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 The place we call home - ft Zach

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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



ϟ Messages : 934 ϟ Date d'inscription : 21/12/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Jason Momoa ϟ Crédits : perso/la magie de google

MessageSujet: The place we call home - ft Zach   01.11.17 19:50


The place we call home
ft Zach et Khaaleb


Appuyant sur le frein avec douceur, Khaaleb stoppa le véhicule à quelques mètres du chalet.
Se penchant en avant, il regarda à travers le pare-brise l’habitation devant laquelle il venait de se garer. Vu comme ça, il aurait presque pu croire qu’il venait d’arriver chez lui, ce n’était pourtant pas le cas.
Devant lui, bien à l’abri entre les branches des sapins, se trouvait une maison construite en gros rondins de bois comme on en trouvait un peu partout dans cette région. Elle n’était pas très grande, mais semblait offrir tout le confort qu’un ancien garde forestier pouvait espérer trouver ainsi au milieu des bois.
L’après midi touchait à sa fin, et le soleil qui avait embrasé le ciel toute la journée était en train de descendre derrière les collines qui cachaient l’horizon du paysage magnifique qui s’étendait devant lui, allongeant les ombres, teintant les feuilles d’une douce lumière dorée.
Au fond de lui, il avait toujours aimé cette région. Le Montana offrait des visions d’une grande beauté, lui rappelant un peu son Canada natal, et il comprenait parfaitement ce qui avait poussé son ami à revenir se reposer ici plutôt que dans l’agitation d’une ville comme Boston. Qu’y avait-il de mieux qu’une retraite au calme dans un tel environnement après tout ce qu’il avait subit ces derniers mois.
Ca faisait un bail que lui-même n’avait pas foutu les pieds ici, il était même en peine de se souvenir de sa dernière visite, mais il était certain que ça devait remonter à avant le départ de Zach pour la réserve des dragons de New Phoenix. Tout ça lui paraissait d’ailleurs si lointain, et temps de choses s’étaient passées depuis. Cette année 2030 était vraiment maudite, et quelque chose lui disait qu’elle n’avait pas encore fini de faire pleuvoir ses calamités. Mais au moins espérait-il, laisserait-elle à présent le jeune dragonnier tranquille. Après tout, n’avait-il pas suffisamment souffert ?
Prenant une profonde inspiration, il se redressa, tira sur le frein à main et coupa le contact, laissant un silence apaisant reprendre le pouvoir sur le monde qui l’entourait. Il se tourna ensuite vers le siège passager et y récupéra les affaires qui s’y trouvaient, glissant les clefs ainsi que les papiers de la voiture qu’il avait louée dans une grande sacoche en cuir peint de motifs ethniques aux couleurs vives. Après s’être assuré qu’il n’avait rien oublié, le loup ouvrit la portière et quitta l’habitacle en claquant la portière derrière lui, et sans prendre le temps de la verrouiller, il se dirigea vers le chalet.

Mais vous vous demandez peut être ce qu’un sorcier comme lui faisait dans une caisse aussi loin de chez lui. Bien entendu, il n’avait pas fait tout le chemin depuis Boston en pick up, et encore moins depuis la province de Terre Neuve où il résidait lui-même : une fois sorti du ministère le jour même, il avait transplané vers la ville la plus proche de la propriété de Zach afin d’y acheter tout ce dont le jeune homme allait avoir besoin pour sa petite mise au vert, et en avait profité pour louer un véhicule qui lui permettrait d’être un peu plus autonome en attendant que ses pouvoir magiques ne reviennent (il n’avait d’ailleurs pas pensé une minute que le jeune sorcier puisse ne pas savoir conduire… au quel cas il lui apprendrait. Conduire une boite automatique, ça n’avait rien de bien… sorcier…mouarf je rigole toute seule à ma vanne toute pourrie). Cela faisait plus de 141 jours que le pauvre garçon en était privé, mais malheureusement pour lui, ce calvaire était loin d’être terminé. Il était impossible de dire avec certitude quand est ce que la magie referait surface chez le jeune Heel, et il allait devoir vivre avec, ou plutôt sans, en attendant.


Remontant la sangle de sa sacoche sur son épaule, Khaaleb s’approcha de la porte d’entrée de la maison et toqua quatre fois sur les planches de bois. Mais personne ne répondit. Surpris, il tendit l’oreille mais aucun son ne se faisait entendre à l’intérieur, si bien qu’il s’approcha d’une fenêtre qui se trouvait toute proche et jeta un rapide coup d’œil. L’intérieur de la maisonnée était presque plongé dans l’obscurité, hormis quelques braises qui rougeoyaient doucement dans l’âtre de la cheminée. Le propriétaire des lieux devait être sorti, c’était en tout cas la conclusion à laquelle il aboutit. Laissant glisser son sac à terre, le loup mis les mains dans les poches de son vieux jean troué et se tourna vers le magnifique paysage qui s’étendait devant lui, attendant un signe de vit du propriétaire des lieux. Et il fallait avouer qu’il aurait pu tomber plus mal…le coin était vraiment magnifique.
Il n’y avait rien, rien hormis la nature belle et grandiose dans cette lumière orangée de fin de journée : des rochers couverts de lichen, des sapins de grandes tailles aux épines d’un vert profond, de grandes fougères qui déjà se tintaient des couleurs de l’été indien. Plus loin, derrière la forêt qui s’étendait devant lui se dressait de grandes collines qui seraient dans quelques mois à peine recouvertes d’un épais manteau blanc. Au centre de ce tableau, un rapace volait, montant encore et encore dans le ciel sans nuage en profitant des courants d’air chauds. Au loin, il cru entendre le cri d’un animal sauvage, ou bien était-ce le vent qui lui jouait des tours.
Il n’y avait pas de doute, il comprenait parfaitement la volonté de Zach de venir trouver refuge dans cet endroit idyllique. Pourquoi rester dans une ville grouillante et étouffante lorsqu’on pouvait avoir ça sous les yeux tous les jours au réveil ? et au déjeuner ? et au diner ? Respirant à plein poumons, il sourit, constatant soudain à quel point l’air lui semblait plus pur ici. Pas que Boston ne fut une ville particulièrement polluée, surtout depuis que les entreprises moldues n’y avaient plus leur place, mais l’odeur d’une ville était un infâme mélange de bien trop d’effluves qui avaient tendance à lui piquer le nez en permanence depuis qu’il était devenu un loup. Ici, milles odeurs ne mélangeaient aussi, mais étrangement, tout allait ensemble, comme si la nature offrait un seul et même tableau odorant à partir d’un millier de nuances colorées. La mousse, la terre, la sève, la roche et le bois chauffé au soleil d’été, la fumée qui sortait de la cheminée. C’était l’odeur douce et rassurante…de la maison, tout simplement. Et il n’y avait surement pas de meilleur endroit sur terre pour se retrouver, se remettre, surtout après toutes les épreuves que le jeune Zach avaient du affronter ces derniers mois. Bien sur, le gardien de dragons avait toujours été du genre casse-cou et n’était jamais le dernier pour partir à la découverte de nouveaux dangers, mais tout ce qu’il avait vécu auparavant n’était que du pipi de smourbif en comparaison de ce qu’il avait du subir en territoire inquisiteur. C’était en tout cas ce que lui-même pensait. En réalité, personne ne savait vraiment à ce jour ce que Zachary Heel avait vécu durant ses 141 jours d’emprisonnement, hormis lui-même et ses ravisseurs, et au fond de lui, Khaaleb n’était pas tout à fait sur de vouloir le savoir. Lui qui tentait de maintenir la paix entre sa propre communauté et ce groupe dont il avait toujours eu du mal à comprendre les agissements, il avait peur que de trop en savoir ne le face douter. Il préférait se dire que la libération du jeune homme était déjà une étape, un avancement considérable, une ouverture possible. Il voyait dans cet acte de la Grande Inquisitrice une vision d’espoir. Non, tout n’était pas perdu, pas encore. Et même si le monde donnait de plus en plus l’impression d’être au bord de l’implosion, il y avait encore des choses qui lui faisaient croire qu’il avait raison de poursuivre son combat.
Mais ce combat allait devoir attendre, au moins pour la soirée, car ce soir il avait décidé de venir rendre visite à cet ancien garde forestier qui était devenu un jour lointain son ami. Au-delà de leurs intérêts communs pour les créatures magiques, ils s’étaient bien vite trouvé des points d’entente qui avait forgé entre eux une amitié sincère et durable. La différence d’âge qu’il y avait entre les deux hommes ne les avait jamais empêchés de s’entendre, même si elle avait toujours donné au Géri une sorte d’instinct protecteur envers son cadet. Et plus que jamais il souhaitait, dans la mesure du possible, aider son ami à surmonter cet épreuve.

Fronçant les sourcils, il laissa son regard faire le tour de la propriété. A part les quelques animaux sauvages qu’il pouvait sentir dans les environs, il n’y avait pas de trace de présence humaine autour de la maison, ce qui l’étonna d’une certaine façon. L’affaire de l’enlèvement du jeune homme avait été incroyablement médiatisée, partagée en permanence sur les réseaux sociaux, notamment grâce au combat acharné mené par ce brave Ernie Beller, si bien qu’il était étonné de ne pas voir une nuée de paparazzis se presser devant les portes de la maison. Peut être n’avaient-ils juste pas encore trouvé où la victime de cette sombre histoire était parti se réfugier, mais ça il en doutait. Sa théorie était plutôt que tous ces vautours de journalistes avaient bien plus croustillant à se mettre sous la dent avec l’attaque du Cercle à Chicago et l’élection à venir du nouveau leader des Inquisiteurs. Mais dans le doute, et par mesure de sécurité, il se dit qu’il ne serait pas de trop que de lancer quelques sortilèges de protection sur la maison et ses alentours avant de partir. Car si Zach était à présent libre, ça ne voulait pas dire qu’il était hors de danger. Et puis sans pouvoir, il était sans doute plus vulnérable que jamais.

Jetant un coup d’œil à son portable afin de relire le dernier texto que le jeune homme lui avait envoyé pour l’inviter à lui rendre visite, il sentit tout d’un coup le vent lui apporter une odeur qu’il reconnu immédiatement. Levant la tête, il huma l’air jusqu’à être sur de la direction dans laquelle elle venait. L’odorat des lycanthropes, même non transformés, était bien supérieur à celui des êtres humains normaux. Comme pour la plupart des canidés comme les chiens et les loups classiques, ce sens était le plus développé, avant l’ouïe. Pourtant, tendant l’oreille, Khaaleb pu rapidement entendre le pas calme d’un homme qui s’approchait. Il pouvait entendre au loin le craquement des branches sur lesquelles ont marche, le son d’un caillou qu’une chaussure vient faire rouler au loin sur un chemin de terre, le bruissement des premières feuilles tombées au sol que le passage fait voleter sur le bas côté.
Un sourire aux lèvres, pas tout à fait sur de ce qu’il voyait, le grand loup aperçu alors son vieil ami sortir des sous bois. Même s’il y avait une certaine distance entre eux, il le voyait sourire. Le jeune homme semblait fatigué, comme si ses mois d’emprisonnement l’avait vieillit. Il était pâle, le visage marqué d’une barbe courte qui lui donnait plus que son âge et ses cheveux mi-longs lui donnaient une allure d’homme sauvage qui collait plutôt bien avec le décor. Mais malgré tout, à n’en pas douter, il s’agissait bien de Zachary.
Après lui avoir fait un signe de la main, il laissa là ses affaires, quitta le perron du chalet et se rapprocha du jeune homme qui marchait dans sa direction. Arrivé à sa hauteur, les deux hommes s’arrêtèrent et se firent face. C’était étrange, mais Khaaleb avait l’impression de ne pas l’avoir vu depuis des années, et à la fois de l’avoir quitté la veille. Levant les sourcils, il sourit.


« Putain, j’en reviens pas…t’es vraiment revenu quoi. »


Bien sur qu’il était revenu, après tout ils avaient échangé des messages, il avait lu les journaux. Mais de le voir ainsi en face de lui lui faisait véritablement réaliser que c’était quelque chose de concret, de vrai.
Zach était libre, enfin libre, et ça s’était une putain de bonne nouvelle, la meilleure qu’il avait eu depuis bien longtemps. Alors, oubliant le fait que le pauvre garçon ne devait pas être forcément en état, le géant parti dans un éclat de rire tonitruant, et attrapant le jeune dragonnier dans ses immenses bras, il le serra contre lui, le soulevant presque du sol.


« Putain t’es revenu bordel !! »

Laissant ainsi exploser sa joie, il finit par le reposer par terre et par le lâcher, lui assenant une grande claque amicale dont il avait le secret sur l’épaule.  

« C’est bon de te revoir mon ami… » Finit-il par dire, incapable de cesser de sourire.  


———————— ϟ ————————

Tomorrow...
and every other days...


Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 22.11.17 14:45, édité 1 fois
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ϟ Métier : Gardien de dragon ϟ Âge : 23 ans ϟ Race et sang : Sang-pur ϟ Particularité : Occlumens et Fourchlang ϟ Messages : 2190 ϟ Date d'inscription : 16/06/2014 ϟ Disponibilité RP : Répond 1x par semaine minimum ϟ Célébrité : Craig Horner ϟ Crédits : Moi

MessageSujet: Re: The place we call home - ft Zach   12.11.17 17:28


The place we call home
Zach & Khaaleb

Caressé par la légère brise qui venait de se lever, les érables du haut plateau de la forêt qu'il traversait d'un pas sûr, balançaient doucement leurs épais feuillages au grès du vent, laissant filtrer la lumière du soleil en d'époustouflants jeu de lumière. Il n'existait pas à ses yeux, de plus beaux paysages en ce monde que la forêt de son enfance dont il connaissait les moindres recoins et qu'il aurait pu parcourir les yeux fermés. Pour avoir passé la plus grande partie de sa vie dans les bois, Zachary connaissait tous les sentiers, toutes les plantes même si parfois leurs noms lui échappait, ainsi que la plupart des espèces animales qu'elles soient issues du monde magique ou non, qui y vivaient. Son père, ou du moins celui qu'il avait toujours prit pour son père, l'emmenait souvent avec lui, lui expliquant pourquoi ces herbes poussaient à certains endroits, leurs utilités et où chercher. Il profitait de leurs longues promenades en dehors des sentiers pour lui apprendre le nom de tout ce qu'il voyait stimulant par-là même la soif de connaissance de son plus jeune fils. Contrairement à lui, son frère ainé Benjamin se désintéressait totalement de la nature et préférait la compagnie de personnalités importantes à celle de la forêt.
Comme attiré par sa présence, son regard se posa sur une fleur d'Aum dont la sève avait pour vertu de favoriser la guérison des blessures et qu'il associerait désormais à jamais à sa toute première rencontre avec Septimus Hopkins, deux ans plus tôt. S'accroupissant devant cette plante très recherché pour ses vertus magiques, il effleura de ses doigts les fragiles pétales orangé alors que toutes ses pensées étaient dirigés vers ce soldat de l'inquisition qui n'était autre que son véritable père. A l'époque, l'un comme l'autre ignoraient le lien qui les unissait, il était blessé et Zachary l'avait soigné grâce à la sève de cette fleur qui se trouvait dans sa racine. Aidé de Calvin, il l'avait conduit jusque chez lui sur le dos de Bahlam, son sombral qui était à ses côtés aujourd'hui encore. Se tournant vers la créature magique, Zachary se releva et flatta l'encolure de l'animal qu'il était l'un des rares à pouvoir voir, pourtant malgré sa présence, seul Septimus occupait son esprit.

Déjà lors de leur première rencontre Septimus lui avait menti et s'était servit de lui, et la seconde fois... Cet homme s'était montré sans pitié à chacune de leur rencontre et il avait même fini par en faire les frais. Son regard glissa sur son avant-bras gauche sur laquelle se trouvait désormais une fine cicatrice. Un frisson incontrôlable le parcouru alors qu'il repensait aux circonstances durant laquelle on la lui avait faite. Il pouvait encore sentir la lame du couteau s'abattre sur son bras et traverser sa chaire de part en part, lui arrachant par-là même un hurlement de douleur. Des larmes avaient jaillit de ses yeux et sa tête s'était mise à tourner tant la souffrance lui avait paru insupportable. Loin de lui accorder le moindre répit, il avait sentit la pression de la main de son tortionnaire lui saisir la mâchoire pour l'obliger à le regarder et avait croiser le regard froid et implacable de Septimus. Il y avait aussi ce moment où, les yeux injecté de sang, il s'apprêtait à le poignarder pour lui faire regretter de s'être joué de lui, oubliant par là-même qu'il lui avait sauvé la vie, il y avait tout juste deux ans de cela. Tuer, attaquer, torturer,... C'était le lot quotidien de son géniteur, et avant de le connaître ou du moins d'avoir l'opportunité de parler un peu avec lui, il pensait que Septimus n'avait aucun respect pour la vie humaine dès lors que l'on était un sorcier. De surcroit, il découvrait en plus qu'il était un habile menteur et manipulateur sans quoi jamais sa mère n'aurait pu se laisser séduire par un monstre pareil. Il lui suffisait d'y penser pour qu'une colère sournoise se réveille. Malgré tout ça, malgré cette colère et cette déception qui l'habitait, Zachary ne parvenait pas à le haïr, à vrai dire, il se sentait en pleine confusion lorsqu'il s'agissait d'analyser les sentiments contradictoires que cet homme faisait naître en lui. Il aurait été si facile de le détester d'autant plus que Septimus lui avait clairement fait comprendre qu'il n'hésiterait pas à le sacrifier si Camila ou sa mission l'y obligeait, et il n'était même pas venu le voir lorsqu'on l'avait enfin libéré, lui faisait bien comprendre qu'il ne représentait absolument rien pour lui. Pourtant, malgré tout ce qu'il lui avait fait, il ne parvenait pas à le détester complétement. Lors de sa détention et de la seule visite qu'il avait daigner lui accorder durant tout ce temps, Septimus s'était un peu dévoilé à lui et Zachary avait découvert que derrière cet homme glaciale se cachait un homme qui n'était pas dénué de sentiments et qui avait beaucoup souffert par le passé. Il n'excusait en rien, ni ne cautionnait les actes qu'il avait pu commettre sous couvert des Inquisiteurs mais il ne pouvait s'empêcher de se demander comment lui, dans une situation similaire, il aurait réagit. Aurait-il fait les mêmes choix ?
C'était une question qu'il s'était maintes fois posé dans sa prison sans parvenir à trouver la moindre réponse et aujourd'hui encore, il n'y voyait toujours pas plus claire.

Aujourd'hui, Zachary avait l'impression de se réveiller d'un long et pénible cauchemars sans fin. Si pendant son emprisonnement le temps s'était arrêté pour lui, le monde lui, n'avait pas cessé de tourner pour autant et à vrai dire, essayer de reprendre le cours normal de sa vie avait été bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Avant toute cette histoire, il n'était qu'inconnu parmi tant d'autres à qui la vie souriait, et il lui aurait été difficile d'être plus heureux. Il exerçait dans la plus grande réserve du pays en tant que gardien de dragon voyant par-là même son rêve de petit garçon devenir réalité, il avait retrouvé Livie, son grand amour d'adolescence avec laquelle il avait entamé une belle histoire, il s'était trouvé un père de substitution en la personne d'Ernie Beller, cet oncle merveilleux qui avait tant fait pour lui et avait fait de nombreuses et merveilleuses rencontres qui l'avaient aidé à grandir. Bien sur, sa vie était loin d'être parfaite ou exemplaire comme pour tout le monde il avait des hauts et des bas, mais en règle général, il n'avait pas à se plaindre et poursuivait sa route en suivant son instinct sans se poser de questions. Mais à présent il avait l'impression d'être resté sur le bord du quai et de voir le train partir à toute vitesse sans lui. Il s'était passé tant de choses depuis sa détention, coupé du monde pendant des mois, il avait l'impression de ne pas parvenir à reprendre le train en marche, et toute les intentions que les gens avaient envers lui, lui donnait le vertige et lui procurait un sentiment d'étouffement. Il avait la désagréable sensation de s'être transformé en une bête curieuse que tout le monde regardait avec condescendance et curiosité. Tout le monde, des proches autant que d'illustres inconnus, venaient lui parler pour prendre de ses nouvelles, savoir comment il allait et ce qui s'était passé là-bas, au Bastion.

Zachary ne savait pas encore s'il retournerait à New-Phoenix, ni même s'il reprendrait son travail de gardien de dragons à la réserve. Pour le moment la question ne se posait pas, n'ayant pas récupéré ses pouvoirs magiques il était dans l'incapacité de retourner travailler, et il se doutait que cela allait prendre un certain temps avant que ces derniers ne reviennent. De son côté, Livie ne parvenait pas à comprendre pourquoi il faisait ça, pourquoi il avait besoin de prendre du recul avec son environnement et ses proches, pourquoi il continuait à mettre sa vie entre parenthèse, tout comme leur histoire. La jeune femme ne comprenait pas son besoin de se ressourcer, elle ne s'était d'ailleurs pas gêné pour lui dire à quel point elle le trouvait égoïste d'agir comme il le faisait après tout ce qu'elle avait fait pour lui, et il l'était assurément il en avait conscience mais il ne se sentait pas capable de reprendre sa vie là où il l'avait laissé comme si de rien n'était et surtout, il ne se sentait pas capable d'aider Livie a surmonter ses problèmes alors que lui-même se trouvait en pleine tourmente.

C'est pourquoi Zachary avait choisi de rentrer à Boston auprès de son oncle, dans une ville plus petite et intime que New-Phoenix, où les gens étaient un peu moins sans-gêne et balayaient devant leur porte en règle générale. C'est en venant s'installer chez lui que Zachary avait découvert que son oncle avait quasiment fait faillite par sa faute. Depuis sa disparition l'homme n'avait cessé de s'investir à sa libération secouant ciel et terre pour le faire libérer, s'investissant sans compter et dilapidant ses derniers mornilles pour mener son combat. L'homme qui l'avait accueillit chaleureusement en le serrant dans ses bras comme un père qui venait de retrouver son fils trop longtemps disparu, l'avait ému aux larmes. En quelques mois, Ernie avait terriblement vieillit, et il portait à présent les marques indélébile de sa détention sur son visage déjà marqué par le poids des ans. Il regrettait ce qu'il lui avait fait subir à lui plus qu'à quiconque. Lorsqu'il avait pu constater de ses propres yeux dans quel triste état se trouvait sa boutique, Zachary avait terriblement culpabilisé et avait mit tout en oeuvre pour aider Ernie, après tout, c'était le moins qu'il pouvait faire. Il l'avait aidé à faire le ménage, à remettre la boutique en ordre, il avait même essayé d'aider le fabricant de baguette dans son travail qui s'était cruellement accumulé en son absence. En effet, la rentrée se profilait et le fabriquant qui avait délaissé ses ouvrages avait beaucoup de travail à rattraper. Zachary sentait bien que Ernie prenait beaucoup de plaisir à lui apprendre les ficelles de son métiers mais dépourvu de magie, il ne lui était pas d'une grande aide et puis, il se rendait compte du bien que sa présence lui faisait et si Zachary prenait beaucoup de plaisir à se remettre au coté d'Ernie et de son fidèle chien Salem, il réalisait que sa présence faisait naître involontairement  des espoirs chez cet homme resté seul beaucoup trop longtemps. En outre, il ne se sentait pas à sa place à Boston. Il avait la désagréable sensation d'être observé en permanence que ce fut lorsqu'il quittait la boutique pour sortir Salem ou lorsqu'il aidait un peu Ernie à la boutique. Ernie lui-même le couvait un peu trop à son goût, et s'il comprenait son inquiétude et ce besoin de garder un oeil constamment sur lui, ce n'était pas de ça dont il avait besoin ni même ce qui allait l'aider.

Zachary se sentait égoïste vis-à-vis de la souffrance qu'il infligeait aux personnes qu'il aimait, et il ne pouvait pas s'empêcher de culpabiliser mais il savait que c'était nécessaire, en tout cas pour lui. Il avait besoin de se retrouver avec lui-même, dans cet environnement qu'était le sien, loin de la foule et de ses curieux. Il voulait également qu'on cesse de le regarder avec pitié ou condescendance et surtout, il ne voulait pas qu'on le traite comme un héros, ce qu'il n'était absolument pas.
Le trajet menant de Boston à Helena la capitale du Montana, avait été assez long et laborieux, mais une fois le plus dur derrière lui, le reste n'avait été qu'une partie de plaisir. Il aurait pu regagner son chalet très rapidement en s'y faisant conduire mais il avait préféré traverser la forêt à pieds, et camper le soir au coin du feu. Cela faisait une éternité qu'il n'avait plus pêché ni même chassé mais les habitudes revenaient très vite.
Se retrouver seul au coeur de cette forêt lui rappelait ses petites expéditions qu'il faisait pendant plusieurs jours lorsqu'il était plus jeune où lorsqu'il travaillait en tant que guide forestier.
3 jours plus tard, il était parvenu à destination.

Rien n'avait changé depuis la dernière fois où il était venu avec Livie si ce n'est que cette fois, il était seul avec lui-même. Dès que le soleil se levait, Zachary en faisait autant et quittait le chalet au profit de longues expéditions en forêt et aujourd'hui ne faisait pas exception. Chevauchant Balham qui vivait en liberté dans les environs, il s'était rendu sur la tombe de ses parents qu'il n'avait plus visité depuis trop longtemps, puis, il avait bifurqué jusque dans les ruines de ce qui avait été la maison de son enfance. Le soleil de fin d'après-midi lui caressait doucement le visage, lorsqu'il se décida enfin a rentrer, Balham sur les talons.
La première chose qu'il remarqua et qui attira son regard lorsqu'il regagna sa propriété, fut cette imposante voiture garé devant chez lui, qu'il ne connaissait pas. Fronçant les sourcils de méfiance de prime abord, les traits de son visage se détendirent et se fendirent d'un immense sourire si tôt qu'il reconnu la silhouette inimitable de son ami qui levait sa main dans sa direction dans un immense sourire avant d'aller à sa rencontre. Ecartant la branche d'un arbre qui se trouvait sur son chemin, Zachary reprit sa marche tout en se dirigeant vers lui alors qu'un sourire sincère ne cessait de s'étendre sur son visage. Une fois l'un en face de l'autre, le géant s'exclama sur son retour comme s'il n'en revenait toujours pas, avant de l'attraper et de le serrer contre lui avec cette force qui lui était propre. Zachary parti dans un léger éclat de rire alors que ses pieds quittaient le sol. Tout à son bonheur, le loup l'étreignit fermement  à lui en casser les côtés avant qu'il ne se décide à la relâcher. Zachary ne fut pas mécontent de toucher à nouveau terre que déjà une tape des plus costaud, mais ô combien amicale, frappa son épaule le poussant légèrement vers l'avant

- Je suis content de te revoir aussi,
lui assura Zachary qui reprenait son équilibre .

Ouvrant la porte qu'il n'avait pas fermé à clé, en partant et qui était resté ouverte, il invita Khaaleb à le suivre. Zachary n'avait jamais été quelqu'un de méfiant et bien que ça lui avait souvent joué des tours, il ne voyait vraiment pas ce qui pourrait arriver ici, dans cet écrin de verdure perdu au milieu de nulle part, et quand bien même, il n'avait strictement rien de précieux qui puisse intéresser un quelconque voleur, si ce n'était des souvenirs personnel qui n'avait de valeur que pour lui. La porte s'ouvrit sur la pièce principale, un séjour simple mais non dépourvu de charme. Sur le fauteuil trainait un livre sur des joueurs de Quodpot qu'il était entrain de lire pour la 10ème fois, sur la table basse on pouvait y voir une tablette ainsi qu'un carnet de croquis contenant plusieurs paysages forestiers et de créatures magiques. Un peu plus au fond de la pièce se trouvait une grande table en bois entourée par quatre chaises. Un canapé sur lequel était plié une couverture en patchwork que sa mère lui avait confectionné, se trouvait face à la cheminée sur laquelle  trônait un tableau en liège  où avait été punaisé plusieurs photos qui s'animaient et qui dataient pour la plupart, de sa vie ici, avant qu'il ne quitte le Montana pour New-Phoenix. On pouvait voir en vrac, ses parents posant devant le chalet familiale, Benjamin,Tamara et son mari lors de la soirée qui fêtait la nomination de Benjamin en tant que représentant du parti des Mages Fondateurs à New Phoenix, puis on le voyait lui en foret, vêtu comme les guides forestiers en compagnie de ses amis Matt et Chase. En pouvait également le voir s'amuser à sauter inlassablement sur le dos de Chase, ou encore être prit d'un fou rire incontrôlable,. Les sourcils froncés et l'air terriblement sérieux on pouvait le voir sur une autre photo particulièrement concentré, apprenant aux côtés de son père comment soigner un Hippogriffe qui s'était blessé à la patte. Il y avait même une photo sur laquelle il posait en compagnie du célèbre Johnny Stones, l'attrapeur de Quodpot dont les performances exceptionnelles l'avaient fait entrer dans le livre des records. S'il avait pu le rencontrer lors des jeux nationaux qui s'était déroulé l'an passé dans le Montana c'était tout simplement grâce à l'influence de Ben. Il posait d'ailleurs avec ce dernier et Tamara lors du mariage de la jeune femme, et enfin sur une autre photo, il embrassait avec tendresse une jolie brune, sa petite amie Livie. Une photo qui avait été prise ici lors de leur dernière visite.

- Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
Lui demanda-t-il en haussant un sourcils curieux en direction de la caisse que Khaaleb déposait sur la table de la salle à manger.

Y jetant un nez curieux, son sourire s'élargit en découvrant son contenu avant de lever sur son ami des yeux rieurs

- Tu restes pour manger ?


La perspective de ne pas rester seul ce soir et d'avoir un peu de compagnie était des plus plaisantes. Non pas que la solitude lui pesait, bien au contraire, mais la présence de Khaaleb était des plus agréables et ne pouvait lui faire que le plus grand bien. Il était un peu le frère qu'il aurait aimé que Benjamin soit

- J'ai pas grand chose mais j'ai de la bièraubeurre au frais si ça te dis ?
Lui proposa-t-il en se défaisant de son sac à dos qu'il laissa tomber prêt de son canapé

Se dirigeant vers le coin cuisine, il revint quelques minutes plus tard vers Khaaleb. Tournant son visage en direction de la fenêtre d'où l'on pouvait apercevoir la voiture de ce dernier, un petit sourire moqueur se dessina sur son visage avant de se tourner à nouveau vers son ami

- Il s'en est passé des choses en mon absence dis-moi ! Depuis quand fais-tu des infidélités à ta moto ?
Se moqua-t-il tout en portant sa bièraubeurre à ses lèvres. Ça fait longtemps que tu attends ? Je suis désolé si c'est le cas, j'ai un peu trainé aujourd'hui... je suis allé rendre visite à mes parents et j'ai fais un détour par le chalet.

Khaaleb était la première personne envers qui Zachary s'était tourné pour lui faire part des soupçons qu'il avait concernant le résultat de l'enquête officiel sur la mort de ses parents. Il avait du mal à croire qu'une attaque de Wendigo pouvait être derrière leur mort. Lorsqu'il avait sorti son père du chalet en proie aux flammes et qu'il avait vu ses blessures, il pouvait assurer sans l'ombre d'un doute qu'elles n'étaient en rien similaires à celles qu'il portait. Aujourd'hui, il commençait à se demander si soeur n'avait pas raison et à douter de ce qu'il avait vu. Après tout, ce soir-là il faisait nuit, et il était bouleversé, ses idées avaient effectivement pu se brouiller... sans oublier que plus le temps passait moins il était sur de ce qu'il avait vu

- Il ne reste presque plus rien, la nature à repris ses droits


Réalisant que s'il continuait de parler il allait finir par plomber l'ambiance de ces chaleureuses retrouvailles Zachary jugea plus sage de laisser la parole à son invité

- Alors dis-moi, quoi de neuf ? Parles-moi un peu de toi, comment va-tu ?



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Avec les animaux il en va souvent comme avec les gens : on reçoit en fonction de ce que l'on a donné
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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



ϟ Messages : 934 ϟ Date d'inscription : 21/12/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Jason Momoa ϟ Crédits : perso/la magie de google

MessageSujet: Re: The place we call home - ft Zach   22.11.17 18:30


The place we call home
ft Zach et Khaaleb



Musique:
 

Khaaleb ne pouvait s’empêcher de rire, comme si ce rire lui permettait de faire ressortir l’angoisse qu’il avait eut à l’idée de ne jamais revoir son ami. Durant toute sa détention, ils n’avaient eu aucune nouvelle de lui, pas un signe ni aucun témoignage, et même si pendant les 141 jours où Zach était resté emprisonné, il n’avait cessé de croire à une possible libération, une part de lui n’avait pu s’empêcher d’envisager le pire. Il avait refusé d’y croire bien sur, mais le doute était là, caché, persistant, insidieux. C’était une des raisons qui l’avait poussé à accompagner Cécil ce soir sordide où il s’était dressé face à l’autorité de la Grande Inquisitrice. L’idée que quelle que soit sa faute, on ne peut disposer ainsi de la vie d’un être humain, le privant ainsi de ses droits les plus fondamentaux.
Mais bien des choses avaient changées depuis cette nuit et il avait compris que comme bien souvent, tout n’était pas uniquement noir ou uniquement blanc. Bien des facteurs qu’il ne connaissait pas alors rentraient aujourd’hui en ligne de compte, et avec le recul, il se demandait si sachant tout cela, il y serait allé, sauver cette femme des griffes d’un destin qu’elle méritait surement.
Sans doute que oui, car jamais il aurait laissé le Marrok seul dans une telle situation, mais il est certain que jamais il n’aurait pris part au combat, autrement que pour protéger les liens.

Reposant le jeune dragonnier sur le sol, et après lui avoir assené une tape dans le dos à vous décoller un poumon, il le scruta discrètement. Malgré l’apparent sourire qu’il pouvait voir sur son visage, et malgré le fait qu’il semblait comme toujours fidèle à lui-même, un véritable homme des bois, il sentait qu’il y avait chez le jeune homme quelque chose changé. Quelque chose pourtant qu’il ne parvenait pas à percevoir clairement.
Cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vu, et même s’il paraissait avoir été plutôt pas trop mal soigné, le loup pouvait voir qu’il avait maigrit. Son visage était pâle, plus fermé, comme s’il y avait toujours quelque chose qui tournait en rond dans sa tête. Après tout, c’était sans doute normal. Khaaleb ignorait dans quelles conditions il avait été retenu captif, mais il était certain que quelque soit les circonstances de sa détention, c’était quelque chose qui laissait des traces dans le cœur et l’esprit d’un homme. Il y avait également quelque chose de changé dans son odeur, comme s’il restait collé à sa peau une trace du lieu où il avait passé les derniers mois, et qui pourtant lui rappelait quelque chose, même s’il ne parvenait pas à l’identifier.
Toujours souriant, il suivit le jeune homme vers son chalet, qui avait d’ailleurs de nombreux points communs avec sa propre maison. Alors qu’ils se rapprochaient du perron, le grand loup vit quelque chose bouger dans le coin de son champ de vision, et tournant la tête pour vérifier de quoi il s’agissait, il distingua à travers les banches basses des arbres la silhouette étrange d’une sorte de cheval cadavérique aux longues ailes décharnées. Même si cela faisait longtemps qu’il était en capacité de voir des Sombrals, il y avait toujours quelque chose d’étrange dans la contemplation de ces créatures. Quelques familles vivaient dans la région, et il savait l’ancien garde forestier proche d’eux, ce qui expliquait sans doute la présence de cet individu si proche de la maison.

Après avoir récupéré sa sacoche et le carton qu’il avait laissé près de la porte d’entrée, il entra dans l’habitation à la suite du propriétaire des lieux. Se dirigeant directement vers la table de l’espace salle à manger, il y déposa tout ce qu’il transportait puis jeta un rapide coup d’œil autour de lui. Rien n’avait changé depuis la dernière fois qu’il était passé, comme si ici le temps n’avait pas d’impact sur les choses. Des vieux meubles occupaient l’espace, certains venaient peut être de sa famille, la plupart avaient du être trouvés (il ne voyait vraiment pas le jeune homme être du genre à aller chez Ikea) ce qui formait un ensemble assez hétéroclite mais étrangement harmonieux. Ca et là on pouvait voir quelques bibelots, des livres ou des carnets remplis de croquis qu’il aurait bien passé des nuits à feuilleter tant il était émerveillé par le travail du dessin dont il avait toujours été lui-même incapable. C’était un endroit où on se sentait bien, où tout était calme, rassurant, un endroit qu’on pouvait appeler maison, et Khaaleb comprenait plus que jamais pourquoi son jeune ami était venu trouver refuge ici plutôt que de rester coincé dans le tourbillon d’une mégalopole telle que New Phoenix. Ici, il n’y avait d’autres contraintes de vie que celles qu’on se fixait à soi-même, et la couche de poussière qui recouvrait certains meubles montraient que ça n’avait pas été une priorité. Le Géri ne faisait aucun doute sur le fait que le jeune homme sache se débrouiller seul, mais il était soucieux des autres par nature et voulait simplement s’assurer que celui qu’il avait toujours un peu traité comme un petit frère ne manquait de rien.

Se retournant vers son sac qu’il entreprit de vider, il vit le jeune homme s’approcher du carton et en inspecter le contenu.

« Oh tu sais… pas grand-chose… le strict minimum quoi… » Dit-il en sortant un paquet de rouleaux de PQ (on y pense jamais assez) ainsi qu’un gros pack de bière qu’il posa sur la grande table en bois. Même si Zach semblait avoir très envie de renouer avec la nature et l’état sauvage, ce n’était pas une raison pour en oublier toute forme de civilité. Le reste du colis était constitué en partie d’aliments et de produits frais et il constata immédiatement que le jeune homme en était ravi.

« Si tu n’invites…jdis pas non !! » Répondit-il lorsque son hôte lui proposa de rester pour le repas. Dans le fond, Khaaleb n’avait de toute façon aucune intention de s’en retourner si vite et comptait bien profiter un peu de la compagnie du dragonnier qu’il n’avait pas vu depuis si longtemps.
Lui laissant le soin de ranger tout ce qu’il lui avait apporté là où il le souhaitait, il se contenta de prendre la bière-au-beurre qu’on lui tendait et après avoir décapsulé à sa façon, il en bu une longue et délicieuse gorgée. L’exaltation des retrouvailles était un peu retombée, mais il sentait encore au fond de lui une profonde joie. Posant sa bière sur une commode, il sorti de la poche arrière de son pantalon son paquet de cigarettes et en glissa une entre ses lèvres, puis après l’avoir allumée, entreprit de retirer la cravate qu’il portait toujours depuis qu’il était parti du travail. Après l’avoir balancée dans la sacoche, il alla rejoindre le jeune homme qui en profita pour faire une petite vanne sur le véhicule qui se trouvait garé devant la maison.


« Tromper Harly !! T’es fou toi !! Elle me ferait vivre un enfer… mais bon je n’allais pas venir avec elle depuis le Canada. Et en fait la caisse c’est pour toi, en attendant, tu sais…que tu puisses à nouveau te déplacer comme tu veux. Je sais que t’as envie de jouer aux hommes des bois en ce moment mais jme suis dit que ça pourrait peut être être utile, on sait jamais. » Dit-il alors qu’ils sortaient de la maison pour aller s’installer sur deux fauteuils qui se trouvaient devant le perron comme ils l’avaient souvent fait.
La soirée présageait d’être douce, et même s’il restait encore une bonne heure avant que le soleil ne soit totalement couché, le ciel se teintait déjà de milles et une nuances orangées, étirant les ombres des arbres qui s’étendaient dans la vallée devant eux. La quiétude qui se dégageait de la contemplation du paysage lui faisait presque oublier que sans le savoir Zach avait touché du doigt une vérité que lui-même avait encore du mal à accepter : beaucoup de choses avaient changées depuis que les deux hommes ne s’étaient vu, et le sorcier fut soulagé d’entendre son ami orienter la conversation sur ce qu’il faisait dernièrement de ses journées, même s’il ne pu s’empêcher de froncer les sourcils lorsqu’il l’entendit évoquer ses parents. Lui-même ne les avait jamais rencontrés de leur vivant, mais il avait eu l’occasion de travailler sur l’incident qui les avait emporté à la demande de leur jeune fils qui ne croyait alors pas à la version que les policiers qui avaient servit pour expliquer leur mort. De part sa fonction au ministère, il était en effet extrêmement bien placé pour étudier le cas d’une possible attaque de créature magique sur un couple de sorcier, mais même si l’affaire présentait des éléments étranges, il n’avait jamais été en mesure de vérifier ou de contredire les conclusions de la police. Le mystère restait entier, et Khaaleb s’en voulait de n’avoir pu apporter les réponses que son ami se posait depuis ce jour où il les avait vainement tiré des flammes. Peut être aurait-il alors été plus facile de faire son deuil, plus facile d’accepter. Mais il ne se faisait pas d’illusion, il était impossible d’accepter le décès d’un proche, lui-même sentait encore le poids de la culpabilité s’appuyer sur lui dès qu’il pensait à Will, où même à sa sœur, bien qu’il n’ait eu rien à voir dans sa disparition.
Ecoutant le jeune homme parler tout en buvant, il fixait l’horizon. Il n’était pas sur que retourner sur les lieux de l’accident soit une très bonne idée pour le jeune homme, mais peut être en avait-il besoin, aujourd’hui plus que jamais. Les yeux dans le vague, il imaginait la maison en ruine dont il avait vu les photos dans un dossier recouverte de verdure, de lierre et de fougères déjà roussissantes, le vert reprenant le pouvoir sur le bois calciné par les flammes. On avait toujours tendance à oublier ce pouvoir que la nature avait de se passer avec plaisir de l’être humain et de recouvrir toutes traces de son passage dès l’instant où il disparaissait. L’homme était naturellement si narcissique qu’il en oubliait souvent quelles étaient les vraies choses importantes. C’était un constat qu’il faisait de plus en plus souvent, surtout le matin lorsqu’il lisait le journal avant de partir travailler. Il lui arrivait à l’occasion de parcourir les réactions des lecteurs, et il était souvent dépité devant la bêtise dont faisaient souvent preuve les gens. Chacun défendait son bout de gras, persuadé d’être dans le vrai, le juste, d’appartenir à la bonne caste de la société. Il lui était arrivé de vouloir à son tour envoyer un hibou afin de donner son propre point de vue, mais il s’était demandé si agir ainsi ne serait pas faire comme tous ses gens qui le désespéraient en essayant d’imposer leur vision étriquée du monde et de leur société. Selon lui, agir ainsi en essayant de déterminer qui avait le droit de vivre, de mourir, parce qu’ils étaient nés sorciers, moldus, loups, ou qu’ils avaient un père unijambiste n’était qu’une pure et simple perte de temps. Oui les pro-moldus et le cercle devaient payer pour leurs actes, mais pas parce que l’un s’attaquait aux sorciers et l’autre aux non-mages, mais tout simplement parce qu’ils s’en prenaient à des hommes et à des femmes innocents sans autre raison que des différences dont personnes n’étaient responsables. Mais après, qui était-il pour se dresser face à des injustices qui avaient toujours été la tumeur de l’humanité ?
Buvant une nouvelle gorgée de bière, il sortit de ses pensées lorsque Zach lui demanda comment il allait. La question était difficile, tout simplement parce qu’il n’était pas sur de savoir quoi lui répondre. Du neuf, ça il y a en avait, mais ce neuf n’était pas que du positif malheureusement. Tant de choses s’enchainaient ces derniers temps, si bien qu’il ne savait plus trop lui-même où il en était. Entre les choses qu’il avait à gérer, tout ce qui se passait dans l’actualité et qui avait des retombées sur lui et les siens, il ne savait plus trop où donner de la tête. La peur et le doute étaient devenus des variables constantes dans son quotidien, et chaque jour il se demandait si les choix qu’il avait fait étaient les bons. Ses craintes, il en parlait peu et à personne hormis la seule femme qu’il savait les partager. Mais il n’était pas certain que Zach soit chaud à l’idée de l’entendre déblatérer tous ses problèmes, bien qu’il soupçonnait le jeune homme de tout faire pour détourner l’attention de lui. Et puis s’il y avait bien une personne ouverte d’esprit à qui il pouvait parler, c’était sans nul doute le jeune dragonnier qui d’ailleurs n’était pas totalement étranger à sa communauté puisque c’était lui qui avait introduit le Marrok auprès du clan du Montana. Prenant une profonde respiration, il se gratta le menton avant de recoiffer sa barbe hirsute avec ses droits dans un geste habituel et mécanique.


« Oh tu sais… rien de vraiment nouveau, c’est la merde, mais pas beaucoup plus qu’avant. C’est assez, on va dire… compliqué pour la GMA ces derniers temps : on a eu pas mal de problèmes internes à gérer, notamment à cause de la Fréki qui a voulu se la jouer solo et qui a foutue un beau merdier. Du coup les meutes sont extrêmement tendues, et tu les connais, c’est jamais une bonne chose. Avec Cécil on essaye de contenir tout ça mais c’est un peu la galère surtout qu’on a eu quelques petites divergences d’opinion avec certaines relations… enfin ça devrait bientôt se résoudre, on fait tout pour en tout cas !! Enfin voila quoi, comme toujours on essaye de se tenir éloignés des problèmes autant que possible, mais il y en a toujours qui nous tombent dessus…c’est juste la vie. Mais entre ça et le boulot, on va dire que les journées passent vite !!» Dit-il en posa sa bière vide au sol et en étirant devant lui ses grandes jambes, un sourire qui se voulait optimiste sur le visage. La vérité c’était que la situation était beaucoup plus grave qu’il ne voulait bien le dire. L’action de Sofia avait ouvert la porte à de nouvelles querelles entre les clans et l’autorité qui les dirigeait, sans même parler de la possible guerre ouverte contre les inquisiteurs qui leur pendait au nez. Non vraiment, c’était juste la merde en mode hardcore. Croisant les bras, Khaaleb regarda le paysage, essayant de tirer de cette image un peu de calme dont il avait besoin afin d’affronter cette situation. Soudain, il se rendit compte que Zach ne devait très certainement pas être au courant pour la disparition de Will. Devait-il lui dire ? Il ne s’en sentait pas la force présentement. Et dire pour Will c’était devoir raconter cette nuit et ça il préférait l’éviter au maximum.

« Enfin je t’avoue que ça fait du bien de changer un peu d’air… je devrais peut être faire comme toi, mettre certaines choses entre parenthèses et me mettre au vert quelques temps. Quand on est dans un endroit comme ici… les problèmes semblent tout de suite moins insurmontables, tu ne trouves pas ? »

Mais même s’ils étaient moins insurmontables, les problèmes étaient toujours là, bien présents. Il arrivait au loup d’être tenté par le fait de tout plaquer, le besoin de partir, de laisser toutes ses emmerdes derrière lui et de vivre une vie à lui et uniquement à lui, mais ça il en était incapable. Le simple fait d’avoir ses pensées le surprenait, car jamais il n’aurait pensé arriver au point d’avoir envie de fuir ses responsabilités ou de douter de ses actions. Il lui arrivait de se demander s’il aurait ce genre de pensées s’il n’y avait pas eu cette femme, cette femme dont il ne parlait à personne et dont Cécil ne faisait que soupçonner leur relation. Une femme qui appartenait à ce même groupe qui avait emprisonné sans raison valable l’ami qui se tenait à ses côtés. Peut être avait-elle-même participé à son enlèvement. Peut être avait-elle refermé sur lui les barreaux de la cellule où ils le gardaient prisonnier. Cette image lui était tout simplement insupportable. Comment oserait-il en connaissance de cause lui parler d’elle ? Ou bien alors, juste un peu… juste un peu…

« Ah et si… quelque chose de nouveau. » Annonça-t-il en lançant un sort d’attraction pour faire venir deux bières fraiches du frigo.  Il ne savait pas trop par quoi commencer, et attendit d’avoir un bière à la main pour se donner un peu de courage « J’ai…eum… on peut dire que j’ai… rencontré quelqu’un. Oui non ça vaaa pas la peine de faire cette tête là jeune homme » Fit-il en levant un index, ricanant devant l’expression de son ami. « On se calme tout de suite mon ptit pote d’accord ?! C’est pas ce qu’on pourrait appeler quelque chose de simple, c’est même tout le contraire d’ailleurs. J’en ai parlé à personne, surtout parce que c’est très récent, et puis parce que je sais pas ce que ça va donner… Elle habite super loin, et puis avec tout ce qu’il se passe en ce moment… on va dire que c’est un peu compliqué… »

Si compliqué qu’il ignorait en réalité s’ils pourraient même se revoir un jour. Si la visioconférence était un fiasco et que loups et inquisiteurs entraient en conflit, il y avait fort à parier que l’un comme l’autre serait surveillé, leur relation étant connue de leurs leaders respectifs. Il leur serait alors presque impossible de se revoir, autrement que dans un affrontement. Cependant, la perspective de la paix n’était pas en soi une voie de facilité, car si le Marrok et Barbossa trouvaient une entente, rien ne disait que cette dernière remporterait les élections de sa faction. Et rien n’assurait que ce Wilkerson tiendrait les engagements pris par celle dont il reprendrait la fonction. Dans le meilleur des cas de figures, que la paix était maintenue, que Barbossa restait au pouvoir, et qu’ils arrivaient à calmer les meutes, il leur faudrait malgré tout faire face à la dure réalité de leurs vies respectives. Elle était une (super canon) non-mage vivant dans le sud des Etats-Unis, et il était un sorcier employé du ministère de la magie vivant dans le grand nord canadien et loup garou de surcroit. Comment diable pourraient –ils bâtir quoi que ce soit de concret là-dessus. Il avait beau être idéalise et rêver de voir le monde se débarrasser de ces préjugés qui le gangrénait, il y avait des faits qu’on ne pouvait oublier ou effacer. Il n’y avait aucun avenir entre eux, et pourtant, pourtant… comme il en avait envie.

Se rendant compte qu’il monopolisait la parole depuis bien trop longtemps, et essayant pas très discrètement de changer de sujet, il s’alluma une nouvelle cigarette avant de tourner le visage avec le jeune dragonnier.


« Mais d’ailleurs, Livie n’est pas venue avec toi maintenant que j’y pense… je croyais qu’elle te rejoindrait… »

C’était ce qu’on pouvait appeler mettre les pieds dans le plat… mais que voulez vous, on peut pas être sexy comme un dieu grec, penser à ramener bière et saucisson, et en plus avoir de la diplomatie !!




———————— ϟ ————————

Tomorrow...
and every other days...


Dernière édition par Khaaleb Tal'ahjon le 27.12.17 19:10, édité 1 fois
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ϟ Métier : Gardien de dragon ϟ Âge : 23 ans ϟ Race et sang : Sang-pur ϟ Particularité : Occlumens et Fourchlang ϟ Messages : 2190 ϟ Date d'inscription : 16/06/2014 ϟ Disponibilité RP : Répond 1x par semaine minimum ϟ Célébrité : Craig Horner ϟ Crédits : Moi

MessageSujet: Re: The place we call home - ft Zach   20.12.17 11:25


The place we call home
Zach & Khaaleb

Si Zach ne s'était clairement pas attendu à retrouver Khaaleb sur le pas de sa porte en revenant de sa promenade, il ne pouvait pas prétendre que sa présence était une surprise. Zachary avait parfois l'agréable sensation que Khaal avait toujours fait partie de sa vie, alors qu'en vérité il n'en n'était rien. Cela ne faisait quelques années seulement qu'ils se connaissaient et pourtant c'est c'était comme s'il avait toujours été là d'aussi loin qu'il se souvienne. La présence du loup, sa gentillesse, son intérêt sincère pour le bien être d'autrui, son amour inconditionnel pour la nature, le mode de vie qu’il avait choisi, faisait de lui ce que Ben toujours trop occupé par lui-même, n'avait jamais été capable d'être : Un grand frère dont il se sentait proche.
Le sourire de Zach s'agrandissait au fur et à mesure qu'il le voyait déballer un à un toutes les courses qu'il lui avait si généreusement rapporté pour ce séjour qui risquait fort de se prolonger indéfiniment. Plus il passait du temps chez lui, à retrouver ses racines, et moins il songeait à rentrer. A rentrer où ? Boston ? Il y avait certes son oncle qui y avait sa vie, mais ce n'était pas chez lui. New-Phoenix ? Cette ville qui ne dormait jamais l'avait émerveillée dès son arrivée. Alliant technologie et magie, elle était tout bonnement fascinante avec toutes ces lumières, ces communautés diverses et éparses, mais pour quelqu'un qui venait de la campagne et qui appréciait le calme elle était un peu trop bruyante et tapageuse pour lui. Ce n'était pas sans raison que son petit studio se trouvait en dehors de la ville à proximité de la réserve où il travaillait, c'était un peu comme être ici, avec la nature à perte de vue, alors que l'appartement de Livie, lui, se trouvait en plein cœur de cette mégalopole géante.

- Je sais faire les carbonara comme personne, se vanta-t-il dans un rire léger les yeux pétillants, comme si cette seule affirmation suffirait à convaincre qui que ce soit de rester pour le dîner, si tant est que Zach ait réellement besoin de convaincre son ami, se dont il doutait fortement

Avec tous les kilomètres que le sorcier Mohawk avait fait pour le rejoindre, il était évident qu'il ne comptait pas passer en coup de vent et honnêtement, bien que Zachary recherchait un peu de solitude, il était sincèrement ravi d'avoir un peu de compagnie ce soir, et à vrai dire surtout de sa compagnie en particulier.
En temps normal, un claquement de doigt lui aurait suffi à débarrasser la table des courses apportées par Khaaleb malheureusement, les particules anti-magie dans lesquels il avait été baigné durant toute sa détention agissaient encore sur lui, mettant en sommeil cette magie qu'il possédait depuis son enfance et qui faisait partie intégrante de lui. En être privé était difficile, non pas parce qu'il ne savait rien faire sans magie, ou parce qu'il ne pouvait pas se simplifier la vie, mais parce qu'elle était un tout avec l'homme qu'il était. Se retrouver sans magie s'était un peu comme s'il se retrouvait unijambiste, comme si on lui avait arraché une partie de lui. Fort heureusement, il savait que sa magie reviendrait, mais il ignorait quand et chaque jour qui passait ne faisait que l’impatienter davantage, même s'il avait bien conscience qu'il allait devoir prendre son mal en patience.
Depuis sa libération il avait eu le temps de s'informer du sort de Saevus qui n'était pas réellement réjouissant. Lorsqu'il était en détention, il avait demandé à Camila ainsi qu'à Septimus ce qu'il était advenu de lui, mais aucun d’eux n'avait répondu clairement à sa question de manière satisfaisante. A présent qu'il était parvenu à se renseigner, il devait reconnaître qu'il n'en savait toujours pas davantage et à vrai dire, il s'inquiétait pour lui. A en croire les journaux, Saevus Yaxley aurait été dépossédé de sa magie de sa magie par les inquisiteurs mais ça, il n'y croyait pas une seule seconde. Ces anti-sorciers avaient élaboré des armes qui leur permettaient de neutraliser la magie, c'était un fait, et les particules anti-magie qui émanaient de leur maudite tour qui n'avait été construite que pour défier les Tours Yaxley symbole d'un renouveau et d'espoir, des plus efficaces, puisqu'à son fort dépendant il était là pour en attester, mais de là à prétendre qu'ils avaient le pouvoir de retirer la magie à un sorcier, il n'y croyait pas une seule seconde. Son père, du moins l'homme qui l'avait élevé et qu'il considérerait comme étant son père jusqu'à son dernier souffle, lui avait toujours apprit que la magie des sorciers leur appartenait, qu'elles étaient en eux, et que personne ne pourrait jamais la leur retirer. On pouvait l'endormir, la mettre en sommeil, mais pas la leur arracher, c'était impossible, et à vrai dire, Zachary refusait d'y croire, non seulement parce qu'il en était persuadé mais aussi parce que ça l'arrangeait. Les laboratoires Yaxley travaillaient toujours sur ces recherches, il le savait parce que Livie lui en avait parlé, mais c'était impossible, retirer la magie à un sorcier revenait à lui retirer un rein ou un poumon, c'était dangereux et c'était la raison pour laquelle il s'était opposé à Livie avec tant d'acharnement parce qu'il ne doutait pas que si par miracle ils finissaient par y parvenir, elle aurait fini par le regretter, tôt ou tard.
Qu'en était-il de Saevus ? A ce qu'il avait ouïe dire les Inquisiteurs lui auraient retiré sa magie avant de le libérer. L'homme que sa mère avait tant aimé aurait été vu pour la dernière fois par le journaliste du USA Today, Cyrius Fernandes, avant de disparaître définitivement.
Comment Saevus, qui était une personnalité publique, un homme politique connu et influent, et accessoirement l’homme le plus haït d’Amérique, était-il parvenu à disparaître de la sorte ? Pour Zachary s'était impensable et à vrai dire sa disparition, le fait qu'il n'ai plus donné aucun signe de vie, l'inquiétait. Saevus était un roc, il n'était pas du genre à rougir ou à se cacher, il affrontait l'adversité la tête haute, il était un peu son héros mais ce sentiment avait changé dès l'instant où il l'avait rencontré. Il s'était pris d'affection pour cette figure imposante mais également paternel et avoir passé du temps avec lui, lui avait fait comprendre pourquoi sa mère l'avait tant aimé. Il était un homme fascinant et solide, mais dépourvu de magie, il était devenu vulnérable et à la merci de ses ennemis qu'il savait nombreux surtout depuis la grande révélation, cause de sa disgrâce. Il ignorait si sa famille était partie à sa recherche mais il l'espérait. Les Inquisiteurs avaient peut-être prouvé que les Tours jumelles n'étaient pas imprenables mais il y serait surement beaucoup plus en sécurité que n'importe où ailleurs.

Réalisant qu'il s'était perdu dans ses pensées, Zachary se fit violence pour revenir un peu sur terre et cessé de tergiverser sur des choses qu'il ne pouvait de toute manière pas changer et dont il ignorait tout pour se consacrer à la personne qui était belle et bien présente avec lui en ce moment et qui méritait un peu plus d'attention qu'une simple présence. Après avoir jeté un oeil par la fenêtre, il avait fait une remarque sur le nouveau destrier de ce dernier qui fit partir Khaaleb dans un grand éclat de rire, un rire puissant, chaleureux et entrainant qui lui avait terriblement manqué. Zach se sentit sourire de toutes ses dents et rire avec lui en entendant le géant lui parler de sa moto comme s'il s'agissait d'une femme qui lui en ferait voir de toutes les couleurs si jamais il avait l'intention d'aller voir ailleurs. Le dragonnier connaissait très peu de motards mais tous sans exception avait un rapport privilégié avec leur mécanique. Son grand sourire se transforma en petite grimace en l'entendant lui révéler que cette voiture était pour lui. L'attention le touchait et il ne voulait surtout pas passer pour un ingrat mais ce genre de véhicule c'était vraiment pas fait pour lui. Il aurait pu ne rien dire, se contenter de le remercier et ne pas faire usage de ce véhicule polluant et bruyant mais il ne savait pas mentir et il savait que son ami l'avait déjà compris rien qu'à la tête qu'il avait fait en l'entendant lui expliquer les raisons qui l'avaient poussé à prendre cette démarche. On lisait en lui comme dans un livre ouvert, ce n'était pas nouveau et bien qu'il aimerait qu'il en soit autrement, ce n'était pas prêt de changer.

- C'est vraiment gentil Khaaleb, commença-t-il en le suivant sur le perron de la maison alors que son ami prenait place sur l'une des chaises installé dehors, celle-là même qu’Ernie avait pris l’habitude d’utiliser lors de ses visites, mais... je ne sais pas utiliser ces machines, fit-il dans un pauvre sourire en guise d'excuse, et en cas de besoin j'ai Balham, il peut me transporter n'importe où. Comment veux-tu que je joue aux hommes des bois avec elle ? Tenta-t-il de plaisanter

Zachary se sentait un peu mal de refuser son cadeau, et il espérait que Khaaleb goberait ses excuses qui étaient en parti vrai et surtout qu’il ne lui en voudrait pas. Préférant changer de conversation, il lui parla de ses parents à qui il avait rendu visite dans leur dernière demeure, avant d'orienter le sujet de conversation sur l'homme qui se trouvait à ses côtés, d'un part parce qu'il ne désirait pas réellement parler de lui, mais également parce qu'il s'intéressait réellement à tout ce qui avait pu arriver dans la vie de Khaaleb ces derniers mois. Réfléchissant durant un instant avant de lui répondre, Zachary l'observa lisser sa barbe comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'il réfléchissait. Il ne savait pas si Khaaleb en avait conscience mais c'était un tic qu'il avait, ce constat fit sourire Zachary derrière sa bièreaubeurre. Au moins son ami n'avait pas changé.
Son sourire s'effaça cependant et ses sourcils se froncèrent en entendant le Geri lui révéler que la Fréki de la GMA était parvenue à déstabiliser l'unité que Cécil tentait d'organiser entre les différentes meutes. Comment s'y était-elle prise et pourquoi ? Pour quelle raison l'un des bras droit de Cécil voudrait s'opposer à voir les meutes se réunir sous une seule et même communauté ?
Un léger sourire apparut sur ses lèvres alors que celui qui avait toute la confiance du Marrok lui assurait que lui et Cecil faisaient tout leur possible pour apaiser les tensions que la louve était parvenue à créer en semant les graines de la discorde. S'il avait toute confiance en Cécil et Khaaleb pour remédier à cette situation des plus tendu, Zachary connaissait suffisamment cette communauté pour savoir que rien n'était simple surtout face à une crise qui semblait aussi sérieuse pour parvenir à diviser les communautés entre elles. Khaaleb cherchait-il à ne pas l'inquiéter davantage ou à se rassurer lui-même ?
Détournant son regard de Khaaleb pour observer l'écrin de verdure qui s'étendait devant eux Zachary se senti sincèrement sourire en l'entendant lui demander si vivre dans un tel endroit ne leur permettait pas de mieux se ressourcer pour affronter leurs différents problèmes

- Pourquoi crois-tu que je suis venu ici ? Lui demanda-t-il sur un ton léger, propice à la plaisanterie, le sourire goguenard en se tournant à nouveau vers son ami. Mais toi tu ne peux pas faire ça. Pas maintenant. Cécil a besoin de toi et la communauté des loup-garous bien plus encore. Tu peux pas échapper à tes responsabilités mais ça tu le sais très bien, de toute manière tu ne le ferais pas même si tu en avais l'occasion et ça on le sait tous les deux, lui sourit-il.

Khaaleb était un homme beaucoup trop loyale pour ça, il possédait de véritables valeurs. Il n'était motivé ni par la renommée, ni par la gloire, l'ambition et encore moins par la richesse, seul le bien être des autres mais aussi de la nature, lui importait. Il n'était pas de ceux qui restaient tranquillement chez eux à se tourner les pouces en regardant le monde partir en miette. Et c'était justement parce qu'il était un homme simple, riche de grandes valeurs qu'il était un homme aussi important. Parfois Zachary se demandait si son ami avait conscience de l'importance qu'il avait dans la communauté ou si sa simplicité l'empêchait d'en prendre réellement conscience.
Son intérêt redoubla lorsque le géant lui avoua qu'il y avait toutefois quelque chose de nouveau dans sa vie. Face à l'embarras de son ami et à sa gêne évidente à trouver ses mots, le sourire de Zachary se fendit jusqu'aux oreilles et son regard se mit à pétiller. Il n'y avait qu'une femme pour mettre ce colosse dans un tel état et un petit rire jaillit de ses lèvres alors même qu'il lui confirmait ce qu'il venait de deviner, mais Khaaleb tenta bien vite de calmer ses ardeurs... peine perdu. Zachary était sincèrement heureux pour son ami. C'était la première fois qu'il lui parlait d'une femme, d'une femme qui comptait réellement.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué, fit Zach en se calant bien dans sa chaise, la distance ce n'est qu'une excuse parce que soit honnête il n'y a rien d'insurmontable à ça surtout si c'est sérieux pour elle aussi. Crois-moi, il n'y a jamais de bons moments parce qu'il y aura toujours des problèmes qu'ils soient extérieurs ou non, l'essentiel c'est de les affronter ensemble. Ça me touche que tu ai choisi de m'en parler, lui assura-t-il avec affection en abandonnant son petit air insolent de donneur de leçon, et je suis sincèrement heureux pour toi. Comment s'appelle-elle ? Comment vous êtes-vous rencontré ? Je veux tout savoir

Zach avait toujours été de nature curieuse aussi loin que cela remontait, il ne s'agissait cependant pas d'une curiosité malsaine mais parce qu'il s'intéressait aux personnes qui composaient son entourage et qu'il avait envie de connaître tous leurs bonheurs mais aussi leur tracas, et puis entendre parler Khaaleb lui permettait de penser à autre chose qu'à toutes ces interrogations qui ne cessaient de tourner en boucle dans son esprit depuis des semaines voir des mois, car il avait beau avoir été libéré de sa cage, certaines de ses questions elles, n'avaient toujours pas obtenue de réponses. Malheureusement Khaaleb finit par réorienter le sujet sur lui et plus particulièrement sur l'absence remarquée de Livie, ce qui fit quelques peu grimacer Zachary en entendant sa question. Après tout il était normal que son ami s'étonne de son absence, lâchant un soupir résigné, le jeune sorcier adressa un pauvre sourire à son ami qui venait de s'allumer une cigarette. Ce simple geste, pourtant commun à des millions de personne, ne lui rappelait en réalité qu'une seule personne. L’homme qu'il avait vu fumer dans sa cellule et avec lequel il avait partagé une cigarette lui qui pourtant ne fumait jamais. Ou serait-il plus juste de dire qu'il l'avait laissé se consumer pendant que Septimus, son père fumait la sienne. S'arrachant à son souvenir il se tourna vers Khaaleb dans un pauvre sourire

- Disons que... c'est compliqué, répondit-il pour reprendre ses paroles.

Parfaitement conscient que c'était loin d'être une réponse satisfaisante mais que Khaaleb était bien trop poli pour demander davantage d'explication, Zachary se pencha légèrement vers l'avant les coudes bien appuyé contre ses cuisses et ses mains joint vers l'avant

- Elle ne comprend pas pourquoi j'ai refusé de revenir à New-Phoenix avec elle. Elle a fait beaucoup pour moi, elle et Ernie se sont démenés pour me faire libérer et j'ai franchement l'impression d'agir comme un ingrat et un égoïste en venant ici, mais j'en n'ai besoin. Quand j'étais enfermé et que j'avais l'impression d'étouffer, il me suffisait de fermer les yeux pour m'évader et me retrouver ici dans cette forêt dont je connais les moindres recoin, la moindre faune et flore par cœur, avec les gens que j’aimais. J'avais vraiment besoin de revenir ici, c'est ici chez moi. Je ne leur demande pas de comprendre, ni à elle ni à Ernie juste de l'accepter et de me laisser du temps. Livie a épuisé son quota de congés avec toutes ces histoires alors même si elle le voudrait elle ne pourrait pas être là. Tu trouves que j'agis comme un égoïste ?

Bien sur que c'était le cas, il en avait parfaitement conscience, c’était une question idiote. Ernie et Livie avaient tout donné pour le faire libérer. Ils avaient laissé leur santé, leur argent et s'étaient démené comme des fous pour qu'il soit à nouveau libre. Il n'imaginait même pas par quoi ils étaient passé mais il pouvait le deviner en voyant dans quel état se trouvait Ernie qui semblait avoir prit 10 ans d'âge. Même l'état de sa boutique, laissé à l’abandon, lui avait fait mal au coeur. Pas un instant il n'avait souhaité leur faire de mal, il pensait avoir fait ce qu'il fallait, ce qui était juste, pour empêcher Hères de tomber entre les mains de ses ravisseurs, comme toujours, il n'avait pas réfléchit plus loin et certainement pas aux conséquences que ses actes pourraient avoir sur ses proches.

- Et puis, il y a une autre raison aussi.... je ne suis pas certain de parvenir à gérer les problèmes de Livie en ce moment, avoua-t-il dans un soupir. Tu ne le sais surement pas mais en réalité Livie est une sorcière qui se fait passer pour une moldu. Elle a une situation familiale compliquée, son père était un sorcier assez puissant et exigeant qu'elle et sa mère ont fui quand elel était gamine. Grace au bouclier, il est resté coincé en Angleterre, quand à sa mère, probablement à cause de cette expérience douloureuse, elle abhorre la magie, parfois j'ai l'impression qu'elle a honte de sa fille et disons que j'ai rien arrangé…

Il avait parfaitement conscience que sa petite excursion dans le Montana pour chasser le Wendigo malgré l’interdiction de sa famille n’avait pas arrangé les choses, bien au contraire, ce soir-là, sans le savoir, il avait scellé le destin de Livie. S’il pouvait revenir en arrière il le ferait, mais il ne pouvait pas et ils l’avaient tous les deux chèrement payé….

- Pour faire simple, Livie voit la magie comme une malédiction et elle la rejette, elle refuse de la pratiquer, seulement en la refoulant, en la bridant comme elle le fait, elle est incapable de la contrôler et généralement cette dernière se manifeste lorsqu’elle est envahie par de violentes émotions. Les lumières explosent, les fenêtres volent en éclat… j’ai essayé de lui expliquer que ces manifestations se produisaient parce qu’elle refusait de laisser libre cours à sa magie que je pouvais l’aider à la contrôler…. Mais au lieu de ça… Elle a préféré jouer aux cobayes de laboratoires pour les laboratoires Yaxley. Ces…. « chercheurs », prononça avec une forme de dégout et de colère, se sont servis de la vulnérabilité de Livie pour tenter de la convaincre d’adhérer à leur recherches. C’est un projet sur lequel une petite équipe travaille qui est tenu secrète pour le moment et qui consisterait à isoler la magie d’un sorcier afin de l’étudier pour en créer une qui serait artificielle et qu’il pourraient injecter à quiconque voudrait devenir sorcier. Et a contrario, la retirer à ceux qui n’en voulaient pas.

Parler de ça le rendait fou, il avait beau aimer Livie de tout son cœur, il n’arrivait pas à comprendre sa démarche et encore moins comment une fille aussi intelligente et brillante qu’elle pouvait ne pas comprendre que ce que ces personnes faisaient était dangereux. Se levant de sa chaise, il fixa un point sur l’horizon en plaçant ses mains sur sa taille tant en poursuivant son récit

- Isoler la magie d’un sorcier pour créer une magie... artificielle, ce n’est pas bien, parce que ce n'est pas naturel, c'est dangereux. On ne doit pas jouer à ça. Les personnes qui sont nés sans pouvoir ne devraient pas en posséder et surtout pas à l'aide de la science parce que cela pourrait se retourner contre eux, tout comme ôter des pouvoirs à un sorcier. Par la barbe de Merlin on ignore les conséquences que cela pourrait avoir sur elle, ou plus tard, sur nos enfants… Malgré tout, elle m’a répondu qu’elle était prête à en subir les conséquences, mais pas moi. Je peux pas la regarder se détruire sans réagir. Ces scientifiques se prennent pour des Dieux et se servent de sa vulnérabilité pour parvenir à leur fin. Ce projet, c'est.... c'est de la folie pure ! En toute franchise, fit-il en se tournant vers Khaaleb tout en prenant appuis sur la balustrade, j’étais persuadé qu’ils n’y arriveraient jamais parce que mon père avait coutume de dire que la magie c’était quelque chose qui faisait partie de nous et que déposséder un sorcier de sa magie revenait à lui retirer son cœur ou son âme, mais même en sachant cela, je n’étais pas disposé à les laisser jouer avec la vie de Livie… Elle a fini par céder mais je sais toujours pas comment faire pour l’aider à vivre avec la magie et à l’accepter. Aujourd’hui, fit-il en levant sa mains devant lui, c’est moi qui me retrouve privé de magie, moi qui d’ordinaire ne peut pas m’en passer, quelle cruelle ironie tu ne trouves pas ? J’ai peur que mon état renforce les convictions de Livie, que ça lui redonne espoir et j’aurais franchement pas la force de me battre avec elle.

Avait-il le droit de diriger sa vie et de lui dire comment la mener ? Bien sur que non, mais lorsque l’on voyait une personne que l’on aimait se détruire ou prendre les mauvaises décisions il était impensable pour Zach de rester sans rien faire, de ne pas intervenir. C’était la première fois qu’il parlait librement des problèmes de Livie à un tiers. Jusqu’à présent, il avait gardé son secret, même Ernie ne connaissait que quelques bribes de l’histoire à savoir que Livie refusait d’utiliser sa magie, mais il n’en connaissait pas les raisons et encore moins jusqu’où elle avait été prête à aller pour s’en débarrasser définitivement mais aujourd’hui il avait besoin d’en parler parce que ça le touchait de prêt et qu’il savait que s’il y avait bien une personne qui ne laisserait pas ses idéaux politiques prendre le dessus c’était bien khaaleb

- J’avais prévu d’en discuter avec Saevus avant… avant tout ça. Je voulais savoir s’il était au courant de ces expériences qui étaient menés dans ses laboratoires. Même si ça parait naïf, j’ai envie de croire que non et j’espérais qu’il y mettrait fin… Aujourd’hui je découvre que les Inquisiteurs posséderaient déjà cette… science. Tu y crois toi ? Tu crois franchement qu’ils ont la capacité de nous arracher notre magie ? Moi je ne peux pas y croire, j’y crois pas une seule seconde. Ils peuvent l’endormir, nous la paralyser temporairement oui de toute évidence mais pas plus. Ils ont peut-être réussi à convaincre Saevus qu’ils avaient ce pouvoir mais je suis sur moi, que sa magie est toujours là. D’ailleurs où est-il ? Pourquoi ne réapparait-il toujours pas ? Pourquoi le monde est-il aussi compliqué ? Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas s’accepter ou accepter les autres tels qu’ils sont ?




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ϟ Métier : Directeur du Département de Contrôle et de Protection des créatures magiques - Geri de la Grande Meute Américaine ϟ Âge : 34 ans ϟ Race et sang : Sorcier Mohawks ϟ Particularité : Loup garou ϟ Statut civil : Compliqué



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MessageSujet: Re: The place we call home - ft Zach   27.12.17 19:32


The place we call home
ft Zach et Khaaleb



Musique:
 

Khaaleb ne voulait pas s’imposer auprès de son ami, il comprenait plus que quiconque le besoin de se retrouver face à soi-même par moment, perdu dans une immensité qui était à l’image des émotions internes qui nous habitaient. Le loup ne voulait pas imposer sa présence, si jamais son ami le lui avait demandé, il serait reparti aussi vite que possible afin de lui laisser l’espace et l’air dont il semblait avoir besoin. Pourtant, Zach n’en fit rien, et il en fut heureux, car plus que part volonté de lui tenir compagnie, ce qu’il voulait avant toute autre chose c’était s’assurer que le jeune homme se portait bien.
Bien sur il avait parlé aux médecins qui l’avaient examinés à son retour des états du Sud, mais même s’il s’avait ces personnes compétentes, il y avait des choses que même le meilleur examen médical ne pouvait révéler. Même si les deux hommes ne se connaissaient pas depuis longtemps, ils se comprenaient. Khaaleb ayant souvent l’impression de voir chez son ami une version plus jeune de lui, un petit frère en quelque sorte. C’était d’ailleurs étrange de voir comment un homme comme lui, qui pourtant avait grandi entouré d’une famille aimante, ressentait à ce point le besoin de se trouver de nouveaux frères et sœurs. Peut être était-ce un moyen inconscient de remplacer la présence de ceux qu’il avait déjà perdu.
Et plus qu’aucun autre de ses frères de substitution, Zach avait besoin d’aide en ce moment même. Pas parce qu’il le pensait incapable de s’en sortir seul, ça le grand loup n’avait aucun doute sur la débrouillardise du jeune sorcier, mais bien parce qu’il était confronté à quelque chose d’inédit et de troublant pour lui, la perte temporaire de sa magie.
Vivant dans une zone éloignée de l’influence des machines anti-particules magiques, lui-même n’avait été mis face à ce manque qu’en de très rares occasions, la dernière en date étant bien entendu cette nuit où lui et les siens avaient affronté ce groupe d’inquisiteurs. Cette sensation intense de manque qu’il avait ressenti avait été une épreuve terrible, bien que moins terrible que tout le reste, ça il fallait bien le reconnaitre. Ses pouvoirs étaient revenus aussi vite qu’ils étaient partis, à l’instant même qu’il était sorti du champ de propagation des particules, et il n’espérait plus jamais avoir à vivre cette impression de déchirure de soi. Mais cet état, Zach y était plongé, et ce pour une durée indéterminée. Le sorcier ignorait totalement pour quelle raison les Inquisiteurs avaient décidé de le garder aussi longtemps, et pendant longtemps, jusqu’à son retour en réalité, il avait craint qu’ils lui fassent subir le même sort qu’à Saevus Yaxley. Heureusement, ça n’avait pas été le cas.
Si quelques discutions rapides avec la seule inquisitrice qu’il connaissait avait commencé à changer son point de vue sur ce groupe ou en tout cas sur les intentions de leur leader actuel, il n’en restait pas moins qu’il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la méfiante pour leurs technologies anti-magie, ainsi qu’une certaine rancune pour ce qu’ils avaient fait à son ami. Il s’était souvent demandé ce qui se passerait si un jour des chercheurs non-maj’ arrivaient à mettre au point une machine capable de bloquer la magie de tous les sorciers. Chaque membre de la communauté magique avait son propre rapport à la magie, son utilité propre. Certains ne passaient jamais une journée, une heure, une minute sans y avoir recours, rejetant par de la même toute forme de technologie moldue. La plupart seraient totalement perdus, incapables de se déplacer, de se chauffer, de se nourrir. D’autre au contraire essayait comme lui d’apprendre aussi à se débrouiller sans, essayant de ne pas répondre trop souvent à l’appel de la facilité, même si l’expérience était loin d’être facile. Pour cette raison, Khaaleb avait amené une voiture à Zach, mais à voir l’expression de malaise du jeune homme, le lycan comprit bien vite qu’il n’en aurait pas la moindre utilité. Il n’était pas difficile de comprendre à quoi pensait Zach ou de sentir dans quel était il se trouvait la plupart du temps. Il se trahissait souvent tout seul, et il n’y avait pas besoin de le connaitre longtemps pour réussir à lire en lui comme dans un livre ouvert. Mais ce qui pour certain aurait semblé être un incorrigible défaut était pour lui au contraire une véritable qualité, c’était la marque seule des gens bons et sincères.
Alors qu’ils étaient assis sur ses sièges devant le perron de la maison à regarder l’immensité du paysage, le loup ne pu s’empêcher de sourire à son ami.


« Je m’en doutais un peu je t’avoue, mais j’ai préféré la prendre, juste au cas où. Il vaut mieux prévenir que guérir non ? Je n’ai jamais vraiment compris cette expression… enfin ne t’inquiète pas, je la ramènerai demain matin…mais un jour, je t’apprendrais, on ne sait jamais, ça peut toujours être utile… »

Lui-même avait appris très tôt à conduire, perché sur les genoux de son père parce qu’il ne touchait pas encore les pédales. Bien qu’issue d’une famille de sorciers, les véhicules moldus avaient toujours eu leur place dans leur quotidien, ce qui était du à la haine profonde que sa mère éprouvait pour les vols en balai. Il y avait toujours le transplanage bien sur, ou la poudre de cheminette, mais ces deux procédés de transport étaient difficilement utilisables avec de très jeunes enfants. Ça avait donc été la voiture, et personne ne s’était d’ailleurs jamais vraiment posé de question sur le bienfondé de l’utilisation de cette machine. Bien que lui-même préférait utiliser balai ou moto pour se déplacer, il devait bien reconnaitre qu’il avait toujours apprécié conduire, à l’inverse de sa sœur aînée qui avait du passer son permis à de très nombreuses reprises avant d’enfin parvenir à le valider. Elle avait d’ailleurs toujours une conduite abominable, et il lui interdisait souvent de prendre le volant lorsque son neveu devait monter avec, trouvant toujours un prétexte pour les accompagner à la place. Enfin, malgré tout cela, il pouvait comprendre qu’un jeune sorcier ayant vécu une grande partie de sa vie au milieu des bois n’ait jamais appris à conduire, ni qu’il ait la moindre affinité pour ces machines bruyantes et il fallait bien le dire, polluantes, même si la recherche faisait des progrès à ce niveau là.
Le jeune homme orienta ensuite la discussion sur lui et lui posa toute sorte de question sur les dernières nouveautés de sa vie à quoi Khaaleb tenta de répondre du mieux qu’il pouvait, sans non plus trop rentrer dans les détails. La situation dans laquelle se trouvait actuellement la GMA était plus que difficile. Les loups étaient en passe de tourner une nouvelle page de leur histoire, sauf que cette histoire était pour le moment bien floue quant à son écriture. Parfois, le Géri craignait que Cécil ne prenne pas suffisamment la mesure du gouffre immense au bord duquel ils se tenaient tous, de la tension entre les meutes et des attentes qui étaient les leurs. Tout ce qu’ils avaient mis tant de temps à construire était sur le point d’exploser, et il redoutait que l’exemple de Sofia ne se reproduise ou qu’ils se retrouvent dans le même schéma que les Inquisiteurs avec leurs élections. Cécil était un bon chef, le meilleur Marrok qu’ils puissent avoir, et ses idées étaient à son sens la seule issue possible vers la paix et l’équilibre, mais il savait aussi qu’ils étaient de moins en moins nombreux ceux qui avaient une foi presque aveugle comme lui dans les actions de leur leader. Car comme beaucoup, l'héritier des De Cormontaigne avait ces derniers temps fait preuve dans certains de ses choix d'invidualisme, mais qui était-il pour lui reprocher ça ? Parfois, il lui venait l’idée de se retirer de la course devant l’absence de réflexion et l’obstination de certains de ses semblables, de laisser à d’autre son combat. Mais voila, c’était SON combat, et comme Zach était très justement en train de lui dire, il avait des responsabilités auxquelles il ne pouvait plus échapper, et surtout auxquelles il ne voulait PAS échapper. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait parlé de tout ça à son ami. Peut être justement parce que c’était son ami, et qu’étant en dehors de toutes ces intrigues il pouvait lui donner le regard et l’analyse externe dont il avait besoin. Tout ce qu’il venait de dire, le grand loup le savait parfaitement, et pourtant, se le faire entendre dire lui faisait du bien, réaffirmait ses convictions.

« Tu as raison… » Dit-il avec un sourire mi-figue mi-raisin avant de boire une gorgée de bièreaubeurre.

Il savait qu’il devait continuer, mais parfois, la charge était bien lourde à porter, et le prix de cet investissement cher à payer. Khaaleb se battait chaque jour pour les siens, qu’ils fussent mohawks, sorciers, loups, ou de simples créatures magiques, il se battait, pas parce que quelqu’un lui en avait fait la demande, ou parce qu’il était obligé, ou encore parce qu’il attendait quelque chose en retour, mais simplement parce qu’il trouvait juste de le faire, quitte à s’oublier soi-même et à s’investir à 200% dans des causes perdues d’avances. S’il abandonnait tout, qui donc reprendrait sa place pour faire son travail ? Il eut un regard vers son ami qui était assit juste à côté de lui. A n’en point douter, Zach était de cette sorte de personne qui comme lui se lançait dans ses entreprises sans le moindre besoin de reconnaissance ou d’enrichissement personnel, des personnes totalement désintéressées qui ne cherchaient que le bienêtre d’autrui, mais il était encore jeune, et il fallait qu’il profite encore un peu de la vie avant.
Profiter de la vie, voila bien quelque chose auquel lui-même aspirait depuis des années. Il avait toujours pensé que c’était le cas, jusqu’à ce que sa route croise celle d’une jeune femme mystérieuse et déroutante. A partir de ce jour là, il s’était étonné à avoir à son tour de plus en plus de pensées individualistes, reportant parfois la lecture d’un dossier important pour répondre à un appel téléphonique de sa part, passant ses quelques rares heures de sommeil à écouter les musiques qu'ils s'échangeaient. L’état dans lequel cette relation le plongeait bien malgré lui et qui il va sans dire lui procurait beaucoup de plaisir et de joie, le mettait également dans un trouble certain. Il n’avait jamais envisagé de faire passer sa vie personnelle avant son travail ou ses obligations, mais aujourd’hui, il se surprenait même parfois à éprouver l’envie de tout plaquer pour la rejoindre. Ce sentiment dangereux l’inquiétait, mais ça il n’osa pas en parler à Zach, trop amusé de le voir lui-même amusé lorsqu’il évoqua cette étrange histoire qui lui arrivait. C’était sans doute la première fois qu’il parlait à son ami d’autre chose que d’une aventure sans lendemain, et sa réaction le fit sourire, tout comme ses commentaires.
Comme souvent chez les personnes en couple depuis longtemps, Zachary avait la leçon facile, comme si à vingt et un ans il avait tout compris des relations amoureuses, ce qui était dans le fond assez amusant, et pas totalement faux non plus. Bien sur la distance ou leurs travails respectifs n’étaient en rien des obstacles insurmontables, mais il y avait entre eux des choses bien plus complexes que ça. Des idéaux divergeant par exemple, le fait qu’il soit sorcier et elle non, la guerre possible entre leurs deux groupes, l’homme qu’il avait tué… de plus, il hésitait beaucoup à lui parler d’elle pour la simple et bonne raison, et ça il n’y pensait que maintenant, qu’elle avait peut être d’une façon ou d’une autre pris part à son enlèvement, voir même à sa longue détention. Ils n’en avaient jamais parlé ensemble, et maintenant qu’il y pensait, un doute terrible s’emparait de lui. Est-ce que la femme avec qui il avait cette relation était une des personnes responsables des malheurs de Zach. Cette idée lui était insoutenable, et pourtant, elle ne lui paraissait pas improbable. Après tout, la jeune femme était parmi les plus proches de Barbosa. Bien décidé à lui parler de ça dès qu’il la verrait, il se rendit alors compte que son ami, tout sourire, attendait une réponse à ses questions. Prenant une profonde inspiration et guettant sans le montrer les réactions de son ami, il reprit la parole, incapable de ne pas sourire à l’évocation de son nom.


« Elle s’appelle Thalya, et elle est mécanicienne… » Aucun froncement de sourcils sur le visage du jeune homme, aucun signe. Peut être ne lui avait-elle jamais fait de mal en fin de compte, peut être même ne s’étaient-ils jamais rencontré pendant son incarcération au Bastion. Plus détendu, Khaaleb reprit. « On s’est rencontré au mois de juin dernier au Nouveau Mexique sur la route 66…oui je saaais c’est cliché pas la peine de faire cette tête !! Je suis tombé en panne, elle m’a aidé, je lui ai payé un verre, enfin beaucoup de verre, mince c’était une sacré addition en fait maintenant que j’y pense !! Et le reste comme on dit…it’s history !! Si tu vois ce que je veux dire … » dit-il en souriant d’un air entendu. « On s’est revu quelques fois, principalement chez moi au canada. C’est une femme…je ne sais pas… » Et il prit une profonde inspiration. «…une femme comme tu en vois une seule fois dans ta vie je crois. Elle me rend dingue t’as pas idée, mais elle est incroyable… attends regarde un peu…» Sortant de sa poche son téléphone portable, le loup chercha quelques instants une photo de la jeune femme avant de tendre l’appareil à son ami. Le cliché les montraient tous les deux au bar où il l’avait amené pendant une de ses visites dans le grand nord, la lumière n’était pas terrible, et lui-même faisait une tête affreuse, mais son sourire à elle était comme nul autre pareil, et rien que de le voir maintenant, tous les doutes qui lui serraient le cœur semblaient s’en retourner. Récupérant son téléphone, il le verrouilla et le glissa à nouveau dans la poche de son jean. « Pas trop mal non ? Disons que je profite tant que je le peux… tu as raison quand tu dis que la distance n’est sans doute qu’un prétexte, mais il y a certaine chose qui ne sont pas aussi facilement surmontable… tu connais la loi des meutes presque aussi bien que moi, et tu sais comme moi que ça ne peut être que temporaire…sauf si… »

Khaaleb ne termina pas sa phrase. Il n’avait pas envie de la finir et de toute façon, il savait que Zach avait compris là où il voulait en venir. Les loups n’acceptaient que leurs semblables et rien d’autre parmi les leurs, et jamais il n’aurait le cœur à ne serait-ce que de penser à l’idée de transformer Thalya, ou quiconque d’ailleurs. Même si contrairement à la grande majorité des membres de sa communauté il aimait être loup, jamais il n’aurait la force d’imposer ça à quelqu’un, même à son pire ennemi. Pour cette raison, il luttait plus que tous les autres contre les loups qui s’obstinaient à rester dans une dynamique arriérée de transformation par morsure.
Cherchant à détourner la conversation d’un sujet qui le mettait mal à l’aise, il s’inquiéta donc de l’absence de Livie, la petite amie du jeune dragonnier. Lui-même ne connaissait pas beaucoup la jeune femme et ne l’avait croisé qu’en compagnie de Zach en de rare occasion, mais à chaque fois il avait pu constater que les deux jeunes personnes étaient très épris l’un de l’autre. Soudain intrigué, il écouta les parole de son ami avec attention, sans jamais l’interrompre. Le jeune homme, au début discret, se laissa de plus en plus aller, expliquant pourquoi il avait décidé de se retirer de la civilisation, et donc de ne pas rester avec Livie ou avec son oncle qui vivait à Boston. Le loup comprenait parfaitement la démarche de son ami, même, s’il avait pu ou s’il l’avait vu avant son départ pour le Montana, il l’aurait même encouragé à se réfugier dans un endroit apaisant pour reprendre des forces tranquillement.

La question qu’il lui posa le surpris autant qu’elle l’ému. Le jeune garçon était vraiment quelqu’un de bien, quelqu’un qui fait passer le bonheur des autres avant le sien propre.

« Non, je ne pense pas que tu sois égoïste, au contraire Zach, je pense que tu as parfaitement le droit de ressentir le besoin de venir ici et de t’éloigner du reste, après tout ce que tu as traversé. Et puis ce n’est pas comme si tu étais parti à la seconde même où tu étais sorti du Bastion… De la même façon, tu n’as jamais demandé à Ernie ou à Livie de t’aider comme ils l’ont fait, ou d’épuiser leurs congés ou je ne sais quoi…ils l’ont fait parce qu’ils t’aiment, parce qu’ils tiennent à toi…je suis persuadé qu’ils comprendront. »
Finit-il avec une voix incroyablement calme et douce qui se voulait rassurante.

Il comprenait parfaitement le sentiment de culpabilité que devait ressentir son ami à cet instant précis, mais il devait bien comprendre qu’il n’était en rien responsable de ce qui arrivait à ses proches, du moins pas volontairement. Lui-même avait vu récemment le fabricant de baguettes, et il est vrai que ces derniers mois avaient durement marqué l’artisan, mais quelque chose lui disait que ce n’était pas uniquement du fait de la disparition de son neveu. Il gardait bien sur en mémoire l’implication bien malheureuse d’Ernie Beller dans la trahison de Sofia, et ce qu’il avait fait pour éviter que le pire ne se produise. Après une très rapide réflexion, il se rendit compte que la GMA n’avait jamais vraiment prit le temps de remercier le fabriquant de baguettes pour ce qu’il avait fait pour eux, et il se promit intérieurement d’aider personnellement l’homme pour rembourser cette dette.

Sortant de ses réflexions, Khaaleb regarda le jeune homme qui se trouvait à côté de lui et il comprit qu’il y avait quelque chose d’autre qui le tracassait, quelque chose qui dépassait tout ce qui lui était arrivé ces derniers mois et qui touchait directement sa relation avec sa petite amie.
Soudain l’air grave, croisant les bras sur sa poitrine, il l’écouta lui parler de la jeune femme et de ses problèmes dont il n’avait jusqu’alors pas la moindre idée, preuve que chaque personne est toujours bien plus complexe qu’on ne le pense de prime abord. Ainsi donc Livie était une sorcière qui acceptait mal son appartenance au monde magique, ce constat attrista le grand loup car il n’était pas unique, loin de là, surtout dans l’état actuel de leur société, mais ce qui préoccupait beaucoup plus le magicozoologiste qu’il était de formation, c’était ce que Zach était en train de lui faire comprendre et de lui dévoiler. Livie refusait bien plus que son appartenance au monde magique, elle refusait ses pouvoirs, et il était bien placé pour savoir les dangers d’une telle démarche. Il sentit une inquiétude lui serrer les entrailles, pourtant, il décida de ne rien laisser paraitre, en tout cas pas pour le moment, pas temps que le jeune homme avait encore besoin de parler et de s’ouvrir ainsi. Le directeur du DCPCM n’était pas un spécialiste des Obscurus, mais lui et son département avait du à plusieurs reprises ces dernières années faire face à des cas un peu partout sur le territoire des Etats Unis, allant parfois jusqu’à s’introduire dans des zones interdites afin de sauver les pauvres personnes qui se retrouvaient involontairement l’hôte de cette créature terrible et dangereuse, autant pour son porteur que pour son entourage. Plusieurs campagnes de sensibilisation avaient été menée par le ministère à son initiative, mais comme souvent les gens s’obstinaient à ne pas écouter. De plus en plus de sorciers, vivant dans la peur de la persécution, faisait tout pour cacher leur magie, jusqu’à parfois atteindre un état catastrophique, surtout lorsqu’ils transmettaient cette peur maladive à leurs enfants. Vu l’âge de Livie, elle était trop âgée pour développer un Obscurus, mais il faudrait malgré tout surveiller ça de très près, comme il aurait aimé le faire avec Saevus Yaxley avant que ce dernier ne disparaisse de la circulation. A sa connaissance, il était le premier cas de sorcier à qui on aurait supposément arraché la magie, mais au vue des révélations qu’était en train de lui faire le dragonnier, l’ancien leader des Partisans ne serait certainement pas le dernier. Khaaleb, de part sa fonction, avait déjà entendu des rumeurs via des enquêteurs du ministère à propos d’expériences contre nature réalisées sur cobayes humains au sein même des laboratoires Yaxley, mais ils n’avaient jamais réussi à rassembler assez d’indices et de preuves pour ouvrir un dossier et lancer une perquisition. Il sentit un frisson le parcourir, mais resta d’un sérieux à toute épreuve. Tout ce que son ami était en train de lui révéler dépassait les pires craintes du ministère et le révoltait, tout simplement. Il était incroyable de constater à quel point l’homme se croit toujours supérieur au monde, à la nature pour pouvoir jouer ainsi avec ses lois. Il fallait absolument agir contre cela, avant qu’il n’y ait des retombées lourdes de conséquences pour eux tous. Cette intrigue lui rappelait d’ailleurs vaguement le synopsis d’un vieux film de super héros qu’il aimait bien regarder à sa sortie mais il était en réalité vraiment pas terrible (je veux bien sur parler de X-men l’affrontement final sorti en 2006). Malgré les réflexions qui tournaient à vive allure dans son esprit, le loup écoutait toujours le jeune homme qui s’était levé et qui lui faisait à présent face, appuyé sur la balustrade en bois. Il le sentait perdu, incapable de trouver une issue à l’état de doute dans lequel il était, et bien qu’il aurait voulu l’aider, lui-même ne savait pas qu’elle était la solution à tout ces problèmes auxquels il ne se sentait pas étranger. Mais quoi que puisse en dire Zach, quoi qu’il fasse ou envisage, Khaaleb savait que la seule personne qui avait aujourd’hui le pouvoir d’aider Livie, s’était elle-même. C’était à elle d’accepter celle qu’elle était par nature, et de vivre avec. Il savait pourtant que quoi qu’il en dise, le jeune dragonnier ferait tout pour aider sa petite amie, et ce quelque soit son choix, même si ce choix détruisait l’amour qu’il y avait entre eux. Tout simplement parce qu’il était comme ça, quelqu’un de bien.

Mais beaucoup de gens se trouvaient aujourd’hui dans le cas de Livie, et tous n’avaient pas la chance d’avoir quelqu’un comme Zachary dans leur vie pour les aider et les soutenir. Le fait que les laboratoires Yaxley cherchaient entre deux expériences à contrôler comme des dieux la présence ou non de magie chez un individu, et que supposément, les inquisiteurs y soient arrivés par il ne savait quel moyen, le plongeait dans une inquiétude profonde. Vers quoi est ce que tout cela allait bien les mener ? Une nouvelle phase de l’évolution vers une nouvelle forme d’eugénisme ? Une résolution du problème sorcier par l'éradication de ce problème ? Tout cela n’avait décidément aucun sens, en tout cas pas pour lui.
Les sourcils froncés, le regard perdu dans le vague, il avait posé son menton dans le creux de sa main, passant un de ses doigts le long de sa moustache dans un autre tic de réflexion. Zach avait raison, il était plus qu’urgent de vérifier si oui ou non les inquisiteurs possédait cette technologie capable de les priver de leurs pouvoirs, mais surtout quelles étaient les réelles conséquences d’une telle invention.
Entendant les dernières questions de son ami, Khaaleb releva les yeux vers lui et croisa un regard inquiet, plein de doute et même de colère. Pendant quelques secondes, peut être même une minute, le grand loup réfléchi en silence, essayant de trouver dans son esprit la meilleure réponse possible à lui donner. Mais au bout d’un moment, il souffla profondément et se pencha en avant, prenant appui sur ses deux coudes qu’il posa sur ses genoux. Il regardait à nouveau le paysage devant lui.


« Je ne sais pas… » Silence à nouveau, lourd. Au loin, le rapace émit un cri strident. Son regard était dur, à la fois plein de désillusion et pourtant d’un feu lointain qui n’attendait que de se réveiller. « Je ne sais pas comment le monde est devenu un tel merdier, ni depuis quand. J’ignore si c’est de notre fait, ou si dans le fond il n’a pas toujours été comme ça, et j’ignore s’il y a vraiment une issue à tout ça. » Il prit une profonde inspiration et souffla longuement. Sa voix était calme, profonde. « Je pense que l’Homme est tout simplement un être trop complexe pour être compris, trop individualiste pour accepter ce qui n’est pas lui, trop intelligent pour sa propre sécurité, et donc trop con pour sa propre survie. Regarde, depuis la nuit des temps nous avons chercher des prétextes de nous faire la guerre, parce que c’est tout ce que c’est, la couleur de peau, la position géographique, les richesses, la présence ou non de magie, des prétextes… J’ignore si les Inquisiteurs ont réellement le pouvoir de nous arracher le notre, mais tu vois, je ne pense pas que ce soit la question qu’il faille se poser… la bonne question s’est : pourquoi est ce qu’ils pensent nécessaire de nous l’enlever ? Pourquoi est ce qu’eux, eux et les laboratoires Yaxley, mais je suis persuadé que ce ne sont pas les premiers ni les derniers à essayer une telle entreprise, pourquoi essayent-ils d’arriver à ça ? On pourrait se dire le pouvoir, mais je n’en suis pas convaincu… Non, je pense que c’est la peur, la peur encore et toujours, qui est à l’origine de tout cela. La peur de la différence bien sur, et donc l’ignorance de l’autre aussi, l’impossibilité de contrôle. Nous sorciers sommes capables des plus grandes merveilles comme des pires désastres, mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que ce n’est pas propre à la magie, mais à n’importe quel être humain. Une mitraillette dans une école tue aussi bien qu’une baguette, le sourire d’une personne qu’on aime donne autant de bonheur sinon plus qu’un élixir d’Euphorie. Je pense qu’un des problèmes vient du fait qu’on n’arrive jamais vraiment à s’accepter soi-même, tel qu’on est, et que notre système politique et éducatif ne fait rien pour arranger ça… » Il se tu un instant et regarda son ami avec un sourire un peu triste. « Je suis désolé, tout ça n’est ni très heureux, ni très encourageant… et j’ignore s’il viendra un jour des hommes meilleurs pour se souvenir de ce qui compte vraiment. Je n’ai pas de solution à apporter à tes questions, tout simplement parce que je me pose les mêmes. Pourtant… » Et là sa voix se fit plus grave, plus assurée. « Pourtant je crois qu’il est important de ne pas se laisser submerger par nos questions ou par nos doutes. Je crois qu’il faut agir, agir à tout prix pour ce qui nous parait juste, pas parce que la société nous le dit mais parce qu’on le ressent au fond de soi. Dans le fond, nous ne sommes pas grand-chose face à tout ça… » Dit-il en montrant le paysage immense et la nature qui s’étendait à perte de vue face à eux. « Mais au-delà de toutes ces belles paroles, je pense surtout que, malgré la noirceur que peut développer l’être humain dans son obstination à l’autodestruction, il y a du bon dans ce monde, même en nous, et ça vaut la peine de se battre pour ça. »

Khaaleb sentait son cœur battre dans sa poitrine avec force, et au fond de lui, il percevait une sorte d’excitation animale, comme si son propre discours avait réussi à le galvaniser, comme s’il avait réussi à s’auto convaincre et à se redonner une certaine forme d’espoir dont le contexte actuel le privait souvent.
Regardant son ami, il lui sourit avec sincérité, ressentant presque subitement une envie de rire.


« Mais si tu veux encore mon avis, tout ça est bien trop sérieux pour une discussion de retrouvailles, en particulier quand on a le ventre vide… tu sais bien qu’un loup ne peut pas réfléchir s’il n’est pas nourrit !! Et l’évocation de pâtes carbo tout à l’heure m’a ouvert l’appétit… »



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MessageSujet: Re: The place we call home - ft Zach   30.04.18 23:27


The place we call home
Zach & Khaaleb


Zachary avait été soulagé que Khaaleb ne s'offusque pas de le voir refuser l'aide qu'il lui avait apporté en venant jusqu'ici avec cette voiture dans l'espoir qu'il en fasse usage le temps que sa magie soit inopérante, afin de faciliter ses déplacements. Dans le fond, Zachary avait parfaitement conscience qu'il n'avait pas à s'inquiéter, Khaaleb n'étant pas le genre d'homme à se voir contrarié pour si peu c'était même tout l'inverse. Zach ne se retint cependant pas de faire la moue en entendant Khaaleb lui faire une promesse dont il était déjà prêt à le délivrer si tôt formulé. Bien qu'ayant toujours grandit dans une famille de sorciers et sorcier lui-même, Zachary avait toujours été fasciné par la technologie moldu qui éveillait son intérêt et sa curiosité lorsque cela concernait les moyens de communications ou encore les jeux en lignes... Un intérêt qui ne faisait que s'étioler si tôt que cela concernait certaines technologie qu'il jugeait envahissantes, bruyantes et polluantes vomme les automobile. Les gens ne savaient plus marcher, dès qu'il tombait un peu de pluie, ils préféraient prendre la voiture. Chercher du pain au coin de la rue ? Pareil. Pour Zachary qui avait toujours aimé marcher mais aussi voler sur le dos de Balham ou à balai, respirer l'air de la forêt par beau ou mauvais temps, … les voitures étaient la pire des inventions, même s'il se garda bien de le dire préférant revenir en riant sur une expression qui paraissait curieusement obscur à Khaaleb

- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans cette expression ? C'est parce que même si on te dis de ne pas toucher une flamme car ça brûle on fera quand même l'expérience pour s'en assurer ?

Parler avec Khaaleb lui faisait du bien, c'était très différent des fois où il se trouvait avec Livie ou même Ernie depuis son retour. Même s'ils ne disaient rien, il voyaient bien dans leur regard la peur de le perdre à nouveau, chez Ernie ce sentiment se manifestait par un débordement d'amour, il aurait pu lui demander absolument tout ce qu'il voulait, son oncle n'aurait pas hésité à se saigner les veines pour lui obtenir satisfaction. Chez Livie cette peur se traduisait différemment par de l'incompréhension et de la colère, c'était un peu comme si cette épreuve les empêchait désormais de se comprendre. Zachary n'avait aucune envie de parler de sa détention, prétextant qu'il n'y avait rien à dire et dans le fond c'était vrai. Tout d'abord parce qu'il voulait oublier et passer à autre chose, mais également parce qu'il ne souhaitait pas leur mentir. Il n'avait aucune envie de leur révéler qu'il avait retrouvé son père. Que ce même homme s'était joué de sa mère et qu'il l'avait séduit dans le seul but d'obtenir des informations, qu'il n'avait fait montre d'aucune pitié en le torturant et qu'il l'aurait probablement tué s'il n'avait pas aperçu sa tache de naissance avant que la lame de son couteau ne s'enfonce à nouveau dans la chaire et qu'il ne le laisse se vider de son sang dans d'atroces souffrance, oubliant par là-même que c'était lui, ce même homme que Septimus s'apprêtait à tuer sans la moindre pitié, qui lui avait sauvé la vie deux ans plus tôt dans les forêts du Montana. Cela n'aurait fait ajouter qu'à leur peine et à leur colère et ils n'avaient pas besoin de ça, et puis, comment pourraient-ils leur expliquer qu'il ne parvenait pas à haïr Septimus ? En réalité, Zachary n'arrivait pas à savoir ce qu'il éprouvait réellement pour cet homme qui lui inspirait autant de colère, de ressentiments, de crainte que de peine. Une part de lui le détestait profondément pour s'être ainsi joué de sa mère, il ne cautionnait pas non plus ses agissements au sein des Inquisiteurs, car il avait vu dans son regard, avant que Septimus ne comprenne qu'il était son fils, toute la haine, la cruauté et la folie dont il pouvait faire preuve à l'égard de ses prisonniers. Il n'avait pas non plus envie de parler de la peine qu'il éprouvait face à l'indifférence évidente de Septimus quand à son sort. Toutefois, malgré ça, une autre part de lui éprouvait de la sympathie pour toutes les épreuves que cet homme avait du traverser, lui qui était né dans une illustre famille de sorciers. Une famille qui l'avait rejeté parce qu'il était né cracmol, sans oublier la perte de sa femme dans d'atroces circonstances. Comment aurait-il réagit lui en pareille situation, il n'en savait rien et ne le saurait jamais, mais et bien qu'il ne pouvait cautionner ses agissements, bien qu'il éprouvait du ressentiment à son égard, il ne parvenait pas à le détester. Benjamin dirait que c'était de la faiblesse mais Zachary ne voyait pas les choses ainsi, même s'il était incapable de mettre un mot bien précis pour définir ce dont il s'agissait exactement. Et puis commencer à parler de Septimus, de ce secret qui ne devait surtout pas être éventé, s'était risquer de le faire éclater à tout moment, or Zachary ne tenait pas à ce que son secret se retourne contre son père, même s'il ne lui devait rien, et il voulait prouver à Camila que les sorciers pouvaient être digne de parole.
Que pouvait-il dire d'autre de sa détention ? Qu'il avait essayé de convaincre Camila Barbosa que sa vision n'était pas la bonne ? Que le combat elle menait n'était pas le bon ? Qu'il avait cherché à lui ouvrir les yeux ? A lui expliquer que le monde magique et non magique étaient complémentaires, qu'ils avaient besoin l'un de l'autre et qu'il ne fallait surtout pas en détruire un au profit de l'autre ? On le prendrait pour un illuminé ou un simplet de première. Non décidément, il y avait des choses qu'il préférait garder pour lui seul.

Le comportement de Khaaleb, était différent de celui de son oncle ou de Livie. Peut-être était-ce dû en grande partie au fait qu'il n'était pas aussi émotionnellement impliqué qu'ils avaient pu l'être, mais il n'y avait pas que ça. Zachary ne voyait pas se refléter dans son regard les sentiments de peur peur ou de pitié, en sa présence, il ne se sentait pas « différent » des autres, c'était même tout l'effet inverse. Entendre son ami évoquer ses propres doutes et se permettre de lui prodiguer quelques conseils lui faisait du bien et lui donnait sa sensation, même si ce n'était peut-être qu'une douce illusion, qu'il était normal et que ces derniers mois n'avaient en rien impacté sa relation avec les autres. Khaaleb était ce genre de personne que Zachary admirait et respectait car il agissait toujours en fonction de ceux qui e trouvaient sous sa responsabilité, c'était un roc inébranlable, un homme sur lequel on pouvait se reposer car on savait par avance qu'il ne faillirait jamais. Il avait beau se questionner, se remettre en question, ce qui de son point de vu était un preuve de sagesse, il suivait ses convictions et faisait ce qui était juste. Le sourire de Zachary s'était agrandit en découvrant que l'homme, un célibataire endurcit qui semblait appréciait sa vie telle qu'elle était, avait rencontré une femme qui était parvenue à lui faire tourner la tête et à monopoliser ses pensées. Elle devait être exceptionnelle pour parvenir à une telle prouesse (non je me lance pas des fleurs mais avoue que c'est vrai ;p). Indéniablement Zachary désira en apprendre plus sur cette mystérieuse femme car à présent, Khaaleb en avait trop dit, ou pas assez. Son ami ne fut pas difficile à encourager et très vite il lui parla de cette piquante brune qui s'appelait Thalya.
Thalya c'était un joli prénom, et il sentait qu'il lui allait bien. Un amusement évident traversa son visage en entendant le métier qu'elle exerçait. Mécanicienne. Il comprenait mieux ce qui l'avait séduit chez elle. Plus détendu Khaaleb lui parla de leur rencontre, et à la façon qu'il avait de lui parler d'elle, son regard qui s'illuminait toujours un peu plus étaient autant d'indications quand aux sentiments qu'elle parvenait à animer en lui. Malheureusement, comme toujours dans la vie, rien n'était simple et les sentiments aussi fort soient-ils, ne permettaient pas toujours à une relation de tout affronter et ce, bien que Zach était un incurable romantique et qu'il désirait le croire. Ce qui les opposait ne se limitait pas à un problème de distance ou de boulot mais plutôt d'anciennes coutumes et pas n'importe lesquelles, celles ancestrales des loup-garous qui existait depuis la nuit des temps, et pour avoir fréquenté la communauté lycanthropique qui vivait dans le Montana, Zachary savait que c'était quelque chose qu'il fallait prendre très au sérieux. De toute évidence, Khaaleb s'était épris d'une simple moldu et bien que cela n'aurait dû avoir aucune importance qu'elle soit moldu, sorcière ou loup-garou, du moment qu'elle le rendait heureux, après tout n'était-ce pas ça le plus important, Zachary savait très bien que la réalité était loin d'être aussi simple d'autant plus compte tenu de la position de Khaaleb au sein de la GMA. L'homme ne pouvait se dérober à cette obligation sans risquer de perdre en crédibilité. La fameuse Thalya était-elle au courant de tout ça ? Leur relation étant encore récente, Zachary en doutait de plus si tel était le cas, Khaaleb, ne semblerait pas aussi tiraillé. Quelle serait sa position ? Etait-elle prête à bouleverser toute sa vie par amour ? Ce n'était pas une question facile car il n'y avait rien de romantique à devenir un loup-garou, bien que pour Zachary la question ne se posait même pas. Il n'y avait pas à réfléchir lorsque l'on rencontrait l'amour de sa vie. Malheureusement, tout le monde ne partageait pas son point de vu et il pouvait le comprendre car une fois qu'on acceptait de devenir un loup, il n'y avait plus de retour en arrière possible. On s'engageait à accepter de devenir un paria de la société aussi bien magique que non magique. Les mentalités commençaient à changer à leur égard, sans quoi, jamais Khaaleb n'occuperait le poste qu'était le sien au ministère, mais il restait encore une exception. Il y avait encore beaucoup de travail à faire dans ce sens, et rien n'était simple pour un loup-garou. Zachary garda un silence qui se voulait respectueux. Il n'avait rien à dire de toute manière, il n'était pas dans sa situation et ne pouvait pas se permettre de juger à sa place, tout ce qu'il espérait c'est que le moment venu, Khaaleb ne serait pas contraint de choisir entre cette femme qui semblait le rendre heuruex et la meute.
De toute évidence Khaaleb n'avait pas plus envie que lui de s'étendre sur le sujet, c'est pourquoi il fut bien heureux de l'entendre en changer même si le sujet de conversation qu'il avait choisit d'aborder pour passer à autre chose, lui avait tiré une légère grimace.
Parler de Livie n'avait jamais posé le moindre problème à Zach, bien au contraire, dès qu'il s'agissait d'elle, il était intarissable. Elle avait toujours été son sujet de conversation préféré mais depuis son retour les choses avaient quelque peu changé. Il l'aimait toujours autant, c'était un fait indéniable et il l'aimerait probablement jusqu'à son dernier souffle, après tout, elle avait été son premier grand amour et on n'oubliait pas son premier amour, mais en ce moment, il n'avait plus la force de se battre avec elle ou de l'épauler pendant ses moments de doutes ou de désarroi. Il aurait aimé être assez fort pour en être capable mais après ce qu'il venait de traverser comme épreuve il avait besoin de se concentrer sur lui et uniquement sur lui. Etait-il égoïste pour autant ? Pas aux dires de son ami dont les paroles rassurantes porté par une voix douce et chaleureuses parvinrent à le réconforter quelques peu sur ce point. Des paroles qui lui firent le plus grand bien et pour lequel il lui adressa un sourire reconnaissant.

Zachary aurait pu se contenter de répondre à Khaaleb en restant général, en évoquant le fait que Livie ne pouvait plus prendre de vacances puisque ses congés avaient été épuisé et d'en rester là, surtout sachant que Khaaleb n'aurait jamais demandé à en savoir plus, mais Zachary avait besoin de parler de ce que Livie vivait au quotidien et des retombées indirect que cela avait sur lui, et il savait qu'il trouverait en Khaaleb, l'oreille attentive dont il avait besoin. Depuis qu'il le connaissait, Zachary avait apprit à découvrir en Khaaleb un homme fiable, qui ne portait aucun jugement. Il était toujours à l'écoute de ses proches, et quand il écoutait, il ne le faisait pas d'une oreille distraite avant de balancer des banalités plus affolantes les unes que les autres. Il écoutait toujours scrupuleusement, d'une oreille attentive et sans vous interrompre ce qu'on désirait lui confier, puis lorsqu'il était sur que vous aviez terminé, il reprenait la parole en trouvant toujours les mots que l'on avait besoin d'entendre, même si on l'ignorait encore avant qu'il ne les prononce. Chacun de ses mots était toujours parfaitement pesé et réfléchit ce qui en faisant un homme qui avait toujours de bons conseils à offrir.
Zachary se sentait clairement dépassé par tout ce que vivait Livie et il n'avait aucun mal à l'avouer. Il avait fait de son mieux pour faire changer le rapport que Livie avait avec la magie, en essayant de lui faire redécouvrir toute la féerie qui l'entourait lorsque l'on s'ouvrait à elle, totu ce qu'elle pouvait lui apporter. La magie faisait parti intégrante des sorciers, la renier c'était renier une partie de soi. Plus Livie chercherait à brider sa magie, plus elle cherchait à nier son existence, plus cette dernière se manifesterait et deviendrait incontrôlable, en se manifestant de diverses manière, tel que faire claquer des ampoules, ou briser des fenêtres.... tous ces éléments incontrôlables se produisaient autour de la jeune femme uniquement parce que cette dernière refoulait sa magie. Zachary avait fait preuve d'énormément de patience en lui expliquant que son quotidien s'en verrait radicalement changé et bien si elle voulait bien accepter ce qu'elle était réellement. Elle pourrait définitivement se débarrasser de toutes ces manifestations incontrôlables qui se produisaient autour d'elle et qu'elle n'arrivait pas à contrôler si elle s'acceptait enfin mais Livie était butée et les traumatismes de l'enfance ne s'effaçait pas comme ça. Zachary n'était pas sans savoir qu'elle avait énormément souffert des exigences de son père qui voulait en faire une sorcière irréprochable et puissante. Elle et sa mère étaient parvenues à fuir son emprise grâce au Dôme qui le gardait désormais éloigné loin d'elles , en Angleterre, mais les choses ne s'étaient pas arrangées pour autant puisque Livie dû apprendre à vivre avec une mère qui ne voulait plus rien à voir avec le monde de la magie, finissant de la complexer définitivement et répercutant sur sa fille cette répulsion qu'elle éprouvait désormais à l'égard du monde magique. Quand à lui avec sa chasse au Wendigo il n'avait pas arrangé les choses. Zach savait qu'il avait sa part de responsabilité mais il avait conscience que le mal-être de Livie provenait surtout de ses parents plus que de lui.
Mais au lieu de l'écouter, au lieu de lui faire confiance, Livie n'avait rien trouvé de mieux à faire que de jouer les cobayes pour les laboratoires Yaxley. Il l'avait découvert ici alors qu'ils étaient censés passer un petit week-end romantique. C'était la première fois depuis leur retrouvailles, qu'ils se disputaient tous les deux. Il avait éprouvé un sentiment de colère et d'incompréhension la plus totale à la voir s'obstiner ainsi à renier cette partie intégrante d'elle. Non pas qu'il ne pourrait pas l'aimer sans ses pouvoirs magiques puisque pour lui ça ne faisait strictement aucune différence, mais réaliser à quel point Livie était tellement obnubilée par ce besoin viscérale de se débarrasser de ses pouvoirs qu'elle s'était jetée tête la première dans des expériences qui n'étaient pas normales, sans se soucier le moins du monde des répercussions que cela pourrait avoir sur sa santé ou plus tard sur celle de leurs enfants, le dépassait totalement. Il était parvenu à lui faire faire marche arrière, à renoncer à ce projet complétement fou qui était probablement le seul espoir qu'elle avait de se débarrasser de ce qu'elle haïssait tant en elle . Mais, et bien qu'il était soulagé de la voir faire machine arrière, le problème lui, était toujours là, et il avait peur qu'à la longue, elle ne finisse par le détester et le lui reprocher. Cette décision aurait dû venir d'elle, parce qu'elle en avait envie et non pas parce qu'elle se sentait obligé. Pourquoi les gens étaient-ils si compliqués ? Pourquoi cherchaient-ils absolument des ennuis ou des complications là où il n’y en n’avait pas ? Etait-ce si difficile de savourer ce que l’on possédait ? Zachary n’avait jamais eu de problème pour profiter de chaque instant que la vie lui offrait mais depuis qu’il avait été privé de sa liberté, il chérissait chaque moment un peu plus si c'était possible.

Un sourire triste fendit ses lèvres. Zachary appréciait la sincérité désarmante avec laquelle Khaaleb lui répondait. Le loup et c'était probablement l'une des raisons pour laquelle Cecil en avait fait son homme de confiance, son Geri, ne cherchait pas à avoir réponse à tout. Il savait reconnaître lorsque quelque chose le dépassait et qu'il n'avait pas la réponse à ses questions ou la solution à un problème, même si dans le cas présent, Zachary aurait préféré entendre une autre réponse. Etait-il surpris ? Aucunement, si c'était aussi simple il y a bien longtemps qu'il n'y aurait plus de problèmes et que tous vivraient dans le meilleur des mondes. Alors qu'il écoutait Khaaleb lui donner son avis sur sa propre vision des choses, il se rendit compte qu'entendre quelqu'un garder une vision optimiste de l'homme et ne pas tout peindre noir avait quelque chose de réconfortant. L'homme a toujours été et sera probablement toujours le pire des animaux, il n'en n'existait pas d'aussi destructeurs, mais a contrario si l'homme était capable des pires choses il était également capable de grandes choses. Khaaleb était toutefois parvenu à l'intriguer en le corrigeant. Selon lui, la question qu'il fallait se poser n'était pas de savoir si les Inquisiteurs avaient réellement la capacité de les priver définitivement de leurs pouvoirs mais plutôt pour quelle raison ils jugeaient comme étant une nécessité de devoir le leur retirer. Un pauvre sourire se dessina sur ses lèvres, il aimait la façon que Khaaleb avait de voir les choses. Pourquoi jugeaient-ils nécessaires de leur retirer leurs pouvoirs ? Les exemples ne manquaient pas malheureusement. Entre les atrocités commises par Yaxley et consorts qui ont aboutit à la destruction de la Californie et à la révélation du monde magique aux moldus, la levé du Dôme, la puissance de l'ancienne magie, et bien avant encore les actes commis par Lord Voldemort et ses mangemorts en Europe, il fallait reconnaître que cela ne véhiculait pas une image très engageante de leur communauté. Et c'est pourquoi il avait raison de dire que c'était la peur l'inconnu, de ce qu'ils ne connaissaient pas qui les poussaient à réagir de manière négative.

Zachary partageait son point de vu, ce n'était pas parce qu'ils étaient dotés de magie qu'ils étaient pour autant plus dangereux qu'un moldu. Dès lors qu'un homme, qu'il soit un mage ou un non mage, était décidé à commettre un massacre, il y parvenait, quelques soit les armes qu'il possédaient et les faits divers que l'on pouvait retrouver dans les journaux étaient là pour le leur prouver, au même titre que les livres d'Histoire. Ce constat n'avait rien de très réjouissant pourtant malgré tout, Khaaleb était parvenu à apaiser ses doutes, sa colère et sa frustration. Etait-ce dû à sa voix rassurante ? A son bon sens ? Peu importait dans le fond, mais Khaaleb avait raison. Il ne servait à rien de se laisser envahir par nos questions et nos doutes car personne ne pouvait apporter de réponses toutes faites à des questions qui n'avaient pas de réponses et qui ne dépendaient pas de nous. Ce qu'ils pouvaient faire en revanche s'était de continuer ainsi, à leur modeste petite échelle, en faisant ce qui leur paraissait juste. Ils ne changeraient probablement pas le monde mais au moins, ils ne l'empireraient pas, quoi que ce n'était peut-être pas tout à fait juste concernant son ami ici présent. Khaaleb était un homme important et il le sentait dédié à de grandes choses pour l'avenir du pays et de la GMA. Zachary avait beaucoup de respect pour Cecil et ses idées, le Marrok était un bon Leader la preuve en était, il savait s'entourer de personnes fiables et de confiances ce qui en disait long sur lui, Khaaleb, son Geri était là pour le prouver. Cecil ne pouvait pas rêver de meilleur bras droit pour le seconder dans sa lourde tâche, pourtant plus Zachary échangeait avec Khaaleb, plus il parlait avec lui et plus il avait la sensation que cet homme qui se tenait à ses côtés, aurait un jour un rôle très important à jouer dans l'avenir politique de leur pays. Contrairement à son frère, Khaaleb n'était pas quelqu'un d'ambitieux, il ne briguait pas les postes clés du pouvoir et c'était justement ce qui faisait toute la différence avec les autres politiciens. Khaaleb n'agissait pas en son nom pour asseoir ses propres ambitions et parvenir à ses fins mais pour le bien de tout le monde. Faire au mieux c'était la sa seule motivation

Un léger rire franchit les lèvres de Zachary lorsque le loup lui réclama le diner qu'il lui avait promis. Khaaleb avait raison, c'était une discussion bien trop grave et sérieuse qu'ils avaient entamé là et peut-être la reprendraient-ils un jour mais pas ce soir. Peut-être même que si le moment venu Zach éprouverait le besoin de partager le secret de sa filiation ce serait avec cet homme qu'il le ferait, mais pour l'heure, il était plus que temps de chasser tous ces problèmes que la vie se faisait un malin plaisir à dresser sur leur chemin, ils devraient de toute manière y faire face bien trop tôt,... mais pas ce soir.
Se levant de sa chaise, il s'étira en tendant ses bras vers le ciel aussi loin qu'il le put avant de lui faire signe pour qu'il le suivre à l'intérieur du chalet, pendant qu'au dehors, le jour continuait de décliner impitoyablement. Connus pour leurs solides appétits, à eux deux, nul doute qu'après leur passage, les vivres, pâtes et lardons en particulier, allaient décliner de manière drastique


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Avec les animaux il en va souvent comme avec les gens : on reçoit en fonction de ce que l'on a donné
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The place we call home - ft Zach

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