'est du bon ou du lidl. Enfin toujours était-il que la sorcière n'aimait que moyennement être critiqué de la sorte sur ses choix chocolatiers qu'elle alla poser sur le tapis magique de la caisse enregistreuse devant une caissière qui semblait pressée de fermer boutique.
Tendant vers la main vers un présentoir qui se trouvait tout proche, elle attrapa une petite flasque de vodka qu'elle posa en équilibre sur son tas de victuailles caloriques.
Pendant ce temps là le beau brun parlait toujours, et elle ne daigna tourner la tête vers lui que lorsqu'il lui dit son nom, Cyrius...charmant.
Un sourire presque imperceptible aux coins des lèvres, la sorcière le regarda un instant, prenant le temps de le détailler des pieds à la tête comme pour s'assurer de la marchandise. Des boucles sombres et bien dessinées, des yeux malicieux et rieurs, une barbe qui lui donnait l'air plus vieux qu'il ne devait l'être vraiment, un corps qui elle pouvait le deviner ne serait pas une déception. Oui vraiment... il était à croquer. Mais il était si...jeune ! D'ordinaire, ce constat ne l'aurait pas dérangé, mais il fallait être un peu sérieuse. Elle faisait tout pour devenir une sorcière et une mère respectable et respectée, et ce n'était pas en couchant avec des jeunes premiers qu'elle allait y parvenir. Poussant un profond soupir comme quelqu'un qui fait tous les efforts du monde pour ne pas céder à quelque chose dont elle avait très envie, elle détourna les yeux et sortit son porte monnaie de sa poche, prononçant malgré tout un
« Anahia » d'un air détaché. Payant ses achats, la jeune femme récupéra les sacs que la caissières lui tendit et pris la direction de la sortie, bien décidée à fuir cet tentation terrible pour retrouver son pyjama.
Mais c'était sans compter sur le jeune Cyrius qui n'en démordait pas et qui lui tendit la boite de chocolat qui ne lui était pourtant de toute évidence pas destinée à l'origine, ce qu'elle trouva un peu gonflé. Les deux mains prises par ses sacs, elle regarda un instant le jeune homme d'un air incrédule, puis la boite, puis à nouveau le jeune homme. Etait-il vraiment sérieux ?


« Peur de l'inconnu ? » Répéta-t-elle en haussant les sourcils et en hochant la tête. Mais pour qui se prenait-il ce ptit jeunot ? « On voit que vous aussi vous ne me connaissez pas... » Pouffant de rire, elle plongea son regard dans celui amusé du beau latino. Elle-même commençait à se lasser de cette drague poussée. Croyait-il vraiment qu'il allait pouvoir s'en sortir avec une boite de chocolat et un mojito ? Elle n'était pas une de ses étudiantes faciles et enthousiastes qu'il pouvait lever comme bon lui chantait. Se redressant, elle quitta son sourire mais parla avec une voix calme et profonde, ce qui elle le savait lui donnait un air encore plus envoûtant. « Je ne vois pas en quoi aller boire un verre avec vous serait une grande aventure, ni même une raison suffisante de me détourner de mes projets, aussi peu intéressants soient-ils. Peut être qu'un verre suffit à faire glousser la bécasse que vous deviez retrouver initialement ou à ses semblables, mais je ne me contente pas de si peu... je mérite plus que votre mépris et votre pitié... » Dit-elle avec conviction. « Je ne sais pas moi, voyez plus grand !! invitez moi dans un bon restaurant, au théâtre !! Allons marcher dans un parc sous la neige, ou faire du patins à glace, regarder un feu d'artifice sur le toit d'un immeuble abandonné, ou bien partons pour une destination inconnue, ou infiltrons nous dans une soirée où nous ne connaissons personne juste pour rire, danser comme des cons et voler du champagne, ou entrons la nuit dans un musée pour voir des œuvres sans la foule, voilà, ça ça serait de l'aventure, ça ça serait magique... pour ça je veux bien prendre un ticket... mais...prendre un verre ? » Elle rit doucement à nouveau, lui souriant avec douceur et cette fois un peu de pitié. « Revenez me voir quand vous aurez plus m'offrir jeune homme... » Puis tournant les talons d'une façon hyper classe et stylé ce qui fit voler sa grande cape noire de sorcière autour d'elle dans la neige fraîche, elle laissa là le jeune apollon et pris la route de chez elle.
Lorsqu'elle eut fait quelques pas, elle rajouta cependant :


« Numéro 13 Accorn Street... sur Beacon Hill...pas avant 19h ».

Après avoir donné l'adresse à laquelle le jeune homme pouvait la trouver, la sorcière partie la tête haute, prenant garde à ne pas se péter la gueule comme une conne sur une plaque de verglas. Ça aurait été con quand même et ça aurait totalement bousillé sa sortie. Mais heureusement pour le bien du scénario ça n'arriva pas, et Anahia retrouva rapidement le chemin de sa maison.
Franchissant la porte d'entrée, elle se retrouva dans un air chaud et familier aux odeurs de pommes, de cannelle et de plantes séchées et alla ranger ses sacs de courses. Enfin quand je dis ranger je dis balancer sans ménagement sur la table de la cuisine. La jeune femme retira ses chaussures qui tombèrent au sol et elle siffla, ce qui eut pour conséquence de voir Nostradamus, son chien tricéphale, débarquer avec ses chaussons à peine grignotés qu'elle enfila. Attrapant ensuite trois plaquettes de chocolat et la flasque de vodka, la brune se dirigea vers le salon où elle se vautra sur le canapé non sans avoir d'abord jeter un sortilège de flamme dans la cheminée. Vous devez être en train de vous dire : mais qu'est ce qu'elle fou cette conne ? Et vous n'auriez pas tord. Mais en réalité, la jeune femme était persuadée qu'après la tirade qu'elle avait sorti au beau brun, il avait pris ses jambes à son cou et était retourné dare-dare vers sa bécasse. Oui, c'était trop beau pour être vrai. Il avait du avoir pitié de cette vieille femme qui faisait les courses du désespoir et avait voulu être gentil en lui témoignant un peu d'attention. Brave garçon. Mais elle n'était pas dupe, elle savait que son temps était passé et qu'elle allait finir ses jours seule et délaissée. Bien sur pour le moment il y avait toujours son fils, mais lui aussi viendrait un jour par quitter le nid familial pour aller fonder sa propre famille avec une autre bécasse. Peut être viendrait-il la voir encore, puis de moins en moins et elle finirait morte bouffée par ses chats, car oui, même Nostradamus serait mort et elle aurait pris des chats. Oh la dépriiiiime. Se demandant si c'était pas justement le moment d'allumer le gaz et d'écouter Latraviata, la sorcière récupéra un mégot pas tout à fait fini dans un cendrier et l'alluma. Pff c'était pas beau de vieillir, et encore moins de se sentir vieillir. Elle aurait bien eu besoin d'une vraie soirée de St Valentin, une vraie aventure comme ce petit minet avait dit.

Allongée sur le dos sur son canapé recouvert de plaids et de coussins, le vieux bout de clope aux lèvres, Anahia regardait son salon la tête à l'envers. Et si en fait il se pointait vraiment à 19h ? Naaaaaan c'était pas bien de rêver comme ça... oui mais s'il venait vraiment ? Est ce qu'elle voulait vraiment lui offrir le spectacle affligeant d'une trentenaire à moitié dépressive et boulimique ? Dans le doute, il valait mieux se sortir les doigts du cul. Dans le pire des cas il lui resterait toujours la vodka. Se redressant, la sorcière jeta un coup d'oeil à l'horloge qui était accrochée au mur : 18h16 !!! Bordel de merde !! Rejetant plaids, coussins, chaussons licornes et même le chien, la jeune femme se précipita vers la salle de bain à l'étage après avoir lancé un sortilège de rangement dans tout le rez-de-chaussée.
Arrivée en haut, elle se précipita sous la douche, hurla à cause de l'eau chaude qui n'arrivait pas, faillit tomber dix fois en essayant de se raser les jambes à l'aide de sa baguette et maudit les codes de beauté débiles de la société de consommation occidentale. A peine séchée, elle se précipita dans sa chambre où elle ouvrit les portes de la penderie d'un geste dramatique pour en vider littéralement le contenu sur le lit avant de trouver ce qu'elle cherchait : une robe du soir longue et noire comme la nuit qu'elle enfila non sans avoir hésité pendant dix minutes sur quels sous-vêtements mettre et quelles chaussures passer. Après avoir grandit de dix bons centimètres, Anahia retourna dans la salle de bain où elle entrepris de se maquiller. Alors qu'elle mettait un coup de mascara final, elle se stoppa. Mais qu'est ce qu'elle était en train de faire ? C'était parfaitement ridicule... comme s'il allait vraiment venir...
Elle avait fait tout ça pour rien...
Regardant son reflet dans le miroir, elle ne pu s'empêcher d'y voir ces petites rides si discrètes qui portant l'obsédaient tant. Soupirant, elle reposa son tube de mascara sur l'étagère et se contorsionna pour défaire la fermeture éclair de sa robe.

Fort heureusement à cet instant précis, la cloche de la porte d'entrée sonna.



Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 28.02.19 17:47, édité 1 fois
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Cyrius C. Fernandes

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MessageSujet: Re: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty14.02.19 8:29


Happy valentine's day
Cyrius & Anahia


Fallait-il être vraiment désespéré pour draguer dans un supermarché ? Si Cyrius n'avait été qu'un spectateur lambda c'était forcément ce qu'il aurait pensé en se voyant avec cette femme qui, il fallait bien le reconnaître, n'était pas très réceptive à ses avances. Pourtant, à l'origine, à aucun moment il n'avait été dans ses intentions de faire une rencontre dans cette petite supérette puisque comme l'avait si bien deviné la quadragénaire, même s'il n'avait rien reconnu, il avait effectivement déjà un rencard pour la soirée qui n'attendait plus que lui, alors pourquoi avoir abordé cette femme ? Parce que l'opportunité s'était présentée, qu'il n'avait aucune obligation et que la belle s'était montrée très rapidement très intéressante avec son franc parlé. Si à la base, Cyrius était entré dans cette petite supérette de quartier, s'était dans le seul et unique but de faire deux ou trois achats indispensables pour cette soirée qu'il s'apprêtait à passer mais les choses s'étaient enchainées et plus la belle Anahia lui résistait plus il en avait fait un véritable challenge. Bien sur, il ne comptait pas la harceler jusque chez elle, il n'était pas non plus désespéré et était encore moins un détraqué sexuel. En vérité, il s'était donné jusqu'à la sortie de cette petite supérette pour la faire changer d'avis, ce qui réduisait de plus en plus ses marges de manouvre, car il devait bien l'avouer pour le moment, c'était plutôt sans grand succès. Tant pis, il n'était pas non plus à sa première déconvenue même si elles étaient rares. De toute évidence il s'était trompé sur cette femme et son approche aurait dû être différente, mais soit. Cyrius savait se retirer lorsqu'une femme n'était pas intéressée, après tout, comme disait si bien l'adage, une de perdue, dix de trouvées

- Je ne demande qu'à apprendre, lui avait-il répondu sans se départir de son éternel sourire en l'entendant lui retourner ce qu'il venait lui-même de dire au sujet de sa soeur et de sa mère. C'était vrai, il ne la connaissait pas, mais il n'était pas contre bien au contraire

D'une voix terriblement suave et sexy à son goût, elle le remit gentiment mais clairement à sa place. Anahia n'était pas le genre de femme qui se contentait du peu et elle ne manqua pas de le faire savoir. Elle n'était pas non plus désespérée pour se contenter d'une minable petite soirée avec le premier venu uniquement pour ne pas passer la Saint-Valentin toute seule. La belle avait des exigences, qui, il fallait bien le reconnaître n'entrait pas dans ses projets. Avait-il envie de se décarcasser le cul pour offrir une soirée de Saint-Valentin à une illustre inconnue ? Absolument pas. Cette fête n'avait à ses yeux que le seul avantage de faire de belles rencontre et de s'éclater, jouer les prétendants transit attendant sa belle avec un bouquet de fleurs à la main était bien trop cliché pour lui, et surtout à ses yeux, extrêmement ridicule. Car soyons honnête, plus que symboliser l'amour cette fête n'avait de sens que pour les fleuristes, les chocolatiers et les restaurateurs.
Alors qu'il la regardait s'éloigner droite et fière, et qu'il s'apprêtait à en faire autant, il haussa un sourcil de surprise en l'entendant énoncer à haute voix son adresse. Un sourire victorieux se mit à fendre son visage. Elle ne lui avait laissé que peu d'espoir mais finalement, il s'avérait qu'elle n'était pas aussi indifférente à lui qu'elle avait bien voulu s'en donner l'air. Elle avait réussie à le surprendre avec ce retournement de situation pour le moins plutôt inattendu, à son tour désormais de l'étonner...
Se dirigeant vers le couple d'amoureux qu'il n'avait cessé de railler depuis qu'il les avait vu à travers la vitrine de la supérette, il leur fila sa bouteille de vin et sa boite de chocolat sans manquer de leur signifier que c'était leur jour de chance, avant de disparaître.
Cyrius connaissait dans son entourage, des personnes qui préparaient cette soirée de longs mois à l'avance dans le but de la rendre inoubliable pour épater leur copine. En ce qui le concernait, il lui restait un peu plus d'une heure pour préparer une soirée surprenante et... peu commune, un défi qu'il comptait bien relever et... réussir.

***

Il était 19h03 précisément lorsque Cyrius arriva dans ce petit quartier paisible aux ruelles pavés et sonna à la porte de la petite maison aux murs de briques rouge de l'adresse qu'on lui avait indiqué le « 13 Accorn Street sur Beacon Hill ». Ce ne fut pas la voix aux intonations si particulière d'Anahia qui lui répondit cependant pour l'avertir qu'elle arrivait mais des aboiements... plusieurs même. Anahia avait des chiens ? Il l'ignorait mais à vrai dire ils n'avaient pas réellement prit le temps de se connaître cependant ça le laissa quelque peu sceptique. Il était pourtant à la bonne adresse.... Lui avait-elle joué un mauvais tour en lui refourguant l'adresse d'une vieille mamie à chiens plutôt qu'à chats ou pire encore d'un ex ultra jaloux avec chiens méchants en option ? Cette perspective n'était guère rassurante et Cyrius commençait à se demander s'il devait rester jusqu'à ce qu'on ouvre la porte pour laisser un potentiel doberman lui sauter dessus s'il tentait quand même le diable. Au pire il pourrait toujours le stupéfixer se rassura-t-il
Nul doute que s'il était parti, Cyrius l'aurait regretté en voyant apparaître Anahia dans cette robe noir qui dessinait à merveille sa silhouette. Exit le jeans qui lui moulait si bien les fesses, l'écharpe en laine qui la protégeait du froid et le banal sachet de courses. S'il avait déjà remarqué qu'Anahia avait un charme naturel, engoncée dans cette robe de soirée noir, pouponnée et maquillée avec classe sans pour autant ressembler à un camion volé, la femme sophistiquée qui se tenait devant lui était une toute autre femme que celle qu'il avait rencontré quelques heures plus tôt.

- Tu es...magnifique, constata-t-il en faisant apparaître une rose rouge qu'il lui tendit dans un sourire l'oeil gourmand et complice avant de s'accroupir devant Nostradamus qui s'approchait. Ah, d'accord, c'est toi que j'entendais ! Fit-il en en caressant la bête avant de se relever. Tu es prête ?

Pénétrant légèrement à l'intérieur de la maison, Cyrius patienta sur le pas de la porte le temps qu'elle prenne ses affaires. L'oeil vagabond, le journaliste observa l'intérieur de cette petite demeure simple et irréprochablement tenue, par une femme qui semblait à priori vivre avec une enfant s'il en jugeait par la taille d'une des vestes qui se trouvait pendu dans le couloir et de basket trop petite pour correspondre à sa taille. Anahia était donc mère de famille ? Séparée ? Divorcée ? Mère célibataire ? Plusieurs hypothèses étaient envisageables, il ne restait plus qu'à découvrir laquelle était la bonne. Décidément Anahia était pleine de surprise et cette soirée promettait de l'être tout autant
Ignorant si la belle créature qui l'accompagnait avait des aprioris concernant les moldus, mais il était en droit de le penser puisqu'elle avait choisir de s'établir à Boston, le fief même des Mages Fondateurs qui rejetaient tous liens avec ceux qui étaient dépourvus de magie, et n'ayant aucune envie de voir cette soirée tourner court parce qu'à vouloir chercher à l'éblouir leur destination risquait d'être trop exotique pour elle, Cyrius avait choisi l'option de la prudence et avait porté son dévolu sur la ville de Boston et ce qu'elle avait à offrir en cette soirée mémorable pour les romantiques autant que pour les cyniques...

Une gala organisé par les bons soins d'Ethan Devaney pour soutenir les recherches du professeur Yaël Hananel-Prince consistant à trouver un remède afin de faire naitre la magie chez des sorciers qui en étaient dépourvus. C'était une cause parfaitement louable à laquelle Cyrius voulait croire et il espérait qu'Anahia aurait la même ouverture d'esprit à ce sujet. Des grands noms seraient présents lors de cette soirée, même si Cyrius ne s'attendait aucunement à croiser les représentants des illustres familles appartenant au Conseil des Mages. Ces représentants, pour la plupart, portaient bien souvent un regard des plus sévères sur les cracmols, qui, à leurs yeux, ne valaient guère plus qu'un elfe de maison, cependant, un tel événement, réunissant malgré tout d'importantes fortunes prouvaient que même ici, dans cette région du monde pourtant profondément archaïque et figé dans le carcan de vieilles coutumes et idéologies d'un autre temps, certaines mentalités étaient en train de changer. Il y avait bien sur parmi toutes ces têtes couronnées, ceux qui souhaitaient sincèrement soutenir ces recherches qui ne devaient pas représenter plus de 15% des invités, la plus grosse majorité de l'ordre des 45% ne devaient que leur seule présence parce qu'ils devaient quelque chose à Devaney ou bien parce que pour une raison ou une autre, ils n'avaient pu se dérober à son invitation. Comme toujours dans ce milieu, il y avait bien sur son lots d'arrivistes, ceux qui se devaient d'être là par intérêt ou pour être vu même s'ils ne soutenaient pas forcément les recherches pour lesquelles cette soirée avait été organisé et qui devait représenter pas moins de 27% de la population environnante et enfin les 13% restant étaient les curieux et ceux qui comme eux avaient choisi de s'y rendre à la dernière minute.

Le gala avait été organisé dans le somptueux Cutler Majestic Theatre que les sorciers avaient rénovés à leur images sans toucher pour autant aux beaux-arts conçu par l'architecte John Galen Howard en 1903. C'est que Devaney ne faisait jamais les choses à moitié, il devait bien lui reconnaître au moins cela. Comme il fallait s'en douter on n'entrait pas comme ça, mais Cyrius avait toujours sur lui sa carte de presse ce qui lui permettait d'avoir généralement ses entrées pour ce genre d'événement. Pourquoi avoir choisi d'inviter Anahia dans ce genre d'endroit ? Tout d'abord parce qu'il s'agissait de soutenir des recherches qui lui tenaient à coeur, de plus, c'était un lieu qui en jetait et quand il voyait à quel point elle s'était faite belle pour lui et cette soirée, il se félicitait de ne pas l'avoir emmené au snack du coin. De plus il y avait du beau gratin auquel se mélanger, Kennedy Jr, comme il se plaisait à surnommer cet arriviste de Devaney, Benjamin Heel et sa princesse de fiancée, Chelsea Hopkins, et ce n'était que le début. Attrapant deux verres de champagnes il en tendit un à Anahia et leva le sien prêt à trinquer.

- A ce début de soirée, j'espère que ça te plait. Alors dis-moi Anahia,...fit-il dans un sourire en sortant une petite flasque de la poche intérieur de sa veste de costard qu'il s'était procurer dans une boutique de potion. Cap ou pas cap de me parler un peu de toi en avalant... une gorgée de ce veritasserum ?

Car voilà ce que Cyrius avait en tête, outre le fait de bien se remplir la panse à boire de l'excellent champagne et à manger du caviar, c'était de voir ce que ce genre de soirée, qu'ils restent au même endroit tout du long ou pas, pouvait offrir comme terrain de jeu en relevant des défis allant du plus sage au plus dingue en compagnie de celle qui lui avait inspiré indirectement cette idée.
Une simple gorgée de veritasserum voyait ses effets être actif entre 30 minutes et 1 heure en fonction de la quantité avalé. Anahia ne pourrait donc pas lui mentir mais risquait aussi de laisser s'échapper des vérités pas bonnes à dire dans ce genre de soirée... Alors cap ou pas cap ?


(PS : J'ai cité de nombreux personnages à moi comme ça c'est l'occasion de les faire se croiser et échanger un peu avec Anahia si jamais ça te tente)


———————— ϟ ————————
- Quand je te dis bouge, tu bouges, quand je te dis bouge pas, tu bouges pas et quand je te dis saute....
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: Happy Valentine's day   Happy Valentine's day Empty28.02.19 18:28


Happy Valentine's Day
ft Cyrius et Anahia


Si une chose était sure, c'est que la personne qui vivait au 13 Accorn Street était une personne au verbe fleuri. Je dirais même que l'on comptait en vérité fort peu de gens capables de rivaliser avec elle, particulièrement dans l’enchaînement fluide des insultes qui fusaient comme des flèches hors de sa bouche. C'est qu'Anahia avait, au cours de ses années de voyages, travaillé avec acharnement jusqu'à maîtriser d'une façon assez remarquable l'argot dans le nombreuses langues et dialectes, si bien qu'elle passait de l'un à l'autre, donnant à ses élucubrations vulgaires quelque chose de presque exotique, gracieux voir poétique. Avec le temps, la jeune femme...de 38 ans !! non mais OH !! c'était fait un répertoire non exhaustif, et avait constitué des tirades toutes prêtes à lancer au besoin. Cette particularité, si elle amusait beaucoup ses élèves d'Ilvermorny, faisait plutôt le chagrin et l’embarras de ses collègues et de la directrice de l'école. Mais il fallait si faire, toute classe qu'elle essayait de paraître, Anahia Tal'ahjon n'en restait pas moins une vieille (euh non pas vieille...jeune...j'ai dit jeune) punk au fond d'elle même.
Ce fut donc en talons hauts, avec une robe de soirée qui épousait à merveille ses formes, que la sorcière descendit les marches de l'escalier tout en injuriant copieusement le chien de son fils de tous les noms. Quand on était pas familier avec la langue française québécoise (qui restait sa favorite pour les échanges de verbes), ça donnait quelque chose de totalement imbitable, mais moi je peux vous dire que le clébard en prit lourdement pour son grade alors qu'elle atteignait la porte d'entrée. Si le fait de posséder un petit corgi tricéphale était quelque chose d'immensément cool (et au fort potentiel youtubesque), ce n'était pas la meilleure façon de draguer, encore que...
Attrapant la poignée de la porte, la jeune femme reprit son souffle et ferma les yeux, espérant au plus profond de son âme que la personne qui venait de frapper à la porte de la maison, déclenchant par la même aboiements et injures en québécois, était bien ce charmant jeune homme qu'elle avait croisé une heure plus tôt à la supérette. C'est qu'après tout ce qu'elle lui avait dit, il y avait aussi tout à parier que le pauvre garçon avait préféré fuir et aller retrouver sa pintade, et que se trouvait de l'autre côté de la porte cette vieille folle de voisine, ou pire... un ex.
Priant le petit Satan et tous ses plus grands ancêtres pour qu'il n'en soit rien, la sorcière prit son courage à deux mains et actionna la poignée, révélant sur le pas de la porte une vision des plus délicieuses.
Le jeune homme, les lèvres étirés d'un sourire charmant et d'un regard rieur qui semblait le caractériser, était bien là (à moins que ce ne fut encore une hallucination... dans ce cas là elle se réveillerait peut être dans quelques heures étendue sur le sol dans la salle de bain après avoir glissé sur une savonnette). Elle pu voir immédiatement que ses efforts payaient, car il la complimenta directement, ce à quoi elle répondit par un simple haussement d'épaule. Elle n'allait pas commencer à glousser comme une collégienne pour un simple « tu es magnifique ». Même si dans le fond le compliment lui faisait plaisir, elle SAVAIT qu'elle était magnifique... il allait donc falloir trouver autre chose. Acceptant la rose rouge sombre qu'il venait de faire apparaître de nul part -ce qui lui indiqua qu'il était peut être de ces sorciers pucés capables de produire de la magie dans baguette- elle fit un pas en arrière, le laissant entrer d'un mètre dans la maison.


« Juste un instant... je prends mon manteau... »

Attrapant le dit manteau, noir et cintré, qui était accroché sur une patère au mur, elle le mit, puis se rapprocha d'un miroir qui se trouvait lui aussi accroché au mur de l'entrée. Carresant un morceau de la tige trop longue, elle la glissa dans ses cheveux qu'elle avait remonté en chignon. Le rouge sang de la fleur se mariait parfaitement avec celui de ses lèvres et le noir de sa tenue. Un sourire satisfait accroché à sa bouche, la sorcière attrapa une pochette qu'elle glissa sous son bras puis se tourna vers son jeune cavalier, l'arrachant à sa découverte de son petit intérieur.

« Nous y allons ? »


Quittant la petite maison après avoir discrètement dit au revoir au chien et lui avoir confié la garde des lieux, la jeune femme descendit les trois marches du perron et prit le bras que Cyrius lui tendait. Ce dernier refusa de lui dire où il comptait la mener, préférant garder la surprise, ce qu'elle apprécia tout en éveillant sa méfiance. Après tout elle ne le connaissait pas ce beau jeune homme, et elle restait sur ses gardes... Ils vivaient une époque trouble, et elle avait toujours la crainte de voir la vengeance d'un certain italien lui retomber dessus.
Laissant toutefois ses soupçons de côté, Anahia prit le parti de se laisser guider à travers un Boston qui avait pour l'occasion de la St Valentin revêtu ses plus beaux atouts. Si la voyante n'avait jamais été très prompt à suivre et à valider les théories douteuses des Fondateurs sur le statuts des sorciers et des moldus, elle devait reconnaître qu'il n'y avait que peu de ville où elle se sentait aussi bien que dans leur capitale. La ville, après l'attaque qu'elle avait subit dix ans plus tôt, s'était progressivement débarrassée de tout ce qui était venue l'enlaidir, et resplendissait désormais dans tout ce qui se faisait de plus magique. Maisons charmantes, lanternes volantes, petites boutiques et échoppes où l'on pouvait tout trouver, Boston avait tous les avantages d'une grandes villes, et l'intimité et la convivialité d'un village de province. On s'y sentait bien, dès l'instant où l'on faisait abstraction de certaines personnes. Mais ces personnes là n'étaient pour le moment pas dans les rues, ou tout du moins ne venaient-elle pas les faire chier. Il y avait en réalité pas mal de monde dans les rues, même à cette heure. La soirée commençait tout juste, et certaines personnes n'avaient pas encore regagné leurs foyers pour y retrouver leur moitié. Les trottoirs étaient encore glissant de la neige qui ne se décidait pas à fondre, et la jeune femme s'agrippa fermement au bras de son cavalier, forçant ainsi un petit rapprochement tout ce qu'il y avait de plus subtil.

Assez rapidement, le centre ville n'étant dans le fond pas si étendu que ça, les deux jeunes gens arrivèrent au lieu dit où Cyrius les menait, le Cutler Majestic Theatre, où semblait-il était sur le point de commencer une petite sauterie des plus chicos. Une grande affiche indiquait à quoi cette soirée se consacrait : la recherche pour aider les cracmols à développer des pouvoirs magiques. Cette cause était louable, et avait au moins le mérite d'acquérir immédiatement la sympathie de l'enseignante, bien que selon elle il valait mieux éviter de trop jouer avec la nature et ses décisions. Mais naître sans pouvoirs au sein d'une famille sorcière était extrêmement difficile en plus d'être très mal accepté par la communauté en général, et ça valait au moins le coup de soulever la question et d'essayer de changer les mentalités.
Agréablement surprise par leur destination, Anahia s'arrêta à quelques mètres de bâtiment afin d'en admirer la façade qu'elle savait bien plus sobre que l'intérieur. Entièrement reconstruit après la bataille de Boston qui l'avait vu en partie détruit, le lieu avait été refait pratiquement à l'identique, ce qui était une chance, car c'était un des joyaux de la ville. Quittant les magnifiques vitraux du premier étage des yeux, la sorcière sourit à son jeune ami avant de lui emboîter le pas. Que pouvait donc bien faire ce jeune inconnu pour pouvoir s'inviter à ce genre d’événement ? La belle eut une réponse presque aussitôt lorsque son compagnon sortit de la poche de sa veste une carte de presse qu'il présenta à la sécurité et sur laquelle elle pu lire son nom de famille -Fernandes- ce qui fit instantanément tilt dans son esprit. Comme beaucoup de personnes dans le pays, Anahia était une lectrice assidue du USA today qu'elle recevait tous les jours par hiboux postal, et la chronique de Cyrius Fernandes était de ses favorites.

Se gardant de la moindre remarque, la sorcière suivi le beau journaliste dans le vestibule du théâtre où ils purent laisser leurs manteaux avant de pénétrer dans le hall du bâtiment qui accueillait déjà beaucoup de monde. L'architecture du lieu, à l'instar du reste, avait été décoré dans un style Beaux Arts du plus bel effet, bien qu'un peu kitch à son goût, l'excès de stuc et de colonnes en marbre lui évoquant davantage un classicisme baroque européen. Mais il n'y avait pas à dire, ça en jetait, et même ça en jetait grave. Une ambiance lumineuse magique créait une atmosphère chic et feutrée, des tables s’alignaient le long des murs, croulant sous un déluge de petits fours savoureux et de pyramides de coupes de champagne qui se remplissaient toutes seules, le tout enveloppé dans un air de jazz sophistiqué que jouait un groupe dans un angle de la longue pièce.
Ce n'était pas, il faut le dire, ce à quoi Anahia s'était attendu, mais il fallait reconnaître que pour un début s'était plutôt pas mal du tout, et au moins elle portait une tenue adéquate.

Toujours au bras de son cavalier, la voyante se vit offrir une coupe de champagne qui, après vérification, était délicieux, et tous les deux choisirent un endroit qui n'était pas encore envahit par les invités pour discuter. S'appuyant contre une colonne de marbre bordeaux, la jeune femme jeta un regard autour d'elle tout en buvant une nouvelle gorgée de la boisson pétillante qui se trouvait dans son verre. Il y avait du beau monde ce soir, ce n'était pas rien de le dire. Un rapide coup d’œil lui permit de de constater que tout Boston s'était déplacé, hormis bien entendu quelques membres de vieilles familles à l'esprit trop étriqué. Comme bien souvent, dès qu'une soirée était estampillée Devaney, les gens se précipitaient pour y être vu. Cette attitude exaspérait la jeune femme au plus haut point, et la dépitait aussi quant à la futilité humaine, mais après tout, qu'est ce qu'il y avait de mal à en profiter un tout petit peu ?
Levant son verre, elle trinqua donc avec le jeune homme à cette belle soirée qui commençait finalement sous les meilleurs auspices.


« Oui... oui, la vue n'est pas mal... » commenta-t-elle d'un air détaché et faussement blasée tout en suivant ostensiblement des yeux les fesses d'une femme dans une robe particulièrement moulante.

Non, en vérité, ce qui inquiétait la jeune femme était de croiser son frère, Khaaleb, avec qui elle avait eut quelques mots dernièrement, ce qui aurait tôt fait de gâcher cette délicieuse soirée si d'aventure ils se croisaient. De part son rôle au sein de la GMA et part son poste au MACUSA, le cadet Tal'ahjon était souvent invité à ce genre d'événement, il était donc fort probable de le voir apparaître ce soir. Furetant du regard pour s'assurer que le géant n'allait pas débarquer au milieu de son rencart, Anahia ne se rendit pas compte tout de suite de ce que le jeune Cyrius lui proposait.

« Comment ? »
Dit-elle en tournant la tête vers son interlocuteur d'un air intrigué. Ce dernier tenait entre ses doigts une petite fiole qui semblait contenir un liquide incolore, qu'elle prit d'abord pour de la drogue. Mais ce qui dans un premier temps l'enchanta la déçu dès lors qu'elle se rendit compte que le jeune homme ne lui proposait pas une petite défonce gentille et amusante, mais tout simplement un cul sec de veritasserum. Haussant les sourcils, à la fois surprise et choquée, Anahia regarda successivement la fiole, puis le jeune homme avant de... lui rire au nez, ni plus ni moins. Alors ce n'était pas un esclaffement bruyant et outrancier, mais plutôt un petit rire un peu dédaigneux devant une situation qu'elle trouvait grotesque. Retrouvant pourtant son sérieux presque instantanément, la jeune femme détourna le regard et but une nouvelle gorgée de champagne.

« Tu sais que l'utilisation de veritasserum est sous contrôle strict du MACUSA, et qu'il est illégal même d'en posséder (oui je sais c'est un peu du foutage de gueule de la part de quelqu'un qui fait pousser des plans de cannabis dans sa cave mais bon... c'est thérapeutique c'est pas pareil...et puis ça Cyrius ne le sait pas). Ce n'est pas très malin de sortir ça sous les yeux d'une inconnue... qui sait... » Un petit sourire amusé éclairait toutefois son visage «... je pourrais très bien être de la brigade des stup' de Toronto, te menotter, là ici... devant toute la bonne société bostonnienne, et te faire boire la potion pour te forcer à me révéler ton fournisseur, peut être même que je devrais faire usage de la force, malgré la potion. » Poussant un profond soupir presque désolé, elle reprit sans lui laisser le temps de parler «...bon les menottes encore, ça irait, mais le reste gâcherait totalement cette soirée qui a pourtant si bien commencée... ce serait dommage... et puis qui te dit aussi que je ne suis pas occlument ? » Dit-elle en interrogeant le jeune homme du regard avec une voix désolée. Peu de gens le savait, mais il était possible de se prémunir contre la potion de vérité, qui perdait d'ailleurs cruellement de ses effets dès qu'on était informé d'être sous son contrôle. «...ou que j'arriverais à contrer ses effets maintenant que je sais que tu cherches à m'en faire boire ? Tu sais, je ne suis pas un esprit faible comme la dinde que tu as abandonné ce soir... enfin j'espère... » ajouta-t-elle en regrettant que l'espace dans lequel il se trouvait soit non fumeur. Elle avait cruellement envie d'une cigarette, ce qui l’irritait quelque peu, tout comme le fait de constater que Cyrius la croyait assez sotte pour foncer tête baissée dans un gros traquenard. « nan je suis désolée chaton, excuse moi, mais il n'y a pas pire que boire du veritasserum pour un premier rencard. » Ce qui était totalement vrai. Cette potion, bien que très pratique si l'on voulait arracher un secret à quelqu'un sans trop se fatiguer, avait aussi ses défauts, comme celui de rendre un peu neuneu la personne qui en prenait pendant la durée d'effet du breuvage, et elle n'avait aucune envie de se transformer en légume baveux devant tout le monde. Une part d'elle se méfiait aussi beaucoup de ce qu'elle pourrait dire. Rappelons le, bien qu'Anahia était aujourd'hui une sorcière respectable (bon plus ou moins respectable, mais passons), une mère sérieuse et rangée, il ne fallait pas oublier que ça n'avait pas toujours été le cas, loin de la. Sa vie d'avant Emrys était compliquée, dangereuse, passionnante bien sur autant qu'elle était secrète, et personne hormis elle et les gens avec lesquels elle avait travaillé à l'époque ne savait vraiment ce qui avait bien pu se passer au cours de ses voyages. Bien sur le passé ressurgissait parfois sans prévenir, comme ce foutu prêtre dont le destin était vraisemblablement éternellement lié au sien, mais une chose était sure, elle refusait tout bonnement de livrer à Cyrius, qui restait un sombre (et ténébreux) inconnu, tous ses petits secrets.
Cependant, autre chose que la sorcière ne voulait pas, c'était que son cavalier pense qu'elle, grande aventurière devant l'éternel, faisait ici preuve de couardise. Non ça, c'était vraiment pas possible, et elle sentait venir dans la bouche du jeune journaliste une petite pique qui la toucherait dans son orgueil. Il fallait qu'elle trouve une parade un peu plus gracieuse pour se sortir de là, avant qu'il ne lui en fasse la remarque, surtout que sous les airs détachés qu'il se donnait, elle le sentait en vérité un peu déçu.

Poussant un nouveau soupir langoureux dont elle avait le secret, la jolie brune appuya l'arrière de sa tête contre la colonne derrière elle, plongeant son regard dans celui du jeune homme. Si tout les deux étaient de la même taille au naturel, les talons qu'elle portait lui donnait de la hauteur sur lui.

« Il faut vraiment tout leur apprendre... » murmura-t-elle comme pour elle-même en se mordant la lèvre. « Tu ne peux pas demander la vérité absolue lors d'un premier rendez-vous... le jeu, c'est justement de venir flirter avec le mensonge. C'est de comprendre l'autre par ce qu'il veut bien nous montrer... ou plutôt, par ce qu'il essaye de nous cacher. Alors je veux bien croire que c'est comme ça qu'on fait aujourd'hui, mais tu es d'accord avec moi que ça manque quand même cruellement de panache, non ? Et puis, il y a bien d'autres façons de me tester, ou même de découvrir des choses sur moi... je t'ai déjà donné assez d'indices... tout ce qu'il y a à savoir sur moi, tu le sais déjà, ou tu le saurais si tu avais mieux observé. Nan vraiment, le veritasserum, c'est juste de la triche, du dopage, et quand on joue, il faut être sport ! Ah moins que ce ne soit qu'une façon un peu désespérée de reprendre le contrôle de ce qui t'échappe... »
Levant son verre, elle le termina et le posa d'un geste gracieux sur le plateau d'un serveur qui passait par là tout en en saisissant un plein. Même sans le regarder, elle ne quittait jamais vraiment le jeune homme des yeux, pensant chacun de ses gestes, de ses regards, afin qu'il soit impossible au journaliste de détourner le sien. Bien qu'elle paraissait ne pas l'être, Anahia s'amusait beaucoup de la situation. Les hommes avaient toujours été de ses jouets favoris. Buvant une nouvelle gorgée, la sorcière s'approcha du jeune homme pour replacer lentement son col de chemise.« Il n'y a pas besoin de potions ou de légilimencie pour apprendre des choses sur les gens, mais je suis sure que ça tu le sais. » dit-elle en ponctuant sa phrase d'un clin d'oeil, tout en restant très proche. Sa voix, déjà suave, devenait plus douce, sa respiration plus lente et profonde. «  Tiens, toi par exemple, il y a tant de choses que je peux apprendre sur toi rien qu'en quelques secondes. Je vois... un jeune homme, sans doute convaincu puisqu'il n'utilise pas de baguette par les principes du Nouveau Monde... ou comment on les appelle déjà maintenant ? Les états alliés ? oui c'est ça... un jeune homme donc... bouuurré de talent qui s'est déjà fait une belle place dans le journalisme mais qui veut encore faire ses preuves et se prouver qu'il peut faire mieux. Je vois aussi... » Glissant sa main libre dans le dos du jeune homme, elle rapprocha son corps du sien si proche qu'ils se touchèrent « Une très haute estime de toi, qui te pousse à juger fort mal ceux qui ne te sont pas semblables... mais je vois aussi une insécurité cachée, et de la colère aussi... oui, beaucoup de colère et de doute... de remise en question... » Avançant son visage, la voyante approcha sa bouche aux lèvres pulpeuses de son oreille, pour ne parler plus qu'à lui, dans un murmure, tout en s'offrant le plaisir d'effleurer le fessier rebondit du jeune homme. «  Tu veux savoir pourquoi je t'ai donné mon adresse tout à l'heure... malgré ton rentre dedans plus que douteux ? Ce n'est pas parce que je m'ennuie, ou même pour me taper un jeunot... non je suis venue parce que tu m'intrigues Cyrius Fernandes, parce que toi aussi tu sembles cacher une vérité sous un emballage... à croquer... et ça, oui ça... ça m'excite beaucoup tu vois... » Fermant les yeux, la sorcière inspira afin de sentir l'odeur du jeune playboy qui se trouvait à sa mercis (et sans doute pour son plus grand plaisir). Elle sentit soudain une faim de loup la tenailler, mais il fallait encore attendre un peu avant que le fruit ne soit vraiment mûr.
Rouvrant les paupières, la jeune femme regarda une seconde les gens qui se trouvaient autour d'eux et qui ne semblaient pas faire attention à ce qu'ils faisaient le moins du monde, trop occupés à manger et à boire tout en s'autocongratulant d'être les rois du monde. Dans la foule homogène de sourires faux et bourgeois, il y en eut un qui éveilla l'intérêt de la sorcière.

« Eli ? » Dit-elle dans un murmure. Il s'agissait en effet de sa grande amie Elisabeth Brown, en pleine conversation à quelques mètres de là avec une obscure vieille dame qui portait un chapeau ridicule. Son visage rayonnant soudain d'un grande sourire, Anahia s'écarta du jeune homme et fit un grand signe à son amie « Elisabeth !! »
Profitant de la sortie qu'elle lui offrait, l'épouse du professeur Brown salua la vieille bique au chapeau et vint les rejoindre. Les deux femmes, très proches depuis l'annonce de la grossesse tardive d'Elisabeth, s’étreignirent chaleureusement.
« Ma chérie ça me fait tellement plaisir de te voir !! Tu as réussi à faire garder ma filleule pour venir c'est génial !! D'ailleurs ça me fait penser, il faudra que je t'apporte des affaires que j'ai retrouvé au grenier...dont un magnifique balai-jouet qui va rendre Sean totalement fou !! Ah oui, j'oubliais... » dit-elle en se tournant vers Cyrius qui avait été quelque peu délaissé l'espace de deux secondes. « Je te présente Cyrius Fernandes, un jeune journaliste très prometteur qui a eu la gentillesse de m'inviter à cette magnifique soirée...Cyrius, je te présente Elisabeth Brown, une merveilleuse organisatrice de soirée que tout le monde sorcier s'arrache... d'ailleurs honey... avoue que tu as participé à tout ça ? » Questionna-t-elle en faisant un geste large pour montrer le lieu et à fortiori la soirée elle-même. « Je reconnais ton style tu ne peux rien me cacher... en tout cas bravo c'est une réussite, et que de monde !! D'ailleurs, tu as croisé mon frère ? Non non ne va pas le chercher, je ne veux pas le voir... c'est un peu tendu en ce moment entre nous... oui on s'est un peu pris la tête à cause de ce petite merdeux de De Cormontaigne... enfin je te raconterais...» Vous trouvez que cette conversation ne sert à rien et dure bien trop longtemps ? Et bien c'était le but recherché. L'abstinence après la carotte, le rejet après l'éveil du désir, une technique vieille comme le monde, mais même un don juan roué aux pratiques de la séduction comme Cyrius ne pourrait y résister. Ce petit échange était également une façon pour la jeune femme de donner encore de nouvelles informations sur elle-même, afin de conserver la curiosité du journaliste, qui elle l'espérait ne devait pas y voir qu'un simple échange entre ménagères.
A ce moment là, une voix magiquement amplifiée résonna dans tout le hall du théâtre, couvrant toutes les conversations, et les invitant à aller rejoindre leurs tables dans la grande salle pour le repas.
« Bon ma chérie, on en reparle, je passe chez toi dans les jours qui viennent... embrasse mon cher et estimé collègue pour moi » Dit-elle en embrassant Eli sur les deux joues avant de se retourner vers le beau brun, un sourire radieux aux lèvres « On y va ? »

Sans attendre de réponse, la sorcière lui pris le bras et tout deux se dirigèrent vers des portes monumentales qui venaient de s'ouvrirent, révélant le joyaux du lieu, la salle de spectacle. L'or et les couleurs qui couvraient les voûtes immenses de la salle semblaient briller comme d'une vie intérieure. Des compositions florales magiques s'enroulaient autour des fleurs en stuc doré à la feuille. Les fauteuils avaient été retiré de l'orchestre, laissant place à une multitude de tables rondes faites pour accueillir plus tout moins de convives. Ici, le rouge était à l'honneur, de la moquette qui recouvrait le sol, aux murs, jusque sur le rideau épais qui cachait la scène à la vue des invités qui étaient pour la plupart subjugués par le décor somptueux dans lequel on les recevait. Un maître d'hôtel dans un costume de pingouin rutilant les guida vers une petite table ronde pour deux personnes recouverte d'une nappe blanche et d'une vaisselle élégante. S'installant sur la chaise qu'on lui tirait, Anahia balaya une fois de plus son regard sur le lieu magique. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait dans ce théâtre, mais c'était bien la première fois qu'elle y venait pour manger. Des chandelles ensorcelées se baladaient autour d'eux, éclairant d'une lumière douce et intime les tables, laissant les voûtes et les balcons dans la pénombre. A peine installés, on leur apporta une nouvelle bouteille de champagne, ainsi que des assiettes d'amuse-bouches si petites qu'elles donnaient tout de suite un ton gastronomique au repas qui allait suivre. Savourant cette explosion de saveurs qu'elle avait en bouche, la sorcière posa les yeux sur son jeune cavalier. Elle s'en voulait un peu d'avoir été si dure avec lui, d'autant plus qu'il faisait visiblement des efforts pour la surprendre et lui plaire, même si ça ne faisait pas forcément mouche.

« Bon, je dois m'excuser pour tout à l'heure, j'y suis allée un peu fort. Surtout que ça se voit que tu donnes du tien pour que la soirée soit une réussite... et j'aime beaucoup cette idée du cap ou pas-cap... » posant ses coudes sur la table, elle croisa les doigts et posa délicatement son menton dessus. « Alors voilà ce que je te proposes... tout au long de la soirée, tu pourras me poser les questions que tu veux, et j'y répondrai soit par la vérité... soit par un mensonge... mais si tu me démasques, ou que je te démasque lorsque tu me mens... un gage au menteur. D'accord ? » Dit-elle un sourire mutin aux lèvres alors qu'un serveur leur apportait une carte avec deux menus au choix spécialement créés pour la soirée. « Et rien ne nous empêche de nous lancer des petits défis, mais après le repas, pour le moment je suis affamée... » Alors qu'elle disait cela, et tout en faisant mine de lire le menu, Anahia rapprocha son pied de la jambe du jeune homme qu'elle effleura délicatement. Alors que le serveur prenait leur commande, le jeune femme ne pu s'empêcher d'échanger un regard complice avec le beau journaliste. Oui définitivement, elle s'amusait beaucoup.

Dès qu'ils furent à nouveau seuls, la sorcière s'adossa à sa chaise sans quitter des yeux le jeune homme ni arrêter ce qui se passait sous la table.


« Alors... que veux-tu savoir que je ne t'ai pas déjà révélé ? »

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