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 The end of the world - Anahia

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ϟ Métier : Prêtre ϟ Âge : 35 ans ϟ Race et sang : Sorcier ϟ Particularité : ϟ Statut civil : Célibataire devant l’Éternel, mais amoureux perpétuel



ϟ Messages : 1578 ϟ Date d'inscription : 02/03/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x semaine ϟ Célébrité : Arthur Davill ϟ Crédits : aucun

MessageSujet: The end of the world - Anahia   10.09.18 13:13


   

It ended when I lost your love




Se laissant bercer par le ballottement du train, Armand posa sa mâchoire sur son poignet et se laissa aller au sommeil. Il se rendait à Boston, enfin. Il avait de nombreuses fois remit ce voyage à plus tard et maintenant qu'il y allait pour de bon, il ne réalisait pas vraiment. C'était totalement irréel, autant que la perspective de revoir Anahia. Elle n'était plus qu'une ombre de son passé, un sale tâche sur sa réputation. Pourquoi est ce qu'il tenait tant à régler ses comptes alors que tant d'années étaient passées ? Justement, ce point le troublait profondément. D'un côté il avait peur de la revoir, et de l'autre il désirait ardemment lui faire payer tout le mal qu'elle lui avait causée. A cause d'elle il avait été humilié au delà des mots, il avait perdu la confiance de ses pairs et risqué d’entraîner sa loge entière dans sa disgrâce. Elle méritait de payer pour tout le tord qu'elle avait fait à leur société, pour leur avoir volé la Sainte Clave, pour lui avoir manqué de respect et bien sur pour lui avoir brisé le cœur.

Là dessus Armand était des plus confus. Il venait à peine de se ressaisir et en ce moment il nageait dans le bonheur. Thomas était adorable, et avec le temps il avait réussi à lui accorder une fragile confiance. Bref ce n'était pas le moment de retourner voir son ex, même si pour elle il ne ressentait plus que du dégoût et de la colère. Là dessus Thomas n'avait pas à s'inquiéter, elle n'avait rien qu'il lui manquait. Et le goût amère de la trahison suffisait à flétrir jusqu'au dernier souvenir heureux de leur histoire d'amour. Armand avait un caractère gentil, mais il n'était de ceux à qui l'on tourne le dos deux fois. Ce qu'elle lui avait fait était parfaitement impardonnable.

Glissant sa main dans la poche intérieure de sa cape, il sentit la masse lourde de son téléphone. A partir de maintenant il ne lui servait plus à rien. Et ce manque lui procurait une certaine angoisse. S'il pouvait seulement envoyer un message... Simplement dire à Thomas à quel point il lui manquait. Bien sur tout cela il lui avait dit avant de partir, mais le simple fait de ne plus pouvoir communiquer lui gonflait le cœur de tristesse. Il l'appelait rarement, parce qu'il avait très vite comprit que décrocher le téléphone était une épreuve terrible pour Thomas. Mais il aimait lui envoyer des messages tout au long de la journée, partager ses pensées et ses humeurs sans espoir de réponse. Et parfois il lui répondait et aussitôt son cœur se mettait à battre aussi fort que s'il s'était trouvé blotti dans ses bras. Armand avait déjà hâte de rentrer, de quitter ce pays où le réseau téléphonique avait été volontairement éliminé, et où des kilomètres l'éloignait des bras de son petit ami. Cette pensée lui arracha un petit sourire mignon. Il avait un petit ami.

Mais ce n'était pas le moment de s'adoucir avec de tendres pensées, il avait une sorcière impie à occire et ça n'allait pas être de la tarte. S'il voulait rentrer chez lui au plus vite et retrouver son train train quotidien, il allait devoir être organisé. Mais heureusement c'était une qualité qu'Armand possédait en abondance. Le calcul, et la patience. Les deux ingrédients principaux de la vendetta parfaite. C'était un art que son oncle ne lui avait pourtant jamais enseigné, sans doute parce qu'il l'en pensait parfaitement incapable. A sa décharge cela était sûrement vrai lorsqu'il n'avait que vingt ans. Aujourd'hui sans doute serait il agréablement surpris de voir avec quel zèle l'élève cherchait à imiter le maître. Ces dix années d'isolement dans un autre pays l'avaient obligé à ne compter que sur lui même, et fatalement il en était ressorti grandi. Grandi et puissant. Les livres étaient tout ce qui le rattachaient à son ancienne vie romaine, et plus que jamais il s'était totalement abandonnée à l'étude de la magie. De même qu'il s'était ouvert aux gens, se créant lui même son propre réseaux de connaissance au lieu de compter sans arrêt sur celui de son oncle. Sans doute Votelli aurait été fier de le retrouver si changé, et plus fier encore s'il clôturait avec dignité le chapitre Babylone comme il s'apprêtait à le faire.

La locomotive noire s'arrêta en gare de Boston, et Armand se leva pour récupérer sa valise sur le porte bagage. Le lourd tissus de sa cape coulait sur sa carrure, ce qui pour une fois ne dénotait pas avec les autres personnes présentes dans le wagon. Les températures étaient tombées avec la nuit, et les silhouettes encapées des sorciers se frayaient un chemin sur le quai, transies par le froid. Une bourrasque de vent fila le long du quai, agitant les capes et obligeant l'exorciste à retenir son chapeau de feutre noir. Le destin lui avait tout de même joué un drôle de tour en l'entraînant aussi loin de tout ce qu'il avait un jour aimé.

Il prit un bus et marcha longtemps, jusqu'à rejoindre son hôtel en centre ville. C'était un petit établissement modeste, géré par une petite grand mère qui attendait son heure derrière son comptoir. Armand avait toujours préféré le calme et l'intimité d'un endroit simple, mais vivre pendant quelques jours la grande vie avec Ethan lui avait rappelé à quel point les endroits populaires étaient souvent bien éloignés de ce que lui entendait par « calme » et « intime ». Au fond peut être n'était il pas si différent de son ami, et jouer à l'ermite démuni n'était qu'un genre qu'il se donnait pour déculpabiliser. Décidément, son voyage à New York l'avait fait beaucoup réfléchir, et cela n'était que le point le anodin de tout ce qui s'y était dit.

Une fois dans sa chambre, il ferma le verrou et prit son temps pour défaire sa valise. Puis il enleva son gant et prit une des craies bleues qu'il avait dans en permanence dans une petite poche à sa ceinture. Il chassa du pied la descente de lit, et commença à tracer de séries de cercles concentriques et de symboles sur le parquet. Ses lèvres bougeaient légèrement, laissant à peine passer des sons. C'était des syllabes rescapées de langages oubliés, des mots aussi anciens que la magie elle même. Il traça une série de caractères hébreux dans le cercle intérieur, et aussitôt l'air autour de lui sembla prendre une étrange lourdeur. Il venait de signer son sceau, nommant distinctement la créature qu'il voulait appeler à lui. Les noms avaient un pouvoir sur les choses, et celui qui savait manier les mots pouvait entraîner son ennemi dans les ténèbres dès lors qu'il connaissait son véritable nom.

Le kabbaliste se recula de quelques pas et clôtura son invocation. La pièce était devenue un espace où le temps était soumis à d'autres lois, et où la trame des mondes se courbait pour se soumettre à sa volonté. Une figure sombre émergea du cercle, comme s'extrayant avec difficulté d'une boue incroyablement visqueuse. Elle poussait des râles désagréables. Il était toujours douloureux d'être arraché à son monde, mais Armand ne laissa pas paraître une once d'empathie pour la créature. S'il avait convoqué son serviteur, c'est que la situation le demandait.

Une forme brune se matérialisa dans notre réalité. C'était une créature naine et aveugle, à la peau tannée et à la silhouette à la fois chétive et musculeuse. Une goule ouvrière dont la vie ne se résumait qu'à creuser et chercher, inlassablement. Son regard vide et aveugle fuyait la lumière ténue de la lampe à pétrole. Elle était déboussolée et terrifiée, arraché à le chaleur moite et familière des souterrains de son monde. Le sorcier s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur. Puis il retira le gant de sa main gauche, à côté de la chevalière d'argent qui alourdissait son majeur, se trouvait un autre anneau, fin et délicat. Il le retira et le présenta à la créature en l'agitant devant elle. Immédiatement il réussi à obtenir son attention. Ses yeux aveugles aux reflets morts ne quittait plus l'anneau. Il était sans doute la seule chose familière à laquelle se raccrocher dans ce monde inconnu. Et pour cause, il était sans doute ce qu'elle désirait le plus au monde, un métal légendaire provenant du confins de l'univers, extrait par ses semblables dans une mine au filon aujourd'hui tari.

Rappelle toi mon amour, rappelle toi de ces anneaux jumeaux qui ont été façonnés dans un métal inconnu de ce monde, et dont le nom ne peut pas se traduire. Rappelle toi d'un amoureux transi qui s'est rendu en rêve aux confins de Zakaï, au delà des bosquets sombres des forêts brumeuses de Kaelid, au cœur des montagnes endormies. Et qui a vu sur les flancs escarpés vivre des êtres rampants, creusant inlassablement les profondeurs de la terre à la recherche du minerai rare. Rappelle toi de la trahison qui a asséché mon cœur. Rappelle toi que tout ce qui a été donné peut être un un jour repris.


« Trouve son jumeau, et conduit moi à son porteur. »



La nuit mystérieuse avait laissée place à un matin lumineux. Le soleil pâle d'hiver était retenu dans un ciel pâle et blanc, et la neige s'était tombée en faible couche sur la ville. L'exorciste observait d'un œil suspicieux la maison que les forces occultes lui avaient désignées. Une maison de ville comme toutes celles de la rue, au parement de briques et au joli avant toit vitré. Méditatif, il traça à la craie un signe géométrique discret sur le linteau de la porte, et enfin se décida à sonner. Canaliser son souffle lui demandait un véritable effort. Sa poitrine soulevait sa lourde croix d'argent dans un rythme chaotique. Jamais de sa vie il n'avait été aussi anxieux et terrifié. Elle ne pouvait être qu'ici, Tyler l'avait trahi en lui affirmant qu'elle vivait à Boston. Et l'anneau, le Ghuleh ne pouvait pas mentir, ce concept lui était inconnu. Il n'y avait en lui que la soumission de son espèce et l'appât du gain. Mais après tout elle avait très bien pu vendre l'anneau ? Dans ce cas là et bien il n'aurait qu'à souhaiter le bonjour à une inconnue et à reprendre ses recherches à zéro. Une déception autant qu'un soulagement, la terrible échéance n'en serait que remise à plus tard.

Reculant d'un pas, il ajusta son chapeau. Son allure était sculpturale dans la lumière pâle du matin, une silhouette noire couverte jusqu'à la gorge de velours aussi sombre que l'encre. Un visiteur inattendu, annonciateur de mauvaises nouvelles. Du bruit se fit entendre derrière le battant, et il déglutit, en dix ans le temps avait probablement fané son visage. Lui s'était embelli avec la maturité, mais pour une femme le temps était incroyablement cruel. La porte s'ouvrit, et un peu décontenancé il demanda :


« Bonjour. Est ce que mademoiselle Anaria vit elle ici ? »
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ϟ Métier : Elève à Salem ϟ Âge : 10 ans ϟ Race et sang : Sang-mêlé ϟ Statut civil : Célibataire

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   12.09.18 22:02


The end of the world
Mummy, Dad & me


Allongé sur un confortable matelas pour chaise longue, posé à même le sol sur le plancher, situé dans la véranda couverte, à proximité du sapin de Noël qui malgré les éclatantes décorations dont il était toujours orné, commençait à faire grise mine et à semer ses nombreuses épines sur le sol, Emrys était plongé dans la lecture de l'un de ses comics préféré. S'il y avait beaucoup de choses auxquels Emrys n'avait malheureusement plus accès pour son plus grand regret depuis qu'il vivait à Boston avec sa mère, il en découvrait de nouvelles, tout était une histoire d’équilibre. Ainsi, certains comics n'étaient ni publié ni vendu hors des territoires fondateurs, telles que les aventures de ce groupe de copains, qui combattaient le mal grâce à leur amitié, leur ingéniosité, et leur pouvoir magique. Ce n’était pas le seul titre qu’il avait découvert à Boston, en réalité, il en existait autant de variété que ce que l’on pouvait trouver au Canada, il y en avait pour tous les gouts et si Emrys avait pu en découvrir un large panel grâce à Elisabeth tout d’abord qui avait gardé tous les livres de ses fils lorsqu’ils étaient enfants, mais aussi grâce à ses camarades de classe, très peu de titre étaient parvenus à trouver grâce à ses yeux, l’enfant jugeant la plupart de ces histoires beaucoup trop manichéennes et simplistes à son goût. Il n’y avait absolument rien de palpitant à lire des histoires où seuls les sorciers étaient des gentils qui combattaient le mal et l'oppression représenté par les moldus, quoi de plus surprenant dans ces Etats où les moldus étaient diabolisés. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de la propagande destiné à leur attention. Les comics n’étaient pas les seuls visés, l’Histoire elle-même, avec un grand H connaissaient des variantes mais Emrys avait adoré découvrir durant ses cours d’histoire de la magie, des pans entiers de la bataille de Boston dont il n’avait jamais entendu parler avant d’ouvrir ses livres. Le fait d’avoir grandi dans un tout autre environnement que celui de Boston et d’avoir une famille très ouverte et en particulier un oncle extra et la meilleure des mères lui avait permis de comprendre que le sujet était beaucoup plus complexe qu’il en avait l’air. Il était d'ailleurs persuadé que s'il se rendait en territoire inquisiteurs, il trouverait le même genre d'ouvrages mais du point de vu des Inquisiteurs, mettant à l'honneur les moldus et diabolisant les sorciers...

Sans quitter son comics du regard, il attrapa sa tasse de thé encore bien chaude, d'où émanait une délicieuse odeur de fruits des bois. Cette histoire était décidément passionnante et Emrys n’arrivait vraiment pas à en décrocher le regard dès lors qu’il s’y plongeait. Le monde pouvait bien s’écrouler autour de lui qu’il ne remarquerait absolument rien. Allongé à ses côtés, Nostradamus faisait la sieste, laissant son jeune maître devenir le héros le temps d’une lecture, de ces histoires qu’il dévorait ... Camille aussi faisait des bd ! Il n'avait encore jamais eu l'occasion de les voir mais il espérait bien que ça se fasse prochainement car il brulait de curiosité. Peut-être aurait-il se plaisir le jour où il irait chez lui...
Buvant une nouvelle gorgée de son thé bien chaud, il oublia Camille quelques instant, et se laissa totalement embarquer par le récit et la dynamique de ces images animés qui s’agitaient sous ses yeux, et ce, jusqu’à la dernière page. C'était sa mère qui lui avait offert cet album réunissant tout l’intégrale de ces copains sorciers unis contre le mal, pour son anniversaire avec en prime un dessin dédicacé de l’auteur venu exprès pour la sortie de cette nouvelle édition chez Books & tea. Une édition collector sorti pour fêter les 10 ans de la saga. Dire que ces héros étaient nés la même année que lui… Emrys l’avait déjà lu à plusieurs reprises depuis qu’il l’avait reçu, pourtant il ne s'en lassait pas et il le redécouvrait à chaque fois avec le plaisir similaire. Il fallait dire que dans sa classe on ne parlait que des aventures de ces sorciers toujours à la mode surtout avec les 10 ans de la saga. Il y avait tellement de personnages hauts en couleur que tous s’y retrouvait forcément. Chacun avait son personnage préféré, même les méchants avaient leurs fans car ils ne se contentaient pas d'être fades, convenus et sans saveurs, ils avaient une véritable personnalité, une véritable profondeur.
Reposant son livre une fois la dernière page terminé, il observa la couverture avant de se lever de son matelas et de s’étirer aussi loin qu’il pu. Intrigué par l’étrange comportement de son jeune maître, Nostradamus ouvrit un oeil puis un second avant que les trois têtes ne quittent le sol et le suivent du regard avec un intérêt évident. Debout sur ses pattes, le chien trottina à ses côtés, la langue pendante, prêt à jouer avec lui avant de s’arrêter subitement, juste à temps pour éviter de se cogner les têtes dans ses jambes, à l’entrée du salon d'où une délicieuse odeur de marron grillé et de cannelle embaumait l'air.

Assise dans la pièce, plongée dans la lecture d’un livre qui semblait la captiver, à en juger par sa manière d’enrouler inlassablement une de ses longues mèches autour de son doigt, sa mère surveillait sans en avoir l’air les marrons qu’elle faisait griller dans l’âtre de la cheminé

-Maman, la compote est prête ?


Non pas qu’il n’avait pas assez mangé mais maintenant que cette délicieuse odeur lui chatouillait les narines, il fallait bien reconnaitre que la faim s’était réveillé et se faisait à présent douloureusement sentir. Se dirigeant vers la cuisine, il trouva bien vite son bonheur et revint avec deux raviers et deux cuillères avant d’en tendre un à sa mère

- Dis maman,
fit-il en s’asseyant près d’elle. Je pourrais dormir chez Camille un samedi ?

Il n’avait pas encore parlé de son projet à son ami car il ne connaissait que trop ce dernier, et préférait de loin une terrible déception si jamais sa mère venait à lui refuser ce plaisir même s’il ne voyait pas du tout pour quelle raison elle lui interdirait de dormir chez un copain. Il avait très envie de découvrir le fameux manoir des vampires où vivait Camille. Il n'avait jamais mis les pieds dans une telle demeure et mourrait d'envie de découvrir de ses propres yeux à quoi cela pouvait bien ressembler, le domaine bien sur mais pas seulement, il était très curieux de voir à quoi pouvait bien ressembler les vampires dépravés comme disait son copain, mais surtout il voulait voir tous les trésors que Camille avait accumulé au cours de ces derniers siècles mais plus que tout il voulait avoir l'immense honneur de lire ses bd.
Si Emrys était parvenu à faire lever le nez de son livre à sa mère quelqu’un l’empêcha de répondre car une personne se manifesta à la porte d'entrée et bien sûr c’était à lui d’ouvrir. Trainant des pieds, car vu l'heure ce n'était certainement pas pour lui, il se rendit vers la porte d’entrée en soupirant et sans se presser. Qui venait les déranger alors qu’il était entrain de lui parler d’un truc hyper important ? Ouvrant la porte de mauvaise grâce, prêt à la refermer aussi sec au nez et à la barbe du colporteur, ses ronchonneries furent interrompus dès lors qu'il se retrouva face à un étrange personnage... qui n'avait absolument rien à voir avec ces sorciers qui faisaient du porte à porte pour vous vendre des objets magiques qui à les en écouter, étaient absolument indispensable pour le confort de tout sorciers. Sa mère raffolait de ce genre de truc un peu bizarre qu’ils vendaient et elle était loin d'être la seule. Avec Elisabeth, elles pouvaient parler de ces trucs sans intérêts pendant des heures, mais cet homme-là, avec son air sinistre n'avait absolument rien à vendre. Avec ses habits noirs et son air grave, le sorcier qui se tenait devant lui avait quelque chose d’inquiétant. Une impression qui disparu dès lors que l'homme troqua son air grave et inquiétant pour laisser place à une terrible stupeur dès l'instant où ses yeux se posèrent sur lui. De toute évidence, il connaissait sa mère mais il n’était encore jamais venu ici puisqu’il n’était pas sur de l’adresse.

- Un instant, fit-il en refermant prudemment la porte tout en tournant son visage vers l'intérieur de la maison. Maman, c’est pour toi ! Cria-t-il pour être sur qu'elle l'entende avant de se tourner à nouveau vers son visiteur. C’est de la part de qui ?
Si l'homme lui répondit, Emrys n'entendit rien car Nosferatus venait de les rejoindre en aboyant. Le jeune garçon le rattrapa à temps par le collier pour qu'il ne saute pas sur leur visiteur, après tout, tout le monde n'était pas à l'aise avec son chien, même s'il n'en comprenait pas la raison, après tout, on ne faisait pas plus adorable que Nosferatus



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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie de Salem ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire



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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   15.09.18 21:05


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


Au dehors, la neige fraiche recouvrait tout, les pavés de la rue, les allées, les toits des maisons de Boston, même les branches nues des arbres. Un corbeau marchait dans le jardin sans doute à la recherche de quelque chose à manger, laissant derrière lui des traces régulières. La brume qui siégeait au matin dans la ville était partie, mais sans pour autant être remplacée par le soleil. Les nuages étaient toujours là, présents dans le ciel comme un plafond uniforme. C’était encore un temps à neige, si lumineux qu’il en était presque aveuglant. Il devait faire pas loin de zéro, tout était calme, comme endormi par le froid, emprisonné dans un carcan de glace. Malgré la lumière qui émanait du dehors, il faisait relativement sombre dans la petite maison d’Acorn street et un feu crépitait dans la cheminée en briques rouges. Les flammes, rouges, oranges et or, léchaient les l’écorce des rondins de bois qui noircissait en se tordant comme de douleurs. Des braises rougeoyantes irradiaient entre les cendres grises, brillant comme des rubis vivants. Il en sortait une fumée douce à l’odeur entêtante mais agréable, une odeur d’hiver à laquelle se mêlait celle des châtaignes qui grillaient dans un petit craquement régulier. On éprouvait une sensation de calme et de quiétude à se tenir ainsi près de ce feu, une chaleur qui venait aussi bien des flammes que de l’intérieur de soi-même.

Juste à côté de l’âtre, retournant régulièrement les châtaignes à l’aide d’une pince en métal, Anahia souriait. Elle était assise par terre sur un grand tapis aux poils épais qui couvrait le parquet du salon, le dos calé contre un vieux fauteuil un peu déglingué qui sentait le nagchampa et les plantes sèches. Autour d’elle s’entassaient des coussins brodés, et à ses pieds se trouvait un grand mug pocahantas vide.
Malgré la chaleur qui se dégageait du brasier, et le fait qu’elle n’avait jamais vraiment été sensible au froid, la jeune femme était enveloppée dans un immense plaid aux motifs géométriques harmonieux et aux couleurs vives. Bien que vieux et râpé, il était doux et incroyablement confortable, tout ce qu’on attendait d’un plaid somme toute.
Posé sur ses genoux était ouvert un petite livre ancien à la couverture rouge qui, à en croire le tampon présent en haut de page, appartenait à la réserve de la bibliothèque de l’école de Salem. Si la sorcière n’y avait presque jamais mis les pieds lorsqu’elle y était élève, elle y passait désormais beaucoup plus de temps, cherchant entre les pages des grimoires des secrets à découvrir. Depuis quelques temps, elle avait quelques difficultés à voir l’avenir, et plus particulièrement le sien. Elle savait que ce n’était qu’une passade, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, mais puisqu’elle n’avait encore jamais été trahit par ses pouvoirs innés, elle cherchait de nouvelles façons de lire, de nouvelles façons de voir. Mais les cartes, comme les étoiles, les feuilles de thé, et même les flammes ne lui transmettaient plus qu’un seul mot : Danger. C’était à la fois frustrant et inquiétant.
Elle savait pourtant quel était la signification de ce présage : sa vie était à un croisement d’où trop de chemins partaient. Si elle ne pouvait voir son avenir pour le moment, c’est parce qu’elle n’avait encore fait aucun choix pour l’orienter.
Cette perspective aurait du lui faire peur, mais aussi étrange que ça pouvait paraitre, Anahia était paisible, sereine, heureuse même, plus qu’elle ne l’avait encore jamais été jusque là dans sa vie. Ce quotidien qu’elle vivait depuis six mois avec son fils était au-delà de tous ses espoirs. Il semblait qu’ils avaient réussi à trouver un rythme, un équilibre qui leur convenait à tout les deux, même si elle le savait, le Canada manquait beaucoup à son enfant tout comme le reste de leur famille. Elle était pourtant heureuse de l’avoir ici, pour elle toute seule. C’était un peu égoïste, mais au fond d’elle elle savait l’avoir mérité, ce bonheur, quoi qu’on pouvait en dire. C’était son fils. Son fils. Le seul véritable amour de sa vie.

Quittant un instant la poêlée de châtaignes qui grillaient tranquillement, son regard retourna à sa lecture. Sur la page de parchemin brunie par le temps étaient tracés des cercles et des symboles complexes dont elle cherchait à comprendre les mécanismes. Le livre n’était pas en anglais, mais dans une langue vieille et ancienne, ce qui n’était pas plus mal lorsqu’on en connaissait le contenu.
S’emparant du tisonnier, la sorcière traça quelques symboles dans les cendres du foyer, sans compléter le motif, juste pour s’entrainer. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle continuait à faire ça. Après tout, peut être qu’il ne viendrait jamais en fin de compte, et peut être que c’était mieux comme ça.
Lorsque la jeune femme avait découvert la présence d’Armand Altaïr de ce côté si du Dôme, sa première réaction avait été la fuite. On ne pouvait pas lui en vouloir, c’était une vieille habitude, un réflexe vieux de dix ans, la suite directe à la signification même de la vision « danger » qui s’inscrivait dans les flammes. Encore aujourd’hui, elle ne savait pas très bien ce qui l’avait retenu de quitter le pays, ce qui l’avait aussi poussé à faire de Tyler Lennox un messager involontaire de leurs retrouvailles. Peut être s’était-elle alors bercée d’illusion, peut être est-ce qu’elle avait cru, l’espace d’un instant, qu’il aurait pu lui pardonner. Mais c’était un fait, il ne lui avait pas pardonné, sa veine tentative d’empoisonnement en était la preuve. Et elle ne pouvait pas le blâmer. Dans le fond, elle-même n’était pas sure de s’être jamais pardonnée de l’avoir abandonné cette nuit la à Venise. Elle avait eu ses raisons, et elle avait toujours assumé ce choix qu’elle avait alors fait, pourtant, il n’y avait pas eu un jour en dix ans où elle ne s’était pas demandé comme est ce que ça se serait passé s’il en avait été autrement, si elle était restée. Contrairement à ce qu’Armand semblait croire au travers de ses lettres, elle l’avait vraiment aimé, et même plus que de raison. Et même si elle ne ressentait plus ces sentiments pour lui aujourd’hui, il y avait toujours quelque chose qui la rattachait à lui, une affection qu’elle ne pouvait nier, à mi-chemin désormais entre le remord et un amour ancien et flétri.
Un sentiment bien différent que celui qui l’animait lorsqu’elle avait reçu ses dernières lettres, et encore bien différent que celui qu’elle avait éprouvé lorsqu’elle s’était retrouvée empoisonnée par ses soins. Cette action vicieuse et cette mentalité n’appartenaient pas au Armand de ses souvenirs, jamais il n’aurait pu faire ça à l’époque. Il avait du bien changer, et être chargé de haine pour tenter ainsi de la tuer, vilement et sournoisement, façon borgia subtil ou arsenic et vieilles dentelles. Qu’est ce qui avait bien pu se passer pour qu’il change à ce point ? La réponse était venue presque aussi vite que la question. C’était elle sans doute, et l’impact de ses actes qui était la raison de la perte de l’innocence de ce qui avait été une belle âme, une personne tendre qu’elle avait cruellement tué, d’une certaine façon.
Lorsqu’elle avait retrouvée ses forces, grâce aux bons soins du meilleur maître des potions qu’elle connaissait, elle en était venue à la conclusion qu’il lui fallait finir le travail qu’elle avait commencé, et que cet Armand d’aujourd’hui devait lui aussi mourir comme le Armand d’hier. Elle s’y était longuement préparée, et longuement, elle l’avait attendu dans les décombres grotesques du Boston moldu. Mais il n’était jamais venu. Assise sur un gros bloc de béton dont sortaient des barres de fer rouillées, elle avait serré contre elle ses longs bras, sa longue toge noire claquant dans un souffle de vent chaud. Mais le vent chaud d’aout avait disparu sous les feuilles de l’automne, et la neige hivernale après ça. Il ne viendrait peut être pas, oui c’était mieux comme ça. Bien mieux comme ça.

A quelques pas d’elle, le plancher craqua et une voix s’éleva dans la pièce. Relevant la tête de son livre, clignant des yeux comme si elle se réveillait, elle contempla quelques instants le visage d’Emrys avant de comprendre de quoi son fils parlait.


« Oui elle est prête, tu peux aller te servir si tu veux, mais fais attention, la casserole doit être encore chaude… » Sans rien ajouter d’autre, le jeune garçon sorti de la pièce en direction de la cuisine. C’était incroyable comme il avait changé ces derniers mois. Sa tête ronde d’enfant devenait de plus en plus celle d’un jeune ado, et qu’est ce qu’il grandissait vite ! A ce rythme, il lui faudrait bientôt faire rallonger ses robes de sorcier. Elle devait se faire à l’idée que son bébé n’était plus tant un bébé que ça, qu’il allait à l’école maintenant, qu’il faisait aussi son chemin. Un chemin pas toujours très dans les règles, à l’image de sa mère. Même si elle essayait d’être stricte avec lui, de l’encourager à être impliqué dans ses études et de ne pas passer son temps à faire des conneries comme elle avait pu le faire, il fallait bien avouer qu’elle n’avait finalement que peu de prise sur les choix qu’il faisait. Après tout, il fallait bien que jeunesse se fasse, mais elle espérait au fond d’elle qu’il ne lui reprocherait pas un jour d’avoir pourrit sa vie. Elle avait ses tords, mais elle essayait d’être une bonne mère, et chaque jour qui passait elle remerciait les esprits de l’avoir passé avec lui.

Poussant la voix pour être sure d’être entendue, elle finit par dire : « Et tiens pendant que tu y es j’en prendrais bien moi aussi mon chéri. » Oui, maintenant qu’elle y faisait attention, elle se rendait compte que l’odeur de pommes et de cannelle qui flottait dans l’air lui faisait monstrueusement envie. Refermant son livre et le posant sur le fauteuil juste derrière elle, la jeune femme resserra le plaid autour de ses épaules et récupéra le petit bol qu’Emrys lui tendait. La compote était encore fumante, et ils la mangèrent sans dire un mot, face au feu qui crépitait. Même si ce n’était clairement pas encore ça, Anahia avait fait beaucoup de progrès en cuisine, surtout grâce à la patience sans faille de son amie Elisabeth a qui elle avait demandé le secours. On était encore loin des recettes complexes, mais au moins c’était équilibré et assez bon pour ne pas tout jeter à chaque fois.
S’emparant du manche de la poêle, la jeune femme fit rouler les châtaignes sur la surface en fonte. Elles semblaient parfaitement cuites, mais il faudrait attendre encore un peu avant de les éplucher. Bien sur, elle aurait pu le faire par magie, mais ça enlevait tout son charme à la chose.

Alors que son regard était perdu dans les braises ardentes du feu, la voix de son fils s’éleva à nouveau, mais cette fois ci, elle écoutait alors qu’il lui faisait part de sa demande d’aller dormir chez son ami Camille. Elle savait que les deux garçons s’appréciaient vraiment, mais elle n’aimait pas les voir trainer ensemble, du moins pas sans surveillance. Le petit vampire pouvait être aussi attachant et adorable qu’il pouvait devenir dangereux et mauvais. La difficulté résidait dans le fait qu’on ne pouvait pas savoir à quel moment le changement se faisait. Depuis leur petite escapade nocturne qui avait bien failli très mal finir, la jeune mère rechignait à les laisser seul, et il était totalement inimaginable de laisser son beau et vivant garçon aux joues roses passer une nuit dan la demeure d’Andropov et des siens. Elle savait que si Regina était là il ne lui arriverait surement rien, mais un accident pouvait si vite arriver, et c’était un risque qu’elle ne souhaitait pas prendre. Mais peut être que si elle parvenait à se faire inviter pour le diner par sa vieille camarade de classe…

Au moment où elle s’apprêtait à donner une réponse à son fils, la sonnette de la porte d’entrée résonna, lui donnant une échappatoire toute trouvée. Intriguée mais trop bien emmitouflée pour sortir de son cocon, Anahia souleva la lourde poêle dont elle renversa le contenu dans un grand bol avant de la remettre à un crochet sur le côté de l’âtre.


« Tu vas ouvrir s’il te plait pumpkin ? C’est peut être le facteur… »

Frottant ses mains l’une contre l’autre pour en enlever une tache de suie, elle les glissa sous la couverture et ferma les yeux l’espace d’un instant. Une seconde, deux pas plus. Deux secondes pendant lesquelles elle se sentit encore bien et sereine. Si elle avait ouvert les yeux à ce moment là, peut être aurait-elle vu un message dans les flammes, peut être pas mais en tout cas, la seule chose à laquelle la sorcière pensait à cet instant là, c’était à la petite sieste qu’elle allait surement faire.
Cependant, le destin, ou les sadiques que nous sommes, à vous de choisir, en avait décidé autrement. Attiré à la porte par la voix d’Emrys qui l’appelait, Nostradamus, le corgi tricéphale, avait fini par sortir lui-même de l’état semi-léthargique dans lequel il était plongé depuis plusieurs heures et avait foncé comme un diable vers l’entrée de la maison, dans un écho d’aboiements assourdissants. Jurant, la jeune femme s’extirpa de son plaid qu’elle rejeta sur le fauteuil et se releva avant de quitter le salon.
La lumière du dehors était forte, bien plus que la semi obscurité de la pièce qu’elle venait de quitter, si bien que dans un premier temps, elle ne pu distinguer qui était sur le perron, hormis une silhouette noire.


« Emry fais taire ton chien où la voisine va encore appeler la brigade magique !! J’en ai marre de voir les flics débarquer chez moi tous les quatre matins pour ces conneries !! pardon je suis désolée, il est vraiment infernaaaooOH PUTAIN DE BORDEL DE MERDE. »

Les yeux écarquillés, il lui fallut mettre une main sur le chambranle de la porte pour ne pas tomber. Trop abasourdie pour faire quoi que ce soit, Anahia restait bloquée, figée comme si on venait de stopper le temps. Là, juste devant chez elle, il y avait cet homme, celui qu’elle avait autant cherché à fuir qu’elle l’avait attendu. Trop sous le choc, elle ne parvenait même pas à se demander comment il était arrivé, comment il avait fini par trouver cette maison simple où elle se cachait depuis des années. Non, une seule pensée la préoccupait, envahissait chaque cellule de son corps, chaque partie de son esprit : *Pas déjà, pas maintenant, laissez le moi, ne me le prend pas, c’est trop tôt… *
Des images d’un cauchemar vieux de dix ans s’imposaient à elle comme si elle venait de s’en réveiller, et la peur de perdre la seule chose qui comptait dans sa vie la saisit comme jamais elle ne l’avait saisit.


« C’est toi… » Murmura-t-elle comme pour elle-même.


Pourtant, aussi vite qu’elle était arrivée, la peur s’estompa, ou du moins elle se tu un instant, laissant à la sorcière la possibilité de retrouver le cours presque normal de ses pensées et un embryon de self control. Cet enfoiré biblique l’avait surprise alors qu’elle s’attendait à ne jamais le revoir, c’était son genre après tout : surprenant. Il ne fallait pas s’en étonner.
Posant une main sur l’épaule de son fils, elle finit par dire d’une voix douce mais d’une fermeté qu’on lui connaissait peu :


« Emrys, tu veux bien monter dans ta chambre s’il-te-plait ? Le monsieur est un vieil… ami de maman, nous avons pas mal de choses à nous dire. Prends ton chien avec toi… »

Le jeune garçon ne bougea pas. Il semblait avoir compris par sa réaction que quelque chose ne tournait pas rond. Pourtant, était-ce à cause de la pression de la main de sa mère sur son épaule, ou le regard rassurant qu’elle essaya de lui lancer, il finit par attraper Nostradamus par le collier et le guider vers l’escalier qui se trouvait juste derrière eux dans l’entrée.
Sans dire un mot, la jeune femme attendit. Enfin, un bruit de porte se fit entendre un peu plus haut.
Malgré cela, elle ne fit pas un mouvement, observant, l’homme en noir qui se trouvait en face d’elle.
Le temps l’avait plutôt gâté, il avait perdu ce visage juvénile qu’il avait encore dans la vingtaine et cet air naïf qui le caractérisait pour devenir enfin un homme, même si l’absence de barbe rendait son visage plus dur, renforçant la taille relativement importante de son nez.
Elle sentit son cœur manquer un battement lorsqu’elle vit ses yeux, ces deux yeux qui ne l’avaient pas regardé depuis dix ans, bleus et profonds comme ceux de leur fils. A l’époque de leur amour, il pouvait la regarder pendant des heures, et elle aimait ça, mais là, il lui était impossible de lire dans ce regard, trop d’informations s’y percutaient.


« Oui c’est vraiment toi… »

Pourquoi était-il venu ? Pour la tuer ? Cette idée l’effleura mais soudain elle se rendit compte que s’il avait vraiment voulu sa mort, ce serait déjà chose faite. Pourquoi était-il là alors ?

Peut être ne le savait-il pas lui-même, et c’était pour cela qu’il restait là, immobile comme un grand bonhomme de neige dans la neige immaculée de la rue déserte. Il y avait quelque chose de très harmonieux dans cette image, et à la fois un contraste un peu déroutant entre le blanc sur les pavés et cette tenue entièrement noire. Un contraste entre cette tenue entièrement noire et solennelle, et sa tenue à elle, chemise à carreaux trop grande, shorty de pyjama délavé, uggs vieilles comme le monde aux pieds. Mais après tout, elle était comme elle était, et il était trop tard pour faire autrement.
Cela faisait déjà plusieurs minutes qu’ils se regardaient, incapable de briser le silence, incapables de décider ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. C’était peut être le moment d’attraper sa baguette magique qui retenait son chignon, mais elle n’en fit rien, pas plus que lui fit le moindre mouvement. Ils étaient là, deux vieux amants que la haine avait rassemblé, mais pourtant, Anahia avait beau chercher au fond d’elle, elle ne ressentait aucune haine pour cet homme. Les choses allaient peut être se passer différemment en fin de compte, peut être aurait-elle encore un peu de temps avant que sa prémonition ne se réalise. Encore un peu de temps avec son fils.

Prenant une profonde inspiration, la jeune femme s’écarta légèrement afin de dégager l’entrée.


« Aller, entres…tu n’as pas fait tout ce chemin pour rester là à te geler les couilles… tu veux un café ? Ou peut être quelque chose de plus fort ? »



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