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 The end of the world - Anahia

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ϟ Métier : Prêtre ϟ Âge : 35 ans ϟ Race et sang : Sorcier ϟ Particularité : ϟ Statut civil : Célibataire devant l’Éternel, mais amoureux perpétuel



ϟ Messages : 1588 ϟ Date d'inscription : 02/03/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x semaine ϟ Célébrité : Arthur Davill ϟ Crédits : aucun

MessageSujet: The end of the world - Anahia   10.09.18 13:13


   

It ended when I lost your love




Se laissant bercer par le ballottement du train, Armand posa sa mâchoire sur son poignet et se laissa aller au sommeil. Il se rendait à Boston, enfin. Il avait de nombreuses fois remit ce voyage à plus tard et maintenant qu'il y allait pour de bon, il ne réalisait pas vraiment. C'était totalement irréel, autant que la perspective de revoir Anahia. Elle n'était plus qu'une ombre de son passé, un sale tâche sur sa réputation. Pourquoi est ce qu'il tenait tant à régler ses comptes alors que tant d'années étaient passées ? Justement, ce point le troublait profondément. D'un côté il avait peur de la revoir, et de l'autre il désirait ardemment lui faire payer tout le mal qu'elle lui avait causée. A cause d'elle il avait été humilié au delà des mots, il avait perdu la confiance de ses pairs et risqué d’entraîner sa loge entière dans sa disgrâce. Elle méritait de payer pour tout le tord qu'elle avait fait à leur société, pour leur avoir volé la Sainte Clave, pour lui avoir manqué de respect et bien sur pour lui avoir brisé le cœur.

Là dessus Armand était des plus confus. Il venait à peine de se ressaisir et en ce moment il nageait dans le bonheur. Thomas était adorable, et avec le temps il avait réussi à lui accorder une fragile confiance. Bref ce n'était pas le moment de retourner voir son ex, même si pour elle il ne ressentait plus que du dégoût et de la colère. Là dessus Thomas n'avait pas à s'inquiéter, elle n'avait rien qu'il lui manquait. Et le goût amère de la trahison suffisait à flétrir jusqu'au dernier souvenir heureux de leur histoire d'amour. Armand avait un caractère gentil, mais il n'était de ceux à qui l'on tourne le dos deux fois. Ce qu'elle lui avait fait était parfaitement impardonnable.

Glissant sa main dans la poche intérieure de sa cape, il sentit la masse lourde de son téléphone. A partir de maintenant il ne lui servait plus à rien. Et ce manque lui procurait une certaine angoisse. S'il pouvait seulement envoyer un message... Simplement dire à Thomas à quel point il lui manquait. Bien sur tout cela il lui avait dit avant de partir, mais le simple fait de ne plus pouvoir communiquer lui gonflait le cœur de tristesse. Il l'appelait rarement, parce qu'il avait très vite comprit que décrocher le téléphone était une épreuve terrible pour Thomas. Mais il aimait lui envoyer des messages tout au long de la journée, partager ses pensées et ses humeurs sans espoir de réponse. Et parfois il lui répondait et aussitôt son cœur se mettait à battre aussi fort que s'il s'était trouvé blotti dans ses bras. Armand avait déjà hâte de rentrer, de quitter ce pays où le réseau téléphonique avait été volontairement éliminé, et où des kilomètres l'éloignait des bras de son petit ami. Cette pensée lui arracha un petit sourire mignon. Il avait un petit ami.

Mais ce n'était pas le moment de s'adoucir avec de tendres pensées, il avait une sorcière impie à occire et ça n'allait pas être de la tarte. S'il voulait rentrer chez lui au plus vite et retrouver son train train quotidien, il allait devoir être organisé. Mais heureusement c'était une qualité qu'Armand possédait en abondance. Le calcul, et la patience. Les deux ingrédients principaux de la vendetta parfaite. C'était un art que son oncle ne lui avait pourtant jamais enseigné, sans doute parce qu'il l'en pensait parfaitement incapable. A sa décharge cela était sûrement vrai lorsqu'il n'avait que vingt ans. Aujourd'hui sans doute serait il agréablement surpris de voir avec quel zèle l'élève cherchait à imiter le maître. Ces dix années d'isolement dans un autre pays l'avaient obligé à ne compter que sur lui même, et fatalement il en était ressorti grandi. Grandi et puissant. Les livres étaient tout ce qui le rattachaient à son ancienne vie romaine, et plus que jamais il s'était totalement abandonnée à l'étude de la magie. De même qu'il s'était ouvert aux gens, se créant lui même son propre réseaux de connaissance au lieu de compter sans arrêt sur celui de son oncle. Sans doute Votelli aurait été fier de le retrouver si changé, et plus fier encore s'il clôturait avec dignité le chapitre Babylone comme il s'apprêtait à le faire.

La locomotive noire s'arrêta en gare de Boston, et Armand se leva pour récupérer sa valise sur le porte bagage. Le lourd tissus de sa cape coulait sur sa carrure, ce qui pour une fois ne dénotait pas avec les autres personnes présentes dans le wagon. Les températures étaient tombées avec la nuit, et les silhouettes encapées des sorciers se frayaient un chemin sur le quai, transies par le froid. Une bourrasque de vent fila le long du quai, agitant les capes et obligeant l'exorciste à retenir son chapeau de feutre noir. Le destin lui avait tout de même joué un drôle de tour en l'entraînant aussi loin de tout ce qu'il avait un jour aimé.

Il prit un bus et marcha longtemps, jusqu'à rejoindre son hôtel en centre ville. C'était un petit établissement modeste, géré par une petite grand mère qui attendait son heure derrière son comptoir. Armand avait toujours préféré le calme et l'intimité d'un endroit simple, mais vivre pendant quelques jours la grande vie avec Ethan lui avait rappelé à quel point les endroits populaires étaient souvent bien éloignés de ce que lui entendait par « calme » et « intime ». Au fond peut être n'était il pas si différent de son ami, et jouer à l'ermite démuni n'était qu'un genre qu'il se donnait pour déculpabiliser. Décidément, son voyage à New York l'avait fait beaucoup réfléchir, et cela n'était que le point le anodin de tout ce qui s'y était dit.

Une fois dans sa chambre, il ferma le verrou et prit son temps pour défaire sa valise. Puis il enleva son gant et prit une des craies bleues qu'il avait dans en permanence dans une petite poche à sa ceinture. Il chassa du pied la descente de lit, et commença à tracer de séries de cercles concentriques et de symboles sur le parquet. Ses lèvres bougeaient légèrement, laissant à peine passer des sons. C'était des syllabes rescapées de langages oubliés, des mots aussi anciens que la magie elle même. Il traça une série de caractères hébreux dans le cercle intérieur, et aussitôt l'air autour de lui sembla prendre une étrange lourdeur. Il venait de signer son sceau, nommant distinctement la créature qu'il voulait appeler à lui. Les noms avaient un pouvoir sur les choses, et celui qui savait manier les mots pouvait entraîner son ennemi dans les ténèbres dès lors qu'il connaissait son véritable nom.

Le kabbaliste se recula de quelques pas et clôtura son invocation. La pièce était devenue un espace où le temps était soumis à d'autres lois, et où la trame des mondes se courbait pour se soumettre à sa volonté. Une figure sombre émergea du cercle, comme s'extrayant avec difficulté d'une boue incroyablement visqueuse. Elle poussait des râles désagréables. Il était toujours douloureux d'être arraché à son monde, mais Armand ne laissa pas paraître une once d'empathie pour la créature. S'il avait convoqué son serviteur, c'est que la situation le demandait.

Une forme brune se matérialisa dans notre réalité. C'était une créature naine et aveugle, à la peau tannée et à la silhouette à la fois chétive et musculeuse. Une goule ouvrière dont la vie ne se résumait qu'à creuser et chercher, inlassablement. Son regard vide et aveugle fuyait la lumière ténue de la lampe à pétrole. Elle était déboussolée et terrifiée, arraché à le chaleur moite et familière des souterrains de son monde. Le sorcier s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur. Puis il retira le gant de sa main gauche, à côté de la chevalière d'argent qui alourdissait son majeur, se trouvait un autre anneau, fin et délicat. Il le retira et le présenta à la créature en l'agitant devant elle. Immédiatement il réussi à obtenir son attention. Ses yeux aveugles aux reflets morts ne quittait plus l'anneau. Il était sans doute la seule chose familière à laquelle se raccrocher dans ce monde inconnu. Et pour cause, il était sans doute ce qu'elle désirait le plus au monde, un métal légendaire provenant du confins de l'univers, extrait par ses semblables dans une mine au filon aujourd'hui tari.

Rappelle toi mon amour, rappelle toi de ces anneaux jumeaux qui ont été façonnés dans un métal inconnu de ce monde, et dont le nom ne peut pas se traduire. Rappelle toi d'un amoureux transi qui s'est rendu en rêve aux confins de Zakaï, au delà des bosquets sombres des forêts brumeuses de Kaelid, au cœur des montagnes endormies. Et qui a vu sur les flancs escarpés vivre des êtres rampants, creusant inlassablement les profondeurs de la terre à la recherche du minerai rare. Rappelle toi de la trahison qui a asséché mon cœur. Rappelle toi que tout ce qui a été donné peut être un un jour repris.


« Trouve son jumeau, et conduit moi à son porteur. »



La nuit mystérieuse avait laissée place à un matin lumineux. Le soleil pâle d'hiver était retenu dans un ciel pâle et blanc, et la neige s'était tombée en faible couche sur la ville. L'exorciste observait d'un œil suspicieux la maison que les forces occultes lui avaient désignées. Une maison de ville comme toutes celles de la rue, au parement de briques et au joli avant toit vitré. Méditatif, il traça à la craie un signe géométrique discret sur le linteau de la porte, et enfin se décida à sonner. Canaliser son souffle lui demandait un véritable effort. Sa poitrine soulevait sa lourde croix d'argent dans un rythme chaotique. Jamais de sa vie il n'avait été aussi anxieux et terrifié. Elle ne pouvait être qu'ici, Tyler l'avait trahi en lui affirmant qu'elle vivait à Boston. Et l'anneau, le Ghuleh ne pouvait pas mentir, ce concept lui était inconnu. Il n'y avait en lui que la soumission de son espèce et l'appât du gain. Mais après tout elle avait très bien pu vendre l'anneau ? Dans ce cas là et bien il n'aurait qu'à souhaiter le bonjour à une inconnue et à reprendre ses recherches à zéro. Une déception autant qu'un soulagement, la terrible échéance n'en serait que remise à plus tard.

Reculant d'un pas, il ajusta son chapeau. Son allure était sculpturale dans la lumière pâle du matin, une silhouette noire couverte jusqu'à la gorge de velours aussi sombre que l'encre. Un visiteur inattendu, annonciateur de mauvaises nouvelles. Du bruit se fit entendre derrière le battant, et il déglutit, en dix ans le temps avait probablement fané son visage. Lui s'était embelli avec la maturité, mais pour une femme le temps était incroyablement cruel. La porte s'ouvrit, et un peu décontenancé il demanda :


« Bonjour. Est ce que mademoiselle Anaria vit elle ici ? »
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ϟ Métier : Elève à Salem ϟ Âge : 10 ans ϟ Race et sang : Sang-mêlé ϟ Statut civil : Célibataire

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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   12.09.18 22:02


The end of the world
Mummy, Dad & me


Allongé sur un confortable matelas pour chaise longue, posé à même le sol sur le plancher, situé dans la véranda couverte, à proximité du sapin de Noël qui malgré les éclatantes décorations dont il était toujours orné, commençait à faire grise mine et à semer ses nombreuses épines sur le sol, Emrys était plongé dans la lecture de l'un de ses comics préféré. S'il y avait beaucoup de choses auxquels Emrys n'avait malheureusement plus accès pour son plus grand regret depuis qu'il vivait à Boston avec sa mère, il en découvrait de nouvelles, tout était une histoire d’équilibre. Ainsi, certains comics n'étaient ni publié ni vendu hors des territoires fondateurs, telles que les aventures de ce groupe de copains, qui combattaient le mal grâce à leur amitié, leur ingéniosité, et leur pouvoir magique. Ce n’était pas le seul titre qu’il avait découvert à Boston, en réalité, il en existait autant de variété que ce que l’on pouvait trouver au Canada, il y en avait pour tous les gouts et si Emrys avait pu en découvrir un large panel grâce à Elisabeth tout d’abord qui avait gardé tous les livres de ses fils lorsqu’ils étaient enfants, mais aussi grâce à ses camarades de classe, très peu de titre étaient parvenus à trouver grâce à ses yeux, l’enfant jugeant la plupart de ces histoires beaucoup trop manichéennes et simplistes à son goût. Il n’y avait absolument rien de palpitant à lire des histoires où seuls les sorciers étaient des gentils qui combattaient le mal et l'oppression représenté par les moldus, quoi de plus surprenant dans ces Etats où les moldus étaient diabolisés. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de la propagande destiné à leur attention. Les comics n’étaient pas les seuls visés, l’Histoire elle-même, avec un grand H connaissaient des variantes mais Emrys avait adoré découvrir durant ses cours d’histoire de la magie, des pans entiers de la bataille de Boston dont il n’avait jamais entendu parler avant d’ouvrir ses livres. Le fait d’avoir grandi dans un tout autre environnement que celui de Boston et d’avoir une famille très ouverte et en particulier un oncle extra et la meilleure des mères lui avait permis de comprendre que le sujet était beaucoup plus complexe qu’il en avait l’air. Il était d'ailleurs persuadé que s'il se rendait en territoire inquisiteurs, il trouverait le même genre d'ouvrages mais du point de vu des Inquisiteurs, mettant à l'honneur les moldus et diabolisant les sorciers...

Sans quitter son comics du regard, il attrapa sa tasse de thé encore bien chaude, d'où émanait une délicieuse odeur de fruits des bois. Cette histoire était décidément passionnante et Emrys n’arrivait vraiment pas à en décrocher le regard dès lors qu’il s’y plongeait. Le monde pouvait bien s’écrouler autour de lui qu’il ne remarquerait absolument rien. Allongé à ses côtés, Nostradamus faisait la sieste, laissant son jeune maître devenir le héros le temps d’une lecture, de ces histoires qu’il dévorait ... Camille aussi faisait des bd ! Il n'avait encore jamais eu l'occasion de les voir mais il espérait bien que ça se fasse prochainement car il brulait de curiosité. Peut-être aurait-il se plaisir le jour où il irait chez lui...
Buvant une nouvelle gorgée de son thé bien chaud, il oublia Camille quelques instant, et se laissa totalement embarquer par le récit et la dynamique de ces images animés qui s’agitaient sous ses yeux, et ce, jusqu’à la dernière page. C'était sa mère qui lui avait offert cet album réunissant tout l’intégrale de ces copains sorciers unis contre le mal, pour son anniversaire avec en prime un dessin dédicacé de l’auteur venu exprès pour la sortie de cette nouvelle édition chez Books & tea. Une édition collector sorti pour fêter les 10 ans de la saga. Dire que ces héros étaient nés la même année que lui… Emrys l’avait déjà lu à plusieurs reprises depuis qu’il l’avait reçu, pourtant il ne s'en lassait pas et il le redécouvrait à chaque fois avec le plaisir similaire. Il fallait dire que dans sa classe on ne parlait que des aventures de ces sorciers toujours à la mode surtout avec les 10 ans de la saga. Il y avait tellement de personnages hauts en couleur que tous s’y retrouvait forcément. Chacun avait son personnage préféré, même les méchants avaient leurs fans car ils ne se contentaient pas d'être fades, convenus et sans saveurs, ils avaient une véritable personnalité, une véritable profondeur.
Reposant son livre une fois la dernière page terminé, il observa la couverture avant de se lever de son matelas et de s’étirer aussi loin qu’il pu. Intrigué par l’étrange comportement de son jeune maître, Nostradamus ouvrit un oeil puis un second avant que les trois têtes ne quittent le sol et le suivent du regard avec un intérêt évident. Debout sur ses pattes, le chien trottina à ses côtés, la langue pendante, prêt à jouer avec lui avant de s’arrêter subitement, juste à temps pour éviter de se cogner les têtes dans ses jambes, à l’entrée du salon d'où une délicieuse odeur de marron grillé et de cannelle embaumait l'air.

Assise dans la pièce, plongée dans la lecture d’un livre qui semblait la captiver, à en juger par sa manière d’enrouler inlassablement une de ses longues mèches autour de son doigt, sa mère surveillait sans en avoir l’air les marrons qu’elle faisait griller dans l’âtre de la cheminé

-Maman, la compote est prête ?


Non pas qu’il n’avait pas assez mangé mais maintenant que cette délicieuse odeur lui chatouillait les narines, il fallait bien reconnaitre que la faim s’était réveillé et se faisait à présent douloureusement sentir. Se dirigeant vers la cuisine, il trouva bien vite son bonheur et revint avec deux raviers et deux cuillères avant d’en tendre un à sa mère

- Dis maman,
fit-il en s’asseyant près d’elle. Je pourrais dormir chez Camille un samedi ?

Il n’avait pas encore parlé de son projet à son ami car il ne connaissait que trop ce dernier, et préférait de loin une terrible déception si jamais sa mère venait à lui refuser ce plaisir même s’il ne voyait pas du tout pour quelle raison elle lui interdirait de dormir chez un copain. Il avait très envie de découvrir le fameux manoir des vampires où vivait Camille. Il n'avait jamais mis les pieds dans une telle demeure et mourrait d'envie de découvrir de ses propres yeux à quoi cela pouvait bien ressembler, le domaine bien sur mais pas seulement, il était très curieux de voir à quoi pouvait bien ressembler les vampires dépravés comme disait son copain, mais surtout il voulait voir tous les trésors que Camille avait accumulé au cours de ces derniers siècles mais plus que tout il voulait avoir l'immense honneur de lire ses bd.
Si Emrys était parvenu à faire lever le nez de son livre à sa mère quelqu’un l’empêcha de répondre car une personne se manifesta à la porte d'entrée et bien sûr c’était à lui d’ouvrir. Trainant des pieds, car vu l'heure ce n'était certainement pas pour lui, il se rendit vers la porte d’entrée en soupirant et sans se presser. Qui venait les déranger alors qu’il était entrain de lui parler d’un truc hyper important ? Ouvrant la porte de mauvaise grâce, prêt à la refermer aussi sec au nez et à la barbe du colporteur, ses ronchonneries furent interrompus dès lors qu'il se retrouva face à un étrange personnage... qui n'avait absolument rien à voir avec ces sorciers qui faisaient du porte à porte pour vous vendre des objets magiques qui à les en écouter, étaient absolument indispensable pour le confort de tout sorciers. Sa mère raffolait de ce genre de truc un peu bizarre qu’ils vendaient et elle était loin d'être la seule. Avec Elisabeth, elles pouvaient parler de ces trucs sans intérêts pendant des heures, mais cet homme-là, avec son air sinistre n'avait absolument rien à vendre. Avec ses habits noirs et son air grave, le sorcier qui se tenait devant lui avait quelque chose d’inquiétant. Une impression qui disparu dès lors que l'homme troqua son air grave et inquiétant pour laisser place à une terrible stupeur dès l'instant où ses yeux se posèrent sur lui. De toute évidence, il connaissait sa mère mais il n’était encore jamais venu ici puisqu’il n’était pas sur de l’adresse.

- Un instant, fit-il en refermant prudemment la porte tout en tournant son visage vers l'intérieur de la maison. Maman, c’est pour toi ! Cria-t-il pour être sur qu'elle l'entende avant de se tourner à nouveau vers son visiteur. C’est de la part de qui ?
Si l'homme lui répondit, Emrys n'entendit rien car Nosferatus venait de les rejoindre en aboyant. Le jeune garçon le rattrapa à temps par le collier pour qu'il ne saute pas sur leur visiteur, après tout, tout le monde n'était pas à l'aise avec son chien, même s'il n'en comprenait pas la raison, après tout, on ne faisait pas plus adorable que Nosferatus



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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie de Salem ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire



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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   15.09.18 21:05


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


Au dehors, la neige fraiche recouvrait tout, les pavés de la rue, les allées, les toits des maisons de Boston, même les branches nues des arbres. Un corbeau marchait dans le jardin sans doute à la recherche de quelque chose à manger, laissant derrière lui des traces régulières. La brume qui siégeait au matin dans la ville était partie, mais sans pour autant être remplacée par le soleil. Les nuages étaient toujours là, présents dans le ciel comme un plafond uniforme. C’était encore un temps à neige, si lumineux qu’il en était presque aveuglant. Il devait faire pas loin de zéro, tout était calme, comme endormi par le froid, emprisonné dans un carcan de glace. Malgré la lumière qui émanait du dehors, il faisait relativement sombre dans la petite maison d’Acorn street et un feu crépitait dans la cheminée en briques rouges. Les flammes, rouges, oranges et or, léchaient les l’écorce des rondins de bois qui noircissait en se tordant comme de douleurs. Des braises rougeoyantes irradiaient entre les cendres grises, brillant comme des rubis vivants. Il en sortait une fumée douce à l’odeur entêtante mais agréable, une odeur d’hiver à laquelle se mêlait celle des châtaignes qui grillaient dans un petit craquement régulier. On éprouvait une sensation de calme et de quiétude à se tenir ainsi près de ce feu, une chaleur qui venait aussi bien des flammes que de l’intérieur de soi-même.

Juste à côté de l’âtre, retournant régulièrement les châtaignes à l’aide d’une pince en métal, Anahia souriait. Elle était assise par terre sur un grand tapis aux poils épais qui couvrait le parquet du salon, le dos calé contre un vieux fauteuil un peu déglingué qui sentait le nagchampa et les plantes sèches. Autour d’elle s’entassaient des coussins brodés, et à ses pieds se trouvait un grand mug pocahantas vide.
Malgré la chaleur qui se dégageait du brasier, et le fait qu’elle n’avait jamais vraiment été sensible au froid, la jeune femme était enveloppée dans un immense plaid aux motifs géométriques harmonieux et aux couleurs vives. Bien que vieux et râpé, il était doux et incroyablement confortable, tout ce qu’on attendait d’un plaid somme toute.
Posé sur ses genoux était ouvert un petite livre ancien à la couverture rouge qui, à en croire le tampon présent en haut de page, appartenait à la réserve de la bibliothèque de l’école de Salem. Si la sorcière n’y avait presque jamais mis les pieds lorsqu’elle y était élève, elle y passait désormais beaucoup plus de temps, cherchant entre les pages des grimoires des secrets à découvrir. Depuis quelques temps, elle avait quelques difficultés à voir l’avenir, et plus particulièrement le sien. Elle savait que ce n’était qu’une passade, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, mais puisqu’elle n’avait encore jamais été trahit par ses pouvoirs innés, elle cherchait de nouvelles façons de lire, de nouvelles façons de voir. Mais les cartes, comme les étoiles, les feuilles de thé, et même les flammes ne lui transmettaient plus qu’un seul mot : Danger. C’était à la fois frustrant et inquiétant.
Elle savait pourtant quel était la signification de ce présage : sa vie était à un croisement d’où trop de chemins partaient. Si elle ne pouvait voir son avenir pour le moment, c’est parce qu’elle n’avait encore fait aucun choix pour l’orienter.
Cette perspective aurait du lui faire peur, mais aussi étrange que ça pouvait paraitre, Anahia était paisible, sereine, heureuse même, plus qu’elle ne l’avait encore jamais été jusque là dans sa vie. Ce quotidien qu’elle vivait depuis six mois avec son fils était au-delà de tous ses espoirs. Il semblait qu’ils avaient réussi à trouver un rythme, un équilibre qui leur convenait à tout les deux, même si elle le savait, le Canada manquait beaucoup à son enfant tout comme le reste de leur famille. Elle était pourtant heureuse de l’avoir ici, pour elle toute seule. C’était un peu égoïste, mais au fond d’elle elle savait l’avoir mérité, ce bonheur, quoi qu’on pouvait en dire. C’était son fils. Son fils. Le seul véritable amour de sa vie.

Quittant un instant la poêlée de châtaignes qui grillaient tranquillement, son regard retourna à sa lecture. Sur la page de parchemin brunie par le temps étaient tracés des cercles et des symboles complexes dont elle cherchait à comprendre les mécanismes. Le livre n’était pas en anglais, mais dans une langue vieille et ancienne, ce qui n’était pas plus mal lorsqu’on en connaissait le contenu.
S’emparant du tisonnier, la sorcière traça quelques symboles dans les cendres du foyer, sans compléter le motif, juste pour s’entrainer. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle continuait à faire ça. Après tout, peut être qu’il ne viendrait jamais en fin de compte, et peut être que c’était mieux comme ça.
Lorsque la jeune femme avait découvert la présence d’Armand Altaïr de ce côté si du Dôme, sa première réaction avait été la fuite. On ne pouvait pas lui en vouloir, c’était une vieille habitude, un réflexe vieux de dix ans, la suite directe à la signification même de la vision « danger » qui s’inscrivait dans les flammes. Encore aujourd’hui, elle ne savait pas très bien ce qui l’avait retenu de quitter le pays, ce qui l’avait aussi poussé à faire de Tyler Lennox un messager involontaire de leurs retrouvailles. Peut être s’était-elle alors bercée d’illusion, peut être est-ce qu’elle avait cru, l’espace d’un instant, qu’il aurait pu lui pardonner. Mais c’était un fait, il ne lui avait pas pardonné, sa veine tentative d’empoisonnement en était la preuve. Et elle ne pouvait pas le blâmer. Dans le fond, elle-même n’était pas sure de s’être jamais pardonnée de l’avoir abandonné cette nuit la à Venise. Elle avait eu ses raisons, et elle avait toujours assumé ce choix qu’elle avait alors fait, pourtant, il n’y avait pas eu un jour en dix ans où elle ne s’était pas demandé comme est ce que ça se serait passé s’il en avait été autrement, si elle était restée. Contrairement à ce qu’Armand semblait croire au travers de ses lettres, elle l’avait vraiment aimé, et même plus que de raison. Et même si elle ne ressentait plus ces sentiments pour lui aujourd’hui, il y avait toujours quelque chose qui la rattachait à lui, une affection qu’elle ne pouvait nier, à mi-chemin désormais entre le remord et un amour ancien et flétri.
Un sentiment bien différent que celui qui l’animait lorsqu’elle avait reçu ses dernières lettres, et encore bien différent que celui qu’elle avait éprouvé lorsqu’elle s’était retrouvée empoisonnée par ses soins. Cette action vicieuse et cette mentalité n’appartenaient pas au Armand de ses souvenirs, jamais il n’aurait pu faire ça à l’époque. Il avait du bien changer, et être chargé de haine pour tenter ainsi de la tuer, vilement et sournoisement, façon borgia subtil ou arsenic et vieilles dentelles. Qu’est ce qui avait bien pu se passer pour qu’il change à ce point ? La réponse était venue presque aussi vite que la question. C’était elle sans doute, et l’impact de ses actes qui était la raison de la perte de l’innocence de ce qui avait été une belle âme, une personne tendre qu’elle avait cruellement tué, d’une certaine façon.
Lorsqu’elle avait retrouvée ses forces, grâce aux bons soins du meilleur maître des potions qu’elle connaissait, elle en était venue à la conclusion qu’il lui fallait finir le travail qu’elle avait commencé, et que cet Armand d’aujourd’hui devait lui aussi mourir comme le Armand d’hier. Elle s’y était longuement préparée, et longuement, elle l’avait attendu dans les décombres grotesques du Boston moldu. Mais il n’était jamais venu. Assise sur un gros bloc de béton dont sortaient des barres de fer rouillées, elle avait serré contre elle ses longs bras, sa longue toge noire claquant dans un souffle de vent chaud. Mais le vent chaud d’aout avait disparu sous les feuilles de l’automne, et la neige hivernale après ça. Il ne viendrait peut être pas, oui c’était mieux comme ça. Bien mieux comme ça.

A quelques pas d’elle, le plancher craqua et une voix s’éleva dans la pièce. Relevant la tête de son livre, clignant des yeux comme si elle se réveillait, elle contempla quelques instants le visage d’Emrys avant de comprendre de quoi son fils parlait.


« Oui elle est prête, tu peux aller te servir si tu veux, mais fais attention, la casserole doit être encore chaude… » Sans rien ajouter d’autre, le jeune garçon sorti de la pièce en direction de la cuisine. C’était incroyable comme il avait changé ces derniers mois. Sa tête ronde d’enfant devenait de plus en plus celle d’un jeune ado, et qu’est ce qu’il grandissait vite ! A ce rythme, il lui faudrait bientôt faire rallonger ses robes de sorcier. Elle devait se faire à l’idée que son bébé n’était plus tant un bébé que ça, qu’il allait à l’école maintenant, qu’il faisait aussi son chemin. Un chemin pas toujours très dans les règles, à l’image de sa mère. Même si elle essayait d’être stricte avec lui, de l’encourager à être impliqué dans ses études et de ne pas passer son temps à faire des conneries comme elle avait pu le faire, il fallait bien avouer qu’elle n’avait finalement que peu de prise sur les choix qu’il faisait. Après tout, il fallait bien que jeunesse se fasse, mais elle espérait au fond d’elle qu’il ne lui reprocherait pas un jour d’avoir pourrit sa vie. Elle avait ses tords, mais elle essayait d’être une bonne mère, et chaque jour qui passait elle remerciait les esprits de l’avoir passé avec lui.

Poussant la voix pour être sure d’être entendue, elle finit par dire : « Et tiens pendant que tu y es j’en prendrais bien moi aussi mon chéri. » Oui, maintenant qu’elle y faisait attention, elle se rendait compte que l’odeur de pommes et de cannelle qui flottait dans l’air lui faisait monstrueusement envie. Refermant son livre et le posant sur le fauteuil juste derrière elle, la jeune femme resserra le plaid autour de ses épaules et récupéra le petit bol qu’Emrys lui tendait. La compote était encore fumante, et ils la mangèrent sans dire un mot, face au feu qui crépitait. Même si ce n’était clairement pas encore ça, Anahia avait fait beaucoup de progrès en cuisine, surtout grâce à la patience sans faille de son amie Elisabeth a qui elle avait demandé le secours. On était encore loin des recettes complexes, mais au moins c’était équilibré et assez bon pour ne pas tout jeter à chaque fois.
S’emparant du manche de la poêle, la jeune femme fit rouler les châtaignes sur la surface en fonte. Elles semblaient parfaitement cuites, mais il faudrait attendre encore un peu avant de les éplucher. Bien sur, elle aurait pu le faire par magie, mais ça enlevait tout son charme à la chose.

Alors que son regard était perdu dans les braises ardentes du feu, la voix de son fils s’éleva à nouveau, mais cette fois ci, elle écoutait alors qu’il lui faisait part de sa demande d’aller dormir chez son ami Camille. Elle savait que les deux garçons s’appréciaient vraiment, mais elle n’aimait pas les voir trainer ensemble, du moins pas sans surveillance. Le petit vampire pouvait être aussi attachant et adorable qu’il pouvait devenir dangereux et mauvais. La difficulté résidait dans le fait qu’on ne pouvait pas savoir à quel moment le changement se faisait. Depuis leur petite escapade nocturne qui avait bien failli très mal finir, la jeune mère rechignait à les laisser seul, et il était totalement inimaginable de laisser son beau et vivant garçon aux joues roses passer une nuit dan la demeure d’Andropov et des siens. Elle savait que si Regina était là il ne lui arriverait surement rien, mais un accident pouvait si vite arriver, et c’était un risque qu’elle ne souhaitait pas prendre. Mais peut être que si elle parvenait à se faire inviter pour le diner par sa vieille camarade de classe…

Au moment où elle s’apprêtait à donner une réponse à son fils, la sonnette de la porte d’entrée résonna, lui donnant une échappatoire toute trouvée. Intriguée mais trop bien emmitouflée pour sortir de son cocon, Anahia souleva la lourde poêle dont elle renversa le contenu dans un grand bol avant de la remettre à un crochet sur le côté de l’âtre.


« Tu vas ouvrir s’il te plait pumpkin ? C’est peut être le facteur… »

Frottant ses mains l’une contre l’autre pour en enlever une tache de suie, elle les glissa sous la couverture et ferma les yeux l’espace d’un instant. Une seconde, deux pas plus. Deux secondes pendant lesquelles elle se sentit encore bien et sereine. Si elle avait ouvert les yeux à ce moment là, peut être aurait-elle vu un message dans les flammes, peut être pas mais en tout cas, la seule chose à laquelle la sorcière pensait à cet instant là, c’était à la petite sieste qu’elle allait surement faire.
Cependant, le destin, ou les sadiques que nous sommes, à vous de choisir, en avait décidé autrement. Attiré à la porte par la voix d’Emrys qui l’appelait, Nostradamus, le corgi tricéphale, avait fini par sortir lui-même de l’état semi-léthargique dans lequel il était plongé depuis plusieurs heures et avait foncé comme un diable vers l’entrée de la maison, dans un écho d’aboiements assourdissants. Jurant, la jeune femme s’extirpa de son plaid qu’elle rejeta sur le fauteuil et se releva avant de quitter le salon.
La lumière du dehors était forte, bien plus que la semi obscurité de la pièce qu’elle venait de quitter, si bien que dans un premier temps, elle ne pu distinguer qui était sur le perron, hormis une silhouette noire.


« Emry fais taire ton chien où la voisine va encore appeler la brigade magique !! J’en ai marre de voir les flics débarquer chez moi tous les quatre matins pour ces conneries !! pardon je suis désolée, il est vraiment infernaaaooOH PUTAIN DE BORDEL DE MERDE. »

Les yeux écarquillés, il lui fallut mettre une main sur le chambranle de la porte pour ne pas tomber. Trop abasourdie pour faire quoi que ce soit, Anahia restait bloquée, figée comme si on venait de stopper le temps. Là, juste devant chez elle, il y avait cet homme, celui qu’elle avait autant cherché à fuir qu’elle l’avait attendu. Trop sous le choc, elle ne parvenait même pas à se demander comment il était arrivé, comment il avait fini par trouver cette maison simple où elle se cachait depuis des années. Non, une seule pensée la préoccupait, envahissait chaque cellule de son corps, chaque partie de son esprit : *Pas déjà, pas maintenant, laissez le moi, ne me le prend pas, c’est trop tôt… *
Des images d’un cauchemar vieux de dix ans s’imposaient à elle comme si elle venait de s’en réveiller, et la peur de perdre la seule chose qui comptait dans sa vie la saisit comme jamais elle ne l’avait saisit.


« C’est toi… » Murmura-t-elle comme pour elle-même.


Pourtant, aussi vite qu’elle était arrivée, la peur s’estompa, ou du moins elle se tu un instant, laissant à la sorcière la possibilité de retrouver le cours presque normal de ses pensées et un embryon de self control. Cet enfoiré biblique l’avait surprise alors qu’elle s’attendait à ne jamais le revoir, c’était son genre après tout : surprenant. Il ne fallait pas s’en étonner.
Posant une main sur l’épaule de son fils, elle finit par dire d’une voix douce mais d’une fermeté qu’on lui connaissait peu :


« Emrys, tu veux bien monter dans ta chambre s’il-te-plait ? Le monsieur est un vieil… ami de maman, nous avons pas mal de choses à nous dire. Prends ton chien avec toi… »

Le jeune garçon ne bougea pas. Il semblait avoir compris par sa réaction que quelque chose ne tournait pas rond. Pourtant, était-ce à cause de la pression de la main de sa mère sur son épaule, ou le regard rassurant qu’elle essaya de lui lancer, il finit par attraper Nostradamus par le collier et le guider vers l’escalier qui se trouvait juste derrière eux dans l’entrée.
Sans dire un mot, la jeune femme attendit. Enfin, un bruit de porte se fit entendre un peu plus haut.
Malgré cela, elle ne fit pas un mouvement, observant, l’homme en noir qui se trouvait en face d’elle.
Le temps l’avait plutôt gâté, il avait perdu ce visage juvénile qu’il avait encore dans la vingtaine et cet air naïf qui le caractérisait pour devenir enfin un homme, même si l’absence de barbe rendait son visage plus dur, renforçant la taille relativement importante de son nez.
Elle sentit son cœur manquer un battement lorsqu’elle vit ses yeux, ces deux yeux qui ne l’avaient pas regardé depuis dix ans, bleus et profonds comme ceux de leur fils. A l’époque de leur amour, il pouvait la regarder pendant des heures, et elle aimait ça, mais là, il lui était impossible de lire dans ce regard, trop d’informations s’y percutaient.


« Oui c’est vraiment toi… »

Pourquoi était-il venu ? Pour la tuer ? Cette idée l’effleura mais soudain elle se rendit compte que s’il avait vraiment voulu sa mort, ce serait déjà chose faite. Pourquoi était-il là alors ?

Peut être ne le savait-il pas lui-même, et c’était pour cela qu’il restait là, immobile comme un grand bonhomme de neige dans la neige immaculée de la rue déserte. Il y avait quelque chose de très harmonieux dans cette image, et à la fois un contraste un peu déroutant entre le blanc sur les pavés et cette tenue entièrement noire. Un contraste entre cette tenue entièrement noire et solennelle, et sa tenue à elle, chemise à carreaux trop grande, shorty de pyjama délavé, uggs vieilles comme le monde aux pieds. Mais après tout, elle était comme elle était, et il était trop tard pour faire autrement.
Cela faisait déjà plusieurs minutes qu’ils se regardaient, incapable de briser le silence, incapables de décider ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. C’était peut être le moment d’attraper sa baguette magique qui retenait son chignon, mais elle n’en fit rien, pas plus que lui fit le moindre mouvement. Ils étaient là, deux vieux amants que la haine avait rassemblé, mais pourtant, Anahia avait beau chercher au fond d’elle, elle ne ressentait aucune haine pour cet homme. Les choses allaient peut être se passer différemment en fin de compte, peut être aurait-elle encore un peu de temps avant que sa prémonition ne se réalise. Encore un peu de temps avec son fils.

Prenant une profonde inspiration, la jeune femme s’écarta légèrement afin de dégager l’entrée.


« Aller, entres…tu n’as pas fait tout ce chemin pour rester là à te geler les couilles… tu veux un café ? Ou peut être quelque chose de plus fort ? »





Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 14.11.18 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   24.09.18 16:25


   

It ended when I lost your love




On dit d'usage que le facteur sonne toujours deux fois, mais malheureusement pour Anahia ce n'était pas le facteur. Même si à sa façon on pouvait dire que ce sinistre personnage était du genre à sonner deux fois.

Remontant ses lunettes sur l'arrête de son nez, Armand se raidit en entendant un cliquetis derrière le panneau de bois. La porte s'ouvrit, et pendant une seconde il resta stupéfait. Personne. Il baissa les yeux et dévisagea avec étonnement la figure ronde d'un jeune garçon qui lui faisait face. Est ce qu'il s'était attendu à tomber sur un enfant ? Pas du tout. Même si ce gamin n'était plus tout à fait un enfant, mais pratiquement adolescent. En tout cas ce n'était pas Anahia, et il du prendre sur lui pour lui demander si la personne qu'il cherchait vivait bien ici. Le garçon tourna la tête et appela sa mère, ce qui lui faire serrer les dents. C'était une erreur, sans doute. Elle aurait eut un enfant ? Avec qui ? Remarque, une décennie s'était écoulée, il n'y avait rien d'étonnant au fait qu'elle ait refait sa vie. No big deal. Néanmoins il n'arrivait pas à avaler totalement la pilule. Il s'était attendu à la trouver seule, comme la créature immorale et dépravée qu'il avait rencontré dans ce bar de Jérusalem. Pas en charmante mère de famille avec une ribambelle de gosses tout le tour de son gros ventre fertile. Ça compromettait drôlement son plan de vendetta. Tout simplement parce qu'il ne voulait aucun témoin, et parce que ce gamin en était justement un, à mi chemin entre lui et la porte.


« Padre Al... »


Il avait soufflé son nom à voix basse au moment où un espèce d'animal ridicule fit irruption dans l'entrée. Armand n'avait pas spécialement horreur des chiens, mais il ne supportait que très difficilement ce qui est bruyant et salissant. Alors que ce chien là en particulier était tout spécialement horrorifique. Avec trois pairs d'oreilles qui gesticulaient de façon stupide lorsqu'il marchait, et en dessous trois tête surdimensionnées qui tiraient son pauvre petit corps en avant. La chose à trois têtes étaient également trois fois plus ridicule que la normale, et c'était un miracle de constater que ses petites papattes atrophiées arrivaient à porter cette masse étrangement mal répartie. Avec ses trois gueules, il faisait également trois fois plus de bruit en aboyant, et surpris, Armand fit un pas en arrière avant que le garçon n'attrape fermement son chien par un de ses colliers. De toutes les maisons de cette interminable rue il était tombée sur une maison de fous, comment continuer à penser que ce n'était pas ici qu'elle se cachait ?  

Une femme déboula comme une furie, répétant au gamin de retenir son chien. Armand quand à lui retenait son souffle. Sous son habit noir tout ses muscles tremblaient, mais avec les deux pieds dans la neige, comment ne pas penser qu'il avait simplement froid ? Quand elle finit par remarquer l'invité qui se tenait à la porte elle laissa échapper une exclamation peu élégante pour une dame. Mais est ce que quelqu'un croyait encore que s'en était une ? Elle avait cette touche de femme en jachère totale à la Lynette Scavo, ce qui bien entendu contrastait admirablement avec la silhouette sombre et sévère de l'homme d’Église qui se tenait sur le pas de sa porte. Et pourtant il ne releva pas sur son physique, ou du moins pas tout de suite. Le verbe s'était imposé avant l'image. Il serra la mâchoire dans un faux sourire crispé.

Elle semblait frappée de stupeur, ce qui par bonheur stoppa les mots vulgaires qui jaillissaient de sa bouche. Il était très désagréable d'entendre une femme avec une tel vocabulaire, mais il ne laissa même pas échapper une remarque. Son regard entendu était suffisamment éloquent. Elle se tourna vers le garçon et posa sa main sur son épaule d'un geste tendre. Elle lui demanda sur un ton mielleux d'aller jouer dans sa chambre et d'y rester. Comportement très sage qu'il ne pu qu'approuver. Même si à cet instant son esprit semblait prit de panique. Comment est ce qu'il allait faire pour mettre son plan à exécution ? Le gamin avait vu son visage, et peut être y avait il d'autres personnes dans la maison. S'encourager à aller tuer quelqu'un chez lui c'était déjà beaucoup trop pour sa nature, alors si maintenant il y avait un gosse innocent dans le jeu... L'affaire devenait trop compliquée. Même s'il avait la haine contre cette femme et avait maudit sa descendance sur 13 générations, en pratique il ne se voyait pas débouler, tuer la mère et faire du mal à un petit garçon. Ça commençait à présenter quelques similarités avec l'histoire tragique qu'Ethan lui avait conté en confession, autant dire que ça puait. Bref il gardait un extérieur très sévère, mais à l'intérieur c'était panique à bord. Il soupira discrètement et souris, changement de tactique.


« Qui d'autre ? »


Il y eut un blanc, mais alors monumental. Il ne pouvait pas faire autrement que la dévisager. Et c'est à cet instant précis qu'il remarqua le pyjama et les huggs. Et bien sur qu'il se mit à juger en silence son style vestimentaire illégal. Parce que soyons sérieux, il s'agit d'une chose d'être décontractée, mais la limite entre le cosy casual et le méchamment négligé est incroyablement fine. Et là on flirtait dangereusement avec la tenue qui va bien quand ton seul impératif de la journée et de passer l'aspirateur. Bref, pas vraiment l'habit pour accueillir décemment chez soi un grand ponte de l’Église. D'autant qu'à tout les coups vous pouvez être certains que l'aspirateur n'a même pas été passé.

Il releva un sourcil, vaguement choqué à sa remarque. Alors non il n'avait pas traversé la moitié des États Unis juste pour prendre l'air, et oui ses boules étaient bien au chaud merci. Mais qu'est ce que c'était que cette façon de s'exprimer...


« Va pour un café alors. »

Essuyant méticuleusement ses pieds avant d'entrer, il la suivi dans la séjour. C'était sans doute très impoli de sa part, mais il n'arrivait pas à s'empêcher de regarder le décor autour de lui. C'était donc ici qu'elle vivait ? Depuis combien de temps ? Avec qui ? Ce gosse n'était pas sorti de la cuisse de Jupiter, elle avait sans doute un mec avec qui elle avait refait sa vie. Ressasser cette idée était aussi agréable que de manger des chicons. Bref ça avait le goût de misère et de la dépression, et une amertume insoutenable en bouche. Il grimaça.

« Boston alors ? Il faut dire que Jérusalem n'était plus assez sûre pour toi... »


Cherchant du regard un endroit correct et pas trop encombré pour s'asseoir, il remarqua un sapin complètement asséché qui trônait dans un coin, avec encore quelques misérables décorations accrochées sur ses branches mortes dépourvues d'épines. Il eut cette petite moue si reconnaissable. Celle qui s'abstient de commentaire mais qui contemple dépité le manque de bon sens de ce monde. On était en février, un sapin de Noël n'avait plus rien à faire dans une maison depuis un bon mois. Alors bon peut être qu'elle fêtait Noël juste après Hanoucca, mais dans tout les cas aucune coutume religieuse au monde ne pouvait expliquer la raison d'un arbre momifié dans le coin d'un salon.

Bref si pendant un instant il avait eut peur de s'attacher de nouveau à elle, les huggs défraîchies et la maison mal tenue avaient suffit à le refroidir complètement. Encore quelques années après qu'elle l'ait quitté, il se demandait encore à quoi aurait pu ressembler leur mariage. Aujourd'hui il avait fait le deuil de ce fantasme, et en poussant un plaid couvert de poils de chien roulé en boule sur un fauteuil pour essayer de s'asseoir, il se dit que dans le fond il avait peut être finalement évité le pire.
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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   04.11.18 11:52


The end of the world
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Comme souvent lorsque Nostradamus ne connaissait pas les visiteurs qui venaient frapper à leur porte, le chien tricéphale se mit à aboyer sévèrement afin de faire reculer l'intrus. Il y avait cependant quelque chose de différent d'ordinaire dans son attitude actuelle qui se voulait clairement hostile et menaçante envers cet homme à l'aspect sinistre. Emrys l'avait saisit juste attend par le collier pour l'empêcher de foncer droit sur leur indésirable visiteur

- Nostradamus, ça suffit maintenant !
Le gronda-t-il avant que la voix de sa mère ne se mette à retentir derrière lui, dans toute la maison en lui intimant l'ordre de calmer son chien.

Un conseil autant inutile qu'agaçant puisqu'il n'avait pas attendu qu'elle le lui demande pour s'exécuter. Il y avait vraiment des moments où elle le prenait pour un bébé. Et puis, était-ce sa faute si la vieille aux chats dérangeait la brigade magique pour un oui ou pour un non ? On l'empêchait pas de parler elle, alors que pourtant ça rendrait un bien grand service à la communauté magique, alors pourquoi Nostradamus n'aurait-il pas le droit de s'exprimer lui aussi de temps en temps ?

- Mais oui, c'est ce que j'fais !
Répondit-il avec une pointe d'agacement dans le son de sa voix. Allez chuuuutt soit sage, murmura-t-il à l'oreille de l'animal tout en lui caressant les tête. Il est pas méchant, fit-il en s'adressant à l'illustre inconnu qui avait reculé avec prudence tout en les observant d'un oeil méfiant derrière lequel se devinait également une certaine crainte. Vous voulez le caresser ? Laissez-le vous sentir pour qu'il s'habitue à vous, j vous assure il est pas méchant. Alors vous connaissez ma mère ?

La question était innocente et à vrai dire, étant donné qu'il n'avait rien à vendre et qu'il demandait après sa mère il la connaissait surement, même s'il avait une bien étrange manière de la nommer « Mademoiselle Anaria » qui lui donnait juste envie de ricaner... Déjà il prononçait mal le prénom de sa mère et en plus sa manière de dire était si pompeuse qu'elle en était ridicule mais au moins, cela allait de paire avec son air sinistre. A bien l'observer, ce type n'avait en rien la tête d'un ami de sa mère, il avait la mine bien trop sévère pour ça, alors qui était-ce ? Se pouvait-il qu'il s'agisse d'un créancier ?!! L'exclamation horrifiée de sa mère, le fit alors sursauter frayeur et c'est en catastrophe qu'il se retourna dans sa direction. Mince alors, c'était vraiment un créancier ? Sa mère avait des dettes ? Qu'est-ce qu'ils allaient faire ? Il n'aurait jamais du l'appeler et envoyer ce sinistre individu ailleurs, par exemple chez la vieille aux chatx ou plus loin d'eux encore, vers le boston moldu. Le choc de la surprise passé, il suivi sa mère du regard, qui les rejoignait en silence d'un pas déterminée. Sa main se posant sur son épaule, elle lui demanda de monter dans sa chambre en prenant Nostradamus avec lui. Si en temps normal l'enfant ce serait mis à soupirer et à protester, cette fois il n'en fit rien, car il y avait dans l'attitude de sa mère une autorité naturelle qui ne souffrait cette fois d'aucune discussion. D'abord hésitant, se demandant s'il devait vraiment laisser sa mère seule avec cet individu, il fini par obtempérer en sentant la pression de sa main rassurante sur son épaule. Lentement, il se releva et tirant Nostradamus à sa suite, l'obligea à monter les escaliers pour gagner l'étage le plus lentement possible, afin de suivre sans en avoir l'air, la suite de l'échange qu'il allait y avoir entre les deux adultes. Mais le silence régna en maître et aucun d'entre eux ne bougea ni ne parla tout le temps que dura son ascension, et ce, jusqu'à ce qu'il ne claque la porte derrière lui une fois arrivée dans sa chambre

- Je me demande bien qui c'est... qu'est-ce qu'il font d'après toi ?
Demanda-t-il à son compagnon à 4 pattes tout en collant son oreille contre la porte en bois. Bon d'accord, puisque tu insistes on va ouvrir la porte mais tu fais pas un bruit, fit-il en plaquant son index devant ses lèvres dans un geste d'avertissement.

A quatre pattes, lentement, il étira son bras pour faire tourner silencieusement la poignet de sa porte. Doucement, la porte s'entre ouvrit dans un léger grincement qui le fit grimacer. Le coeur battant, il arrêta aussitôt d'ouvrir la porte, l'oreille aux aguets, mais il n'entendit rien, ni ne vit personne. Après avoir estimé que tout danger semblait écarté, Emrys s'avança à quatre pattes dans le couloir le plus discrètement possible sous le regard intrigué de Nostradamus, qui après quelques secondes, l'imita joyeusement. L'enfant du rappeler l'animal à l'ordre avant de se retrouver en haut des escaliers. Il ne savait pas comment il était parvenu à ce miracle mais sa présence ne semblait pas avoir été repéré par les deux adultes. Tendant l'oreille, il essaya une nouvelle fois de comprendre ce qu'ils se disaient mais tout ce qui lui parvint, fut des bribes de conversations absolument inaudibles. Descendant d'abord une marche, puis une seconde, il resta caché en essayant de comprendre ce qui se disait mais le résultat était toujours le même. Alors qu'il continuait à descendre une troisième marche, il réalisa avec horreur que son chien l'avait dépassé et qu'il se rendait gaiement vers le salon. Se relevant à son tour, Emrys déboula à sa suite dans la salon. Il aperçu l'homme qui s'était tranquillement assis dans le fauteuil de Nostradamus ce qui fit méchamment grogner ce dernier. S'emparant de la couverture que l'homme en noir avait repoussé, il offrit un grand sourire innocent à sa mère

- J'étais venu chercher ça, on remonte,
lui certifia-t-il.

Le plaid de Nostradamus en main, Emrys remonta à l'étage avec une lenteur exagérée. Une fois la porte de sa chambre à nouveau fermée, il plaça la couverture de son chien à coté de son lit. Ce dernier ne se fit pas prier et si roula avec un plaisir certain.

- Je me demande bien qui s'est. Il avait dit quoi ? Padre A..., c'est quoi à ton avis ? Tu crois que tonton le connais ?

Son regard se posa sur le miroir à double sens que son oncle lui avait offert et qui lui permettait de communiquer avec ce dernier et ce, même si des milliers de kilomètres les séparaient l'un de l'autre. Il lui suffirait de le prendre pour chercher à le contacter et d'en savoir plus mais en un sens c'était un peu trop facile et puis peut-être qu'il ne le connaissait pas, après tout, son oncle ne connaissait pas tous les amis de sa mère et l'inverse était tout aussi vrai, et puis, soyons honnête, c'était quand même bien plus intéressant de mener seul l'enquête, tel un Sherlock Holmes du nouveau monde. Farfouillant dans sa malle, le jeune sorcier en retira ses oreilles à rallonge qui allait lui permettre d'espionner la conversation des deux adultes depuis la chambre sans être vu, mais pour cela, il allait d'abord devoir placer l'autre extrémité de la longue ficelle couleur chair au niveau du salon en toute discrétion. Tout ce qu'il lui fallait c'était une excuse pour redescendre. Les yeux brillants de malice et le sourire victorieux, une idée s'imposa bien rapidement dans son esprit

- J'ai trouvé ! S'exclama-t-il en brandissant ses oreilles à rallonge dans sa main. Bouge pas, je reviens tout de suite.

Sortant de sa chambre sans se cacher cette fois, Emrys descendit les escaliers l'air de rien, en sautillant, pour bien signaler sa présence. Une fois devant l'entrée du salon, il déposa sa ficelle dans un coin avant d'entrer innocemment dans le salon. Il passa devant les deux adultes l'air de rien, comme s'il se moquait de leur présence et se dirigea vers la véranda avant d'en ressortir quelques minutes plus tard, son comic intégrale reçu pour Noël, entre les mains

- Je sors plus, promit-il, j'avais juste oublié mon livre

Quittant le salon, il attrapa l'une des extrémités de ses oreilles à rallonge et la déroula jusqu'à sa chambre. Ce qui était bien avec le nouveau modèle, c'est que la longueur de la ficelle s'adaptait à vos besoins, malheureusement pour lui, il avait en sa possession la troisième version qui enlevait les parasites et permettait une meilleur écoute et si cela avait un certain avantage, il n'était pas parfait pour autant car la longueur de sa ficelle, elle, était limitée. Il ne lui manquait plus que 3 petits mètres pour se trouver tranquillement à l'abri, à l'intérieur de sa chambre. Jurant, il du se faire à l'idée que s'il voulait écouter leur conversation, il allait devoir rester caché en haut des escaliers. Assis en haut des marches, collé au mur comme s'il cherchait à se fondre dans la tapisserie, Emrys colla l'extrémité du fil à son oreille et tenta d'espionner cette petite réunion privé qui l'intriguait au plus haut point
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MessageSujet: Re: The end of the world - Anahia   14.11.18 19:25


A long time i've been waiting for you
ft the two men of my life


Alors qu'Armand passait devant elle, Anahia ne pouvait s'empêcher de noter à quel point il était à la fois identique à ses souvenirs, et à la fois changé. Dix ans c'est long tout de même, et ça laisse le temps au temps de faire son œuvre, de tracer des sillons dans la peau. Il avait l'air plus sombre que dans son souvenir. Lorsqu'il avait vingt-cinq ans, lorsqu'elle l'avait connu, il respirait l'innocence, la gentillesse et la bonté. C'est sans doute ce qui lui avait plu, à moins que ce ne fut sa soif de savoir et de connaissances ? L'image de lui dix ans plus tôt, jeune et naïf, avec cette barbe un peu ridicule qu'elle adorait pourtant se dissipait pour laisser place à une version de lui avec dix ans de plus. Surement que ça lui faisait le même effet à lui aussi en la regardant. Elle aussi avait changé, elle le savait. Elle le voyait assez dans son miroir, mais de le voir dans le regard de l'homme qu'elle avait un jour tellement aimé était bien plus douloureux, car elle le sentait presque déçu. Le fantasme du souvenir se brisait, les laissant face à face avec leur réalité.
Elle lui en voulait d'ailleurs un peu de débarquer comme ça sans prévenir. Elle aurait voulu pouvoir affronter ce moment avec plus de dignité, et pas portant une paire de uggs mâchouillée par le chien et un jogging bon pour le lavage. Lui se la pétait grave dans sa soutane de poseur pendant qu'elle devait se la jouer mère célibataire en week end prolongé façon ultimate desperate housewife. Vous la voyez l'injustice ? Moi oui ! Dans le combat pour savoir qui gagnait cette rupture, il venait de marquer un point vicieux et sournois, mais après tout, on pouvait pas en attendre plus de lui. Armand avait toujours été un poseur de première. Même s'il ne l'avouait pas, il adorait préparer ses entrées et se faire mousser en discourant des heures et des heures avec grandiloquence. Et si la sorcière avait toujours pris plaisir à apprendre de lui et de ses connaissances certaines, elle avait toujours détesté ce style ampoulé qui était l'attribue des hommes d'églises, enfin tout du moins du genre auquel il appartenait. Sous ses couverts innocents, le jeune homme avait toujours aimé briller, par sa présence mais surtout par son verbe et par la démonstration de son esprit qu'il savait brillant, et c'était souvent usant pour tous ceux qui gravitait autour de lui, car il faisait payer aux autres lorsqu'ils les considéraient comme inférieurs, ce qui arrivait tout le temps. Armand était un homme exigeant, un homme qui aimait évoluer sous une certaine lumière, celle des vitraux de la connaissance.
Elle-même, bien qu'elle aimait parfois se sentir au centre de l'attention, avait toujours eu davantage sa place dans l'ombre, fuyant l'or et sa lumière changeante pour lui préférer l'éclat des ténèbres. Ils étaient ainsi, et c'est ainsi qu'ils se retrouvaient, dix ans plus tard, finalement pas si heureux ou soulagé que ça.
S'il semblait tendu, elle l'était encore davantage, sous des airs d'apparente tranquillité. Claquant la porte derrière lui, elle le suivi vers le salon où il trouva une place sans attendre qu'on lui en indique une. Anahia resta debout, les bras croisés contre elle, se plaçant sans vraiment s'en rendre compte entre lui et l'escalier qui menait à l'étage. Pourquoi était-il là ? Cette question tournait en boucle dans son esprit en s'imposant à chaque pensée. Elle était sure qu'il n'avait pas fait toute cette route juste pour tailler le bout de gras ou prendre le thé... mais était-il vraiment venu chez elle dans l'intention de la tuer ? Et qu'aurait-il fait si ce n'avait pas été Emrys qui avait ouvert la porte ? Aurait-elle reçu un sortilège de mort en pleine tête sans crier gare ? Le fait qu'elle était toujours vivante montrait que les plans d'Armand étaient différents, ou du moins qu'ils avaient changé. Il n'avait pas du s'attendre à trouver un enfant en ouvrant la porte d'entrée. Mais à quoi pouvait-il bien s'attendre ? Dix ans s'étaient passés ! Il y aurait bien pu en avoir plus des mômes ! Et un mari en plus (non...NON on ne rigole PAS!!). Il aurait eu l'air bien con si un homme avait ouvert et répondu « oui c'est ma femme que lui voulez-vous » à la question qu'il avait posé en arrivant. Mais comme on lui rappelait si souvent, Anahia n'avait pas de mari, et dans le fond, elle n'en sentait pas le besoin, même si une petite assistance ne lui paraissait pas de trop à l'instant précis. Ce qui inquiétait surtout la jeune femme, c'était plutôt de savoir si le prêtre avait communiqué son adresse à d'autres roses. Elle ne doutait pas de parvenir à le faire disparaître, mais elle savait que quelqu'un comme lui assurerait ses arrières. S'il disparaissait aujourd'hui, elle était sure de trouver plusieurs hommes sur son perron dans les heures à venir, et elle savait qu'ils ne seraient pas tous aussi polis. Non, elle devait la jouer fine, elle devait être maline et sauver leurs miches, car il n'y avait pas que se vie qui était en jeu, mais aussi celle de son fils. Au pire des cas, elle savait ce qu'elle avait à faire, elle s'y était préparé depuis ce jour de tempête où Emrys était né. Ce vieux sortilège issu de l'ancienne magie qui se passait de mères en mères comme un secret, et qui offrait la meilleure des protections à l'être aimé. Elle était prête à se sacrifice pour son enfant. Elle avait toujours été prête à tout pour lui, même à abandonner l'amour de sa vie pour avoir une chance de le voir grandir. C'était lui aujourd'hui l'amour de sa vie, et elle sentait cet amour lui tordre les entrailles.
Elle devait sauver son petit, le protéger des roses et de leurs épiques empoisonnées.
Observant toujours le prêtre qui observait lui-même la décoration de sa maison qu'il semblait fort peu trouver grâce à son goût, la sorcière se rendit compte qu'elle n'avait pas sa baguette sur elle. Cette dernière était restée dans la cuisine, il lui fallait absolument trouver une solution pour aller la chercher, mais elle se refusait à quitter Armand des yeux.
Fronçant les sourcils à la petite pique qu'il lui lança, elle resta un instant interdite tout en s'appuyant nonchalamment au chambranle de la porte du salon.


« Jérusalem ?? J'ai toujours détesté cet endroit...Pourquoi aurais-tu voulu que j'y refoute les pieds ? » Sans doute parce qu'il n'avait jamais douté du fait qu'elle puisse être juive et que Jérusalem étant la ville où il l'avait levé, c'était forcément là qu'elle s'en serait retourné une fois son larcin commis. Dans le fond, c'était une chance pour elle, les roses avaient du retourner toute la ville sainte en cherchant quelqu'un qui avait pris grand soin d'effacer toutes les traces de son passage. Ils avaient du chercher une famille inexistante, un ancien patron qui avait oublié son existence, une ancienne chambre dont la propriétaire était une vieille femme sénile. Elle n'avait été qu'une ombre dans cette ville, et l'ombre était partie bien avant qu'on la recherche. C'était leur erreur, ils auraient du se douter que sur là dessus aussi elle avait menti. Pourtant, il y avait beaucoup de choses vraies dans ce qu'elle avait vécu avec Armand à cette époque, mais à voir le regard qu'il lui lançait, il était certain qu'il n'y croyait plus du tout. Elle voyait bien qu'il la détestait, et ce constat était difficile mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Une envie de tout lui dire, de tout lui raconter la titillait, sans doute l'effet col blanc et soutane qui appelait à la confession, mais rien ne lui assurait qu'il la croirait. Elle ne voulait pas non plus que des informations tombent dans certaines oreilles.

Mais le propriétaire de ces fameuses oreilles préféra défier l'autorité de sa mère en déboulant dans le salon, sous prétexte de venir chercher la couverture du chien avant de disparaître aussi vite qu'il était arrivé. Elle poussa un soupir. Le petit venait à coup sur de faire une tentative pour voir ce qui était en train de se passer. Il avait hérité de la curiosité de ses deux parents, ce qui faisait beaucoup même pour un enfant. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, l'arrivée d'un personnage comme Armand dans leur petite maison en aurait intrigué plus d'un, d'autant plus qu'il n'avait pas l'habitude de se faire envoyer comme ça dans sa chambre. Anahia avait peu de secret pour son fils, ou du moins elle essayait toujours d'être le plus sincère possible avec lui, le laissant rester avec les grands lorsque des amis passaient. Elle considérait que c'était important pour les enfants de se rendre compte de ce qu'était la vie, la vraie, celle des adultes et de ne pas vivre entièrement la tête plongé dans les comics.

Une fois qu'elle eu entendu la porte de sa chambre claquer, elle retourna toute son attention sur le prêtre toujours occupé à observer son environnement. Tout portait à croire qu'il jugeait fort mal ce qu'il voyait autour de lui, et ce petit air outré et pincé face à tous ce bordel l'agaçait au plus au point. Un instant, elle se demanda si elle ne regrettait pas de ne pas avoir oublietté Tyler pour que ce dernier ne révèle jamais son existence à Armand. Ils auraient vécu tranquillement sans jamais se croiser. Les États-Unis étaient un grand territoire, ils auraient très bien pu ne jamais se croiser,  elle y aurait veillé. Mais peut être que c'était mieux comme ça, au moins les choses allaient pouvoir se régler. Pourtant, même si elle avait eu dix ans pour y penser, maintenant qu'elle se trouvait en face de lui, les mots lui manquaient, elle ne savait ni quoi lui dire, ni par quoi commencer.
Elle devait également faire attention à ne pas compromettre la Cour. Même si elle n'était plus un membre actif, elle faisait toujours parti de cet ordre secret auquel elle savait que jamais personne n'aurait apporté assez de crédit pour croire qu'ils avaient pu être à l'origine de cette re-découverte de la Clavicule de Salomon. Elle devait tout faire pour ne ririen dire là dessus, rester évasive, pour protéger ceux et celles qui lui avaient tant apporté. L'avantage de la Cour était qu'elle n'était rien d'autre qu'un murmure soufflé entre deux portes, un mirage fugace, un écran de fumée. On ne pouvait l'attaquer de l'extérieur, ses secrets étaient bien gardés.
Alors qu'elle avait espéré être enfin sincère, Anahia se rendait compte qu'elle allait encore devoir cacher des choses à cet homme qui dans le fond méritait la vérité. Mais que devait-elle dire ou taire ? La limite était encore floue pour elle, surtout qu'elle craignait d'avouer enfin la vraie raison qui l'avait poussée à quitter Venise. Comment annoncer à un homme qu'il est père avec dix ans de retard ? C'était beaucoup trop difficile, il lui fallait un verre maintenant.


« Euh si ça ne te... » Alors qu'elle venait de prendre la parole, un bruit de pas résonna dans toute la maison. Emrys descendait les marches sans prendre la peine d'être discret. « Putain mais ce gosse je vais te le... » Fulmina-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches. Le gamins déboula une nouvelle fois dans le salon, se rua dans la véranda pour y récupérer son livre et remonta les marches quatre à quatre non sans que sa mère lui ait promis de le transformer en furoncles s'il s'avisait à remettre le nez hors de sa chambre. La jeune femme ne savait pas ce que ce petit bâtard était en train de manigancer, mais elle était sur que ça ne lui plairait pas. Se passant la main dans les cheveux, elle pointa du doigt la pièce qui se trouvait de l'autre côté de l'entrée.

« Si ça ne te dérange pas, je préférerais qu'on s'installe dans la cuisine. »

Elle n'ajouta rien face à son air surpris, mais Armand était un garçon bien élevé et il ne se fit pas prier pour quitter le fauteuil plein de poils de chien.
Le laissant passer devant elle, elle le suivi dans la cuisine qui était une pièce chaleureuse bien qu'encombrée, comme le reste de la maison. Il y avait beaucoup de placards et d'étagères couvertes de bocaux et de boites de toutes formes et de toutes couleurs. Des plantes sèches pendaient depuis les grosses poutres apparentes peintes en blanc du plafond et des casseroles en étain étaient accrochées entre les photos de familles encadrées qui montraient toute la famille en tenue de hockney, ou autour d'un feu de camp, ou le visage riant couvert de boue de la rivière qui longeait la réserve. Il y avait aussi une table en bois brut, indubitablement faite à la main, ainsi qu'une banquette qui l'encadrait dans un petit renfoncement. Des coussins tissés de motifs géométriques aux couleurs ocres et sables attendaient qu'on s'y installe, et sur le plan de travail on trouvait de vieilles théières et des livres de recettes que la jeune mère essayait de travailler pour son fils. C'était un endroit très agréable, malgré les miettes et les grigris magiques qui traînaient. Une bonne odeur de tisane, de compote de pomme et de cannelle embaumait l'air.

Laissant à Armand le soin de s'installer, la jeune femme ouvrit un placard et en sorti une cafetière italienne ainsi qu'un pot en métal qui contenait le café moulu. Il n'y avait que Khaaleb qui buvait du café dans cette maison, et c'était lui même qui l'achetait, si bien qu'il n'était pas trop mauvais. Après avoir rempli la cafetière de poudre noire et d'eau, la sorcière la posa sur le feu qu'elle alluma après avoir récupéré sa baguette sur le plan de travail le plus naturellement du monde. Puis elle tendit la pointe de sa baguette vers un petit tourne disque orange très seventies qui fonctionnait désormais grave à un sortilège d'amplification sonore et immédiatement une légère musique envahit l'espace sonore.


« Désolée mais je préfère...au cas où on nous écoute... » Marmonna-t-elle en faisant un signe vers l'escalier. Puis elle se dirigea vers un placard d'où elle sorti deux verres et une bouteille sans étiquette qui contenait un liquide légèrement jaune et pas tout à fait translucide. Lorsqu'elle enleva le bouchon, une forte odeur d'alcool, de citron et de sucre leur piqua les narines. « Limonccelo... c'est moi qui le fait. Bien sur il n'est pas comme là bas, mais il se défend... » Dit-elle en leur servant un bon shooter chacun. Puis elle fit glisser le verre vers Armand, et s'installa en face de lui, de l'autre côté de la table. Mais voyant qu'il semblait retissant à boire ce qu'elle venait de lui servir, elle ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. « T'es sérieux là ? » Prenant son propre verre, elle le vida cul sec et le reposa d'un geste ferme sur le bois de la table avant de le regarder d'un air entendu. « ce n'est pas moi l'empoisonneuse ici... relax » Dit-elle en haussant les épaules. Bien entendu, c'était une référence à cette vile tentative de meurtre qu'il avait tenté contre elle des mois plus tôt et qui avait terminé par un bon lavage d'estomac comme on les aime. Elle se retint d'ajouter qu'en général le poison était plutôt une technique de gonzesse ou d'eunuque, il fallait éviter ce genre de réflexion qui on ne voulait pas envenimer la situation.
Attrapant un paquet de cigarettes qui traînait là, elle en glissa une entre ses lèvres et ouvrit la fenêtre qui se trouvait juste à côté d'elle. Levant son regard vers son interlocuteur, puis sur le paquet lui-même, elle le lui tendit.


« Tu fumes toujours ? »

Puis allumant la cigarette, la jeune femme tira une profonde bouffée qu'elle souffla vers l'extérieur d'où venait un froid piquant qui pourtant ne la gênait pas. Il n'y avait personne dans la rue, aucun bruit ne venait du dehors, il n'y avait que la musique, du vieux jazz poussiéreux comme on aime en écouter à Noël qui sortait du petit haut-parleur rétro.
Elle le regarda à nouveau. Par où commencer ? Ca serait tellement plus facile s'il lui disait ce qu'il voulait savoir, ce pourquoi il était venu. Elle ne voulait pas tourner en rond, elle voulait clôturer cette vieille histoire.


« Alors...qu'est ce que tu deviens ? » Dit-elle d'un air faussement décontracté. C'était un peu hypocrite de demander là, un peu gonflé aussi, d'autant plus qu'elle savait très bien ce qu'il devenait, et qu'il n'avait certainement pas envie de lui parler de ses petites affaires. Mais bon, il fallait bien commencer par quelque chose, et elle se voyait mal lui sortir le coup de la paternité après seulement un verre.




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