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 Bons baisers de Rome - ft Armand

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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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ϟ Messages : 557 ϟ Date d'inscription : 21/06/2016 ϟ Disponibilité RP : 1x par semaine ϟ Célébrité : Karina Lombard ϟ Crédits : pinterest

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MessageSujet: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty18.10.17 20:13


Bons  baisers de Rome
ft Armand et Anahia


Ouvrant la fenêtre, la jeune femme porta la main au loquet en métal qui maintenait les volets en bois fermés et poussa les deux panneaux vers l’extérieur, laissant la lumière de cette fin de matinée entrer dans la chambre. La fraicheur de janvier vint lui mordre la peau et hérisser les poils de ses bras, pourtant, elle n’en éprouva aucune gène. Le froid ici n’avait pas de prise sur elle. Même si elle était parti depuis maintenant plusieurs années, elle n’en restait pas moins une fille du Nord, née et élevé dans la neige et sur la glace. Posant les coudes sur la petite rambarde, elle leva les yeux vers le ciel qu’on pouvait voir entre les immeubles qui encadrait la petite cour pavée. Là bas au loin, l’azur italien s’étendait sans aucune trace de nuage. Le ciel ici était bien différent, il était d’un bleu unique, profond, et elle s’abandonnait régulièrement dans sa contemplation.
Un bruit de porte se fit entendre dans la cours, ce qui attira son attention. Baissant les yeux, elle vit l’Alberto, un vieux rital rond comme un tonneau qui tenait l’Albergo del Sole sortir avec un bol à la main et le poser sur le sol. Immédiatement, deux gros matous arrivèrent au pas de course et plongèrent tête la première vers le repas que leur maitre leur apportait. Plus haut, par une fenêtre ouverte, elle pouvait entendre les voix des personnages d’un vieux feuilleton qu’une vieille nona regardait toute la journée. Elle poussait toujours le volume au maximum, permettant à tous les habitants du bloc de ne pas perdre une minute des aventures trépidantes de Marcelo et de sa petite bande. Tournant la tête, elle vit la jolie voisine étendre ses dessous sur la corde à linge qui s’étendait à sa fenêtre, ce qui semblait être au goût du fils de la concierge qui ne perdait pas une miette du spectacle.
Souriante, Anahia se recula et ferma la fenêtre. Se tournant vers le lit, elle prit une profonde inspiration, et entreprit de remettre un peu d’ordre dans les draps et les coussins. Depuis quelques temps, elle prenait un soin tout particulier à garder pour elle ses penchants bordéliques, se pliant aux habitudes quelques peu rébarbatives du jeune homme qu’elle fréquentait. Pas qu’elle perdit non plus deux heures à faire un lit au carré, mais au moins la couette était étendue sur le lit, et non plus roulée en boule dans un coin. Ouvrant le peignoir qu’elle avait enfilé en sortant de son bain, elle le laissa glisser sur son corps aux courbes douces et harmonieuses et l’accrocha à un crochet qui était fixé dans le mur. Agrafant un soutien-gorge et se glissant dans une culotte à dentelles noires et fines, elle passa une robe noire à fine bretelle qui menait en valeur sa silhouette gracile. Puis elle se rapprocha d’un grand miroir qu’elle avait installé dans la pièce et retira la serviette qu’elle avait enroulée autour de ses cheveux mouillés. Ces derniers tombèrent en cascade noire sur son épaule, et à l’aide de sa baguette qu’elle récupéra sur la commode, elle entreprit de les sécher. A son arrivée en Italie, elle avait immédiatement adopté le style en présence et à l’aide d’un sortilège, les avait fait boucler, ce qui lui permettait, lorsqu’elle portait des lunettes de soleil afin de cacher ses yeux en amande, de passer pour une vraie femme du cru. S’enveloppant dans un châle, elle alla vers sa table de nuit et en sorti un petit carnet de note. La couverture de celui-ci était faite en cuir rouge sombre et ne portait aucune inscription, autres que celles laissées par le temps et les voyages. Après avoir trouvé un stylo dans le même tiroir, la jeune femme sortit de la chambre et se dirigea vers la seconde pièce que comptant son nouveau lieu de vie, à savoir le salon. L’appartement dans lequel elle logeait n’était pas très grand, mais même si elle en avait été quelque peu déçue dans les premiers temps, elle devait bien reconnaitre qu’il était parfait tant par le charme qui s’en dégageait que par sa situation géographique. Et puis l’immeuble dans lequel il se trouvait avait l’avantage d’avoir deux entrées, ce qui était plutôt pratique lorsqu’on y entretenait une relation tout à fait secrète et défendue. Arrivant dans la petite cuisine qui donnait sur le salon, Anahia versa dans une théière l’eau brûlante qu’elle venait de faire bouillir et après avoir récupéré son paquet de cigarettes, elle s’en servit une tasse fumante. Puis, avec avoir vérifié qu’il ne lui manquait rien, elle la porte fenêtre et sortit sur le balcon.
Posant la tasse, les clopes et le carnet sur la petite table en fer forgée blanc qu’elle avait fait installée là, elle tira vers elle une chaise et s’y assit, savourant le contact du soleil sur sa peau matte. Ici, l’ambiance était bien différente que dans la petite cour arrière : malgré le fait que la journée ne fut pas encore très avancée, le bruit et l’effervescence y étaient déjà présent en force. L’appartement où elle logeait était situé au deuxième étage d’un immeuble ancien, au 67 piazza della Rotonda, en plein milieu du quartier historique, même s’il était un peu ridicule de parler de quartier historique dans une ville comme Rome. L’immeuble n’était pas très haut, trois étages tout au plus, et ressemblait à la plupart de ceux qui occupaient la place. Les façades étaient lisses, simples, aux couleurs allant de l’orange au bleu pastel. La porte qui permettait d’entrer dans l’immeuble était coincée entre une petite boutique d’impression photo et la trattoria Agrippa, un attrape touriste dans lequel elle avait toutefois désormais ses habitudes.
Après avoir allumé une cigarette, elle laissa son regard aller à travers le tableau qui s’offrait à elle. Ici et là, des touristes marchaient, parlaient, se prenaient en photo, montaient dans les calèches qui n’attendaient qu’eux, les yeux plus rivés sur leurs Smartphones que sur les merveilles qui les entouraient. Tout ce monde la fascinait, et elle pouvait passer des heures à les regarder se dandiner autour de la fontaine. La dite fontaine était tout à fait particulière, car outre la base qui était tout simplement moche et sans grand intérêt, elle était constitué d’un très ancien obélisque égyptien, surplombé d’une croix en fer doré. L’image et les symboles qui s’en dégageaient lui avait tout de suite plu, bien plus en vérité sur le bâtiment imposant qui occupait tout une partie de la place et qu’elle pouvait voir en tournant le visage vers la gauche. L’édifice était reconnaissable entre milles, avec sa façade à l’antique et sa rangée de huit colonnes ouvrant sur une grande salle circulaire. Bien évidement, et comme bon nombre de touristes, elle s’était empressée à son arrivée d’aller visiter ce lieu emblématique qu’était le panthéon, mais outre la coupole et son oculus, elle avait été plutôt déçue part le style très classique qui s’en dégageait.

Apportant la tasse à ses lèvres, elle souffla longuement sur le liquide avant d’en boire une toute petite gorgée. Même si cela faisait déjà quelques semaines qu’elle avait posé ses valises ici, elle ne s’était toujours pas mise au café, et boudait la machine à expresso qui se trouvait dans la cuisine. Il avait beau lui avoir expliqué que le café italien était le meilleur, elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment on pouvait boire un tel jus de chaussette, qui de plus donnait une haleine tout à fait infâme.
Quittant des yeux le couple de touristes belges qui étaient en train de s’engueler en tirant sur une vieille carte, elle balaya les façades des maisons du regard, s’arrêtant sur celle qui était presque en face, de l’autre côté de la place. L’immeuble en soit n’avait rien de particulier, si ce n’était une peinture murale représentant la vierge Marie. Bien que sensible à la peinture italienne, Anahia n’aimait pas cette représentation ci. La madone donnait l’impression de la regarder, et même de la juger au travers de la peinture, ce qui avait le don de la rendre mal à l’aise.


Elle avait attendue longuement le retour du jeune prêtre, si bien qu’elle l’avait même cru mort, là bas au milieu du désert de Judée. Mais alors qu’elle s’apprêtait à partir sur une autre piste, il avait finalement ressurgit des limbes, dans un état qui faisait peine à voir. Elle n’avait pas cherché à savoir ce que lui et ses ptits copains avaient été foutre au milieu de nulle part pendant un mois (enfin pas ouvertement), mais tout portait à croire que ça n’avait pas tout à fait été une partie de plaisir. Dans le fond ça l’arrangeait bien, car elle l’accueillit à bras ouvert, lui apportant tout le réconfort que cette pauvre petite âme blessée avait besoin. Et puis aussi surprenant que ça avait été pour elle, elle avait été sincèrement contente de le revoir, surtout maintenant qu’il avait laissé sur ses joues pousser une barbe qui lui rappelait celle de quelques personnages de ses films favoris.
Devant son envie de le suivre à Rome, le jeune homme avait tenu parole, et avec à n’en point douter le concours de quelques amis, il l’avait fait venir de Jérusalem à grand frais. Sans prendre la peine de l’informer qu’elle était tout à fait en mesure de se payer elle-même un aller simple pour Rome, elle avait profité avec délice de cette impression si particulière qu’était celle de se sentir entretenue. Comme une maîtresse, il l’avait installé dans cet appartement, et vivait avec elle depuis quelques semaines une folle et passionnée histoire secrète. Les deux amants ne se voyaient pas tous les jours, de part les obligations du jeune homme, mais ils profitaient de la première occasion pour s’échapper discrètement et parcourir ensemble les rues de la capitale italienne et tous ces endroits magnifiques et mystérieux qu’il voulait bien lui faire découvrir. Anahia avait vite comprit qu’elle ne s’était pas trompée en choisissant de porter son attention sur le jeune prêtre : c’était un excellent guide, et un grand amateur de l’art de son pays. Il n’avait de cesse que de lui parler avec passion de toutes les merveilles de la cité, mais aussi de toute la culture de ce pays qu’elle découvrait et qu’elle apprenait à aimer. Les italiens étaient des passionnés, des gens qui vivaient avec une fièvre au corps et au cœur, pour l’honneur de la famille, pour l’art, et elle devait bien reconnaitre qu’elle leur trouvait du charme. Les deux jeunes gens avaient gardé l’habitude de converser en hébreu, même s’ils passaient régulièrement à l’anglais, voir à l’italien. Elle lui avait demandé de lui enseigner les bases de cette langue chantante et il se révéla un excellent professeur car elle parvint rapidement à un niveau tout à fait correct. De son côté, elle lui apportait un autre type d’enseignement dans lequel il faisait de plus en plus de progrès au fur et à mesure que les jours passaient. Armand était un élève attentif et curieux, ouvert à la découverte et moins frileux une fois la première barrière franchie. Autant dire que ces deux là prenaient du bon temps, dans tous les sens que ce termes pouvaient prendre, si bien que la jeune femme en venait à oublier parfois ce qui l’avait poussée à suivre le jeune prêtre dans la cité aux sept collines.

Baissant les yeux, elle ouvrit le carnet en cuir rouge qu’elle avait posé sur ses genoux et l’ouvrit. Les pages de vieux parchemins étaient toutes vierges, mais après avoir tapé dessus deux fois avec le bout de sa baguette, elles se couvrirent vite d’une fine écriture, de schéma, de croquis. Les lettres et les mots étaient penchés, serrés, et pour ainsi dire presque illisibles pour toute autre personne que celle qui les avait tracé…où pour quelqu’un qui avait fait médecine.
Il s’agissait là d’un condensé de toutes ses recherches, de toutes les informations qu’elle avait pu rassembler autour de cette foutue Clavicule qu’elle cherchait à présent depuis plusieurs mois. Tournant les pages, elle relu les dernières lettres que le Baron Corvo avait échangé avec le Fils de Gibraltar et qui constituaient à ce jour son unique piste. Dans cette lettre qu’elle avait recopiée (les originaux étant restés chez le vieux Melchisedech à Jérusalem), le Baron parlait d’un carnet dans lequel il avait noté les derniers indices permettant de trouver la cachette du Bareket d’Antioche, carnet qu’il promettait d’envoyer sous peu. Mais le carnet n’était jamais parti, Corvo était mort avant de l’envoyer au Fils et ceux de son ordre l’avait récupéré avec le reste de ses affaires, sans en connaitre l’importance. Du moins c’est ce qu’elle supposait. Mais tout portait à croire qu’elle ne se trompait pas : il était certain que si les Roses avaient comprit qu’ils y avaient en leur possession une sorte de carte menant potentiellement à une Magie, ils l’auraient récupérés depuis perpette et ne se sauraient pas prier pour s’en vanter, ou tout du moins pour s’en servir, ce qui aurait fini par se savoir. Non, elle en était sure, le carnet était là, encore entre les mains de ce qui était à n’en pas douter une des sociétés secrètes les plus dangereuses et les plus influentes de la planète, bien au chaud dans un des endroits les mieux gardé au monde. Y entrer était presque impossible, alors y dérober quelque chose relevait de l’impensable, et c’est pour cette raison qu’elle avait besoin du jeune prêtre.

Préférant ne pas griller les étapes trop vite, elle avait fait le choix de ne pas lui parler de l’émeraude magique… en tout cas pas tout de suite. De tout façon, elle-même n’était pas sure à cent pour cent de trouver les informations nécessaires pour la trouver dans le carnet, donc il n’y avait pas grand intérêt à faire du zèle devant le jeune homme. Mais après avoir jaugé le jeune homme sous toutes les coutures, et après avoir vu les étoiles qui brillaient dans ses yeux dès qu’il parlait des mystères de la ville, elle savait que l’appel d’une chasse mystérieuse ne pouvait que le faire rêver, et pouvait même, si elle la jouait fine, le conduire à quelques folles décisions. Elle avait alors commencé à lui parler de ces lettres qu’elle avait un jour trouvé à Jérusalem chez un vieux rabbin et qui parlaient d’un très ancien trésor perdu, tournant l’histoire pour éviter de trop en dire, passant sous silence quelques noms, certains protagonistes. Très vite, elle avait vu qu’elle était venue titiller la corde sensible. Depuis quelques temps, les deux amants ne parlaient presque plus que ça, s’amusant à imaginer ce fameux trésor, essayant de replacer dans le bon ordre les quelques pièces du puzzle qui étaient à leur disposition, jusqu’à ce qu’il fut enfin temps de parler de ce fameux carnet…
Elle en était là. Elle avait joué ses cartes, elle avait tout fait pour le passionner pour cette nouvelle histoire, cette nouvelle aventure qu’elle lui proposait, et qu’au fond d’elle, elle espérait partager avec lui, car avec le temps, elle se rendait compte de l’esprit brillant qu’il était. Le jeune puceau qu’elle avait rencontré dans le vieux bar miteux et qu’elle avait avouons-le prit pour un sot était en réalité diablement intelligent, et avait un esprit de déduction fort utile dans une chasse à la relique comme celle dans laquelle elle l’avait entrainé bien malgré lui.
Tournant les pages de son propre carnet, elle alla jusqu’à la toute dernière qui se trouvait être un peu plus sombre que les autres, comme si elle était plus ancienne, plus abimée aussi, et elle ne portait aucune inscription. Prenant son stylo, Anahia traça sur la surface du papier des mots plus lisibles que son écriture habituelle.


« Les recherches avancent… je dois me rendre au Vatican dans quelques heures… j’espère avoir bientôt le carnet en ma possession…  ce soir peut être…»

Aussitôt qu’elle eu fini sa phrase, les lettres s’effacèrent, comme si le papier en absorbait l’encre. Pas surprise pour un sous, la jeune femme continuait de fixer la surface de la page, le regard dur et les sourcils froncés. Quelques secondes plus tard, de nouvelles lettres apparurent, mais elles n’étaient pas écrites dans la même police que la sienne, et étaient tracées à la plume d’oie.

« Très bien… mais ne perds pas de temps !! Tu es en territoire ennemi, ne l’oublie pas… »

Dès qu’elle en eut terminé la lecture, les mots à nouveau disparurent, mais elle ne prit pas la peine d’écrire une nouvelle phrase. Redonnant deux coups de baguette sur la couverture du cahier, elle quitta le balcon et alla le ranger dans le tiroir de sa table de nuit, qu’elle ensorcela à nouveau pour qu’il ne vienne pas à Armand l’idée d’aller y fouiner. Elle ne préférait prendre aucun risque. Il était impossible pour un non-initié de rentrer dans la Cour, mais ce n’était pas pour cette raison qu’elle devait laisser son seul moyen de communication avec son ordre à la portée de tous. Regagnant le salon, elle constata sur l’horloge de la boxe internet qu’il était encore tôt et qu’elle avait encore quelques heures devant elle avant d’aller retrouver son jeune et fringant amant pour leur rendez-vous secret du jour. Aujourd’hui était un jour pas tout à fait comme les autres car ils devaient se retrouver dans la Basilique St Pierre, tout proche de ce chez Vatican. Anahia en était ravie, car elle se sentait enfin toucher au but, mais elle savait que le prêtre prenait des risques, ce qui était en soit une bonne chose, et une preuve qu’il était sans doute prêt à d’autres folies pour elle. La jeune femme avait pour l’occasion prévue une tenue de circonstance, afin de passer pour ainsi dire incognito dans cette ville de cul béni. Levant les yeux vers l’habit qui était accroché à un cintre sur la porte de la pièce, elle ne pu qu’en rire, déjà ravie de sa prochaine connerie. Le tissu était noir et d’une fabrique épaisse, accompagné d’une toque et d’un manteau blanc, ainsi que de deux voiles noirs eux aussi. Une tenue de circonstance, à n’en pas douter.

Lorsqu’il fut l’heure, ce fut donc une femme méconnaissable qui sortit du petit immeuble de la Piazza della Rotonda, vêtue en nonne dans le plus grand souci de réalisme. Dans cet environnement très chrétien, elle passait plutôt inaperçu, si on oubliait les imposantes lunettes de soleil qu’elle posa sur son nez et le scooter vespa rouge pétant qu’elle enfourcha. Il était hors de question qu’elle fasse tout le chemin jusqu’à St Pierre à patte, vêtements de religieuse ou pas. Le scooter était le meilleur moyen de transport dans la capitale italienne, une fois qu’on était un peu habitué à jouer au tape cul sur les pavés. Armand refusait toujours de grimper sur cet « engin de mort » mais elle-même prenait un grand plaisir à traverser la cité millénaire à dos de ce merveilleux petit truc rouge et bruyant. Sous le regard amusé et curieux de certains touristes, elle mit le contact et zigzagant entre les groupes, arriva à se frayer un chemin pour sortir de la place bondée. Une fois qu’on sortait des grands axes et des lieux fréquentés par les toutous venus de la terre entière, il était beaucoup plus simple d’avancer, mais la jeune femme ne pu se retenir de passer par la Piazza Navona, un de ses lieux favoris de la ville avec ses trois fontaines. La place était relativement vide, ce qui lui permis de ne pas perdre de temps et de foncer en direction du Ponte Sant’Angelo afin de traverser le Tibre, le fleuve qui serpentait entre les collines sur lesquelles était construite la métropole. Arrivant sur le pont, elle passa entre les groupes qui se prenaient en photo dos au fleuve qui scintillait de milles reflets en cette fin de journée. Sans un regard pour les statues d’anges qu’on trouvait sur toute la longueur du pont, elle fixait plutôt Castel Sant’Angelo qui se trouvait juste en face d’elle. Le château était une construction antique qui avait été commencé tout l’empereur Hadrien qui avait voulu faire de cet impressionnant édifice en rotonde son mausolée, avant que les romains ne lui donnent une fonction militaire. Aujourd’hui musée, le bâtiment n’en restait pas moins impressionnant, mais pas autant que celui vers lequel elle se dirigeait.
Tournant à gauche à la sortie du pont, Anahia s’engouffra dans la Via della Conciliazione qui allait en ligne droit de Saint Ange jusqu’à Saint Pierre, et qui à cette heure tardive était encombrée de voitures à l’arrêt. Bien heureuse d’avoir pris son scooter plutôt qu’un taxi, elle serpenta entre les véhicules, retenant des jurons lorsque des voitures venaient lui couper le chemin sans prévenir.
Lorsqu’enfin elle arriva en vue de la basilique, elle tourna à droite, cherchant une petite rue calme pour se garer, et lorsque ce fut chose faite, elle réajusta sa tenue, replaça son voile, et enlevant ses lunettes de soleil, s’avança vers sa destination. Malgré l’heure et le moment dans l’année, il y avait toujours du monde devant la basilique, touristes et croyants se croisaient, émerveillés devant cette place magistrale conçue par le Gian Lorenzo Bernini. La colonnade, les statues qui la dominaient, le dallage sous les pieds, le grand obélisque et le vieux olivier qui se trouvait à ses pieds, oui, il y avait vraiment quelque chose de grandiose dans cet endroit, et elle se demandait si elle ne préférait pas l’extérieur du bâtiment à l’intérieur conçut par Michel Ange. Mais à l’intérieur elle devait bien y aller. Elle fit donc la queue comme tout le monde pour pouvoir entrer, et au bout d’un temps qu’elle trouva extrêmement long, elle s’engouffra enfin dans ce chef d’œuvre de la renaissance qu’était la basilique St Pierre. Mais après un rapide regard aux voutes et aux formes qui l’entouraient, elle du bien reconnaitre que l’intérieur était tout aussi grandiose que l’extérieur, avec ses marbres colorés, ses piliers aux feuilles d’acanthes, et ce dôme splendide. Même si elle n’avait jamais été très à même de comprendre la religion catholique, elle reconnaissant que cette maison de culte pétait vraiment la classe internationale.

De part ses vêtements, elle fut autorisée à ne pas suivre le troupeau des touristes qui devaient se contenter de faire de tour de la Basilique puis de ressortir et elle se dirigea vers une petite chapelle où elle savait qu’un jeune et charmant prêtre épris l’attendait. Elle ne fut en effet pas surprise de voir la silhouette du jeune homme à genoux sur un prie-Dieu, apparemment en pleine prière. Ce qui fut cependant plus étonnant, ce fut l’émotion qu’elle ressentit alors, et le sourire qui étira son visage, mais ça, elle préféra ne pas y penser, s’avançant vers lui avec discrétion. S’installant sur la chaise juste à côté de lui, elle joignit les mains dans un geste de recueillement. Ils étaient seuls dans la petite chapelle, et pourtant, elle préféra murmurer.


« Salut beau gosse… »

Voyant Armand tourner un regard intrigué vers elle, elle le regarda à son tour, lui faisant un clin d’œil amusé et souriant de son plus beau sourire à cet homme qu’elle apprenait de plus en plus à connaitre…et à aimer.

A savoir que j'ai quand même hésité avec ça comme front...:
 


Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 19.11.17 13:45, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty07.11.17 19:32


   

Bons baisers de Rome




Sous le regard compatissant d'une monumentale Vierge d'or et de marbre rose, Armand se murait dans la prière. Ses mains étaient jointent et ses yeux clos, toute la puissance de son esprit était rentrée en elle même. C'était comme si le monde s'était arrêté de tourner, comme si la foule qui se pressait dans la Basilique était figée dans la glace. Il n'y avait plus que ce froid mordant qui entrait dans ses poumons, et ce bruit qui résonnait. Ce craquement sourd et viscéral de la glace qui gagne en volume, qui fend la pierre, l'os, et tout ce qui est. C'était comme si les marbres veinés autour de lui gémissaient, comme si la voûte majestueuse menaçait de s'effondrer sous le poids du ciel. Son rythme cardiaque était tombé bas, comme celui un homme endormi. Pourtant il ne l'était pas, ses sens physiques s'étaient atrophiés, laissant l’œil de son âme s'ouvrir et contempler les profondeurs les plus insondables de sa propre conscience. Les sons effrayants qu'il percevait n'étaient pas issus de la réalité, ou tout du moins pas telle que nous l'entendons. Il faisait froid comme il est d'ordinaire pour un mois de janvier, mais ce bruit, ce craquement menaçant, c'était le poids de sa propre foi. Il craignait Dieu autant qu'il l'aimait, et ce son représentait la crainte et la grandeur qu'il lui inspirait.

Enfermé dans le mutisme de son recueillement, les sens de son âme contemplaient avec admiration la puissance de son Créateur. Il n'y avait pas de dialogue dans cette prière, pas de vœux que l'on souhaite voir exaucés. Il n'y avait qu'un silence respectueux, cette masse qui vous surplombe et pourtant que l'on ne peut voir, et ce son glaçant comme la seule preuve de cette présence invisible. Chercher Dieu dans la méditation c'était comme se retrouver piégé sous l'iceberg, écrasé sous une masse que l'esprit humain ne peut pas concevoir. Et ces craquements, ceux de la glace en expansion, comme les hurlements sourds d'une créature inconnue plus imposante qu'une montagne. Quand à lui, il avait bravé les limites de sa conscience pour se plonger l'océan le plus froid du monde, guettant impatiemment sa rencontre avec un Dieu endormi.

Ses yeux s'agitaient sous ses paupières closes, quelque chose le tirait loin de la mer immobile. Ce n'était pas la peur, car désormais il n'était plus effrayé par l'aspect terrifiant de sa propre conscience. Il était passé au delà de la peur, et avait accepté que cette immensité spatiale sombre et dépossédée de lumière était ce à quoi ressemblait l'intérieur de son âme. Un endroit vide, dont on ne peut envisager la mesure, et qui grandit, inlassablement. Au début il avait été effrayé par ce néant, comme s'il menaçait d'engloutir sa personnalité. Puis il avait entendu ce son, à la fois terrifiant et rassurant, le gémissement d'une conscience plus ancienne et plus gigantesque que la sienne.

Ouvrant lentement les yeux, il réalisa qu'il était transi de froid, et dès lors qu'il bougea un peu, que ses muscles contractés lui faisaient mal. Il ignorait depuis combien de temps il était bloqué dans cette position, dans ce rêve immense et vide. Mais comme un homme qui vient de se réveiller, il scruta autour de lui avec des yeux anxieux. Il distingua la silhouette noire d'une religieuse s'approcher de lui et il baissa aussitôt la tête. Il ne voulait pour rien au monde être surpris à dévisager ces femmes là. Fermant à nouveau les yeux, il se prépara à plonger dans une nouvelle transe quand un mot chuchoté le heurta. C'était une petite phrase, pas bien méchante, prononcée dans un italien un peu insolent avec un petit accent d'on ne sait où. Immédiatement il se sentit sursauter, et il tourna la tête, avec un air à la fois surpris et contrit qui malheureusement le caractérisait tant. Il lui fallut un moment pour rassembler ses esprits, et le petit clin d’œil insolent que lui adressa la nonne acheva de le perdre. Il avait beau savoir que ce n'était pas correct de la fixer de cette façon, mais il ne comprenait rien à ce qui venait de se passer. D'autant que le pauvre avait l'esprit encore un peu engourdit par la méditation. Puis dans un temps qui sembla durer une éternité, les rouages de son cerveau se mirent à tourner et les pièces du puzzle à se recoller. Bouche bée, il réalisa avec une certaine surprise que la nonne en face de lui n'était personne d'autre que la femme avec qui il passait trois nuits par semaines à se rouler dans des draps.

Quand il comprit cela, l'incompréhension se fit encore plus grande. Et bien sur elle se lisait sur son visage blafard, ce qui était très amusant à regarder. Un peu gêné de ne pas l'avoir reconnu du premier coup, il détourna la tête, de peur que quelqu'un ne remarque leur conversation. Pourtant qu'est ce qu'il craignait exactement ? Tout le monde dans la Fraternité était au courant que le jeune docteur avait ramené à son retour de Judée une putain juive dans ses valises. Et même si au début son oncle n'avait pas été extrêmement ravi de la chose, il avait fini par se dire que ce n'était pas si mal. Au moins son frivole élève n'allait plus traîner chez les épigraphistes et autres historiens laïcs, créatures intellectuelles qui n'étaient rien de moins que son péché mignon. Alors certes il avait été ramassé Dieu sait comment, une fille facile dans un bar, mais au moins c'était une fille. Avec une certaine satisfaction, Guido avait laissé courir, presque content de voir que son neveu arrêtait enfin ses caprices et se comportait comme en homme. Marcello avait tenu parole également, et il avait rapidement trouvé l'appartement dans laquelle elle avait aménagée. Quand à l'aspect financier de tout cela, Armand était suffisamment haut placé dans leur Ordre pour ne pas être ouvertement critiqué sur les liquidités qu'il sortait des caisses. Bref en gros tout le monde était au courant, même si lui continuait aveuglément de faire comme si de rien n'était. Marcello et d'autres avaient manifestés l'envie de rencontrer cette fameuse maîtresse, mais jusqu'ici il avait toujours réussi à les convaincre de la laisser tranquille. Peut être aurait il agit différemment si ça avait été une demande de son oncle. Peut être alors lui aurait il présenté la jeune femme, tout en espérant son approbation. Mais son mentor n'était pas aussi curieux que les autres. Peut lui importait que la fille avec qui son neveu couchait soit belle ou moche, quand au fait qu'elle soit très probablement juive il s'en tapait complètement. Tout ce qui comptait c'était que le gamin arrête de se mettre dans des situations ridicules en tombant compulsivement amoureux de tout homme capable d'aligner trois mots de latin. Ce qui ici au Vatican représentait un certain problème.

Il faut dire aussi qu'Armand avait l'air très heureux depuis plusieurs semaines. Alors certes il papillonnait au lieu de se concentrer sérieusement sur son étude, et pour cela Guido le rappelait à l'ordre très souvent. Mais au moins il avait l'impression de le voir épanoui. D'ordinaire quand il était amoureux, les choses finissaient par se gâter très vite, ou alors il n'avait même pas le temps d'être heureux car il se laissait bêtement embourber dans des histoires à sens unique. Mais cette fois il était presque mignon, et son oncle qui au fond avait de la tendresse pour lui, fermait un peu les yeux sur ses petits manquements aux règles qu'il avait institué.

La tête baissée, Armand se sentait rougir avec de plus en plus d'intensité. Il ne s'attendait pas à la voir, ou en tout cas pas tout de suite, et pas dans ces circonstances. Comme d'habitude elle agissait de façon insensée, avec une impertinence qui n'appartenait qu'à elle. D'ordinaire un comportement comme le sien aurait du le révolter, mais avec elle c'était différent. Elle le choquait, le surprenait continuellement, comme un feu d'artifice qui ne s'arrête jamais.

Il réfléchit rapidement à ce qu'il devait dire, incapable de refréner ce sourire qui illuminait son visage. Il avait presque envie de rire, ce qui aurait été très mal placé au vu du moment et de l'endroit. Mais où est ce qu'elle avait trouvé cet habit ? Et même comment est ce que cela lui était venu à l'esprit ? Il se risqua à un regard en coin. Elle portait le voile des carmélites, encadrant son visage de blanc et de noir. Le fait de ne plus voir ses cheveux avait quelque chose de très dérangeant. C'était comme un masque en suspension dans l'obscurité, un spectre blanc éclairée par la lumière vacillante de milliers de cierges.

Comme heurté par cette vision d'une beauté sépulcrale, il se dépêcha de détourner le regard et déglutit. Lui aussi avait parfois le sentiment de se perdre dans la pénombre, et sa silhouette donnait corps à son inquiétante nature. En ce jour d'hiver il avait revêtu sa cape faite d'une étoffe épaisse qui se répandait sur le marbre dans un drapé vertigineux, semblable aux concrétions noires d'une grotte oubliée. Toujours à genoux, ses doigts se refermaient autour de son chapelet, et avec une infini lenteur il retira sa main droite qui alla se perdre dans les plis de sa manche. Elle était tout près de lui, et même si cela était sans doute une déformation de son imagination, il avait l'impression de sentir sa chaleur irradier autour d'elle. Il n'avait plus vraiment envie de rire nerveusement comme tout à l'heure, au contraire il avait la peur au ventre parce qu'il était en train de faire, et honteux d'avoir ne serait ce qu'envisagé un fantasme pareil. Sa main ouverte glissa contre la surface froide du marbre poli par le piétinement de millier de fidèles. Puis il sentit le contact du talon de sa bottine, frissonna, et laissa ses doigts caresser le cuir qui couvrait sa cheville. Avec une certaine pudeur il osa regarder, sa main glissée sous l'ourlet noir de son habit de femme, d'un habit que d'ordinaire il n'aurait touché pour rien au monde. Le contact soyeux de ses bas lui arracha un sourire qu'on lui connaissait peu, avec une insolence toute nouvelle, sûrement issue de cette mauvaise influence qui avait débarquée dans sa vie il y a peu.

Dieu seul sait combien de temps il aurait pu passé à lui tâter discrètement le mollet sous cape, et si oui ou non est ce qu'il aurait eut le courage de poursuivre son exploration au dessus du genoux. Car un groupe de touristes arrivèrent dans la chapelle, le nez tourné vers les magnifiques voûtes qui s'élançaient dans les airs. Armand se dépêcha d'enlever sa main aussi vite que s'il l'avait mis dans une casserole d'eau bouillante, et tout rougissant comme si c'était lui qu'on venait de cuire, se dépêcha d'aligner plusieurs signes de croix en ricanant. Puis il se leva, et invita sa compagne à le suivre avec un air entendu.

Marchant côte à côte, ils quittèrent la Basilique. Il n'osa pas lui adresser la parole, et souffrait intérieurement de ne pas pouvoir s'abandonner au moindre geste affectueux envers elle. Les gens autour d'eux se pressaient, sortant en grand désordre de la Sixtine qui allait bientôt fermer. Armand sentit une certaine émotion étreindre son cœur. Il lui avait promis de lui montrer cet endroit avant même qu'elle ne le rejoigne à Rome, et même s'il lui avait déjà fait visité de nombreux lieux anciens, il gardait celui ci pour une occasion très spéciale. Très émotif, et très amoureux, il avait eut une intuition. Cette occasion, ce moment qu'il avait l'impression d'attendre depuis toujours, c'était ce soir. Ce soir ou jamais, et si elle lui disait non il n'aurait plus qu'à se jeter dans le Tibre, car alors il n'aurait plus rien à attendre de la vie.

Ils quittèrent les abords de la Basilique pour s'enfoncer dans les ruelles. Au loin les jardins étaient engourdis par l'hiver, et enfin ils purent ressentir une sensation de calme et d'apaisement. L'habit de carmélite avait beau toujours l'impressionner, Armand n'en restait pas moins le gamin tactile qui avait l'impression d'étouffer quand il n'était pas dans les bras de quelqu'un. Comme plus personne n'était autour d'eux pour les épier, il se risqua à lui prendre la main et à l'embrasser avec un certain empressement. Pour lui faire plaisir il avait accepté de garder cette barbe vaguement blonde qui lui avait poussé pendant sa retraite dans le désert. Au fond il ne comprenait pas pourquoi elle aimait ça, lui même avait une sainte horreur d'embrasser un homme avec une quelconque pilosité faciale. Un peu ronchon au début, il se pliait au moindre de ses caprices et se laissait aller sur son apparence, parce que pour des raisons incompréhensibles, elle l'aimait davantage comme cela.


« Je sais que ce n'est pas très sérieux de te faire venir au Vatican, mais crois moi j'ai une très bonne raison. En fait c'est une très bonne nouvelle. J'ai un ami, enfin c'est plutôt une connaissance, ou un ami d'un ami, bref. J'ai réussi à le convaincre de nous permettre de visiter les musées après la fermeture. Juste toi, moi et toutes les œuvres majeures du Rinascimento. Enfin ça et d'autres, nous allons tout voir, et nous pouvons aller partout où nous le voulons. Dit moi que tu es heureuse, amore. »

Mi euphorique, mi soucieux, il scrutait son visage dans l'espoir de déceler une expression de joie, car ce qui l’intéressait le plus sur terre désormais, c'était de voir cette femme sourire.
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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty19.11.17 16:37


Bons Baisers de Rome
ft Armand et Anahia



Installée dans une apparente posture de dévotion, Anahia avait le visage tourné vers le jeune homme qui se trouvait à ses côté, et elle était fort amusée, je dois bien l’admettre, de voir son jeune et juvénile amant avec cette expression d’ahurit peint sur la tronche. Il lui avait fallut un temps considérable pour comprendre la petite mascarade qu’elle avait monté, et elle se réjouissait de ce petit effet qu’avait créée son apparition. Le prêtre était bon public, et en règle générale, il se surprenait de tout, mais il était vrai qu’elle avait pris l’habitude de tout faire pour voir apparaitre cette expression tirer ses traits innocents.
Mais il fallait bien reconnaitre que pour le coup elle s’était surpassée.
L’idée lui était venue le plus naturellement du monde, un soir où elle s’était retrouvée seule dans l’appartement place de la Rontonda. Elle s’était retrouvée à zapper devant la télé en finissant une bouteille de limencelo. Après avoir passé quelques minutes à essayer de comprendre le présentateur du journal local, elle était tombée sur une redif d’un vieux film américain avec Whoopie Goldberg. La traduction en italien était tout bonnement atroce, mais l’idée de s’habiller en none pour aller discrètement se balader dans un endroit où il était tout à fait normal de voir des nones était venue s’implanter dans son esprit, il est vrai, parfois tourmenté.
Si elle était loin de passer inaperçu une fois la tenue passée, elle avait été surprise de ne pas bien se reconnaitre elle-même en regardant son reflet dans le miroir. L’espèce d’ensemble de toiles informes ne laissait rien voir de son corps, hormis ses mains et son visage qui lui semblait fort différent maintenant qu’il n’était plus entouré de sa cascade de cheveux noirs. En y réfléchissant, elle n’était même pas sure qu’un membre de sa femme l’aurait reconnue si elle en avait croisé dans la rue, et c’était justement l’effet recherché. Car au-delà de l’envie de faire une petite surprise à son amant, elle voulait surtout éviter u maximum qu’on puisse associer un visage à la personne qu’elle était réellement. Car vu la facilité avec laquelle elle avait été installée, et la régularité des visites de sa jeune et fragile proie, il était plus que sur qu’il y avait deux trois personnes au courant de sa présence, voir même que ce fut de notoriété public dans l’entourage du jeune prêtre. Armand faisait comme s’il n’en était rien, et peut être le pensait-il vraiment, mais elle-même n’était pas dupe. Pour cette raison, elle faisait tout pour passer pour ce qu’on pensait qu’elle était, une femme de petite vertu sans importance qui profitait gentiment des avantages que lui donnait le fait d’être entretenue par un membre de l’église de Rome. Elle avait même poussé le vice jusqu’à installer un menorah dans l’appartement, renforçant ainsi l’idée que le jeune homme s’était fait de sa potentielle confession religieuse. Elle jouait son rôle le plus sérieusement possible, s’affichant sur le balcon de l’appartement, se baladant dans le centre ville pour faire les boutiques, si bien qu’elle était presque sur que personne ne penserait a aller chercher quel pouvait être sa véritable identité.

Le regard toujours posé sur le jeune homme qui lui avait détourné les yeux, elle sentit sa gorge se nouer. Contre toute attente, mentir à cet homme de la façon dont elle le faisait lui était devenu douloureux et elle avait parfois des scrupules à poursuivre sa petite manipulation. D’une façon qu’elle n’avait pas anticipé, elle avait commencé à lui trouver du charme, surtout depuis qu’il avait à sa demande laissé pousser ce semblant de barbe qui lui donnait des allures de chevaliers jedi sur le retour. Présentement, elle le trouvait même carrément sexy vêtu de cette grande cape qui lui tombait des épaules et qui coulait sur le sol de marbre brillant tel une vague d’eau noir comme la nuit. De là à dire qu’elle en pinçait pour lui il n’y avait qu’un pas, mais ça jamais elle n’aurait été capable de se l’avouer.
Détournant à son tour les yeux, elle se perdit dans la contemplation de la statue qui les observait depuis son piédestal. Elle représentait une madone en majesté, toute de marbre rose et d’or : en soit, un chef d’œuvre du baroque dans toute sa splendeur. Même si Anahia était à même d’apprécier la technique parfaite avec laquelle elle avait été sculptée, et la finesse de cet art, elle n’en restait pas moins sceptique face à cette exposition excessive de richesses et d’opulence, dans un déluge de cierges aux flammes vacillantes. Bien sur, ça pétait la classe, et elle comprenait avec aisance comme la religion catholique avait pu attirer autant de fidèles dans ses rangs, mais tout ça était un peu trop excessif à son goût.
Toute à ses pensées, elle fut soudain surprise de sentir quelque chose la frôler et venir fureter sous ses jupes. Ainsi donc, la tenue de none ne bloquait pas les ardeurs du jeune homme, c’était à noter. Le laissant caresser non sans sensualité le cuir de sa bottine, elle fut un petit peu déçue qu’il n’ose pas remonter plus haut son exploration à l’aveugle. Même s’il n’était pas encore le plus expérimenté des amants, Armand était un élève assidu qui apprenait vite, et il y avait quelque chose d’extrêmement rafraichissant que d’avoir des rapports avec lui. Surtout qu’en définitive, il n’était pas non plus si naïf qu’elle l’avait cru au premier abord et avait même un petit esprit pervers qui n’était pas pour lui déplaire. Le sourire en coin, elle était sur le point d’à son tour glisser la main vers son…. Quand par le plus grand des malheurs une bande de touristes américains boudinés dans leurs doudounes débarqua dans la chapelle, mettant un terme à leurs petites explorations interdites. Heureusement pour eux, le groupe avait l’air plus préoccupé par le fait de se prendre en selfie que de prêter une quelconque attention à eux. Imitant le prêtre, elle se signa avec dévotion, et se releva, serrant les dents afin de ne pas éclater de rire. Suivant son guide dont le visage avait pris une sublime teinte pivoine, elle traversa le bâtiment avec lui, essayant de donner l’impression qu’elle savait parfaitement où elle allait. Malgré l’heure (il était presque 18h), les touristes étaient encore nombreux à se presser dans les allées de la basilique qui fermerait bientôt. Au dehors, la nuit était presque tombée sur la ville et on avait allumé l’éclairage public qui rependait sur les rues une douce lumière orangée. Quittant la partie publique de l’édifice, ils s’enfonçaient dans le cœur même de la cité vaticane, passant par le magnifique jardin du Belvédère qui même en cette saison était tout ce qui se faisait de plus beau dans l’art des jardins avec ses allées, ses pelouses, ses arbres vieux et rares, ainsi que ses buissons taillés à la française. Ici, il n’y avait déjà plus personne, et même les habitants de la cité papale avaient préféré rentrer au chaud par cette froide soirée d’hiver. Alors qu’ils étaient en train de passer devant l’impressionnante sculpture d’Arnaldo Pomodoro  « sphère dans la sphère », elle vit le jeune homme scruter les alentours, puis dans un geste plein de fougue, se retourner pour l’embrasser avec passion. Bien que soudain et bref, le baiser qu’ils échangèrent lui parut d’une profonde intensité, et réveilla les envies qu’elle avait de lui depuis le passage dans la chapelle. Mais le tableau d’un prêtre embrassant une none au milieu des jardins du Vatican la nuit ne dura pas, et même si on aurait bien aimé voir Doisneau le capturer sous une fine couche de neige, il disparu aussi vite qu’il était apparu. Reprenant leur marche, ils passèrent devant plusieurs bustes et statues célèbres tel que le Laocoon, l’Apollon, ou d’autres chefs d’œuvres de l’art Helléniste devant lequel Anahia tenu à s’arrêter. Alors qu’ils approchaient d’une porte qui donnait sur un bâtiment apparemment vide de tout touriste, Armand lui révéla enfin pourquoi il l’avait fait venir ce soir. La surprise la ravit, et elle en fut même touchée. Elle avait toujours été intéressée par l’art, mais depuis qu’elle côtoyait le jeune homme, elle éprouvait une véritable passion à découvrir avec lui toutes formes d’expressions artistiques. Avoir la chance de voir ce qui était sans nul doute une des plus belles collections d’art du monde d’une façon aussi privilégiée était un merveilleux cadeau, cadeau qui lui fit presque totalement oublier la raison réelle qui l’avait amenée à accepter de venir le rejoindre en terre ennemie.


« C’est…c’est une merveilleuse surprise !! Merci mon amour, je suis… » Elle s’avança vers lui pour l’embrasser. « Merci… »

Un sourire sincère aux lèvres, elle passa la porte qu’il venait d’ouvrir devant elle et pénétra dans le musée, sentant alors une douce chaleur la réchauffer. La pièce dans laquelle il se trouvait n’avait en soit rien de vraiment notable, il s’agissait d’un couloir qui décevrait plusieurs pièces attenantes. Se tournant vers son guide qui venait de refermer la porte derrière eux, elle lui prit la main.

« Alors par quoi on commence ?? » Dit-elle d’un air excité et enthousiaste.

Le musée était immense, et elle était bien contente d’avoir un habitué avec elle pour ne pas s’y perdre. Les salles s’enchainaient, proposant tour à tour des œuvres d’une qualité exceptionnelle. L’ensemble des collections étaient répartis en plusieurs divisions qu’il leur aurait été bien impossible de toutes explorer en une nuit, mais Armand tenait malgré tout à lui en montrer un maximum. Afin de faciliter la visite, les œuvres avaient été installées de façon chronologique dans un enchainement de galerie et de salles à en perdre la tête. Etonnée par l’impressionnante collection d’objets étrusque et égyptien et par la qualité unique des ensembles sculptés qui s’enchainaient sous ses yeux, elle fut surtout émue de se retrouver face à quelques œuvres d’artistes plus modernes dont elle avait toujours voulu admirer le travail, tel que la Pieta de Van Gogh, ou encore le Christ et le peintre de Chagall. C’était quelque chose de troublant pensait-elle, de faire se confronter ainsi des œuvres si diverses en terme de style et d’époque, et à la fois, cette proximité de faisait de renforcer la force qui se dégageait de chacune des pièces qui étaient présentées, et qui elle le savait, ne représentait même pas la moitié de ce que possédait réellement le Vatican. Les collections éclectiques qu’elle découvrait étaient magnifiées par l’intarissable flot de paroles du jeune homme qui lui présentait tout ce qu’il savait sur tout ce qu’ils croisaient. Elle-même était émerveillée par tout ce qu’elle voyait, et ne pouvait s’arrêter de sourire, écarquillant les yeux pour mieux voir toutes les merveilleuses qui se présentaient devant elle. Mais alors qu’ils étaient en train d’admirer les voutes entièrement peintes d’une des plus belles salles du palais, elle se souvint qu’elle avait une chose à faire, quelque chose à récupérer dans ces mêmes murs. Le cœur soudain plus lourd, elle chercha le bon moment pour aborder la question. Il fallait qu’elle persuade le jeune homme d’aller lui récupérer ce fichu carnet, sans quoi toute cette mascarade n’aurait servit à rien. Car c’était pour ça qu’elle était là, pour ça qu’elle avait besoin de lui, uniquement pour ça. Uniquement pour, ça.

Alors qu’ils se trouvaient dans le musée Pio Clementino, accoudés à une petite balustrade à observer la magnifique mosaïque circulaire d’Athéna trouvée à Tusculum et installée dans le palais au XVIIIème siècle, elle prit soudain un air plus profond, quasi mélancolique mais toujours souriante. Son menton posé dans le creux de sa main, elle caressait le dos de la main du jeune homme de façon détachée.


« Je me demande ce qu’on ressent lorsqu’on découvre un tel trésor, après des mois … des années de recherche… C’est bête je sais… mais j’ai toujours imaginé ça comme quelque chose d’incroyable, tu sais, comme quand Carter a ouvert le tombeau de Toutankhamon, ça doit être, je ne sais pas, unique… J’aimerai tellement vivre ça un jour dans ma vie… » Finit-elle dans un murmure. Tournant la tête vers lui, elle lui sourit avec tendresse.  « Vivre ça avec toi… »

Elle savait qu’il n’en fallait pas plus pour plaire et faire succomber le jeune homme. Elle n’avait jamais eu de mal à faire manger les hommes dans sa main, mais celui-ci était un poisson encore plus facile que les autres à attraper. Fronçant les sourcils, elle regarda à nouveau la mosaïque qui s’étendait sous ses pieds.

« J’aimerai tellement trouver ce trésor dont parle les lettres que mon oncle m’a donné avant que je ne parte. Toute mon enfance je l’ai entendu m’en parler, mais aujourd’hui que je le touche du doigt, c’est comme si…je ne sais pas…comme si je m’éloignais du but. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas, pas toute seule… » Tournant à nouveau les yeux vers lui dans un air d’une innocence toute splendide, elle enveloppa sa main dans les deux siennes. « Tu accepterais de m’aider mon amour ? »




Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 17.12.17 10:36, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty13.12.17 13:03


   

Bons baisers de Rome




Il est inutile de rappeler au lecteur attentif à quel point Armand était d'une nature bavarde. En vérité cette capacité rare était la conjonction de plusieurs de ses autres traits de caractère. Tout d'abord il était d'une nature sociable et amicale qui faisait qu'il pouvait discuter avec n'importe qui. Il avait certes toujours du mal à affronter sa timidité quand son interlocuteur était féminin, mais il y travaillait. D'ailleurs depuis sa rencontre avec Anahia il avait fait de gros progrès.
Ensuite il était doté d'une très grande culture générale et d'une curiosité telle qu'il pouvait converser intelligemment sur ne nombreux sujets, et combler ses lacunes sur ce qu'il ignorait. Sa capacité d'écoute était agréable, et on pouvait se confier facilement à lui. En cela il faisait un bon prêtre, car il joignait l'érudition à un humanisme sincère. Alors certes on pouvait lui reprocher d'avoir une idée extrêmement élevée de son intelligence, mais en dehors de cela il agissait toujours avec beaucoup d'amour et de sincérité.

Ainsi donc, tandis qu'Anahia admirait les œuvres d'art, lui parlait sans discontinuer. Non pas qu'il aimait s'entendre parler, mais parce qu'il tenait à partager avec elle tout des fragments d'histoire qu'ils avaient sous les yeux. En fonction du caractère de l'interlocuteur, cela pouvait sembler lourd et insupportable, ou tout simplement passionnant. Visiblement la jeune femme était réceptive, et elle semblait même ne plus savoir où donner de la tête, tant l'accumulation de pièces majestueuses et illustres donnaient une impression d'étouffement baroque. Armand quand à lui se sentait à l'aise dans cet endroit qui reflétait assez bien son caractère. Il suffisait de voir sa bibliothèque pour le comprendre, l'intérieur de son âme était un un dédale magnifique veiné de marbre, ou chaque parcelle était décoré de fresques éclectiques, de statues antiques et de feuilles d'or aussi jaunes que le soleil.

Quitter sa campagne sinistre pour venir s'installer au Vatican avait été la décision la plus salutaire de sa vie. C'était donc avec une certaine émotion qu'il partageait cela avec celle qu'il considérait actuellement comme la femme de sa vie. D'ailleurs il avait en lui ce goût romantique de la mise en scène qui laissait présager qu'il avait encore d'autres cartes dans sa main, et que le plus spectaculaire était à venir.

La marche les avaient fatigués, et après un rapide coup d’œil à sa montre il réalisa que cela faisait un bon moment qu'ils arpentaient les salles du musée. Ils firent donc une petite pause en admirant les mosaïques de la Rotonde. Accoudée à la balustrade, elle semblait fixer le sol polychrome avec mélancolie. Lui même avait ressentit une impression émue en découvrant ces couleurs magnifiques pour la première fois, cerclées des phases de l'astre lunaire. Mais là c'était comme si les marbres, les statues et les fresques avaient perdues leur pouvoir enivrant. Il ne regardait qu'elle, observant les traits de son visage encadré de noir. Lentement il se rapprocha d'elle, gagnant centimètres sur centimètres, puis déposa un baiser fort chaste sur sa joue avec toute l'énergie du réconfort. Il n'osa pas lui demander ce qui la tracassait, et par chance elle parla en premier. Armand écouta attentivement chacun de ses mots, avant de glisser ses doigts entre les siens. Sa chevalière d'argent brillait sur sa peau pâle.


« Tu sais amore, bien souvent dans ce genre de chose le voyage est la seule et véritable récompense, car au final il t'apporte bien plus que tout l'or du monde. Crois moi, trouver un trésors comme celui ci n'est pas une fin en soi. Et Carter à eut la naïveté de le croire, ou plutôt il a eut la faiblesse de se laisser éblouir par la splendeur de sa découverte, et n'en a rien retenu. Sinon comment peut on expliquer que l'homme qui a fait la plus grande découverte archéologique du vingtième siècle n'a jamais prit le temps de prendre un bout de papier et d'écrire une publication à son sujet ? Il est tombé dans l'orgueil, et s'est détourné de son travail pour se consacrer à l'impression que les gens avaient de lui. En dehors des quelques photo qu'il a prit lors de l'ouverture du tombeau, nous ignorons exactement le détail de ce qu'il a trouvé, et de ce qu'il a fait disparaître pour son profit personnel. La découverte, mon amour est une immense épreuve dans laquelle Dieu nous donne l'opportunité d'affirmer quelle personne nous sommes. Carter s'est perdu, et ce jour là la science a perdue également. Je ne prétend pas être l'homme le plus avisé du monde, mais si je ne croyais pas fortement en cela je pense que je ne serais pas un bon chercheur. »


Il avait dit cela sur un ton très doux, absolument pas condescendant. Dans son fort intérieur il était un passionné et un habitué de l'hermétisme, et il ne voulait pas du tout la décourager. Simplement il voulait lui faire comprendre quelque chose qu'il avait fini par apprendre seul, dans le silence et la prière.


« Ton oncle qui est rabbin ? »

Visiblement elle avait soulevée son intérêt. Il avait une grande affection pour la culture magique juive et ses secrets, sans quoi il ne se serait jamais lancé dans l'étude laborieuse et difficile de la kabbale avec autant de passion.


« Oui... je comprend de quoi tu parles. C'est un sentiment que je connais bien. Dieu est le seul décideur de tout, et il faut être très arrogant pour croire que la réussite des recherches est due aux seules capacités du chercheur. C'est Dieu qui nous amène sur cette voie, c'est lui également qui nous envoi l'inspiration, les traits de génie, les illuminations. Il peut décider également de te soustraire ce que tu convoite s'il pense que tu le cherche pour de mauvaises raisons. Dieu donne, Dieu reprend. Mais cela n'est pas de la cruauté, car il le fait par amour pour nous. Parce qu'il sait que nous sommes pas encore dignes, et que nous devons nous améliorer, grandir et devenir de meilleurs personnes. »


La voix très émue, elle lui demanda de l'aider dans sa tâche, et sans prendre une seconde de réflexion il acquiesça, ses yeux verts fixant les siens avec sincérité.


« Bien sur, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider amore mio. »
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty17.12.17 12:24


Bons Baisers de Rome
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Les yeux perdus dans le vague, Anahia laissait son regard aller de droite à gauche, détaillant chaque morceau de la grande mosaïque qui se trouvait face à eux. Chaque fragment coloré avait su garder un éclat sans nul autre pareil et la jeune femme en était émue. Les formes figuratives ou géométriques qui se déployaient sous ses yeux, le regard inquisiteur de Minerve en son centre, tout cela avait traversé les siècles et les âges sans prendre la moindre ride, alors que son temps à elle était compté. Il est toujours étonnant de voir comment nos créations nous survivent au-delà de tout.
Elle n’avait pas vu le temps passer à suivre ainsi son jeune amant dans les salles splendides d’un des plus beaux musées du monde, comme bien souvent lorsqu’elle se laissait couler dans le flot ininterrompu de ses paroles savantes. La sorcière avait toujours aimé parler, c’était une discipline dans laquelle elle excellait, mais pour la première fois, elle appréciait l’écoute d’une autre voix que la sienne, et cela était d’un grand repos, d’autant plus que ce qu’on lui racontait était des plus enrichissants. Avide de connaissance depuis toujours, elle trouvait dans cet homme un potentiel énorme d’apprentissage et comptait bien user jusqu’à la moelle cette source de savoir. Même si elle ignorait encore ce que cette relation lui apporterait pour sa mission, au moins elle en ressortirait avec un bagage culturel en plus.
Le simple fait de penser à cette fichue mission lui serra le ventre. Elle avait de plus en plus tendance à l’oublier et à se laisser aller à une oisiveté dangereuse, savourant ces moments passés ensembles à découvrir toutes les merveilles que l’Italie avait à lui offrir. Contre toute attente, elle se sentait une toute autre femme à son contact, et cette sensation, loin de l’inquiéter, la rendait quelque peu euphorique. Pourtant, il ne fallait pas oublier pourquoi elle était là, pourquoi elle avait charmé ainsi cet homme facile (oui désolé il n’y a pas d’autre mot), pourquoi elle avait fait le voyage jusqu’à ce petit pays qu’elle appréciait chaque jour davantage (sauf pour le foot...nan mais sérieux les mecs...le FOOT quoi !!). Il fallait se faire violence, il fallait mettre de côté ce sourire et cet émoi de l’entendre parler des heures durant d’art et de culture, ou tout du moins ne les garder qu’en façade, pour garder son rôle et ne pas oublier son but.
C’est justement la question du but qui vint sur le tapis. A écouter Armand parler ainsi, elle ne pu s’empêcher de sourire doucement. Il y avait beaucoup de juste dans ce qu’il disait, mais comme souvent, les mots du jeune homme étaient pleins de douce innocence. Comme beaucoup de ceux de son espèce, il pensait avoir tout compris de la vie, des hommes et du reste, et sur bien des points elle devait lui reconnaitre qu’elle partageait les mêmes opinions, mais même si elle ne le connaissait pas encore aussi bien qu’elle le pensait, elle y voyait souvent l’expression de la vision d’un homme issue d’une bonne famille élevé dans le carcan rigide de la religion catholique.
Il était aussi étonnant de voir à quel point il était difficile pour le jeune prêtre de comprendre certains sous entendus. Bien sur, il était toujours un peu compliqué pour ces deux là de se comprendre, n’échangeant pas dans leurs langues maternelles, et peut être aurait-elle du prendre une formule moins parlante pour lui proposer ni plus ni moins une formidable et dangereuse chasse aux trésors, mais toujours est-il qu’elle devait le convaincre de l’aider, voir même de la suivre dans la poursuite de son entreprise.


« Je comprends ce que tu essayes de me dire mon amour, et même, je suis parfaitement d’accord avec toi… mais tous les chercheurs ne deviennent pas des Carter, tous ne succombent pas à l’appât du gain, de la célébrité ou de la reconnaissance, en tout cas, je ne pense pas que je finirai comme ça, tu m’en empêcherais » Dit-elle en portant la main du jeune homme à ses lèvres pour y déposer un baiser. « Et de la même façon, je comprends l’idée selon laquelle le voyage et la recherche sont peut être des trésors bien plus précieux que la découverte elle-même, pourtant, on ne peut rester uniquement dans cet état insatisfait de quête, sans quoi nous serions tous pris au piège de nos espoirs et de nos rêves, incapable de vivre dans le présent, sans quoi nous serions tous des capitaines Achab à la poursuite de la même vieille baleine blanche toute notre vie, sans quoi tous nos musées seraient vides. Bien sur il faut prendre conscience que l’expérience du voyage est aussi importante que sa finalité, mais je pense que cette finalité est nécessaire, sans quoi nous resterons à jamais…incomplet, bloqué dans la même case, incapable de s’ouvrir à toutes les richesses que le monde a à nous offrir. »

En disant cela, la jeune femme faisait glisser ses longs doigts fins dans ceux du jeune prêtre, caressant du bout du bois sa peau, chacune de ses phalanges, parlant d’une voix douce, calme et posée. Ce n’était pas un avis qu’elle imposait, seulement une réponse à ce qu’Armand avait exposé et qui la faisait réfléchir.
Elle était d’accord avec lui bien sur, mais ce n’était pas avec ce genre de pensées qu’elle arriverait à mettre la main sur la Clavicule et à la mettre à l'abri de ceux qui voulait s'en servir.
Dans ce rôle qu’elle avait endossé afin de mieux lui plaire et de dissimuler sa véritable identité, elle avait passé sous silence beaucoup de son histoire, sans jamais vraiment lui mentir. Bien sur elle aurait pu lui dire qu’elle n’était pas une prostitué juive de Jérusalem, mais l’idée semblait être venue si naturellement à l’esprit du prêtre qu’elle ne s’était même pas donné la peine de le nier. Ainsi, elle avait reconstitué autour de cette couverture une vie imaginaire qui était en soit bien proche de la sienne, mais transposée façon moyen orient, ce qui était bien plus facile à jouer que de créer un mensonge de toute pièce. Elle restait évasive la plupart du temps, ne lui parlant que de ce qu’il voulait entendre. Bien sur, lorsqu’il avait fallut aborder le sujet des lettres du Baron Corvo et du fameux journal qu’elle cherchait tant, il avait fallut créer une toute nouvelle intrigue, et fort heureusement pour elle, Armand avait été réceptif et même intrigué par l’histoire. Coup de bol d’être tombé sur un spécialiste de la kabbale, mais d’autant plus dangereux qu’elle devait faire attention à tout ce qu’elle avançait.
L’entendant ainsi faire l’association entre l’oncle dont elle parlait et le véritable rabbin qui lui avait transmit les lettres, elle fit un léger signe affirmatif de la tête, les yeux toujours dans le vague comme si elle était perdue dans une réflexion personnelle. En réalité il n’en était rien, et elle guettait à tout instant les réactions du jeune homme face à ce qu’elle avançait. Et elle fut bien déçue en vérité lorsque ce dernier se lança dans une explication religieuse de la situation dans laquelle elle se trouvait. Même si la plupart du temps elle n’en laissait rien paraitre, elle était toujours extrêmement mal à l’aise lorsque son amant partait dans ce genre d’exposé. Déjà d’une part parce que jouant le rôle d’une jeune juive, elle se devait de proposer des idées théologiques parfois divergentes avec les siennes et que cela lui demandait des heures de recherches pour ne jamais être dans le faux, mais surtout parce qu’aucune de ses deux religions, catholique ou juive, n’était véritablement la sienne. Le concept de Dieu unique tel qu’Armand le présentait était quelque chose qu’elle n’arrivait pas à se figurer. L’idée même d’entité supérieure qui dominait et décidait de chaque mouvement du monde la dépassait. Si la plupart des croyants tendent toujours à penser que leur culte est la seule et unique voie vers le salut, elle-même pensait surtout que toutes ces conneries d’églises et d’encens c’était bulshit. Nul autre qu’elle était à même de décider de son chemin et de quel visage prendrait son avenir, c’était en elle qu’elle comptait pour réussir, en elle qu’elle trouvait la force d’avancer malgré la solitude et l’adversité, elle et aucun barbu flottant derrière la masse nuageuse avec un triangle de lumière derrière le crâne. Et même si elle ne pouvait éliminer l’idée selon laquelle il y avait bien quelque chose (et pas quelqu’un) à l’origine de tout, il était clair pour elle qu’il avait autre chose à foutre que de l’empêcher à atteindre son but.

Même si elle sentait l'état euphorique redescendre après cette tirade presque moralisatrice, cet état ne fut que de courte durée car immédiatement après qu’elle eut formulé sa demande d’aide, Armand y répondit positivement dans la seconde. Relevant les yeux vers lui pour la première fois depuis plusieurs minutes, elle lui offrit le plus ravissant et le plus lumineux des sourires, murmurant un
« merci » à peine audible avant de s’approcher de son visage pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

«Nous aurons tout le temps d’en reparler plus tard… pour le moment, je ne veux plus y penser… je veux juste profiter de cette merveilleuse soirée avec toi. » Dit-elle en se redressant et en remettant en place les plis de son habit noir. Quelque chose lui plaisait dans cette tenue, sans doute la façon dont les voiles bougeaient qui lui donnaient une toute autre façon d'appréhender l'espace. On ne pouvait pas jouer avec ses mouvements ou avec ses charmes là dedans, il fallait être sincère et sans artifice, en somme, un exercice difficile pour elle. S’écartant de la rambarde où ils s’étaient accoudés face à la mosaïque, elle fit quelques pas en arrière, avançant lentement entre les œuvres, les yeux vers le plafond ouvragé et le talon résonant sur le marbre lisse. Puis elle se retourna et lui tendit la main, souriante, aimante, et sincère, bien malgré elle.

« On continue ? Je me demande quelles surprises cet endroit me réserve encore… »





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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty22.12.17 15:59


   

Bons baisers de Rome




Armand était peut être un gentil garçon élevé dans le respect de la foi catholique, mais cela ne faisait pas pour autant de lui un idiot. En dehors de ses qualités morales, il avait su tirer son épingle du jeu et construire lui même les remparts solides de son intelligence. Et il maîtrisait suffisamment la dialectique pour ne pas se laisser berner par les paroles mielleuses d'une femme. Il esquissa un petit sourire arrogant et laissa ses doigts étreindre ceux d'Anahia.


« N'essaye pas de me faire croire que nos avis convergent mon amour. Tu n'es absolument pas d'accord avec moi. Mais tu as le droit d'avoir ta propre opinion et il me faudrait être stupide pour ne pas l'accepter. » Il y avait quelque chose de brûlant dans ses yeux. Il avait envie d'en découdre, de parler jusqu'à la convaincre, mais il usait de sagesse pour se refréner. « Il y a des choses que l'on ne conçois pleinement que par soi même, et je souhaite de tout mon cœur que tu finisse un jour par comprendre ce que je veux te dire. Par pour me targuer d'avoir eu raison, mais parce que je pense que cette idée peut t'apporter beaucoup. Le besoin de satisfaction est un vice, et si tu te détache de cela, alors ni la frustration, ni l'envie n'aurons d'emprise sur toi. J'espère un jour être capable d'user d'autant de volonté pour anéantir toute mauvaise ambition, et ne me concentrer que sur ma persévérance nue et désintéressée. Crois un occultiste qui te parle sérieusement, il y a des secrets que l'on ne trouve qu'une fois cet état atteint. La finalité telle que tu la conçois est un piège de la conscience humaine qui est par nature égocentrique. Et une découverte engendre toujours davantage de questions dans l'esprit de celui qui sait poursuivre au delà des apparences. Nos musées sont vides amore, même si grâce au ciel ils ont évité un sort bien pire. Regarde autour de toi, il n'y a que des statues arrachées à leurs monuments, des fresques et des bas reliefs détachés au burin des murs de leurs temples, des tableaux et des retables saisi dans les palais et les églises. Tout ce qui est parvenu jusqu'à nous n'est que le dernier grain de sable qui n'a pas été emporté par le vent. Les dunes bougent mon amour, et le désert engloutit tout aussi sûrement que le temps fait son œuvre. »


Il lui caressa la joue d'un air sérieux avant de reprendre avec plus de légèreté.


« Mais j'aimerai beaucoup que tu me montre les lettres de ton oncle. Si ce grain de sable que tu cherche existe encore, alors nous devons tout faire pour le retrouver. Et si Dieu le veut, alors nous le transmettrons à nos enfants. » Il s'empourpra d'un coup et baissa les yeux en se détournant. « Je veux dire, aux générations futur. »

Armand avait l'air incroyablement gêné, si Satan voulait bien arrêter de lui faire ouvrir sa putain de bouche aussi... Être proche de cette femme lui causait un grand trouble qui s'amplifiait de jour en jour. Il s'était mis à aimer de nouvelles choses, mais aussi à désirer des choses qui jusqu'ici le laissaient totalement indifférent, ou bien le répugnait. Déjà son corps féminin présentait une attraction tout à fait inédite, et maintenant il avait du mal à fantasmer sur autre chose que ses courbes ou ses hanches. C'était bouleversant et très épuisant. Refaire son coming out à l'envers lui donnait l'impression de balayer sa personnalité, d'avoir été transformé en quelqu'un d'autre.

Et le pire était venu il y a quelques semaines sous la forme d'une idée assurément chuchotée par le Diable lui même. Il venait visiter sa maîtresse trois nuits par semaine, ce qui pour un amoureux transi semblait bien peu, mais en même temps il ne pouvait pas découcher plus souvent sans que cela soit mal vu. Pourtant il ne souhaitait rien de plus que d'être en permanence avec elle, de partager son toit et chaque moment de sa vie. Ses recherches tournaient au ralenti, et ses activités religieuses ne trouvaient plus grâce à ses yeux. Il souffrait d'ennui et d'impatience, guettant l'instant où il pourrait s'éclipser pour la rejoindre. Son oncle le rappelait de temps en temps à l'ordre quand à ses obligations, mais il laissait beaucoup faire car il n'avait absolument pas conscience que son protégé se détournait de sa voie.

Non seulement il avait l'impression d'être une toute autre personne, mais en plus Armand se sentait déchiré. Les moments en sa compagnie étaient si heureux, et ceux loin d'elle lui arrachaient l'âme. C'était de plus en plus difficile de la quitter pour revenir au Vatican, et il commençait à se demander pourquoi est ce qu'il s'infligeait autant de souffrance. Il aurait été tellement plus simple et confortable de ne jamais la laisser, et pourquoi pas se faire sa vie avec elle. Au début le fait d'avoir une maîtresse cachée l'amusait, mais rapidement il s'était mit à souhaiter davantage. S'étant extirpé à grande peine d'un mariage arrangé organisé par sa détestable famille, il avait toujours eut ce concept en horreur. Où en tout cas il ne se voyait pas dans ce schéma, car il adorait assister à des célébrations et voir des couples heureux. Mais lui avait fait définitivement un trait sur ça, ou plutôt c'est ce qu'il pensait jusqu'à très récemment.

Cela lui était venu dans un rêve, l'image éthérée de la femme qu'il aimait, d'un foyer agréable et d'un enfant à venir qui arrondissait sa silhouette. C'était fugace, mais à son réveil il en était ressortit très marqué. Et après un temps de réflexion extrêmement court, il avait reconnu que c'était ce qu'il désirait le plus au monde. Si à ce moment là son oncle avait eu des suspicions sur ses intentions, il aurait été outré par un tel manque de sérieux et lui aurait mis deux pairs de claques. Le cardinal se reprocha longtemps de ne pas avoir été assez attentif, de ne pas avoir écouté ses problèmes comme l'aurait fait un ami.
Au lieu de cela Armand cultivait dans son cœur un secret qui s'avéra être la plus grosse connerie de sa vie. Impétueux et désespéré, il rêvait de claquer les portes du Vatican, de fuir ses obligations vis à vis de l'Ordre, de renoncer à ces vœux qui ne lui ressemblaient plus, d'envoyer chier tout le monde et de partir avec Anahia construire une autre vie ailleurs. Bien entendu il ne lui en avait pas touché le moindre mot, mais il ne se doutait pas une seule seconde qu'elle puisse avoir un avis contraire. Après tout elle avait tout quittée pour le rejoindre à Rome, et elle recommencerait certainement pour aller s'installer ailleurs avec lui. Assurément elle l'aimait de tout ses forces pour avoir abandonnée sa famille de cette façon, et être partit en terre étrangère devenir la maîtresse d'un petit légat du pape. Armand ne doutait absolument pas de son amour, et c'est pourquoi ce soir il s'apprêtait à faire ce qu'il savait faire de mieux : mettre les gens devant le fait accomplit.


« Allons voir la chapelle. »


Elle voulait des surprises ? Elle allait être servie. Tenant sa main dans la sienne, il la guidait à travers les couloirs somptueux. A l'intérieur de sa poitrine son cœur battait à mille à l'heure. Pendant des jours il avait réfléchi à comment se déclarer, et surtout quoi lui dire. Les mots tournaient dans sa tête, jusqu'à l'étourdissement. Il avait du mal à la regarder, comme s'il avait peur qu'elle devine dans ses yeux quel tourment était en train de lui broyer les entrailles. Pour la première fois il avait peur qu'elle dise non, et fut presque tenté de tout arrêter. Mais il n'y aurait sans doute pas de meilleur occasion, ni de plus bel endroit au monde. Le Vatican était un véritable enchevêtrement de bâtiments, et tout en essayant de canaliser son stresse, il l'entraîna dans un édifice minuscule coincé derrière la plus grande basilique du monde. Elle ne lui avait jamais spécifiquement demandé de visiter cet endroit extrêmement célèbre, mais comme il voulait l'éblouir et qu'il avait l'influence nécessaire pour cela, alors il avait prit les devants.

Un portier les attendait, et Armand le salua de cette façon discrète et particulière que les Roses pouvaient avoir entre elle. Il était confiant car il savait que cet ami ne le trahirait pas, même s'il n'aima pas le regard qu'il posa sur Anahia. Non seulement il ressentit une profonde jalousie s'allumer en lui, mais en plus il se sentit très mal qu'un de ses subordonnés la voit dans cet habit. Quelle idée aussi de se balader avec le voile des carmélites... Il ne se donnait pas jusqu'au matin pour entendre des plaisanteries à son sujet... Mais peut importe, il connaissait le seul témoin de cette soirée et il pouvait très bien faire de sa vie un enfer si jamais il ne gardait pas sa langue. Il lui chuchota en italien qu'il l'appellerait quand il voudrait partir, et lui donna congés. Armand regarda le pauvre homme s'en aller, se demandant ce qu'il pouvait bien penser de tout cela.

Tenant la main d'Anahia dans la sienne, il pénétra en premier dans la salle d'un noir d'encre. Il faisait froid, et une fois la porte poussée, il était impossible de distinguer quoique ce soit. Seule une faible lumière passait par les fenêtres en hauteur, qu'on ne pouvait distinguer qu'une fois ses yeux habitués à la pénombre. Glissant ses bras autour de sa taille, Armand l'embrassa avec une certaine ardeur. Au fond de lui il était terrifié et avait besoin de se donner du courage. Puis il relâcha son éteinte, cherchant sa baguette dans les plis de sa cape.


« Tu as ta baguette ? A trois on éclaire. Un... deux... »


Lumos. Une étincelle dorée sortit de la pointe de leurs baguettes, les enveloppant dans un halo de lumière. Ils distinguaient à présent les enchevêtrements de marbre géométriques sous leurs pieds, les grilles tout contre eux qui séparaient le profane du sacré, et loin dans les hauteur les formes vagues des fresques que l'on apercevait à peine, comme des géants tapis au delà des étoiles. Gardant toujours sa main dans la sienne, Armand l'encouragea à avancer. A la lumière ténue de leurs baguettes les fresques semblaient mouvantes, presque vivantes.

« Carter n'avait sans doute pas de meilleur lumière quand il est entré dans le tombeau. N'as tu pas l'impression que nous explorons une caverne ? Approchons nous un peu de l'autel que tu vois les peintures de près. »


Lui lâchant la main, il se signa en montant les marches. Dieu était partout dans cet endroit, et c'était le seul témoin qu'il voulait avoir. Armand la laissa admirer la fresque autant quelle le voulait, l'observant de loin en souriant. Il cherchait encore ses mots. Puis prenant son courage à deux mains, il glissa ses doigts dans une des poches dissimulées dans la doublure de sa cape, et sortit ce qui sembla être un carré de velours pourpre.


« Anaria, je voudrais te montrer ceci. Il s'agit de quelque chose de très rare que j'aimerai te donner. » Il ouvrit le tissus et révéla deux anneaux dans un métal pareil à l'argent mais qui développait à la lumière des nuances subtiles de bleu. « Ces anneaux ont été façonnés dans un métal inconnu de ce monde, et dont le nom ne peut pas se traduire. Il n'existe qu'un endroit dans l'univers où cette matière existe, et je me suis rendu là bas pour t'en ramener. Aux confins de Zakaï, au delà des bosquets sombres des forêts brumeuses de Kaelid, se trouvent les montagnes endormies. Et dans leurs ventres vivent des êtres rampants, des genre de semi Gouleh qui creusent inlassablement les profondeurs de la terre à la recherche du minerai. Je suis allé là bas par la voie des rêves, et j'ai fait forger ces deux anneaux pour nous. »

Respirant difficilement, il posa un genou à terre puis le second, la fixant avec une expression désespérée et transie. Il y avait une émotion intense dans sa voix.


« Tu as quitté ton pays et ta famille pour me suivre, et je n'arrive même pas à concevoir comme cela a du être difficile pour toi. Alors j'ai laissé mes rêves me conduire aux confins des mondes connus et je t'ai rapporté la chose la plus précieuse que j'y ai trouvé. Je veux que tu sache que je suis prêt à entreprendre tout les voyages pour toi, même les plus périlleux. J'aime mon pays mais pas autant que je t'aime, et je réalise que sans toi ma vie serait un océan de souffrance. Je ne sais pas comment j'ai fait pour survivre tout ce temps sans te connaître, et maintenant la moindre seconde passée loin de toi me semble intolérable. Je veux quitter Rome, je ne m'y sent plus à ma place, et la vie religieuse ne m'apporte plus la moindre joie. Et... et il m'apparaît insoutenable cette façon dont tu es traitée, comme une vulgaire maîtresse alors que tu représente tellement plus pour moi. Tu mérite tout les honneurs. Je voudrais que tu sois ma femme, comme je voudrais te faire des enfants. Quittons Rome avant que cette vie nous étouffe. Il existe des milliers d'autres mondes semblables à celui ci, nous pourrions en trouver un qui nous conviendrait et dans lequel nous coulerions une vie paisible. Je t'aime, je t'aime plus que je n'ai jamais aimé qui que ce soit. La seule chose que je désire c'est passer mon existence à tes côtés, car j'ai le sentiment profond et inébranlable que c'était ce que j'attendais depuis tout ce temps. Je suis né sous une mauvaise étoile, mais j'ai toujours su qu'il avait quelqu'un pour moi quelque part. Tu es mon âme sœur Anaria, mon étoile jumelle. Un seul mot de toi mon amour et je renie mon sang, mon pays, mon Dieu et mon Ordre. Mes vœux ne me causent plus qu'une infinie souffrance car ils m'empêchent de vivre la vie dont je rêve à tes côtés. Je veux fuir tout ceci et ne me consacrer plus qu'à ton bonheur. Marions nous maintenant, et au petit jour nous aurons disparus de la surface de cette terre. Ni la Rose, ni le Temple, ni aucun gouvernement ne saura t'arracher à moi, et je te jure devant Dieu que je t'en défendrais même si cela doit m'en coûter la vie. »


Il refréna un peu la colère qui montait en lui à cette simple idée et la regarda avec un air doux, presque suppliant.

« Il n'existe pas un autre homme qui t'aime autant que moi, et crois moi j'ai arpenté tout les mondes qui nous entourent. »
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Anahia Tal'ahjon

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty27.12.17 12:40


Bons Baisers de Rome
ft Armand et Anahia


Sa main prise dans la sienne, Anahia suivait le jeune prêtre dans les couloirs labyrinthiques du musée du Vatican, laissant son regard glisser sur les œuvres innombrables qu’ils croisaient. Mais contrairement à la sensation d’euphorie qu’elle avait éprouvée en entrant dans le bâtiment et en écoutant l’exposé érudit de son guide, elle sentait en elle comme monter une appréhension qu’elle dissimulait sous un grand sourire charmé et charmeur. Bien sur, elle était satisfaite du résultat auquel la petite conversation qu’ils avaient eu devant la mosaïque de la Rotonde les avait mené : le jeune homme acceptait de l’aider. Mais il en était également ressorti des choses qui ne lui plaisait que bien moyennement. La jeune femme aimait écouter son amant parler, elle aimait cette connaissance qu’il avait et s’en nourrissait avec plaisir, mais si elle se plaisait à l’entendre parler d’art et de culture, elle n’appréciait que très peu les moments où le jeune homme lui rappelait qu’il n’était ni plus ni moins qu’un membre de l’église de Rome. Ses sermons à peine dissimulés sous une couche de politesse et de bonnes manières avaient de plus en plus tendance à l’exaspérer et elle devait se faire violence envers elle-même pour ne pas simplement l’envoyer chier lorsqu’il partait sur des envolées lyriques à base de péchés et de blablabla dieu nous met à l’épreuve blablabla c’est notre faute à nous pauvres petits êtres perdus blablabla nous ne méritons que ce qui nous arrive. Bien qu’il le niait, Armand n’était rien d’autre qu’un homme, et comme tout homme, il aimait penser et prouver qu’il avait raison plus que les autres. La sorcière ne pouvait pas lui en vouloir, étant elle-même sujette à cette particularité de la nature humaine, mais plus le temps passait et plus ces petites piques étaient difficiles à supporter. En générale, elle le faisait taire en l’embrassant ou en s’adonnant à quelques subterfuges que certains qualifieraient de gentiment pervers, mais un jour ou l’autre elle savait qu’elle ne supporterait plus de jouer ainsi le rôle de la douce ingénue. Le prêtre avait beau être plus jeune qu’elle (chose d’ailleurs qu’elle lui avait dissimulé) de quelques années, il avait tendance à se présenter comme si lui-même avait des années et des années de travail, de recherche, et de voyage de plus qu’elle. Cette façon dont les hommes d’églises avaient de voir dans tout à chacun des enfants immatures et irréfléchis était chaque jour plus agaçante, mais il lui fallait composer avec. Mais finalement, ce qui l’inquiétait le plus dans toute la belle tirade que venait de lui sortir le sorcier, ce n’était pas cette prétention et ce machisme tout dissimulé sous une couche bien maîtrisée de belles paroles, mais plutôt un lapsus qui lui avait échappé sans prévenir : leurs enfants…LEURS ENFANTS !!!!!????
Sur le coup lorsque le prêtre avait lancé le mot terrible, elle avait faillit s’étrangler mais avait réussi à garder un calme naturel qui était tout le contraire de ce qui se passait dans son esprit. Anahia ne voulait pas d’enfant, ni avec lui, ni avec aucun autre, elle ne voulait pas d’enfant, jamais. Cet état de fait était une décision murement réfléchie qu’elle avait prise des années plus tôt et à ce jour personne n’avait encore réussi à lui faire changer d’avis. Il ne fallait pas se méprendre, elle adorait les enfants, et elle adorait passer du temps avec, leur faire découvrir des choses, leurs apprendre tout ce qu’elle avait appris, mais malgré cela, c’était un investissement dont elle se sentait parfaitement incapable. Avoir sous sa responsabilité une vie à part entière autre que la sienne, devoir lui donner tout ce qu’on est pour l’aider à devenir à son tour adulte, s’oublier au profit de cet autre. Voila quelque chose auquel la jeune femme n’était pas prête d’adhérer, et encore moins avec un prêtre italien au crâne bourré de principes conservateurs et archaïques. Peut être avait-elle été un peu trop loin dans son rôle de femme parfaite, peut être lui avait-elle un peu trop donné la folie des grandeurs pour que soudain le prêtre qu’il était développe cette soudaine envie de se reproduire. Il allait lui falloir réfréner ses ardeurs au plus vite, et surtout vérifier si ce qu’il venait de lancer était un véritable désir ou bien un délire du moment. Armand était un passionné, dans tous les sens du terme, ce qui dans le cas présent lui était aussi pratique que cela pouvait devenir dangereux pour elle. Il faudrait donc surveiller ça de près.

Avançant dans les couloirs déserts, Anahia jeta un coup d’œil au jeune homme qui ouvrait la marche. Le sorcier était anxieux, ça se voyait comme un nez au milieu de la figure. Il avait les mâchoires serrées, le regard craintif, presque fuyant. Ignorant si cet état était de son fait, ou bien parce qu’il avait subitement peur de croiser quelqu’un ou quelques formes fantomatiques, elle le suivi pourtant sans rien dire, assez heureuse en vérité de se voir conduire vers ce qui était sans aucun doute la plus belle salle du musée. Immédiatement lorsque le prêtre avait mentionné le mot « chapelle », elle avait compris où ce dernier comptait à présent la conduire. Il y avait de nombreuses chapelles au Vatican, mais il y en avait une plus que les autres qui méritait d’être le point final et culminant de leur visite nocturne. La jeune femme en oubliait presque les doutes qui l’avaient saisit un peu plus tôt et retomba dans un état d’excitation certain. Depuis qu’elle avait posé le pied à Rome, elle avait rêvé de pouvoir contempler ce chef-d’œuvre de l’art de la Renaissance décoré d’une main de maître par nul autre que Michel Ange lui-même. Pourtant, peut être parce qu’elle attendait de pouvoir le faire avec son guide préféré, elle n’y avait encore jamais mis les pieds, se contentant des innombrables reproductions que l’ont pouvaient trouver dans la ville romaine.

Arrivés enfin devant les portes rouges de la chapelle, la jeune femme fut étonnée de voir une silhouette d’homme qui semblait comme les attendre. Détournant le regard pour éviter au maximum à l’homme de voir son visage, elle se perdit dans la contemplation d’une frise en stuc particulièrement remarquable. Même si l’accoutrement dans lequel elle se baladait présentement ne permettait pas de la voir ou de la reconnaitre, et qu’elle savait très bien que l’ensemble de l’ordre auquel son amant appartenait connaissait sa présence dans la cité, elle préférait au maximum se dissimuler à leur vue pour leur donner le moins possible la possibilité de retenir son visage. Sans un mot, l’homme ouvrit les portes et les laissa là. Sans rien ajouter, la jeune femme avança à la suite de son compagnon dans l’obscurité de la chapelle. Il faisait un noir de plomb là dedans, mais également un froid glacial, comme si on avait oublié de chauffer la pièce depuis longtemps. Mais heureusement la quantité impressionnante de couche de voiles qu’elle portait lui empêchait de ressentir la morsure du froid, hormis sur ses joues. Les yeux perdus dans les méandres des ténèbres, Anahia sursauta lorsqu’elle sentit les mains d’Armand lui prendre la taille et se rapprocher d’elle pour l’embrasser avec passion. Il y avait quelque chose d’impulsif dans ce baiser, comme si le jeune homme y cherchait quelque chose. Une impression étrange la parcouru.
Obéissante, elle sortit sa baguette de sous sa robe et la leva au dessus de sa tête, sa main libre serrée dans celle du sorcier. Alors qu’elle levait les yeux vers les murs, elle sentit son cœur battre de plus en plus fort. Soudain, après un rapide compte à rebours, les deux baguettes s’allumèrent, projetant dans l’espace de la pièce sacrée des halos de lumière chaude et réconfortante qui firent timidement apparaitre les motifs peints autour d’eux. Écarquillant les yeux, la sorcière se laissa doucement guidée, tendant sa baguette vers les fresques afin d’en voir tous les détails. Elle avait beaucoup lu sur la chapelle Sixtine, mais tout ce que les livres racontaient n’était rien face à la toute puissance du maniérisme. Passant tour à tour devant les différentes scènes qui se proposaient à elle, elle se sentait étonnamment émue de voir ainsi ces images d’une religion qui n’était pas la sienne. Il fallait bien reconnaitre qu’en termes d’art, les chrétiens avaient toujours su s’entourer des meilleurs. Fascinée par la force qui se dégageait des regards des personnages bibliques, par la puissance musculaire de ces hercules peint par Michel Ange, elle en était presque à regretter de les découvrir dans une lumière si pauvre, car cette dernière ne donnait qu’une idée toute relative des couleurs splendides utilisées par le maître et révélées par de récentes restaurations. Captivée par la contemplation des fresques, Anahia ne remarqua même pas quand Armand lui lâcha la main, ni plus qu’elle écoutait ce qu’il lui disait à propos de Carter et d’une grotte, acquiesçant sans vraiment y faire attention. Arrivant au niveau de l’autel, elle leva les yeux vers la représentation du jugement dernier. La composition presque chaotique, l’enchevêtrement de tous ces corps nus, il y avait presque quelque chose de surprenant et d’amusant à savoir qu’une telle œuvre prenait place dans un des lieux les plus sacrés de la cité vaticane. Levant le regard, elle fut déçue de voir que la portée de la lumière de leurs baguettes de leur permettait pas de discerner comme elles le méritaient les immenses et sublimes voûtes peintes qui s’étendaient plusieurs mètres au-dessus d’eux. Elle fut tentée un instant de lancer un sortilège pour pouvoir voir enfin la célèbre Création d’Adam, ou encore Adam et Eve croquant à la pomme tendu part la seule figure biblique pour qui elle avait jamais éprouvé de la sympathie, mais quelque chose détourna son attention. Armand, tout proche d’elle, venait de sortir de son manteau un petit morceau de tissu qui semblait être du velours. Intriguée, la jeune femme se tourna vers lui afin de lui faire face, reportant son regard sur lui et sur ce qu’il semblait vouloir lui offrir. Le sourire qui jusqu’alors étirait ses lèvres se figea alors dans un rictus, puis disparu totalement. Son cœur qui battait de l’excitation de voir enfin sous ses yeux les merveilles de l’art murale de la Renaissance bondit dans sa poitrine dans un mouvement d’intense panique.

Ecoutant à peine le récit pourtant captivant d’Armand, elle restait perdue dans la contemplation de ces deux anneaux au métal étrange que le jeune homme tenait dans sa paume ouverte. Qu’est ce que c’était que cette connerie ? Qu’est ce que ça voulait dire ? C’était très gentil d’aller aux confins des mondes afin de lui chercher un présent, mais pourquoi y avait-il DEUX anneaux, semblables en tout point ? Que cherchait-il à faire vraiment ? Soudain, une crainte s’empara d’elle, et la vraie raison qui avait poussé le jeune prêtre à l’amener entre les murs de ce lieu saint lui apparue alors à l’esprit. Cette hypothèse se vit confirmée lorsque l’homme posa un genou puis le second à terre. Fort heureusement pour elle, elle avait baissée sa baguette, plongeant ainsi son visage dans l’ombre incertaine de la chapelle, dissimulant une expression de panique que traduisaient ses traits. Il était bien trop tard pour calmer les ardeurs du jeune homme, il était déjà parti bien trop loin dans un désir absurde pour que quiconque ne l’en ressorte. Mais qu’est ce qu’elle avait fait bon sang ?! Ça n’était pas du tout au programme ça, pas du tout dans le plan qu’elle avait prévu. Bien sur, elle s’attachait de plus en plus au jeune homme, appréciait sa présence et sa personne plus elle apprenait à le connaitre, mais jamais elle n’aurait imaginé qu’il puisse un instant envisager la perspective du…mariage. Même si une infime partie de son inconscient était touchée par l’attention qu’Armand lui portait, le reste de son être était comme tétanisé, incapable de réagir au choc terrible qu’elle venait de recevoir en pleine face. Le manège qu’elle avait monté pour se mettre le sorcier dans la poche et l’utiliser venait de se retourner contre elle, l’enfermant dans un piège dont elle ne trouvait à l’instant pas la moindre issue. Les murs de la pièce qui un instant plus tôt lui avait apporté tant de fascination semblaient à présent se refermer sur elle, comme une cage pour emprisonner un animal sauvage. Dire non, c’était perdre assurément un allier précieux et indispensable, perdre aussi un homme qu’elle avait appris à apprécier, voir même à aimer, mais dire oui l’enchainait à lui de façon irrévocable et cette perspective l’horrifiait. Le mariage était comme les enfants pour elle, quelque chose qu’elle réservait aux autres plutôt qu’à elle, surtout dans un contexte dans lequel ils se trouvaient, surtout quand on savait tous les mensonges qu’elle lui avait sorti pour arriver à ses fins. Armand ignorait tout d'elle, ne connaissant que le tableau qu'elle lui avait peint, et elle savait que la personne qu'il aimait n'était pas celle qu'elle était réellement. Elle craignait également qu’un refus retourne le sorcier contre elle. Dans le fond, elle ne lui voulait aucun mal, même plus, elle avait appris à chercher son bonheur, en tirant elle-même de la joie et du plaisir. Mais là c’était trop, c’était s’enfoncer beaucoup trop loin dans une mascarade grotesque dont il lui serait impossible de se dépêtrer. Mais avait-elle seulement le choix ? Maudissant intérieurement l’homme qui se trouvait à genou devant elle, maudissant l’ensemble des italiens et des catholiques mais aussi de cette mission qui lui faisait perdre pied, elle se mit à réfléchir aussi vite que possible, analysant dans son esprit toutes les possibilités qui s’offraient à elle et qui n’étaient pour la plupart pas bien réjouissantes. Il fallait qu’elle se décide rapidement, en quelques secondes à peine, afin de ne pas donner au jeune homme l’impression qu’elle était prise de doute.


« Oh Armand… » Commença-t-elle, pas encore sure de la pertinence de ce qu’elle allait dire. « Bien sur que j’accepte !! » Dit-elle dans un italien tinté d’accent étranger en essayant de donner à sa voix tout l’enthousiasme et la douce joie qu’aurait du insuffler une telle demande à son personnage. « Bien sur que j’accepte d’être ton épouse, rien au monde ne me rendrait plus heureuse !! »

S’agenouillant à son tour, un rire un peu nerveux mais un sourire d’apparence radieux aux lèvres, elle tendit les bras vers son amant et le serra contre elle, le sentant lui rendre son étreinte.

« Je suis tellement heureuse !! » Lâcha-t-elle alors qu’elle sentait son cœur au bord de l’explosion et une intense envie de vomir s’emparer de ses entrailles. Une part d’elle se disait qu’elle était en train de faire la plus grosse connerie de sa vie, mais il était trop tard pour faire marche arrière à présent, beaucoup trop tard. Au moment même où elle l’avait amené avec elle sur les hauteurs dominant Jérusalem, elle avait scellé son destin et celui de cet homme avec, mais ce n’était que maintenant qu’elle se rendait compte de l’erreur terrible qu’elle avait alors commise. Au fond d’elle-même, elle essaya d’appeler à l’aide, mais personne ne vint. Elle était seule, et c’était seule qu’elle allait devoir assumer les conséquences de ses actes, et ne pas perdre de vue le pourquoi de tout cela. Oui elle allait se marier, maintenant, tout de suite dans cet endroit sublime qu’elle appréhendait à présent avec beaucoup moins d’admiration. Oui elle allait épouser cet homme, il fallait se faire à l’idée, mais elle savait pourquoi elle le faisait, et cette perspective lui enleva soudain un peu de l’angoisse qui la paralysait.
Se dégageant, elle embrassa avec fougue le jeune homme avant de le regarder avec tout l’amour qu’il souhaitait recevoir.


« Alors, comment fait-on ? » dit-elle avec un grand sourire aux lèvres. « Je ne sais pas comment se passe un mariage chrétien…est ce qu’on doit échanger des vœux ? »




Dernière édition par Anahia Tal'ahjon le 27.01.18 18:53, édité 1 fois
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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty18.01.18 15:32


   

Bons baisers de Rome





Armand manqua presque d'éclater de rire nerveusement quand elle se jeta dans ses bras. Il était à des années lumières d'envisager le tourment qui déchirait Anahia. Pour lui les choses s'étaient fait naturellement, peut être un peu vite ça il arrivait à le reconnaître. Mais leur histoire était flamboyante et passionnée, alors pourquoi attendre ? Il était tombé amoureux d'elle dès leur première rencontre et depuis quelques mois il avait l'impression d'éprouver un tourbillon de sentiments qui ne cessaient de croître. Elle était devenue le centre radieux de sa vie, rendant toutes les autres choses qu'il aimait incroyablement fades et inintéressantes. Il voulait recommencer sa vie à zéro, renaître dans ses bras.  

Elle s'agenouilla à son tour et il l'enlaça avec passion. Elle venait de dire oui, faisant jaillir en lui un puissant sentiment de joie. A cet instant il était le plus heureux des hommes. Serrant fermement son corps drapé de noir dans ses bras, il réalisa qu'il tremblait. L'émotion était très forte et ses nerfs pouvaient lâcher à tout instant. La jeune femme rattrapa son attention en lui posant un problème concret. Et maintenant que fait on padre ?


« Et bien à cause de nos statuts nous ne pouvons malheureusement pas prétendre à un mariage chrétien. Peut être plus tard, quand nous aurons construit notre vie loin d'ici et si tu désires te convertir à ma foi. Ce n'est pas indispensable, ta religion ne me dérange pas et je trouverai même cela dommage que tu coupes les liens avec tes racines. Ce n'est pas le genre de chose que l'on doit faire par amour ou par obligation sociale. Et jamais je ne voudrais être un homme qui te force à quoi que ce soit. Je t'aime comme Dieu t'a faite, sans quoi je ne serais pas prêt à balayer tout ce que je suis pour vivre à tes côtés. »


Il caressa sa joue du bout des doigts, et pendant une seconde sa chevalière d'argent massif refléta la lumière de leurs baguettes avec autant d'intensité qu'une lune pâle. Il souriait, heureux tout simplement.


« Je ne peux pas t'offrir de belle cérémonie, ni de famille pour te tenir compagnie, ni personne pour nous donner sa bénédiction. Je ne possède rien de tout cela, et j'en suis infiniment désolé. Mais si tu m'accepte comme ton mari tu auras à tes côtés l'homme le plus dévoué qui puisse exister. Peut importe quelles épreuves nous traverserons, je sera là pour veiller sur toi. »


Il posa ses mains sur sa taille et lui embrassa chastement la joue, puis l'aida à se relever. Autour d'eux il n'y avait que les ombres, et parmi ces ombres des silhouettes fantomatiques se découpant dans les stucs colorés. La lumière était basse, mouvante, chargeant l'atmosphère déjà lourde d'une puissante aura de mystère.


« Est ce que tu ressent la même chose que moi ? » Demanda t il en murmurant. « Ce profond sentiment que nous ne sommes pas seuls. Dieu est partout, tout le temps. Mais il existe dans le monde des lieux comme celui, où sa présence est si écrasante que l'on dirait qu'il est prêt à se manifester devant nous. » Un fin nuage de fumée blanche s'échappa de son souffle. Il faisait très froid, presque anormalement froid. « Respire lentement, c'est comme si l'air était liquide tu ne trouves pas ? » Il prit ses mains dans les siennes pour les garder au chaud et lui sourit. « C'est le seul témoin que je voulais avoir. Je me fiche de l'approbation de mon oncle ou de Rome, en vérité ici il n'y a que nous deux, sous le regard bienveillant de Dieu. »

Il prit le plus fin des deux anneaux et lui présenta avec une certaine solennité. Plus tard elle prendrait le temps de déchiffrer les mots gravés dans le métal précieux. « DEDITUS AD VOS » Contre sa peau, à jamais.


« Sur cet anneau je jure de t'aimer et de te protéger jusqu'au delà de la tombe. Il ne se passera pas un jour de mon existence que je ne consacre à construire ton bonheur, car désormais tu représentes le centre de mon univers. Rien ne peut me combler davantage que te savoir heureuse. Je m'engage à toujours être présent à tes côtés et à te soutenir et te protéger. Quiconque te voudra du mal aura affaire à moi en premier lieu. Je saurais me montrer impitoyable, balayer tes ennemis dans la tempête. Il n'y aura ni douleur, ni tristesse, ni colère dans notre foyer car je serais là pour veiller à ton bonheur absolu. Mon respect éternel t'es acquis, comme ma dévotion. Je t'apporterai tout ce que tu désires et tu ne manqueras de rien. Je voudrais être ton ami, ton amant et un père exemplaire pour tes enfants. Je chérirai notre famille aussi fort que je t'aime, car tout ce qui découle de ton sang est sacré à mes yeux. Je n'ai pas de famille à t'offrir aujourd'hui, mais nous pourrons en construire une, et façonner ensemble notre avenir commun. Nos enfants seront élevés selon nos deux croyances, car ce qui fait ton identité et ton bonheur fait également le mien. Il n'existe rien qui ne me plaît pas en toi, et mon amour couvre toute l’entièreté de ton âme. Je l'ai remarqué dès que tu m'as adressée la parole. J'ai vu le soleil incandescent qui brûle à l'intérieur de toi, et les yeux opales de ton âme dardés sur moi. Tu es mon étoile jumelle, et tu es apparu dans ma vie à un moment où j'avais presque cessé de croire en toi. Je ne pourrais jamais te remercier assez pour cela, alors le moins que je puisse faire après tout c'est veiller à ce que tu sois heureuse éternellement. Anaria mon amour, est ce que tu accepte de prendre pour époux l'homme qui se tient devant toi, et qui de toute évidence t'aime plus que sa propre vie ? »
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Anahia Tal'ahjon

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ϟ Métier : Professeur de divination à l'école de Magie d'Ilvermorny ϟ Âge : 38 ans ϟ Race et sang : sorcière Mohawks ϟ Particularité : voyance ϟ Statut civil : Mère célibataire

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty27.01.18 18:56


Bons Baisers de Rome
ft Armand et Anahia



Peut être avait-elle encore le temps, quelques minutes, quelques secondes ? Peut être pouvait-elle encore tout lui dire, lui dire toute la vérité ? Lui dire qu’elle n’était pas une prostituée juive mais une sorcière canadienne, lui dire pourquoi elle l’avait accosté dans ce bar, lui dire pourquoi elle avait tant cherché à se rapprocher de lui. Il comprendrait peut être, après tout, c’était un garçon intelligent et bon, et n’était-il pas, comme il le scandait sans cesse, fou amoureux d’elle ? C’était peut être un risque à prendre, peut être qu’il serait un peu choqué par la révélation, peut être qu’il prendrait un temps pour réfléchir, peut être qu’il finirait par revenir vers elle en fin de compte et qu’ils pourraient reprendre leur relation au début, de façon simple et sincère.
Comme elle aurait aimé en cet instant être plus prévoyante, comme elle aurait aimé voir venir cette machine infernale dans laquelle il venait de l’embarquer. Mais après tout, c’était elle qui avait initié toute cette histoire. Elle aurait très bien pu se contenter de lui servir un verre, à la rigueur de le pécho dans un coin un peu discret du bar et de lui piquer quelques cheveux qu’elle aurait glissé dans une fiole de polynectar afin de s’introduire au Vatican afin d’y récupérer ce qu’elle convoitait. Mais à ce moment là elle ignorait qu’elle avait ferré un aussi gros poisson, elle ignorait même si le dit poisson allait bien pouvoir lui servir à quoi que ce soit. Elle ignorait même s’il survivrait à cette foutue escapade entre bro à capuche dans le désert. Tout son joli petit plan n’avait été bâti que sur des « si », et jamais elle n’avait pensé que tout fonctionnerait aussi bien. Trop bien elle s’en rendait compte à présent.

L’espace d’un instant, elle pensa à retourner sa baguette magique contre lui et à le stupéfixer. Elle aurait ainsi tout le loisir de reprendre ses esprit, de lui jeter un sortilège d’amnésie bien puissant et de s’enfuir le plus loin possible en emportant avec elle un beau paquet de biftons pour appuyer l’idée de la pute vénale qui avait prévu depuis le début de se tirer avec le magot. Tous ses ptits copains curtons seraient bien peinés pour leur poto qui se serait fait rouler dans la farine par une fille de bien petite vertu, mais personne ne se lancerait à sa poursuite et elle serait libre. L’amnésie enlèverait peut être aussi au jeune homme l’envie de se jeter dans le Tibre, chose qu’elle aurait bien voulu éviter dans la mesure du possible. Bien sur, il faudrait trouver une explication à donner à la Cour, mais la piste du journal du Baron Corvo n’était sans doute pas la seule encore existante, et avec le temps, elle trouverait le moyen de leur ramener cette putain de Clavicule.

Mais c’était trop tard, elle s’était avancée trop profondément dans le marécage du mensonge et il lui était à présent impossible de s’en sortir tant elle s’y était embourbée.
Prise d’une peur panique sourde qui la faisait trembler bien plus que le froid environnant, elle assistait impuissante, sans vraiment comprendre à quel moment elle avait perdu le contrôle, à son propre mariage.
Elle avait comme la sensation d’avoir quitté son enveloppe charnelle et d’observer la scène, flottant comme un fantôme dans l’air glacé de la chapelle, se hurlant à l’oreille de faire quelque chose, d’agir, de ne pas faire ça. Mais c’était peine perdu, son moi terrestre restait là, les genoux au sol, figée comme une statue de sel, un sourire un peu crispé aux lèvres. Quelle folie.

Armand lui, malgré le stress qu’elle pouvait voir facilement sur son visage malgré la lumière basse de leurs baguettes, semblait rayonner. Elle l’écoutait lui parler, incapable de véritablement comprendre le sens des mots qu’il prononçait. C’était comme si elle entendait avec un casque, les sons étaient étouffés, comme dans du coton. Par moment, certains ressortaient, mais elle n’arrivait pas à faire le lien entre eux…  « conversion »… « famille »… « Dieu »… Une intense envie de vomir lui tordit le ventre.

Une fumée blanche sortait de sa bouche à intervalle régulier. C’était comme si la pièce était remplie de détraqueurs invisibles qui les observaient comme autant de fantômes terribles pointant leurs mains pleines de croûtes aux doigts accusateurs sur elle.
Elle le sentit l’aider à se relever, chose qu’elle fit avec beaucoup de difficulté. Déjà parce que c’était pas hyper facile de se remettre debout lorsqu’on est recouvert d’un milliard de couches de tissu, mais aussi parce qu’elle avait l’impression que ses pieds, ses jambes, tout son corps avait été changé en plomb et qu’elle devait se battre pour ne pas subir la force qui l’attirait inexorablement vers le sol. Dans le sol.
Tournant la tête, elle acquiesça lentement lorsque le jeune prêtre lui suggéra qu’ils n’étaient pas seuls en cet instant. Mais la présence qu’elle ressentait n’était pas celle de Dieu, non, c’était celle des âmes innombrables qui l’avaient traversés et qu’elle pouvait sentir, entendre, grouiller comme des milliers de fourmis voraces. Depuis qu’elle était partie de chez elle, ces voix qui parlaient dans sa tête s’étaient faites moins présentes, comme si on avait diminué le son de la radio qui diffusait en continu dans son esprit. Mais à cet instant, et pour la première fois depuis des mois, elle les entendait à nouveau, fort, distinctement. Elle les entendait aussi bien que la voix d’Armand à quelques centimètres d’elle. Elle aurait voulu leur dire de se taire, de la laisser réfléchir, analyser la situation, trouver une solution, mais rien n’y faisait. Elle était là, perdue belle et bien, jugée par le regard impitoyable des centaines de paires d’yeux peints sur les murs et les voutes de la chapelle. Se tournant alors vers le jeune homme, elle le vit prendre le plus fin des anneaux entre ses doigts. L’éclat froid que le métal projetait lui serra le cœur. C’était comme mettre un prédateur en cage, avec comme chaîne une bague. Immobile, elle écouta son geôlier lui parler. Ses mots étaient beaux et bien tournés, dignes de l’orateur qu’il était, mais elle voyait entre les lignes le contrat quasi magique qu’il lu proposait. Lorsque le silence revint dans la pièce, il y eut une seconde, une seconde pendant laquelle son cœur cessa tout battement. C’était maintenant, maintenant ou il serait…


« Oui je le veux. »

…trop tard.

L’anneau argenté aux reflets bleutés glissa le long de son doigt fin. C’était incroyable de voir qu’il était exactement à la bonne taille, comme s’il avait été créé directement sur sa peau. Anahia le regarda quelques instants, hagard, puis elle se rappela qu’il lui fallait à présent réagir, agir, et que son tour était venu. Prenant l’anneau plus grand des mains tremblantes de son époux, elle prit une profonde respiration, essayant encore et toujours de sourire malgré la terreur qui cristallisait chacun de ses membres.
Elle fit mine de réfléchir quelques instants. Elle avait toujours été douée en improvisation, mais là on atteignait un niveau qu’elle ne s’était encore jamais permis d’explorer. Armand, lui avait dû réfléchir des heures durant à son joli petit discours, elle allait devoir trouver les mots justes sur le tas, et dans l’état où elle se trouvait, autant vous dire que ce n’était pas chose aisée.  Un petit rire sorti de sa bouche.


« J’aimerai avoir ton aisance là tout de suite… » Elle respira à nouveau profondément, se concentrant comme si elle était sur le point de lancer le sortilège le plus complexe, et elle plongea son regard sombre dans celui brillant du jeune homme. Sa voix était calme, grave, plus sérieuse qu’elle ne l’aurait peut être voulue. « Lorsque j’étais enfant, j’ai, comme beaucoup de petites filles, rêvé de rencontrer un homme beau et bon, un homme intelligent, gentil, qui me ferait rire, un homme cultivé, qui m’accepterait pour tout ce que je suis et que j’aimerai pour tout ce qu’il serait. Un homme capable de m’emmener au-delà de moi-même, de me faire voyager et de m’accompagner dans mes voyages, physiques ou spirituels. Un homme qui me ferait rêver, qui serait ce reflet de moi-même qui m’accompagnerait sur le chemin de la vie. Et je l’ai attendu longtemps cet homme qui serait la moitié qui manquait à mon âme, si bien que j’ai fini par croire qu’il n’existait pas. J’ai cessé de le chercher et j’ai accepté, comme beaucoup, de ne vivre qu’une demi-vie… » Elle marqua une pause, serrant un peu plus sa baguette dans sa main. « Et puis…et puis tu es arrivé… et j’ai compris. J’ai compris que ton âme et la mienne étaient faites pour aller ensembles, comme si elles s’étaient déjà milles fois rencontrées. Aujourd’hui, j’en ai la certitude, ce n’est pas le hasard qui nous a mis l’un et l’autre sur la même route… Il en a toujours été ainsi. Je ne sais pas depuis combien de vie tu croises la mienne Armand Altaïr, mais je sais que nous sommes depuis longtemps prédestinés à vivre chaque aventure ensemble. Tu es mon passé, mon présent et mon futur, comme je veux ce soir et à jamais être le tien. Je veux qu’une fois de plus mon destin soit lié au tien, comme nous le fîmes il y a de ça des âges entourés de murs en ruine, ou encore dans cette clairière entourée de pierres levées. Je veux que ce soir nos différences deviennent notre force et le symbole de notre union, et qu’ensemble nous bâtissions une nouvelle route qui nous mènera vers des rivages enchanteurs. J’ai déjà vu tant de chose, mais je veux toutes les oublier pour naître une nouvelle fois et redécouvrir le monde avec toi. » Sa voix se perdit un instant. La main qui portait l’anneau tremblait. L’air était comme de plus en plus froid. « Acceptes-tu, mon tendre amour, d’entreprendre avec moi ce nouveau voyage ? »



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Armand R Altaïr

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MessageSujet: Re: Bons baisers de Rome - ft Armand   Bons baisers de Rome - ft Armand Empty06.02.18 12:08


   

Bons baisers de Rome




« Oui, je le veux. »
Murmura t il avec une grande solennité.

A son tour Anahia glissa l'anneau irisé à son doigt. Le métal venu de l'outre monde était chaud, et ce n'était évidement pas une impression s'il s'ajustait parfaitement à la main de son porteur. Il était une entité à part entière, dotée d'une volonté propre. Un morceau vivant arraché au ventre palpitant de la montagne, hurlant pour qui était capable de l'entendre, des plaintes déchirantes et de longs gémissements ininterrompus, perdus dans le silence d'une solitude stellaire.

Quand à Armand il éprouvait un état d'émotion auparavant jamais atteins. Et pourtant malgré cela il se trouvait être incroyablement calme. D'ordinaire il serait probablement tombé dans une hystérie impossible à contenir, mais la solennité du lieu et la beauté des paroles prononcées par Anahia lui écrasaient littéralement le cœur, le rendant complètement incapable de pleurer, hurler de joie ou laisser échapper un rire nerveux. Mais il n'était pas froid ou détaché pour autant, il était simplement ému au delà des mots. Ce qu'elle venait de lui dire était inspirant, et il réalisa avec un certain vertige que c'était comme s'ils partageaient les mêmes pensées, les mêmes sensations. Lui aussi avait eut cette impression incongrue d'harmonie entre eux. Souvent elle avait des comportements audacieux, et lui la tempérait par son calme. De même qu'elle savait lui insuffler son dynamisme quand il lui arrivait de manquer de volonté. Leurs deux énergies s'harmonisaient à la perfection, et au fond c'était cela qui l'avait fait tomber aussi gravement amoureux de cette femme, lui qui n'avait jamais osé sortir de son cercle de confort en ne fréquentant que des hommes. Il était véritablement tombé amoureux de son âme, et ce n'était pas qu'une belle formule. Pour qui savait y regarder, il y avait quelque chose en elle qui éclipsait son physique, son charme et même sa conversation. Il y avait une beauté naturelle qui allait au delà des mots, loin dans le domaine silencieux et chaud du sensitif pur. Depuis qu'il la connaissait il avait bien entendu prit goût à ses caresses et à ses attentions, mais en vérité cela était venu bien après. Bien après le véritable coup de foudre, cet instant où sur les hauteurs de Jérusalem il l'avait regardé à travers l’œil de son âme, et avait été transfiguré par une vision irréelle. Il n'avait pas été capable de mettre des mots sur ce sentiment comme elle venait de le faire dans ses vœux, mais au moment où elle les prononça il se reconnu tout à fait en eux et approuva en silence.

Il n'avait pas de don de voyance comme elle, mais l'apprentissage long et éprouvant de la Kabbale avait ouvert son esprit à une certaine forme de double vue. Tout comme il avait été infiniment ému en découvrant les couleurs changeantes et lumineuses de son âme, lui aussi avait été touché par ce qui tenait plus de l'impression que de la vision. Elle distinguait clairement les pierres levées, les ruines des chapelles antiques, lui percevait à peine leur reflet trouble sur la surface de l'eau, mais jamais n'avait eut à douter de leur existence. Les mondes qui entouraient le leur étaient multiples, aussi infinis et étendus que la volonté du Tout Puissant qui les gouvernait tous. Les voyages entre ces mondes il les avait toujours envisagé seul, dans la solitude de son sommeil. Aujourd'hui elle était là, leurs âmes unies l'un à l'autre par un serment éternel.

En sa qualité de prêtre, Armand avait le sentiment que les gens autour de lui ne comprenaient pas les valeurs du mariage tel que lui l'entendait. Pour eux c'était une célébration, une consécration, une promesse d'avenir. Des notions qu'il approuvait en parti, mais qui étaient à ses yeux si faibles et éphémères qu'elles pouvaient disparaître en un claquement de doigts. Il suffisait d'une infidélité, de l'évolution de l'une ou l'autre des personnes, un malheur petit ou grand et les promesses d'amour éternel disparaissaient comme de la fumée. Alors les couples n'avaient plus qu'à signer un papier qui rendait à chacun leur liberté, leur droit de recommencer à aimer ailleurs, à enterrer cet ancien amour qui au final ne les a rendu que malheureux. Du fait de son éducation et d'un tempérament si romantique que cela avait fini par s'imprimer dans sa chair, Armand était muet d'incompréhension face à comment ses contemporains décidaient de mener leurs vies. Pour lui le monde ne tournait pas dans ce sens, et à vint cinq ans à peine il se trouvait être d'un idéalisme féroce quand il s'agissait d'amour. Il aimait Anahia comme on brûle ses navires. Elle représentait le risque et le danger, ce qu'il cherchait à provoquer depuis toujours. Incapable de se raisonner, il tombait amoureux comme on s'abandonne à son sort.

Aujourd'hui il scellait une promesse qui lui interdisait tout espoir de retour, et qui plus que jamais le jetait dans un péril immense. Désormais ils devaient fuir, sans se retourner, et la première hésitation pouvait leur être fatale. Il venait de briser son serment de célibat et envisageait de faire de même avec son vœux d'obéissance. Quand à son oncle, il ignorait totalement les sombres projets qui grandissaient dans l'esprit de son disciple. Certes il savait qu'il avait une maîtresse, mais rien de bien méchant. Au fond il sous estimait grandement son intelligence et son caractère entier. Et longtemps il se le reprocha. S'il avait été un peu plus à l'écoute, un peu meilleur observateur il aurait vu. Il aurait remarqué que ce gamin avait le feu en lui, que non seulement il était capable de mourir d'amour, mais qu'il recherchait ardemment à donner à sa vie les couleurs d'un drame. Il chérissait des projets impossible, comme s'il espérait au plus profond de lui échouer. Et en même temps il était transi de peur. Il savait que fuir avec elle serait dangereux, mais peut être que c'était était le prix à payer, tant cela était beau.

Posant ses lèvres sur les siennes, il l'embrassa avec la force de désespoir. Autour d'eux il n'y avait que le silence, témoin invisible d'un temps suspendu. Pas un murmure, pas un souffle de vent, et pour seule lumière leurs baguettes posées sur le marbre rouge poli par les pas lents de millier de fidèles. Le cœur battant et le souffle court, il tremblait d'émotion. Lentement il joua avec les épingles qui retenaient son voile, et elle vient l'aider libérer sa chevelure. A cet instant elle était plus belle que jamais. Plus belle que la première fois où elle l'intimidait tant qu'il osait à peine lever les yeux, plus belle que chaque nuit qu'il passait blotti contre son cœur. Sous un voile noir qui avait l'austérité de la pierre, se trouvait la plus belle femme du monde, et une fois de plus il se sentit chavirer. S'il y avait bien une raison en ce monde de se damner c'était elle. Enfin elle était là, et en même temps qu'il éprouvait une grande bouffé d'amour, il fut conforté dans son idée. Il ne pourrait jamais rien regretté de ce qui s'était passé cette nuit là. Et peut importe au fond, car au matin ils auraient disparus.

Ou tout du moins c'était ce qu'il avait prévu, mais Anahia eut l'intelligence et le tact suffisant pour le convaincre de reporter leur fuite. Elle lui demandait du temps, ce qu'il consentit à lui donner à grande peine. Car il y avait toujours ce journal à retrouver, ce grand voyage qu'ils avaient encore à vivre, et au bout de la route, la pierre. Fortement intrigué par ce nouveau mystère, Armand accepta de remettre son plan à plus tard. Après tout, avoir en leur possession un objet aussi précieux que la Clave n'était pas négligeable. Elle pouvait d'ailleurs même être leur billet pour la liberté. Dans son esprit naïf se mit à grandir l'idée qu'une fois un présent de cette ampleur remis à l'Ordre, on leur serait suffisamment reconnaissant pour les laisser tranquille. Il avait beau être hautement impliqué dans le groupe, c'était effrayant comme il était capable de voiler la face sur leurs intentions. On ne quittait pas l'Ordre, personne ne le faisait. C'était comme s'il avait complètement occulté cette part de son serment, comme s'il avait oublié qu'il avait déjà juré de leur appartenir jusqu'au delà de la tombe. Comme si deux mois plus tôt dans le désert de Judée il n'avait pas lui même posé les pierres qui avaient servit à emmurer leur frère dément. Même mort il restait l'un des leurs, alors fallait être d'une grande stupidité pour s'imaginer que vivant on pouvait lui donner congé. Sans doute Anahia avait comprit cela, mais elle eut la sagesse de ne pas partager le fond de sa pensée. Il avait déjà un pied dans la tombe, et s'il allait jusqu'au bout de son projet il aurait bientôt les deux.

En fait il planifiait leur chute commune, et cela l'effraya sûrement. Il lui parlait de Kabbale aussi naturellement que si elle comprenait tout, car dans son esprit elle avait forcément des notions issues de sa culture. Il lui parla des mondes qui les entouraient, lui raconta les voyages qu'il avait déjà fait dans les uns comme dans les autres, à quels points ils étaient beaux et idylliques. Il lui avoua avoir déjà trouvé leur cachette, une petit village de pêcheurs aux abords d'une mer aux reflets topaze. Un lieu calme et simple avec une crique bordée de maisons en pisé blanchi, et sur les hauteurs d'une falaise crayeuse, un immense palais aux jardins suspendus. Il y avait quelque chose de crétois dans ce paysage, avec toutefois une impression irréelle de paix lorsque les deux soleils plongeaient à l'horizon, colorant la mer d'or et de pourpre. Armand avait visité cet endroit idyllique en rêve, et avait été aussitôt saisi de l'envie d'y amener la femme qu'il aimait. Il lui raconta longuement le bruissement que faisait le vent lorsqu'il s'engouffrant dans les voiles offertes des galères marchandes qui quittaient le port pour des destinations inconnues. Il lui parla des vins et des huiles issus de plantes propres à ce monde, que l'on transporte dans des amphores de terre rouge et qui ont un goût puissant de miel et myrte. Les couleurs changeantes de la mer, de la chaleur étourdissante de l'été éternel balancée par le vent salé, des grenadiers qui se chargeaient de fruits roses et offraient une ombre bienfaitrice dans le confort des patios. C'était dans ce lieu qu'il voulait vivre désormais, loin des monastères froid et de leurs odeurs parcheminées de tombeau. Disparaître de ce monde et revivre dans un autre, construire une famille sur les rivages perdus de Galaab, avec la mer pour seul horizon.

Lui parler à voix basse des merveilles que ce monde avait à lui offrir, lui permettait d'oublier pour un temps comment ils allaient devoir s'y prendre pour y arriver. Lui avait apprit à voyager entre les plans par la voie des rêves, méthode efficace mais qui demandait une grande force de volonté et de maîtrise de la science méditative. Il ignorait si Anahia saurait apprendre cela, d'autant qu'ils n'avaient pas des années devant eux, et chercha un moyen plus rapide de les mener ensemble jusque dans cette crique baignée de soleil. Ces dernières semaines il avait beaucoup lu, beaucoup cherché. Et dans la doublure de son imposante cape s'entrechoquaient parfois deux flacons de verre bleu. Un élixir de sommeil à base de belladone et de plantes inconnues dans ce monde, et dont les noms ne se traduisent pas. Une gorgée de ce poison et ils tomberaient dans un état proche du coma, laissant leurs esprits libérés partir loin à travers les veines de l'arbre de vie, s'enfuir par les voies invisibles jusqu'à trouver Galaab et son port d'accueil.

Leurs corps physiques tels qu'ils existaient dans ce monde finiraient sans doute par mourir, ou peut être seraient ils fait prisonniers. Mais cela n'était pas important, quand la renaissance était possible ailleurs, dans un endroit magnifique où ils seraient libres de vivre comme bon leur semble. Il l'aimait autant qu'il aimait ce rêve, mourir dans ses bras et revenir à la vie à cette même place, dans un monde où les étoiles leurs seraient enfin favorables. L'expérience de l'empoisonnement ne l'effrayait pas, il était même empressé à cette idée. C'était même sa volonté sur la table, ouvrit le dedans de son cœur et lui montrer « voilà à quel point je suis capable de t'aimer mon amour ». Il n'avait jamais menti lorsqu'il avait juré de tout quitter pour elle, et en vérité il le faisait avec joie et aveuglement. Il était prêt à se tuer, et à l'emporter dans son sillage.
Une neige fine tombait sur Rome, et blotti contre sa poitrine il rêvait d'elle comme il rêvait de se jeter dans le vide. Peut être même qu'en vérité, ce qu'il aimait plus que tout, c'était ce frisson déchirant que provoque le vertige.
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