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 Ministery's men - ft Nathan Stanic

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



ϟ Messages : 968 ϟ Date d'inscription : 21/12/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Jason Momoa ϟ Crédits : perso/la magie de google

MessageSujet: Ministery's men - ft Nathan Stanic   17.06.18 21:53


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb

Du plat de la main, Khaaleb poussa le battant de la porte en verre et en métal doré qui s’ouvrit sans un bruit. De la chaleur douce de l’intérieur, il rencontra la morsure insidieuse du froid et de l’humidité de l’extérieur, sans pour autant en rencontrer la moindre gène. Il sortit dans la rue.  
Un souffle de vent glacé chargé de gouttes de pluie fit voler ses cheveux autour de sa tête et lui cacha la vue quelques instants. D’un geste agacé, le sorcier s’en dégagea et jeta un regard au décor qui l’entourait. Le jour peinait encore à se lever sur Boston, la lumière était pâle, comme malade de cet hiver froid qui n’en finissait pas. Le sol était comme tout, humide, presque poisseux. Des restes de neige fondue et grisâtre étaient agglomérés le long des routes, des flaques brillantes glissaient le long des trottoirs et entre les pavés irréguliers de la chaussée. Le long de l’artère qui passait devant le bâtiment dont le jeune homme venait de sortir, des hommes et des femmes, portant soit des vêtements modernes soit de grandes robes de sorciers, courraient presque pour rejoindre leur lieu de travail le plus vite possible, le col de leurs manteaux relevés sur leur cou. Un nouveau coup de vent balaya l’avenue et les parapluies des quelques rares passants qui avaient eu le courage de sortir avec se retournèrent, créant des formes grotesques de chauve-souris désarticulées.

Derrière le loup, la porte s’ouvrit à nouveau et il se poussa pour laisser passer une petite sorcière au nez pointu qui portait dans ses bras une cage beaucoup trop grande couverte d’un drap noir. Sortant un paquet de cigarette, Khaaleb en porta une à ses lèvres et chercha son briquet dans une des poches de son manteau. Il lui fallut de nombreux essais et de nombreuses insultes marmonnées en français avant d’enfin parvenir à l’allumer. Inspirant une profonde bouffée de fumée, le jeune homme releva les yeux vers ce bâtiment immense aux pieds duquel il se trouvait toujours. L’édifice était le siège du Macusa, le congrès magique des États-Unis d’Amérique, leur ministère et son lieu de travail. La structure de l’immeuble était imposante et à l’image du reste de l’architecture de la vieille ville : des briques rouges évoquant l’époque de l’essor industriel, des formes géométriques empiriques rappelant l’influence art déco de l’architecture new yorkaise des années 20 et des ouvertures en pierres banches sculptées à la manière des néo-gothiques. Le bâtiment était impressionnant de par ses dimensions et par l’impression d’écrasement qu’il dégageait. Au dessus de son sommet, un ciel menaçant écrasait la ville de son étau. Des nuages noirs tourbillonnaient, courant dans les airs comme des créatures infernales lancées à vive allure dans le vent. Ces voluptes aux formes chimériques et infernales occupaient tout l’espace du ciel, sans permettre au soleil timide de faire la moindre percée. Khaaleb se mit en route.

Marchant les mains dans les poches, le grand loup avançait avec détermination, le regard braqué vers sa destination qui n’était qu’à quelques blocs de là.
C’était très tôt au matin, alors qu’il faisait encore totalement nuit que le sorcier avait reçu par hiboux express une demande de venir au plus vite au bureau. Le courrier, très bref, n’indiquait pas le motif de cette requête, mais Khaaleb avait immédiatement pris le chemin du Ministère. Une chance qu'il dormait à Boston cette nuit là. Une fois arrivé, on l’avait informé qu’une heure auparavant, un magicobus avait été attaqué en plein centre ville, et que les premiers témoignages recueillit faisaient allusion à une créature. L’équipe de nuit qui était encore de garde était déjà parti sur place et l’attendait avec de plus amples informations. Dans cette période de crise et de tension, le jeune homme pouvait concevoir tout le trouble d’un tel accident pouvait causer, et ne fut pas surpris de trouver sur son bureau une note du président du Macusa lui-même lui indiquant que cette enquête devait passer en priorité absolue.

L’état malade de la ville ce matin là était à l’image de l’émotion générale du moment. Tout semblait à la limite de la rupture, comme un pont sur le point de casser sous le poids d’une charge trop lourde. Les derniers mois avaient été compliqués pour le Macusa. Si la révélation de l’implication du président des Etats-Unis lui-même dans ce groupuscule de sorciers extrémistes avait chamboulé tout le pays, la découverte de la part qu’avait joué un membre haut placé de leur propre Ministère avait comme donné un grand coup de pied dans une fourmilière déjà grouillante. Whilelm Greenbatch, le Directeur du Département de la Coopération Magique Internationnale,  avait été arrêté ainsi que quelques collaborateurs directs que les enquêteurs avaient pu identifier, mais des soupçons sur des possibles autres taupes avaient longuement perdurées. Chaque employé avait été questionné, chaque vie avait été passé au crible, tout le monde avait des doutes sur tout le monde et ce encore aujourd’hui.
Bien sur, à cause de la présence des deux Basilics sur le festival de musique de Bismarck, plusieurs suspicions avaient été lancées sur la possible participation du Directeur du Département de Régulation et de Protection des Créatures Magiques à cet attentat avorté. Khaaleb s’était vu interrogé, on avait fouillé sa vie publique et privée, son bureau, son appartement, jusque son chalet canadien. Bien sur, on avait rien trouvé de lié à cette enquête et il avait rapidement été innocenté, mais pendant un temps, il avait constaté que son avis était bien moins considéré qu’auparavant. On le regardait de travers, on se méfiait de lui. Il avait appris également que beaucoup de personnes questionnées pendant l’enquête avaient donné son nom, non pas parce qu’ils le soupçonnaient d’avoir réellement une quelconque implication dans le Cercle, mais plus parce qu’après tout, il appartenait à cette communauté de parias, à ces bêtes sauvages féroces qui cherchaient absolument à se faire passer pour des gens normaux, et qu’il avait donc forcément quelque chose de mal à se reprocher. Et puis après tout, s’était un étranger, et natif de surcroit.
Se sentant alors comme retourné des dizaines d’années en arrière, le sorcier avait bien failli poser sa démission, dégouté par cette société qu’il pensait plus évoluée. Tout le travail qu’il faisait depuis des années au Département mais aussi aux côtés de Cécil semblait bien vite oublié dès que l’Américain moyen se sentait menacé dans son petit confort tranquille. Il ne devait d’être resté que grâce au soutien et aux encouragements de ses amis et de ses collègues qui eux n’avaient jamais douté de sa sincérité.
Alors, depuis six mois, Khaaleb redoublait d’efforts, s’investissant comme jamais dans son travail, essayant de rassurer le ministère toujours plus exigeant avec ses employés. Les autres avaient même fini par oublier que quelques semaines plus tôt ils avaient bien failli foutre sa vie en l’air, le saluant à nouveau dans les couloirs. Lui n’oubliait pas, mais il avait décidé qu’il n’était pas là pour la rancune. Son travail était bien plus important que la considération de ses paires, et il faisait tout pour mettre en avant son combat pour protéger toutes les formes de créatures magiques du pays, travaillant pour cela autant de jour que de nuit, et même les weekends et les jours fériers.

Après s’être arrêté prendre des cafés à emporter, le sorcier tourna à l’angle d’une rue et arriva enfin. Des bandes magiques entouraient la scène de l’accident pour en interdire l’accès aux badauds curieux qui affrontaient même le temps de chien pour essayer de voir ce qui se passait.
Le voyant arriver, un journaliste qui le connaissait approcha, brandissant devant lui un cahier jaune et une plume à papote. Il était plutôt grand et mince, jeune et intrépide, mais le loup aimait sa plume et ses idées.


« Monsieur Tal’ahjon !! Monsieur…hey putain dégage conna...raaa pousse toi là !!! Monsieur Tal’ahjon… Une petite déclaration pour la presse ? Encore une créature dangereuse dans la nature ?? Quand est ce que le trafic magicobus reprendra ? Est-ce qu’on peut s’attendre à une autre attaque ??
- Je n’en sais rien Bobby, tu vois bien que j’arrive à l'instant... » Dit-il en passant la bande magique en se penchant. « Repasse dans une heure et je verrai si on a quelque chose à quelque chose pour toi… »

Laissant là le journaliste et le reste des curieux, Khaaleb s’approcha de la zone sinistrée, saluant des membres de son équipe qui étaient déjà au travail depuis l’aube en leur tendant les gobelets de café. La scène qui apparaissait devant lui avait quelque chose de très cinématographique, dans une esthétique sombre et inquiétante.
Un grand bus violet à trois étages était à moitié couché sur le sol, à moitié en appui sur la façade d’un immeuble, le laissant comme plié en deux, vautrés dans une mare de pavés défoncés. L’avant avait percuté une bouche d’incendie qui bien qu’elle fut coupé alors, avait fini de détremper toute le sol alentour. Une épaisse fumée verte sortait encore du moteur, créant une sorte de brume sur tout le décor. Les vitres du véhicule avaient volées en éclat et s’étaient rependues sur les pavés et sur le trottoir tout comme les pampilles du grand lustre qui trônait toujours au centre du bus.
Tout ça n’était pas beau à voir, mais ce n’était rien en comparaison des marques laissées sur la carrosserie violette. Des mâchoires d’une taille impressionnante avaient éventré la carcasse, déchiquetant des sièges qui se trouvaient à l’intérieur et en rependant le rembourrage. Des coups de griffes avaient lacérés les parois de l’habitacle, rendant presque illisibles les quelques publicités que l’ont pouvait voir d’ordinaire sur le véhicule. En reniflant l’air, on pouvait sentir une forte odeur de souffre, de cuir tanné et si on y prêtait attention, d’urine.
Le sorcier, le regard dur et les sourcils froncés s’avança vers la scène et vers une silhouette qu’il avait tout de suite reconnue. Il s’agissait de Nathan Stanic, le sous-directeur du Département des Transports Magiques. Les deux hommes se connaissaient depuis des années et s’appréciaient sincèrement. C’était Nathan qui l’avait plusieurs années plus tôt poussé à postuler pour le poste de directeur du DRPCM, c’était aussi lui qui lui avait recommandé de rester suite aux évènements récents. C’était un homme bien pour qui il avait lui-même beaucoup de respect bien qu’il se soutint pas tout à fait les mêmes convictions politiques ni certaines de ses relations.
Cela n’empêchait pas aux deux hommes d’êtres amis et de former un duo efficace dans leur travail.


« Salut Nate… » Dit-il en arrivant à sa hauteur et en lui glissant un gobelet de café chaud entre les mains. « C’est pas tout à fait comme ça que j’imaginais mon dimanche matin…et toi ? » Posant sa propre boisson au sol, le géant se ralluma une cigarette avec toujours autant de difficulté. Le vent soufflait toujours plus fort, et une légère bruine avait commencé à tomber. « Alors qu’est ce qu’on a ? »


———————— ϟ ————————

Tomorrow...
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Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 25.06.18 21:04, édité 1 fois
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ϟ Métier : Sous-directeur du département des transports magiques ϟ Âge : 45 ans ϟ Race et sang : Sorcier au sang mêlé ϟ Particularité : Animagus non déclaré (faucon) ϟ Statut civil : Marié

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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   18.06.18 21:18


Ministery's men
Khaaleb & Nathan


Ce n’est pas parce qu’un sorcier était capable de se sécher d’un simple coup de baguette, qu’il était agréable d’apparaître en plein dans une flaque d’eau poisseuse.
Nathan venait en effet de transplaner de chez lui, pile dans la petite mare de neige fondue sur le trottoire d’une rue de Boston. Jurant de mécontentement, il fit un pas de côté, sortit sa baguette et réalisa le sortilège de sécheresse avant de relever la tête vers le triste décors s’offrant à lui.

A l’aube de ce dimanche matin, le Patronus parlant de Patrick l’avait réveillé pour lui demander de connecter d’urgence sa cheminée au réseau de la Poudre de cheminette. Il venait d’avoir un “incident conséquent” concernant le Magicobus. D’abord mal réveillé, la mention du bus magique le mis rapidement sur ses pieds ainsi que son inquiétude pour le personnel de celui-ci. Il connaissait très bien le chauffeur, Greg Lestrade, qui n’était autre que le contrôleur au temps où c’était Nate qui conduisait le véhicule.
Quand son directeur apparu dans son salon, Nate l’accueilli avec une tasse de café noire. Patrick avait sa mine des mauvais jours et il lui expliqua brièvement les premières informations reçues : “d’après les témoignages, le Magicobus se serait fait attaquer par une créature” et vu sa connaissance du véhicule, il le voulait sur place au plus vite.
Les temps troubles de ces six derniers mois avaient fortement ébranlé le Ministère, ainsi que tous ses membres - Nate y compris - qui avaient bossé à plein régime pour redorer leur blason, sali par l’arrestation de Whilelm Greenbatch, le Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale. Il était certain que la population allait leur tomber sur le dos suite à cet accident. D’une manière où d’une autre, ça allait encore être de leur faute : ils auraient dû prévoir, savoir, avoir d’autres moyens de protection, de meilleurs chauffeurs et j’en passe.
Patrick reparti rapidement au Ministère et Nathan, après avoir laissé un petit mot explicatif à son épouse sur la table de la cuisine, sortit à sa suite et transplana directement sur le lieu de l’accident, encore plongé dans la nuit.

La localisation de l’accident, à quelques blocs à peine du Ministère, pourrait créer certains soupçons sur l’origine accidentelle du sinistre lorsqu’on connaissait la longue ligne empruntée par le Magicobus. Si les territoires des Inquisiteurs étaient hors de portée pour des raisons évidentes, le bus faisait des allers retours entre les territoires fondateurs,indépendants, partisans et le Canada. Ce n’était donc peut-être pas une coïncidence si l’accident s’était déroulé précisément ici.  Nate s’approcha de la carcasse du véhicule et eut un pincement au coeur en voyant la tôle familière tordue, les vitres brisées en éclats et les marques terribles sur la carrosserie, prouvant la férocité de l’attaque. Couché sur son flanc, en équilibre sur la façade d’une maison que des membres de la brigade magique consolidaient à l’aide de sortilèges, le véhicule était vide. D’un regard circulaire, Nate localisa avec difficulté dans la fumée verte sortant du moteur, la tente des Médicomages où l’on prodiguait les premiers soins, déjà sur place. Pendant ce temps, on entourait la scène du sinistre d’une bande magique empêchant quiconque d’autres que les premiers secours et les membres du Ministère habilités à se rendre sur place, de s’approcher de trop près. A l’intérieur, on lui donna la liste précise des passagers - une quinzaine - et on l’informa que les blessés les plus graves avaient déjà été transportés à Sainte-Pervenche. A son plus grand désarroi, le chauffeur Lestrade, son ami qui était également un témoin clé, faisait partie de ces derniers. Il ne restait dans la tente magiquement élargie que six personnes avec quelques bleus, et qui se trouvaient au fond du Magicobus. L’un d’eux l’apostropha violemment, lui reprochant cet accident en tant qu’homme du Ministère, et exigeait déjà une indemnisation pour les dommages reçus. Restant calme, Nathan lui assura qu’il fera le nécessaire et ressorti à l’air libre. La brigade de la police magique était en train d’éteindre un à un leur Lumos, maintenant que la pâle lumière du matin éclairait la scène, encore plus sinistre sous les rayons timides du soleil, à moitié caché par d’épais nuages. Des badauds étaient apparus, et des journalistes également, avec leur énorme plume à Papote, reconnaissables de loin.

Contemplant d’un regard sinistre la carcasse du véhicule, Nate était en train de se dire qu’ils n’allaient pas chômer pendant plusieurs jours, quand une voix amicale s’éleva.
Il se retourna et découvrit Khaleeb, le directeur du Département de Régulation et de Protection des Créatures Magiques. De dix ans son cadet, Khaaleb était devenu un véritable ami, qu’il avait ouvertement soutenu durant l’enquête le concernant, enquête faisant partie d’une folie d’autres au sein du Ministère et mettant à bout tous les employés. Après Marshall et Greenbatch, les soupçons parfois justifiés mais, le plus souvent, pas réellement, se dirigeaient vers quiconque sortant un peu de l’ordinaire. Khaaleb avait été une des victimes de cette “chasse aux sorcières”.

Il accueilli le gobelet chaud de café avec reconnaissance - à cette heure ci, le café pris dans sa cuisine ne suffisait pas - et lui offrit un demi sourire.

-Salut, merci ! Répliqua-t-il en levant le gobelet. Et non, non pas vraiment…

Certes, il n’avait en réalité rien de prévu en ce dimanche matin si ce n’est de rester dans son lit chaud.

-Alors, l’accident s’est produit vers 4h du matin. Pour le moment, il n’y a pas de décès mais dix-sept blessés dont onze graves, déjà à Ste Pervenche. Lestrade, le chauffeur en fait partie. Ceux qui restent dans la tente des premiers soins n’ont rien vu et n’ont toujours pas réellement compris ce qui s’est passé, si ce n’est une vermine voulant déjà tirer avantage de la situation. Nate roula des yeux, agacé par le souvenir proche de ce profiteur. D’après la gravité des blessures constatées, l’attaque s’est principalement déroulé sur les trois premiers quarts du bus.

Ensemble, ils s’approchèrent au plus près du Magicobus. Nathan continua.

-Un des Médicomage m’a dit qu’au moins quatre des blessés sont dans un état critique pour cause de brûlure. Mais la plupart ont été dirigés vers Pervenche pour lacérations et morsures graves.

Il frissonna. Tout indiquait la même chose : présence et attaque d’un bête féroce.
Nate plongea son regard dans celui de son collègue, tout en buvant une longue gorgée du liquide chaud.

-Alors... tu penses à quoi ?

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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   25.06.18 21:22


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Il y avait toujours quelque chose d’étonnant à voir le binôme Stanic/Tal’ahjon œuvrer ensemble. Bien sur, les équipes avec lesquelles les deux hommes travaillaient avaient aujourd’hui l’habitude, mais quand on les observait de loin, comme c’était le cas pour les badauds de plus en plus nombreux qui s’agglutinaient de l’autre côté des barrières magiques, il y avait quelque chose d’assez amusant et intrigant dans ce curieux duo. C’est vrai que pour ainsi dire, tout distinguait les deux hommes physiquement, et on s’étonnait toujours qu’ils fussent si bons amis. L’un était d’une taille moyenne sinon petite pour un homme, la peau claire tout comme ses cheveux, l’air profondément sympathique du bon voisin qui vient avec une salade de pattes et une bouteille de jus de citrouille au barbecue du dimanche, un mec droit et jovial qui mène une vie simple et rangée, tendit que l’autre ressemblait plus à un géant à l’air hirsute, sortit tout droit de sa campagne profonde et reculée. Pourtant, contre toute attente, les deux hommes avaient toujours très bien travaillés ensemble, et ils allaient bien avoir besoin de ses années d’expérience pour surmonter l’épreuve qui les attendait présentement.

Alors que Nate lui offrait un débriefing aussi clair que concis sur la situation, le regard de Khaaleb parcourra la carcasse déformée du véhicule à la recherche d’une piste sur laquelle partir. Portant son gobelet de café à ses lèvres, il en but une gorgée et grimaça. Le liquide noir qui n’était déjà pas très bon habituellement était bien pire une fois tiède, et il le savait, ça n’irait pas en s’arrangeant. Finissant sa boisson d’un coup, il sentit son estomac se nouer lorsqu’il apprit que Greg Lestrade, le conducteur du Magicobus qu’il connaissait par l’intermédiaire de Nathan, avait été emporté avec le reste des blessés graves à l’hôpital. Ça n’avait rien de très surprenant : l’avant du véhicule avait été totalement aplati par le choc avec la bouche à incendie et le capot ouvert vomissait comme une bouche ouverte tout ce qu’il contenait de moteur et de technologie magique. Le spectacle n’était pas très beau à voir, et nul doute que le chauffeur qui se trouvait juste derrière avait du subir plus que les autres dans le terrible accident. Cependant, le jeune homme était bien plus inquiet par les marques de lacération qui se trouvaient sur les flancs de la carlingue que par l’aplatissage du moteur façon accordéon.
Voir du coin de l’œil son ami lever les yeux au ciel à l’évocation de l’usager mécontent qui réclamait déjà des dommages et intérêts alors que l’enquête venait à peine de commencer lui arracha un mince sourire moqueur et un peu désabusé. Ce genre de réaction, typiquement américaine, était absolument exaspérante mais pas du tout surprenante. Le service juridique du Macusa allait encore avoir fort à faire dans les heures et les jours à venir.


Suivant son camarade afin de se rapprocher du bus violet, le sorcier pu constater que les dégâts étaient encore plus importants qu’il ne les avait envisagé de loin. Les réparations seraient difficiles. La créature avait du pousser le véhicule contre le mur de l’immeuble qui se trouvait juste derrière, et dans le but de le maintenir immobile avait enfoncé les griffes de ses pattes arrières dans la base de sa structure avant de planter ses ergots dans le sol qui en portait les marques profondes. Une fois sa proie neutralisée, elle s’en était donnée à cœur joie, labourant la tôle en y creusant d’épais sillons aussi facilement que s’il s’agissait de l’opercule d’un pot de Nutella. Il n’y avait pas trop de marques de morsures à l’extérieur, elles se situaient toutes dans l’habitacle, comme si une partie de la bête avait réussie à y pénétrer. Khaaleb n’aimait vraiment pas ça du tout. Il reconnaissait cette manière d’agir, et ce n’était pas bon, mais alors là pas bon du tout.
Une fois que les deux hommes furent au plus proche de la carcasse fumante, le loup s’accroupit et posa un genou à terre. Tendant la main vers un petit as de matière calcinée, il la fit jouer entre ses doigts qui se tintèrent de cendre. Puis se penchant en avant, il approcha son visage des plaques de métal défigurées et renifla plusieurs fois. Une chance pour eux, la pleine Lune n’était passée que de quatre jours ce qui le laissait encore avec des sens particulièrement développés. Cette technique aurait pu en faire sourire plus d'un, mais les personnes qui les entouraient étaient habitués à cette pratique assez lupine et ils n'y prêtaient même plus attention, surtout au vue des résultats (et puis soyons sérieux, ça restait assez discret).  Inspirant lentement, il essaya de distinguer toutes les odeurs qui se trouvaient sur la scène : café, cigarette, bitume, soufre,  fumée, pluie, neige sale et fondue, soufre,  métal, cuir des fauteuils, l’eau de Cologne de Nate, soufre, sang, cirage, poudre de cheminette, soufre, urine, parfum de femme, javel, soufre. Pendant une bonne minute, Khaaleb les détailla tous, essayant de trouver une piste qui démentirait sa première intuition. Mais l’odeur de la scène était formelle, tout comme les traces laissées sur la première victime, le bus, et comme les brûlures sur toutes celles qui suivirent.
Le jeune homme poussa un soupir. Non vraiment, ce n’est pas comme ça qu’il imaginait son dimanche matin.


« Ca ne vas pas te plaire… tu vois ses marques là…et l’affaissement de la carrosserie ici, sur toute la hauteur du bus ? Il n’y a qu’une seule créature qui possède la morphologie pour faire de tels dégâts… sans parler des blessures sur les victimes… oui ça me peut être que ça… » Posant ses mains sur ses genoux pour prendre appui, le loup se redressa de toute sa hauteur et épousseta son long manteau des morceaux de neige qui s’étaient accrochées aux mailles. Un silence pesant s'installa entre eux. Une attente

« C’est un dragon… » Murmura-t-il pour que seul Nathan puisse entendre.

Tournant la tête vers son ami, il le vit ouvrir de grands yeux abasourdit. D’un geste rapide et discret, il posa son index sur sa bouche pour l’encourager au silence. Il était certain que son équipe était déjà arrivée à ses mêmes conclusions, mais il ne voulait pas que la nouvelle face le tour de la scène trop vite. Reportant son attention sur l’endroit où la bête avait appuyé son énorme panse, il commença à détailler chaque centimètre carré du métal brillant.
« La brutalité et la confusion de l’attaque ne me permettent pas encore de te donner plus d’indication sur l’espèce, mais je peux dire qu’il s’agit d’une femelle, plutôt jeune, enfin jeune, je me comprends, et à l’odeur, elle n’a pas mangé depuis quelques jours…Aaaah voila ce que je cherchais… » Une lumière d’excitation passa dans le regard du lycan. Sortant sa baguette de la poche intérieure de son manteau, le jeune homme la dirigea vers une mallette qui se trouvait proche de lui et fit venir à lui à l’aide d’un sortilège d’attraction une paire de gants et une petite poche en plastique. Puis, avec un sortilège de lévitation très précis, il retira de la tôle tordue un petit morceau d’écaille noire qu’il posa dans le pochon avant de le sceller.
Discrètement, il montra sa trouvaille à Nathan avant de noter sur le plastique quelques indications.


« Elle a du perdre ça dans la bataille. C’est parfait, ça va nous permettre d’en apprendre un peu plus sur elle. Les écailles sont comme des cartes d’identités, comme un cheveu… on connaitra son espèce, son âge, là d’où elle vient… tiens…HUDSON !! »  Dit-il à voix haute cette fois en alpaguant un jeune homme au visage parsemé de tâches de sons et aux yeux très clairs qui passait par là. Le garçon avait à peine la vingtaine et se trouvait être un stagiaire passionné fraichement engagé qui faisait tout pour faire ses preuves. Alors qu’il s’approchait de son patron, Khaaleb glissa le pochon contenant l’écaille dans le sac qu’il portait et qui contenait le reste des indices trouvés sur les lieux.
« Dès que vous avez terminé vous retournez aux bureaux et vous m’analysez ce que je viens de te donner en premier.
-Bien Monsieur Tal’ahjon.
-Et je veux être prévenu dès l’instant où vous avez les résultats c’est bien compris ?
-Oui Monsieur.
-Je veux aussi que vous envoyiez des patronus à toutes les réserves du pays, même les plus éloignées, pour savoir s’ils leur manquent un pensionnaire… pas de poudre de cheminette, nous n’avons pas le temps. Je veux aussi que vous contactiez Doyle, s’il y a un trafic dans le coin ou quelque chose de pas net, il sera surement au courant. Tu vas réussir à t’en sortir ?
-Oui Monsieur, ça sera fait Monsieur. » Affirma le jeune homme en faisant un signe à son patron et en s’éloignant l’air investit d’une mission de la plus haute importance vers le reste de l’équipe du Département de RPCM qui remballait son matériel. Ils n’avaient plus rien à faire ici et ils allaient laisser l’équipe du Département des transports magiques et celle de la brigade magique essayer tant bien sur mal de remettre un peu d’ordre dans ce merdier.  

Gardant sa baguette à la main, Khaaleb leva les yeux au ciel, essayant de distinguer dans les nuages menaçants la présence de la dragonne fautive, mais il n’y avait rien, rien d’autre que la fumée verte montant dans l’air et la bruine qui tombait sur eux.
La présence d’une telle créature dans la capitale sorcière était plus que surprenante, étrange même. Le ministère de la magie contrôlait scrupuleusement chacune des colonies qui persistaient sur le sol américain avec un soin tout particulier, et même les très rares individus qui avaient élus domicile dans les décombres du Boston Moldu étaient surveillés de très près. Il y avait peu de risque pour que la bête soit issue de ces lieux surveillés. Mais alors d’où venait-elle ? Que pouvait-elle bien faire ici ? Et surtout, pourquoi s’en prendre au magicobus, alors qu’il aurait été plus simple d’attaquer une proie plus faible et moins rapide comme un passant ou un sdf endormi. Le sorcier ne s’expliquait pas tout cela, mais il comptait bien trouver une réponse à ces questions.


« Je serai d’avis d’aller directement à Sainte Pervenche, histoire de voir si quelqu’un a plus de détail sur l’accident… et de voir dans quel état sont les victimes.» Khaaleb mis ses mains dans ses poches et poussa un profond soupir, jetant un dernier coup d’œil à la carcasse du véhicule magique. « Il faut qu’on comprenne ce qui l’a poussé à attaquer le magicobus… et qu’on la retrouve avant qu’elle ne fasse plus de dégâts… ou que quelqu’un lui fasse du mal… » Se tournant vers Nathan, il le regarda dans les yeux, conscient des risques qu’ils courraient tous les deux à se jeter ainsi dans une chasse au monstre.  

« Tu viens avec moi ? »

Mais après tout, c’était ce qu’ils devaient faire, eux, les hommes du ministère.


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Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 07.07.18 12:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   30.06.18 16:39


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



Nate observait avec attention son collègue s'abaisser au plus près du bus accidenté. Le genou à terre, Khaaleb utilisa à bon escient les avantages de sa condition de loup en reniflant discrètement pour analyser les odeurs qu'un sorcier "normal" serait incapable de détecter. Ce n'était pas la première fois que Nathan voyait ce genre de comportement  chez lui et il ne s'en étonna donc pas.
Après les accusations injustes et racistes qu'il avait subit, le sous-directeur du département des transports magiques fut néanmoins heureux que sa recherche d'indices façon loup-garou, fut discrète. Inutile de donner plus d'armes aux détracteurs, même si les gens aux alentours avaient d'autres choses à penser pour se rappeler que "Oh par Merlin ! Un loup parmi nous !".
Au bout d'une minute ou deux, Khaaleb avança sa théorie à mi voix, pour n'être entendu que par son collègue. Un dragon. Un putain de dragon. En liberté au dessus de Boston ! Ou s'était-il déjà envolé bien plus loin ? Comment savoir ?
Nate ne mit pas une seule seconde en doute les conclusions de son ami. D'ailleurs, alors qu'il ouvrait la bouche, sous le choc, et hochait la tête pour lui montrer qu'il avait bien compris la signification de son doigt sur ses lèvres, il réfléchissait déjà aux mesures nécessaires à prendre pour la sécurité des voyageurs mais également, à la reprise rapide d'un moyen de transport alternatif pour compenser l'arrêt momentanée du Magicobus. Mais quel était ce moyen si on voulait rester prudent quand une dragonne se baladait dans le ciel ?

Nate observa Khaaleb ramasser avec une joie d'enfant un indice précieux et donner ses instructions à un jeune clairement avide de faire ses preuves. Alors que le gamin s'éloignait et que son collègue levait les yeux au ciel, Nate murmura.

-Tu as besoin de combien de temps ? Il va falloir faire vite. Je ne peux pas garder longtemps sous silence qu'une dragonne se ballade dans le ciel. Il en va de la sécurité de beaucoup de personnes, ne serait-ce que ceux qui prennent leur balai quotidiennement.

Son inquiétude était palpable. Nathan ne comprenait pas pourquoi la bête avait attaqué un moyen de transport et s'était éloignée tranquillement, sans s'en prendre à d'autres toitures ou façade. Ca n'avait aucun sens à moins que... à moins qu'elle ne pistait quelqu'un, ou quelque chose dans ce bus.

-Bien sûr que je viens avec toi, affirma gravement Nate lorsque Khaaleb lui demanda s'il l'accompagnait à Ste Pervenche. Attends moi juste deux minutes.

Nate alla donner ses instructions à ses collègues, suggérant qu'il serait plus aisé de réduire magiquement le bus pour le transporter au garage mais qu'il fallait pour ça s'assurer de la stabilité de la façade sur laquelle il avait terminé sa course.  Il comptait sur une réparation rapide et voulait être tenu au courant de toutes les difficultés dans ce processus, ce qui serait inévitable vu les dégâts créés par une créature magique. S'ils avaient de la chance, le bus serait remis en état d'ici demain, mais Nate en doutait. Il allait falloir se creuser la tête pour offrir une alternative de qualité et en sécurité aux utilisateurs. Il leur demanda également de lui envoyer au plus vite un background plus poussé de chacun des passagers.

Il retourna ensuite vers son ami - être à proximité du loup n'était jamais quelque chose de flatteur pour lui; à ses côtés, il ressemblait à un hobbit - et ils transplanèrent ensemble dans le hall de Ste Pervenche, pile à l'endroit réservé pour ce fait.
Comme il était d'usage, ils s'écartèrent promptement d'un pas pour laisser la place à d'éventuels suivants et Nate observa ce lieu tristement familier pour lui.
Comme à son habitude, le hall de l'hôpital grouillait de monde : des patients, des proches, des guérisseurs et des médicomages, ainsi que les autres membres du personnel, reconnaissables à l’emblème de Ste Pervenche brodés sur leur robe et représentant une croix avec une baguette et un os.
Il se dirigea vers Miss Hooper, la sorcière d'accueil qu'il connaissait bien et prit la parole.

-Salut Molly. On est ici pour les onze blessés de l'attaque du Magicobus survenue au petit matin. Vous auriez des nouvelles ?


-Bonjour Nathan ! Euh, attendez, je vérifie.

La jeune femme envoya deux parchemins dans un petit tube allant vers le plafond. Tandis que ceux-ci étaient aspirés vers le haut en direction des services compétents - celui des accidents matériels et celui des blessures par créatures vivantes - Molly l'informa d'une bonne nouvelle.

-Tant que vous êtes là, je voulais vous dire que le chantier de la rénovation du deuxième est en bonne voie ! Je sais que vous avez milité pour un meilleur accueil des proches des patients.

Nate sourit et hocha la tête. Il était heureux que cela bouge enfin mais ne désirait pas revenir à cet étage de l'hôpital qui avait vu les yeux de sa petite fille se fermer pour la dernière fois. Il pensa brièvement à Flora, chassant momentanément les cauchemars du service des virus et microbes magiques par les promesses à la fois creuses et si vivantes de la jeune femme.

-Super, c'est une excellente nouvelle, déclara-t-il, sincère. J'en suis bien heureux.

Tentant de cacher son angoisse de devoir à nouveau subir la perte d'un proche entre ses murs, il tapota distraitement ses doigts sur sa cuisse. Mais Greg était un costaud, il allait se battre, Nate le savait. Il savait pourtant aussi que, parfois, cela ne suffisait malheureusement pas. Le visage blanc de Rosie réapparu devant ses yeux et il déglutit. Décidément, les hôpitaux, ça ne lui réussissaient jamais.
Heureusement, Molly reçu les réponses pile à ce moment et les lu à voix haute à l'attention de ses deux interlocuteurs.

-Sur les onze blessés ici, quatre ont été admis pour brûlure, cinq pour lacérations et deux pour blessures accidentelles. Malheureusement, une personne est décédée. Un certain Monsieur Moriarty. Ils n'ont rien pu faire. Un animal non identifié lui a planté un croc ou une griffe dans la tête.

Malgré ce terrible bilan, le soulagement envahi Nate. Lestrade était vivant.

-Est-ce qu'on peut déjà en interroger certains ?

-Oui, affirma Molly, tout en continuant de lire les mots griffonnés sur le parchemin. Deux des brûlés sont déjà sorti de la salle de réveil et se reposent dans leur chambre. Le couple Stamford, Mike et... Stacey. Salle 11.

-Est-ce que tu en saurais un peu plus sur le chauffeur ? Lestrade ? Greg Lestrade ?

-Non. S'il n'est pas mentionné ici, c'est qu'il est encore en salle de soins.

Nate hocha la tête en soupirant, la remercia et entraîna Khaaleb dans ce dédale qu'il connaissait bien. Le couple Stamford se trouvait au premier étage - service des blessures par créatures vivantes - et Nate en profita pour lui faire part de ce qu'il avait pensé tout à l'heure.

-Je ne sais pas ce que tu en penses mais... je me dis que c'est étrange qu'elle n'ait attaqué que le magicobus (Il prit soin de ne pas mentionner le mot dragonne dans un couloir d'hôpital). Serait-ce possible qu'il y avait quelque chose ou quelqu'un qui l'intéressait particulièrement à l'intérieur ? J'ai demandé un background plus précis des passagers, qu'on m'enverra au plus vite ici.

Il attendit la réponse de son ami avant de pénétrer dans la salle 11 du service des blessures par créatures vivantes.

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   07.07.18 12:25


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Dans un CRAC sonore, les deux hommes arrivèrent dans la zone de transplanage de l’hôpital St Pervenche. Immédiatement, la sensation d’étouffement disparue, et l’air pu à nouveau rentrer dans leurs poumons. D’un geste devenu habituel dans ce genre de situation, Khaaleb se passa une main du l’épaule, à l’endroit où il avait reçu une balle d’argent. Même si le temps passait, une gêne se faisait toujours ressentir lorsqu’il transplanait, une sorte d’étirement dans ses chaires qui demeurait.
Après avoir salué d’un signe de la tête la sorcière dénommée Molly qui tenait l’accueil depuis des années, le jeune homme s’écarta légèrement, laissant Nathan poser les questions qu’il fallait. Ici, il faisait moins humide qu’à l’extérieur, et il régnait dans le hall de l’hôpital une chaleur apaisante. Tout en faisant craquer discrètement son épaule, il laissa son regard balayer la salle sur laquelle l’entrée du bâtiment s’ouvrait. Le bâtiment dans lequel se trouvait la clinique datait comme beaucoup d’autres dans Boston du début du 20ème siècle, et l’architecture de ses salles s’en ressentait. Des lignes et des angles droits, une esthétique à la fois raffinée et industrielle, un mélange de briques et de pierres, de structures en métal apparent et de meubles en bois vernis. Au plafond du hall d’attente, une verrière splendide aux motifs colorés et géométriques laissait transparaitre une lumière douce.  C’était une audacieuse combinaison de multiples influences, dans laquelle la diversité des patients accentuait l’impression de cacophonie visuelle. Depuis la grande révélation, l’établissement avait pu sortir de la clandestinité, et s’il existait encore aujourd’hui de puissants sortilèges de protection pour sauvegarder ses murs et ses lits, on n’avait plus à y rentrer par un passage secret, ce qui faisait gagner un temps considérable.
Un peu partout, dans une organisation que personne ne pouvait comprendre, s’alignaient des rangées de fauteuils sur lesquels les visiteurs et les patients en attente de soins attendaient justement. Il y avait aussi quelques chariots remplis de produits poussés par des guérisseurs et des aides soignants, et un brancard sur lequel était allongé un homme au visage bleu. Il n’y avait pas grand monde pour le moment, après tout, il était encore tôt dans la mâtiné, mais Khaaleb savait que s’ils n’arrivaient pas à retrouver la dragonne dans les plus bref délais, cette salle serait bien vite pleine à craquer. Il avait hésité à donner tout de suite l’alerte, à informer chaque habitant de la ville de rester bien caché chez soi, chaque employé de se calfeutrer dans son bureau, mais ce genre de scénario appelait à la panique générale, et ça il fallait l’éviter dans la mesure du possible. Le loup avait aussi en tête d’essayer de comprendre les intentions de la créature avant de faire la moindre déclaration à la presse et d’informer la population. La psychologie d’un dragon n’était pas quelque chose de simple à comprendre. Ces êtres millénaires avaient une force et un lien avec la magie que les humains ne pouvaient même pas appréhender. Cependant, l’étude approfondie de leur comportement avait appris au Magizoologue plusieurs choses sur leur espèce : un dragon n’agit pas au hasard, et n’attaque pas pour le plaisir, surtout pas une femelle qui a ses petits à protéger. Il pouvait arriver à une époque que des mâles de grande envergure ravagent des régions entières pour le simple plaisir de leurs flammes, mais ça n’était plus arrivé depuis des décennies, et l’instinct du loup lui disait que la situation dans laquelle ils se trouvaient était bien différente.  Si vraiment la dragonne avait voulu du sang, il y aurait eu beaucoup plus de blessés graves, voir de morts sur les brancards de l’hôpital. Si elle avait voulu se nourrir, ils auraient retrouvé le bus totalement calciné : les dragons mangeaient leur viande cuite. Non, il y avait quelque chose dans le magicobus qui l’avait attiré, et quelque chose qui l’avait fait fuir, à n’en point douter. Il avait du se passer un évènement qui l’avait surprise, et elle s’était vu contrainte de battre en retraite. Il y avait donc de fortes chances pour que la bête soit blessée, et qu’elle ait trouvé un endroit pour se cacher en attentant de retrouver ses forces et la piste de sa proie.

Tournant le visage vers son collègue qui se trouvait tout proche de lui, Khaaleb constata qu’il avait les traits tendus et la mâchoire crispée. Nathan Stanic avait eu son quota d’hôpitaux pour toute une vie, et il savait que revenir sur les lieux qui avaient vu les derniers instants de vie de sa fille était à chaque fois une épreuve colossale. Lui-même avait connu Rosie avant l’annonce de sa maladie, il l’avait croisée au pot de Noël du ministère, aux fêtes des services, aux journées « amène tes enfants au travail ». C’était une enfant rayonnante, qui ressemblait beaucoup à son père dans bien des aspects. Elle avait un sourire, un humour et une grande intelligence malgré son jeune âge qui donnait une image incroyable de la femme qu’elle aurait pu devenir. Mais le destin en avait décidé autrement, et le jeune homme avait du supporter de voir son ami changer, sombrer dans le chagrin, sans parvenir à savoir comment l’aider.
C’est que cette histoire lui était étrangement familière, et la voir vivre d’une certaine façon par d’autre lui était alors extrêmement douloureux. Lui aussi avait vécu des instants terribles dans cet hôpital : c’était ici, dans un bureau à quelques étages au dessus, qu’on lui avait appris la présence de cellules cancéreuses dans son organisme. Qu’on lui avait aussi expliqué que les remèdes magiques ne fonctionnaient pas, qu’il allait devoir partir dans un autre établissement pour recevoir des soins moldus. A cette époque, Khaaleb s’était senti trahit par la magie, trahit par la vie tout simplement, et il savait que Nathan avait ressenti la même chose pendant les longues semaines de trépas de son enfant. Aucun parent ne devrait jamais avoir à enterrer son enfant. Pourtant, c’était ce que les Stanic avaient du faire, et encore aujourd’hui, le sorcier se reprochait de ne pas avoir été plus présent pour les soutenir alors.

Voyant un message redescendre le long du tube, le loup se rapprocha de Nathan qui attendait accoudé au comptoir de l’accueil. Bien que soulagé de savoir Greg hors de danger, Molly leur appris une nouvelle accablante : le dragon avait fait une première victime. Un certain Moriarty qui avait subit des blessures considérables et qui n’en avait pas réchappé. Cette nouvelle ne surpris pas vraiment le jeune homme. Dans un cas d’attaque de dragon, il était même surprenant qu’il y eu des survivants… très surprenant même.
Suivant Nate qui le guidait dans les étages afin d’aller interroger leurs seuls témoins oculaires, le jeune homme commençait à réfléchir à une hypothèse qui lui semblait de moins en moins invraisemblable et qui était renforcée par le fait de voir que son collègue en arrivait aux mêmes conclusions. Murmurant presque Khaaleb jetait des coups d’œil devant chaque salle qu’ils croisaient pour s’assuré de n’être entendu de personne.


« Je suis d’accord avec toi… même affamée, il n’y a aucune raison pour qu’elle prenne le bus pour cible, c’est trop gros, trop rapide, non ça ne colle pas du tout…je suis presque sur qu’elle cherchait quelque chose à l’intérieur… ou comme tu dis, quelqu’un. Peut être même l’a-t-elle trouvé… »
Après une volée de marches, ils arrivèrent sur le palier du service des blessures par créatures vivantes - un endroit qu’il connaissait bien – et alors qu’il s’avançait pour pousser la porte d’entrée, il se retourna vers son ami avec un air entendu. « Tu ne trouves pas que c’est étrange de n’avoir qu’un seul décès ? »

Sans laissé le temps à Nate de répondre, il franchit le palier du service. Sous leurs yeux s’ouvrit un couloir de grande taille, aux murs couverts de lambris foncés. Les lumières étaient tamisées et donnaient l’impression d’être en permanence au crépuscule. Un peu plus loin, un guérisseur remarqua leur présence et vint à leur rencontre. Immédiatement, le directeur du DRPCM sortit de la poche intérieure de son manteau une sorte de portefeuille qui contenait sa plaque (ouai je sais c’est cliché mais c’est la classe quand même) et la montra à l’homme qui se trouvait à présent juste devant lui.

« Bonjour, nous venons voir Mike et Stacey Stanford…
-Oui bien sur, Molly vient de me prévenir, venez suivez-moi c’est juste ici… » Ils arrivèrent devant une porte en bois sur laquelle se trouvait des lettres blanches indiquant le numéro 11. « Essayez de les ménager…ils sont encore sous le choc. »

Khaaleb fit un signe de tête pour acquiescer et il entra dans la pièce dont l’homme venait d’ouvrir la porte. La chambre n’était pas immense mais suffisamment spacieuse pour accueillir deux lits et tout le matériel médical. L’endroit était décoré de la même façon que le reste de l’hôpital, avec des moulures géométriques et du lambris foncés et vernis. Le couple était étendu sur des brancards, visiblement depuis peu de temps. Ils avaient de nombreux bandages, ainsi qu’une substance jaunâtre posée en pommade sur leurs chaires brûlées. La femme, qui avait subit plus de dommages que son époux, était visiblement en train de dormir. A pas de loup, le jeune homme se rapprocha donc de Mike Stanford qui avait un bandage autour de la tête et qui ouvrait des yeux ronds en voyant un duo pareil entrer dans sa chambre.

« Bonjour Monsieur Stanford, je suis Khaaleb Tal’ahjon, voici Nathan Stanic, nous travaillons tout les deux pour le ministère. »
Dit-il d’une voix calme et étonnamment apaisante.
- Oui je sais qui vous êtes… Pourquoi, pourquoi êtes-vous là ?
- Si vous acceptez, nous aurions quelques questions à vous poser sur ce qui s’est passé ce matin ? »

Pendant quelques instants, Mike Stanford hésita, regardant ce géant natif et son camarade hobbit avec appréhension, puis il se radoucit et fit un signe positif de la tête. Le loup tira une chaise près du lit sur lequel il s’installa et sortit de son manteau un calepin et un crayon.

« Pourriez-vous nous raconter ce qui vous est arrivé, depuis que vous êtes monté dans le bus ?
- Nous sommes montés dans le magicobus à Seattle, où nous étions en visite chez des amis. Comme il était tard, nous avons décidé qu’il était plus sur de ne pas transplaner et de prendre le bus. » L’homme fit une pause, essayant de se redresser un peu sur son coussin, mais il ne parvint qu’à se faire grimacer de douleur. « Au début, il n’y avait rien de particulier. Il était très tôt et la plupart des voyageurs dormaient. Nous aussi d’ailleurs.
- Et il ne s’est rien passé d’étrange avant l’attaque ?
- Non, je vous dis, rien de bizarre… enfin il y a ces deux types qui sont entrés en s’engueulant au premier arrêt de Boston, ça m’a réveillé. Ils étaient assis pas loin devant nous et ils n’étaient à parement pas très d’accord sur le je sais plus trop quoi… enfin en tout cas ils semblaient pressés… on était pas reparti depuis trente seconde que…bah que c’est arrivé.
- Pouvez-vous nous décrire la scène ?
-Je ne sais plus trop bien… c’est assez flou en fait, ça s’est passé en quelques secondes… Il y a eu un grand choc, comme si on avait été percuté par un autre bus, en tout cas quelque chose de massif. On a été projeté contre une façade, et toutes les vitres ont volé en éclat. Il y avait des bruits terribles comme les grondements du tonnerre, des gens hurlaient et il a fait soudain très chaud. Il y a eu une nouvelle secousse et une valise est tombée sur ma tête et m’a assommé.
-Vous n’avez pas vu ce qui s’est passé après ?
-Non, je vous dis je me suis évanoui à ce moment là et je me suis réveillé à l’hôpital…
- Et les deux hommes que vous aviez vu monter ?
-Rien je…
-Il y en a un qui est a foncé vers le fond du bus… »
Tous les visages se retournèrent vers là d’où provenait la voix. Stacey Stanford venait d’ouvrir difficilement les yeux. Sa voix était faible, comme un murmure. Son mari, visiblement très inquiet, la supplia de ne pas parler et de ne pas faire trop d’efforts, mais elle leva la main pour le faire taire. Elle semblait très affaiblit, mais ses idées étaient claires.
« Après la deuxième secousse, l’un des deux hommes s’est précipité vers le fond du bus…il tenait quelque chose dans ses bras, enveloppé dans un linge, comme un bébé… l’autre a essayé de le rejoindre, mais il n’a pas eu le temps… des…des griffes ont commencé à déchirer la carrosserie, et là une tête affreuse, avec un long cou est entrée dans le véhicule. Elle s’est rué sur l’homme qui était resté là, et elle l’a…elle l’a…oh mon dieu. » Se prenant le visage dans les mains, elle fut secoué d’effroi pendant quelques instants. Aucun des hommes présents dans la pièce n’osaient rien dire ou rien faire. Au bout de quelques secondes, elle se ressaisit et renifla sans prendre la peine de le cacher. « C’est alors que des étincelles ont frappé la chose, aux yeux je crois, ça venait de la cabine du conducteur. Elle n’a pas eu l’air d’apprécier, car elle a commencé à cracher du feu…c’est là que j’ai été touché, mais elle est partie, en poussant un cri… un cri terrible. »

Le témoignage pris fin. Khaaleb comme les deux autres hommes, restèrent silencieux quelques instants afin d’assimiler tout ce qu’ils venaient d’entendre. Cette histoire commençait à puer de plus en plus, et l’idée que l’attaque fut dirigée vers quelqu’un en particulier commençait à devenir évidente pour le loup. Quelque chose d’autre avait attiré l’attention du jeune homme : il y avait un homme qui accompagnait leur première victime. Un homme qui a première vue s’en était sorti. Un homme dont ils allaient devoir retrouver la trace.
Après avoir remercié le couple Stanford et avoir pris congé, les deux collègues se retrouvèrent dans le couloir. S’appuyant contre l’un des murs, le natif passa sa main sur sa barbe dans un geste inconscient, comme souvent lorsqu’il réfléchissait. Le témoignage du couple n’avait fait que renforcer l’hypothèse selon laquelle l’attaque avait bien été lancée dans le but d’atteindre quelque chose de précis, sinon la dragonne aurait directement ouvert le feu. Elle n’avait pas attaqué au hasard, il était donc certain que sa première victime avait forcément quelque chose à leur apprendre. Il releva le visage vers son ami… il n’allait pas aimer ça.


« Je vais descendre à la morgue… je ne sais pas ce que tu en penses mais quelque chose me dit que ce Moriarty n’est pas juste une victime collatérale dans cette affaire… »

Khaaleb pouvait voir sur le visage de Nate toute l’appréhension que pouvait créer une visite dans les sous-sols de l’hôpital, mais il le vit acquiescer et les deux hommes se remirent donc en route. La morgue était, comme bien souvent, mise un peu à l’écart du reste des services de soins. Il y fait sombre et froid toute l’année. Contrairement au reste du bâtiment, elle n’était pas très décorée et on y retrouvait bien plus l’ambiance aseptisée des hôpitaux. C’était aussi un endroit où l’on voyait des restes de l’époque où la médecine magique et moldue avait essayée d’apprendre l’une de l’autre. Il y avait de nombreux casiers frigorifiques (aujourd’hui alimentés par magie), des tables en inox, et des outils de médecine moderne. Dès qu’ils eurent passés le sas d’entrée, un homme d’une trentaine d’années, le tin très pâle et les cheveux attaché en queue de cheval vint à leur rencontre. Il s’agissait d’Allan Hooper, le médecin légiste que Khaaleb connaissait bien. C’était un très bon légiste, qui comme tous les gens de sa profession avait une fâcheuse tendance à parler tout seul et à avoir un humour bien particulier. C’était aussi un fou de jeu de carte moldu. Il y avait d’ailleurs souvent perdu son salaire, et il jouait à présent tout ce qu’il ne possédait pas. De cette façon, le loup avait déjà gagné contre lui le mont Rochemaure, L’empire State Building et la cité de Téotiuacan.

« Khaaleb !! Qu’est ce que tu fous dans mes frigos ? Tu veux prendre ta revanche c’est ça ?
- Non pas cette fois Allan… on vient pour le corps qu’on t’a apporté ce matin.
- Oula… il est à vous ? Et bah mon ami… j’espère que t’as rien mangé ce matin, parce que là dans le genre hachis…
-Où est-il ?
- Dans le 221B… j’allais m’y mettre d’ailleurs. »

Faisant un signe pour inviter les deux hommes à le suivre, le légiste traversa son bureau et les guida vers un grand mur où s’alignait des portes en inox brillantes. D’un geste maitrisé et de nombreuses fois répétés, Hooper ouvrit la poignée du coffre correspondant au numéro indiqué et tira le lit mortuaire sur lequel le corps avait été installé. Comme il l’avait avertit, ce n’était en effet pas très beau à voir, et le sorcier sentit son collègue se crisper et détourner les yeux. Ce pauvre homme, quelques fut ses crimes, n’avait pas eu la moindre chance. La bête avait saisit la tête avec ses crocs pour ne pas lui laisser la possibilité de s’échapper. Il y avait de profondes lacérations, dévoilant à certains endroits les os de la victime. La peau du visage et de tout le haut du corps était couvertes de plaques et de cloques blanchâtres, comme si elle avait presque fondu. Toute identification était impossible, hormis par fichier dentaire.
Bien que la scène fût particulièrement intenable, Khaaleb restait de marbre. Sa condition lycanthropique le faisait relativiser sur bien des aspects, et même si ce n’était vraiment pas joli à voir, ce n’était pas la première fois qu’il voyait un mort. Alors que le légiste y allait de ses premières conclusions, le loup observait le corps, tournant autour, essayant d’inspecter chaque partie de sa peau. C’était difficile au vu des dégâts, mais plusieurs éléments lui sautèrent aux yeux, sans qu’il en fasse part immédiatement.
Au bout de quelques minutes, il se redressa et se tourna vers le magicomage.


« Bien, je pense que j’ai ce qu’il me faut… tu nous enverras une copie de ton rapport dès que tu auras fini ? Et nous aurions aussi besoin de ses relevés dentaires… il n’a plus d’empreintes digitales…
- Ca marche… je m’y mets tout de suite. »

Laissant là Hooper et le corps du fameux Moriarty, Khaaleb se dirigea vers la sortie. Mais plutôt que de remonter vers la surface, il s’arrêta dans le couloir, après s’être assuré que personne ne pouvait les entendre. Il avait besoin d’avoir l’avis de son collègue sur cette situation qui commençait à sentir le roussi.

« C’est bien ce que je pensais… ce Moriarty avait des traces de brûlures plus anciennes et déjà cicatrisées, il y avait aussi une odeur sur ses mains, du cuir de dragon… et une odeur plus ancienne, comme s’il s’était déjà lavé, de phéromones naturels…c’est ce qu’on utilise lorsqu’on veut approcher ces créatures sans les rendre agressifs… » Il prit une profonde inspiration. Plus les morceaux se collaient dans sa tête, plus il sentait que cette histoire puait. « Voila ce que je pense… l’homme qui se trouve sur la table de Hooper devait être un trafiquant biomagique spécialisé dans le dragon… je ne sais pas ce qu’il a fait, mais s’était assez pour la mettre en colère et la lancer à sa recherche… mais quelque chose me dit qu’elle ne se contentera pas de cette mort… » Redressant le visage, il regarda son ami avec intensité. « Nous allons devoir retrouver le deuxième homme… »

Celui qui était entré avec la victime dans le magicobus. Celui qui s’était réfugié dans le fond du bus loin des assauts de la dragonne. Celui qui avait déjà du être relâché dans la nature par leurs propres équipes.



———————— ϟ ————————

Tomorrow...
and every other days...


Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 06.08.18 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   19.07.18 15:18


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



Devant la salle 11 du service des blessures par créatures vivantes, Khaaleb lui affirma qu'il trouvait lui aussi certains éléments troublants : pourquoi une femelle dragon avait délibérément attaqué un Magicobus ? Pourquoi s'être contenté de ça ? Pourquoi n'y avait-il pas plus de blessés et de décès ? Et surtout, est-ce que cela signifiait que l'animal cherchait quelque chose ou quelqu'un à l'intérieur du véhicule ?
Tous deux en venaient naturellement aux mêmes conclusions avant de pénétrer dans la salle où se trouvaient les deux seules victimes en état de témoigner.
Nate laissa le soin à Khaaleb de diriger ce mini interrogatoire et resta debout derrière lui. Silencieux, il observait le couple Stamford. L'époux, Mike, devait avoir une quarantaine d'années. Son visage rond était entouré d'un bandage mais on pouvait encore distinguer ses traits. De toute évidence, et vu les endroits de son corps recouverts d'une pommade jaunâtre, il n'avait pas subit de brûlure à la tête et pouvait donc porter ses petites lunettes ovales sans difficultés. Sa blessure crânienne fut rapidement expliquée lorsqu'il raconta qu'il avait assez vite été assommé. Déçu par le manque d'informations qu'il pouvait leur donner - malgré qu'il ait révélé un détail crucial sur l'arrivée de deux hommes se disputant juste avant l'attaque, au premier arrêt de Boston - Nate soupira. Il en voulait plus, bien plus, pour parvenir à résoudre ce mystère le plus vite possible. C'est à ce moment que l'épouse Stamford, qu'il pensait endormie, prit la parole.
Le regard du sous-directeur se porta donc sur elle. Sa voix était faible et elle parlait en grimaçant, visiblement souffrante. Le regard foudroyant et décidé qu'elle lança à son mari lorsque celui-ci la supplia de ne pas faire trop d'effort, prouva qu'elle avait encore les idées claires. Elle voulait parler, parce que c'était important, et était encore tout à fait capable de diriger Mike Stamford à la baguette.
Elle leur révéla qu'un des deux hommes s'était précipité vers l'arrière du bus en portant quelque chose dans ses bras "enveloppé dans un linge, comme un bébé". Que le deuxième homme - le décédé - avait tenté de le rejoindre mais que la bête féroce l'avait attaqué avant qu'il ne puisse faire le moindre geste. Qu'un des occupants du bus avait eu la présence d'esprit d'attaquer les yeux de l'animal et que la dragonne, furieuse, avait alors craché du feu avant de déguerpir. Était-ce Lestrade qui, écrasé par le choc, avait lancé le sortilège ? Ou plus probablement sa contrôleuse Donovan ? Ou simplement un autre passager se trouvant près de la cabine du chauffeur ?

Les deux hommes du Ministère prirent congé du couple en les remerciant chaleureusement pour leur collaboration et en leur souhaitant un prompt rétablissement.
Ils sortirent de la salle et s'adossèrent au mur du couloir, tous deux pensifs et silencieux. La dragonne avait bel et bien attaqué délibérément le Magicobus, poursuivant deux hommes en particulier. Cela rassurait légèrement Nate, en charge des transports magiques. Il y avait une probabilité importante qu'elle n'attaque donc pas des innocents. Sauf... sauf si elle était énervée. Cela restait probable également. Mais quelle parade pouvait-il trouver pour justifier un arrêt des transports dans le ciel américain ? Il ne voyait qu'une solution... des mauvaises conditions météorologiques. Ce ne serait que des recommandations et beaucoup ne les suivraient pas mais c'était déjà diminuer la circulation d'au moins cinquante pour cents.

Khaaleb le sortit de ses pensées en expliquant qu'il allait se rendre à la morgue. Nate grimaça même si son collègue avait raison. Ce Moriarty n'était certainement pas qu'un simple dommage collatéral de l'attaque. N'avait-il pas tenté de rejoindre leur principal suspect ?

-Oui, je le pense aussi, déclara-t-il, alors que son rythme cardiaque accélérait pour compenser son appréhension.

Ce n'est pas qu'il avait peur des morts. Après avoir vu une personne aimée sans vie, ce n'est plus la mort qui vous effraie. Ce sont les souvenirs et l'idée atroce que, plus on voit des cadavres, plus on oublie à quoi ressemble les vivants. Heureusement, Nathan n'en voyait pas tant que ça. Sur les lieux d'accidents fatals, il descendait rarement sur place, sauf circonstances exceptionnelles comme ce matin.
Les deux hommes se dirigèrent ainsi vers les sous-sols de Ste Pervenche. Après la mort de Rosie, le personnel avait dirigé son petit corps d’adolescente dans un des frigos. C’était la première fois qu’il entrait dans la morgue - à l’époque, les soigneurs l’avaient empêché de camper au plus près de sa petite fille lorsqu’il n’y eut plus aucun espoir pour elle - mais à la vue de ces frigos où elle avait reposé, il du se forcer à ne pas faire un pas de recul. La pièce n’avait pourtant rien de malveillant et cette sensation fut d’ailleurs renforcé par la joyeuse présence d’un légiste que Khaaleb semblait bien connaître. Hooper les dirigea vers le frigo 221B mais, quand il fit apparaître le corps, Nate ne pu s'empêcher de détourner les yeux. Un visage en lambeaux n’est jamais très beau à voir. Il pensa immédiatement aux parents de ce pauvre bougre qui devrait venir ici pour l’identification formelle. Dans la mort, Rosie n’avait heureusement pas été défigurée et restait aussi jolie que paisible. Le père et la mère Moriarty n’auront pas cette chance.
Presque en apné, Nate attendit patiemment la fin de l’analyse méticuleuse du corps par son collègue. Puis, il se dépêcha de le suivre dans le couloir lorsqu’il eu fini. Vérifiant qu’ils étaient seuls avant de prendre la parole, Khaaleb lui expliqua tout ce qu’il avait découvert : Moriarty devait être un trafiquant biomagique spécialisé dans les dragons. Nate hocha la tête en fermant les yeux et en s’appuyant sur le mur. Légèrement transpirant, il tentait de chasser le visage raidi de Rosie pour la revoir rire à gorge déployé. Il y arriva et en fut soulagé.

-Tu penses donc que la dragonne n’a pas récupéré ce qu’elle recherchait ? Et que c’est ce deuxième homme qui le détient toujours ?


Il avait parlé en gardant ses yeux fermés. Puis, l’adrénaline aidant, il les rouvrit subitement.

-Ne me dis pas… cette chose “enveloppé dans un linge comme un bébé”... ne me dis pas que c’est un bébé dragon ? Ou un oeuf ? Ca ne peut être que ça… ?

Comment ne pas s’inquiéter de la rage d’une mère désirant retrouver son petit ?  Voilà pourquoi elle n’avait pas attaqué le Magicobus entièrement !
Et voilà pourquoi ils devaient retrouver le deuxième homme au plus vite. En plus d’être en danger, il risquait la vie de la population autour de lui !

-Retournons à l’accueil, Molly a surement reçu les infos concernant les passagers non admis.

Les deux hommes retournèrent donc auprès de la réceptionniste qui tendit une dizaine de parchemins à Nate.
Celui ci la remercia et entraîna Khaaleb vers les sièges de la salle d’attente. Dans le remue ménage incessant, personne ne ferait attention à eux.
Tout en montrant les fiches à son collègue, Nate lisait à voix basse les informations principales qu’elles contenaient sur leurs six potentiels suspects.

-Mark Gatiss… 45 ans. Bosse pour Cractok. Stephen Moffat, 42 ans, fabricant de balais. Sue Louis, 33 ans, tient la boutique de glace “Si ça fond, c’est bon” au coin de la rue Newbury et Boylston. Tiens, voilà le râleur… Arthur Dartmoor, 54 ans...Non mais je rêve ! Vit depuis 31 ans sur le fonds d’indemnisation des victimes de la Grande Catastrophe. Amy Pond, 23 ans, étudiante en Médicomagie. Et enfin, Augustus Magnussen, 39 ans bosse chez nous comme langue-de-plomb.

Nate jeta un coup d’oeil à son ami.

-Il leur a été demandé de se présenter au Ministère pour onze heure, soit dans… une heure et demi. Je pense qu’on peut déjà y retourner et creuser leur différents profils. Qu’en dis-tu ?

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   06.08.18 23:00


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Le couloir qui menait à la morgue était sombre, mal éclairé, sinistre comme on pouvait le laisser présager. Une seule veilleuse brûlait au dessus de la porte de sortie, rependant une lumière faiblarde, malade et glauque qui étirait les ombres des deux hommes qui s’y trouvaient.
Khaaleb, n’était pas gêné par la semi-obscurité des lieux, ses yeux étaient habitués à la nuit, et il pouvait voir en face de lui les traits tirés de son collègue alors qu’ils échangeaient leurs points de vue sur cette affaire.
Nathan était mal à l’aise, il le sentait comme combattre en lui-même des idées qui devaient tourbillonner dans sa tête, comme s’il essayait de chasser des mouches tournant autour et dans son cerveau. Il savait que l’hôpital et plus encore ses sous-sols étaient un lieu de cauchemars pour le père qui y avait perdu son unique enfant, et il s’en voulait de l’emmener avec lui dans ses sous-sols où il aurait sans doute voulu ne jamais remettre les pieds.
Nate Stanic était quelqu’un de bon qui n’avait pas mérité ce qui lui était arrivé, encore que personne au monde, qu’il soit bon ou pas, ne mérite de perdre son enfant. Le sorcier aurait voulu lui demander comment il allait, lui donner le temps de souffler, mais l’enquête dans laquelle ils étaient désormais embarquée ne laissait pas de place aux considérations personnelles, ils le savaient très bien l’un comme l’autre. Ils avaient un dragon en liberté à proximité de la capitale sorcière, un animal ô combien dangereux et toutes leurs pensées devaient s’orienter autour de ça.
Malgré ses craintes concernant les risques d’attaque de passants, le jeune homme était presque sur que la bête n’irait pas jusqu’à attaquer des innocents. Elle était en chasse, et ses connaissances sur ses créatures lui avaient apprises que rien ne pouvait détourner un dragon de sa traque une fois celle-ci lancée, pas même le sommeil ou la faim. Elle pouvait se défendre si on l’attaquait bien entendu, mais dans le cas présent, il était presque certain qu’elle ne ferait rien d’autre que de chercher ce que ce fameux Moriarty lui avait dérobé. Contrairement à ce que beaucoup de sorciers et non-maj’ pouvaient penser, les dragons étaient des créatures intelligentes, et pas uniquement des cracheurs de feu sans conscience. C’étaient des créatures rusées, vivants dans des sociétés complexes dont la compréhension avait longtemps échappée aux êtes humains méfiants (et à juste titre). Certains récits anciens parlaient même de vers sachant parler et communiquer avec certains sorciers, faculté qui s’était perdue avec le temps, encouragée par la longue inimitié entre les deux espèces et la crainte qu’ils s’inspiraient mutuellement.

Les yeux dans le vague, Khaaleb écoutait les questions et réflexions que Nate faisait à voix haute, acquiesçant lorsque ce dernier lui demanda s’il pensait que le complice de Moriarty était toujours en possession de ce que la dragonne cherchait. Il acquiesça également lorsque son ami émit l’hypothèse selon laquelle cette chose n’était autre qu’un œuf, voir même d’un bébé dragon. Lui-même en était venu aux mêmes conclusions. Il n’y avait que ça qui aurait pu lancer une mère dans une traque si loin de son propre territoire en ce mettant ainsi à découvert.


« Je penche plus sur l’hypothèse de l’œuf… un bébé serait trop dangereux à transporter comme ça à la vue de tous…. » Murmura-t-il.

Bien que l’élevage de dragon fût interdit depuis le début du dix-huitième siècle, et leur espèce protégée depuis le milieu du vingtième, il y avait toujours eu des hommes pour faire commerce de tout ce qui tournait autour de ces bêtes fantastiques. Sans parler de leur cuir qui était utilisé dans la fabrication des gants, ou leurs ventricules dans celle des baguettes magiques, il y avait beaucoup d’argent à se faire sur la vente d’un dragon, entier ou en morceaux et c’était un combat permanant pour le Département dont il avait la charge. Leur trafic représentait à lui seul une part importante du marché noir magique. Mais ce qui inquiétait présentement le sorcier, c’était la découverte possible d’un nouveau réseau : Moriarty ne faisait pas partie des trafiquants connus et recherchés par le ministère.

Suivant son collègue vers le hall d’entrée, les deux hommes sortirent de l’obscurité pour revenir dans la lumière presque aveuglante de la salle d’attente de l’hôpital, quittant la tranquillité des couloirs sombres des sous-sols. Après avoir pris les parchemins que Molly avait entre-temps reçus des équipes du ministère, ils s’installèrent sur les fauteuils inconfortables de la salle, à bonne distance de toute oreille trop curieuse. Khaaleb jeta un regard rapide autour d’eux pour vérifier qu’ils pouvaient parler sans crainte d’être écouté, mais c’était une mesure inutile : dans un hôpital, on ne se préoccupe que de son propre malheur. Se penchant en avant et croisant ses doigts qu’il calla sous son menton, le loup écouta son ami lui faire la liste de toutes les victimes légères de l’accident, essayant de voir si l’un d’entre eux ressortait du tas. Mais à part celui qui avait apostrophé Nate en lui réclamant des dommages et intérêts, rien n’indiquait une quelconque culpabilité. Après tout, il ne fallait pas s’y attendre, il était d’ailleurs presque sur que le coupable avait fournit une fausse identité pour s’en sortir, à moins que… Les sourcils froncés, le sorcier jeta une nouvelle fois un coup d’œil à la liste des noms que Nathan tenait dans les mains. Il y avait bien un nom qui attirait son attention.
Ce fut le moment que son ami choisit pour lui proposer de rentrer au ministère, idée que le jeune homme approuva. Ils n’avaient plus rien à découvrir ici pour le moment, en tout cas pas avant que les autres blessés graves ne sortent des salles de soins et de réveil.


« Oui tu as raison, allons-y.»


Après avoir remercié et salué Molly, les deux camarades se dirigèrent une nouvelle fois vers la zone de transplanage de départ. Ils auraient pu s’y rendre à pieds, les bureaux du ministère n’étaient qu’à un bloc de là, mais ils n’avaient pas tout à fait le temps de trainasser et il fallait préparer le terrain avant les interrogatoires, qui espérait-il, seraient aussi rapides que possible. Après tout, le sorcier ne voyait que deux scénarios possibles. Scénario 1 : Le coupable aurait déjà quitté la ville avec le fruit de son larcin et il ne se présenterait donc pas au ministère à l’heure demandée. Scénario 2 : Le coupable se présenterait à l’audition après avoir caché l’œuf quelque part pour éviter qu’on ne porte les soupçons sur lui. Les deux options se tenaient, car pour le moment, personne ne pouvait savoir qu’ils venaient de découvrir qui était Moriarty, ni qu’ils avaient reçu le témoignage de Stacey Stanford qui leur avait parlé de ce deuxième homme. Avec un peu de chance, d’autres témoins se mettraient d’accord sur l’identité de cette mystérieuse deuxième personne qui était devenu la nouvelle proie de la dragonne en colère. Il y avait également un troisième scénario, mais ça Khaaleb préférait attendre avant d’en parler à son collègue, surtout s’il s’avérait faire fausse route.

Après un transplanage express, les deux hommes arrivèrent enfin au siège du MACUSA. Comme à St Pervenche, le bâtiment était équipé de zones spécialement réservées pour les arrivées et les départs, le reste du bâtiment étant équipé de sortilèges qui en interdisaient l’accès. Ce système, bien que contraignant car il obligeait les employés à se déplacer à pied même en cas de rush, était une mesure de sécurité classique pour éviter les re-matérialisations multiples (et si vous ne comprenez pas ce que ça peut bien être, imaginez deux escargots qui s’accouplent mais avec des cris, du sang et des boyaux qui sortent, oui voila c’est dégueu). Le bâtiment dans lequel se trouvait le Congrès Magique avait moins de dix ans. Après l’attaque de Boston par les troupes de l’Inquisition et la libération du Dôme, l’ancien bâtiment, trop ébranlé par la catastrophe, avait été rasé et remplacé par une construction neuve. Mais si les ingénieurs magiques avaient conçus les nouveaux locaux avec un soin tout particulier à sa sécurité et sa modernité, les architectes avaient quant à eux tenus à conserver l’aspect ancien des immeubles du vieux Boston, en s’inspirant de tours qui s’étaient effondrées (comme le Custom House Tower, ou la Old State House). Le mélange des styles, comme souvent aux Etats-Unis, donnait à la fois un aspect bâtard et grandiose à la construction, à mi-chemin entre l’art déco et les restes d’un néo-gothique flamboyant. La salle de transplanage était un grand hall à la voute arrondie comme la coque d’un bateau retourné et entièrement sculptée de formes en stuc blanc. Au sol, un immense dallage sombre était bardé de flèches dorées qui indiquait le chemin à suivre pour se rendre aux différents services. Sur chaque côté de la salle, des petites alcôves ouvragées avaient été aménagées pour accueillir les zones d’arrivée et de sortie des employés du ministère (eux seuls avaient l’autorisation de passer par là, les visiteurs devant se contenter de la porte d’entrée).
A peine furent-ils arrivés que les deux hommes se dirigèrent vers le reste du bâtiment.
En sortant de la salle, ils débouchèrent dans un deuxième hall, plus large et circulaire que le premier, excepté que celui-ci n’avait pas de plafond : il montait indéfiniment vers le haut de l’immeuble. L’espace avait été conçu à l’image de l’ancien siège new yorkais avec cet immense atrium débouchant sur un puits de lumière grandiose autour duquel les étages étaient installés. Il y avait également, comme en Angleterre, une vaste partie souterraine mais qu’on ne pouvait deviner au premier abord.
Au sol, le logo du MACUSA se formait dans les différentes couleurs de marbre et si on levait la tête, on était comme pris de vertige, écrasé par l’immensité de l’espace, mais aussi par la richesse et la beauté des lieux. Si la brique occupait la façade extérieure, c’était la roche et le fer se partageaient la suprématie des lieux, supportant les étages comme des réseaux de toiles d’araignées subtiles, encadrant les fenêtres aux magnifiques vitraux colorés de rosaces de pierre blanche comme dans une église. Il y avait aussi de nombreuses fresques évoquant de grands moments de l’histoire des sorciers, mais aussi des moments durs, plus sombres, et des lustres immenses sur lesquels brulaient des bougies éternelles qui rependaient une lumière solennelle.


« Vu la tournure que prend cette affaire, je suggère que nous nous rendions dans mon département… depuis qu’ils ont déménagés le bureau des Détournement de l’artisanat moldu à côté de celui de Jefferson, on a de la place… ça sera pas mal si on veut interroger les témoins, qu’en penses-tu ? » Dit-il en tournant la tête vers son ami.

Une fois que les deux hommes se furent mis d’accord, ils se dirigèrent vers l’escalier qui plutôt que de monter dans  les étages, descendait sous l’atrium. En raison de son caractère un peu particulier, le Département de Régulation et de Protection des Créature Magiques avaient été installé dans les sous-sols du bâtiment qui offrait des salles beaucoup plus spacieuses que le reste des bureaux. On aurait pu penser que c’était les reléguer au placard, mais bien au contraire, c’était une place que beaucoup recherchaient, surtout pour la place qu’elle offrait justement.


D’un geste habituel, Khaaleb poussa la lourde porte à battant et pénétra dans le Département, qui contrairement au reste des salles qu’ils avaient croisés, était en pleine effervescence.
Le lieu ressemblait aux anciennes stations du métro, avec de grandes arches en brique sellées de joints crème et des piliers sur lesquelles se reposaient les voûtes du plafond. Des espaces avaient été aménagés pour accueillir des animaux blessés en attente de soins, d’autres pour travailler à des remèdes spécifiques. Un coin de la salle était également occupé de plantes au-dessus desquelles on pouvait voir des sortes d’ampoules où brillaient des boules de lumières qui rependaient une chaleur douce.
A peine avaient-ils franchit le seuil du Département qu’une jeune femme blonde à l’air décidé se rua vers eux, il s’agissait de l’assistante de Khaaleb.



« Bonjour Isabelle, vous avez les résultats de l’analyse de l’écaille qu’on a trouvé ?
- Bonjour messieurs, oui à l’instant, j’allais d’ailleurs vous les envoyer mais puisque vous êtes là… Rupert vous attend, il est là bas. » Dit-elle en pointant un coin de la salle où se trouvait un homme en blouse blanche devant une table engloutie sous le matériel.
« Parfait… Bien Isabelle, je ne vous cache pas qu’on est joyeusement dans la merde, il va falloir assurer une fois de plus…
- Je vous écoute monsieur…
-Bien, les témoins de l’accident sont censés arriver pour onze heures, il faudra les faire s’installer dans l’ancien bureau d’Aris. Ne les laissez pas seuls et faites les surveiller en permanence… voici la liste…ah merde Nate c’est toi qui l’a non ? Ah oui parfait… donc la liste des noms… s’il manque qui que ce soit, je compte sur vous pour nous avertir dans la seconde. Il va falloir aussi mettre au courant les autres Départements de ce qui se passe, pour les déclarations à la presse, nous attendrons la fin des témoignages. » Dit-il en cherchant l’accord de Nathan d’un regard.  «  Ah, et vous avez réussi à contacter Doyle ?
- Oui monsieur, il dit qu’il n’y a aucune activité spéciale du côté du marché noir, c’est plutôt calme en ce moment.
- Bien j’aimerai qu’il se concentre sur quelqu’un en particulier. Hooper de la morgue de St Pervenche va lui faire parvenir un dossier sur la seule victime de l’accident, je veux savoir qui il est, pour qui il travaille, tout ça… voir même si Moriarty est bien son vrai nom. » Dit-il dans un murmure en croisant le regard de Nathan.
- C’est comme si c’était fait monsieur » Répondit la jeune femme qui promenait son regard sur la liste de nom que Nathan venait de lui fournir. « Ah tiens ! Magnussen en était… bien il n’aura pas trop de chemin à faire alors, je l’ai croisé il y a vingt minutes, il descendait au Département des Mystères. »

Khaaleb fronça les sourcils, mais préféra ne rien dire. Isabelle, sans se préoccuper de son patron ni de son acolyte s’en alla accomplir ses tâches pendant que les deux hommes se dirigeaient vers une grande table sur laquelle étaient posés dans un désordre organisé fioles aux couleurs variées, chaudron fumant et milles plantes et bocaux étranges. L’homme qui y était attablé était une grande tige aux cheveux noirs corbeaux coiffés en iroquois. Il avait un visage jeune et était couvert de piercings et de tatouages. Un genre de rat de laboratoire gothique bien comme on les aime.

« Salut Scuito…alors cette écaille ?
- Et mon café boss ?? tu sais bien que sans café je fais rien… non non c’est bon pas la peine de faire ce regard, je le connais ce regard, c’est celui de « rupert au boulot sinon ça va barder pour tes miches » mais tu sais bien que je suis plus efficace avec mon café !!
- Je croyais que tu avais déjà terminé le boulot de toute façon…
- Je… » Sa bouche resta ouverte quelques instants, comme si on l’avait mis sur pause « aaaaaah pas mal boss pas mal.
-Bon écoutes ça m’amuse beaucoup tout ça mais nous manquons de temps là…
-Bien sur bien sur…
-Alors tu sais quelle sorte de dragon c’est ?
-Non.

Le « non » était clair et catégorique, ce qui surprit beaucoup Khaaleb qui s’était attendu à avoir une réponse, surtout après ce qu’Isabelle lui avait dit.

« Je pensais que tu avais réussi à identifier l’écaille qu’on avait trouvé sur le lieu de l’accident…

-Oui, oui…mais non…et c’est là que ça devient chouette patron » Dit-il un grand sourire aux lèvres, les yeux éclairés par une sorte d’excitation passionnée. « On sait pas ce que c’est…jveux dire, ce dragon n’est pas répertorié dans aucun registre d’aucune base de donnée… cette espèce n’existe littéralement pas.
-Mais comment est-ce pos…aaaaaaaaah je vois où tu veux en venir » Se tournant vers Nathan qui les regardait comme s’ils sortaient de la 4ème dimension, il leva les sourcils en prenant une grande inspiration. « Notre maman dragon est issue d’un croisement. C’est très rare, très difficile, et formellement interdit depuis la loi de 1709. Ces créatures sont plus imprévisibles que leurs parents, plus difficiles à soigner, et surtout elles sont stériles…enfin… normalement » Finit-il dans une grimace. Puis il se tourna à nouveau vers son expert. « Tu sais ce que c’est comme croisement ?
-Mmmmm jpeux pas être sur à 100% mais vu la forme, la rugosité et la couleur de l’écaille… Surement un Noir des Hébrides avec du Magyar…
-Fuck…
-Comme tu dis boss, mais du coup… c’est du jamais vu !! j’ai juste jamais vu un truc aussi résistant !! ce truc pourrait se prendre… jsais pas un tir de bazooka que ça serait comme une piqure de guêpe… truc de ouf.
-Bien…bien… Bon merci Rupert, si tu trouves autre chose…
-Je te fais signe patron !! Comme d’hab…» Finit-il en retournant à son chaudron dans lequel il versa un liquide jaunâtre et particulièrement malodorant.

S’écartant de la table, Khaaleb fit un signe de tête à Nathan pour lui dire de le suivre dans la seule pièce fermée du Département : son propre bureau. Ouvrant la lourde porte qu’il ne fermait jamais (un simple sortilège permettait d’ouvrir le plus imprenable des coffre alors bon…), il invita son collègue à entrer à s’installer sur une des chaises.
La pièce était de bonne taille, dans le style du reste du département : en briques rouge, avec une grande fenêtre qui laissait passer de la lumière comme en plein jour (il s’agissait bien sur d’un sortilège). Des étagères remplies de dossiers occupaient les murs, ainsi que des photographies des différents grands moments du Département. Le bureau qui se trouvait au centre de la pièce était massif et recouvert de papiers en tout genre, avec en son centre une pile de porte-documents qui n’étaient pas là lorsqu’il était passé le matin, surement les informations qu’ils avaient demandé sur les différents témoins de leur affaire, blessés légers comme graves. Ils leur restaient encore un peu de temps avant les interrogatoires, juste ce qu’il fallait pour éplucher tout ça. Alors qu’ils se répartissaient le travail en deux piles, Khaaleb s’installa sur son fauteuil en face Nate et pris la première chemise : « Amy Pond, 23 ans, étudiante médicomage, habite chez sa tante dans un pavillon en proche banlieue, originaire de l’Iowa, possède un chat tigré nommé Garfield, a réussi à obtenir une bourse d’étude… » Sans intérêt, après avoir fini la lecture, le sorcier referma le dossier et le posa sur le bureau pour en prendre un autre.


« Je commence à me dire que cette histoire sent de plus en plus mauvais Nate… c’est pas juste une histoire de trafic de ventricules de dragon ou de braconnage. Si des gens ont réussi à faire se reproduire des croisés, ça va rendre fou le marché noir… c’est du jamais vu tu comprends… il y a toujours eu des mecs un peu dingue pour essayer de croiser les dragons entre espèces afin de faire comme avec les chiens ou… les chevaux, les sélectionner, les spécialiser, des rendre plus grands, plus résistants, plus apte à combattre par exemple. Mais heureusement ça n’a jamais été très loin, surtout parce que ces créatures là étaient stériles… du coup l’évolution s’arrêtait là… mais s’ils ont trouvé un moyen…alors là… alors… »

Il était désormais presque onze heures. Le sorcier venait de prendre un nouveau dossier et de l’ouvrir mais ce qu’il y trouva lui fit froncer les sourcils. Celui-ci était presque vide, les deux seules pages qu’il contenait étaient pour beaucoup repassée en noir, comme s’il était remplie d’informations confidentielles. Il n’y avait presque rien, quelques états de service, l’année d’arrivée au ministère, un numéro à composer en cas de problème, celui d’une femme qui était peut être sa sœur, ou une amie, Irène Moriarty… La coïncidence était trop grande pour en être une.


« Nate… regarde ça. » Dit-il en tendant à son ami le dossier d’Augustus Magnussen, la langue-de-plomb qui se trouvait à quelques mètres d’eux, bien planqué au Département des Mystères. « Peut être que Moriarty n’était pas un pseudo finalement… »




———————— ϟ ————————

Tomorrow...
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Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 15.08.18 17:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   07.08.18 21:45


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



Les deux hommes du Ministère décidèrent de se rendre au siège du MACUSA car ils n’avaient plus grand chose à faire à Ste Pervenche. Ils transplanèrent dans la salle prévue à cet effet mais ne s’y attardèrent pas, se dirigeant automatiquement vers le hall principal du bâtiment. Malgré le puit de lumière exceptionnel, Nate ne leva pas la tête, perdu dans ses pensées. Combien de fois était-il passé par ici au cours des vingt dernières années ? La grandeur des lieux ne l’émouvait plus et l’habitude avait vite pris le dessus sur ses premiers regards émerveillés lorsqu’il y avait pénétré pour la toute première fois. Agé de vingt-cinq ans, il était allé passer un entretien d’embauche sur recommandation, sans grande prétention lui qui aimait profondément son rôle de chauffeur du Magicobus. Contre toute attente, il avait dégoté un stage rémunéré dans le service de régulation des transports par cheminée et, de fil en aiguille, il était monté en grade, jusqu’à être nommé à trente-trois ans comme sous-directeur du département des transports magiques. Aujourd’hui, il ne regrettait pas son choix, mais, à l’époque, il avait longtemps hésité à accepter ce stage: il était déjà heureux derrière le volant avec son ami Lestrade comme contrôleur. Et puis, trois ans après son entrée au Ministère, sa petite Rosie était née et il n’avait plus jamais regardé en arrière.  Le salaire payait, après tout, bien mieux dans un bureau que dans un bus.
Nathan accepta volontiers la proposition de Khaaleb d’utiliser son bureau plutôt que le sien. Le département de Régulation et de Protection des Créature Magiques était situé dans les sous-sols, car leur travail nécessitait un espace plus large que la majorité des autres bureaux à l’étage.
Les deux hommes descendirent donc la volée de marches sous l’atrium. Bien que s’étant déjà rendu dans le département dont son ami avait le charge, Nate, habitué à l’étroitesse de son propre service au sixième niveau (bien qu’il n’avait pas à se plaindre comparé à celui de la coopération magique internationale qui avait été relégué dans un minuscule cubicule n’employant plus que trois personnes et n’existant plus que par habitude), prit une grande bouffée d’air. L’espace disponible faisait du bien à l’esprit malgré l’effervescence qui y régnait.
Dès que Khaaleb eut poussé la porte que son assistante se précipita vers eux. Le jeune homme l’informa de la marche à suivre - Nate acquiesça quant à la déclaration à la presse - et l’observa tiquer lorsqu’elle reconnut le nom de Magnussen. Ce n’était pas une grande nouvelle vu qu’il travaillait pour le département des Mystères, mais il était toujours étrange de convoquer “quelqu’un de la maison”, même si Nathan ne le connaissait pas personnellement.
Isabelle les laissa pour s’occuper de ce dont elle avait la charge et Khaaleb le dirigea vers un certain “Scuito” qui, en vue de sa tenue et de la table remplie de fioles, était un analyste. L’allure du jeune homme, tout comme sa façon de s’exprimer, fit sourire Nathan qui préféra néanmoins ne pas intervenir dans leur conversation...surtout lorsqu’elle vira rapidement vers du plus technique. Apparemment, il n’était pas parvenu à identifier la race de la dragonne pour la simple et bonne raison qu’elle n’existait pas. A ce qu’il comprit, le croisement effectué avait donné une machine de guerre extrêmement résistante, ce qui n’était pas très très bon pour eux. Ils prirent congé du petit rigolo sympathique et se rendirent dans le bureau de Khaaleb où Nate en profita pour prévenir son service des mesures à prendre pour l’organisation d’une ligne d’urgence de transport remplaçant le Magicobus. Ils se répartirent ensuite les différents dossiers sur les six suspects qu’ils allaient devoir interroger.
L’écriture était bien plus petite que celle des parchemins qu’on lui avait envoyé au Ministère et Nate eut beaucoup de difficulté à déchiffrer les lettres. Il détestait ce genre de boulot de paperasse parce qu’il avait gardé une certaine lenteur dans sa lecture. Alors que son collègue reposait déjà le premier dossier, il émit à voix haute ses inquiétudes, permettant à Nate de faire une petite pause.

-Il y a une chose que je ne comprends pas...Comment une telle expérience de croisement ait pu passer sous notre nez ? La présence de dragon sur notre territoire est contrôlée, non ? On l’aurait forcément repéré...ce n’est pas la même chose que de croiser deux chiens et deux dragons…

Nathan, soucieux de ne pas paraître accusateur face au travail qu’il jugeait excellent du département de son ami, avait utilisé un “nous” quant à celui qui portait les responsabilités. Car il était évident que c’était l'entièreté du Ministère, et son efficacité, qui était remis en cause si de telles expériences de croisement étaient passées inaperçues ! Il préféra néanmoins continuer pour clarifier au mieux ses propos qu’il ne voulait certainement pas insultants.

-Je ne remets certainement pas en cause ton boulot et celui de ton service, Khaaleb. Mais… il y a quelque chose qui cloche dans tout ça.

Ils poursuivirent leurs studieuses études des dossiers quand, un peu avant onze heure, son collègue partagea une troublante coïncidence : un lien entre leur seule victime, Moriarty, et la langue de plomb. Nate fronça les sourcils et envoya un Patronus parlant à son département pour vérifier quelle était la nature exacte de leur lien. L’information mit du temps à leur parvenir (devant être référé d’un service à l’autre) mais les deux hommes ne sortirent pas du bureau malgré l’arrivée de leur six suspects, tant qu’ils n’eurent pas le renseignement exacte. Il arriva vingt minutes plus tard, ayant identifié Irene Moriarty comme étant bel et bien la soeur de Jim, leur victime. Pourquoi était-elle la personne de contact de Augustus Magnussen ? Il n’y avait aucun liens légaux entre eux et pourtant, pourtant, quelque chose les connectait l’un à l’autre. Qui mettait-on comme personne à contacter en cas d’urgence ? En règle général, c’étaient les parents, ou la personne avec qui vous partagiez votre vie. Bien que ni Irene, ni Augustus n’étaient mariés, il était possible qu’ils soient tout de même ensemble. Mais si c’était le cas, pourquoi Magnussen était revenu au Ministère à la place de se rendre à Ste Pervenche, au chevet de Jim ? A cette heure-ci, il était indiscutable que la famille avait été prévenue de son décès.
Khaaleb avait raison. Quelque chose puait dans cette affaire qui n’avait aucun sens.

-Je suppose que tu es d’accord qu’on commence avec lui… Murmura Nate, lorsqu’ils sortirent leur tête du bureau pour observer - sans être vu - les six blessés légers de l’accident de ce matin.

D’un regard, il avait désigné Magnussen, reconnaissable grâce à la photo dans son dossier.
L’homme dépassait d’une tête ses compagnons d’infortune, alors même qu’ils étaient tous assis, attendant patiemment qu’on les appelle. Il était très maigre, avait une barbe soigneusement taillé et des petites lunettes ovales transparents sur le nez. Il ne semblait ni inquiet, ni dévasté par la nouvelle de la mort de Moriarty. Mais était-il seulement déjà au courant ? La communication avec les langues de plomb était déjà compliqué au sein même du Ministère, alors lorsqu’il fallait prévenir quelqu’un travaillant dans le département des Mystères d’une nouvelle extérieure au bâtiment, c’était bien pire.
Nate déglutit. Etait-ce à eux d’annoncer une telle nouvelle ?

-Monsieur Magnussen ? L’appela Nate.

Ce dernier se tourna vers eux et déplia ses grandes jambes pour se relever d’un bond, sans aucune difficulté, comme s’il était encore un jeune homme alors qu’il avait presque la quarantaine. A côté de lui, Nathan paraissait tout bonnement minuscule. D’ailleurs, Magnussen se courba presque de moitié pour lui serrer la main. Il en fit de même avec Khaaleb - pour qui il s’était redressé - et les deux hommes l’invitèrent à entrer avec eux dans le bureau. Les dossiers avaient été rangés et Nate avait déplacé sa chaise pour être du même côté que son ami.
Une fois tous les trois assis, Nathan débuta.

-Bonjour Monsieur, merci de vous être déplacé durant vos heures de bureau. Je suis Nathan Stanic, sous directeur du département des Transports magiques, et en son nom, je vous prie d’accepter toutes nos excuses pour ce terrible accident concernant notre Magicobus. Toutes les procédures de remboursements possibles vous seront envoyés par hibou. Voici Khaaleb Tal'ahjon qui est le directeur du département de la Régulation et de la Protection des Créature Magiques. Nous sommes ici car l’attaque sur le bus, car s’en est bien une, a été perpétré par un dragon, mais ça, vous le savez déjà.


Nate s’arrêta pour dévisager le visage impassible de Magnussen. Il ne laissait transparaître aucune émotions.

-Pouvez-vous nous parler de vos liens avec Monsieur Moriarty ?

Nate ne précisa pas que ce dernier avait succombé. Mais si c’était bien Magnussen qui était monté avec lui à Boston, il le savait déjà ou devait s’en douter.

-Je ne vois pas exactement en quoi cela pourrait concerner l’accident de ce matin, déclara-t-il avec un petit sourire malsain.

-Monsieur, Jim Moriarty était présent dans ce bus. Il est le frère de la personne à contacter en cas d’urgence, Irène Moriarty, que vous avez renseigné dans vos papiers d’assurance.

-Irène est en effet une de mes connaissances.

-Une simple connaissance qui se retrouve comme votre personne de contact ?

-C’est interdit ?

Nate dû se forcer pour ne pas échanger un regard éloquent avec Khaaleb. Il n’était pas un enquêteur et avait du mal à gérer un “interrogatoire”.

-Non Monsieur, juste… étonnant.

Le sous-directeur fit une petite pause, indécis sur la manière de diriger la conversation. Il émanait de Magnussen quelque chose d’étrange et pas simplement parce qu’il était une langue de plomb. Il avait la confiance des innocents et l’arrogance des coupables. Comme si une quelconque divinité le protégeait de n’importe quoi. Comme si lui et Khaaleb étaient trop stupides pour comprendre son personnage.
Il prit une profonde inspiration avant de continuer.

-Est-ce que vous savez que Monsieur Jim Moriarty est décédé de suite de ses blessures ?

-Oui.

Nathan se mordit la langue.

-Nous… nous avons toutes les raisons de penser que l’attaque de ce dragon était délibérée.

-C’est en effet ce qui est le plus logique, marmonna Magnussen en jetant un coup d’oeil au cadran de sa montre.

-Vous êtes attendu quelque part ?

-Non… Non, mais j’attends quelqu’un.

-Vous… att… ?

Le son caractéristique de flamme verte émeraude l’interrompit. Nate était bien placé pour identifier ce bruit et se retourna vers la cheminée où une lueur flamboyante venait d’apparaître. Bientôt un visage familier se dessina dans le foyer. Lin Shan, directrice du département des Mystères en personne.

-Bonjour Messieurs.

Cette fois-ci, Nathan ne put s’empêcher de jeter un regard à Khaaleb. Ca ne sentait vraiment, vraiment pas bon cette affaire. Dans le mouvement de ses yeux, Nate aperçu Magnussen qui semblait toujours aussi tranquille qu'auparavant. Les cheminées des directeurs de départements étaient reliées entre elles sans avoir besoin d'un quelconque feu vert administratif pour les utiliser. Néanmoins, il était coutume d'au moins prévenir son hôte qu'on allait apparaître dans son bureau. C'était la moindre des politesses après tout. Même si ce n'était que la tête.

-Stanic, j’ai prévenu Melrose comme quoi je devais vous réquisitionner un instant, en lien avec votre affaire. Monsieur Tal'ahjon (Nate remarqua la nuance utilisée entre un directeur et un sous-directeur mais ne s’en étonna guères. Elle était connue pour ne respecter que ceux ayant le même statut qu’elle) et vous-même être priés de venir au niveau neuf où je pourrai vous recevoir de manière adéquate. Nous... avons certaines informations à vous communiquer avant la déclaration officielle à la presse.

Etait-ce un simple complexe de supériorité de les faire venir à son propre bureau, alors qu'elle avait déjà prit la peine d'utiliser la poudre de cheminette pour faire voyager sa tête? Ou y avait-il une autre raison de les faire venir là bas ?
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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   15.08.18 17:55


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Assis sur le fauteuil confortable de son bureau, Khaaleb n’en éprouvait pas moins une terrible sensation de malaise. Depuis le matin, depuis le début de cette affaire de plus en plus louche, le jeune homme sentait qu’il allait au devant de graves ennuis et de sombres découvertes, qui n’avaient pourtant rien à voir avec le fait de confronter un dragon. Le directeur du Département de Régulation et de Protection des Créatures magiques sentait qu’il était sur le point de soulever une pierre sous laquelle était cachée des secrets lourds, une fourmilière grouillante duquel il aurait peut être mieux valu ne rien savoir. Mais il n’était pas comme ça, il ne l’avait jamais été et ce n’est pas aujourd’hui qu’il allait commencer à se mettre des œillères.
Alors qu’il tournait une page d’un dossier posé sur ses genoux, Nathan évoqua un point étrange qui lui-même le laissait dubitatif. Les dragons, de part leur nature, étaient sans doute l’une des espèces magiques les plus contrôlée et surveillée par le ministère, et ce même dans des zones quasi abandonnées comme le no man’s land du Boston moldu, il aurait donc été très compliqué de cacher un élevage entier ! Bien entendu, ils n’étaient pas capable avec la petite équipe qu’il avait sous ses ordres d’empêcher tous les trafics et abus, mais il pouvait d’ordinaire se venter de gérer la situation du trafic de produits draconiques mieux que ses prédécesseurs, surtout grâce à un réseau d’indics efficaces. Alors comment était-ce possible de se retrouver face à un hybride, voir face à sa progéniture, sans que ni lui ni ceux avec lesquels il travaillait n’en ai jamais eu vent ?
Une idée, fugace et déroutante, traversa son esprit, mais il la chassa immédiatement, ne laissant pas des hypothèses complotistes nuire à sa perception des choses et des évènements.


« Oui… il va falloir éclaircir tout ça… » Finit-il par dire sans vraiment faire attention aux tentatives de Nate qui essayait de dire que tout ça n’était pas sa faute. C’était bien la preuve que l’homme qui se retrouvait pris avec lui dans cette galère était un véritable ami, il essayait de le soutenir même si clairement il avait merdé quelque part. Si des élevages illégaux s’organisaient sous son nez sans qu’il s’en aperçoive, c’est qu’il ne faisait pas bien son taff, et tout le soutien de son compagnon ne pouvait rien y faire. En essayant de ne rien laisser paraitre, Khaaleb sentit une pointe de culpabilité, mais aussi un sentiment de colère lui serrer la poitrine… il en avait assez qu’on le fasse passer pour un idiot, pour un idéaliste tout juste bon à aller sauver les chatons dans les arbres et qu’on ne garde que pour respecter les quotas d’intégration des minorités. De plus en plus, le sorcier se rendait compte que le ministère de la magie qu’il avait tant défendu n’était finalement pas si différent des autres gouvernements.
Est-ce que le jeune homme était progressivement en train de perdre confiance dans le système qu’il avait soutenu des années durant ? Peut être pas à ce point. Mais une chose était sure, il commençait à en avoir plein le cul de trouver des sales types sur sa route et Augustus Magnusen était très clairement un sale type. Alors qu’il venait de passer son dossier à son collègue pour qu’il le parcoure, l’esprit du loup commença à tourner.
Moriarty n’était pas un nom très courant, sans non plus être rare. Toutefois, il était assez déroutant de trouver ce nom inscrit dans le dossier d’un de leur potentiel suspect. Khaaleb ne connaissait pas bien la langue-de-plomb, encore que personne ne les connaissait vraiment en fin de compte. Au ministère, on savait qui ils étaient, mais jamais on ne savait ce qu’ils faisaient vraiment au sein de leur département qui portait si bien son nom. On savait qu’ils menaient des expériences, souvent pour faire avancer la magie, parfois de nouveaux sortilèges sortaient de leurs bureaux et étaient brevetés, mais en dehors de ça, on savait juste qu’il y avait toujours quelque chose de louche qui se tramait lorsqu’ils étaient dans le secteur. Un ami du jeune homme avait un jour comparé ce service à celui de la NSA, et il fallait avouer qu’il y avait plusieurs points communs.

Alors qu’ils attendaient les informations que Nate avaient demandé par patronus, le sorcier cogitait, essayant de comprendre pourquoi est ce qu’un employé du ministère serait impliqué de près ou de loin dans un trafic de dragon et qu’est ce qu’il avait à y gagner.
Les minutes défilaient avec lenteur, lui donnant l’impression que le temps s’étirait, si bien qu’il ne se sentait plus tenir en place. Au bout de cinq minutes, il s’était levé et avait commencé à faire les cents pas dans l’espace libre du bureau, les bras croisés dans le dos marmonnant pour lui-même des hypothèses improbables mais pourtant si alléchantes. Il n’en pouvait plus d’attendre, il ne fallait pas attendre.
Quand enfin une note de service arriva, il se jeta presque sur l’arrivée du tube pour la récupérer et l’ouvrir. Le document leur révéla qu’il existait bien une filiation entre Jim Moriarty, le cadavre de la morgue, et la mystérieuse Irène, présente dans le dossier de Magnusen.
Alors qu’ils jetaient tout deux un regard par la porte entrouverte du bureau, Khaaleb approuva lorsque Nate suggéra de commencer directement par lui. Ils n’avaient que trop perdu de temps, et quelque chose disait au sorcier que c’était de toute façon l’homme qu’il cherchait. Il suffirait de demander une déposition écrite aux autres témoins pour avoir la preuve que c’était bien la langue-de-plomb qui s’était trouvé auprès de la victime de la dragonne et qui avait pris la fuite en portant sous le bras un bien dangereux colis.

Après s’être dirigé vers l’homme en question et lui avoir serré la main, les deux compères l’invitèrent à s’installer sur un des fauteuils face au bureau, qui avait bien entendu été rangé grâce à un sortilège quelques secondes plus tôt. Les deux hommes n’avaient rien d’enquêteurs chevronnés, mais ils n’étaient pas non plus assez stupides pour laisser trainer des preuves sous les yeux de leur unique suspect. Alors que Magnusen s’installait en face de Nathan, lui-même restait debout, croisant les bras contre sa poitrine et s’appuyant contre le mur du fond de la pièce afin de laisser son camarade commencer l’interrogatoire. Cette position en retrait lui permettait d’observer dans un premier temps l’homme et ses réactions aux questions qu’ils allaient lui poser. Après un rapide briefing, les deux amis avaient conclut que rien ne servait d’aller par quatre chemins avec un mec comme ça et qu’il valait mieux lui demander tout de suite quelle était son implication dans l’affaire. Mais au vue des premières réponses qu’il donna à Nathan, ça n’allait pas être une partie de plaisir.
Dès qu’il l’avait vu, enfin dès qu’il l’avait vraiment regardé (et pas uniquement croisé dans les couloirs du bâtiment), Khaaleb détesta Augustus Magnuses, purement et simplement. C’était un sentiment étrange, surtout pour quelqu’un qui avait plutôt tendance à se faire un ami de tout à chacun, mais l’homme aux petites lunettes lui inspirait une aversion profonde, et ce sans même le connaitre. Etait-ce cet air arrogant ? Cette manière détestable de montrer la méprisante avait laquelle il les jugeait ? Ou bien l’impression que quoi qu’il puisse arriver, il s’en sortirait indemne ? Le regard bleu métallique de l’homme était braqué sur Nathan, si bien qu’il pouvait voir l’indifférence totale qui s’en dégageait. A nan pas douter, il était de ces personnes qui ne voyaient pas de mal dans l’extermination de quelques populations si c’était pour « le bien commun », un mec qui aurait pu disséquer sa propre fille pour la science, un intouchable détestable de ceux qui justement lui faisait perdre confiance dans le système. La façon qu’il avait de répondre aux questions de Nathan ne leur apprenait rien et il commençait à se demander si tout ça n’avait pas pour but de les enliser davantage et de leur faire perdre leur temps.
Si ses réponses ne laissaient rien transparaitre de son implication dans l’affaire qui les concernait, il apparu toutefois au jeune homme que la langue-de-plomb n’était pas aussi maitre de lui-même qu’il pouvait le laisser présager. Il jetait des coups d’œil au cadran de sa montre dès qu’il le pouvait, et il se dégageait de lui une odeur étrange d’un homme qui a peur.

Ce fut à ce moment là que des flammes vertes émeraudes apparurent dans la cheminé pourtant éteinte du bureau. Alors que Nathan et Magnusen tournait la tête vers le foyer, Khaaleb eu le temps, pendant une demi-seconde, de voir sur le cou du suspect une petite tache lie-de-vin en forme de croissant de lune qu’il lui semblait avoir déjà vu.
Tout en essayant de se souvenir où il avait bien pu voir cette marque auparavant, il finit par tourner la tête à son tour pour découvrir, comme il aurait pu s’y attendre, le visage de Lin Shan, directrice du Département des Mystères. Malgré les flammes vertes qui lui léchaient la peau et lui donnait un air malade, il fallait bien reconnaitre que ses traits ne manquaient pas de charme, si on aimait les sculptures de glaces. Les yeux sombres et insondables, la peau sans trace qui rendait difficile de lui donner un âge précis, des lèvres serrées et quasi inexistantes, le tout encadré par des cheveux noirs d’ébène. Elle était à la tête du département depuis trois ans déjà, pourtant il était impossible au jeune homme d’affirmer la connaitre. La reine des langue-de-plomb était aussi souriante et aimable qu’elle était froide et intransigeante. Khaaleb s’en méfiait, comme tous ceux qui travaillaient pour elle.
La voir apparaitre dans sa cheminée alors qu’ils étaient en train d’interroger l’un de ses atouts ne le surpris en rien, mais se voir ainsi contraint plus qu’invité à se rendre dans son bureau ne lui disait rien de bon, et ne faisait que justifier les pires hypothèses qui avaient vu le jour dans son esprit.
Sans leur laisser le temps de répondre ou même de l’envoyer se faire foutre, le visage de la femme disparu en même temps que les flammes vertes et ils n’eurent en face d’eux que le regard froid et le sourire moqueur d’un Magnusen soulagé. Il pensait avoir gagné, et après un rapide regard échangé avec Nathan, il fallait bien admettre que tout en prenait le chemin.


« Bien… ne faisons pas attendre madame Shan » Dit-il en se dirigeant vers la porte qu’il ouvrit pour laisser passer les deux hommes. Nate avait un air maussade, mais l’autre marchait à présent la tête haute, donnait l’air d’être le roi du monde, ce qui donna envie au loup de le frapper. Heureusement, il se retint et se contenta d’inspecter son odeur lorsqu’il passa devant lui en sortant du bureau. L’odeur de peur avait presque disparue de son sillage, cependant, il restait des choses intéressantes, comme une émanation de souffre, mais aussi une de terre sèche et de blé, ancienne, presque délicate, comme un souvenir. Le lien se fit immédiatement dans son esprit.

Quittant le département après que Khaaleb eu demandé à deux de ses employés de prendre les dépositions des cinq derniers témoins, les trois hommes remontèrent les escaliers jusqu’à se trouver dans l’atrium qui s’ouvrait sur les étages supérieurs et qui était peu fréquenté à cette heure de la journée (après tout, c’était dimanche rappelons le). A partir de là, il n’était plus question de marches : ils se dirigèrent vers des cages d’ascenseur qui se trouvaient sur les côtés du grand hall. Les élévateurs étaient décorés de la même façon que le reste du bâtiment, à ceci près qu’ils étaient en bois et en métal, et de dimensions correctes si bien que le loup n’avait pas à se pencher pour y entrer, comme c’était parfois le cas lorsqu’il prenait le métro par exemple.
Ils ne croisèrent personne de l’atrium jusqu’au bureau de Lin Shan, neuf étages au dessus, à par un elfe de maison qui était trop occupé à porter un paquet qui sentait la viande crue pour faire attention à leur présence.
Alors qu’il allait frapper à la porte, Shan leur ouvrit et les invita à entrer dans une grande pièce sobrement décorée et ornée de nombreuses bibliothèques contenant des ouvrages qui semblaient anciens. La femme qu’il savait être bien plus âgée qu’elle le laissait paraitre leur montra deux fauteuils face à un bureau derrière lequel elle s’installa. Elle portait un tailleur bleu marine de marque et des escarpins qui lui donnait l’air plus d’une femme d’affaire que d’une sorcière. Magnusen, les mains dans les poches, alla s’installer derrière sa patronne, dans une posture que Khaaleb avait lui-même pris quelques minutes plus tôt. En un claquement de doigts, le jeune homme le sentait bien, ils venaient de perdre la main. Lin Shan s’installa dans son fauteuil à haut dossier et les jaugea du regard, un imperceptible sourire aux coins des lèvres qui pourtant prouvait qu’elle n’était pas totalement à l’aise avec la situation.


« Est-ce que je peux vous proposer à boire messieurs ? » Commença-t-elle en montrant du doigt une étagère sur laquelle se trouvaient plusieurs carafes en cristal contenant des liquides ambrés. Sa voix était étrange, à la fois douce mais aussi acérée que la lame d’un couteau. Nathan refusa poliment, Khaaleb quant à lui resta parfaitement muet. Il attendait ce qui allait venir, il attendait de voir comment est ce qu’elle allait essayer de noyer le poisson.

« D’une part messieurs, je tenais à vous féliciter pour l’efficacité avec laquelle vous avez réglé cette affaire depuis ce matin…
-Nous n’avons rien réglé du tout. » La coupa-t-il.
Elle lui lança un regard qu’il ne parvint pas à identifier, à mi-chemin entre une espèce de dégout et de l’appréhension. Il comprit alors qu’elle avait peur de lui, ou plutôt de ce qu’il était, mais que jamais elle ne le laisserait paraitre ni devant lui et encore moins devant l’un de ses subalternes.  
« Heum, oui… enfin il semblerait que la situation soit enfin sous contrôle, et nous souhaitons être clair sur ce qui sera dit à la presse d’ici… » Elle jeta un coup d’œil à l’horloge ancienne qui était posée sur une commode en bois noir « …quelques minutes maintenant. Dans un premier temps, nous tenons à mettre en avant l’efficacité avec laquelle vos deux départements ont géré la situation et comment le ministère a su remettre dans un temps record les transports en marche. » En disant cela elle se tourna vers Nathan. « Melrose m’a informé qu’il allait mettre en fonctionnement dans l’heure qui vient un ancien magicobus, au garage depuis plusieurs années mais en état de marche. Il aura cependant besoin d’un conducteur, Monsieur Lestrade était toujours en soins à l’hôpital, il a bien sur pensé à vous… » Elle se redressa et les regarda à présent tout les deux, même s’il sembla au loup qu’elle prenait grand soin de ne pas le regarder dans les yeux.
-Et pour le dragon ?
« Le gardien en charge de la surveillance de son secteur dans la zone SH1887 du Boston moldu a eu une attaque ce matin, il n’a pas pu empêcher la bête de déjouer les systèmes d’entrave et de quitter son territoire, suite à quoi elle a survolé Boston et s’est attaqué au magicobus qu’elle a prise pour un Eruptif. Mais heureusement, elle a été attrapée avant de faire plus de mal. Nous adresserons bien sur nos plus sincères condoléances à la famille de la seule victime de l’accident –car oui le gardien a bien survécu- et bien entendu, de nouveaux systèmes de sécurité ont été mis en place par le ministère pour que ce genre d’incident rare et isolé ne se reproduise plus jamais.
-Et vous pensez que les gens vont croire ça ?
-Si c’est le directeur de Département de Régulation et de Protection des Créatures Magiques qui le dit, alors oui les gens le croiront. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai déjà fait parvenir à votre assistante le compte rendu précis que vous aurez à communiquer…
-Et si moi je ne vous crois pas ?
-La question n’est pas de croire ou de ne pas croire Monsieur Tal’ahjon, la question est de savoir ce qui est préférable pour le Ministère. Nous sommes les garants de la sécurité de nos concitoyens, pensez vous qu’il soit préférable qu’ils se sentent en danger dans les rues de leur ville ? ou encore mécontents de votre travail ?
-Vous êtes gonflés quand même… »

Le sorcier resta silencieux quelques secondes. Il sentait son cœur battre vite et fort, il sentait aussi la colère et le dégout l’envahir totalement. Allait-il vraiment se laisser avoir comme ça ? C’était du grand n’importe quoi. Que le ministère cache des choses à la population pour éviter la panique, c’était une chose, mais mentir à ce point s’en était une autre, et surtout pour protéger qui ? Magnusen ? et pour qui travaillait vraiment Moriarty ?

« Et la dragonne ? Où est-elle maintenant ?
-Oh ne vous inquiétez pas, nous avons la situation bien en main.
-Mmmm » Grogna-t-il comme pouvait le faire un de ses amis.
C’était vraiment du foutage de gueule. Non seulement on leur demandait de mentir, mais en plus on leur mentait à eux, car aucune vérité n’était sorti de la bouche de Shan, même s’il la croyait sincère lorsqu’elle pensait avoir la situation bien en main. On leur imposait de continuer leur route, de suivre les ordres sans poser de questions, de faire comme si tout ça était parfaitement normal. Il ne serait même pas étonnant de voir bientôt arriver sur le tapis une petite proposition alléchante pour les « dommages » qu’ils avaient eu dans l’histoire.
Non, c’était trop pour le loup qui avait déjà trop morflé ces derniers mois, trop pour son âme fatiguée par les magouilles politiques et les rond de jambes. Il voulait des réponses, il voulait savoir ce qu’on lui cachait depuis surement des années, il voulait savoir.
Le regard dans le vague, le jeune homme lissait sa moustache avec son pouce et son index comme il le faisait quand il s’appretait à prendre une décision.


"Dites moi… depuis combien de temps payez vous Arthur Doyle pour qu’il ne me parle pas de vos agissements ?" Finit-il par dire, la voix grave mais posée. Il sentit Nathan se tendre dans son fauteuil mais préféra ne pas le regarder et garder les yeux braqués sur Shan qu’il fut presque surpris de voir sourire.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler Monsieur Tal’ahjon.
-Bien alors je le formule autrement… depuis combien de temps est ce que le ministère de la magie élève-t-il des dragons en secret ? » Le silence se fit dans la pièce, laissant se répendre une tension sourde. On sentait dans sa voix une colère vibrante qui commençait à se voir sur son visage. Lin Shan ne réagit pas, elle ne bougea même pas d’un pouce, si ce n’est son sourire qui avait disparu. Son absence de réaction, physique ou verbale, confirma à Khaaleb l’idée selon laquelle il avait vu juste, et ce constat le révulsait d’autant plus.
« Je ne vois pas de quoi…
-Oh arrêtez !! Gardez votre salive pour la presse et pour les autres. Ce que je veux savoir c’est pourquoi ? Pour quelle raison est ce que le Département des Mystères s’amuse à croiser des dragons et essaye de les faire se reproduire… dans quel but ? Et ne me répondez pas « pour la science », aucun d’entre vous n’a jamais travaillé « pour la science ».
-Je vous assure que…
-Que QUOI ?! » Il essayait de rester calme mais ça devenait de plus en plus difficile de se contenir. Il se leva, non sans remarquer que Magnusen avait rapproché sa main de la poche de son pantalon, sans doute là où il conservait sa baguette. Le gardant dans son champ de vision, il s’approcha d’une grande fenêtre qui donnait sur l’intérieur du bâtiment et sur l’immense puits de lumière.
« Que vous faites ça pour l’intérêt de nos chers concitoyens que vous gardez dans le silence comme des enfants ? Que vous êtes en train de nous forger une armée de machine de guerre, plus grande, plus forte, plus résistante et plus dévastatrice ? Et pourquoi ?
-Vous ne savez rien… vous ne pouvez pas comprendre…
-Je ne peux pas comprendre que vous avez peur ? Que, passez moi l’expression, vous chiez dans votre froc devant les Inquisiteurs et leur particule anti-magie…et oui, bien pratique les dragons face à ça…et quand on voit ce que vous avez créez, ils ont la puissance de quoi ? milles…dix milles lance-flammes ? Non Shan… c’est vous qui ne comprenez pas…on ne peut pas les contrôler…
-Nous avons parfaitement le contrôle…
-Ce matin en est la preuve.
-C’est un incident isolé et non une preuve.
-Si c’est une preuve, une preuve que vous êtes capable de risquer la vie de millions de personne.
-Nous faisons ça dans l’intérêt de ces personnes.
-Vous faites ça dans votre propre intérêt… la vie des autres ne vous intéresse pas, pas plus que vous ne vous souciez de la mort de votre frère. » Dit-il en se tournant vers Magnusen. « Ou demi-frère peut être ? J’imagine que votre père ne vous a pas reconnu… ça expliquerait pourquoi vous n’avez pas le même nom ? par contre vous avez la même odeur et la même tâche de naissance aussi, là sur le cou… ça devait être pratique d’avoir un frère spécialiste dans l’élevage de dragon, moins quand il en a eu mare ou qu’il a prit peur. Vous devez être bien content maintenant qu’il est mort, ça vous fait un témoin gênant en moins. »

A cet instant, l’homme aux lunettes fines serra le point. Khaaleb le sentait à deux doigts de craquer. Les muscles de sa mâchoire se contractait, et il n’avait plus l’air ni supérieur ni détendu. L’inimitié respective qu’ils s’inspiraient était palpable. Shan dû sentir aussi que les deux hommes étaient à la limite et elle se leva à son tour.
« Magnusen NON ! Tal’ahjon, je vous demande de vous calmer, la mort de Jim Moriarty est une terrible perte mais je le répète, nous avons la situation sous contrôle !! » Cria-t-elle presque d’une voix plus aigue qu’elle l’aurait voulut.

A ce moment là, quelque chose se produisit.

Khaaleb ne su ce qu’il sentit ou entendit en premier, la vibration terrible qui ébranla tout le bâtiment, ou bien un son retentissant de verre et de pierre explosé suivi d’un appel déchirant et rauque.
Il n’eut pas besoin de voir le regard soudain affolé de la directrice du Département des Mystères pour comprendre ce qui se passait.


« Ce que j’adore avec vous les politiques…c’est que vous avez toujours l’impression d’avoir le contrôle. » Dit-il d’une voix soudain très calme.

La dragonne s’était libérée, si toutefois Shan avait dit la vérité en affirmant que ses équipes l’avaient récupérée, et elle avait remonté la piste jusqu’au ministère. Profitant que Magnusen regardait sa patronne en espérant que cette dernière lui donne la marche à suivre, le loup fonça sur lui et le saisit au col pour le plaquer contre le mur juste derrière lui, le soulevant de plusieurs centimètres du sol malgré sa grande taille.

« Où est ce que vous l’avez mis ?? Où est l’œuf Putain !!?? Vous êtes tellement sur d’être les maitres du monde que vous l’avez caché ici hein, HEIN !!?? Je veux bien vous aider sur ce coup là mais dites moi d’abord où il est ? »
Les yeux de l’homme pendu à ses poings le regardait comme s’il était fou, et à la fois, on pouvait aussi y lire l’effroi que la situation lui inspirait. Le souffle court, les mains essayant de s’extraire de la prise, il jeta un regard à sa patronne qui hocha la tête. Puis il regarda à nouveau le sorcier qui le tenait. Il avait du mal à parler, mais Khaaleb ne relâcha pas pour autant son emprise.
« Au dernier sous-sol…il…il y a une salle…derrière le bureau de Joseph Bell…
-Et juste sous mon nez en plus... vous êtes vraiment… »

Lâchant le col de l’homme qui s’effondra au sol, le loup lui jeta un regard plein de dégout et se tourna sans attendre vers Nathan, témoin malgré lui de toute la scène. Plusieurs étages plus bas, on entendait déjà des cris, des explosions de pierres et de métal qui résonnaient dans toute la structure et le souffle chaud de la bête qui détruisait tout.

« Nate… il faut que tu ailles le chercher, l’œuf, elle ne se calmera jamais si on ne lui rend pas… en attendant, on va essayer de limiter les dégâts...on verra ce qu'on fait pour les branleurs après» Conclut-il en sortant sa baguette de la poche de son manteau.



———————— ϟ ————————

Tomorrow...
and every other days...


Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 27.08.18 13:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   16.08.18 16:05


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



Nate avait l’habitude d’être convoqué chez “les grands patrons” du système. Que ce soit à Salem ou au Ministère, il avait toujours eu un profond sens critique pour l’autorité, rancune profonde d’un ancien mauvais écolier. Il respectait ses supérieurs - il s’entendait très bien avec Melrose et considérait Khaaleb comme un véritable ami - mais n’avait jamais voulu être à leur place.
En se faisant sommer  de la sorte, les réflexes de rentrer sa tête dans son cou et  de courber l’échine revinrent malgré ces cours de théâtre qui l’avaient aidé à se redresser. Il aperçut son reflet dans une vitre d’une porte, eut honte, et mit en pratique ce que le Professeur Ventham lui avait appris : “respire par ton abdomen”. Cette technique permettait de libérer le diaphragme, de réguler son rythme cardiaque et de libérer de l’endomorphine, permettant au corps d’être mieux oxygéné et d’ainsi clarifier ses pensées. Les mauvaises habitudes pouvaient donc être  chassées et il put relever la tête. Il était le sous-directeur du Département des Transports Magiques et était convoqué parce que lui et son collègue avait déterré quelque chose qui embêtait le Département des Mystère. Lui et Khaaleb étaient bien plus légitimes que cette Shan. C’est avec cette pensée qu’il pénétra avec son ami dans le bureau de la mystérieuse directrice. C’était une première pour Nathan qui, en un seul coup d’oeil, la jugea comme une Madame-je-sais-tout dû à l’impressionnante bibliothèque ornée de livres anciens. Elle avait tout d’une petite coincée autoritaire : les expressions jusqu’aux vêtements chics de femme d’affaire. Nate l’avait déjà croisé dans les couloirs - elle travaillait depuis déjà trois ans à la tête du département - mais il n’avait jamais eu l’occasion de la détailler. Sa beauté froide le laissait de marbre. Pour l’ancien chauffeur du Magicobus, l’arrogance pouvait donner à un canon sexy le plus horrible des visages. C’était le cas de Lhin Shan. Cependant, il y avait autre chose derrière son expression de suffisance. Quelque chose comme une certaine anxiété.

Après qu’ils se soient installés et qu’ils aient décliné l’offre de boire un verre - Nate parla pour les deux, Khaaleb avait en effet les mâchoires collés, de toute évidence pas très heureux de la situation - Shan prit la parole.
Ce fut à son tour de devenir muet tandis que son ami s’occupait de la conversation. Bien qu’ayant adoré être chauffeur du bus magique, Nate fut offusqué qu’on l’éloigne de l’affaire en lui demandant de remplir le rôle laissé vacant par Lestrade. Il ne donna pas son consentement, restant immobile et sachant de toute façon pertinemment qu’il y avait des choses qu’il ne pouvait contester. C’était juste de Melrose qu’il prenait les directives et non d’elle.
Shan débita ensuite l’histoire qu’elle comptait donner à la presse, comme si les deux employés du Ministère ne verraient pas la différence entre réalité et réalité optimisée pour plaire au grand public. Khaaleb le lui fit d’ailleurs remarquer et Nathan ne put s’empêcher de sourire. S’ils n’étaient pas cons, les gens ne l’étaient pas non plus. L’élite avait toujours eu cette manie de prendre la population pour des êtres arriérés incapable de comprendre de quoi le monde était fait.
Non seulement, on écartait Nathan de l’enquête mais en plus, on obligeait Khaaleb à mentir ! C’était vraiment du n’importe quoi et Nate ne parvenait pas à croire que le Ministère était en réalité dirigé par la directrice du Département des Mystères qui tentait désespérément de se couvrir elle et ses employés. Ou était véritablement la dragonne ? Pourquoi ne leur disait-on pas la vérité ?

Lorsque Khaaleb reprit la parole, sa voix était calme et posée. Ce qu’il demanda choqua Nate qui se retourna vers son ami. En réalité, il n’y avait que cette solution puisqu’une “fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité” mais c’était tout de même assez dur à entendre. Le Ministère élevait en secret des Dragons et expérimentait sur eux sans aucun remords. Tout concordait, ça ne pouvait être que ça et pourtant, Shan s’obstinait dans son mensonge protecteur. La colère émanait de son ami qui, furieux, se leva d’un bond. Derrière Shan, Magnussen fit un geste pour se saisir de sa baguette, sans pour autant encore la sortir et Nate fit pareil. Il était hors de question qu’il laisse son ami sans défense - bien que ses sens l’avaient certainement déjà averti du danger - même si cela voulait  dire d’utiliser la magie envers ses propres collègues. Mais pouvait-il encore considéré Magnussen ou Shan comme des collègues en vue de leur agissement  ?
Malgré elle, la directrice du Département  des Mystères confirma la théorie de Khaaleb : les dragons seraient utilisés - et sacrifiés si, comme elle le prétendait, ils en avaient le contrôle, mais les deux amis en doutaient à juste titre - contre les Inquisiteurs.
Mais le temps des révélations n’était pas encore terminé : le loup s’était à présent tourné vers Magnussen et prétendait qu’il était nul autre que le demi-frère de Moriarty. Nathan n’avait aucune raison de douter de son ami qui, d’ailleurs, avait expliqué ses déductions. De plus, la réaction de Magnussen confirmait la conclusion de Khaaleb. D’un même mouvement, Shan et Nathan se levèrent à leur tour, conscient de l’explosivité de la situation. Ils ne pensaient pas si bien dire.

Nate cru d’abord que l’un des deux sorciers avait jeté un sort et il sorti sa baguette, prêt à défendre son ami. Cependant, il comprit que ni Khaaleb, ni Magnussen n’auraient pu être responsables de l’ébranlement du bâtiment entier. Un son terrifiant déchira ensuite l’air et parvint jusqu’à eux. Son ami profita de la surprise de Shan pour se précipiter vers Magnussen et le plaquer au mur. Nate sorti sa baguette et empêcha d’un geste de la main Shan de se précipiter vers eux. Un sentiment malsain l'envahit lorsqu’elle lui obéit. Elle donna d’ailleurs l’autorisation à son employé de révéler leur terrible erreur : ils avaient ramené l’oeuf ici, en plein Ministère, au dernier sous-sol.
Alors que des bruits inquiétants résonnaient dans le Ministère, Khaaleb s’adressa à lui et lui demanda d’aller chercher l’oeuf tandis qu’il tenterait de limiter les dégâts.
Il hocha la tête en déglutissant et, sans un regard pour ces deux ignares qui restaient plantés là, il se précipita vers l’ascenseur, son ami sur ses talons. Il était étrange d’utiliser un élévateur et d’entendre la voix calme et sereine de la normalité au-dessus du chaos qu’on pouvait entendre sous eux.
Alors qu’ils descendaient les neuf étages, Nate se tourna vers Khaaleb et se saisit de son bras. Le jeune homme - car c’en était toujours un malgré sa corpulence impressionnante - avait une expression de profonde concentration.

-Khaaleb, fais attention, d’accord ?

Il savait que c’était son job de connaître les créatures magiques et qu’il n’y avait sans doute pas mieux placé que lui pour tenter de maîtriser la mère furieuse, mais tout de même. Il serait très facile pour la dragonne de détruire tout sur son passage et Nate craignait pour ceux qui resteraient dans l’Atrium.
Lorsque les grilles s’ouvrirent pour les amener dans cet immense puit de lumière, la vision qui s’offrit à eux fut horrifique.
Il y avait quelque chose d’irréaliste dans ce qu’ils voyaient, ce mélange de ce que la nature avait fait de plus majestueux et terrifiant avec la beauté des constructions humaines. La dragonne se dressait en effet là, ses griffes plantés en plein dans le logo du MACUSA. Ses yeux reflétaient les flammes qu’elle venait de cracher et qui avaient partiellement détruit le premier étage face à eux. Elle était certainement entré dans le bâtiment par là car Nate ne put observer d’autres destructions de son passage. Dans l’air se mêlaient la poussière des murs détruits et l’odeur déroutante de brûlé. La fumée s’échappait d’ailleurs toujours du premier étage et formait un chemin oblique venu du ciel, comme si le courant d'air du passage du dragon soufflait encore et alimentait un foyer d’incendie quelque part. Ébahi par ce spectacle, Nate resta paralysé quelques secondes, la bouche légèrement ouverte. C’était la première fois qu’il était face à face avec une dragonne en colère. Malgré la hauteur de l’Atrium, la créature paraissait immense. Il était assez près pour distinguer ses écailles, qui semblaient aussi solides que la brique.
Un sortilège vola au-dessus de son épaule ce qui le ramena à la réalité : plusieurs employés s’affairaient à empêcher la dragonne de faire plus de dégâts et Khaaleb se précipita vers eux pour leur donner un coup de main salutaire. Se souvenant de sa mission, Nate se mit à courir vers les escaliers et parvint à éviter de peu un nouveau jet de flammes. Il couru et croisa des employés qui allaient dans le sens inverse, leur baguette levée. Il pénétra dans l’immense salle du département de régulation des créatures magiques à présent vide, et couru en évitant les bureaux et les laboratoires, cherchant désespérément le bureau de Bel. Il parvint à le localiser et déduit que la salle dont parlait Magnussen était celle juste devant lui. Il se heurta violemment à la porte de celle-ci, qui était fermée. Propulsé en arrière, Nate grogna alors que la douleur envahit son épaule avec laquelle il avait voulu ouvrir la porte. Quel idiot faisait-il ! Il tenta un “Alohomora” qui se révéla inefficace. Pressé par les bruits de combats au-dessus de sa tête, il se mit à jouer le tout pour le tout. Il alla tout d’abord chercher un objet insignifiant sur le bureau de Joseph Bel : une plume. Puis, il la transforma en Portoloin avec le sortilège Portus. Réglant la complexité de la création d’un Portoloin en quelques minutes à peine - son horaire et sa destination, malgré les protections du Ministère pour éviter telles intrusions - il se félicita de son succès lorsqu’il fut transporté de l’autre côté de la porte à l’heure prévue. Il se promit de le signaler dans le registre d’enregistrement des objets magiques pour ne pas donner trop de fil à retordre aux membres de son département, et chercha du regard dans la semi-obscurité de la salle, l’oeuf en question. Quand il le repéra enfin, à l’extrémité de la longue pièce, bien au chaud sous des lampes artificielles, il couru jusqu’à lui et s’en saisit avec précaution. C’était bien plus lourd qu’il ne l’aurait imaginé et il manqua de le lâcher par terre ce qui aurait été non seulement stupide mais également un rien ironique.
Cet à ce moment précis que le bâtiment trembla de nouveau violemment. De la poussière tomba du plafond et une plaque de plâtre s’en détacha à l’extrémité gauche. D’un geste automatique de la baguette, Nate s’assura de la stabilité de la salle avant de la quitter et ouvrit la porte à la volée tandis qu’un nouveau grondement terrifiant lui parvint. Faisant fi de toutes règles de prudence, il se transforma en faucon et s’empara de l’oeuf avec ses griffes. De toute évidence, un faucon était un peu plus rapide qu’un humain et il déboucha dans l’atrium quelques secondes plus tard à peine, ayant pris la peine de retrouver sa forme humaine avant que l’entierté du Ministère ne réalise qu’il était un Animagus non déclaré. C’était peut-être un risque qui en aurait valu la peine. Car dès qu’il retrouva ses pieds et ses mains, une image horrifiante l’aveugla un instant, accompagné d'étrange fourmillements dans son cou. Et ce n’était ni la gueule d’un dragon, ni une boule de feu. C’était le visage de Peter Weston.
Hébété et serrant l’oeuf dans ses bras, il ne réalisa pas que celui-ci était en train de vibrer contre son torse.
Dans le tumulte des sortilèges, des hurlements et des lamentations bestiales, quelqu’un cria son nom.

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   27.08.18 13:07


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


L’ascenseur descendait les étages un par un. A travers les portes en fer forgé passait la lumière ténue qui provenait de l’atrium, éclairant les deux hommes dans un rythme régulier qui donnait l’impression à Khaaleb d’avancer au ralenti pendant que le monde courait devant lui.
Le jeune homme était étrangement calme, ou du moins c’est ce qu’il semblait être. Son regard était fixé sur l’objectif à atteindre, ne laissant rien paraitre des battements sourds de son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. La main qui serrait sa baguette ne tremblait pas non plus.
Respirant lentement, il essayait de faire le vide dans son esprit, de chasser tout ce qu’il avait vu et entendu ces dernières minutes, de chasser la colère qui quelques instants plus tôt avait bien faillit l’emporter. Il n’y avait pas de place à la colère lorsqu’on affrontait un dragon, mais de place pour l’égo non plus. L’enquête devenait en cet instant quelque chose de secondaire, d’accessoire, face à la puissance dévastatrice de la bête. Ce n’était pas une tache aisée, leur récente découverte l’avait ébranlée, tout comme elle avait ébranlée une fois de plus sa confiance dans le système et dans le ministère. Il arrivait de plus en plus souvent au loup de se demander pourquoi il faisait tout ça, pourquoi s’acharner à rendre le monde meilleur pour être déçu de voir toujours des hommes tenter de le précipiter dans le néant. Sa perte de foi, ou plus exactement sa perte de l’espoir était quelque chose qu’il vivait mal d’autant plus qu’il n’y avait désormais plus personne pour lui rappeler pourquoi il était bien de continuer le combat qu’il s’était choisi.


Alors que les étages défilaient, ils pouvaient entendre des cris en dessous d’eux, cris d’animaux autant que des cris d’hommes. Le sorcier serra le point. C’était trop lent. Combien de corps seraient déjà étendus sur le marbre de l’atrium avant qu’ils ne puissent les y rejoindre ?
Sentant une pression sur son bras, il tourna le regard pour croiser celui de Nate. L’inquiétude qu’il y lu tout comme la phrase qu’il formula lui arracha un infime sourire. Il n’y avait qu’un véritable ami pour dire ce genre de chose dans ce genre de moment, et Nathan Stanic était un véritable ami. Si Khaaleb avait désormais du mal à trouver une raison à ses actions, il savait pourquoi il se battrait aujourd’hui. Le ministère entier n’était pas corrompu, il y avait nombre d’hommes et de femmes innocents pris au piège dans le bâtiment avec un dragon fou de rage. Voila donc ce qui lui restait à faire. Acquiesçant d’un hochement de tête sec, le sorcier reporta son regard sévère sur son objectif au moment où les portes de fer s’ouvraient.

Le spectacle qui s’offrait à eux lui coupa le souffle l’espace d’un instant, le laissant spectateur muet de la démesure du carnage et de la désolation du dragon. La bête était au centre du hall, noire comme la fumée de l’incendie qui se rependait sur son passage, les écailles parsemées de reflets irisés flamboyant comme des braises vives. Regarder cette créature, c’était comme de plonger les yeux sous la croute noire d’un volcan pour en découvrir le magma visqueux et rougeoyant, la force brut et le danger. Ses ailes de viverne étaient repliées le long de son corps sans doute dans le but de les protéger, lui donnant une dextérité encore plus grande dans ses membres avant afin d’agripper, déchirer, découper tout ce qui passait à sa portée comme un fauve sauvage. Sa tête, fine et allongé, garnie de cornes qu’on aurait dites sculptées dans la lave, lui donnait un air démonique que ses longs crocs acérés ne faisaient que renforcer. Malgré sa taille, la bête était d’une rapidité remarquable, battant l’air de sa queue dont elle se servait autant d’un support que d’une arme qu’elle abattait sur tous les ennemis qui croisait sa route. A n’en pas douter, c’était une créature incroyable, cauchemardesque, conçue par la démence de l’être humain dans le seul but de tuer et de rependre le chaos.
Comme pour appuyer ce constat, on pouvait voir tout autour de la bête les ravages qu’elle avait déjà causés, notamment en entrant dans le bâtiment. Morceaux de métal tordus, briques noircies et pierres en morceaux jonchaient le sol comme les premières victimes de sa vengeance brulante. Quelques meubles et sculptures en bois qui habillaient quelques minutes plus tôt le grand atrium brûlaient à présent comme de simples feuilles de papier, rependant une fumée noire et piquante.
Déjà, alors même qu’ils posaient les pieds sur le marbre poussiéreux, ils virent aussi des jets de lumières et d’étincelles qui provenaient des baguettes des quelques malheureux assez fou pour venir affronter le dragon. Heureusement, ou malheureusement, il n’y avait pas grand monde dans les bureaux le dimanche, et personne n’avait encore trouvé la mort, en tout cas aucun cadavre gisaient au sol, hormis les entrailles même du bâtiment. Sans attendre une seconde de plus ni prêter une quelconque attention à Nathan qui avait sa mission à accomplir, Khaaleb fonça dans la mêlée, se pressant pour rejoindre les hommes en livrée rouge qui luttaient contre les assauts de la bête. Il s’agissait principalement de membres de l’équipe de sécurité qui étaient aux premières loges puisque positionnés en permanence dans les zones tel que l’atrium ou le hall de transplanage. Dès qu’ils le virent arriver, il pu apercevoir dans leur yeux paniqués une lueur de courage regagné.


« OK LES GARS !! ON EST PAS LA POUR JOUER !! ON SE DISPERCE AU MAXIMUM !! ON OCCUPE TOUT L’ESPACE !! ON RESTE TOUJOURS EN MOUVEMENT !! » Hurla-t-il à l’attention des hommes présents pendant que débarquaient du sous-sol sa propre équipe, baguettes à la main, prête à en découdre comme si c’était un jour normal de travail.
Immédiatement, de nombreux sortilèges fusèrent vers la dragonne, mais malgré sa masse impressionnante, elle était d’une vivacité telle qu’elle parvenait à échapper à la plupart. Les rares qui la touchaient ne semblaient pas l’atteindre ou même lui causer le moindre dommage. Sautant au dessus des gravas, glissant sur le marbre noir, Khaaleb ne quittait jamais le monstre des yeux, guettant une faille qu’il ne parvenait pas à trouver. L’anarchie de la situation tenait du champ de bataille. La plupart des sorcières et sorciers qui se trouvaient là n’avaient jamais combattu ni même vu un dragon de leurs propres yeux, pas même ses équipiers, si bien qu’ils avaient du mal à comprendre les mécanismes qu’un tel combat imposaient. Certains, ceux à la livré rouge principalement, n’écoutant pas ses ordres, avaient trouvé refuge derrière un amas de pierre qui s’était détaché d’une colonne, lançant des jets d’étincelles blanches vers leur cible qui n’eut ainsi aucun mal à les repérer.


« BOUGEZ DE LA BORDEL !! » Eut-il à peine le temps de crier avant que la queue de l’immense animal de s’effondre sur le lieu où ils se trouvaient, faisant voler la pierre blanche en poussière grise, rendant impossible de voir les silhouettes des hommes qui s’en étaient sorti ou non.
Le visage couvert de sueur, Khaaleb jeta un regard à sa gauche pour voir deux gars à lui qui le regardait d’un air mi-inquiet mi-assuré, comme s’ils attendaient les ordres de leur supérieur. Sans dire un mot, il leur fit un geste qu’ils comprirent, courant à leur tour pour se mettre en place, suivi de près par d’autres à qui ils communiquaient les informations au passage, tout en slalomant entre les débris calcinés et les attaques incessantes de la bête qui se sentait de plus en plus acculée. Ne sachant pas de quel côté donner de la tête, la créature balançait la sienne à tout va, essayant de mordre tout ce qui passait à sa portée, ce qui était facile vu la taille de son cou démesuré. Ils avaient beau courir dans tous les sens pour la perdre, elle n’en était pas moins plus rapide qu’eux, si bien qu’elle réussi à attraper au vol le pied d’un homme qui poussa un hurlement en tombant à la renverse sur le sol, tiré en arrière par une force qu’il ne pouvait égaler, s’agrippant au sol lisse sans autre résultat que de s’arracher les ongles. Deux autres lui attrapèrent les bras pour essayer de le retenir, mais ils ne faisaient pas le poids. A la seconde où ils lâchèrent, profitant de l’élan, la dragonne l’envoya voler à l’autre bout du hall, laissant le corps inerte tomber avant de se précipiter sur lui. Si l’homme était toujours en vie, ce ne serait plus pour très longtemps.
Sans attendre ni réfléchir, Khaaleb sauta sur un vieux bureau retourné afin de prendre un peu de hauteur et pointant sa baguette, lança sur la bête un sortilège aussi puissant que possible. Une boule d’énergie quitta le bout de bois pour traverser le hall empli de fumée noire pour venir frapper l’animal entre les omoplates juste avant qu’elle ne fonde sur le malheureux. Si aucun effet du sort ne fut visible sur la créature, elle n’en stoppa moins son geste, se figeant comme si quelque chose venait de la déranger dans son action.


« HEY TOI !! LE GROS VERS !! OUI TOI LA !! ALLER LE LEZARD REGARDE MOI !! » Hurla le sorcier à son intention. Si les dragons avaient depuis bien longtemps perdu le don de la parole, ils n’en étaient pas moins capables de comprendre le langage des hommes, ou tout du moins des rudiments, ce que beaucoup de sorciers ignoraient. C’étaient par contre comme chacun sait des créatures très fières et hautement susceptible, et ils n’aimaient pas qu’on les nomme par des noms tels que « lézard » et encore moins « vers ». Les rares sots qui s’y étaient tentés n’avaient en général jamais pu trop s’en vanter par la suite, mais vous conviendrez que c’était toutefois une façon efficace de gagner son attention. A peine avait-il prononcé ses mots que la dragonne se détourna immédiatement de sa cible pour tourner sa longue tête reptilienne vers le loup qui lui faisait face.
« ALLER OUI VIENS PAR LA !! C’EST MOI QUE TU CHERCHES VIENS !! » Continuait-il de crier à son encontre, essayant de capter toute son attention pendant que les sorciers et sorcières de son équipe éloignait le corps inanimé du blessé et qu’ils entouraient progressivement la bête qui avait désormais le corps tourné vers lui.
La tête basse, le corps tendu comme un chien de chasse, elle le scrutait de ses yeux comme deux fentes de lave bouillonnante, intriguée par cet humain qui osait lui faire face debout sur ce morceau de bois ridicule. Dilatant des naseaux, elle fouilla l’odeur différente des autres humains qu’il dégageait, une odeur qu’elle ne connaissait pas. Par contre, il y avait sur lui une odeur qu’elle connaissait, celle de l’homme qui avait pris son œuf, son petit, son trésor. Une odeur qu’il avait sur les mains depuis qu’il avait sciemment plaqué Magnusen au mur quelques minutes plus tôt. Il n’en fallut pas plus à l’animal qui, pris d’une rage nouvelle, fondit gueule ouverte sur Khaaleb qui eu juste le temps de sauter au sol en hurlant
« MAINTENANT !! »

A cet instant, une dizaine d’éclairs blancs frappèrent la créature de toutes parts afin de la stupéfixer. Les sorcières et sorciers qui l’entouraient, baguettes levées, le souffle court, regardèrent l’immense créature se figer dans son attaque, la gueule encore ouverte. Se relevant de sa chute, le loup leva les yeux vers la bête immobile.
Pendant un instant, un instant où il n’entendait rien d’autre que le sang battre à ses oreilles, tout fut calme dans l’atrium, personne n’osait rompre le silence. Pendant une demi-minute peut être, une vague de soulagement recouvrit celle de la peur et de l’angoisse. La poussière était en suspend dans l’air saturé, un feu brûlait toujours. Quelqu’un esquissa un sourire prématuré.

Alors il y eu un râle terrible. Un hurlement profond comme les entrailles de la terre, vibrant dans chaque pierre, chaque être à vous grasser tout le sang du corps. Il fallut beaucoup de courage et de force à ceux qui entendirent ce cri de haine et de rage pour ne pas tomber au sol de peur ou fuir de panique. Les yeux toujours tournés vers ceux de la dragonne, Khaaleb vit ses pupilles fixes soudain reprendre vie et se braquer sur lui. Puis, dans un mouvement d’une extrême lenteur, le monstre tourna son immense tête vers lui, faisant claquer ses mâchoires dans un bruit sinistre comme pour le prévenir que ce qui allait suivre serait bien pire que tout ce qu’il avait connu. Aussi étrange que cela puisse paraitre dans une pareille situation, le loup souriait.


« Alors comme ça tu veux danser ma jolie… alors dansons. » Murmura-t-il à la fois pour elle et pour lui-même. Le corps tendu, le regard posé sur son adversaire, sa baguette serrée dans une main, il empoigna un gros morceau de pierre qui se trouvait à sa portée. Au moment où la bête fondit sur lui, il eu juste le temps de l’éviter en se tournant et lui assena un coup violent avec la pierre sur la tempe, ce qui eu pour effet de produire un craquement sourd et de la rendre plus furieuse encore. Le combat qui s’enchaina ensuite fut aussi rapide que chaotique. Malgré les autres sorciers qui n’arrêtaient pas de la harceler, elle revenait toujours vers lui, mordant l’air, griffant de ses serres tout ce qu’elle pouvait lacérer, mais il avait l’avantage de ne pas être un humain ordinaire, et s’il ne possédait pas la vivacité légendaire des vampires, il n’en était pas moins plus rapide et plus fort que les autres sorciers présents dans la salle.
Alors qu’il avait l’impression de reprendre enfin l’avantage, acculant la bête contre un mur à l’aide des assauts synchronisés de son équipe, il vit la silhouette de Nate sortir de l’escalier menant au sous sol. Son ami, l’œuf entre les bras, ouvrait des yeux hagards et semblait figé dans l’effroi. Bien sur, Khaaleb était totalement incapable de savoir ce qui bloquait ainsi son ami, mais une chose était sure, il ne devait pas rester là.
Un cri strident lui appris que la dragonne elle aussi avait remarqué le nouveau venu, et plus encore, elle avait remarqué la chose si précieuse qu’il tenait dans ses bras. Sans plus se préoccuper de ses assaillants, la bête se précipita vers l’homme qui tenait ainsi contre lui son plus grand trésor, prête à tout pour le récupérer. Mais avant qu’elle n’arrive sur lui, le jeune homme avait déjà pointé sa baguette vers le sorcier.


« NATHAN ATTENTION !! » Hurla-t-il à son ami avant de lancer sur lui un sortilège d’attraction qui eu pour effet de le faire littéralement voler vers lui, échappant de peu à la fureur du dragon qui se retrouva une fois de plus à refermer ses serres sur le vide. Rattrapant son camarade au vol ainsi que l’œuf qu’il tenait toujours contre lui, il n’eu que le temps de voir qu’il était comme en état de choc. Prenant les choses en main, et quand je dis les choses, je parle bien sur de l’œuf, il posa une main sur l’épaule de son ami comme pour le faire revenir à la réalité, puis le plaçant derrière lui, il se tourna une nouvelle fois vers la bête qui elle-même le regardait avec dans le feu de ses yeux toute la haine du monde et des hommes. Marchant vers lui sur ses doigts ailés à la façon de certaines chauves-souris, elle claquait toujours ses mâchoires, produisant des sons et des crissements atroces.
Sans la quitter du regard, Khaaleb rangea sa baguette dans sa poche et, avançant de quelques pas, se pencha vers le sol afin d’y déposer l’œuf avec une infinie douceur.  Puis, avec un calme étonnant au vu de la situation, il se redressa et recula en lui faisant toujours face, les deux mains ouvertes et vides tournées vers elle.


La dragonne se stoppa. L’attitude de cet humain n’était pas celle qu’elle attendait. Etait-il vraiment en train de lui rendre son trésor ? Ou bien était-ce un piège peu subtil destiné à lui faire baisser sa garde. Intriguée, elle continuait à regarder l’homme qui la regardait à son tour, ainsi que cet autre homme qu’elle avait vu venir avec son œuf. Tournant la tête pour les observer de profil, il se passa bien deux minutes pendant lesquelles rien ne se produisit, pendant lesquelles tous attendirent. Puis il y eu un léger craquement, et un deuxième, et encore un, comme quelque chose de fin qu’on casse, comme d’ouvrir un œuf à la coque. Oubliant alors la présence des humains autour d’elle, la mère s’approcha de son petit qui était en train de sortir de sa coquille sous leurs yeux à tous, au milieu des décombres du combat. L’encourageant de petits grognements assez étonnant pour une créature de sa taille, la mère repoussait les morceaux que son rejeton détachait progressivement.
Puis la coquille finit par se rompre totalement, et le dragonnet leur apparu à tous, sale et visqueux à souhait, hoquetant des petits gargouillis qui semblaient combler sa mère de bonheur car elle-même semblait lui répondre d’autres gargouillis plus graves. Le petit, maladroit, s’approcha de la femelle qui l’entoura d’une aile protectrice et avançant le museau, souffla sur lui un feu doux et réconfortant, son premier bain en quelque sorte, comme un baptême pour fêter sa venue au monde. Puis visiblement épuisé par l’effort qu’il avait du fournir pour sortir de sa coquille, le dragonnet baissa le cou pour se blottir dans le creux de l’aile de sa mère qui l’observa avec fascination dans un instant d’une étonnante douceur.

Elle n’était d’ailleurs pas la seule à être fascinée. Tous ceux qui entouraient la mère et son petite dans cet instant intime, principalement des membres du département de RPCM rappelons le, regardait avec un air émerveillé la scène surréaliste dont ils étaient les témoins. Même en captivité, ce genre de spectacle était d’une rareté sans nom.
Oubliant le danger qu’ils avaient couru, et qu’ils couraient toujours d’ailleurs, ému plus qu’il n’aurait su le dire, Khaaleb posa une main sur l’épaule de son ami qui se trouvait toujours à ses côtés. Le moment et l’adrénaline qu’il sentait encore en lui le faisait sourire comme un gosse et lui faisait même oublier que quelques instants plus trop la dragonne essayait de tous les tuer. L’espace d’une seconde, le loup cru même discerner le regard que la créature posait sur eux, et bien qu’il n’en mettrait jamais sa main à couper, il n’y lu plus de la haine, mais une sorte de reconnaissance silencieuse. Le temps était comme suspendu, un calme étrange régnait dans l’immense pièce au plafond sans fin. Il fallait faire quelque chose, prendre des décisions, et à la fois, personne ne voulait venir briser le charme de cette rencontre entre une mère et son petit. A cet instant, la créature dévastatrice semblait disparue.

Mais alors qu’il était sur le point de donner des instructions, quelque chose auquel il ne s’était pas attendu se produisit. Venu du fond de l’atrium, un jet de lumière verte fendit l’air pour aller frapper l’animal fantastique qui eu cependant le réflexe, comme un sixième sens, d’esquiver l’attaque en se projetant sur le côté. Tournant la tête vers l’origine du sortilège mortel, le jeune homme pu voir Jun Shan arriver des ascenseurs, escortée par Magnusen et d’une troupe d’autres membres du Département des Mystères, baguettes pointées sur la cible immense que formait la dragonne désormais encombrée par son petit.


« Shan mais qu’est ce que vous foutez bordel ??!!
-Poussez vous de là Tal’ahjon, vous êtes out… le Département des Mystères reprend la main je vous l’avais dit, et nous allons sauver le ministère de cette infâme créature…alors DEGAGEZ !! » Hurla-t-elle en restant parfaitement stoïque et en s’arrêtant, baguette toujours brandie, à bonne distance de la bête qui cherchait une porte de sortie en tordant le cou dans tous les sens, détournant son rejeton de ses nouveaux assaillants, incapable pour le moment de prendre son envol.
« Alors c’est ça hein, vous préférez effacer les preuves plutôt que d’assumer vos erreurs, quittes à vous faire passer pour des héros alors que vous êtes responsables de tout ça. » Dit-il en s’avançant calmement pour se placer entre la troupe de Shan et la dragonne. « Et bien laissez moi vous dire que ça ne se passera pas comme ça. » Ponctua le loup en levant sa baguette à son tour, mais non pas vers la bête mais bien la directrice du département des mystères, geste qui fut rapidement suivi par d’autres membres de son équipe.
« Rien de très étonnant…les monstres avec les monstres… » Rétorqua la femme aux cheveux noirs avec un rictus de dégout déformant son visage qui n’avait plus rien de charmant. « Très bien tu l’auras voulu. »

Ce fut sans doute elle qui lança le premier sortilège, suivi de bien d’autre dans les deux camps, et le chaos revint dans l’atrium, mais pour une minute à peine. Les membres des deux départements étaient pour la plupart de très bons sorciers, si bien qu’ils combattaient sans bien souvent se toucher, affectant bien plus le bâtiment déjà bien entamé plutôt qu’eux-mêmes. Mais cet échange eut l’effet que Khaaleb attendait. Alors qu’il bloquait de peu un éclair jaune que Shan, qui l’avait pris pour cible, lui destinait, il vit du coin de l’œil la dragonne dégager son petit de ses ailes protectrices et le prendre délicatement entre ses griffes, puis prenant appui sur les restes fumants du mobilier, elle écarta ses grandes ailes noires. Un instant, il cru qu’elle allait s’envoler, mais s’était sans compter sur le dernier cadeau qu’elle leur réservait. Gonflant le torse, il pu voir toutes les écailles de son abdomen s’illuminer comme les braises sur lesquelles ont souffle en remontant le long de sa gorge.

« A TERRE !! » Hurla-t-il avant de tirer Nathan qui se battait juste à côté de lui au sol, juste à temps pour échapper à la déflagration terrible du cracheur de feu.
Relevant la tête, les cheveux un peu roussit, le jeune homme eu juste le temps d’échanger un dernier regard avec la bête avant que cette dernière s’envole et quitte le ministère par l’endroit où elle était arrivée, c'est-à-dire un trou immense dans la façade du premier étage. Autour de lui, tout le monde était plus ou moins vivant, la dragonne avait tiré haut, de sorte à ne pas les carboniser mais surtout à les forcer au repli, afin d’assurer sa propre sortie.

Se levant non sans difficulté, les vêtements et le visage couverts de suie et de poussière mélangée à la sueur, il s’approcha de Shan qui était étendue, haletante, non loin de lui. Après avoir récupéré sa baguette magique, il l’aida à se relever. Elle avait les jambes tremblantes et un de ses genoux saignait abondamment.


« C’est fini Shan… vous avez perdu. »




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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   05.09.18 9:56


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



Qu’est-ce que Peter Weston faisait dans son imagination lorsqu’une dragonne furieuse se tenait au centre de l’Atrium du Ministère ?
Pourquoi est-ce que la terreur qu’il éprouvait était parvenue à se décupler, lui qui pensait que la peur face à une créature aussi puissante ne pouvait augmenter ? Pourquoi la peau de son cou avait réactivé sa mémoire sensorielle, lui piquant la nuque ?
Pourquoi était-il incapable de bouger alors qu’une maman furieuse chargeait vers lui pour récupérer son oeuf ?
Terrifié et perdu, Nate se senti tirer vers l’avant, tellement rapidement qu’il se fit mal au cou. Son corps s’envola et le sorcier ne remarqua aucun détails du chaos autour de lui. Seul un sentiment général lui expliquait inconsciemment qu’il était à présent sur un vrai champ de bataille. Une poigne puissante l’attrapa au vol et ses chaussures furent de nouveau en contact avec le sol tremblant. Khaaleb, car c’était bien lui qui venait de lui sauver la vie, lui prit l’oeuf des mains et le plaça derrière lui en le pilotant d’une main sur son épaule. Le contact de son ami le fit revenir à la réalité et le flou du réel chassa bien vite le visage d’un joueur de Quidditch. Il aurait le temps, plus tard, de réfléchir à ça. S'il ne se faisait pas carboniser, mais c'était un détail.
Alors qu’il sortait sa baguette, fixant de derrière Khaaleb l’énorme créature, celui-ci la rangea dans sa poche. Horrifié, Nate l’observa marcher lentement vers le centre de l’Atrium pour aller délicatement y déposer l’oeuf. Il recula ensuite, toujours en vie en non brûlé - ce qui était étonnant en vue de la situation - montrant ses paumes à la dragonne. Alors que celle-ci s’immobilisa, il semblait que le reste du monde faisait pareil, même les poussières semblaient momentanément suspendues dans l’air enfumée. Le temps passa, silencieux et terrifiant jusqu’à ce qu’un évènement inattendu dérouta aussi bien les humains que la mère. L’attention général qui avait été condensé jusque là dans un échange de regards entre les deux races, se rapporta vers l’oeuf d’où venaient des petits craquements. Sous leurs yeux ébahi à tous, un dragonneau s’extirpa de sa première demeure et alla se blottir contre sa mère. Nate, rendu extrêmement émotif dûs à l’adrénaline et la peur, fit immédiatement un parallèle entre une mini Rosie encore toute fripée qu’on avait tendu à son épouse épuisée. Son coeur se serra et il se sentit privilégié d’assister à cette scène. La dragonne était toujours aussi terrifiante et il n’aurait pour rien au monde, aimé l’approcher, mais désormais, c’était comme si Nate parvenait enfin à comprendre ce que l’animal pouvait ressentir. Auparavant, il ne s’était jamais que focalisé sur la colère d’une mère dont on avait pris l’enfant. Jamais encore il n’avait pourtant vu la créature comme une tendre maman.
Khaaleb déposa sa main sur son épaule et Nate lui jeta un bref regard. Fasciné, son sourire éclatant se dessinait sur ses lèvres.
Et c’est lorsque le danger semble le plus éloigné, qu’il revint à la charge, surprenant tout le monde ici, si ce n’est le dragon qui esquiva habilement un sortilège de la mort.
Offusqué, Nate se retourna, oubliant qu’il lâchait du regard une monstrueuse et dangereuse créature des yeux, pour découvrir Shan, Magnussen et d’autres langues de plomb émerger des ascenseurs.

La directrice du département des Mystères ordonna à Khaaleb de se retirer, comme si elle et une poignée de ses hommes pourraient maîtriser une bête pareille, alors même que des spécialistes n’y étaient pas parvenu avant de lui rendre ce qui lui était dû.
Refusant d’obéir, son ami fit encore bien plus que ça. Il vint se placer entre la dragonne et son petit, et Shan. Nate ne dû pas réfléchir beaucoup pour suivre le mouvement, tout comme la plupart des membres du département du sous-sol.
C’était étrange de tourner le dos à un dragon et de pointer sa baguette vers d’autres humains. Il y avait quelque chose d’épique dans cette scène, quelque chose comme venant de contes anciens.
Puis les sortilèges volèrent et, alors que des scènes de bataille de ce genre sont souvent racontées comme ralentissant les sens des combattants, Nate ressenti comme l’effet inverse. Il n’en était pas à sa première mêlée mais la présence d’une créature majestueuse dans son camp - c’est ce qu’il espérait du moins - rendait la scène magique dans le sens le plus ancien du terme. Tout allait si vite qu’il ne faisait plus que réagir aux actions, bondissant, se défendant ou déployant le sortilège du bouclier pour protéger d’autres. Vue de haut, cette scène aurait pu sembler répétée tant les sorciers bougeaient avec grâce sans jamais réellement parvenir à se toucher l’un l’autre, comme si chaque mouvement avait été préalablement chorégraphié pour que personne ne se blesse. Personne ici ne voulait vraiment faire de mal à leurs collègues et tentaient donc de les immobiliser plutôt que de les blesser.
Soudain, on le plaqua au sol et Nate senti un souffle brûlant le frôler et il ferma les yeux. Le poids qui l’avait protégé se releva de son dos et Khaaleb fut debout sans le moindre effort. Encore sous le choc, Nate tourna la tête pour voir que la dragonne et son enfant avaient quitté le Ministère et il en fut soulagé pour de nombreuses raisons.

Il se releva avec moins de grâce que son ami et épousseta ses vêtements sales, dans une tentative vaines d’en enlever la crasse. Ce genre de réflexe était étrangement resté ancré chez les sorciers, pourtant capable d’utiliser la magie. Une habitude provenant certainement du temps où ils devaient rester cacher.
En regardant autour de lui, Nate fut rassuré de voir que c’était principalement le bâtiment qui avait le plus souffert. A présent que la dragonne s’était envolée, c’est comme si les deux camps avaient cessé d’exister, les collègues s’aidant l’un l’autre à se relever, parfaitement illustré par Khaaleb tendant la main à Shan.
Pourtant, il y avait bien des fautifs dans ce melting pot des employés du Ministère.

***

Depuis que l’état d’urgence avait été déclaré et le Dôme installé, le ministre de la Magie existait principalement dans un rôle honorifique, n’ayant en réalité plus grande autorité. Le Conseil prenait en effet les décisions les plus importantes, sans même le concerner. Ce dimanche là pourtant, le Premier Ministre avait été dépêché sur les lieux. C’était son Ministère et on lui avait caché sous les yeux des expériences dangereuses et immorales. Les sanctions étaient tombées : Shan s’était vue contrainte de démissionner et Magnussen avait été condamné à trois mois de prison, officiellement pour fraude. Le grand public n’avait en effet pas été mis au courant et les employés présents sur place ce jour-là, excepté les hauts-gradés, avaient été soumis au sortilège d’Oubliette.
Avant que ce ne soit le tour de Nate, celui-ci avait pris Khaaleb à part pour lui murmurer à l’oreille la vision qu’il avait eu. En tant que directeur de département, il pouvait garder sa mémoire mais devrait probablement jurer un serment inviolable. Ou en être contraint plutôt.

- Quand ça sera fini, viens dans mon bureau et dis-moi cette phrase : “Tu penses que c’est Peter Weston”. Ne le répète à personne d’autre.

Il n’y avait pas lieu de protester, les décisions avaient été prises et il allait devoir se séparer de ses souvenirs. Rassemblé dans l’Atrium, il y avait peu de colère. Il y avait même eu un simulacre de documents signés pour marquer l’accord fictif du personnel. Ils devaient être une vingtaine face aux baguettes levées des Oubliators. Dans le contexte politique actuel, il était facile de persuader les gens qu’il était pour un mieux de ne pas faire de vagues.

-Oubliette !

Nate ferma les yeux. Pourtant, le vide attendu ne vint pas. Il rouvrit un oeil. Le visage de la plupart de ses collègues étaient devenus vides d’expressions. Il tenta de les imiter comprenant que quelqu’un veillait à le protéger du sortilège.

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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   09.09.18 13:04


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Le ciel était gris comme du béton coulé et aussi bas que le plafond d’une cave, près à vous tomber dessus. Il n’y avait plus de vent, il était tombé avec la fin de cette enquête abracadabrante. Depuis plusieurs jours, personne n’avait vu sur Boston la moindre trace de bleu dans le ciel, il n’y avait que cette couche grise, homogène, opaque, et ce crachin persistant qui tombait comme s’il ne devait jamais s’arrêter. Sa sœur disait toujours que lorsque le temps était ainsi, il lui rappelait celui qu’elle avait connu pendant les quelques semaines qu’elle avait passé en Irlande avant de rentrer chez eux, dix années plus tôt. Ce n’était peut être pas un hasard si autant l’émigrés étaient venus ici après avoir traversé l’océan, au moins ils n’avaient pas besoin de se réadapter au climat.

Khaaleb marchait sans regarder les autres passants qui avançaient comme lui sur le trottoir, bien cachés sous leurs parapluies magiques. Lui n’en avait pas, il n’en ressentait pas le besoin, d’ailleurs, c’était à se demander s’il ressentait la pluie qui lui tombait dessus et faisait coller ses cheveux contre sa nuque. Son long manteau, rendu brillant par l’humidité ambiante, claquait contre ses cuisses à chacun de ses pas. Il avait cet air déterminé et sérieux qu’on lui connaissait désormais, et il fumait malgré la pluie. Chaque bouffée qu’il prenait se mélangeait à la vapeur blanchâtre qui sortait de la bouche de tous les passants créant un mur de fumée entre les gouttes d’eau qui tombaient sur les rues. Deux semaines étaient passées depuis l’incident, deux semaines où il n’avait pas eu le temps de voir Nate, encore moins de lui parler. Il avait fallu attendre que les choses se tassent, que de nouvelles se mettent en place. Beaucoup de travail.

Le sorcier avait donné rendez-vous à son ami dans un petit café du centre ville. Il était tôt.
Il avait choisi cet endroit parce qu’il savait qu’à cette heure, il serait quasiment vide, et surtout vide d’autres employés du ministère qui préféraient les établissements situés plus proche de leurs bureaux. Être vu en présence du sous-directeur du département des transports magiques n’était pas un problème, mais c’était ce dont il voulait lui parler qu’il préférait garder pour eux seuls. Bien sur, il aurait pu l’inviter directement chez lui, mais ça aurait été se priver d’une part de la meilleur tarte aux pommes de la ville, et le loup avait faim.

Arrivant devant l’enseigne, le jeune homme leva les yeux vers la vitrine qui était là depuis la création de la ville si on en croyait l’inscription. Le bois sombre et moulé qui entourait les grandes fenêtres était peint de motifs élégants et sobres, doré sur fond noir, et faisait penser à ces vieux pubs anglais comme il y en avait un peu partout dans la ville. Tirant une dernière bouffée sur sa cigarette, Khaaleb sentit de la chaleur entre ses doigts au moment où la braise vint consumer le bout du filtre. Tendant la main vers un grand cendrier en métal argenté qui se trouvait juste devant la porte d’entrée, il enfonça le mégot dans un petit tas de sable mouillé. Il y eux un « pchiit » et la fumée cessa de sortir de la cigarette.

Le sorcier entra dans le café. Comme il l’avait espéré, il n’y avait pas grand monde ce matin, et surtout aucun employé du ministère. Une vieille sorcière au grand chapeau rongé par les mites parlait avec une autre, un chat roux lové sur ses genoux. Un homme, une casquette visée sur son crâne apparemment chauve lisait le journal du jour devant une tasse de thé fumant. Trois petits vieux installaient un jeu d’échecs qui les attendaient comme chaque jour.
Il faisait plus doux ici, la chaleur se dégageait d’un poêle à bois qui se trouvait dans un coin de la pièce, et une odeur de grains de café torréfiés et de compote de pomme envahissait tout l’espace. Le ventre du loup se tordit, lui rappelant qu’il n’avait pas mangé depuis la veille à la même heure. Se rapprochant du comptoir, il salua le patron qui prit sa commande puis alla s’asseoir sur une table à l’écart. Retirant son manteau trempé, il le mit à sécher près du poêle après en avoir retiré un journal humide qu’il ouvrit non sans ménagement.
La page qui l’intéressait montrait le visage sévère d’un homme noir d'une cinquantaine d'années dans un costume anthracite. L’article titrait
« Terence Wayne, le nouveau monsieur mystère du ministère ». Si la photographie de l’homme était bien magique, lui-même ne bougeait pas, et fixait son spectateur comme s’il voulait lire dans ses pensées. Les yeux du jeune homme parcoururent l’article, s’arrêtant sur les lignes qui parlaient de la démission de l’ancienne directrice du département des mystères, Jun Shan, qui avait pris une retraite anticipée afin selon l’article « d’aller s’occuper de sa mère malade ». C’était incroyable le genre de bobards qu’on pouvait faire avaler aux gens.

C’était pourtant ce bobard que le ministre de la magie avait décidé de choisir comme la version « officielle ». Khaaleb revoyait parfaitement l’entretien qu’il avait eu avec lui deux semaines plus tôt, juste après la fin de cette journée de folie. Ils s’étaient retrouvés seuls l’un en face de l’autre, dans ce grand bureau que le ministre occupait au sommet de la tour du ministère. Ce n’était pas un mauvais bougre, le ministre, on pouvait même dire qu’il faisait de son mieux au vue de la situation et de son absence d’influence. Le pouvoir était essentiellement dirigé par le Conseil, ne lui laissant qu’un rôle de représentation sns possibilité de prendre part aux grandes décisions.
Mais ce jour là, c’était à lui de gérer cette sombre affaire dans laquelle ses propres employés l’avaient mené et il n’y prenait aucun plaisir.
Il avait expliqué longuement au directeur du DRPCM ce qui allait se passer, ce qu’il avait décidé pour Shan, Magnussen, et les autres sorciers et sorcières qui étaient impliqués dans ces recherches expérimentales qu’il n’avait lui-même jamais approuvées. Mais le lycanthrope ne l’entendait pas de cette oreille, il avait ses propres exigences et il menaçait de tout révéler si on ne lui accordait pas. Ca faisait des années que le ministre connaissait Khaaleb Tal’ahjon, et il pouvait voir que ce dernier ne bluffait pas, il avait cependant refusé dans un premier temps. Avoir au sein des effectifs du ministère, et surtout dans les hauts gradés, un membre de la Grande Meute Américaine était quelque chose de positif pour leur image, ça montrait qu’ils étaient ouverts, conciliants, qu’ils approuvaient l’intégration des hybrides, ça faisait bien pour les chiffres. Si seulement le loup s’était contenté de ce qu’il avait, de dire merci et d’aller sauver les fougères magiques et les chatons à paillettes, ça aurait été beaucoup plus simple, mais ce n’était pas le cas.
Le ministre avait hésité à le renvoyer aussi, mais ça non plus il ne pouvait pas le faire, pas sans l’accord du Conseil, par sans créer un vent de polémique et un clivage entre le ministère et la communauté lycanthropique qui gagnait des voies dans l’opinion public grâce aux actions de son leader. Il avait du plier.

Le loup ne serait pas renvoyé du ministère, et il ne partirait pas non plus, même si l’idée de tout envoyer bouler était toujours présente. Pour le moment cependant, Khaaleb avait décidé de rester. Il avait exigé de ne plus être tenu à l’écart, il voulait rentrer dans le jeu, et quitte à protéger les secrets du ministère, il voulait les connaitre, en faire partie. Consciemment, il s’était enchainé à de nouvelles entraves, mettant le pied dans un nouveau nid de vipères, mais il s’en foutait, il savait ce qu’il avait à faire.
L’attaché presse du ministère avait très vite communiqué le nom du nouveau directeur de Département des Mystères, un homme que le loup connaissait pour son intégrité sans faille. Il savait qu’il ne s’en ferait jamais un ami, mais il savait aussi que contrairement à Shan, le sorcier n’était pas de ceux qui acceptent de sacrifier des innocents pour le « bien commun », et ça faisait déjà une sacrée différence. Le changement de direction avait écarté les inimitiés nouvelles qui avaient éclatées entre les deux départements à la suite de l’incident, mais le sortilège d’amnésie avait terminé par résoudre définitivement le problème.

Nathan entra dans le café au moment où le jeune homme refermait son journal. Levant la main pour lui faire un signe, le sorcier vit son ami le rejoindre et s’asseoir en face de lui. Il avait l’air plutôt en forme, et le voir lui faisait sincèrement plaisir. Ces deux dernières semaines avaient été longues.


« Salut mon vieux » Dit-il en lui serrant la main « désolé pour le silence radio, j’ai été un peu…disons occupé ses derniers jours. Comment vas-tu ? » A ce moment là, le patron de l’établissement arriva avec un grand plateau en bois et disposa devant eux deux tasses de café noir ainsi que des assiettes contenant des parts de tartes aux pommes généreusement servies avec de la crème fouettée, le tout saupoudré de cannelle. « Tu m’en veux pas, j’me suis permis de passer commande pour toi. »

Tirant la tasse de café vers lui, le loup y colla ses mains encore gelées. Un picotement envahit ses doigts. Il profita quelques secondes de la chaleur puis porta la tasse à ses lèvres. Le liquide était brulant, amer, délicieux. Il le réchauffait et lui laissait une étrange sensation de contentement. Après avoir reposé la tasse, le loup se jeta sur sa part de tarte qui était encore plus délicieuse que le café.

« On l’a appelé Tokaha… le bébé… ça veut dire « la première » en Lakota, je me suis dit que c’était plutôt approprié vu qu’elle est la première de son espèce… » Devant le visage surpris de son ami, Khaaleb eut un léger sourire. Il avala sa bouchée et s’essuya la bouche avec une serviette en papier. « Oui…  elles  vont bien, toutes les deux. C’est moi qui suis en charge de ce dossier maintenant. »

Buvant une gorgée afin de se rincer la bouche, le sorcier regarda son ami. Ce dernier semblait préoccupé, et ce n’était pas surprenant, il y avait surement beaucoup de questions qu’il se posait et qu’il trouvait sans réponse. Le jeune homme se pencha en avant, appuyant ses deux coudes sur la table en bois verni.

« Tu dois te demander pourquoi tu n’as pas été oubliété ce jour là avec les autres dans l’atrium, pas vrai ?» Il marqua une pause, regardant Nathan dans les yeux, les sourcils froncés. En parallèle, il revoyait le même visage de son ami alors qu’il l’observait au milieu des autres témoins de l’affaire qu’on avait rassemblé afin de leur effacer leurs souvenirs, il revoyait aussi la poignée de main qu’il avait échangé avec un des oubliators, juste avant. « D’une part, parce que je ne pense pas que ce soit la solution à notre problème, d’autre part parce que j’ai confiance en toi…et que je vais avoir besoin de toi dans les mois à venir … » Il s’arrêta un instant et pris une profonde inspiration. La décision qu’il avait prise de s’impliquer davantage dans les affaires du ministère ne serait pas sans conséquences, il en avait parfaitement conscience. «… pour m’arrêter si un jour je deviens comme eux. » Il savait que Nathan comprendrait, il s’avait qu’il était un des seuls sur qui il pouvait vraiment compter. Pourtant, en cet instant précis, il s’avait que c’était son ami qui allait avoir besoin de lui. « Mais la raison principale… c’est ce que tu m’as dit juste avant de te rendre à l’atrium. » Il but une nouvelle gorgée de café. « Je ne sais pas ce qui t’es arrivé ce jour là, je ne sais pas non plus pourquoi tu m’as donné ce nom et en quoi est ce que ça a un rapport avec toi... et je ne veux pas le savoir à moins que toi tu décides de m’en parler… cependant… » Il glissa la main dans une des poches de son pantalon pour en sortir des cartes de visites légèrement froissées qu’il glissa vers l’autre côté de la table. « je pense que ça pourrait t’aider ».

La première carte était frappée du logo d’une agence fédérale et indiquait le numéro de deux enquêteurs basés à New Phoenix, la deuxième montrait le dessin d’une porte qui changeait de forme à chaque fois qu’on la quittait des yeux. En dessous de ce dessin de porte, il y avait un nom et une adresse « Anahia Tal’ahjon, voyance et divination, Acorn Street 13, Beacon Hill, Boston ». Deux choix, deux possibilités, l’une était moderne, légale, longue ; l’autre mystique, incertaine, mais si Nathan avait des questions, c’était peut être dans les vapeurs de la transe qu’il trouverait enfin les réponses qu’il cherchait.






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Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 10.11.18 16:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   21.10.18 16:01


Ministery's men
Khaaleb & Nathan



L'épilogue de l'enquête s'était conclu deux semaines plus tôt et Nate s'était plongé dans le travail, anxieux à l'idée que ses collègues et supérieurs puissent comprendre que sa mémoire n'avait pas été 'oubliettée'. Il ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé et pourquoi l'Oubliator n'avait pas effectué le sortilège. Il fallait être un sorcier expérimenté pour atteindre ce poste - et forcément maîtriser ce sort - du coup, il n'était pas possible que ce soit simplement une "erreur humaine".
Il n'en avait parlé à personne, pas même à son épouse, curieux et enquêtant dans son coin sur les raisons de cet événement.
Il n'avait plus revu Khaaleb avec qui il avait rendez-vous ce matin, mais, au bout d'innombrables scénarios, Nate avait décidé que son ami devait forcément être lié à tout ça.
Mais ce n'était pas le seul mystère qui tracassait Nathan. En effet, alors qu'il s'était pour la première fois transformé en faucon depuis son agression dans la rue, il avait revu un visage. Et un visage connu. Celui d'un célèbre joueur de Quidditch. Pourquoi lui ? Tout ça n'avait aucun sens.

Ainsi, ces deux dernières semaines, Nathan s'était isolé des autres, perdu et incapable de se confier à qui que ce soit. Il avait donc été extrêmement soulagé lorsque Khaaleb lui avait proposé de se rejoindre dans un petit café du centre-ville. Enfin, il allait avoir droit à quelques éclaircissements.
Nate n'y était jamais entré mais trouva facilement l'enseigne malgré ce crachin qui persistait sur Boston depuis plusieurs jours.
L'endroit n'était pas rempli et le sorcier rangea sa baguette qu'il avait utilisé comme manche d'un parapluie magique. Il scanna rapidement l'endroit et vit Khaaleb lui faire signe de la main. Il lui répondit brièvement et zigzagua entre les tables pour le rejoindre.

Ils se serrèrent la main amicalement et Nate s’assit en face de son ami.

-Salut, répliqua-t-il en s’asseyant. Tu as bien fait, déclara-t-il sincèrement lorsqu’il lui indiqua qu’il s’était permis de passer commande pour lui - l’odeur était des plus alléchante - et ça va… Et toi ?

Il préférait ne pas entrer dans le vif du sujet alors qu’il était toujours en train de s’installer, plaçant machinalement ses mains sur les contours de la tasse de café fumante pour se les réchauffer.
Khaaleb lui donna - à sa grande surprise - des informations précises sur le sort de la dragonne et de son petit, ce qui lui confirma l’hypothèse que c’était bien lui qui était derrière le fait qu’il ait gardé ses souvenirs.

- Ca, c’est une bonne nouvelle ! Elle et son bébé sont entre de bonnes mains avec toi.

Aussitôt, Nate se détendit. Il avait une entière confiance en cet homme et, bien que ce scénario ait été le plus probable, il avait craint d’être le pantin de puissances qu’il ne connaissait pas.
Le loup ne resta pas bien longtemps mystérieux en abordant le sujet très vite de manière frontale.

-Disons que… je suis resté assez perplexe, avoua-t-il. Je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de me confier.

La première raison qu’il lui donna le laissa un instant sans voix : Khaaleb avait besoin de lui comme garde-fou. Sa réaction première était de le réprimander. Jamais son ami ne deviendrait comme cette ignoble Shan. Mais il se retint et le laissa continuer son explication. Car il n’avait pas terminé. Son ami revint sur sa confidence, lui donnant l’occasion de se confier à lui tout en lui donnant également l’opportunité d’en parler à quelqu’un d’autre. Il lui donna deux cartes de visite que Nate saisit d’un geste automatique : l’agence fédérale de New-Phoenix et le nom de sa soeur, Anahia, voyante.

-Merci, déclara-t-il en les rangeant dans sa veste avec un petit sourire nerveux.

Il n'avait jamais pensé à consulter une voyante. Peut-être que sa soeur pourrait l'aider, en effet. Il se frotta la barbe avant de commencer.

-D’une chose l’une… Je ne pense pas que tu deviendras comme “eux” mais c’est tout à ton honneur de prendre des précautions. Je te promets que je serai toujours là pour… t’arrêter au cas ou.

Nate avait plongé son regard dans le sien, voulant clairement lui montrer qu’il comprenait parfaitement la tâche qu’il lui confiait.  

-Mais quand tu parles des prochains mois à venir… Quelque chose de particulier est-il en train de se préparer ? Ensuite… concernant ce que je t’ai dis… Je ne m’en suis jamais…. je n’en ai jamais vraiment parlé avec toi, mais tu as dû apprendre que j’ai été agressé récemment. J’ai reçu un sévère coup sur la tête qui m’a fait perdre la mémoire de ce qui s’était passé mais… une chose, une seule chose m’a sauvé la vie.

Il commençait à gigoter sur sa chaise et se racla la gorge, mal à l’aise. Extrêmement peu de gens savait qu’il était capable de se transformer.

-... je suis un Animagus non déclaré. Je… me transforme en faucon. Durant mon agression, je me suis sauvé de justesse en m’envolant. Et l’autre jour, au Ministère, j’ai traversé quelque couloir sous forme animale pour aller plus vite. C’était la première fois que je me transformais depuis et … et des images me sont revenus. Dont celle de….du nom dont je t’ai parlé.

Les yeux de Nate gardaient un air interdit. Il ne comprenait toujours pas pourquoi le visage de Peter Weston avait dansé devant ses yeux. Avait-il voulu l’aider contre l’agresseur ? Ou est-ce que l’agresseur même avait un lien avec le capitaine des Kansas ?
En tout cas, en parler enfin avec quelqu’un lui faisait un bien fou, comme si le poids sur ses épaules s’allégeait. Bien sûr, il était déjà allé trouver des détectives - Miss Baldwin - mais celle-ci avait eu d’autres chats à fouetter depuis.

-Je sais que c'est dingue... Je... ne comprends toujours pas qui aurait intérêt à... me tuer.

Ce n'est pas comme s'il était Ministre ou homme d'affaire d'important. Il n'était personne ! Qui lui en voulait, et surtout, pourquoi, étaient des problèmes qui lui semblaient impossible à résoudre.

Spoiler:
 
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ϟ Messages : 968 ϟ Date d'inscription : 21/12/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Jason Momoa ϟ Crédits : perso/la magie de google

MessageSujet: Re: Ministery's men - ft Nathan Stanic   10.11.18 16:35


Ministery's Men
ft Nathan et Khaaleb


Avec le temps, les années et l’expérience aidant, Khaaleb avait fini par comprendre que l'ont ne peut arriver à rien en restant seul. La solitude rendait parfois efficace, et beaucoup d'hommes ayant réussi d'un point de vue économique vous dirons qu'ils ont tout réussi seul, qu'ils se sont forgés eux-mêmes, sans l'aide de personne, mais aujourd'hui le loup avait clairement conscience que ces propos étaient faux, que ce n'était qu'une façon de se mettre en avant, d'attirer la lumière uniquement sur ses capacités personnelles. Lui refusait cela, lui voulait travailler avec les autres, pour les autres, même si parfois il était compliqué de faire confiance à quelqu'un d'autre qu'à son reflet dans le miroir. On est jamais mieux servi que par soi-même disait l'expression. C'était sans doute vrai, ou peut être pas, tout dépendait des personnes qui vous entourait. Certaines personnes lui avaient déjà fait comprendre que cette manie de s'attacher aux autres constituait un poids pour son ascension politique, mais lui n'en croyait rien. Il avait compris que pour réussi, il fallait au contraire parvenir à s'entourer judicieusement, réunir les bonnes personnes, pas pour leurs capacités à vous valoriser, mais parce que vous pouviez être sûr de pouvoir leur faire confiance. Nathan était indubitablement l'une de ces personnes en qui Khaaleb avait désormais une confiance totale. Il savait aussi que le sous-directeur du département des transports magiques ne se priverait pas de lui dire lorsqu'il merderait et qu'il serait toujours de bons conseils. C'était rassurant pour lui, car depuis ces derniers mois il sentait sur son lieu de travail une sorte d'inquiétude lattante, comme si quelque chose menaçait de se passer, comme si sa présence ou son avancement étaient devenues gênantes. Alors il plaçait ses pièces sur l'échéquiers, il assurait sa garde, comme il savait que ses ennemis faisaient de même.

« Il y a toujours quelque chose qui se prépare... » Dit-il dans un murmure avant de boire une gorgée de café encore chaud.

C'était vrai. Les événements qu'ils venaient de vivre au Ministère étaient un exemple des emmerdements quotidiens qui pouvaient survenir sans prévenir. Ils n'étaient jamais à l'abri d'une nouvelle attaque, d'un nouveau jeu de dupe politique, de nouvelles magouilles pour encore plus de pouvoir. Le pouvoir. Cette chose, ce concept qui échappait au jeune homme. Bien sur, il y avait quelque chose de grisant à diriger, ça il ne pouvait se le cacher. Mais il ne prenait aucun plaisir à accéder à encore plus de pouvoir, car cet excès de responsabilité l'écartait sans cesse de ce qui lui importait vraiment, de cette réalité simple auquel il aurait voulu appartenir. Mais la réalité était comme toujours aussi sombre que dans de vieux romans noirs, et il fallait se rendre à l'évidence, il n'était pas le seul à en supporter le poids.
Il n'avait pas cherché à ce que Nathan lui fasse de confidence, il ne voulait pas brusquer son ami, le forcer à revivre cet événement qui semblait visiblement l'avoir fortement chamboulé. Il avait bien sur entendu parlé de cette agression dont il avait été la victime, tout se savait dans les bureaux pas très secrets du ministère, mais il n'avait cependant pas compris la gravité de la situation, tout simplement parce que les détails de l'événement ne lui étaient jamais parvenus.
Voyant que Nate était sur le point de parler, il adopta un air des plus sérieux, écoutant et observant avec la plus grande attention, et plus il le voyait, plus il se rendait compte que ce qu'on lui avait annoncé comme une simple bousculade prenait des allures de tentative d'homicide. L'homme qui lui faisait face était nerveux, il fuyait son regard, jetant des coups d'oeil par la fenêtre du café. Sa bouche se crispait tout comme ses doigts qu'il tordait.
Khaaleb attendait patiemment, ne laissant aucune expression se voir sur son visage. Il ne réagit d'ailleurs pas lorsque son ami qui apprit qu'il était un animagus non déclaré, comme si cette information était normale, sans gravité. En réalité elle était très grave, et le simplement fait de lui dire prouvait que la confiance que Nathan plaçait en lui était aussi grande que celle qu'il avait à son égard. Le fait de ne pas se déclarer était puni par la loi, et les conséquences pouvaient être très dures. Il était par exemple certain de perdre son travail au ministère, ce qui permit au loup de comprendre pourquoi aucuns détails sur l'agression n'avait été précisé. Nate lui-même n'avait pas voulu qu'on en découvre trop. Mais au-delà de s'inquiéter pour  son compagnon, le sorcier était réellement impressionné. Il n'était pas donné à tout le monde de réussir cet exercice magique très avancé, et c'était une nouvelle preuve qui montrait que Nathan Stanic était souvent mal jugé, ou en tout cas pas à sa vraie hauteur. C'était un excellent sorcier qui cachait bien son jeu sous des airs d'apparente faiblesse. Peut être lui-même n'avait-il pas conscience de cette puissance qui se cachait en lui.


« Il n'y a malheureusement pas toujours besoin d'une raison pour qu'un homme prenne la vie d'un autre. » Dit-il pour répondre à une des questions que Nathan avait laissé en suspend. C'était une réalité qu'il avait compris depuis longtemps, et auquel il avait été confronté régulièrement ces derniers temps, le caractère mauvais de l'être humain. S'il y avait dans le monde magique et non magique des créatures mauvaises, sournoises, il n'y avait finalement que l'Homme pour avoir une telle soif de la destruction par simple amusement. Même les détraqueurs qui étaient sans doute les êtres les plus abjectes qu'il connaissait n'agissaient que pour se nourrir, survivre.

Impassible mais décidément concentré, Khaaleb écoutait, retournant la situation dans sa tête. Plusieurs vrais problèmes apparaissaient dans ce que son ami lui confessait. Premièrement, il ne savait pas pourquoi on avait tenté de le tuer. Etait-il une cible choisie, étudiée ? Ou bien état-ce le hasard qui avait fait de lui la victime de cette sombre histoire ? Deuxièmement, et c'était sans doute le plus inquiétant dans cette affaire... l'homme qui avait cherché à le tuer était toujours dans la nature, et risquait de remettre ça. Ce constat inquiétait le loup au plus haut point. Un seul nom ressortait de tout cela, celui de Peter Weston. Mais si l'autre jour Nathan semblait certain qu'il était son agresseur, il ne paraissait plus très sur de lui aujourd'hui. La seule chose qu'il affirmait c'était d'avoir vu son visage au moment des faits. Alors qu'en était-il ? Était-ce la star du quidditch qui avait vraiment cherché à le tuer ? L'avait-il sauvé de la mort (mais alors il serait certainement resté avec lui jusqu'à l'arrivée des pompiers, et Nathan n'aurait pas eu à se transformer) ? Ou bien même est-ce que l'action s'était passé dans une allée où une affiche de l'équipe des Kansas Devils était placardée et qu'il avait vu le visage du sportif avant de s'enfuir ? Pour le moment rien ne permettait de le dire, il aurait fallu avoir accès aux vidéos de caméras de surveillance, s'il seulement il y en avait. Non, Khaaleb ne voyait qu'une seule personne qui pouvait aujourd'hui permettre à son ami de savoir ce qui c'était vraiment passé.

Il haussa les épaules. La voix se voulait volontairement rassurante.

« Que ce soit lui ou non... il faut éclaircir cette histoire. Il en va peut être de ta vie, ou bien de celle d'un autre. Je sais que tu ne l'apprécies que moyennement, mais tu devrais aller voir ma sœur. Ses visions ne seront pas d'un grand secours pendant un procès car elles ne sont pas considérées comme des preuves tangibles pour la police... mais elles permettront peut être de découvrir ce qui s'est vraiment passé... savoir si tu es toujours en danger. Par contre je te préviens... » Il but une gorgée de café. Le marc qui se trouvait au fond de la tasse formait de petites taches brunâtres, lui rappelant celles dans lesquelles Anahia disait voir des signes de l'avenir. Les talents de son aînés étaient pour lui indéniables, mais s'il avait toujours été amusé par tout ses tirages de cartes et autres douces arnaques, il savait de quoi elle était réellement capable, et pour cela il ne parvenait pas à voir dans la divination quelque chose de distrayant. Ce que sa sœur faisait était bien plus que de la voyance de foire. Un frisson lui parcouru le dos. Il s'en voulait de proposer ça à Nathan, pourtant, il ne voyait pas d'autres solutions. «... c'est un peu... dérangeant. »



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