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 The end of the world - Anahia

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Armand R Altaïr

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ϟ Métier : Prêtre ϟ Âge : 35 ans ϟ Race et sang : Sorcier ϟ Particularité : ϟ Statut civil : Célibataire devant l’Éternel, mais amoureux perpétuel

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ϟ Messages : 1611 ϟ Date d'inscription : 02/03/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x semaine ϟ Célébrité : Arthur Davill ϟ Crédits : aucun

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MessageSujet: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty10.09.18 13:13


   

It ended when I lost your love




Se laissant bercer par le ballottement du train, Armand posa sa mâchoire sur son poignet et se laissa aller au sommeil. Il se rendait à Boston, enfin. Il avait de nombreuses fois remit ce voyage à plus tard et maintenant qu'il y allait pour de bon, il ne réalisait pas vraiment. C'était totalement irréel, autant que la perspective de revoir Anahia. Elle n'était plus qu'une ombre de son passé, un sale tâche sur sa réputation. Pourquoi est ce qu'il tenait tant à régler ses comptes alors que tant d'années étaient passées ? Justement, ce point le troublait profondément. D'un côté il avait peur de la revoir, et de l'autre il désirait ardemment lui faire payer tout le mal qu'elle lui avait causée. A cause d'elle il avait été humilié au delà des mots, il avait perdu la confiance de ses pairs et risqué d’entraîner sa loge entière dans sa disgrâce. Elle méritait de payer pour tout le tord qu'elle avait fait à leur société, pour leur avoir volé la Sainte Clave, pour lui avoir manqué de respect et bien sur pour lui avoir brisé le cœur.

Là dessus Armand était des plus confus. Il venait à peine de se ressaisir et en ce moment il nageait dans le bonheur. Thomas était adorable, et avec le temps il avait réussi à lui accorder une fragile confiance. Bref ce n'était pas le moment de retourner voir son ex, même si pour elle il ne ressentait plus que du dégoût et de la colère. Là dessus Thomas n'avait pas à s'inquiéter, elle n'avait rien qu'il lui manquait. Et le goût amère de la trahison suffisait à flétrir jusqu'au dernier souvenir heureux de leur histoire d'amour. Armand avait un caractère gentil, mais il n'était de ceux à qui l'on tourne le dos deux fois. Ce qu'elle lui avait fait était parfaitement impardonnable.

Glissant sa main dans la poche intérieure de sa cape, il sentit la masse lourde de son téléphone. A partir de maintenant il ne lui servait plus à rien. Et ce manque lui procurait une certaine angoisse. S'il pouvait seulement envoyer un message... Simplement dire à Thomas à quel point il lui manquait. Bien sur tout cela il lui avait dit avant de partir, mais le simple fait de ne plus pouvoir communiquer lui gonflait le cœur de tristesse. Il l'appelait rarement, parce qu'il avait très vite comprit que décrocher le téléphone était une épreuve terrible pour Thomas. Mais il aimait lui envoyer des messages tout au long de la journée, partager ses pensées et ses humeurs sans espoir de réponse. Et parfois il lui répondait et aussitôt son cœur se mettait à battre aussi fort que s'il s'était trouvé blotti dans ses bras. Armand avait déjà hâte de rentrer, de quitter ce pays où le réseau téléphonique avait été volontairement éliminé, et où des kilomètres l'éloignait des bras de son petit ami. Cette pensée lui arracha un petit sourire mignon. Il avait un petit ami.

Mais ce n'était pas le moment de s'adoucir avec de tendres pensées, il avait une sorcière impie à occire et ça n'allait pas être de la tarte. S'il voulait rentrer chez lui au plus vite et retrouver son train train quotidien, il allait devoir être organisé. Mais heureusement c'était une qualité qu'Armand possédait en abondance. Le calcul, et la patience. Les deux ingrédients principaux de la vendetta parfaite. C'était un art que son oncle ne lui avait pourtant jamais enseigné, sans doute parce qu'il l'en pensait parfaitement incapable. A sa décharge cela était sûrement vrai lorsqu'il n'avait que vingt ans. Aujourd'hui sans doute serait il agréablement surpris de voir avec quel zèle l'élève cherchait à imiter le maître. Ces dix années d'isolement dans un autre pays l'avaient obligé à ne compter que sur lui même, et fatalement il en était ressorti grandi. Grandi et puissant. Les livres étaient tout ce qui le rattachaient à son ancienne vie romaine, et plus que jamais il s'était totalement abandonnée à l'étude de la magie. De même qu'il s'était ouvert aux gens, se créant lui même son propre réseaux de connaissance au lieu de compter sans arrêt sur celui de son oncle. Sans doute Votelli aurait été fier de le retrouver si changé, et plus fier encore s'il clôturait avec dignité le chapitre Babylone comme il s'apprêtait à le faire.

La locomotive noire s'arrêta en gare de Boston, et Armand se leva pour récupérer sa valise sur le porte bagage. Le lourd tissus de sa cape coulait sur sa carrure, ce qui pour une fois ne dénotait pas avec les autres personnes présentes dans le wagon. Les températures étaient tombées avec la nuit, et les silhouettes encapées des sorciers se frayaient un chemin sur le quai, transies par le froid. Une bourrasque de vent fila le long du quai, agitant les capes et obligeant l'exorciste à retenir son chapeau de feutre noir. Le destin lui avait tout de même joué un drôle de tour en l'entraînant aussi loin de tout ce qu'il avait un jour aimé.

Il prit un bus et marcha longtemps, jusqu'à rejoindre son hôtel en centre ville. C'était un petit établissement modeste, géré par une petite grand mère qui attendait son heure derrière son comptoir. Armand avait toujours préféré le calme et l'intimité d'un endroit simple, mais vivre pendant quelques jours la grande vie avec Ethan lui avait rappelé à quel point les endroits populaires étaient souvent bien éloignés de ce que lui entendait par « calme » et « intime ». Au fond peut être n'était il pas si différent de son ami, et jouer à l'ermite démuni n'était qu'un genre qu'il se donnait pour déculpabiliser. Décidément, son voyage à New York l'avait fait beaucoup réfléchir, et cela n'était que le point le anodin de tout ce qui s'y était dit.

Une fois dans sa chambre, il ferma le verrou et prit son temps pour défaire sa valise. Puis il enleva son gant et prit une des craies bleues qu'il avait dans en permanence dans une petite poche à sa ceinture. Il chassa du pied la descente de lit, et commença à tracer de séries de cercles concentriques et de symboles sur le parquet. Ses lèvres bougeaient légèrement, laissant à peine passer des sons. C'était des syllabes rescapées de langages oubliés, des mots aussi anciens que la magie elle même. Il traça une série de caractères hébreux dans le cercle intérieur, et aussitôt l'air autour de lui sembla prendre une étrange lourdeur. Il venait de signer son sceau, nommant distinctement la créature qu'il voulait appeler à lui. Les noms avaient un pouvoir sur les choses, et celui qui savait manier les mots pouvait entraîner son ennemi dans les ténèbres dès lors qu'il connaissait son véritable nom.

Le kabbaliste se recula de quelques pas et clôtura son invocation. La pièce était devenue un espace où le temps était soumis à d'autres lois, et où la trame des mondes se courbait pour se soumettre à sa volonté. Une figure sombre émergea du cercle, comme s'extrayant avec difficulté d'une boue incroyablement visqueuse. Elle poussait des râles désagréables. Il était toujours douloureux d'être arraché à son monde, mais Armand ne laissa pas paraître une once d'empathie pour la créature. S'il avait convoqué son serviteur, c'est que la situation le demandait.

Une forme brune se matérialisa dans notre réalité. C'était une créature naine et aveugle, à la peau tannée et à la silhouette à la fois chétive et musculeuse. Une goule ouvrière dont la vie ne se résumait qu'à creuser et chercher, inlassablement. Son regard vide et aveugle fuyait la lumière ténue de la lampe à pétrole. Elle était déboussolée et terrifiée, arraché à le chaleur moite et familière des souterrains de son monde. Le sorcier s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur. Puis il retira le gant de sa main gauche, à côté de la chevalière d'argent qui alourdissait son majeur, se trouvait un autre anneau, fin et délicat. Il le retira et le présenta à la créature en l'agitant devant elle. Immédiatement il réussi à obtenir son attention. Ses yeux aveugles aux reflets morts ne quittait plus l'anneau. Il était sans doute la seule chose familière à laquelle se raccrocher dans ce monde inconnu. Et pour cause, il était sans doute ce qu'elle désirait le plus au monde, un métal légendaire provenant du confins de l'univers, extrait par ses semblables dans une mine au filon aujourd'hui tari.

Rappelle toi mon amour, rappelle toi de ces anneaux jumeaux qui ont été façonnés dans un métal inconnu de ce monde, et dont le nom ne peut pas se traduire. Rappelle toi d'un amoureux transi qui s'est rendu en rêve aux confins de Zakaï, au delà des bosquets sombres des forêts brumeuses de Kaelid, au cœur des montagnes endormies. Et qui a vu sur les flancs escarpés vivre des êtres rampants, creusant inlassablement les profondeurs de la terre à la recherche du minerai rare. Rappelle toi de la trahison qui a asséché mon cœur. Rappelle toi que tout ce qui a été donné peut être un un jour repris.


« Trouve son jumeau, et conduit moi à son porteur. »



La nuit mystérieuse avait laissée place à un matin lumineux. Le soleil pâle d'hiver était retenu dans un ciel pâle et blanc, et la neige s'était tombée en faible couche sur la ville. L'exorciste observait d'un œil suspicieux la maison que les forces occultes lui avaient désignées. Une maison de ville comme toutes celles de la rue, au parement de briques et au joli avant toit vitré. Méditatif, il traça à la craie un signe géométrique discret sur le linteau de la porte, et enfin se décida à sonner. Canaliser son souffle lui demandait un véritable effort. Sa poitrine soulevait sa lourde croix d'argent dans un rythme chaotique. Jamais de sa vie il n'avait été aussi anxieux et terrifié. Elle ne pouvait être qu'ici, Tyler l'avait trahi en lui affirmant qu'elle vivait à Boston. Et l'anneau, le Ghuleh ne pouvait pas mentir, ce concept lui était inconnu. Il n'y avait en lui que la soumission de son espèce et l'appât du gain. Mais après tout elle avait très bien pu vendre l'anneau ? Dans ce cas là et bien il n'aurait qu'à souhaiter le bonjour à une inconnue et à reprendre ses recherches à zéro. Une déception autant qu'un soulagement, la terrible échéance n'en serait que remise à plus tard.

Reculant d'un pas, il ajusta son chapeau. Son allure était sculpturale dans la lumière pâle du matin, une silhouette noire couverte jusqu'à la gorge de velours aussi sombre que l'encre. Un visiteur inattendu, annonciateur de mauvaises nouvelles. Du bruit se fit entendre derrière le battant, et il déglutit, en dix ans le temps avait probablement fané son visage. Lui s'était embelli avec la maturité, mais pour une femme le temps était incroyablement cruel. La porte s'ouvrit, et un peu décontenancé il demanda :


« Bonjour. Est ce que mademoiselle Anaria vit elle ici ? »
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Emrys M. Talarion

ϟ Métier : Elève à Salem ϟ Âge : 10 ans ϟ Race et sang : Sang-mêlé ϟ Statut civil : Célibataire

ϟ Messages : 110 ϟ Date d'inscription : 01/08/2017 ϟ Disponibilité RP : Régulière ϟ Célébrité : Chandler Riggs ϟ Crédits : Moi

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty12.09.18 22:02


The end of the world
Mummy, Dad & me


Allongé sur un confortable matelas pour chaise longue, posé à même le sol sur le plancher, situé dans la véranda couverte, à proximité du sapin de Noël qui malgré les éclatantes décorations dont il était toujours orné, commençait à faire grise mine et à semer ses nombreuses épines sur le sol, Emrys était plongé dans la lecture de l'un de ses comics préféré. S'il y avait beaucoup de choses auxquels Emrys n'avait malheureusement plus accès pour son plus grand regret depuis qu'il vivait à Boston avec sa mère, il en découvrait de nouvelles, tout était une histoire d’équilibre. Ainsi, certains comics n'étaient ni publié ni vendu hors des territoires fondateurs, telles que les aventures de ce groupe de copains, qui combattaient le mal grâce à leur amitié, leur ingéniosité, et leur pouvoir magique. Ce n’était pas le seul titre qu’il avait découvert à Boston, en réalité, il en existait autant de variété que ce que l’on pouvait trouver au Canada, il y en avait pour tous les gouts et si Emrys avait pu en découvrir un large panel grâce à Elisabeth tout d’abord qui avait gardé tous les livres de ses fils lorsqu’ils étaient enfants, mais aussi grâce à ses camarades de classe, très peu de titre étaient parvenus à trouver grâce à ses yeux, l’enfant jugeant la plupart de ces histoires beaucoup trop manichéennes et simplistes à son goût. Il n’y avait absolument rien de palpitant à lire des histoires où seuls les sorciers étaient des gentils qui combattaient le mal et l'oppression représenté par les moldus, quoi de plus surprenant dans ces Etats où les moldus étaient diabolisés. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de la propagande destiné à leur attention. Les comics n’étaient pas les seuls visés, l’Histoire elle-même, avec un grand H connaissaient des variantes mais Emrys avait adoré découvrir durant ses cours d’histoire de la magie, des pans entiers de la bataille de Boston dont il n’avait jamais entendu parler avant d’ouvrir ses livres. Le fait d’avoir grandi dans un tout autre environnement que celui de Boston et d’avoir une famille très ouverte et en particulier un oncle extra et la meilleure des mères lui avait permis de comprendre que le sujet était beaucoup plus complexe qu’il en avait l’air. Il était d'ailleurs persuadé que s'il se rendait en territoire inquisiteurs, il trouverait le même genre d'ouvrages mais du point de vu des Inquisiteurs, mettant à l'honneur les moldus et diabolisant les sorciers...

Sans quitter son comics du regard, il attrapa sa tasse de thé encore bien chaude, d'où émanait une délicieuse odeur de fruits des bois. Cette histoire était décidément passionnante et Emrys n’arrivait vraiment pas à en décrocher le regard dès lors qu’il s’y plongeait. Le monde pouvait bien s’écrouler autour de lui qu’il ne remarquerait absolument rien. Allongé à ses côtés, Nostradamus faisait la sieste, laissant son jeune maître devenir le héros le temps d’une lecture, de ces histoires qu’il dévorait ... Camille aussi faisait des bd ! Il n'avait encore jamais eu l'occasion de les voir mais il espérait bien que ça se fasse prochainement car il brulait de curiosité. Peut-être aurait-il se plaisir le jour où il irait chez lui...
Buvant une nouvelle gorgée de son thé bien chaud, il oublia Camille quelques instant, et se laissa totalement embarquer par le récit et la dynamique de ces images animés qui s’agitaient sous ses yeux, et ce, jusqu’à la dernière page. C'était sa mère qui lui avait offert cet album réunissant tout l’intégrale de ces copains sorciers unis contre le mal, pour son anniversaire avec en prime un dessin dédicacé de l’auteur venu exprès pour la sortie de cette nouvelle édition chez Books & tea. Une édition collector sorti pour fêter les 10 ans de la saga. Dire que ces héros étaient nés la même année que lui… Emrys l’avait déjà lu à plusieurs reprises depuis qu’il l’avait reçu, pourtant il ne s'en lassait pas et il le redécouvrait à chaque fois avec le plaisir similaire. Il fallait dire que dans sa classe on ne parlait que des aventures de ces sorciers toujours à la mode surtout avec les 10 ans de la saga. Il y avait tellement de personnages hauts en couleur que tous s’y retrouvait forcément. Chacun avait son personnage préféré, même les méchants avaient leurs fans car ils ne se contentaient pas d'être fades, convenus et sans saveurs, ils avaient une véritable personnalité, une véritable profondeur.
Reposant son livre une fois la dernière page terminé, il observa la couverture avant de se lever de son matelas et de s’étirer aussi loin qu’il pu. Intrigué par l’étrange comportement de son jeune maître, Nostradamus ouvrit un oeil puis un second avant que les trois têtes ne quittent le sol et le suivent du regard avec un intérêt évident. Debout sur ses pattes, le chien trottina à ses côtés, la langue pendante, prêt à jouer avec lui avant de s’arrêter subitement, juste à temps pour éviter de se cogner les têtes dans ses jambes, à l’entrée du salon d'où une délicieuse odeur de marron grillé et de cannelle embaumait l'air.

Assise dans la pièce, plongée dans la lecture d’un livre qui semblait la captiver, à en juger par sa manière d’enrouler inlassablement une de ses longues mèches autour de son doigt, sa mère surveillait sans en avoir l’air les marrons qu’elle faisait griller dans l’âtre de la cheminé

-Maman, la compote est prête ?


Non pas qu’il n’avait pas assez mangé mais maintenant que cette délicieuse odeur lui chatouillait les narines, il fallait bien reconnaitre que la faim s’était réveillé et se faisait à présent douloureusement sentir. Se dirigeant vers la cuisine, il trouva bien vite son bonheur et revint avec deux raviers et deux cuillères avant d’en tendre un à sa mère

- Dis maman,
fit-il en s’asseyant près d’elle. Je pourrais dormir chez Camille un samedi ?

Il n’avait pas encore parlé de son projet à son ami car il ne connaissait que trop ce dernier, et préférait de loin une terrible déception si jamais sa mère venait à lui refuser ce plaisir même s’il ne voyait pas du tout pour quelle raison elle lui interdirait de dormir chez un copain. Il avait très envie de découvrir le fameux manoir des vampires où vivait Camille. Il n'avait jamais mis les pieds dans une telle demeure et mourrait d'envie de découvrir de ses propres yeux à quoi cela pouvait bien ressembler, le domaine bien sur mais pas seulement, il était très curieux de voir à quoi pouvait bien ressembler les vampires dépravés comme disait son copain, mais surtout il voulait voir tous les trésors que Camille avait accumulé au cours de ces derniers siècles mais plus que tout il voulait avoir l'immense honneur de lire ses bd.
Si Emrys était parvenu à faire lever le nez de son livre à sa mère quelqu’un l’empêcha de répondre car une personne se manifesta à la porte d'entrée et bien sûr c’était à lui d’ouvrir. Trainant des pieds, car vu l'heure ce n'était certainement pas pour lui, il se rendit vers la porte d’entrée en soupirant et sans se presser. Qui venait les déranger alors qu’il était entrain de lui parler d’un truc hyper important ? Ouvrant la porte de mauvaise grâce, prêt à la refermer aussi sec au nez et à la barbe du colporteur, ses ronchonneries furent interrompus dès lors qu'il se retrouva face à un étrange personnage... qui n'avait absolument rien à voir avec ces sorciers qui faisaient du porte à porte pour vous vendre des objets magiques qui à les en écouter, étaient absolument indispensable pour le confort de tout sorciers. Sa mère raffolait de ce genre de truc un peu bizarre qu’ils vendaient et elle était loin d'être la seule. Avec Elisabeth, elles pouvaient parler de ces trucs sans intérêts pendant des heures, mais cet homme-là, avec son air sinistre n'avait absolument rien à vendre. Avec ses habits noirs et son air grave, le sorcier qui se tenait devant lui avait quelque chose d’inquiétant. Une impression qui disparu dès lors que l'homme troqua son air grave et inquiétant pour laisser place à une terrible stupeur dès l'instant où ses yeux se posèrent sur lui. De toute évidence, il connaissait sa mère mais il n’était encore jamais venu ici puisqu’il n’était pas sur de l’adresse.

- Un instant, fit-il en refermant prudemment la porte tout en tournant son visage vers l'intérieur de la maison. Maman, c’est pour toi ! Cria-t-il pour être sur qu'elle l'entende avant de se tourner à nouveau vers son visiteur. C’est de la part de qui ?
Si l'homme lui répondit, Emrys n'entendit rien car Nosferatus venait de les rejoindre en aboyant. Le jeune garçon le rattrapa à temps par le collier pour qu'il ne saute pas sur leur visiteur, après tout, tout le monde n'était pas à l'aise avec son chien, même s'il n'en comprenait pas la raison, après tout, on ne faisait pas plus adorable que Nosferatus



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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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ϟ Messages : 557 ϟ Date d'inscription : 21/06/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Karina Lombard ϟ Crédits : pinterest

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty15.09.18 21:05


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


Au dehors, la neige fraiche recouvrait tout, les pavés de la rue, les allées, les toits des maisons de Boston, même les branches nues des arbres. Un corbeau marchait dans le jardin sans doute à la recherche de quelque chose à manger, laissant derrière lui des traces régulières. La brume qui siégeait au matin dans la ville était partie, mais sans pour autant être remplacée par le soleil. Les nuages étaient toujours là, présents dans le ciel comme un plafond uniforme. C’était encore un temps à neige, si lumineux qu’il en était presque aveuglant. Il devait faire pas loin de zéro, tout était calme, comme endormi par le froid, emprisonné dans un carcan de glace. Malgré la lumière qui émanait du dehors, il faisait relativement sombre dans la petite maison d’Acorn street et un feu crépitait dans la cheminée en briques rouges. Les flammes, rouges, oranges et or, léchaient les l’écorce des rondins de bois qui noircissait en se tordant comme de douleurs. Des braises rougeoyantes irradiaient entre les cendres grises, brillant comme des rubis vivants. Il en sortait une fumée douce à l’odeur entêtante mais agréable, une odeur d’hiver à laquelle se mêlait celle des châtaignes qui grillaient dans un petit craquement régulier. On éprouvait une sensation de calme et de quiétude à se tenir ainsi près de ce feu, une chaleur qui venait aussi bien des flammes que de l’intérieur de soi-même.

Juste à côté de l’âtre, retournant régulièrement les châtaignes à l’aide d’une pince en métal, Anahia souriait. Elle était assise par terre sur un grand tapis aux poils épais qui couvrait le parquet du salon, le dos calé contre un vieux fauteuil un peu déglingué qui sentait le nagchampa et les plantes sèches. Autour d’elle s’entassaient des coussins brodés, et à ses pieds se trouvait un grand mug pocahantas vide.
Malgré la chaleur qui se dégageait du brasier, et le fait qu’elle n’avait jamais vraiment été sensible au froid, la jeune femme était enveloppée dans un immense plaid aux motifs géométriques harmonieux et aux couleurs vives. Bien que vieux et râpé, il était doux et incroyablement confortable, tout ce qu’on attendait d’un plaid somme toute.
Posé sur ses genoux était ouvert un petite livre ancien à la couverture rouge qui, à en croire le tampon présent en haut de page, appartenait à la réserve de la bibliothèque de l’école de Salem. Si la sorcière n’y avait presque jamais mis les pieds lorsqu’elle y était élève, elle y passait désormais beaucoup plus de temps, cherchant entre les pages des grimoires des secrets à découvrir. Depuis quelques temps, elle avait quelques difficultés à voir l’avenir, et plus particulièrement le sien. Elle savait que ce n’était qu’une passade, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, mais puisqu’elle n’avait encore jamais été trahit par ses pouvoirs innés, elle cherchait de nouvelles façons de lire, de nouvelles façons de voir. Mais les cartes, comme les étoiles, les feuilles de thé, et même les flammes ne lui transmettaient plus qu’un seul mot : Danger. C’était à la fois frustrant et inquiétant.
Elle savait pourtant quel était la signification de ce présage : sa vie était à un croisement d’où trop de chemins partaient. Si elle ne pouvait voir son avenir pour le moment, c’est parce qu’elle n’avait encore fait aucun choix pour l’orienter.
Cette perspective aurait du lui faire peur, mais aussi étrange que ça pouvait paraitre, Anahia était paisible, sereine, heureuse même, plus qu’elle ne l’avait encore jamais été jusque là dans sa vie. Ce quotidien qu’elle vivait depuis six mois avec son fils était au-delà de tous ses espoirs. Il semblait qu’ils avaient réussi à trouver un rythme, un équilibre qui leur convenait à tout les deux, même si elle le savait, le Canada manquait beaucoup à son enfant tout comme le reste de leur famille. Elle était pourtant heureuse de l’avoir ici, pour elle toute seule. C’était un peu égoïste, mais au fond d’elle elle savait l’avoir mérité, ce bonheur, quoi qu’on pouvait en dire. C’était son fils. Son fils. Le seul véritable amour de sa vie.

Quittant un instant la poêlée de châtaignes qui grillaient tranquillement, son regard retourna à sa lecture. Sur la page de parchemin brunie par le temps étaient tracés des cercles et des symboles complexes dont elle cherchait à comprendre les mécanismes. Le livre n’était pas en anglais, mais dans une langue vieille et ancienne, ce qui n’était pas plus mal lorsqu’on en connaissait le contenu.
S’emparant du tisonnier, la sorcière traça quelques symboles dans les cendres du foyer, sans compléter le motif, juste pour s’entrainer. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle continuait à faire ça. Après tout, peut être qu’il ne viendrait jamais en fin de compte, et peut être que c’était mieux comme ça.
Lorsque la jeune femme avait découvert la présence d’Armand Altaïr de ce côté si du Dôme, sa première réaction avait été la fuite. On ne pouvait pas lui en vouloir, c’était une vieille habitude, un réflexe vieux de dix ans, la suite directe à la signification même de la vision « danger » qui s’inscrivait dans les flammes. Encore aujourd’hui, elle ne savait pas très bien ce qui l’avait retenu de quitter le pays, ce qui l’avait aussi poussé à faire de Tyler Lennox un messager involontaire de leurs retrouvailles. Peut être s’était-elle alors bercée d’illusion, peut être est-ce qu’elle avait cru, l’espace d’un instant, qu’il aurait pu lui pardonner. Mais c’était un fait, il ne lui avait pas pardonné, sa veine tentative d’empoisonnement en était la preuve. Et elle ne pouvait pas le blâmer. Dans le fond, elle-même n’était pas sure de s’être jamais pardonnée de l’avoir abandonné cette nuit la à Venise. Elle avait eu ses raisons, et elle avait toujours assumé ce choix qu’elle avait alors fait, pourtant, il n’y avait pas eu un jour en dix ans où elle ne s’était pas demandé comme est ce que ça se serait passé s’il en avait été autrement, si elle était restée. Contrairement à ce qu’Armand semblait croire au travers de ses lettres, elle l’avait vraiment aimé, et même plus que de raison. Et même si elle ne ressentait plus ces sentiments pour lui aujourd’hui, il y avait toujours quelque chose qui la rattachait à lui, une affection qu’elle ne pouvait nier, à mi-chemin désormais entre le remord et un amour ancien et flétri.
Un sentiment bien différent que celui qui l’animait lorsqu’elle avait reçu ses dernières lettres, et encore bien différent que celui qu’elle avait éprouvé lorsqu’elle s’était retrouvée empoisonnée par ses soins. Cette action vicieuse et cette mentalité n’appartenaient pas au Armand de ses souvenirs, jamais il n’aurait pu faire ça à l’époque. Il avait du bien changer, et être chargé de haine pour tenter ainsi de la tuer, vilement et sournoisement, façon borgia subtil ou arsenic et vieilles dentelles. Qu’est ce qui avait bien pu se passer pour qu’il change à ce point ? La réponse était venue presque aussi vite que la question. C’était elle sans doute, et l’impact de ses actes qui était la raison de la perte de l’innocence de ce qui avait été une belle âme, une personne tendre qu’elle avait cruellement tué, d’une certaine façon.
Lorsqu’elle avait retrouvée ses forces, grâce aux bons soins du meilleur maître des potions qu’elle connaissait, elle en était venue à la conclusion qu’il lui fallait finir le travail qu’elle avait commencé, et que cet Armand d’aujourd’hui devait lui aussi mourir comme le Armand d’hier. Elle s’y était longuement préparée, et longuement, elle l’avait attendu dans les décombres grotesques du Boston moldu. Mais il n’était jamais venu. Assise sur un gros bloc de béton dont sortaient des barres de fer rouillées, elle avait serré contre elle ses longs bras, sa longue toge noire claquant dans un souffle de vent chaud. Mais le vent chaud d’aout avait disparu sous les feuilles de l’automne, et la neige hivernale après ça. Il ne viendrait peut être pas, oui c’était mieux comme ça. Bien mieux comme ça.

A quelques pas d’elle, le plancher craqua et une voix s’éleva dans la pièce. Relevant la tête de son livre, clignant des yeux comme si elle se réveillait, elle contempla quelques instants le visage d’Emrys avant de comprendre de quoi son fils parlait.


« Oui elle est prête, tu peux aller te servir si tu veux, mais fais attention, la casserole doit être encore chaude… » Sans rien ajouter d’autre, le jeune garçon sorti de la pièce en direction de la cuisine. C’était incroyable comme il avait changé ces derniers mois. Sa tête ronde d’enfant devenait de plus en plus celle d’un jeune ado, et qu’est ce qu’il grandissait vite ! A ce rythme, il lui faudrait bientôt faire rallonger ses robes de sorcier. Elle devait se faire à l’idée que son bébé n’était plus tant un bébé que ça, qu’il allait à l’école maintenant, qu’il faisait aussi son chemin. Un chemin pas toujours très dans les règles, à l’image de sa mère. Même si elle essayait d’être stricte avec lui, de l’encourager à être impliqué dans ses études et de ne pas passer son temps à faire des conneries comme elle avait pu le faire, il fallait bien avouer qu’elle n’avait finalement que peu de prise sur les choix qu’il faisait. Après tout, il fallait bien que jeunesse se fasse, mais elle espérait au fond d’elle qu’il ne lui reprocherait pas un jour d’avoir pourrit sa vie. Elle avait ses tords, mais elle essayait d’être une bonne mère, et chaque jour qui passait elle remerciait les esprits de l’avoir passé avec lui.

Poussant la voix pour être sure d’être entendue, elle finit par dire : « Et tiens pendant que tu y es j’en prendrais bien moi aussi mon chéri. » Oui, maintenant qu’elle y faisait attention, elle se rendait compte que l’odeur de pommes et de cannelle qui flottait dans l’air lui faisait monstrueusement envie. Refermant son livre et le posant sur le fauteuil juste derrière elle, la jeune femme resserra le plaid autour de ses épaules et récupéra le petit bol qu’Emrys lui tendait. La compote était encore fumante, et ils la mangèrent sans dire un mot, face au feu qui crépitait. Même si ce n’était clairement pas encore ça, Anahia avait fait beaucoup de progrès en cuisine, surtout grâce à la patience sans faille de son amie Elisabeth a qui elle avait demandé le secours. On était encore loin des recettes complexes, mais au moins c’était équilibré et assez bon pour ne pas tout jeter à chaque fois.
S’emparant du manche de la poêle, la jeune femme fit rouler les châtaignes sur la surface en fonte. Elles semblaient parfaitement cuites, mais il faudrait attendre encore un peu avant de les éplucher. Bien sur, elle aurait pu le faire par magie, mais ça enlevait tout son charme à la chose.

Alors que son regard était perdu dans les braises ardentes du feu, la voix de son fils s’éleva à nouveau, mais cette fois ci, elle écoutait alors qu’il lui faisait part de sa demande d’aller dormir chez son ami Camille. Elle savait que les deux garçons s’appréciaient vraiment, mais elle n’aimait pas les voir trainer ensemble, du moins pas sans surveillance. Le petit vampire pouvait être aussi attachant et adorable qu’il pouvait devenir dangereux et mauvais. La difficulté résidait dans le fait qu’on ne pouvait pas savoir à quel moment le changement se faisait. Depuis leur petite escapade nocturne qui avait bien failli très mal finir, la jeune mère rechignait à les laisser seul, et il était totalement inimaginable de laisser son beau et vivant garçon aux joues roses passer une nuit dan la demeure d’Andropov et des siens. Elle savait que si Regina était là il ne lui arriverait surement rien, mais un accident pouvait si vite arriver, et c’était un risque qu’elle ne souhaitait pas prendre. Mais peut être que si elle parvenait à se faire inviter pour le diner par sa vieille camarade de classe…

Au moment où elle s’apprêtait à donner une réponse à son fils, la sonnette de la porte d’entrée résonna, lui donnant une échappatoire toute trouvée. Intriguée mais trop bien emmitouflée pour sortir de son cocon, Anahia souleva la lourde poêle dont elle renversa le contenu dans un grand bol avant de la remettre à un crochet sur le côté de l’âtre.


« Tu vas ouvrir s’il te plait pumpkin ? C’est peut être le facteur… »

Frottant ses mains l’une contre l’autre pour en enlever une tache de suie, elle les glissa sous la couverture et ferma les yeux l’espace d’un instant. Une seconde, deux pas plus. Deux secondes pendant lesquelles elle se sentit encore bien et sereine. Si elle avait ouvert les yeux à ce moment là, peut être aurait-elle vu un message dans les flammes, peut être pas mais en tout cas, la seule chose à laquelle la sorcière pensait à cet instant là, c’était à la petite sieste qu’elle allait surement faire.
Cependant, le destin, ou les sadiques que nous sommes, à vous de choisir, en avait décidé autrement. Attiré à la porte par la voix d’Emrys qui l’appelait, Nostradamus, le corgi tricéphale, avait fini par sortir lui-même de l’état semi-léthargique dans lequel il était plongé depuis plusieurs heures et avait foncé comme un diable vers l’entrée de la maison, dans un écho d’aboiements assourdissants. Jurant, la jeune femme s’extirpa de son plaid qu’elle rejeta sur le fauteuil et se releva avant de quitter le salon.
La lumière du dehors était forte, bien plus que la semi obscurité de la pièce qu’elle venait de quitter, si bien que dans un premier temps, elle ne pu distinguer qui était sur le perron, hormis une silhouette noire.


« Emry fais taire ton chien où la voisine va encore appeler la brigade magique !! J’en ai marre de voir les flics débarquer chez moi tous les quatre matins pour ces conneries !! pardon je suis désolée, il est vraiment infernaaaooOH PUTAIN DE BORDEL DE MERDE. »

Les yeux écarquillés, il lui fallut mettre une main sur le chambranle de la porte pour ne pas tomber. Trop abasourdie pour faire quoi que ce soit, Anahia restait bloquée, figée comme si on venait de stopper le temps. Là, juste devant chez elle, il y avait cet homme, celui qu’elle avait autant cherché à fuir qu’elle l’avait attendu. Trop sous le choc, elle ne parvenait même pas à se demander comment il était arrivé, comment il avait fini par trouver cette maison simple où elle se cachait depuis des années. Non, une seule pensée la préoccupait, envahissait chaque cellule de son corps, chaque partie de son esprit : *Pas déjà, pas maintenant, laissez le moi, ne me le prend pas, c’est trop tôt… *
Des images d’un cauchemar vieux de dix ans s’imposaient à elle comme si elle venait de s’en réveiller, et la peur de perdre la seule chose qui comptait dans sa vie la saisit comme jamais elle ne l’avait saisit.


« C’est toi… » Murmura-t-elle comme pour elle-même.


Pourtant, aussi vite qu’elle était arrivée, la peur s’estompa, ou du moins elle se tu un instant, laissant à la sorcière la possibilité de retrouver le cours presque normal de ses pensées et un embryon de self control. Cet enfoiré biblique l’avait surprise alors qu’elle s’attendait à ne jamais le revoir, c’était son genre après tout : surprenant. Il ne fallait pas s’en étonner.
Posant une main sur l’épaule de son fils, elle finit par dire d’une voix douce mais d’une fermeté qu’on lui connaissait peu :


« Emrys, tu veux bien monter dans ta chambre s’il-te-plait ? Le monsieur est un vieil… ami de maman, nous avons pas mal de choses à nous dire. Prends ton chien avec toi… »

Le jeune garçon ne bougea pas. Il semblait avoir compris par sa réaction que quelque chose ne tournait pas rond. Pourtant, était-ce à cause de la pression de la main de sa mère sur son épaule, ou le regard rassurant qu’elle essaya de lui lancer, il finit par attraper Nostradamus par le collier et le guider vers l’escalier qui se trouvait juste derrière eux dans l’entrée.
Sans dire un mot, la jeune femme attendit. Enfin, un bruit de porte se fit entendre un peu plus haut.
Malgré cela, elle ne fit pas un mouvement, observant, l’homme en noir qui se trouvait en face d’elle.
Le temps l’avait plutôt gâté, il avait perdu ce visage juvénile qu’il avait encore dans la vingtaine et cet air naïf qui le caractérisait pour devenir enfin un homme, même si l’absence de barbe rendait son visage plus dur, renforçant la taille relativement importante de son nez.
Elle sentit son cœur manquer un battement lorsqu’elle vit ses yeux, ces deux yeux qui ne l’avaient pas regardé depuis dix ans, bleus et profonds comme ceux de leur fils. A l’époque de leur amour, il pouvait la regarder pendant des heures, et elle aimait ça, mais là, il lui était impossible de lire dans ce regard, trop d’informations s’y percutaient.


« Oui c’est vraiment toi… »

Pourquoi était-il venu ? Pour la tuer ? Cette idée l’effleura mais soudain elle se rendit compte que s’il avait vraiment voulu sa mort, ce serait déjà chose faite. Pourquoi était-il là alors ?

Peut être ne le savait-il pas lui-même, et c’était pour cela qu’il restait là, immobile comme un grand bonhomme de neige dans la neige immaculée de la rue déserte. Il y avait quelque chose de très harmonieux dans cette image, et à la fois un contraste un peu déroutant entre le blanc sur les pavés et cette tenue entièrement noire. Un contraste entre cette tenue entièrement noire et solennelle, et sa tenue à elle, chemise à carreaux trop grande, shorty de pyjama délavé, uggs vieilles comme le monde aux pieds. Mais après tout, elle était comme elle était, et il était trop tard pour faire autrement.
Cela faisait déjà plusieurs minutes qu’ils se regardaient, incapable de briser le silence, incapables de décider ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. C’était peut être le moment d’attraper sa baguette magique qui retenait son chignon, mais elle n’en fit rien, pas plus que lui fit le moindre mouvement. Ils étaient là, deux vieux amants que la haine avait rassemblé, mais pourtant, Anahia avait beau chercher au fond d’elle, elle ne ressentait aucune haine pour cet homme. Les choses allaient peut être se passer différemment en fin de compte, peut être aurait-elle encore un peu de temps avant que sa prémonition ne se réalise. Encore un peu de temps avec son fils.

Prenant une profonde inspiration, la jeune femme s’écarta légèrement afin de dégager l’entrée.


« Aller, entres…tu n’as pas fait tout ce chemin pour rester là à te geler les couilles… tu veux un café ? Ou peut être quelque chose de plus fort ? »





Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 14.11.18 19:00, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty24.09.18 16:25


   

It ended when I lost your love




On dit d'usage que le facteur sonne toujours deux fois, mais malheureusement pour Anahia ce n'était pas le facteur. Même si à sa façon on pouvait dire que ce sinistre personnage était du genre à sonner deux fois.

Remontant ses lunettes sur l'arrête de son nez, Armand se raidit en entendant un cliquetis derrière le panneau de bois. La porte s'ouvrit, et pendant une seconde il resta stupéfait. Personne. Il baissa les yeux et dévisagea avec étonnement la figure ronde d'un jeune garçon qui lui faisait face. Est ce qu'il s'était attendu à tomber sur un enfant ? Pas du tout. Même si ce gamin n'était plus tout à fait un enfant, mais pratiquement adolescent. En tout cas ce n'était pas Anahia, et il du prendre sur lui pour lui demander si la personne qu'il cherchait vivait bien ici. Le garçon tourna la tête et appela sa mère, ce qui lui faire serrer les dents. C'était une erreur, sans doute. Elle aurait eut un enfant ? Avec qui ? Remarque, une décennie s'était écoulée, il n'y avait rien d'étonnant au fait qu'elle ait refait sa vie. No big deal. Néanmoins il n'arrivait pas à avaler totalement la pilule. Il s'était attendu à la trouver seule, comme la créature immorale et dépravée qu'il avait rencontré dans ce bar de Jérusalem. Pas en charmante mère de famille avec une ribambelle de gosses tout le tour de son gros ventre fertile. Ça compromettait drôlement son plan de vendetta. Tout simplement parce qu'il ne voulait aucun témoin, et parce que ce gamin en était justement un, à mi chemin entre lui et la porte.


« Padre Al... »


Il avait soufflé son nom à voix basse au moment où un espèce d'animal ridicule fit irruption dans l'entrée. Armand n'avait pas spécialement horreur des chiens, mais il ne supportait que très difficilement ce qui est bruyant et salissant. Alors que ce chien là en particulier était tout spécialement horrorifique. Avec trois pairs d'oreilles qui gesticulaient de façon stupide lorsqu'il marchait, et en dessous trois tête surdimensionnées qui tiraient son pauvre petit corps en avant. La chose à trois têtes étaient également trois fois plus ridicule que la normale, et c'était un miracle de constater que ses petites papattes atrophiées arrivaient à porter cette masse étrangement mal répartie. Avec ses trois gueules, il faisait également trois fois plus de bruit en aboyant, et surpris, Armand fit un pas en arrière avant que le garçon n'attrape fermement son chien par un de ses colliers. De toutes les maisons de cette interminable rue il était tombée sur une maison de fous, comment continuer à penser que ce n'était pas ici qu'elle se cachait ?  

Une femme déboula comme une furie, répétant au gamin de retenir son chien. Armand quand à lui retenait son souffle. Sous son habit noir tout ses muscles tremblaient, mais avec les deux pieds dans la neige, comment ne pas penser qu'il avait simplement froid ? Quand elle finit par remarquer l'invité qui se tenait à la porte elle laissa échapper une exclamation peu élégante pour une dame. Mais est ce que quelqu'un croyait encore que s'en était une ? Elle avait cette touche de femme en jachère totale à la Lynette Scavo, ce qui bien entendu contrastait admirablement avec la silhouette sombre et sévère de l'homme d’Église qui se tenait sur le pas de sa porte. Et pourtant il ne releva pas sur son physique, ou du moins pas tout de suite. Le verbe s'était imposé avant l'image. Il serra la mâchoire dans un faux sourire crispé.

Elle semblait frappée de stupeur, ce qui par bonheur stoppa les mots vulgaires qui jaillissaient de sa bouche. Il était très désagréable d'entendre une femme avec une tel vocabulaire, mais il ne laissa même pas échapper une remarque. Son regard entendu était suffisamment éloquent. Elle se tourna vers le garçon et posa sa main sur son épaule d'un geste tendre. Elle lui demanda sur un ton mielleux d'aller jouer dans sa chambre et d'y rester. Comportement très sage qu'il ne pu qu'approuver. Même si à cet instant son esprit semblait prit de panique. Comment est ce qu'il allait faire pour mettre son plan à exécution ? Le gamin avait vu son visage, et peut être y avait il d'autres personnes dans la maison. S'encourager à aller tuer quelqu'un chez lui c'était déjà beaucoup trop pour sa nature, alors si maintenant il y avait un gosse innocent dans le jeu... L'affaire devenait trop compliquée. Même s'il avait la haine contre cette femme et avait maudit sa descendance sur 13 générations, en pratique il ne se voyait pas débouler, tuer la mère et faire du mal à un petit garçon. Ça commençait à présenter quelques similarités avec l'histoire tragique qu'Ethan lui avait conté en confession, autant dire que ça puait. Bref il gardait un extérieur très sévère, mais à l'intérieur c'était panique à bord. Il soupira discrètement et souris, changement de tactique.


« Qui d'autre ? »


Il y eut un blanc, mais alors monumental. Il ne pouvait pas faire autrement que la dévisager. Et c'est à cet instant précis qu'il remarqua le pyjama et les huggs. Et bien sur qu'il se mit à juger en silence son style vestimentaire illégal. Parce que soyons sérieux, il s'agit d'une chose d'être décontractée, mais la limite entre le cosy casual et le méchamment négligé est incroyablement fine. Et là on flirtait dangereusement avec la tenue qui va bien quand ton seul impératif de la journée et de passer l'aspirateur. Bref, pas vraiment l'habit pour accueillir décemment chez soi un grand ponte de l’Église. D'autant qu'à tout les coups vous pouvez être certains que l'aspirateur n'a même pas été passé.

Il releva un sourcil, vaguement choqué à sa remarque. Alors non il n'avait pas traversé la moitié des États Unis juste pour prendre l'air, et oui ses boules étaient bien au chaud merci. Mais qu'est ce que c'était que cette façon de s'exprimer...


« Va pour un café alors. »

Essuyant méticuleusement ses pieds avant d'entrer, il la suivi dans la séjour. C'était sans doute très impoli de sa part, mais il n'arrivait pas à s'empêcher de regarder le décor autour de lui. C'était donc ici qu'elle vivait ? Depuis combien de temps ? Avec qui ? Ce gosse n'était pas sorti de la cuisse de Jupiter, elle avait sans doute un mec avec qui elle avait refait sa vie. Ressasser cette idée était aussi agréable que de manger des chicons. Bref ça avait le goût de misère et de la dépression, et une amertume insoutenable en bouche. Il grimaça.

« Boston alors ? Il faut dire que Jérusalem n'était plus assez sûre pour toi... »


Cherchant du regard un endroit correct et pas trop encombré pour s'asseoir, il remarqua un sapin complètement asséché qui trônait dans un coin, avec encore quelques misérables décorations accrochées sur ses branches mortes dépourvues d'épines. Il eut cette petite moue si reconnaissable. Celle qui s'abstient de commentaire mais qui contemple dépité le manque de bon sens de ce monde. On était en février, un sapin de Noël n'avait plus rien à faire dans une maison depuis un bon mois. Alors bon peut être qu'elle fêtait Noël juste après Hanoucca, mais dans tout les cas aucune coutume religieuse au monde ne pouvait expliquer la raison d'un arbre momifié dans le coin d'un salon.

Bref si pendant un instant il avait eut peur de s'attacher de nouveau à elle, les huggs défraîchies et la maison mal tenue avaient suffit à le refroidir complètement. Encore quelques années après qu'elle l'ait quitté, il se demandait encore à quoi aurait pu ressembler leur mariage. Aujourd'hui il avait fait le deuil de ce fantasme, et en poussant un plaid couvert de poils de chien roulé en boule sur un fauteuil pour essayer de s'asseoir, il se dit que dans le fond il avait peut être finalement évité le pire.
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Emrys M. Talarion

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty04.11.18 11:52


The end of the world
Mummy, Dad & me


Comme souvent lorsque Nostradamus ne connaissait pas les visiteurs qui venaient frapper à leur porte, le chien tricéphale se mit à aboyer sévèrement afin de faire reculer l'intrus. Il y avait cependant quelque chose de différent d'ordinaire dans son attitude actuelle qui se voulait clairement hostile et menaçante envers cet homme à l'aspect sinistre. Emrys l'avait saisit juste attend par le collier pour l'empêcher de foncer droit sur leur indésirable visiteur

- Nostradamus, ça suffit maintenant !
Le gronda-t-il avant que la voix de sa mère ne se mette à retentir derrière lui, dans toute la maison en lui intimant l'ordre de calmer son chien.

Un conseil autant inutile qu'agaçant puisqu'il n'avait pas attendu qu'elle le lui demande pour s'exécuter. Il y avait vraiment des moments où elle le prenait pour un bébé. Et puis, était-ce sa faute si la vieille aux chats dérangeait la brigade magique pour un oui ou pour un non ? On l'empêchait pas de parler elle, alors que pourtant ça rendrait un bien grand service à la communauté magique, alors pourquoi Nostradamus n'aurait-il pas le droit de s'exprimer lui aussi de temps en temps ?

- Mais oui, c'est ce que j'fais !
Répondit-il avec une pointe d'agacement dans le son de sa voix. Allez chuuuutt soit sage, murmura-t-il à l'oreille de l'animal tout en lui caressant les tête. Il est pas méchant, fit-il en s'adressant à l'illustre inconnu qui avait reculé avec prudence tout en les observant d'un oeil méfiant derrière lequel se devinait également une certaine crainte. Vous voulez le caresser ? Laissez-le vous sentir pour qu'il s'habitue à vous, j vous assure il est pas méchant. Alors vous connaissez ma mère ?

La question était innocente et à vrai dire, étant donné qu'il n'avait rien à vendre et qu'il demandait après sa mère il la connaissait surement, même s'il avait une bien étrange manière de la nommer « Mademoiselle Anaria » qui lui donnait juste envie de ricaner... Déjà il prononçait mal le prénom de sa mère et en plus sa manière de dire était si pompeuse qu'elle en était ridicule mais au moins, cela allait de paire avec son air sinistre. A bien l'observer, ce type n'avait en rien la tête d'un ami de sa mère, il avait la mine bien trop sévère pour ça, alors qui était-ce ? Se pouvait-il qu'il s'agisse d'un créancier ?!! L'exclamation horrifiée de sa mère, le fit alors sursauter frayeur et c'est en catastrophe qu'il se retourna dans sa direction. Mince alors, c'était vraiment un créancier ? Sa mère avait des dettes ? Qu'est-ce qu'ils allaient faire ? Il n'aurait jamais du l'appeler et envoyer ce sinistre individu ailleurs, par exemple chez la vieille aux chatx ou plus loin d'eux encore, vers le boston moldu. Le choc de la surprise passé, il suivi sa mère du regard, qui les rejoignait en silence d'un pas déterminée. Sa main se posant sur son épaule, elle lui demanda de monter dans sa chambre en prenant Nostradamus avec lui. Si en temps normal l'enfant ce serait mis à soupirer et à protester, cette fois il n'en fit rien, car il y avait dans l'attitude de sa mère une autorité naturelle qui ne souffrait cette fois d'aucune discussion. D'abord hésitant, se demandant s'il devait vraiment laisser sa mère seule avec cet individu, il fini par obtempérer en sentant la pression de sa main rassurante sur son épaule. Lentement, il se releva et tirant Nostradamus à sa suite, l'obligea à monter les escaliers pour gagner l'étage le plus lentement possible, afin de suivre sans en avoir l'air, la suite de l'échange qu'il allait y avoir entre les deux adultes. Mais le silence régna en maître et aucun d'entre eux ne bougea ni ne parla tout le temps que dura son ascension, et ce, jusqu'à ce qu'il ne claque la porte derrière lui une fois arrivée dans sa chambre

- Je me demande bien qui c'est... qu'est-ce qu'il font d'après toi ?
Demanda-t-il à son compagnon à 4 pattes tout en collant son oreille contre la porte en bois. Bon d'accord, puisque tu insistes on va ouvrir la porte mais tu fais pas un bruit, fit-il en plaquant son index devant ses lèvres dans un geste d'avertissement.

A quatre pattes, lentement, il étira son bras pour faire tourner silencieusement la poignet de sa porte. Doucement, la porte s'entre ouvrit dans un léger grincement qui le fit grimacer. Le coeur battant, il arrêta aussitôt d'ouvrir la porte, l'oreille aux aguets, mais il n'entendit rien, ni ne vit personne. Après avoir estimé que tout danger semblait écarté, Emrys s'avança à quatre pattes dans le couloir le plus discrètement possible sous le regard intrigué de Nostradamus, qui après quelques secondes, l'imita joyeusement. L'enfant du rappeler l'animal à l'ordre avant de se retrouver en haut des escaliers. Il ne savait pas comment il était parvenu à ce miracle mais sa présence ne semblait pas avoir été repéré par les deux adultes. Tendant l'oreille, il essaya une nouvelle fois de comprendre ce qu'ils se disaient mais tout ce qui lui parvint, fut des bribes de conversations absolument inaudibles. Descendant d'abord une marche, puis une seconde, il resta caché en essayant de comprendre ce qui se disait mais le résultat était toujours le même. Alors qu'il continuait à descendre une troisième marche, il réalisa avec horreur que son chien l'avait dépassé et qu'il se rendait gaiement vers le salon. Se relevant à son tour, Emrys déboula à sa suite dans la salon. Il aperçu l'homme qui s'était tranquillement assis dans le fauteuil de Nostradamus ce qui fit méchamment grogner ce dernier. S'emparant de la couverture que l'homme en noir avait repoussé, il offrit un grand sourire innocent à sa mère

- J'étais venu chercher ça, on remonte,
lui certifia-t-il.

Le plaid de Nostradamus en main, Emrys remonta à l'étage avec une lenteur exagérée. Une fois la porte de sa chambre à nouveau fermée, il plaça la couverture de son chien à coté de son lit. Ce dernier ne se fit pas prier et si roula avec un plaisir certain.

- Je me demande bien qui s'est. Il avait dit quoi ? Padre A..., c'est quoi à ton avis ? Tu crois que tonton le connais ?

Son regard se posa sur le miroir à double sens que son oncle lui avait offert et qui lui permettait de communiquer avec ce dernier et ce, même si des milliers de kilomètres les séparaient l'un de l'autre. Il lui suffirait de le prendre pour chercher à le contacter et d'en savoir plus mais en un sens c'était un peu trop facile et puis peut-être qu'il ne le connaissait pas, après tout, son oncle ne connaissait pas tous les amis de sa mère et l'inverse était tout aussi vrai, et puis, soyons honnête, c'était quand même bien plus intéressant de mener seul l'enquête, tel un Sherlock Holmes du nouveau monde. Farfouillant dans sa malle, le jeune sorcier en retira ses oreilles à rallonge qui allait lui permettre d'espionner la conversation des deux adultes depuis la chambre sans être vu, mais pour cela, il allait d'abord devoir placer l'autre extrémité de la longue ficelle couleur chair au niveau du salon en toute discrétion. Tout ce qu'il lui fallait c'était une excuse pour redescendre. Les yeux brillants de malice et le sourire victorieux, une idée s'imposa bien rapidement dans son esprit

- J'ai trouvé ! S'exclama-t-il en brandissant ses oreilles à rallonge dans sa main. Bouge pas, je reviens tout de suite.

Sortant de sa chambre sans se cacher cette fois, Emrys descendit les escaliers l'air de rien, en sautillant, pour bien signaler sa présence. Une fois devant l'entrée du salon, il déposa sa ficelle dans un coin avant d'entrer innocemment dans le salon. Il passa devant les deux adultes l'air de rien, comme s'il se moquait de leur présence et se dirigea vers la véranda avant d'en ressortir quelques minutes plus tard, son comic intégrale reçu pour Noël, entre les mains

- Je sors plus, promit-il, j'avais juste oublié mon livre

Quittant le salon, il attrapa l'une des extrémités de ses oreilles à rallonge et la déroula jusqu'à sa chambre. Ce qui était bien avec le nouveau modèle, c'est que la longueur de la ficelle s'adaptait à vos besoins, malheureusement pour lui, il avait en sa possession la troisième version qui enlevait les parasites et permettait une meilleur écoute et si cela avait un certain avantage, il n'était pas parfait pour autant car la longueur de sa ficelle, elle, était limitée. Il ne lui manquait plus que 3 petits mètres pour se trouver tranquillement à l'abri, à l'intérieur de sa chambre. Jurant, il du se faire à l'idée que s'il voulait écouter leur conversation, il allait devoir rester caché en haut des escaliers. Assis en haut des marches, collé au mur comme s'il cherchait à se fondre dans la tapisserie, Emrys colla l'extrémité du fil à son oreille et tenta d'espionner cette petite réunion privé qui l'intriguait au plus haut point
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty14.11.18 19:25


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


Alors qu'Armand passait devant elle, Anahia ne pouvait s'empêcher de noter à quel point il était à la fois identique à ses souvenirs, et à la fois changé. Dix ans c'est long tout de même, et ça laisse le temps au temps de faire son œuvre, de tracer des sillons dans la peau. Il avait l'air plus sombre que dans son souvenir. Lorsqu'il avait vingt-cinq ans, lorsqu'elle l'avait connu, il respirait l'innocence, la gentillesse et la bonté. C'est sans doute ce qui lui avait plu, à moins que ce ne fut sa soif de savoir et de connaissances ? L'image de lui dix ans plus tôt, jeune et naïf, avec cette barbe un peu ridicule qu'elle adorait pourtant se dissipait pour laisser place à une version de lui avec dix ans de plus. Surement que ça lui faisait le même effet à lui aussi en la regardant. Elle aussi avait changé, elle le savait. Elle le voyait assez dans son miroir, mais de le voir dans le regard de l'homme qu'elle avait un jour tellement aimé était bien plus douloureux, car elle le sentait presque déçu. Le fantasme du souvenir se brisait, les laissant face à face avec leur réalité.
Elle lui en voulait d'ailleurs un peu de débarquer comme ça sans prévenir. Elle aurait voulu pouvoir affronter ce moment avec plus de dignité, et pas portant une paire de uggs mâchouillée par le chien et un jogging bon pour le lavage. Lui se la pétait grave dans sa soutane de poseur pendant qu'elle devait se la jouer mère célibataire en week end prolongé façon ultimate desperate housewife. Vous la voyez l'injustice ? Moi oui ! Dans le combat pour savoir qui gagnait cette rupture, il venait de marquer un point vicieux et sournois, mais après tout, on pouvait pas en attendre plus de lui. Armand avait toujours été un poseur de première. Même s'il ne l'avouait pas, il adorait préparer ses entrées et se faire mousser en discourant des heures et des heures avec grandiloquence. Et si la sorcière avait toujours pris plaisir à apprendre de lui et de ses connaissances certaines, elle avait toujours détesté ce style ampoulé qui était l'attribue des hommes d'églises, enfin tout du moins du genre auquel il appartenait. Sous ses couverts innocents, le jeune homme avait toujours aimé briller, par sa présence mais surtout par son verbe et par la démonstration de son esprit qu'il savait brillant, et c'était souvent usant pour tous ceux qui gravitait autour de lui, car il faisait payer aux autres lorsqu'ils les considéraient comme inférieurs, ce qui arrivait tout le temps. Armand était un homme exigeant, un homme qui aimait évoluer sous une certaine lumière, celle des vitraux de la connaissance.
Elle-même, bien qu'elle aimait parfois se sentir au centre de l'attention, avait toujours eu davantage sa place dans l'ombre, fuyant l'or et sa lumière changeante pour lui préférer l'éclat des ténèbres. Ils étaient ainsi, et c'est ainsi qu'ils se retrouvaient, dix ans plus tard, finalement pas si heureux ou soulagé que ça.
S'il semblait tendu, elle l'était encore davantage, sous des airs d'apparente tranquillité. Claquant la porte derrière lui, elle le suivi vers le salon où il trouva une place sans attendre qu'on lui en indique une. Anahia resta debout, les bras croisés contre elle, se plaçant sans vraiment s'en rendre compte entre lui et l'escalier qui menait à l'étage. Pourquoi était-il là ? Cette question tournait en boucle dans son esprit en s'imposant à chaque pensée. Elle était sure qu'il n'avait pas fait toute cette route juste pour tailler le bout de gras ou prendre le thé... mais était-il vraiment venu chez elle dans l'intention de la tuer ? Et qu'aurait-il fait si ce n'avait pas été Emrys qui avait ouvert la porte ? Aurait-elle reçu un sortilège de mort en pleine tête sans crier gare ? Le fait qu'elle était toujours vivante montrait que les plans d'Armand étaient différents, ou du moins qu'ils avaient changé. Il n'avait pas du s'attendre à trouver un enfant en ouvrant la porte d'entrée. Mais à quoi pouvait-il bien s'attendre ? Dix ans s'étaient passés ! Il y aurait bien pu en avoir plus des mômes ! Et un mari en plus (non...NON on ne rigole PAS!!). Il aurait eu l'air bien con si un homme avait ouvert et répondu « oui c'est ma femme que lui voulez-vous » à la question qu'il avait posé en arrivant. Mais comme on lui rappelait si souvent, Anahia n'avait pas de mari, et dans le fond, elle n'en sentait pas le besoin, même si une petite assistance ne lui paraissait pas de trop à l'instant précis. Ce qui inquiétait surtout la jeune femme, c'était plutôt de savoir si le prêtre avait communiqué son adresse à d'autres roses. Elle ne doutait pas de parvenir à le faire disparaître, mais elle savait que quelqu'un comme lui assurerait ses arrières. S'il disparaissait aujourd'hui, elle était sure de trouver plusieurs hommes sur son perron dans les heures à venir, et elle savait qu'ils ne seraient pas tous aussi polis. Non, elle devait la jouer fine, elle devait être maline et sauver leurs miches, car il n'y avait pas que se vie qui était en jeu, mais aussi celle de son fils. Au pire des cas, elle savait ce qu'elle avait à faire, elle s'y était préparé depuis ce jour de tempête où Emrys était né. Ce vieux sortilège issu de l'ancienne magie qui se passait de mères en mères comme un secret, et qui offrait la meilleure des protections à l'être aimé. Elle était prête à se sacrifice pour son enfant. Elle avait toujours été prête à tout pour lui, même à abandonner l'amour de sa vie pour avoir une chance de le voir grandir. C'était lui aujourd'hui l'amour de sa vie, et elle sentait cet amour lui tordre les entrailles.
Elle devait sauver son petit, le protéger des roses et de leurs épiques empoisonnées.
Observant toujours le prêtre qui observait lui-même la décoration de sa maison qu'il semblait fort peu trouver grâce à son goût, la sorcière se rendit compte qu'elle n'avait pas sa baguette sur elle. Cette dernière était restée dans la cuisine, il lui fallait absolument trouver une solution pour aller la chercher, mais elle se refusait à quitter Armand des yeux.
Fronçant les sourcils à la petite pique qu'il lui lança, elle resta un instant interdite tout en s'appuyant nonchalamment au chambranle de la porte du salon.


« Jérusalem ?? J'ai toujours détesté cet endroit...Pourquoi aurais-tu voulu que j'y refoute les pieds ? » Sans doute parce qu'il n'avait jamais douté du fait qu'elle puisse être juive et que Jérusalem étant la ville où il l'avait levé, c'était forcément là qu'elle s'en serait retourné une fois son larcin commis. Dans le fond, c'était une chance pour elle, les roses avaient du retourner toute la ville sainte en cherchant quelqu'un qui avait pris grand soin d'effacer toutes les traces de son passage. Ils avaient du chercher une famille inexistante, un ancien patron qui avait oublié son existence, une ancienne chambre dont la propriétaire était une vieille femme sénile. Elle n'avait été qu'une ombre dans cette ville, et l'ombre était partie bien avant qu'on la recherche. C'était leur erreur, ils auraient du se douter que sur là dessus aussi elle avait menti. Pourtant, il y avait beaucoup de choses vraies dans ce qu'elle avait vécu avec Armand à cette époque, mais à voir le regard qu'il lui lançait, il était certain qu'il n'y croyait plus du tout. Elle voyait bien qu'il la détestait, et ce constat était difficile mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Une envie de tout lui dire, de tout lui raconter la titillait, sans doute l'effet col blanc et soutane qui appelait à la confession, mais rien ne lui assurait qu'il la croirait. Elle ne voulait pas non plus que des informations tombent dans certaines oreilles.

Mais le propriétaire de ces fameuses oreilles préféra défier l'autorité de sa mère en déboulant dans le salon, sous prétexte de venir chercher la couverture du chien avant de disparaître aussi vite qu'il était arrivé. Elle poussa un soupir. Le petit venait à coup sur de faire une tentative pour voir ce qui était en train de se passer. Il avait hérité de la curiosité de ses deux parents, ce qui faisait beaucoup même pour un enfant. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, l'arrivée d'un personnage comme Armand dans leur petite maison en aurait intrigué plus d'un, d'autant plus qu'il n'avait pas l'habitude de se faire envoyer comme ça dans sa chambre. Anahia avait peu de secret pour son fils, ou du moins elle essayait toujours d'être le plus sincère possible avec lui, le laissant rester avec les grands lorsque des amis passaient. Elle considérait que c'était important pour les enfants de se rendre compte de ce qu'était la vie, la vraie, celle des adultes et de ne pas vivre entièrement la tête plongé dans les comics.

Une fois qu'elle eu entendu la porte de sa chambre claquer, elle retourna toute son attention sur le prêtre toujours occupé à observer son environnement. Tout portait à croire qu'il jugeait fort mal ce qu'il voyait autour de lui, et ce petit air outré et pincé face à tous ce bordel l'agaçait au plus au point. Un instant, elle se demanda si elle ne regrettait pas de ne pas avoir oublietté Tyler pour que ce dernier ne révèle jamais son existence à Armand. Ils auraient vécu tranquillement sans jamais se croiser. Les États-Unis étaient un grand territoire, ils auraient très bien pu ne jamais se croiser,  elle y aurait veillé. Mais peut être que c'était mieux comme ça, au moins les choses allaient pouvoir se régler. Pourtant, même si elle avait eu dix ans pour y penser, maintenant qu'elle se trouvait en face de lui, les mots lui manquaient, elle ne savait ni quoi lui dire, ni par quoi commencer.
Elle devait également faire attention à ne pas compromettre la Cour. Même si elle n'était plus un membre actif, elle faisait toujours parti de cet ordre secret auquel elle savait que jamais personne n'aurait apporté assez de crédit pour croire qu'ils avaient pu être à l'origine de cette re-découverte de la Clavicule de Salomon. Elle devait tout faire pour ne ririen dire là dessus, rester évasive, pour protéger ceux et celles qui lui avaient tant apporté. L'avantage de la Cour était qu'elle n'était rien d'autre qu'un murmure soufflé entre deux portes, un mirage fugace, un écran de fumée. On ne pouvait l'attaquer de l'extérieur, ses secrets étaient bien gardés.
Alors qu'elle avait espéré être enfin sincère, Anahia se rendait compte qu'elle allait encore devoir cacher des choses à cet homme qui dans le fond méritait la vérité. Mais que devait-elle dire ou taire ? La limite était encore floue pour elle, surtout qu'elle craignait d'avouer enfin la vraie raison qui l'avait poussée à quitter Venise. Comment annoncer à un homme qu'il est père avec dix ans de retard ? C'était beaucoup trop difficile, il lui fallait un verre maintenant.


« Euh si ça ne te... » Alors qu'elle venait de prendre la parole, un bruit de pas résonna dans toute la maison. Emrys descendait les marches sans prendre la peine d'être discret. « Putain mais ce gosse je vais te le... » Fulmina-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches. Le gamins déboula une nouvelle fois dans le salon, se rua dans la véranda pour y récupérer son livre et remonta les marches quatre à quatre non sans que sa mère lui ait promis de le transformer en furoncles s'il s'avisait à remettre le nez hors de sa chambre. La jeune femme ne savait pas ce que ce petit bâtard était en train de manigancer, mais elle était sur que ça ne lui plairait pas. Se passant la main dans les cheveux, elle pointa du doigt la pièce qui se trouvait de l'autre côté de l'entrée.

« Si ça ne te dérange pas, je préférerais qu'on s'installe dans la cuisine. »

Elle n'ajouta rien face à son air surpris, mais Armand était un garçon bien élevé et il ne se fit pas prier pour quitter le fauteuil plein de poils de chien.
Le laissant passer devant elle, elle le suivi dans la cuisine qui était une pièce chaleureuse bien qu'encombrée, comme le reste de la maison. Il y avait beaucoup de placards et d'étagères couvertes de bocaux et de boites de toutes formes et de toutes couleurs. Des plantes sèches pendaient depuis les grosses poutres apparentes peintes en blanc du plafond et des casseroles en étain étaient accrochées entre les photos de familles encadrées qui montraient toute la famille en tenue de hockney, ou autour d'un feu de camp, ou le visage riant couvert de boue de la rivière qui longeait la réserve. Il y avait aussi une table en bois brut, indubitablement faite à la main, ainsi qu'une banquette qui l'encadrait dans un petit renfoncement. Des coussins tissés de motifs géométriques aux couleurs ocres et sables attendaient qu'on s'y installe, et sur le plan de travail on trouvait de vieilles théières et des livres de recettes que la jeune mère essayait de travailler pour son fils. C'était un endroit très agréable, malgré les miettes et les grigris magiques qui traînaient. Une bonne odeur de tisane, de compote de pomme et de cannelle embaumait l'air.

Laissant à Armand le soin de s'installer, la jeune femme ouvrit un placard et en sorti une cafetière italienne ainsi qu'un pot en métal qui contenait le café moulu. Il n'y avait que Khaaleb qui buvait du café dans cette maison, et c'était lui même qui l'achetait, si bien qu'il n'était pas trop mauvais. Après avoir rempli la cafetière de poudre noire et d'eau, la sorcière la posa sur le feu qu'elle alluma après avoir récupéré sa baguette sur le plan de travail le plus naturellement du monde. Puis elle tendit la pointe de sa baguette vers un petit tourne disque orange très seventies qui fonctionnait désormais grave à un sortilège d'amplification sonore et immédiatement une légère musique envahit l'espace sonore.


« Désolée mais je préfère...au cas où on nous écoute... » Marmonna-t-elle en faisant un signe vers l'escalier. Puis elle se dirigea vers un placard d'où elle sorti deux verres et une bouteille sans étiquette qui contenait un liquide légèrement jaune et pas tout à fait translucide. Lorsqu'elle enleva le bouchon, une forte odeur d'alcool, de citron et de sucre leur piqua les narines. « Limonccelo... c'est moi qui le fait. Bien sur il n'est pas comme là bas, mais il se défend... » Dit-elle en leur servant un bon shooter chacun. Puis elle fit glisser le verre vers Armand, et s'installa en face de lui, de l'autre côté de la table. Mais voyant qu'il semblait retissant à boire ce qu'elle venait de lui servir, elle ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. « T'es sérieux là ? » Prenant son propre verre, elle le vida cul sec et le reposa d'un geste ferme sur le bois de la table avant de le regarder d'un air entendu. « ce n'est pas moi l'empoisonneuse ici... relax » Dit-elle en haussant les épaules. Bien entendu, c'était une référence à cette vile tentative de meurtre qu'il avait tenté contre elle des mois plus tôt et qui avait terminé par un bon lavage d'estomac comme on les aime. Elle se retint d'ajouter qu'en général le poison était plutôt une technique de gonzesse ou d'eunuque, il fallait éviter ce genre de réflexion qui on ne voulait pas envenimer la situation.
Attrapant un paquet de cigarettes qui traînait là, elle en glissa une entre ses lèvres et ouvrit la fenêtre qui se trouvait juste à côté d'elle. Levant son regard vers son interlocuteur, puis sur le paquet lui-même, elle le lui tendit.


« Tu fumes toujours ? »

Puis allumant la cigarette, la jeune femme tira une profonde bouffée qu'elle souffla vers l'extérieur d'où venait un froid piquant qui pourtant ne la gênait pas. Il n'y avait personne dans la rue, aucun bruit ne venait du dehors, il n'y avait que la musique, du vieux jazz poussiéreux comme on aime en écouter à Noël qui sortait du petit haut-parleur rétro.
Elle le regarda à nouveau. Par où commencer ? Ca serait tellement plus facile s'il lui disait ce qu'il voulait savoir, ce pourquoi il était venu. Elle ne voulait pas tourner en rond, elle voulait clôturer cette vieille histoire.


« Alors...qu'est ce que tu deviens ? » Dit-elle d'un air faussement décontracté. C'était un peu hypocrite de demander là, un peu gonflé aussi, d'autant plus qu'elle savait très bien ce qu'il devenait, et qu'il n'avait certainement pas envie de lui parler de ses petites affaires. Mais bon, il fallait bien commencer par quelque chose, et elle se voyait mal lui sortir le coup de la paternité après seulement un verre.






Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 05.12.18 14:03, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty22.11.18 11:46


   

It ended when I lost your love




Armand n'était ni sournois, ni vicieux. Au contraire, c'était un garçon honnête et gentil, qui voyait le bien en chaque individu. Ou tout du moins c'était son tempérament naturel, car quand il s'agissait d'Anahia il perdait complètement pied et s'abandonnait à une malveillance qui ne lui ressemblait pas. Il était venu jusque dans sa maison dans l'idée de se débarrasser d'elle définitivement. Puis il y avait eut ce gamin qui avait ouvert la porte, ébréchant sa motivation malsaine.
Puis tout était allé très vite dans sa tête. Le fait de se tenir à nouveau près d'elle lui faisait bouillir le sang dans les veines. C'était à la fois désagréable et incroyablement grisant. Un genre de bouffée de haine et d'excitation qui l'envahissait complètement. Alors il avait changé son idée, pas seulement à cause du gamin innocent qui était monté jouer à l'étage, mais aussi à cause de ce sentiment étrange et entêtant. Une envie folle de jouer, de se détourner de ce qui était pourtant simple, et de danser un dernier mambo dans les bras de Satan. C'était totalement idiot et imprudent, mais mon Dieu, c'était plus attirant encore que la flamme d'une bougie.  

Elle réagit par l'énervement, affirmant qu'elle n'avait rien de spécial à faire à Jérusalem. Il sourit d'un air mauvais. Elle était vraiment gonflée. Il alla pour répliquer quand des petites pattes se firent entendre dans l'escalier et le gamin redescendit dans le séjour, prétextant qu'il était revenu chercher une espèce de couverture dégueulasse. Armand le suivi des yeux, sans le lâcher une seconde. Ce gosse était drôlement mal élevé pour faire irruption dans une pièce et couper des adultes dans leur conversation. Si jamais lui même avait osé se comporter de cette façon étant enfant, sa mère ne le lui aurait jamais laissé passé. Jugeant en silence ce défaut d'éducation, il reprit quand le gamin quitta la pièce. Il choisi un instant très précis, ce moment pute où il savait qu'il l'entendrait encore et où lui pouvait nier d'avoir fait exprès de parler devant l'enfant.


« Parce que c'est à Jérusalem que t'attendais ta famille Anaria, Ils pensaient sincèrement que tu reviendrais et malheureusement tu les as abandonnés à un sort peu enviable. »


Il avait dit ça sur un ton incroyablement mielleux, presque compatissant envers les victimes de la Rose. De manière sincère il le pensait, elle avait réveillée une vieille querelle entre les kabbales juives et la Rose Croix, et il était sincèrement désolé du tour qu'avait pris la situation. Et de là à en charger la culpabilité sur le dos d'Anahia, rien n'était plus simple. C'était elle qui avait voté la Clave, elle la seule responsable de ces malheureux événements qui avaient pris la forme d'une vendetta sanglante.

Il gardait sur son visage cet insupportable sourire de focus, et il sembla rayonner quand les pas dans l'escalier se firent à nouveau entendre. Qu'il était bon de semer les graines de la discorde au sein d'un gentil foyer. Il haussa un sourcil amusé quand il entendit Anahia proférer un vague semblant de menaces inaudibles. Qu'elle approfondisse enfin ! Qu'on ait la paix. En tout cas il était extrêmement divertissant de voir la personne détestée se faire manquer de respect par un gamin de dix ans. Il se contenta de sa taire, mais il savait parfaitement que son sourire moqueur était plus assourdissant que des cris. Une idée le fit soudainement rayonner. C'était une idée méchante, enfin pas si méchante en apparence mais qui était suffisamment vicieuse pour rendre son ex femme folle furieuse. Bref, c'était une bonne idée.


« Fils ! » Il interpella le garçon qui passait devant lui, lui adressant un sourire aimable. « Vous reviendrez me dire au revoir quand je partirais ? »

Il le regarda retourner vers l'escalier et remonter les marches quatre à quatre, puis son sourire s'élargit et il se tourna vers Anahia, visiblement satisfait de sa petite intervention.


« Ça ne me dérange pas du tout. »


Bon en fait si, être reçu dans la cuisine c'était quand même pas vraiment prestige. Mais en même temps rien dans le salon d'Anahia n'inspirait le prestige. L'appartement qu'il lui avait trouvé face au Panthéon était quand même d'un autre style.

Un peu oppressé qu'elle se soit mise à le suivre, alors qu'elle était censé le conduire dans une autre pièce, il resta attentif au moindre coup de pute. Après tout les coups de couteau dans le dos c'était son style. Mais heureusement il ne se passa rien, et ils se retrouvèrent rapidement dans une petite cuisine encombrée et (selon les critères d'Armand) sales. En vérité ce n'était pas si mal, mais entre sa mauvaise foi pour tout ce qui touchait de près ou de loin à son ex, et à son sens aiguë de la propreté, oui il la jugeait en effet très sale.

Et ça y est maintenant il était un peu vexé d'être reçu dans un endroit pareil. Au début il pensait qu'il ne pouvait rien exister de pire que le salon avec son arbre de Noël momifié et ses meubles tapissés de poils de chien, et là il réalisait qu'il se trompait. De plus il remarqua également que sa belle cape de pope star du pimp était couverte de poils, et qu'il ne retrouverait son rouleau collant qu'une fois à l'hôtel. Cette idée lui donnait des plaques.

Et pourtant il n'avait pas le temps de penser à ses petites angoisses de maniaque. La scène qui se déroulait devant ses yeux était complètement surréaliste. Il était assis là, attablé dans une cuisine pendant que cette fille qui avait jurée vouloir devenir sa femme lui préparait du café. Une profonde nostalgie lui serra le cœur. Au fond il s'en fichait pas mal des poils de chien à trois tête et d'une maison en bazar, c'était cette vie là qu'il avait toujours rêvé d'avoir. Serrant les dents pour ne pas se mettre à fondre en larmes, il sursauta quand il la vit se saisir de sa baguette. Ce n'était vraiment pas le moment d'être attendrit et mélancolique. Chacun dans cette pièce était prêt à tout donner pour avoir la peau de l'autre.

Elle ouvrit une bouteille, à moitié remplie d'un liquide jaune pâle à la couleur très reconnaissable, et lui servit un petit verre.


« Non merci, je ne peux pas... »

La garce était maligne et la torture était insoutenable. C'était un vrai crève cœur d'être obligé de résister à un alcool qu'il aimait autant, et qui était aussi rare dans ce pays. Mais au vu du serpent qui le lui avait servit, une gorgée du brevage et il était bon pour le Valhalla. Et alors là laissez tomber la claque qu'il allait se prendre en tombant sur Odin et ses potes au lieu du Vrai Dieu...

Elle comprit immédiatement d'où venait cette retenue et pesta contre sa prudence. Puis elle s'enquilla cul sec le verre de limoncelo. Il la regarda amusé. Ça ne voulait rien dire du tout. Si lui avait du boire un coup avec un ennemi mortel, il aurait mis du poison sur le bord du verre, pas dans la boisson. Mais elle n'avait pas vraiment eu le temps de préparer sa venue. Il réfléchi rapidement. Lui dans la même situation aurait été forcé d'improviser, d'empoisonner la boisson et de garder la poker face jusqu'au moment critique où il pourrait se gaver d'antidote et espérer survivre. Il dévisagea Anahia, elle était assez cinglée pour tenter un coup pareil, et derrière les arômes sirupeux du limoncelo on pouvait y cacher n'importe quoi.


« Certes. Tu goûteras également mon café alors ? »

Oui à ce stade on peut parler de torture sur les animaux, mais le mieux, c'est qu'au vu de son sourire entendu, il savait parfaitement que ce qu'il lui demandait était insoutenable.
Elle lui proposa une cigarette, et il mit une petite seconde à réfléchir. Certes chez lui il avait toujours une petite bouteille de côté destinée aux invités gênants, mais de là à empoisonner son propre paquet de cigarettes... Bon lui l'aurait fait, mais clairement elle n'en avait pas eut le temps ce coup ci.
Autant dire que la confiance régnait.


« J'ai repris. »
Il glissa une cigarette entre ses lèvres et l'alluma à l'aide de sa baguette. Ce jazz qui grésillait dans ses oreilles, et l'odeur de la cigarette qui lui piquait le nez, du café qui chauffait et elle qui se tenait si proche de lui qu'il n'avait qu'un geste à faire pour lui prendre la main. Tout cela lui rappelait la vie qu'ils avaient eut face au dôme bienveillant du Panthéon.

Elle brisa ce silence, et il sursauta. Ce qu'il devenait ? Et bien... Difficile à résumer.


« Hum... J'ai beaucoup de travail en ce moment. D'ailleurs je tiens à m'excuser, si je ne suis pas venu plus tôt c'est parce que j'ai été appelé en mission. Un cas compliqué... possession pour tout te dire. Bref les mois se sont écoulés et je n'ai malheureusement pas eut le temps de venir te voir plus tôt. Je suis désolé de t'avoir laissé sans nouvelles. Quant à Tyler, le pauvre, je ne me voyais pas lui demander un autre service. C'est un gentil garçon et il ne faut pas abuser. »

Il sourit doucement, un peu gêné.


« Anaria je suis venu te voir pour m'excuser. J'ai mal agit envers toi, et les sentiments que je ressentais pour toi m'ont conduit sur une mauvaise voie. J'ai souffert au point d'en devenir méchant, et maintenant que j'en ai pris conscience j'en suis désolé. J'ai besoin que tu me pardonnes. »
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty05.12.18 14:06


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


S'il était un sentiment que l'on cherchait souvent à éviter dans ses relations, c'était bien la haine. La plupart des êtres humains consacraient bon nombre d'efforts au quotidien dans le fait de se faire aimer d'autrui. Aimer au sens large bien sur, aimer pour son esprit, pour son physique, aimer pour se prouver à soi-même qu'on existait bien pour quelque chose, qu'on était quelqu'un. Si tous ne pensait pas partager cet intérêt dans le sentiment d'amour, il semblait évident que pour beaucoup le fait de se faire aimer des autres pour sa personne était un but à atteindre, un achèvement. Car s'il n'y a amour, c'est qu'il y a mépris, c'est qu'il y a désintéressement ou haine. Et c'était sans nul doute le dernier qui faisait le plus mal. Voir dans les yeux de quelqu'un le dégoût et la rage que vous lui inspiriez, voir que vous n'étiez rien d'autre à ses yeux qu'une sombre crotte qui parasite le paysage était un crève cœur.
Anahia n'était pas étrangère à ce regard. Il lui était arrivé de le voir dans les yeux de certains de ses élèves au cours de ses années d'enseignement. Si au début ce constat la touchait, aujourd'hui elle n'y prêtait plus attention, du moins en apparence. Elle n'était pas prof pour se faire aimer de ses élèves, elle l'était (pour payer son loyer) pour essayer de leur transmettre un savoir et des traditions. Pourtant, dire que se sentir détestée par certains de ses étudiants ne la touchait pas aurait été mentir, mais ce n'était rien en comparaison du fait d'être haï d'une personne qu'on a un jour aimé au delà de tout. Dans les yeux d'Armand, et il n'y avait pas besoin d'être sorcier ou voyant pour voir ça, il y avait bien de la haine, à forte dose, une haine vieille et malade, ruminée par dix années de reproches. Il lui en voulait si fort que chacun de ses mouvements, chacun de ses gestes ou de ses regards étaient empreints de dédain, de piques acerbes, comme s'il tirait plaisir à la faire souffrir par le moindre de ses mots. Une sorte de petite vengeance en attendant la grande, un roulement de tambour avant la bataille.
C'était triste. Triste de voir que de cette histoire, de cette vieille et belle histoire, il ne restait d'une haine farouche, des reproches et des regrets.
Mais il y avait autre chose d'autre qui restait aussi de cette histoire, quelque chose sur lequel la jeune femme avait transféré tout son amour, quelque chose qu'elle était comme dix ans plus tôt prête à tout pour protéger.
Entendre le prêtre appeler Emrys « fils » l'avait glacée, lui coupant le souffle comme un coup de poing violent. Bien sur, dans sa phrase comme dans son intention, il n'y avait pas de double sens, il ne pouvait pas savoir... comment l'aurait-il pu ? C'était une expression courante pour un homme d'église, comme il était courant de les appeler « pères » ou « frères « , « sœurs » ou « mères » dès qu'ils rentraient au service de leur Dieu silencieux. Mais ce « fils » prononcé naturellement était plus lourd et plus difficile à entendre pour elle que le reste de la phrase qui n'était qu'une autre méchanceté destinée à la faire rager. Armand lui faisait mal dans ses mots, mais pas comme il le pensait.
Cependant, ce mot avait rappelé à la sorcière qu'il y avait toujours cette révélation terrible et inattendue,  cette carte qui serait à jouer si jamais la situation tournait en sa défaveur, la carte de la vérité, pour une fois. Pourtant elle ne pouvait s'y résoudre. Elle avait trop peur de sa réaction si elle lui apprenait dix ans plus tard que la seule raison pour laquelle elle était partie, la seule raison pour laquelle elle avait subtilisé la Pierre qu'ils avaient trouvé ensemble, ce n'était pas par cupidité ou par duperie, mais seulement pour sauver l'enfant qu'ils avaient conçus ensemble.


Et ils étaient là désormais. L'un assit face à l'autre dans cette petite cuisine d'une vieille maison d'un quartier de Boston, à des milliers de kilomètres des cités qui avaient vu naître leur fable. Mal à l'aise dans les deux cas face à cette situation qui selon eux ne pouvait que mal finir pour l'un ou l'autre des partis. Ils se jaugeaient, l’œil furtif, prêt à réagir à la moindre putacerie, à la moindre attaque. Mais maintenant qu'elle se tenait si proche de lui, Anahia fut surprise de voir qu'il n'y avait peut être pas que de la haine pour elle dans la personne d'Armand. Non, c'était plus complexe que ça, plutôt comme s'il avait passé dix ans à se convaincre de la haïr, se convaincre qu'elle n'avait fait que se jouer de lui, que rien n'avait eu d'importance. Comme s'il n'avait jamais pensé à une autre éventualité, un autre schéma. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, tout était contre elle, mais pourtant, alors qu'ils étaient plus proches l'un de l'autre qu'ils ne l'avaient été en une décennie, elle sentit comme une vague de doute parcourir le brillant des yeux d'Armand.


La fumée blanche qui sortait de leurs cigarettes montait vers les poutres en bois sombre du plafond, donnant à la confrontation un air tranquille qu'elle n'avait pas. Le silence n'était brisé que par le jazz grésillant que diffusait le vieux tourne disque au son magiquement amplifié. Incapable de tenir, la jeune femme avait lancé une question toute simple, sans prétention, dans le simple but d'entamer la conversation. Après tout, elle aussi avait des interrogations, elle aussi voulait savoir ce qui avait occupé ces dix ans où ils ne s'étaient vus. Elle voulait savoir comment s'était terminé l'affaire à Venise, comment il avait atterrit aux États-Unis, ce qui lui était arrivé depuis. C'était sûrement déplacé de demander tout cela, d'autant plus qu'elle était la cause de ce qui n'était sûrement rien d'autre qu'un exil forcé, alors elle attendait que ça vienne de lui ou que la conversation lui apporte les réponses.
Surpris par cette première question anodine, Armand lui répondit calmement, fumant comme s'il venait simplement de rentrer de sa journée de travail. Même si la tension entre eux persistait, quelque chose se détendit dans la cuisine. Posant son menton dans la paume de sa main, elle l'écoutait parler, fumant elle aussi dans un semblant de tranquillité, comme si tout cela était normal.


« Oh ne t'inquiète pas il n'y a pas de soucis, et puis je me suis arrangée pour le velux alors... » Piqua-t-elle avec un sourire amusé. En vérité elle était assez véner d'avoir du attendre six mois sans savoir s'il allait venir ou pas, et encore plus qu'il se soit invité sans prévenir comme un prince du pimp rital, et encore d'avantage d'avoir du se démerder pour réparer cette putain de fenêtre...mais après tout elle était une femme moderne et elle n'avait besoin d'aucun mâle pour faire le bricolage à sa place (donc pour la pneumonie que tu vas choper Emrys parce que ta mère a mal réparé la fenêtre de ta piaule, tu iras te plaindre à ton père) « Une possession ? » Dit-elle visiblement intriguée par la chose tout en buvant une nouvelle gorgée de limoncello. La sorcière se rappelait que le jeune homme avait à l'époque évoqué sans trop s'attarder ce qui était l'une de ses spécialités en terme de magie sacrée. Cette discipline complexe était fascinante autant qu'elle était sombre et dérangeante, autant dire qu'il y avait tout pour éveiller la curiosité de la voyante. « C'était où ? » demanda-t-elle d'un air détaché alors qu'elle tournait la tête pour voir que le café commençait à bouillir.
Écoutant toujours Armand, la jeune femme pointa sa baguette vers la gazinière. Sans qu'elle eut besoin de dire un mot, le feu se coupa et la vieille cafetière voleta doucement vers la table pour atterrir sur un repose plat en fer forgé. D'un autre geste, elle fit venir une tasse et une soucoupe d'un des placards qui vinrent s'installer devant le prêtre qui avait dérivé la conversation sur ce vieux bougre de Tyler.


« Oui, il est super, c'est un très bon ami...  par contre j'ai eu du mal à croire que vous vous connaissiez... nan mais c'est que vu son « style », enfin... il doit te rendre dingue non ? » Demanda-t-elle un sourire entendu au coin des lèvres tout en lui servant une tasse fumante d'un liquide noir et odorant. Il fallait avouer que l'amitié entre le prêtre et le coyote le plus célèbre de ce côté ci du Rio Grande était quelque chose de difficilement concevable tant ces deux hommes étaient différents, voir opposés. D'ailleurs, à en croire les propos de l'ancien flic, il n'y avait pas d'amitié entre eux, seulement le hasard qui avait fait se croiser leur route, mais ça le jeune femme ne préféra pas en parler. Reposant la cafetière sur le repose plat, elle croisa les bras. Un souvenir venait de lui arracher un sourire. « Oh tu aurais du voir sa gueule quand je lui ai fait mettre tes fringues... c'était... d'anthologie !! Et le pire c'est qu'il l'a fait, c'était excellent... Bon désolée pour les fringues du coup...il te les a rendu d'ailleurs ? Non mais je te jure que ça valait le coup... imagine le mélange entre sa gueule de pas réveillé et la chemise à col blanc...une tuerie, j'aurai du prendre une photo... » Expliqua-t-elle dans un rire léger. C'était peut être étrange de rire avec la personne venue chez vous dans l'intention de vous buter, mais c'était plus fort qu'elle. « Oh pardon j'ai failli oublié » Dit-elle en tendant la main vers la tasse qu'elle avait glissée une minute plus tôt devant son invité impromptu. La levant vers ses lèvres, la jeune femme bu une gorgée du liquide qu'elle contenait avant de grimacer dans un « Heeerk » très gracieux. Puis après avoir jeté un clin d’œil amusé au prête, elle reposa la tasse devant lui. Elle avait hésité à baver sur le rebord de la tasse pour le faire bisquer, mais sa mesquinerie n'alla pas jusque là, même s'il le méritait.
Au delà du malaise, au delà de la haine, il y avait quelque chose de naturel qui refaisait surface dans cette cuisine. Comme si l'espace d'une minute une bulle s'était créée et qu'elle n'avait plus été cette ennemie à abattre mais une vieille amie disparue. Il y avait trop de passif entre ces deux là pour de la haine, comme il y en avait trop pour de l'amour. Ils étaient coincés dans une sorte de stase intermédiaire, ne parvenant à se décider sur ce qu'ils devaient faire.
Le regard de la jeune femme tomba sur la table en même temps que le silence revint. Elle détailla les nervure du bois taché par le temps et les multiples repas et elle les suivit du doigt un instant, sentant la douceur de la patine sous sa peau. Une phrase de lui lui fit pourtant relever la tête. Il lui demandait de lui pardonner. Cette question la laissa perplexe. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle avait à lui pardonner à lui, alors que c'était elle qui avait le plus de torts dans cette histoire. Elle le regarda, silencieuse, les sourcils froncés, puis elle finit par comprendre où il voulait en venir. C'était bien son genre de s'excuser d'avoir pensé des méchancetés, d'avoir été vilain, c'était une pensée toute chrétienne d'ailleurs.


« Si tu crois que tu vas endormir ma méfiance comme ça... tu te trompes Armand. » Murmura-t-elle d'une voix calme mais ferme en portant sa cigarette à ses lèvres. La braise lui chauffa les doigts. Elle en souffla une fumée épaisse et tendit la main vers le cendrier pour y écraser son mégot avant d'en reprendre une nouvelle. « Même si t'es sincère, et je dis pas que tu l'es pas, je ne pense pas que tu sois venu juste pour me faire des excuses...surtout que c'est plutôt à moi d'en faire. » Conclu-t-elle en faisant apparaître une petite flamme au bout de sa baguette.
Tournant le visage vers la fenêtre entrouverte, elle resta quelques secondes silencieuse. Le froid qui rentrait de l'extérieur semblait mordant, pourtant il ne la gênait pas, il la gardait en éveil. Les yeux tournés vers la rue, elle observait en réalité le reflet du prêtre qui apparaissait dans la vitre, guettant la moindre de ses réactions.

« J'ai toujours regretté d'être partie sans te laisser un mot, ou une explication... » Sa voix, déjà très basse, était devenue un murmure, de sorte que lui seul pouvait entendre ses mots. « Sur le coup, je n'ai pas réfléchi, j'avais peur que ça permettrait à tes « amis » de remonter ma trace, ou qu'ils te suivraient si je te disais comment me retrouver.... Mais j'imagine que beaucoup de choses seraient différentes si je l'avais fait...» Un petit rire désabusé sortit de ses lèvres « Tu as toutes les raisons de ne pas me croire, mais je n'avais pas prévu de te laisser là bas... il y a beaucoup de choses que je n'avais pas prévu dans cette histoire d'ailleurs, mais je n'ai jamais voulu te faire du mal... enfin si pour être honnête peut être un peu au début, mais pas après Rome... non pas après Rome... » Finit-elle dans un souffle. Son visage se tourna alors vers le jeune homme. Entre les doigts de sa main, elle sentait le bois lisse de sa baguette.

Il était peut être temps de lever le voile, en tout cas une partie, sur le plus gros mensonge de sa vie. Encore que tout n'était pas du mensonge. La plupart du temps elle s'était contentée de le laisser croire ce qui l'arrangeait lui, ce qui lui semblait logique. Il l'avait rencontré dans la ville sainte, du coup elle était forcément de confession hébraïque, elle était à la recherche de la Clave donc elle devait appartenir à une société secrète... Certaines suppositions étaient vraies, d'autres non, quand d'autres touchaient du doigt la vérité sans pour autant la trouver. La seule chose qu'il savait vraiment d'elle était un nom qu'il n'avait jamais réussi à prononcer correctement.
Elle respira longuement, laissant le silence s'installer à nouveau pour mieux le briser.


« Je ne suis pas juive Armand...aucune famille ne m'a jamais attendue à Jérusalem... »







Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 02.03.19 21:49, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty15.02.19 14:26


   

It ended when I lost your love




Maintenant qu'il se tenait en face d'elle, Armand devait bien lui concéder quelque chose qui pourtant lui était incroyablement désagréable : il était difficile de la détester. Mais c'était sans compter son entêtement légendaire. Elle avait transformée sa vie en un véritable chaos et couvert de honte sa personne et son nom. Et pour cela elle allait enfin finir par payer.
Pourtant elle se trompait lourdement quand elle jugeait ses excuses avec suspicion. Il regrettait ses pensées qui étaient vilaines et sales, mais rien dans ses actes passés ou à venir ne semblait nécessiter un quelconque pardon à ses yeux.

Discuter avec elle faisait remonter des émotions, et il fut obligé de prendre sur lui pour se contenir. Il ne devait pas perdre de vue qu'une bonne dose de méfiance était nécessaire en sa compagnie. Et quand elle lui demanda plus de détails à propos de cette affaire de possession, il se ferma.


« Les détails de ce dossiers ne concernent personne d'autre que la Suprême Inquisition, tu m'en vois désolé. »


Autrefois il aurait trépigné de tout lui raconter. Il lui aurait conté tout ce qu'il aimait dans l'exotique Haïti, l'entraînant à sa suite dans cette énigme haletante qu'était la possession de la jeune Ange – Dulia. Parler avec Anahia de toutes ces choses mystérieuses, c'était comme trouver enfin un écho à sa voix. C'était certainement la chose la plus agréable au monde, mais il avait payé cher ce manque de prudence. Et même si selon son entourage ça sautait aux yeux, il n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse être capable de piétiner ainsi sa confiance.

Elle lui servit une tasse, tâtant doucement un sujet qui semblait l'amuser autant que lui le trouvait peu digne d'intérêt : leur fameuse connaissance commune. Elle le voyait après dix ans et tout ce qu'elle voulait savoir c'était d'où est ce qu'il connaissait ce caveman hirsute à l'hygiène douteuse ? Ma pauvre enfant, il faisait le difficile travail de berger dans ce bas monde, et des brebis galeuses comme celle là il n'y avait qu'à remuer un peu la merde pour en trouver dix à la douzaine.
Armand soupira d'un air las, puis un léger sourire étira son visage. Il avait cette expression de celui qui jubile rien qu'en choisissant ses mots.


« Absolument pas, il me suffit d'user d'un peu de tolérance et de compassion pour le comprendre. Voilà tout... C'est plutôt moi qui le rend dingue à vrai dire. » Il remercia en la regardant verser le café. « Mais c'est pour son bien. »
Son sourire insolent était plus victorieux que jamais. Et dire que quelques minutes auparavant il redoutait la confrontation, alors que rien n'était plus jouissif au monde que de faire le paon devant son ex.

Son enthousiasme fut cependant douché par une mesquinerie tout aussi féminine qu'illégale, lui rappelant à quel point cette femme pouvait être désagréable à vouloir toujours obtenir le dernier mot. La vile créature rappela à son bon souvenir cette fois où elle et son pitoyable acolyte avaient profité de son absence pour se rendre chez lui et foutre un bordel monstre. Immédiatement son visage se ferma et il grinça des dents. Il aurait tout donné pour être là ce jour là, et leur tomber dessus dans les règles. Au lieu de cette espèce de fouine se tapait le cul par terre en se rappelant à quel point le vol des vêtements avait été amusant. Inutile de dire que lui ça ne le faisait pas rire du tout, et que l'envie de lui claquer la bouche lui chatouillait gentiment la main. Pinçant les lèvres, il gardait un apparent calme olympien qui cependant ne trompait personne. Ses yeux quand à eux lançaient des éclairs, et derrière ses pupilles rétractées dansait le souvenir des flammes qui consumaient lentement son vêtement souillé par la transpiration répugnante et hérétique de Tyler Lennox.


« L'Habit est une chose sérieuse avec laquelle il n'est pas bon de plaisanter tu sais. »

L'ambiance était devenue glaciale de ce côté là de la table. Et il la regarda goûter son café sans ciller, comme si intérieurement il priait le Grand Satan de la faire s'étouffer. Ainsi il resterait confortablement assis à la regarder devenir bleue en jouant à ramasser les miettes de pain sur la table. Malheureusement le miracle tant attendu ne se produisit pas, et elle lui rendit sa tasse en gémissant d’écœurement. Cette mimique infantile lui arracha un sourire attendrit. Anahia avait toujours eut une sainte horreur du café, et c'était bien entendu pour la faire volontairement chier qu'il lui avait demandé de goûter ce qu'elle lui servait. Alors qu'une minute auparavant il luttait avec son fort intérieur pour ne pas lui lancer la théière à la gueule, là il répondait à son clin d’œil en souriant et en détournant le regard avec cette petite touche de timidité virginale qui lui collait à la peau. C'était beaucoup plus épuisant que prévu de se retrouver en face de sa friennemie, avec ses émotions qui jouaient les montagnes russes.

Alors très émotif, il trouva le moment approprié pour placer ses excuses, qu'il récita comme il se les était imaginé dans son esprit depuis des jours, se préparant au moment difficile de devoir faire sortir ces mots de sa bouche. Et aussi douloureux qu'ils puissent être, aucun d'entre eux n'était guidé par le mensonge ou le calcul. Si ce n'est qu'il désirait blanchir sa conscience tout de suite, car il n'était pas tout à fait sur de la revoir en vie pour un second entretient.


« Je ne cherche pas à endormir quoi que ce soit ! » Vexé jusqu'au trognon, il se détourna« C'est toi qui te trompe. »

Il lui adressa un regard noir quand elle énuméra l'hypothèse qu'il pouvait être sincère, ce qui provoqua sûrement la réflexion suivante qu'il approuva d'un signe de tête. La laissant continuer, il la fixait du coin de l’œil comme une stupide diva contrariée.


« C'est évident que si quelqu'un devrait s'excuser ici c'est bien toi... » Marmonna t il, assez fort pour qu'elle puisse l'entendre. « Je t'écoute. »

Elle était énervante, avec des yeux dans le vague à ressasser ses soit disant regrets. Ou alors il se passait un truc super intéressant de l'autre côté de la fenêtre et personne ne l'avait prévenu. Genre je ne sais pas, Magic Mike en train de faire un strip tease sur la pelouse. Là ok, il devrait reconnaître que c'était plus intéressant que de bafouiller de pitoyables excuses.
Il leva ostensiblement les yeux au ciel quand elle affirma qu'elle regrettait de l'avoir lâché sans la moindre explication. Tu parles ! Dix ans qu'il attendait un signe de sa part. Et s'il ne l'avait pas gaulé en la coinçant dans sa cuisine, il aurait sûrement attendu dix ans de plus. Mais ça bien sur il n'allait pas l'admettre, c'était se mettre à genoux que d'avouer que oui, il n'avait jamais vraiment abandonné l'espoir qu'elle puisse le recontacter.

Contrarié jusqu'à l'os, il craqua définitivement quand elle évoqua ses « amis » avec des grosses guillemets. Comment est ce qu'elle pouvait se permettre de lui tenir se discours ? Pour la première fois depuis qu'il avait foutu les pieds dans cette foutue maison, il haussa la voix.


« Mes « amis » ? Mes « amis » vraiment ? Comment est ce que tu oses tenir ce genre de discours devant moi ! Ce sont également tes amis, ta famille et tes protecteurs. Ton ingratitude est intolérable ! Qui est ce qui t'a fait venir de Jérusalem ? Qui est ce qui t'a logé ? Et qui t'a entretenue en veillant à que tu ne manques jamais de rien ? Tu avais un futur parfait avec moi. Et tout le monde t'a accepté sans opposer la moindre condition, alors que soyons sérieux, tu sortais de nulle part. Mais j'ai une autorité, et personne n'a osé ouvrir sa putain de bouche ! Tout simplement parce que tout le monde savait que le premier qui viendrait protester allait sérieusement me contrarier ! J'ai fait tout ce qu'il fallait pour toi. Et tout le monde voulait que tu sois intégrée et que tu sois heureuse. Non seulement tu avais la bénédiction de ma famille, mais aussi son soutien dans tout ce que tu pourrais avoir envie d'accomplir. Tu es ma femme ! Et tout ce qui m'appartenait je l'ai mis à ta disposition. Rome était à toi, tout ce que ma famille et moi même avons réussi à acquérir était à toi. Et la seule chose que nous attendions de toi c'était un minimum de gratitude et de fidélité ! »

Sentant qu'il perdait de plus en plus le contrôle, il frappa la table du plat de la main pour se défouler. Mais clairement au vu de son regard fuyant et coupable, on pouvait comprendre que ce coup était initialement fait pour claquer des gueules et pas du bois.
Tentant de canaliser sa colère, il articula pour s'empêcher de bafouiller, alors que ses mains tremblaient.


« Je n'arrive pas à croire que tu ais pu penser tout ce temps que je n'étais pas capable de te protéger... Est ce que tu as seulement la moindre idée de qui je suis ? Et... et de quel foutu danger est ce que j'aurai été incapable de te mettre à l'abri s'il te plaît ? De la Rose Croix ? C'est ça qui te faisait si peur ? Mais... qu'est ce que tu ne comprend pas quand je te dis qu'ils sont notre famille, et qu'aucun d'entre eux n'oserait aller à l'encontre de ce lien. C'est mon oncle qui t'inquiétait ? Mais... mais il n'en avait rien à faire de toi ! On pouvait faire ce qu'on voulait au lit tout ce qui l'intéressait c'était que j'étudie dur pour atteindre la cardinalat. Personne à Rome ne t'a jamais voulu autre chose que du bien Anaria, tout simplement parce que je maîtrisais la situation. Et toi tout ce que tu avais à faire, c'était de me faire confiance. »

Au summum de la contrariété, il croisa les bras et tenta de reprendre son souffle. Cela faisait dix longues années qu'il avait ces mots coincés dans la gorge et personne pour se confier.
Laissant échapper un rictus un peu méchant, il haussa les épaules.


« N'importe quoi. »
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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty02.03.19 21:54


The end of th world
ft the two men of my life


Un sourire se dessinait sur le visage d'Anahia, un sourire qu'on ne lui connaissait pas, ou tout du moins plus depuis bien longtemps. Il y avait quelque chose, dès qu'elle se trouvait avec cet homme, quelque chose qui renaissait en elle à chaque fois. Ces deux là étaient aussi différents qu'ils se complétaient, et leur binôme improbable était fort de ces différences. C'était grâce à cette hétérogénéité dans leur relation qu'ils avaient pu avancer si vite sur leur recherche de la Pierre. Cette fameuse Pierre, la Clavicule de Salomon, dont ils avaient rêvé ensemble, et dont la découverte avait d'une certaine façon précipité la fin de leur aventure. C'était ensemble qu'il l'avait trouvé, main dans la main dans une petite cours oubliée de la Sérénissime, usant de leurs qualités à tous les deux pour y parvenir. Car s'il fallait leur reconnaître quelque chose, c'était qu'en terme de recherche, tout les deux faisaient un parfait duo d'Indiana Jones. Si lui était capable de trouver ce qu'il voulait dans les livres, elle apportait un côté tête brûlée qu'il fallait aussi dans ce genre de quête. Seuls, jamais ils n'auraient pu réussir à trouver cette Magie cachée des yeux des hommes depuis si longtemps. Seuls, ils n'étaient pas grand chose, mais ils s'étaient trouvés, pour mieux se perdre ensuite.

Anahia haussa les épaules lorsque le prêtre refusa de lui parler plus en détail de cette histoire d'exorcisme à Haïti, comme si ça n'avait pas d'importance pour elle. Ça en avait en réalité, car elle avait toujours adoré entendre Armand parler de ses histoires, de ses études, même si elle finissait toujours par manquer d'attention ou pire, par s'endormir. Le jeune homme était un passionné, et parler de son travail était sans doute ce qui l'enchantait le plus, si bien que la sorcière savait parfaitement à quel point ce refus lui coûtait. Une image passa devant ses yeux, puis une autre, et encore une autre. Souvenirs lointains et pourtant clairs de ces moments passés ensemble, sur le balcon du petit appartement romain, à la terrasse d'un café sur le bord de la lagune, ou encore entre les vignes toscanes. Il y avait eu aussi ces nuits entière passées à parler de leur affaire, à lire de vieux ouvrages poussiéreux ou à étudier des parchemins craquelés sur la table d'une cuisine ou sous des couvertures.
Tout lui paraissait soudain si proche, si réel, comme si tout était arrivé la veille. C'était étrange comme dix ans pouvaient passer vite en fin de compte. Dix ans. Un battement de cœur, tout au plus. C'était aussi étrange comme les vieilles habitudes revenaient vite, les gestes, les regards, signe sans doute que dans le fond il n'y avait jamais eu de véritable fin à leur histoire. Il manquait une conclusion qu'ils vivaient avec une décennie de retard, tout en sachant très bien que la happy end leur serait refusée.


Alors que la discussion se poursuivait, elle s'amusait à le faire grogner en évoquant un vil coyote bien connu des services, comme elle aimait le faire déjà à l'époque. Énerver le prêtre, le faire tourner en bourrique, le taquiner, avait toujours été de ses occupations favorites, surtout parce que dans le fond ce n'était jamais méchant. La jeune femme savait à l'époque toujours lorsqu'il fallait s'arrêter, et surtout comment se faire pardonner ce caractère qui faisait tourner la tête du jeune homme. C'était un jeu, rien de plus, un jeu destiné à se rendre détestablement irrésistible. Et ça avait marché, tout aveait marché, mais un peu trop lui semblait-il en fin de compte.
L'air nostalgique de la cuisine lui était agréable finalement, et ses retrouvailles pas si désagréables que ça. Un sentiment de tendresse l'envahissait, elle s'en rendit compte très vite. Ce sentiment était dangereux, ça Anahia en avait conscience, car c'était cette tendresse qui avait presque causé sa perte la première fois. Mais c'était si bon de l'éprouver à nouveau, même un tout petit peu, même une seconde.


« Oh oui je sais que c'est sérieux... tu me l'as assez répété la seule fois où j'ai voulu faire une machine et où j'ai passé tous tes vêtements à 90°... mais qu'est ce que tu veux, j'aime me déguiser...et si je me souviens bien, ça ne te dérangeait pas totalement... »Dit-elle en buvant une nouvelle gorgée du liquide clair et sucré qui se trouvait dans son verre, un sourire un peu taquin aux lèvres. L'évocation de ses deux souvenirs lui plaisait. Le premier était le seul moment où dans leur rapide vie conjugale elle s'était essayé aux tâches ménagères. Le résultat avait été désastreux et elle se souvenait encore parfaitement de la colère froide et mesurée qu'il avait eu en découvrant l'état dans lequel elle avait mis tous ses vêtements et de la façon bien à elle qu'elle avait trouvé pour se faire pardonner. Le deuxième souvenir, beaucoup plus fort, était bien sur cette fameuse nuit où elle était venue habillée en none le retrouver au Vatican. Cette nuit là, bien plus que toutes les autres, avait d'important qu'elle avait scellé définitivement leur destin, car aujourd'hui elle en était persuadée, c'était à ce moment là qu'ils avaient conçu leur fils.
Repenser à tout cela, à tous ces moments forts, et même à ceux plus insignifiants de leur quotidien passé, lui faisait se demander ce qui avait bien pu se produire pour qu'ils en arrivent là. Oui, il y avait eu ce rêve prémonitoire qui l'avait poussée à prendre la poudre de cheminette, mais ça ne pouvait pas être que cela... car des rêves lui montrant la fin du monde, elle en avait fait plus d'un. Comment avaient-ils pu en arriver là ? A se haïr alors qu'ils s'étaient tant aimé ?

En réalité, la sorcière se demandait quelle pouvait être la véritable raison de la venue de son mari chez elle. Pourquoi venait-il la voir, la confronter, alors qu'il aurait simplement pu lui lancer un sortilège de mort dès qu'il l'avait vu sur le pas de la porte (pas très fair-play certes, mais fort efficace). Et si c'était des réponses qu'il voulait, alors pourquoi ne posait-il pas de questions ? L'hypothèse qu'il était là uniquement pour s pavaner et lui faire la morale avant de commanditer son exécution lui semblait probable, après tout, il avait gagné : dix ans plus tard, il avait fini par la retrouver. En tout cas, une chose était sure, il n'était pas venu uniquement pour lui tailler le bout de gras et boire une tasse de café, qui elle le savait n'était pas des plus goûteux.
Mais s'il venait pour se laver la conscience, alors il n'y avait pas de raison pour qu'elle ne le fasse pas elle aussi. C'était l'occasion ou jamais de sortir des excuses qu'elle tournait en boucle dans sa tête depuis un bail, et elle ne se priva pas pour les lui dire, aussi sincèrement  qu'elle le pu. Et c'était vrai !! La jeune femme regrettait sincèrement d'être parti sans un mot ni une explication, surtout parce qu'elle imaginait qu'il aurait peut être compris et que sa rancœur en aurait alors été diminuée. Mais le temps avait fait son œuvre, et l'amertume qu'ils éprouvaient l'un et l'autre sur leur histoire les rendait hermétique à toute demande de pardon. Dans le fond, la sorcière en était désolée. Peut être qu'il y avait trop de passif entre eux pour qu'ils puissent un jour se faire à nouveau confiance. A chaque mot qu'elle prononçait, elle sentait l'homme en face d'elle s'agiter, comme s'il faisait tous les efforts du monde pour ne pas lui couper la parole à chacune de ses phrases. Pourtant, elle essayait de lui dire les choses, des choses vraies, avec le plus de tact possible.
Mais soudain, comme un barrage qui se rompt sous la pression du courant, Armand haussa le ton, lui balançant au visage des choses plus délirantes les unes que les autres.

Les blagues et les taquineries étaient terminées, le tour de chauffe prenait fin et ils passaient désormais à table.
Interdite devant la scène, Anahia vit toute trace de sourire disparaître de son visage, et la réalité lui revint d'un coup, comme une bonne baffe qui vous souffle derrière la tête. Elle ne bougeait pas, ne fumait plus et ne buvait plus non plus. Elle regardait, immobile et silencieuse, cet homme partir dans un délire complet.
Et alors, en quelques secondes à peine, elle se souvint pourquoi elle avait pris ses jambes à son coup dix ans plus tôt, sans laisser un mot. Bien sur, il y avait l'enfant qui grandissait en elle, mais ce n'était pas que ça, vraiment pas que ça. Si elle était partie, et elle s'en rendait compte véritablement à l'instant, c'était parce qu'Armand, l'amour de sa vie, était fou, totalement fou.
Bien sur c'était sans doute un peu hypocrite de sa part de parler de folie, étant elle-même un spécimen assez intéressant de dérangement mental occasionnel, mais lui, lui jouait dans une toute autre cours, et elle s'en rendait compte plus que jamais. Instantanément, le sentiment de tendresse qu'elle éprouvait encore deux secondes plus tôt se transforma comme à l'époque en une peur sourde qui lui serrait les tripes. Inconsciemment, elle posa une main sur son ventre, comme si le fœtus qu'elle portait à Venise était encore là et qu'il fallait le protéger. Pourtant son bébé n'en était plus un, il avait grandit, il était là haut, et elle priait tous les démons de l'enfer pour qu'il n'entende rien de ce qui se disait dans cette maudite cuisine, qu'il n'entende rien du « tu es ma femme », rien, rien. Rien de tous ses mensonges !!
Car tout ce qu'il lui sortait était faux, rien ne correspondait à la réalité, à ce qu'elle avait vécu. C'était impossible qu'après tout ce temps il puisse y croire encore. Mais dans quelle réalité vivait-il donc ? Certainement pas la même que la sienne en tout cas. Désarçonnée et hallucinée, Anahia laissa quelques secondes passer à la fin de cette tirade. Puis, battant des paupières comme si elle se réveillait d'un songe, elle regarda sa cigarette qui se trouvait encore entre les doigts de sa main. Elle avait presque fini de se consumer, mais un fin bandeau de fumée en sortait encore.


« De la...gratitude...et de la..fidélité. » murmura-t-elle comme si elle découvrait ces deux mots pour la première fois. C'était trop fort. Non, ce n'était pas possible, il n'avait pas dit tout ça, c'était encore ses dons qui lui jouaient des tours, lui imposant des visions étranges et malaisantes. Et pourtant si, si il l'avait bien dit. « De la gratitude...et de la fidélité... » répéta-t-elle lentement et en séparant chaque syllabe les unes des autres tout en écrasant méticuleusement son mégot dans le cendrier. La peur venait de laisser place à un nouveau sentiment qui montait en elle comme le mercure d'un thermomètre en plein soleil au mois de juillet (et pas en Bretagne).
Sa voix, jusque là calme et posée, se tinta d'une colère qui la faisait presque vibrer. Deux secodes encore, elle se demanda ce qu'elle allait faire, comment réagir. C'était après tout souvent inutile de vouloir raisonner les fous, mais là, non, là ça allait trop loin.


« De la gratitude et de la fidélité, mais BORDEL DE MERDE Armand tu te rends compte de ce que tu dis ? » Instinctivement, elle avait quitté l'anglais pour revenir à une langue qu'ils avaient l'habitude de parler entre eux. Les premiers mots furent difficiles, elle ne l'avait pas pratiqué depuis une décennie, mais le vocabulaire était encore là. Elle savait que parler en hébreu ne servirait pas le propos qu'elle voulait amener, mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour être sure que le petit fouineur du dessus ne comprenne rien de ce qui se disait, si d'aventure il avait trouvé le moyen d'écouter. « Mais putain ouvres les yeux BORDEL ! Ça fait dix putains d'années que tu te voiles la face...dix ans que tu crois à...à des mensonges ! Et tu sais quoi, et bien je pense que même si je te disais toute la vérité, là maintenant tout de suite, TOUTE la vérité, et bien tu ne me croirais même pas !! Juste parce que ça t'arrange tellement de croire à tous ces mensonges, des mensonges qui viennent de moi bien sur, mais pas uniquement !! Tu t'es AUSSI créé des mensonges, parce que putain Armand s'il y a une chose qui est claire, UNE CHOSE... c'est que tu maîtrisais que dal à l'époque, QUE DAL ! Et tu maîtrises toujours que dal aujourd'hui !!!! »

Énervée au dernier degrés par ces réflexions macho mucho et par la situation, Ahania se leva et se dirigea vers un placard où elle rangeait des bouteilles d'alcool. Elle avait besoin de quelque chose de plus fort pour supporter cette situation, et le limoncelo lui donnait désormais envie de vomir. Mais la sorcière était tellement excédée qu'elle était incapable de se concentrer pour trouver ce qu'elle cherchait. Refermant donc la porte du placard avec force, elle se retourna vers le jeune homme avec qui elle n'en avait bien entendu pas fini et loin de là.

« Et COMMENT peux-tu croire une seule seconde que j'étais intégrée...mieux ACCEPTEE !! TES amis ne m'ont JAMAIS accepté Armand !! Non, non juste ta gueule là c'est moi qui cause » l'arrêta-t-elle en faisant un geste du doigt lorsqu'elle le sentit prêt à lui couper la parole pour lui refaire le couplet de non mais pas du tout ils t'adoraient tu étais la belle sœur qu'ils attendaient comme le messie. «...est ce qu'ils sont venus je sais pas... manger un soir à l'appart ? Est ce qu'on s'est baladé en ville ne serait-ce qu'une fois avec eux ? Est ce qu'on a passé une soirée à rire et à discuter dans une petite trattoria ? NON !! Je n'ai jamais été intégrée !! J'étais cachée !! au mieux tolérée !! tolérée comme le caprice d'un mec sans doute un peu important et dont il fallait pas faire chier le super tonton !! Et si personne n'a ouvert sa bouche, c'est juste parce que je ne représentais rien !! Juste une petite passade un peu coûteuse certes mais que tu aurais tôt fait de renvoyer une fois que tu t'en serais lassé. A leurs yeux, on avait PAS de futur voilà la vérité... et même toi t'y croyais pas vraiment !! Ah si pardon, tu avais tout prévu, oui oui, tu « maîtrisais la situation », tu avais le plan parfait pour notre futur parfait pour te citer... Mais PUTAIN Armand quand je suis partie tu étais en train de planifier notre SUICIDE !! »

Chacun de ses mots étaient accompagnés de gestes. Elle devait faire sortir les choses comme lui deux minutes plus tôt. Sauf qu'elle le devait pas pour se faire du bien mais pour faire cesser cette folie, cette démence, cette fable totale dans laquelle il s'était plongé.

« Tu sais quoi, penses ce que tu veux...enfin non... NON penses pas ce que tu veux !! J'en ai marre putain, marre de tout ça ! Alors OK je suis la méchante de l'histoire, OK c'est moi qui t'ai abandonné sans doute à un sort terrible, blablabla, déshonneur sur les tiens et ton nom, bouhou vilaine moi... mais BORDEL il est temps que t'arrêtes ton délire macho de merde et que tu sortes une bonne fois pour toute du monde que oui j'ai aidé à créer mais putain jsuis pas toute seule à blâmer merde ! Tu sais quoi, je vais te dire ce qui s'est passé, de MON point de vue, après on pourra toujours aller s'entretuer au coucher du soleil comme tu en rêves, à moins que quelqu'un d'autre que toi ne soit chargé de me faire la peau hein ? Ouai...ouai c'est plus votre genre ça à toi et tes ptits copains... » Piqua-t-elle avec un dégoût non dissimulé. Toujours debout, elle le regardait de haut, lui et son petit regard supérieur qu'elle détestait de plus en plus à chaque seconde. Pourtant, elle était sure de voir bien dissimulé sous un air de je-maîtrise-la-situation une petite brèche se former. « Tu me demandes si j'ai la moindre idée de qui tu es... moi toi, as tu la moindre idée de qui je suis ? Qui je suis vraiment ? Une bonne fois pour toute, je ne suis PAS juive Armand !! je nais JAMAIS eu la moindre famille là bas !! Je suis né au canada, dans une tribu amérindienne et j'ai grandit ici, sur CE continent...putain regarde autour de toi !! » Il fallait avouer que la maison et sa décoration ne manquait pas d'éléments ethniques issus de la culture de sa famille maternelle, encore que certains rayons de Maison du monde aussi, alors je vous l'accorde, la déco c'était peut être pas le meilleur argument « Quand on s'est rencontré à Jerusalem, ça faisait déjà un bout de temps que je cherchais la Pierre. J'avais appris que le carnet du Baron était dans les archives du Vatican et il fallait que je trouve un moyen pour y rentrer, et là...POUF, tu apparais !! Tout jeune et tout naïf, le pigeon parfait ! J'ai bien cru au départ que j'y arriverai pas avec toi... t'étais tellement...bah gai ! Mais finalement ça l'a fait et tu m'as ouvert les portes de Rome, oui... parce que JE le voulais !! Je me suis SERVIE DE TOI !! Et tu étais tellement persuadé de faire un beau geste, de me sortir de la misère, de jouer les chevalier sauveur que tu n'as même jamais été regarder plus loin que ce que TU CROYAIS ! Tu m'as rencontré dans un bar à Jérusalem, je parlais la langue, oui bah déso d'être bonne en langue étrangère hein, et donc BOUM, j'étais une pute juive en mal d'amour et de confort que tu étais ravi de secourir. Mais putain quoi » Elle se pris la tête dans les mains « raaaa mais c'est pas possible merde !! » la situation était allé tellement loin, tout était allé tellement loin. « Putaaaain !! Tu es tellement rempli de clichés à la con et tu es tellement sur d'avoir toujours raison que t'as pas pensé une seule seconde que je pouvais être quelqu'un d'autre !! C'est ça qui t'as foutu dans la merde !! T'as même jamais été capable de dire mon prénom correctement putain !! Tu m'étonnes que personne ne m'ait retrouvé plus tôt !! » Dit-elle en laissant tomber ses bras le long de son corps de dépit « mais bon, jvais pas m'en plaindre hein... à ce moment là moi tout ce que je voulais, c'était retrouver la Pierre le plus vite possible et me casser sans laisser de traces. Donc que tu me prennes pour une pute de Jérusalem que tu sauvais du ruisseau, c'était parfait ! J'avais juste à jouer le rôle que TU avais décidé pour moi et à montrer toute...toute... ma gratitude et ma fidélité bien sur !!! Tu as peut être subit mes caprices mais j'ai aussi du faire face aux tiens... à tes propos machistes, à tes préjugés, à cette idée de mariage que tu m'as imposé sans me laisser le temps de me retourner...à cette idée de s'enfuir dans un autre monde... Ah mais pour quelle salope tu as dû me prendre quand je suis partie... quelle salope !! Alors que tu m'avais tout donné !! toi, cette âme si bonne, qui m'avais offert une vie de merd...à non pardon de rêve !! une vie de rêve !! cachée comme une maîtresse !! Mais putain TOUT EST FAUX Armand !!! TOUT …. TOUT... tout à part ce que j'ai vraiment éprouvé pour toi !! » Sa voix se brisa dans sa gorge. La colère était toujours là, vibrante, forte comme une bourrasque de vent puissant, mais il y avait désormais aussi de la tristesse qui s'y mêlait. S'appuyant contre le plan de travail, elle ne dit plus rien pendant quelques secondes avant de reprendre « Tu sais... je comprendrais si tu ne me crois pas...après tous les bobards que je t'ai sorti à l'époque... mais tu vois, au milieu de tout ça, y a un truc, UN truc, que tu pourras jamais m'enlever. Ce truc là je l'avais pas prévu, ça faisait pas parti du plan qui était juste de t'utiliser pour récupérer la Pierre, et de te tuer aussi au passage avant de me casser, de rien de pas l'avoir fait hein... » Croisant les bras contre sa poitrine, elle se referma, sans jamais quitter des yeux le jeune homme. « … le truc que j'avais pas prévu, c'est que je t'ai vraiment aimé... peut être pas au début, mais très vite je t'ai aimé. Ce qu'il y a eu entre nous, ça, ça c'était pas du jeu, ça c'était vrai... et je sais que même si t'as passé dix ans à me haïr pour ce que je t'ai fait, toi aussi tu sais que ça au moins c'était vrai. Parce que ce qu'on a vécu, ne vas pas me dire le contraire, on ne l'a jamais revécu depuis avec quelqu'un d'autre... et si t'es là aujourd'hui, c'est pas parce que je t'ai abandonné à Venise en m’enfuyant avec la Pierre, c'est pas pour te venger ou t'excuser de m'avoir détesté...et encore moins pour mon café... t'es là parce que personne d'autre ne t'a jamais apporté ce que moi je t'ai apporté. »

Ses yeux, plein de colère étaient aussi plein de larmes qui pourtant ne coulaient pas. Elles restaient dans ses yeux qui ne pouvaient s'arracher au visage de cet homme qui était son plus grand amour autant que le pire de ses ennemis, l'autre moitié de son âme, la haine et l'amour combiné dans une seule enveloppe charnelle. Elle entendait son cœur battre jusque dans ses oreilles, son sang lui brûlait. Elle était à deux doigts, à deux doigts de lui parler d'Emrys et de ce qu'il était pour lui, sauf que voilà. Armand n'était rien pour son fils. C'était son fils à elle, à elle toute seule. C'était elle qui l'avait porté, elle qui l'avait fait naître, qui l'avait élevé, et pourtant, elle brûlait de lui dire, peut être parce qu'elle savait que ça le ferait souffrir, mais surtout pour qu'enfin le voile tombe.
Elle se sentait fatiguée, fatiguée de cette histoire qui ne se terminait jamais, et pourtant, elle le savait, elle combattrait encore jusqu'à la fin.


« Je t'en pris Armand ouvre les yeux !! Essaye de comprendre !! Je ne suis pas partie parce que je ne t'aimais pas ou parce que je me suis jouée de toi... je suis partie parce que je n'avais pas d'autre choix. »





Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 12.06.19 19:13, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty03.05.19 11:12


   

It ended when I lost your love




Il s'était emporté. Ça ne lui ressemblait pourtant pas, lui qui était toujours calme et posé. Au pire il pouvait devenir grinçant, mais jamais colérique. Il n'était pas comme son père qui avait le sang chaud et la main légère. Au contraire, il détestait ce genre de personnalité. Il sentit qu'il perdit le contrôle quand sa paume frappa le bois de la table, et aussitôt un horrible constat le fit frémir. En vérité c'était son visage qu'il aurait aimé frapper comme ça. C'était une pulsion répugnante, et ça le dégoûtait de savoir que pendant l'espace d'une seconde, son désir le plus profond avait été de frapper une femme au visage. Ce coup de sang eut au moins le mérite de le faire redescendre un peu, et la pulsation sourde qu'il ressentait dans ses doigts lui servait également d'avertissement. Aussi odieuse soit elle, il était hors de question qu'il dévale cette horrible pente.

Il se mit à bougonner, avant d'être tout à coup surpris par la météo. Le sens du vent venait de changer, et il n'avait pas pensé à se mettre à l’abri.

Gratitude et fidélité. C'était des notions pourtant simples, qui garantissait tout mariage heureux. Lui même avait ressentit pour elle ces sentiments. Quant à ce qu'il restait de sa fidélité, ce petit reliquat avait au moins eu le mérite de ne pas lui avoir envoyé d'assassins tout de suite. Il lui devait bien ça, une journée de répit pour qu'elle s'entretienne avec son Dieu, et se dégote un aspic pour mourir dans la pure tradition des catins de Rome.

Mais étrangement ces deux termes ne semblaient pas lui convenir, car elle les répéta plusieurs fois. Au début Armand cru qu'il s'était mal exprimé, et lui jeta un regard interrogateur, comme s'il cherchait à sonder ce qu'elle n'avait visiblement pas compris. Puis à son ton dédaigneux, il réalisa qu'il ne s'agissait pas d'un malentendu et il se renfrogna. Chaque mot coulait de sa bouche avec un mépris insupportable, comme si elle se retenait de vomir à chaque syllabe. Et à la troisième fois elle le fit littéralement sursauter. Sans le vouloir il l'avait mis dans une colère noire.

Il prit cet air surpris ridiculement minable qu'il avait parfois. Comme un gros animal apeuré qui se demande qu'est ce qu'il se passe. Il la regardait avec des yeux ronds. C'était à son tour de se faire crier dessus, et clairement on voyait qu'il n'avait pas l'habitude. Et puis comble de l'angoisse, elle se mit à déblatérer des obscénités dans une langue qui ne pouvait pas non plus se vanter d'avoir les tonalités les plus délicates. Il lui fallut une seconde pour réaliser ce qu'il se passait, et une autre pour se mettre en mode traduction. Comme ça sans prévenir, à froid ça faisait plutôt bizarre. Et puis il n'était agréable pour personne de se faire gueuler dessus en hébreux.

Alors qu'il sentait chacun de ses mots le percuter comme une grêle particulièrement violente et inattendue, il fronça les sourcils. Était ce sa capacité à traduire des insultes à la volée dans une langue millénaire qui s'était rouillée, où est ce qu'elle se foutait ouvertement de sa gueule ? Il lui laissa le bénéfice du doute pendant un instant, puis craqua.


« N'importe quoi ! Tu racontes n'importe quoi ! Tu m'as toujours sous estimé et même... rabaissé parce que c'était tout simplement insupportable pour ton ego de te dire que oui, je suis meilleur que toi en tout point ! »


Alors là il avait fait fort, et aussitôt il souhaita ne jamais avoir prononcé ces mots. S'expliquer, lui dire que oui certes, mais que cette force il la mettait à son service. Enfin, ça c'est ce qu'il aurait fait autrefois.


« Je... »

Elle fit claquer le placard, ce qui le fit légèrement bondir sur sa chaise. Il était évident qu'elle aussi s'en prenait au mobilier pour ne pas tomber dans la violence. Et soyons sérieux, si on en arrivait aux mains, il n'avait aucune chance.

Anahia continua à lui hurler dessus copieusement, et quand il ouvra la bouche avec un peu d'énergie pour répliquer, elle la lui fit fermer avec autorité. Là il était beaucoup trop piteux et en colère pour l'admettre, mais il était évidement qu'elle avait du chien.

Après s'être fait chut comme la dernière des merdes, qu'il était, il se força de l'écouter déballer par le menu ses quatre vérités. Quelqu'un de beaucoup plus intelligent se serait déjà barré de la conversation, mais Armand était beaucoup poli pour se lever de table, et beaucoup trop soumis pour reprendre fermement la parole.


« Mais... mais qu'est ce que tu voulais que je fasse ? »


Il leva les yeux au ciel et ses mains suivirent le mouvement, avec cet air théâtral que peut avoir un italien en train de se faire bolosser par sa maîtresse.
L'emmener dîner dehors ? Mais ça il l'avait fait ! Bon pas à Rome, mais dans beaucoup d'autres villes. Et quoi ? Elle voulait rencontrer ses amis ? Mais... mais pourquoi faire ?


« Mais... mais amore je n'allais pas t'exhiber comme ça, ça ne se fait pas ! Et puis les gens t'aurait clairement prit pour un alib... »


Il ne fini pas sa phrase, ce qui clairement n'était pas plus mal. Apparaître devant ses ex au bras d'Anahia était certainement un expérience qu'il se félicitait de ne jamais avoir eu à subir. Et pourquoi est ce que tout ça elle le lui déballait seulement maintenant ? Pourquoi est ce qu'elle ne lui avait jamais manifesté ce désir à l'époque si soit disant ça la faisait autant souffrir ?

Bon, « super tonton » eut au moins le mérite de lui arracher un souris contrit. Jamais il n'aurait envisagé qu'on puisse qualifier cet homme de cette façon un jour. Voilà exactement le genre d'exemple des manières d'Anahia, et pourquoi elle était incompatibles avec le gotha vaticaniste. Mais ça il se retient bien de le dire car il ne voulait pas voir sa mâchoire claquer comme la porte du placard.


« Tu n'as jamais été une passade ! »


Et soit dit en passant elle n'avait pas été si coûteuse que ça. De mémoire, Marcello lui s'était fait embobiné par une napolitaine qui elle avait réussie à lui extorquer du fric, mais alors bien comme il faut. Non là dessus il faut être sport, Anahia n'avait jamais été ridiculement dépensière. Mais il faut dire aussi qu'avec un mari comme Armand à la comptabilité, elle n'avait pas non plus un champs d'action bien large.
En revanche, aussi radin qu'il puisse être, il était parfaitement sincère quand il affirmait qu'elle avait été bien plus pour lui qu'une passade. Et ses yeux ne mentait pas. Il se reprit d'ailleurs devant cet aveux de faiblesse et se mordit les lèvres. Il commençait à sentir monter les sanglots. Armand avait cru à leur couple de toute ses forces, et c'était le calomnier que de l'accuser du contraire.


« C'est faux... » Murmura t il. Sa combativité s'était évaporée, et sa défense était des plus pitoyables. C'était un vrai choc d'entendre des accusations aussi fausses et mesquines.

Mais niveau mesquinerie il n'avait pas encore vu le meilleur, qu'elle lui servit comme un revers de claque. Là elle allait trop loin.


« Tais toi ! Juste... tais toi. Comment... comment est ce que tu peux dire des mensonges pareils ? Jamais je n'aurais accomplit un acte pareil qui va contre mes croyances ! Et jamais je ne t'aurais fait du mal ! Tu n'as rien comprit, depuis le début tu n'as rien comprit. Et au lieu de me demander de t'expliquer comment nous allions vivre désormais, tu as préférée partir et me laisser en plan ! Ce qui nous attendait était le sort le plus enviable de tous, et jamais, JAMAIS je ne nous aurais mis en danger. Tu ne sais pas à quel point j'ai étudié pour mettre en place ces sortilèges. Mes calculs étaient parfaits. La seule chose que j'ai visiblement mal évaluée c'était la confiance que tu avais en moi. Et oui je t'en veux ! Je t'en veux parce que tu as saboté mon Œuvre ! Parce que tu as cessé de croire en nous, et parce que tu m'as privé du bonheur de vivre un avenir avec toi ! Et je t'en veux plus encore d'avoir fait de moi quelqu'un qui n'avait plus aucune volonté de vivre... »

Là c'était nettement trop pour lui, des larmes débordaient déjà de ses paupières, et il ne sut plus contenir ses sanglots. Il se ramassa sur lui même, et pleura en silence, incapable de lever les yeux vers elle. Sans doute éprouvait elle un soupçon de remord car elle fit mine d'avoir tout les tords, pour ensuite aborder le point suivant. Elle le traita de macho, ce qui sonnait bizarre vu que le macho en question était en train de pleurer comme une fontaine. Et pourtant elle n'avait pas tord, même si le pire dans tout ça c'est qu'il n'en avait absolument pas conscience. Pour lui c'était normal. Il avait eu à cœur de veiller sur elle et d'anticiper tout ses besoins. On lui avait toujours apprit que les femmes étaient plus fragiles, et que tout bon chrétien doit veiller sur les plus faibles. C'était sa culture, sa façon d'envisager la politesse. Jamais il ne lui était venu à l'esprit de revoir son code de conduite tout simplement parce que personne ne lui avait jamais dit que son comportement était dégradant. On contraire, on lui disait qu'il était gentil, bien aimable, ou galant. Et ça le confortait dans l'idée que sa mère l'avait bien éduquée. Il était sans doute un exemple de machisme de la pire espèce. Il ne déresponsabilisait pas les femmes pour se sentir supérieur, mais tout simplement parce qu'il était gentil à l'excès, et voulais simplement bien agir.

Mais là à cet instant, elle pouvait le traiter de ce qu'elle voulait, ça lui était égal. Il s'était douté que la revoir serait désagréable, et il s'en voulait d'être venu ici. Pourtant il ne bougeait pas et continuait de prendre des coups, paralysé par la peine et son goût ambiguë pour le drame.


« Tu me gueule dessus en hébreux depuis un quart d'heure et maintenant tu me racontes que tu n'es pas juive ?! » Il s'était ressaisit, choqué par l'absurdité de la situation. « Tu sais quel est ton problème ? Tu ment ! Tu ment, tu ment et tu ne sais plus t'arrêter ! »

Il regarda autour de lui, hagard, à le recherche de ce fameux signe qui lui permettrait de donner un peu de crédit à son histoire. Il ne savait pas vraiment ce qu'il devait voir, il n'y avait rien d'autre qu'une cuisine mal tenue et du bric à brac de hippy. Mais ça il ne préféra pas le dire, car il savait que la moindre réflexion sur l'hygiène douteuse de cet évier pouvait déclencher une guerre ouverte.


« Pardon ? »

Elle amérindienne ? Il fixait les traits de son visage, comme s'il essayait d'accorder encore un peu de crédit à ses paroles. Non c'était complètement con.

Il l'écouta lui déballer sa version de leur histoire, et sous la table ses poings se serrèrent. C'était très dur à entendre. Elle salissait leurs souvenirs avec ses mensonges et ses raccourcis, et il ne pouvait plus soutenir son regard. Sa mâchoire se contracta quand elle le traita de pigeon et il se mit à respirer plus vite. La colère l’irriguait de plus en plus, et porté par elle il releva les yeux quand elle le qualifia de gay. Jamais il ne lui avait adressé un regard comme ça, et si deux pouvaient tuer, ces deux là l'auraient fait. Il n'y avait plus rien de triste ou de touchant chez elle désormais tant elle alimentait sa colère avec des mots cruels. Elle aurait pu lui expliquer la situation de milliers de façons, mais elle avait choisie de se moquer de lui. Elle affirmait qu'elle l'avait bien berné, et la minute d'après elle lui jurait que non, que ses sentiments avaient été authentiques. Qui croire ? Armand réalisa avec douleur qu'il n'avait plus envie d'avaler la moindre de ses couleuvres. Elle avait déjà beaucoup trop parlé.


« C'est vrai... personne ne m'a jamais apporté autant de malheur que toi. »
Il sourit tristement, ce constat était navrant. Il soupira, agitant sa main pour signifier qu'il voulait passer à autre chose. « On a toujours le choix, amore mio. Le tout est de faire le bon. Maintenant dit moi, qu'elle est la secte qui se cache derrière ceci ? »

Il sortit un morceau de papier de la poche intérieur de sa cape. C'était un carton blanc sur lequel était dessiné une porte à l'encre noir. Il la posa sur la table comme s'il venait d'abattre son atout, et jugeait son regard, étrangement impénétrable.
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   The end of the world - Anahia Empty12.06.19 19:56


The end of th world
ft the two men of my life


C'était étrange, comment une simple action, un simple choix, pouvait faire s'effondrer le monde. Une porte qui se ferme sur une chambre, une ombre courant le long des canaux entre les palais vénitiens endormis. A combien de reprise est-ce qu'Anahia s'était demandé si ce choix avait été le bon ? Combien de fois avait-elle imaginé ce qu'aurait donné un autre scénario, un autre choix ? Trop pour en faire le compte, trop pour vraiment regretter. La jeune femme avait passé dix ans à retourner chaque moment, chaque image dans sa tête. Elle avait revécu l'histoire, chacune de ses scènes, en boucle. Elle avait imaginé des milliers d'autres possibilités. Elle avait vécu en rêve chacune de ses branches sur lesquelles elle n'était pas monté.
Elle l'avait abandonné, et avec lui la chance d'une vie heureuse ensemble. Mais l'aurait-elle eu véritablement, cette vie heureuse ? La vision qui lui était apparu, la nuit où ils avaient trouvé la Pierre, lui avait fait penser le contraire. Et toutes les autres qu'elle avait construite dans son esprit ensuite avaient toujours été dans ce sens. Jamais, ils n'auraient été heureux. Jamais, ils auraient pu avoir une vie simple, comme celle dont le prêtre avait rêvé de vivre avec elle. Car même s'ils avaient toujours essayé de se voiler la face, ils étaient eux, aussi différents qu'ils étaient semblables, rongés par la démesure de leur être, de leur égo. Ils étaient eux, attachés à des pactes secrets que même la puissance de leur affection ne pouvait briser. Non, quelque soit la voie qu'ils avaient décidé de prendre, jamais ils n'auraient pu être en paix, pas dans ce monde là en tout cas.

Pourtant, malgré qu'elle avait parfaitement conscience de tout cela, Anahia avait espéré ces retrouvailles. Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, et qu'elle associait désormais à un excès de bêtise, la sorcière avait voulu le revoir. Lui qui était tout à la fois son plus grand amour autant que sa plus grande erreur. Elle avait eu l'espoir qu'après tout ce temps, dix années, il y aurait plus que de la haine et du ressentiment entre eux. Et en effet, il aurait été idiot de dire qu'il n'y avait plus rien entre eux. Mais de l'amour, non. Non ce n'était plus de l'amour, ou à peine un reliquat de ce qui avait été un jour leur amour. Une relique placée au plus profond de leur être, de leur mémoire, caché dans un réceptacle hermétique sous une bonne couche de poussière. Mais la bête avait mordu trop profondément et le venin était trop puissant. Plus la jeune femme tentait de faire entendre raison au prêtre, et plus il semblait se fermer, incapable de comprendre ou plutôt d'accepter de revoir le cadre de ce qu'il avait toujours pris pour la vérité. Il lui semblait impossible que tout ce qu'il avait cru, tout ce qu'il avait tant haït chez elle ne soit qu'un nouvel écran de fumée. Et comment pouvait-il en être autrement ? Le miroir se brisait, et aucun des deux ne paraissaient reconnaître le reflet que lui renvoyait désormais l'autre.
Toujours debout, dos au plan de travail, Anahia regardait toujours cet homme, et chaque seconde qui passait lui faisait regretter de l'avoir laissé rentrer, car elle comprenait progressivement qu'il n'y aurait pas de retour en arrière possible, que tout ce qu'elle disait ne servait finalement à rien.
Malgré tout, elle continuait, sans s'arrêter même devant ses pitoyables interventions. Elle continuait parce qu'il le fallait, parce qu'elle attendait ça depuis dix ans. Elle continuait même si elle sentait de plus en plus le dégoût monter en elle, comme une envie de vomir qui vous prend aux tripes. Le goût sucré du Limoncello encore sur la langue, elle sentait un frisson la parcourir dès que le prêtre avait le malheur de l'appeler « Amor mio ». Ce surnom affectueux qu'il lui avait donné à l'époque lui était à présent presque insupportable. Il lui donnait envie, dès lors qu'il le prononçait, de lui sauter à la gorge et de lui hurler qu'elle n'était son « amor », qu'elle ne lui appartenait pas, qu'elle ne lui avait jamais appartenu, pas même lorsqu'elle avait parlé dans la Sixtine. Anahia n'appartenait à personne d'autre qu'au diable à qui elle s'était voué pour sauver sa vie en même temps que celle de son fils.
Après avoir crié, elle sentit sa voix se calmer progressivement sans pour autant se délaisser de sa colère. Elle se sentait aussi de plus en plus lucide, bien plus en tout cas que l'homme en face d'elle. Refusant désormais de le quitter des yeux, elle suivait chacun de ses mouvements, chacune de ses réactions. Elle voyait ses accès de colère autant que ses moments de détresse pathétique. Il était en définitive aussi instable qu'elle, voir plus à y bien regarder. Malgré la tension de la situation, malgré la brûlure de la vérité qui sortait hors de sa boucle, et malgré les larmes qu'elle ne pouvait retenir, l'amérindienne sentait gronder en elle une force qu'elle ne croyait plus avoir. Ils avaient changé en dix ans, mais ce n'était que maintenant que la jeune femme se rendait compte à quel point et dans quelle mesure.

« Oui Armand je t'ai menti. Je t'ai menti jusqu'à un point de non retour, je t'ai menti jusqu'à me prendre moi même au piège de mes mensonges... Mais je te jure que tout ce que je viens de dire, tout ça c'est vrai... pour une fois... tout est vrai... Ais au moins le courage de le voir ! »

C'était sans doute pousser le bouchon un peu loin que de lui demander du courage, elle qui avait fui dans la nuit sans même se retourner. Mais pourtant il lui en avait fallut du courage, et si ce n'était du courage au moins de la force, pour abandonner ce en quoi elle avait tant voulu croire. Car elle y avait cru, à leur histoire. Du plus profond de son être, elle y avait cru. Et elle aussi avait voulu que ces rêves un peu fou d'Armand se réalisent. Lui ne semblait plus s'en souvenir, mais elle avait passé des heures à l'écouter parler de ces mondes étonnants où il voulait la conduire, des heures à l'entendre lui décrire ces rivages enchanteurs qui leur tendaient les bras. Quelle plus belle aventure pour elle, quel plus grande folie ?
Elle avait bien sur très vite déchanté, mais avant ça, la sorcière les avait vu aussi, ces visions lointaines de voyages cosmiques. Elle avait vu une planète énorme, autant couverts d'eau que de verdure chatouillante. Elle avait volé au dessus de ses plaines et des ses vallées, surplombé ses cités dont on lui murmurait les noms secrets à l'oreille. Elle avait vu de hautes figures, nobles, le regard ancien et sage. Elle avait vu une chambre dont la fenêtre surplombait une capitale grandiose, avec dans les arbres et sur les maisons des drapeaux aux milles couleurs. Et partout la musique résonnait dans Rhiannon la grande, et des milliers de lumières brillaient sur les fronts des passants rassemblés pour la grande fête. Le vent puissant faisait voler des feuilles rouges comme le sang, jusque dans les grandes chutes d'eau qui tombaient sous le palais royal, immense joyaux posé là comme un présent des dieux. Dans le lit entouré de voilages se trouvait l'homme, semblable et pourtant différent, moins blessé, l'âme moins triste. Elle se glissait vers lui et déposait contre sa joue un baiser doux et léger, comme un souffle d'été. Deux sourires sur deux visages, dans cet autre monde aux confins de l'univers.

Une nouvelle larme coula sur la joue d'Anahia, sans qu'elle l'eut sentit venir. La goutte glissa jusqu'à son menton, laissant sur sa peau un sillon douloureux et tomba sur le sol carrelé de la cuisine, dans cette petite maison du vieux Boston. Observant toujours Armand qui semblait en proie à un combat intérieur, la jeune femme était immobile, le visage et le regard dur. Profitant que le prêtre était occupé à chialer sa mère, et sans se retourner, la sorcière posa une main sur le plan de travail, comme si elle avait eu besoin de s'y appuyer quelques instants. C'était un geste naturel, banal. Pourtant, il lui permis de se saisir de sa baguette magique et de la glisser contre son bras, qu'elle croisa ensuite à nouveau sur sa poitrine, faisant ainsi disparaître le morceau de bois de la vue du jeune homme. Elle ne comptait pas s'en servir, pas maintenant en tout cas, mais immédiatement, ce contact la rassura. La sorcière savait que la discussion allait à un moment ou à un autre arriver à son terme, et elle savait qu'elle devrait frapper fort à ce moment là, car Armand ne se priverait pas de le faire lui. Si elle avait été seule, si Emrys n'était pas là, il était certain qu'elle aurait agit autrement. Mais son fils était là, et elle devait le protéger.


« Et crois le ou non, personne ne m'a fait souffrir comme toi... » murmura-t-elle en réponse à sa pique, une pointe d'ironie dans la voix. Bien sur il ne pouvait pas comprendre à quoi elle faisait allusion. Ces mois de peine à se traîner comme un pachyderme, les semaines alités pour ne pas que le bébé naisse trop tôt, ces heures à hurler. Elle avait cru mourir cette nuit là. Peut être serait-elle morte ailleurs que là. Une douleur fantôme lui serra le bas du ventre. Mais tout ça il n'aura pas connaissance, et c'était mieux comme ça. Malgré son envie de lui balancer à la face toute la vérité qu'il était venu chercher, la jeune femme se rendait compte qu'il y en avait une qu'elle devait garder pour elle. Une vérité qui pourtant expliquait tous les mensonges, expliquait sa peur et sa fuite, une vérité que se trouvait deux étages au dessus d'eux. L'envie de lui dire, de lui avouer cet ultime retournement la tenaillait, lui vrillait les entrailles. Elle voulait lui crier, lui faire comprendre. Au fond d'elle à cet instant, elle pensait encore qu'il était possible qu'il ouvre les yeux, qu'il se rende compte des raisons qui l'avait poussé à agir de la sorte. Étrangement, Anahia ressentait encore ce besoin d'être pardonné, mais l'apparition d'une petite carte blanche entre es doigts du prêtre fit éclater son dernier espoir.
Quittant le jeune homme des yeux, elle observa quelques secondes la carte où une petite porte était dessinée à l'encre noire. Ses sourcils se froncèrent et ses mâchoires se crispèrent alors qu'elle analysait cette dernière question qu'il venait de lui poser. Armand avait pu croire un instant qu'il avait gagné et qu'il était parvenu à créer la peur chez sa femme. C'était exactement l'inverse. Une déception immense était en train d'envahir la sorcière. Pendant quelques instants, elle sembla dans comme en train de réfléchir, comme indécise dans le choix de ses mots.

« Alors... c'est pour ça que tu es venu ? » finit-elle par lâcher dans un murmure, comme si elle se parlait à elle-même, sans quitter la carte des yeux. « pour...ça... » il y avait du dégoût dans sa voix, en même temps qu'une sorte d'incrédulité. Elle avait été si sotte, si sotte pour croire qu'il puisse en être autrement. Si sotte de penser qu'il avait pu avoir envie de comprendre ses raisons, de savoir ce qui s'était vraiment passé. Sotte de croire qu'il était peut être venu pour elle. Mais non, il n'était venu que pour lui mettre la tête dans son caca, lui dire qu'il avait gagné, et pour cette ultime question, qui justifiait à elle seule le fait qu'elle soit à cette heure toujours vivante « En fait, t'es pas venu pour essayer de comprendre pourquoi...» ajouta-t-elle sur un ton accusateur, plongeant un regard glacial dans celui du jeune homme « ... tu t'en fous que je te dise la vérité ou non... tu as déjà choisi la vérité qui t'arrangeait il y a longtemps. Tu as déjà décidé qui était coupable et qui ne l'étais pas. Tu n'es venu que pour...pour quoi au juste ?? Pour... glaner des infos sur ceux que tu rends responsable de tes propres échecs et...te venger ? » Son dernier mot resta en suspens dans l'air, comme une hache sur le point de tomber sur le cou du condamné. Puis, aussi curieux que ça puisse paraître, un rire sortit de la bouche de l'amérindienne. Ce n'était vraiment un rire, plutôt un rictus face à la situation grotesque qui était la leur. Quittant sa position, la jeune femme retourna s'asseoir en face d'Armand de l'autre côté de la table de la cuisine, tout en prenant soin de faire glisser discrètement sa baguette sur ses genoux une fois qu'elle fut installée. « Si j'avais su où ça allait nous mener, jpeux te jurer que j'aurai attendu que tu rentres dans cette maudite église pour y foutre le feu plutôt que de filer ce bout d'papier à Tyler... » d'une main, elle reprit une cigarette qu'elle alluma en silence, sans cesser de le regarder. Le mépris qu'il lui inspirait était palpable. Elle tira une longue bouffée de fumée qu'elle souffla dans sa direction. Elle savait déjà ce qu'elle allait répondre à sa question, elle le savait avant même qu'il franchisse le pas de sa maison. Mais puisque c'était pour ça qu'il était venu, autant en profiter pour le faire encore un peu mariner. Ça ne servait pas à grand chose, mais ça lui faisait du bien. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ça lui plaisait de le voir aussi sûr de lui, certain d'avoir fait tomber le piège dont elle ne pourrait se sortir. Il oubliait une chose. C'était par elle qu'il avait eu accès à cette carte.
Elle tira une autre fois sur sa cigarette, soufflant par le nez avant de reprendre.


« En fin de compte, maintenant que j'y pense... je me demande si c'était moi que tu aimais... ou l'image de toi que je te renvoyais... non parce que chéri tu parlais tout à l'heure d'égo » elle fit une grimace assez ridicule où elle fit mine de gonfler comme un ballon. « ...mais ça c'est un domaine dans lequel je n'ai j-a-m-a-i-s pu rivaliser avec toi !! Tu dis que j'ai saboté ton Œuvre... ton Œuvre... putain mais tu t'entends quand tu parles... Mais je le reconnais...t'as raison sur un point, j'ai fait un choix cette nuit là, un choix peut être dicté par mon égo, mais c'est mon égo qui m'a sauvé, qui nous a sauvé... et grâce à toi je me rends compte que je n'ai ni à regretter, ni même à justifier ce que j'ai fait.» Elle poussa un profond soupir, appuyant son dos contre le dossier de la banquette. Toute trace de pitrerie avait soudain disparu de son visage, ne laissant qu'un regard froid qu'on lui connaissait peu. A ses doigts, la cigarette continuait de se consumer. « Et tu sais... en réalité... j'ai toujours pensé que c'était toi...le meilleur de nous deux... » un sourire triste tira vainement une des commissures de ses lèvres avant de retomber. Bien sur, dans sa bouche, le mot « meilleur » n'avait pas le même sens. Pour elle, Armand, au delà de sa folie, avait toujours été quelqu'un de bon, et elle l'avait aimé pour ça. Mais aujourd'hui, le regard posé sur l'étendue de morceaux de miroirs brisés qui représentait leur passé commun, elle se rendait compte qu'il n'était pas le seul à avoir vécu tant d'années dans un mensonge.
Bouleversée bien plus qu'elle ne le montrait par ce constat, le regard toujours froid et distant, Anahia tendit la main qui tenait sa cigarette vers la petite carte qui se trouvait sur le table. La faisant tourner entre ses doigts, elle vit la porte dessinée changer en un clignement de paupières. Elle passa sa langue sur ses dents, pesant chacun des mots qu'elle prononça ensuite.


« Tu crois vraiment que je vais lâcher comme ça la seule information qui me maintient encore à peu près en vie ? » Elle tira une nouvelle bouffée de fumée, penchant légèrement la tête sur le côté comme pour mieux voir l'homme qui se trouvait en face d'elle. « Tout ce que je peux te dire c'est que si toi et tes copains voulez un jour revoir l’Émeraude, car j'imagine que c'est un peu le but final de cette petite vendetta, il va falloir passer un marché, car je suis la seule à pouvoir vous y conduire de ce côté ci du Dôme. Sans moi, jamais nous ne retrouverez la Pierre. Moi morte, tous tes rêves de vengeance se solderont par la perte définitive et irréversible de la Clavicule de Salomon... plutôt ballot tu en conviendras ? Et inutile de préciser qu'il ne sert à rien d'utiliser le sortilège de l'Imperium ou de me soumettre au Doloris... sans quoi pas d'accord... et pas d'accord... pas de Pierre». D'un geste décidé et précis, comme si elle écrasait une mouche, Anahia écrasa la fin de sa cigarette dans le cendrier sans quitter Armand des yeux. « Ouai je sais... c'est pas très fair-play... mais c'est comme ça... ça s'appelle une carotte trésor... »

Ses paroles auraient pu faire penser qu'elle faisait la maline. Ce n'était pourtant pas du tout le cas. Il était rare de voir Anahia aussi sérieuse qu'en cet instant. Comme le prêtre quelques instants plus tôt, elle venait de faire tomber une nouvelle carte de son jeu, une carte qu'elle gardait sous le coude depuis dix ans. Peut être qu'Armand la mépriserait pour ça, mais ça elle s'en fichait éperdument. Il n'y avait plus rien que la jeune femme n'était pas prête à faire pour sauver sa vie et surtout celle de son fils.
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